Intervention communale, Lausanne, Xavier Company

Les cyclistes lausannois-es pourront-iels tourner à droite aux feux?

Interpellation

Les cyclistes lausannois-es pourront-iels tourner à droite aux feux rouges dès le 1er janvier 2021 ?

Après trois ans d’expérimentation bâloise, la Confédération a enfin uniformisé la pratique permettant aux cyclistes de tourner à droite aux feux rouge. Cette possibilité a été insérée en mai 2020 dans l’ordonnance sur les règles de la circulation routière et entrera en vigueur le 1er janvier 2021, à charges pour les Communes et les Cantons de la mettre en application, soit d’indiquer, au moyen de la signalisation adéquate, les feux auxquels cette possibilité pourra s’appliquer.

Dans le cadre du projet pilote mené à Bâle sur 13 carrefours, aucun accident n’a été enregistré et très peu de conflit sont apparus entre vélos et piéton-ne-s. Sur cette base, le Bureau de prévention des accidents a édicté des recommandations pour la mise en place de cette mesure, notamment s’agissant de la continuité des pistes cyclables, de leur largeur, de la visibilité pour les cyclistes ou encore de la déclivité de la rue en question.

Hormis ces recommandations, les retours suite au projet pilote sont largement positif en terme de fluidité du trafic (et pas uniquement de la mobilité douce) et d’attractivité du vélo comme alternative à la voiture. Dès lors que Lausanne souhaite devenir une ville cyclable et améliorer l’attractivité de cette mobilité, il apparaît essentiel de se doter de cette nouvelle possibilité partout où c’est possible pour encourager davantage l’utilisation du vélo en ville. Une coordination au niveau de l’agglomération paraît aussi essentielle non seulement pour une meilleure acceptation et compréhension de cette nouvelle règle (tant par les cycliste que les automobilistes), mais aussi pour une meilleure fluidité et un encouragement à la mobilité douce dans toute l’agglomération.

Dans cette optique, les Vert·e·s lausannois·es posent à la Municipalité les questions suivantes :

  1. La Municipalité entend-elle mettre en œuvre la possibilité du « tourner à droite cycliste au feu rouge » dès le 1er janvier 2021 comme le permet désormais la législation fédérale ?
    1. Si oui, quels carrefours seront concernés ?
    1. Si non, quand est prévue la mise en place de cette mesure à Lausanne et sur quels carrefours ?
  2. Quels aménagements routiers et/ou urbanistiques sont-ils prévus pour accompagner cette mesure ?
  3. Comment la Municipalité compte-t-elle consulter les usagères et usagers pour déterminer les meilleurs lieux où implémenter cette nouvelle mesure ?
  4. Quelle communication publique est-elle prévue pour accompagner cette nouvelle mesure de la part de la Ville auprès de la population et des usagères et usagers ?
  5. Des accords ont-ils été passés ou sont-ils en discussion avec les Communes limitrophes et de l’agglomération pour une mise en place concertée de cette mesure ?

Lausanne le 24 novembre 2020

Xavier Company, Maurane Vouga, Ngoc Huy Ho, Daniel Dubas, Vincent Rossi, Eric Bettens, Karine Roch          

Sima Dakkus
Intervention communale, Lausanne, Sima Dakkus

Urbanisme et qualité de vie

Postulat

« La marche a quelque chose qui anime et avive mes idées; je ne puis presque penser quand je reste en place; il faut que mon corps soit en mouvement pour y mettre mon esprit » selon Rousseau, philosophe de la nature et du Contrat social. Quelques siècles plus tard, notre mode de vie sédentaire jette une nouvelle lumière sur une mobilité dont le corps nous offre la possibilité toute naturelle.

Depuis la crise sanitaire, en raison du confinement, la mobilité s’est considérablement transformée. Bandes cyclables, modération de la vitesse des voitures, voire piétonisations ont progressé. Une opportunité s’ouvre pour développer la place vouée aux piétons et l’aménager pour plus de confort, de convivialité, et de qualité de vie au bénéfice du plus grand nombre. Au sein de notre ville soucieuse d’offrir à toute sa population un cadre de vie où les piétons puissent circuler librement, au même titre que la faune et la flore.

