Intervention communale, Vincent Rossi

Des critères de durabilité applicables aux publicités dans les TL ?

Interpellation

La Ville de Lausanne se positionnerait-elle pour des critères de durabilité applicables aux publicités exposées par les TL ?

Les signataires de cette interpellation se soucient de la préservation de la qualité de vie en ville, de la biodiversité dans notre environnement immédiat et ailleurs, et du climat planétaire. A ce titre, ils soutiennent une politique de développement durable telle qu’énoncée par l’ONU[1] et telle que suivie par la Commune de Lausanne.

L’habillage publicitaire des bus TL a récemment défrayé la chronique dans la presse locale[2], des élus de plusieurs communes étant à juste titre choqués par des publicités climaticides (c’est à dire pour des produits nuisant particulièrement au climat, typiquement les vols de loisir en avion et les gros véhicules automobiles) véhiculées de manière éhontée, au vu et au su de toutes et tous.

Il apparaît que, dans la convention actuellement encore en cours, les TL ont déjà imposé des critères sur la publicité qu’ils véhiculent (exclusion par exemple des sujets politiques ou religieux, des drogues légales comme l’alcool et le tabac, ou encore des concurrents). Les TL semblent donc avoir la possibilité d’agir par eux-mêmes sur cette question, sans contrainte du Canton. D’ailleurs, à ce titre, le responsable de la communication des TL fait savoir à propos de l’inclusion des critères de durabilité qu’il doit simplement y avoir une intention dans ce sens des communes actionnaires.

Des marges d’actions existent donc aussi bien au niveau des TL qu’au niveau des Communes. Or, notre Conseil a cherché à limiter le matraquage publicitaire depuis longtemps à de nombreuses reprises (voir le récapitulatif fourni dans le postulat cité en note de bas de page[3]). Finalement, la Municipalité in corpore siège au conseil d’administration des TL et peut donc être force de proposition.

Par conséquent, et faisant suite à la question orale posée par Mme Schaller le 3 novembre passé et dont la réponse nous a laissés dans une totale insatisfaction, nous posons les questions suivantes à la Municipalité :

  1. La Municipalité est-elle d’avis que les publicités dites climaticides ne sont plus souhaitables dans le domaine public, à l’heure où l’urgence climatique a été proclamée par la Ville et la Canton, et qu’un plan climat est sur le point d’être déployé ?
  2. La Municipalité trouve-t-elle cohérent que les TL fassent de la publicité pour des transports polluants, que ceci soit sur les véhicules, dans les véhicules ou dans les stations de bus ou de métro ?
  3. La Municipalité a-t-elle déjà exprimé, par ses représentants au Conseil d’administration des TL, une position visant à limiter les publicités climaticides ou plus généralement incompatibles avec les objectifs de développement durable de l’ONU et de la commune de Lausanne ?
  4. Le cas échéant, la Municipalité cherche-t-elle des appuis de la part d’autres communes pour appuyer sa position sur ce sujet auprès des TL ?

Nous remercions d’avance la Municipalité pour ses réponses.

Lausanne, le 23 novembre 2020

Vincent Rossi, Xavier Company


[1] La Confédération s’est engagée à réaliser les objectifs de développement durable de l’ONU sur le plan national, avec le concours des cantons et des communes. Et si possible des TL.

https://www.eda.admin.ch/agenda2030/fr/home/agenda-2030/die-17-ziele-fuer-eine-nachhaltige-entwicklung.html

[2] 24 Heures du 22.10.2020

[3] Postulat de Rossi Vincent et crts – Des principes de durabilité pour l’affichage publicitaire à Lausanne. Déposé le 13.02.2018

Alice Genoud, Intervention communale

Interpellation sur les micro-crédits

Intervention

Chères et chers collègues,

C’est avec beaucoup de plaisir que j’ai pu découvrir la réponse de la Municipalité à mon interpellation. Une réponse très fournie et intéressante sur un sujet relativement complexe.

C’est aujourd’hui un long serpent de mer qui d’une certaine façon prends fin (en tout cas provisoirement) grâce à l’action de la Municipalité. L’interpellation nous apprends en effet que cela fait 12 ans que la Municipalité essaie de faire interdire la publicité pour les micros-crédits. Ceci en vain apparemment en vain vu qu’en 2011, dans son rapport préavis 2011/53 « procédé de réclame en termes de micro crédit – réponse à la Motion de Cesla Amarelle », la Municipalité énonçait le fait suivant « Au vu de ce qui précède, la Municipalité doit constater qu’elle ne dispose malheureusement pas de moyens de droit bien établis pour s’opposer à la publicité pour le petit crédit à la consommation sur son territoire ou même pour la réglementer. »

Aujourd’hui, la Municipalité nous annonce une nouvelle beaucoup plus réjouissante. En effet, la réponse à mon interpellation stipule que la nouvelle convention d’affichage faite avec la SGA comprendra une clause de restriction pour les petits crédits qui cibleraient les jeunes.

