Intervention communale

Réemploi versus recyclage

Interpellation

Lors de travaux de démolition ou de rénovation de bâtiments, la plupart des matériaux éliminés sont détruits soit par concassage ou par déchiquetage en vue d’être recyclés.

On oublie trop souvent qu’avant d’être recyclés, les matériaux pourraient avantageusement être réutilisés ou réemployés. Le secteur de la construction produit chaque année deux tiers de la totalité des déchets. L’ordonnance sur les déchets (OLED) cherche : à promouvoir une exploitation durable des matières premières naturelles par une valorisation des déchets respectueuse de l’environnement. L’économie circulaire a pour but, tout au long du cycle de vie des objets, d’économiser les matières premières, l’énergie et à limiter la création de déchets et de pollution. Or justement, le réemploi d’éléments de construction représente une excellente occasion de prolonger la durée de vie d’un élément ce qui permet de réduire la consommation de ressources, d’énergie, y compris l’énergie grise, ainsi que la production de déchets.

Malgré les plateformes d’échange d’informations relatives au réemploi, telles que SALZA par exemple, le réemploi est encore trop peu effectué. Or, il s’inscrit dans la vision de l’économie circulaire.

La Ville de Lausanne est un propriétaire et un maître d’ouvrage important. Elle possède de nombreux immeubles et ouvrages de génie-civil qui font l’objet de travaux de rénovation. La Ville est également Maitre d’ouvrage de nombreux chantiers. Elle agit aussi en tant que promoteur de nouvelles opérations architecturales et urbanistiques.

La Ville est donc un acteur important du secteur de la construction. Elle pourrait de ce fait jouer un rôle de promotion du réemploi et favoriser ainsi cette « bonne pratique ».

Cette interpellation a pour but d’interroger la Municipalité sur sa position et sa pratique en rapport avec le réemploi. Les interpellateurs posent donc à la Municipalité les questions suivantes :

  1. La Municipalité, par le biais de ses services de construction, utilise-t-elle les possibilités du réemploi dans la conception de ses projets d’ouvrages ?
  2. La Municipalité fait-elle la promotion du réemploi auprès de ses mandataires lors de l’attribution de mandats d’études ?
  3. Le réemploi fait-il partie des critères d’adjudication dans les procédures d’appel d’offres ?
  4. La Municipalité a-t-elle l’intention de favoriser le réemploi afin qu’il devienne une pratique systématique dans les projets ?

Jean-Michel Bringolf

Daniel Dubas, Intervention communale

Soutien au pouvoir d’achat des ménages et au commerce de proximité

R20 Rapport-préavis N° 2020/35

Intervention

On peut légitimement se poser la question si c’est le rôle de l’Etat, de la commune, de soutenir la consommation de ses habitants, sachant qu’un nombre important d’entre eux n’ont besoin de ce soutien.

Par contre, nous observons et reconnaissons toutes et tous, que la situation est difficile, vous dramatique pour un nombre important de commerçants, qui ont très considérablement souffert des conséquences économiques de la crise du Covid-19. Et la situation ne va pas s’améliorer ces prochains mois.

Il est dès lors important de soutenir les commerçants, et notamment les petits commerçants, afin d’éviter qu’un nombre trop important doive cesser ses activités, ce qui aurait des conséquences néfastes non seulement pour les professionnels directement concernés, mais aussi pour la diversité de l’offre et l’attractivité de la ville.

La proposition de la Municipalité est excellente, avec deux volets distincts, l’un portant sur des bons d’achats à prix réduit pour l’ensemble de la population lausannoise, et l’autre, sur lequel nous voterons formellement dans le cadre du Budget 2021, sur un soutien aux habitants aux conditions économiques modestes.

Il s’agit d’un soutien unique certes relativement limité en termes de volume, mais néanmoins utile et bon à prendre. Une aide qui profite aux habitants et aux petits commerçants, en excluant les grandes enseignes qui n’en ont pas besoin. La solution est basée sur un système déjà existant, en partenariat avec la Société coopérative des commerçants lausannois.

Nous saluons également la proposition de verser les primes ou encore les indemnités de résidence des collaboratrices et collaborateurs de la ville sous forme de bons, proposition qui est encore en discussion avec les syndicats.

Mme Porchet demande dans son postulat que la Municipalité se prononce sur l’adoption d’une monnaie complémentaire comme moyen de paiement pour des services et prestations de la Ville, notamment pour augmenter de façon substantielle le volume de la monnaie complémentaire en circulation. Et M. Klunge demande de son côté d’étudier ou de créer une monnaie locale, dont l’introduction contribuerait notamment à créer des opportunités en faveur des commerçants.