Ce serait en effet équitable d’accorder aux piétons une place autre que des trottoirs étroits et des rues coupées avec d’épaisses lignes jaunes. Il n’échappe pas à l’œil attentif que ces passages pour piétons illustrent une sorte de relation de force entre les catégories. Leur fonction sociale et utilitaire est très claire. L’impression visuelle en revanche est écrasante lorsque deux ou plusieurs passages piétons se côtoient de près.

Tous les autres types de mobilités que la voiture, dirait-on, sont pensés comme accessoires. Vue la modification de comportements, le moment serait idéal de mettre sur pied un plan de la ville qui inclue les piétons quant aux commodités dont jouissent les autres acteurs de mobilité. L’exemple de Londres, de grands espaces piétonniers au centre d’un carrefour… des espaces ornés graphiquement et en couleur, c’est-à-dire visible et agréable à l’œil. Se féliciter de l’exemple de nos boîtes électriques de Lausanne, officiellement décorées par des tags et autres images qui ajoutent une touche visuelle à la technique.

Notre Ville appartenant à tous ses habitant.e.s, dès lors prévoir la place publique dédiée à toutes et tous est un facteur central pour une qualité de vie conviviale répondant aux critères écologiques et esthétiques notamment dont la santé publique, un air pur, des espaces verts et tout ce qui préserve l’environnement, mais aussi un espace culturellement ouvert et accueillant pour une marche plus confortable disponible au plus grand nombre.

Ce postulat invite la Municipalité à étudier la possibilité

– d’inclure dans le PACom une réflexion d’ensemble pour embellir nos passages piétons et trottoirs du point de vue des piétons qui sont les principaux protagonistes de l’utilisation urbaine, de loisir et commerciale.

– d’élargir les trottoirs pour que leur étroitesse ne dissuade pas de les utiliser ou à marcher en file faute de pouvoir se croiser. Manière délicate, mais claire de laisser le piéton sur le bord de la route pour ainsi dire.

– d’orner, à l’intention de la population, citadin.e.s ou touristes, les espaces dédiés aux piétons, avec des formes et des couleurs, esthétique qui fait partie de l’impact de l’urbanisme sur l’harmonie de notre ville et de son ouverture.

Sima Dakkus

Note

Par exemple, la Ville de Genève a créé une Voie Verte  pour l’agglomération. Sortes de couloirs écologiques pour piétons. D’autres exemples de villes piétonnes traversent l’Europe et le monde. Là où existe un plan urbanistique global et cohérent. Bruxelles, ville culturelle, Londres, etc.

Dessin du Suédois Karl Jilg

Lausanne

Idée verte – Le réchauffement climatique en ville

Les impacts du réchauffement climatique en Suisse et à Lausanne

avec:

  • Valentine Python sur les conséquences du réchauffement et sur les aspects positifs de la Loi sur le CO2
  • Daniel Dubas sur ce que peut faire Lausanne pour lutter efficacement contre le réchauffement climatique, à la fois au niveau de l’adaptation aux changements climatiques (lutte contre les îlots de chaleur) et au niveau de la réduction des émissions de gaz à effet de serre (mobilité, chauffage à distance)

18 novembre, 19h
La réunion se tiendra en ligne.

Marche à suivre

Si vous avez déjà utilisé Zoom auparavant (et que vous l’avez donc déjà installé) :
• ouvrir Zoom
• insérer sous « lancer une réunion » l’ID de réunion : 221 351 3630
• donner votre prénom et nom complet (seule manière de vous identifier sur la liste des membres)
• cliquer sur « lancer une réunion »

Si vous n’avez jamais utilisé Zoom :
• ouvrir le lien suivant : https://zoom.us/download
• aller sur  « Client Zoom pour les réunions »
• cliquer sur « Télécharger »
• suivre les indications sur l’écran et installer Zoom
• suivre les instruction en-dessus

Feuille verte, Lausanne

Une assemblée générale extraordinaire, dans tous les sens du terme

Au soir du 3 septembre, dans une salle de l’hôtel Alpha-Palmiers au Petit-Chêne, s’est tenue la première assemblée générale extraordinaire au travers lesquelles les membres façonneront la campagne des communales 2021. Au menu du soir, rien que la stratégie pour l’élection municipale, et le choix des personnes pour porter les couleurs vertes dans ce scrutin à l’exécutif lausannois.