Nous pouvons que nous féliciter de cet engagement de la Municipalité, sachant les effets extrèmement néfastes que peuvent avoir ces micro crédits, notamment chez les jeunes. Les chiffres fournis par la Municipalité nous montre que les personnes suivies par le service Unité assainissement financier de moins de 26 ans sont au nombre de 75. Il est difficile d’extrapoler ce chiffre au nombre de jeunes qui ont des dettes mais l’office fédéral des statistiques nous informe que 23% des jeunes de moins de 26 vivent dans un ménage avec des dettes, un peu plus pour les jeunes ne vivant pas dans chez leur parent. Une situation qui reste préoccupante même si la situation évolue et une véritable prise de conscience politique que ce soit à l’échellon communal ou à l’échellon fédéral vu que l’article 36a de la loi fédérale sur le crédit à la consommation (LCC) qui a abouti à une convention stipulé dans l’interpellation.

L’interdiction de la publicité pour les micro crédits n’est qu’une facette du problème, presque la dernière on pourrait dire. La Ville de Lausanne a depuis longtemps fait office de pionnière dans ce domaine, notamment par son unité d’assainissement financier et je suis heureuse de voir que ces efforts faits aussi par des organisations extrêmement actives.

Je tiens donc à remercier la Municipalité pour son implication dans ce dossier et espère que cela fera tâche d’huile dans d’autres communes vaudoises et au-delà.

Alice Genoud

Alice Genoud, Intervention communale

C’est le printemps, les petits crédits fleurissent de nouveau en ville !

Interpellation

La question de l’interdiction de la publicité pour le micro-crédit, véritable fléau pour plusieurs catégories de personnes à risques, revient régulièrement sur le devant de la scène, et ce aux différents échelons politiques. Pour ce qui est de notre conseil, nous avons pu nous pencher sur cette question notamment avec le Rapport-préavis 2006/48 « Réponse au postulat de Mme Evelyne Knecht Pour une «charte éthique» concernant l’affichage publicitaire dans notre ville et à la pétition du Comité de la Meute Suisse contre les abus en matière d’affichage public », ainsi que le rapport-préavis 2011/53 « Procédés de réclame en matière de petit crédit Réponse à la motion de Mme Celsa Amarelle ». Les Verts se sont aussi intéressés plusieurs fois, par le biais de questions orales et du postulat de Vincent Rossi « Des pauses dans l’affichage publicitaire à Lausanne » aux moyens que la Municipalité a de réguler l’affichage sur son espace public.

Malgré les nombreuses interventions sur cette question, la campagne publicitaire et d’affichage particulièrement agressive menée par des promoteurs du petit crédit ce printemps nous montre que ce problème n’est toujours pas résolu et que quotidiennement, des entreprises sans scrupules ciblent dans nos rues nos jeunes, nos aînés, nos familles et nos citoyens les plus vulnérables.

Des grands efforts sont aujourd’hui faits par la Ville de Lausanne pour donner assistance aux personnes avec des problèmes d’endettement, voire de surendettement. Mais c’est hélas intervenir après coup, dans l’ombre, alors que régulièrement des campagnes d’affichage incitent et banalisent l’endettement, et ce tout en tenant le haut de l’affiche et en anhilant impunément les efforts et politiques de la Ville.

Dans ce contexte, les interpellateurs posent à la Municipalité les questions suivantes :

  • Quel est le nombre de personnes endettées actuellement suivies par les services sociaux de la ville et quelle est la part des moins de 25 ans ?
  • Est-ce que lors du renouvellement de la concession pour l’affichage public la Municipalité a abordé cette question avec la société d’affichage gagnante du marché ?
  • Quelles sont les implications pour la Ville des changements dans la loi fédérale sur le crédit à la consommation votée le 20 mars 2015, notamment le notion de publicité agressive introduite lors de cette révision ?
  • Quels sont les moyens actuellement à disposition de la Municipalité pour réglementer, voir interdire la publicité pour le micro-crédit ?

Nous remercions la Municipalité pour ses réponses.

Alice Genoud

Intervention communale, Vincent Rossi

Pour un peu d’air dans nos boîtes aux lettres

Intervention

Postulat de M. Robert Joosten et consorts : « Pour un peu d’air dans nos boîtes aux lettres »

Le sage nous dit « pour être heureux, il faut savoir se contenter de ce qu’on a ». Eh bien la pub et là pour nous dire « surtout pas ! regardez tout ce que vous ne pouvez pas acheter, ayez envie, courez pour consommer et vivez en vous sentant misérable ».

Certains voient dans la pub et le consumérisme des promesses de croissance et s’en réjouissent. Pour ma part, je ne trouve pas que le matraquage publicitaire, sous toutes ses formes, soit une marque de grandeur de notre civilisation, bien au contraire.

Au vu des effets négatifs du consumérisme et de son bras armé la publicité, tant au niveau environnemental que social, les Verts soutiennent toutes les initiatives permettant de réduire ce matraquage. Donner davantage de moyens aux habitants de notre ville pour réduire la pression publicitaire nous paraît aussi bien sensé que modeste.

La mesure proposée par le postulat de M. Joosten va dans la bonne direction et nous la soutenons.

Vincent Rossi