La réponse de la Municipalité à ces deux postulats n’est pas satisfaisante. La question des monnaies complémentaires, en tant que mécanisme permanent pour favoriser le tissu économique local, n’a pas vraiment été creusée, et elle a été un peu vite écartée. La Municipalité renvoie d’ailleurs à des éléments de réponse du Conseil d’Etat au postulat de Mme Richard, dont nous savons depuis quelque temps déjà, grâce aux investigations de notre très estimée collègue Sara Gnoni, qu’il s’agit d’un plagiat d’une autre étude européenne, présentée hors contexte et qui ne tient pas compte des spécificités du système suisse.

Le groupe des Verts soutient à l’unanimité l’excellente proposition de la Municipalité de lancer une initiative avec des bons d’achat pour soutenir les petits commerces lausannois. Par contre, nous allons refuser les conclusions 3 et 4, et donc la réponse aux deux postulats.

Daniel Dubas

Daniel Dubas, Intervention communale

Quelle politique municipale pour encadrer les services de livraison de plats à domicile ?

Interpellation

Depuis deux ou trois ans, des sociétés de plateforme comme Smood, Uber Eats ou eat.ch, auxquels s’ajoutent les livreurs « classiques » de pizzas ou de spécialités de différentes régions du monde, se livrent une concurrence exacerbée pour la livraison de plats de nombreux restaurants « partenaires » aux consommatrices et consommateurs dans les quatre coins de la ville. Il s’agit souvent – mais pas exclusivement – de restaurants faisant partie de chaînes ou franchises de « fast food ». Ces sociétés font livrer – par des privés roulant en voiture, à moto ou à vélo – des plats commandés en ligne.

La croissance de cette tendance semble suivre une courbe exponentielle, tout particulièrement dans le contexte de la crise liée au Covid-19 et la fermeture temporaire des restaurants aux clients « physiques ». Et il est fort à parier que la tendance des commandes de plats en ligne va se renforcer encore davantage ces prochaines années.

Dès lors, de nombreuses questions se posent par exemple en termes de concurrence avec les restaurateurs « traditionnels », de conditions de travail précaires pour les livreurs occasionnels, de commissions excessives aux dépens des restauratrices et restaurateurs ainsi que des travailleuses et travailleurs1, de déchets supplémentaires, de congestion du centre-ville, de pollution engendrée par les déplacements en voiture et à moto (air et bruit) ou encore d’utilisation des infrastructures publiques par les livreuses et livreurs à vélo, soit en transports publics pour remonter la pente, soit par des vélos en libre-service ainsi utilisés professionnellement.

Il est vrai aussi que ces livreuses et livreurs en nombre croissant – parfois encore avec un permis d’élève-conducteur – roulent souvent de façon rapide, voire même agressive, ce qui pose des questions de sécurité routière. Ces personnes respectent souvent assez peu les règles en vigueur concernant le stationnement et certains roulent régulièrement dans les zones piétonnes, par exemple pour rejoindre plus facilement le restaurant pour lequel elles ou ils livrent.

Au vu de ce qui précède, nous posons les questions suivantes à la Municipalité :

  1. La Municipalité partage-t-elle l’avis que le développement exponentiel des livraisons de plats à domicile en ville pose problème ?
  2. Estime-t-elle nécessaire de réglementer davantage les services proposés par ces sociétés de livraison de plats ? Si oui, dans quel domaine, et avec quelle marge de manœuvre pour la ville ?
  3. La Municipalité dispose-t-elle de chiffres permettant d’identifier l’importance économique que représentent ces services, la part des restaurants et « fast-foods » y faisant appel, ainsi que la concurrence que cela peut créer pour des restaurants ne faisant pas appel à ces services ?
  4. La police municipale procède-t-elle à des actions spécifiques pour s’assurer du respect des dispositions de circulation routière par les livreuses et livreurs, notamment par rapport à leur vitesse, aux dépassements dangereux, au fait que ces personnes roulent en zone piétonne ou par rapport au stationnement ?
  5.  La Municipalité est-elle en contact direct avec ces sociétés de plateforme pour exiger de leur part une sensibilisation de leurs collaboratrices et collaborateurs occasionnels à la conduite correcte dans le trafic routier ?
  6. La Municipalité dispose-t-elle de moyens lui permettant d’éviter une utilisation professionnelle dans ce cadre des vélos en libre-service ? Si oui, lesquels ?
  7. La Municipalité estime-t-elle que ces sociétés de plateforme devraient contribuer davantage aux coûts liées à la gestion des déchets ?
  8. Quels sont les moyens mis en place par la ville pour s’assurer que les conditions de travail des livreuses et livreurs occasionnels soient dignes et conformes au droit du travail (notamment en termes sanitaires) ?
  9. Quelle est la marge de manœuvre de la ville pour imposer une commission maximale que ces sociétés de plateforme encaissent ?