La salle, bien remplie et masquée, a pu prendre connaissance des réflexions menées en anticipation de cette future campagne par le comité de la section depuis le début de l’année 2020, puis discuter et réagir, débattre et se positionner. En tant que co-président, cet exercice est toujours stressant (du trac, de l’incertitude, du doute), mais éminemment sain dans un mouvement autant attaché au débat et à la démocratie interne. La réflexion d’un petit groupe peut parfois entrer en dissonance avec l’ensemble des membres. L’issue du débat et du vote ont montré que ce n’était pas le cas sur la question principale qui se posait au comité et à l’assemblée : comment répondre à la poussée populaire en faveur du climat dans le contexte de cette élection ? Présenter deux personnes, comme actuellement au sein de l’exécutif, ou oser une rupture en présentant trois personnes?

Par un vote clair de 58 voix pour, 13 contre et 11 abstentions, la décision de présenter trois personnes a été retenue par l’AG. Natacha Litzistorf, Xavier Company et Daniel Dubas se sont ensuite présentés dans l’assemblée, avant d’être désigné·e·s par acclamation pour composer ce ticket élargi.

Divers mots ont été bien sûr évoqués dans la discussion pour contextualiser ce choix, ou le remettre en question : doutes, risque, pari, arrogance, opportunité, courage, responsabilité.

Il est clairement ressorti du débat que les Vert·e·s ne sont pas attirés par le pouvoir en lui-même. Porter trois candidat·e·s à la Municipalité de Lausanne est un moyen de faire changer l’action publique en direction des objectifs chers à nos yeux : la conciliation la plus adéquate entre nos vies humaines et notre environnement au sens large, et entre les humains eux-mêmes via une responsabilité et une solidarité forte. La cause climatique représente le problème suprême posé à notre société, et il y a urgence. Finalement, nous ne revendiquons rien de chiffré, mais offrons au corps électoral l’option de mettre ces thèmes en première ligne en choisissant le ticket vert en mars prochain.

Cette campagne, et le score final, va dépendre de nombreux facteurs, certains connus et d’autres non maîtrisables. Parmi ceux qui sont à notre portée, il y a la mobilisation de toutes et tous, membres, sympathisant·e·s, ami·e·s, collègues, voisin·e·s, connaissances, associations, collectifs. Le temps est à l’action, et à l’action collective, pour Lausanne, pour le climat, et ce au travers des Vert·e·s.

Le comité est d’ores et déjà en état de mobilisation maximale pour composer le programme, constituer la liste au conseil communal et organiser une campagne qui s’annonce inhabituelle, autant pour des raisons sanitaires que politiques.

Benjamin Rudaz

Intervention communale, Lausanne, Valéry Beaud

Conservation du stade olympique de la Pontaise : de la contrainte à l’opportunité

Postulat

Le 5 avril 2007, par son rapport-préavis n° 2007/19, la Municipalité présentait le projet Métamorphose et demandait au Conseil communal d’approuver ses intentions, notamment la redistribution sur le territoire lausannois de plusieurs équipements sportifs majeurs et le développement d’un nouveau grand quartier entre la Caserne de la Pontaise et l’aéroport de la Blécherette, l’écoquartier des Plaines-du-Loup. A cette occasion, le Conseil communal a validé le principe de la démolition du stade olympique de la Pontaise, décision qu’il confirmera à plusieurs reprises par la suite et à chaque fois dans une très large majorité, notamment par l’adoption en 2014 du Plan directeur localisé (PDL) des Plaines-du-Loup (préavis n° 2013/61). La disparition du stade olympique de la Pontaise a même été validée par la population lausannoise, qui a refusé en 2009 par 56 % des voix l’initiative populaire dite des « deux stades au Nord ».

Inauguré le 23 mai 1954 devant 43’500 spectateurs, le stade olympique de la Pontaise a été construit en vue de la Coupe du monde de football de cette même année, durant laquelle il a accueilli 5 matchs, avec notamment une victoire de la Suisse 2-1 contre l’Italie et un quart definale mémorable qui a vu l’Autriche éliminer la Suisse sur le score de 7-5, ce qui reste
aujourd’hui le match de Coupe du monde le plus prolifique en buts. Le terrain de football a aussi été le théâtre de plusieurs moments forts de l’histoire du FC Lausanne-Sport. Sa piste d’athlétisme reçoit par ailleurs chaque année depuis 1986 le célèbre meeting international Athletissima, actuellement au programme de la Ligue de Diamant. La réunion lausannoise a notamment été le théâtre de plusieurs records du monde, du 100 m homme en 1994, du saut à la perche féminin en 2005 et du 110 m haie masculin en 2006. Enfin, l’histoire du stade olympique de la Pontaise a également été marquée par des concerts mémorables entre 1988 et 2007, notamment à 3 reprises Michael Jackson (jusqu’à 47’000 spectateurs), 2 fois Pink Floyd ou encore Elton John, U2, Johnny Hallyday, The Rolling Stones, etc.

Imaginé par l’architecte Charles-François Thévenaz et l’ingénieur Emile Thévenaz, le stade olympique de la Pontaise présente des qualités architecturales et constructives remarquables, de sa forme ovale en béton armé offrant une visibilité optimale aux spectateurs à la hauteur variable des gradins permettant de magnifiques dégagements sur le grand paysage, en passant par la couverture de ses tribunes, constituée d’un voile en béton courbe de très faible épaisseur et d’une portée de plus de 18 m. Conservé dans son état d’origine ou presque, tout cela en fait aujourd’hui un témoin important des stades construits en Suisse durant l’après-guerre.

Si le stade olympique de la Pontaise est actuellement classé en note 3 au recensement architectural, le rapport de la Commission spéciale pour assurer une évaluation scientifique et indépendante du patrimoine architectural vaudois du XX e siècle (1920-1975), publié en juin dernier, recommande aujourd’hui de lui attribuer la note 1 (intérêt national), ce qui le placerait au même niveau de protection que la Cathédrale de Lausanne, la Tour Bel-Air ou le Château de Beaulieu. A noter que cette commission recommande la même note pour le club-house tennis, le café du stade, l’entrée principale, ainsi que les caisses nord et sud. Le rapport de cette Commission ne constitue pas encore une décision de classement, mais il sera désormais transmis à la Commission du patrimoine culturel immobilier, qui devra, en collaboration avec la Division monuments et sites de la Direction générale des immeubles et du patrimoine (DGIP), affiner ou compléter les mesures proposées et étudier les conditions de leur application.

De nombreuses années se sont maintenant écoulées depuis le lancement du projet Métamorphose et le contexte a changé depuis lors, notamment l’importance qui est accordée au patrimoine à Lausanne. De plus, avec l’important retard pris par le développement de l’écoquartier des Plaines-du-Loup, le Plan d’affectation couvrant le secteur du stade olympique est toujours en phase d’études et peut encore être adapté avant sa mise à l’enquête publique.

Au vu de ces différents éléments, il devient de plus en plus difficile de concevoir une disparition totale du stade olympique de la Pontaise. D’autant qu’il serait difficile de démontrer qu’on ne peut pas poursuivre le développement de l’écoquartier en conservant celui-ci, puisque sur les 54 projets présentés dans le cadre du concours d’urbanisme en 2010, une dizaine proposaient de conserver l’entier de la forme du stade ainsi que la grande majorité ou la totalité de son volume, plusieurs autres proposant encore de n’en garder qu’une partie. L’un des projets conservant le stade a même terminé au 3 e tour de jugement (Rapport du Jury, septembre 2010).

Si le stade olympique devait ainsi être conservé, reste à savoir pour quel usage, maintenant que le déménagement du FC Lausanne-Sport dans le nouveau stade de football de La Tuilière est imminent. Le Centre sportif de la Tuilière accueillant déjà 9 terrains de football, un maintien d’une activité footballistique à la Pontaise ne serait pas proportionné. De même, le maintien à long terme comme stade d’athlétisme uniquement est difficilement envisageable.

Dès lors, au-delà de la contrainte, il faut saisir l’opportunité que peut offrir la conservation du stade pour l’intégrer dans le développement de l’écoquartier des Plaines-du-Loup et apporter une plus-value qualitative au quartier, avec des espaces publics, des activités de loisir, des surfaces dédiées au sport et à la culture, à l’agriculture urbaine, etc. Le stade pourrait par exemple accueillir un second parc pour le quartier (le « Parc du Loup » de la 1 e étape étant trop petit pour l’ensemble du quartier), une grande place multifonctionnelle sur l’entrée principale (telle que demandée par le Conseil communal par voie d’amendement lors de l’adoption du PDL), des cafés-restaurants, boutiques, ateliers d’artisans, d’artistes ou lieux d’exposition dans les arcades qui entourent une grande partie du stade, des locaux pour les associations, des murs de grimpe, voire des bureaux ou des logements dans une partie de la structure, etc. Ce n’est pas les possibilités qui manquent, elles mériteraient même de s’exprimer dans le cadre d’une démarche participative, afin de cerner au mieux les besoins du quartier et des acteurs de la ville.