Daniel Dubas, David Raedler, Karine Roch, Anne Berguerand, Sima Dakkus, Ilias Panchard

1 La ville de New York City vient par exemple d’imposer un maximum de 15% de commission pour les sociétés de plateforme, montant qui peut aujourd’hui monter jusqu’à 30% dans certains cas.

Keko Razzano, Lausanne

1er mai : Notre santé avant leurs profits

Contrairement à notre habitude, ce 1er Mai, nous ne pourrons pas manifester dans la rue. Qu’à cela ne tienne: nos revendications demeurent et c’est aux balcons et aux fenêtres que nous vous invitons à nous rejoindre, pour donner de la voix ensemble, à 18h00!

Il est désormais temps de repenser nos modes de vie et notre lien avec l’environnement. Tant de pistes sont à explorer. Les Vert·e·s, à tous les échelons (communal, cantonal et fédéral), sont déterminé·e·s à défendre ces projets: télétravail, circuit court, économie verte, revalorisation du care, égalité professionnelle réelle.

Le discours de Keko Razzano, membre du comité, à cette occasion:

Lausanne

Permettre à la population de respecter la distanciation sociale dans le but de renouer le lien social !

Les Vert·e·s lausannois·es ont déposé ce jour une interpellation urgente adressée à la Municipalité de Lausanne concernant les voies d’actions qui doivent être suivies afin de permettre à la population de respecter les impératifs de distanciation sociale tout en reprenant petit-à-petit un semblant de vie normale. Elle s’inscrit à la suite directe des annonces du Conseil fédéral de hier, dont l’ouverture des bars et restaurants dès le 11 mai prochain fait partie.

Les Vert-e-s lausannois-es s’interrogent sur la place qui est donnée à chacune et chacun dans la reprise (sociale et économique) annoncée. Pouvoir rouvrir des commerces locaux, boire un apéro entre ami·e·s ou manger au restaurant nécessite dans tous les cas le respect de la distanciation sociale. Un impératif qui va s’inscrire sur le long terme et qui requiert d’offrir suffisamment d’espace à la population. Pour assurer cela, les Vert-e-s lausannois-es ont identifié trois pans d’actions qu’ils souhaitent être mis très rapidement en place par la Municipalité de Lausanne :

  1. Une augmentation des aménagements vélos et piétons : afin d’assurer la distanciation sociale dans les transports publics tout en évitant une congestion automobile complète (avec les problèmes de sécurité et de pollution s’y rapportant), il est nécessaire d’assurer (i) des aménagements larges et sécurisés pour les cycles et piétons, cas échéant, en reprenant une partie de l’espace concédé aux voitures individuelles (notamment pour le parking) et (ii) un accès simple et facilité des habitantes et habitants de la Commune aux vélos à assistance électrique par l’augmentation des subventions à l’achat.
  2. Une augmentation et simplification des terrasses pour les bars et restaurants : pour assurer que les bars et restaurants puissent demeurer rentables malgré les exigences de distanciation sociale, il est essentiel de leur octroyer plus de place, notamment par les terrasses et l’appropriation d’autres lieux publics. Cela impose d’étendre les espaces à disposition et d’assouplir les règles relatives aux autorisations, à l’image de ce que d’autres villes ont pu faire1.
  3. L’augmentation des espaces publics accessibles, dont l’ouverture de Bellerive : avec les beaux jours, nous serons nombreuses et nombreux à souhaiter profiter d’un bol d’air dans les espaces publics de la Ville, notamment au bord du lac. Pour assurer suffisamment de place à chacune et chacun, cela nécessite l’ouverture de nouveaux espaces publics. À ce titre, les Vert·e·s lausannois·es proposent que les rives ainsi que le parc de Bellerive demeurent accessibles librement au public durant tout le printemps et l’été2.

Dans l’ensemble, les Vert·e·s lausannois·es invitent la Municipalité à agir rapidement dans le sens des propositions faites, afin de permettre une reprise sociale et économique rapide tout en évitant une nouvelle aggravation de la pandémie.

1 Notamment Vilnius : https://www.theguardian.com/world/2020/apr/28/lithuanian-capital-to-be-turned-into-vast-open-air-cafe-vilnius.

2 Une demande qui a d’ailleurs été faite à plusieurs reprises par le Conseil communal, la dernière fois en renvoyant directement à la Municipalité le postulat du 9 avril 2019 « Un accès libre à nos ‘belles rives’ pour toutes et tous ».