Il est encore utile de préciser que plusieurs exemples de reconversions provisoires ou définitives existent, notamment l’ancien stade de football de Gurzelen à Bienne, qui abrite notamment du tennis sur gazon, un skate parc, un toboggan aquatique, une buvette, un espace multiculturel, des studios de répétition, des ateliers bois et métal, un atelier vélo, des champs de céréales et pommes de terre, des jardins communautaires, des événements sportifs et culturels ainsi qu’un riche programme d’activités. Quant à l’ancien stade Highbury d’Arsenal (Londres), il a été reconverti en habitations.

Sur la base des différents éléments exposés ci-dessus, le présent postulat invite la Municipalité à étudier l’opportunité d’intégrer la conservation du stade olympique de la Pontaise dans le développement de l’écoquartier des Plaines-du-Loup, pour préserver ses caractéristiques patrimoniales tout en y développant un projet ambitieux et cohérent permettant d’apporter une plus-value qualitative au quartier, notamment selon les pistes évoquées ci-dessus.

Valéry Beaud, Xavier Company, Daniel Dubas, Jean-Michel Bringolf

Lausanne, Valéry Beaud

Plaines-du-Loup et durabilité

Préavis n° 2020/18Plaines-du-Loup – 1er PPA – Pièces urbaines A, B et C

Intervention

Le 11 décembre dernier, notre assemblée a octroyé les premiers droits distincts et permanents de superficie (DDP) de la 1ère étape de l’écoquartier des Plaines-du-Loup (préavis 2019/36), pour la pièce urbaine E et ses 342 logements, décision suivie de l’ouverture des chantiers dans le courant de cet été.

Le train est donc en marche et notre débat de ce soir s’inscrit dans la continuité, pour cette fois-ci les 656 logements et 12’000 m2 de surfaces d’activités des pièces urbaines A, B et C.

Nous ne reviendrons donc ce soir ni sur des éléments historiques ni sur des éléments généraux, les intéressés pouvant au besoin se référer au débat du 11 décembre 2019. Il y a par contre quelques spécificités qui méritent d’être relevées concernant les pièces urbaines A, B et C. 

Tout d’abord, en complément de la mixité des types d’investisseurs et des types de logements, je relève avec plaisir la présence d’appartements protégés, de clusters ou d’appartements communautaires, à même de contribuer également à la mixité sociale attendue.

Du point de vue de la mixité fonctionnelle, je relève aussi la part plus importante de surfaces d’activitésdans ces pièces urbaines, qui passe à 16 % et comprend notamment une PMU, un CMS, un centre d’accueil temporaire, une pharmacie, des commerces, cafés, bureaux, une ludothèque et des locaux communs, ainsi qu’un CVE et un APEMS, en attendant impatiemment l’école située dans la pièce urbaine D à venir.

Je relève encore la concrétisation de la plupart des objectifs de la durabilité et en profite pour saluer la résolution de la problématique du contracting énergétique, qui a aussi fait passablement parler ici-même.

Dans ce concert de louanges, je me dois toutefois de revenir quelques instants sur un important bémol, le respect de la société à 2’000 W. Le bilan présenté montre en effet que les matériaux de construction ne repectent pas les objectifs de la société à 2’000 W, ni en termes d’énergie primaire, ni en termes de gaz à effet de serre (GES). La présence de bois n’est notamment toujours pas suffisante dans la construction de ces pièces urbaines, qui font toujours la part belle au béton sous toute ses formes, expliquant ce dépassement fâcheux des valeurs cibles. Pour les prochaines étapes, nous attendons donc une intégration beaucoup plus importante du bois dans les consructions et le respect des valeurs cibles de la société à 2’000 W, objectifs que nous avons formulé dans un vœu accepté à l’unanimité de la commission.

Enfin, la découverte des différents projets présentés dans de ce préavis confirme une fois encore le rôle crucial et indispensable des coopératives d’habitants pour la qualité d’un tel quartier. Comme c’était déjà le cas pour la pièce urbaine E, ce sont elles qui apportent le plus de diversité et d’innovation. Elles qui intègrent par ailleurs aussi le plus de bois dans leur construction. Il est donc essentiel de poursuivre et de renforcer la politique en faveur des coopératives d’habitants.

A l’exception du respect de la société à 2’000 W que nous suivrons attentivement dans les étapes suivantes, vous aurez compris que c’est avec enthousiasme que les Verts lausannois vous invitent à accepter les différentes conclusions de ce préavis n° 2020/18.

Valéry Beaud

Intervention communale, Lausanne, Valéry Beaud

Reprise du parking de Montbenon

Rapport-préavis 2020/16 Intervention

Réponse au postulat de V. Beaud et crts « Vers une reprise par la Ville de Lausanne de certains parkings privés à usage public lors de l’échéance de leur droit de superficie ? » –

Mon postulat demandait à la Municipalité d’étudier l’opportunité de reprendre certains parkings privés à usage public lors de l’échéance de leur droit de superficie (DDP), en ciblant en premier lieu celui de Montbenon, dont l’échéance est en 2026, la notification de non renouvellement devant par ailleurs intervenir 5 ans auparavant, soit l’an prochain.

La réponse de la Municipalité me satisfait pleinement, puisqu’elle suit ma proposition et saisi ainsi l’opportunité de reprendre le parking de Montbenon.

Le parking de Montbenon, c’est l’un des plus gros de la ville, avec ses 933 places de stationnement. Il a aussi la particularité, outre les recettes de parcage, de bénéficier de recettes provenant de la location de surfaces commerciales.

Ce parking est l’un des mieux situés, au centre-ville, entre le quartier commercial et de loisir du Flon et la Gare de Lausanne, dans une position hautement stratégique pour l’avenir. Le retour en mains publiques d’un tel ouvrage est donc essentiel pour la mise en œuvre de l’évolution souhaitée de la politique de mobilité à Lausanne, le stationnement étant le meilleur levier pour orienter le choix des modes de déplacement.

Le parking de Montbenon pourrait d’ailleurs être amené à jouer un rôle important en lien avec la mutation de la Gare de Lausanne et de ses alentours, notamment le Pôle muséal et le réaménagement de la Place de la Gare, qui prévoit de la libérer de tout stationnement en surface. Le stationnement des cars et des réserves de taxis pourrait par exemple prendre place au parking de Montbenon, de même que le report de stationnement automobile et de deux roues motorisés, afin de libérer le domaine public en faveur de la mobilité douce et de la convivialité.

Bref, la reprise du parking de Montbenon est un projet d’avenir et comme la commission, nous vous invitons à accepter la réponse de la Municipalité à mon postulat.

Valéry Beaud

Intervention communale, Lausanne, Vincent Rossi

Circuler au pas – ou pas : Une stratégie pour piétonniser la ville de Lausanne

Postulat

Pendant le confinement de mars à mai 2020, nous avons pu expérimenter une Ville plus tranquille, avec moins de pollution, paisible, où il faisait bon vivre, se promener, respirer un air plus propre et dormir d’un sommeil récupérateur. Une ville dans laquelle les enfants pouvaient jouer plus sereinement dehors et où les cyclistes, plus nombreux, couraient moins de risques.

Un équilibre avait été retrouvé entre les espaces occupés par les voitures, les vélos et les piétons, le trafic automobile ayant été drastiquement réduit. Les citoyennes et citoyens ont été séduits par la beauté de cette ville apaisée, des rencontres facilitées même avec la distanciation sociale, de pouvoir occuper pour des jeux les places de parc inoccupées, de pouvoir profiter des espaces généreux laissés vides par l’absence de voitures.

Puis le déconfinement nous a fait revenir à la dure réalité.

Nous avons beaucoup parlé de santé ces derniers mois, or les effets de la pollution et des particules fines sur la santé sont non seulement indéniables, mais largement sous-estimés. En effet, on estime que 24’000 personnes meurent chaque jour dans le monde à cause de l’exposition à la pollution atmosphérique ambiante et domestique, ce qui en fait le plus grand risque pour la santé environnementale au monde. En Suisse, ce chiffre se monte à 3000 par an.

A ce sujet, il convient de relever ce qui constitue une iniquité douloureuse : les personnes qui font le plus d’efforts pour réduire leur empreinte et contribuer à une ville plus saine (piétons et cyclistes) sont aussi les plus pénalisées : en effet elles respirent davantage de particules fines et sont plus exposées au risque de maladies pulmonaires, selon une étude publiée récemment.

La Ville de Lausanne s’est engagée à une neutralité carbone avant 2030. Or, la voiture est la plus grande contributrice du pire secteur : les transports, représentant près de 40% de l’énergie utilisée et du CO2 émis en Suisse. Par ailleurs, ce moyen de transport contribue aussi au dépassement d’autre limites planétaires comme la biodiversité (pollution, destruction d’habitat, climat), acidification des océans, aérosols (PM 2.5, 80% de la population mondiale urbaine affectée) et le transport des espèces invasives. On sait aussi que la stratégie fédérale pour en limiter les impacts est encore entachée des failles déplorables.

A l’échelon lausannois, des mesures éparses, non permanentes (pour le moment) et pas encore à la hauteur de la crise climatique sans précédent à laquelle nous faisons face ont été proposées. Il s’agit maintenant de passer à la vitesse supérieure et de proposer un avenir désirable, durable et sain à nos concitoyennes et concitoyens : un avenir débarrassé des voitures individuelles.

Nous faisons donc nôtres les propos de Grégoire Gonin : « La voiture n’a plus sa place dans la cité surpeuplée d’une Terre qui brûle, sinon au cabinet-garage des curiosités. En 2020, l’individualisme automobile relève de l’égoïsme. »

Dans le cadre du plan climat que nous attendons, on peut s’attendre à ce que la Municipalité planifie une réduction draconienne du trafic automobile privé en Ville de Lausanne, au profit d’un essor de la mobilité douce. Les infrastructures cyclables connaissent actuellement une expansion notable que nous saluons, non seulement à la faveur de mesures urgentes prise en lien avec la crise sanitaire, mais aussi grâce à un certain nombre de préavis adoptés ces dernières années et une stratégie volontariste en cours de déploiement.

Ce postulat se focalise dès lors sur la piétonnisation, que nous entendons complémentaire au réseau cyclable, et non antagoniste. Nous parlons donc de piétonnisation faisant place à la mobilité douce dans toutes ses composantes.

Ce postulat demande à la Municipalité d’étudier l’opportunité d’établir une stratégie de piétonnisation de l’ensemble de la partie urbaine de la Ville de Lausanne. Il s’agira donc d’établir : 

  • le périmètre précis de piétonnisation, avec pour objectif de couvrir à terme l’entier de la partie urbaine de Lausanne,
  • une délimitation des quartiers ou des rues passant progressivement en zones piétonnes,
  • des critères permettant de déterminer le nombre de places de parc pour voitures en surfaces qui sont maintenues pour les usages essentiels (services d’urgence évidemment, mais aussi plus prosaïquement les livraisons, les professionnels nécessitant un véhicule, les personnes handicapées et les proches aidants, et d’autres à définir) tenant compte des spécificités locales,
  • les modalités de cohabitation et complémentarité avec le réseau cyclable,
  • une politique de conversion des surfaces libérées tenant compte des impératifs climatiques (notamment la lutte contre les îlots de chaleur),
  • les modalités d’accès aux grands parkings et une politique de reconversion de ces parkings,
  • un calendrier pour la réalisation progressive de cette piétonnisation, en tenant compte de la crise climatique en cours et de l’urgence proclamée par le Conseil communal,
  • une analyse des répercussions de cette stratégie sur le PDCom et le PACom, qu’il s’agira éventuellement de modifier en conséquence.

Vincent Rossi, Sara Gnoni, Xavier Company

Lausanne

Élections à la Municipalité de Lausanne en 2021: la gouvernance doit être plus verte.

Communiqué de presse

Les Vert·e·s se réuniront en assemblée générale le 3 septembre et devront choisir les candidat·e·s qu’ils entendent présenter à la Municipalité de Lausanne, mais aussi leur nombre, entre deux ou trois personnes. Quelle que soit l’option retenue par l’assemblée générale, les Vert·e·s souhaitent accélérer la transformation de Lausanne en une ville exemplaire en matière humaine, sociale, culturelle, et plus urgemment encore en termes de climat et de biodiversité. Le comité des Vert·e·s lausannois·es annonce sa recommandation de présenter trois candidat·e·s à la Municipalité, accompagné d’un appel aux partis de la gauche lausannoise à un dialogue constructif pour une alliance de gauche municipale maintenue, diverse et forte.

L’urgence environnementale et sociale n’est plus à démontrer, en cette année ponctuée de signaux climatiques et économiques immanquables, amplifiés par une pandémie mondiale mettant à nu nos liens sociaux, nos modes de production et de consommation, et la fragilité de certains acquis. La solidarité qui a émergé de cette crise est par contre la preuve indéniable que, confrontées à un défi clair, la population et les autorités peuvent rapidement mettre en place des mesures provisoires ou pérennes pour y répondre. La crise climatique et l’effondrement de la biodiversité devraient idéalement être perçues et gérées de la même manière: nous mettons en jeu notre vie et celle des autres générations, nous devons agir avec la même urgence. Et c’est au niveau communal que ces changements peuvent commencer le plus concrètement.

Lausanne a été couronnée “capitale du climat”, à la faveur des mouvements sociaux d’ampleur qui ont mené des milliers de personnes dans les rues dès fin 2018. Un travail énorme reste à accomplir pour transformer la Ville et en faire une collectivité responsable, réduisant ambitieusement son impact sur l’environnement et se préparant à résister aux changements déjà inévitables, tout en défendant une justice sociale indispensable et une économie locale forte. Le temps étant compté, il faut accélérer le tempo et mettre ces thématiques au cœur de la politique municipale. Les élections
fédérales de 2019 ont montré que la population lausannoise soutien plus fortement que jamais un programme tel que celui porté par les Vert·e·s.
Dans la tradition de démocratie interne forte des Vert·e·s, l’assemblée générale du 3 septembre aura le dernier mot sur la stratégie la plus à même d’assurer une juste représentation de nos valeurs dans l’exécutif de notre Ville. Pour ce faire, le comité de la section présentera à l’assemblée les deux scénarios stratégiques possibles pour la prochaine élection municipale et donnera sa recommandation pour présenter trois candidat·e·s vert·e·s et poursuivre l’alliance avec le parti socialiste et le POP, alliés traditionnels.


Communiqué de presse au format Acrobat (.pdf)

Lausanne

Cas répétés d’agressions par d’intoxications malveillantes dans les bars lausannois : une réaction s’impose !

Ces derniers jours, une multitude de témoignages de personnes, principalement des femmes, ont été partagées sur les réseaux sociaux et dans la presse rapportant des cas d’intoxications malveillantes. Ces personnes ont été droguées à leur insu. Si le phénomène n’est pas nouveau, il semble avoir pris une intensité dangereuse qui ne doit pas laisser les autorités sans réaction. Les Vert·e·s lausannois·es interviendront donc auprès du Conseil communal, du Grand conseil et du Conseil national pour s’assurer que des réponses seront apportées à la hauteur de l’enjeu.

Ces agressions sont très inquiétantes non seulement pour la sécurité et la santé publique, mais aussi à cause des nombreux témoignages de mauvaise prise en charge par l’ensemble de la chaîne de réponse : soutien dans les bars et boîtes de nuit inadéquat, prise en charge médicale refusée ou jugeante aux urgences hospitalières, réponse policière insuffisante, voire même inexistante ou décourageante. Certaines victimes se sont ainsi vues accusées d’être simplement ivres et de ne pas avoir su gérer leur consommation d’alcool. D’autres témoignent avoir été découragées par la police de déposer plainte. Des victimes regrettent l’absence de femmes dans les services publics ou privés de sécurité pour leur prise en charge. Cette façon de faire amène de nombreuses victimes à ne pas témoigner, ni porter plainte, ce qui minimise de fait la problématique.

Une coordination entre les Services de la Ville et les acteurs privés axé sur ces agressions à répétition apparaît dès lors indispensable. Si certains établissements publics ont pris les devants en partageant les tracts distribués, en formant leur personnel ou en communiquant activement sur ce fléau, il est indispensable que la réponse soit générale, coordonnée et forte pour mettre un terme à ces actes dangereux. De plus, les réactions a posteriori de la Police Municipale doit être parfaitement adéquate, et les témoignages font craindre que tel ne soit pas le cas et que les victimes soient souvent laissées à elles-mêmes.

Nous attendons donc des réponses claires et des réactions fortes de la part des autorités à ce sujet. Parallèlement, une interpellation sera également déposée au Grand Conseil vaudois pour demander une réponse hospitalière plus ciblée, ainsi qu’élargir la prise de conscience au niveau cantonal, car si la problématique est plus ressortie à Lausanne, les autres villes n’en sont pas exemptes. Finalement, une autre question sera posée au Conseil national pour questionner le cadre légal insuffisant.