Daniel Dubas, Intervention communale

Budget 2020 : ambitieux et responsable

Le budget de fonctionnement pour l’année 2020 prévoit un déficit d’un peu moins de 50 millions de francs. Il n’est jamais réjouissant de faire face à un budget déficitaire, mais les montants projetés ne sont pas dramatiques non plus. Le budget reflète un contexte financier tendu – comme c’est le cas pour l’ensemble des communes vaudoises – tout en permettant aux autorités de mener des politiques ambitieuses qui répondent effectivement aux besoins de la population lausannoise.

Les charges sont maîtrisées. Elles n’augmentent en effet que de façon très modérée, tout comme les effectifs en personnel. Cette augmentation des charges s’explique entre autres par des amortissements importants, mais surtout par un renforcement substantiel des ressources allouées aux mesures prioritaires dans le domaine de la petite enfance et de la sécurité – en somme des politiques publiques discutées et largement validées par le Conseil communal, et auxquelles nous réitérons ici notre soutien très fort.

Au niveau des revenus, le budget prévoit une baisse significative par rapport à 2019. L’imposition sur les personnes physiques est en baisse, en partie à cause du compromis sur la baisse du coefficient communal validé par le Conseil communal. Les revenus des Services industriels continuent de leur côté à baisser, de presque 5 millions par rapport à 2019.

Le groupe des Verts salue la politique des investissements de la Ville de Lausanne, par exemple dans les domaines des infrastructures sportives et scolaires ainsi que des réseaux. Ces investissements reflètent des choix politiques et qui auront un retour sur investissement important ces prochaines années. Cette politique permet de transformer la ville dans un sens plus écologique, plus vivable, plus durable. Elle a des conséquences positives sur les entreprises locales, sur l’emploi et plus largement pour les habitants de cette ville. Elle permet notamment de mener des politiques proactives pour le climat et la biodiversité, dans les domaines de l’habitation, de la mobilité et des transports, de la sécurité, de l’intégration, de nos habitudes de travailler et de consommer, des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique, ou encore de l’accueil de la petite enfance, pour ne donner que quelques exemples.

Dans le même temps, nous soulignons la nécessité de maintenir une certaine rigueur dans la maîtrise des charges, notamment en regard des prévisions financières pas forcément réjouissantes. Nous saluons notamment les mesures proposées dans le cadre du deuxième Plan structurel d’amélioration financière (PSAF II), qui permet, pour l’année prochaine, de réduire encore un peu plus le déficit. Ces mesures cumulées s’élèvent à presque 33 millions depuis le début de la législature, ce qui représente un effort tout-à-fait considérable. L’objectif de 35 millions jusqu’à la fin de la législature sera donc très vraisemblablement atteint.

Pour les années à venir, il s’agira d’observer de près les effets de la réforme RFFA, acceptée par la population suisse. Les taux d’emprunt pourraient augmenter à terme, même si pour l’instant le poids de la dette en termes d’intérêts est en baisse, et une détérioration de la conjoncture économique n’est pas à exclure non plus.

De même, les charges de ville-centre restent très élevées. Selon une étude de l`Union des villes suisses, elles s’élèvent à 65 millions – ou près de 500 francs par habitant lausannois – et une répartition des charges plus juste va devoir être négociée avec le canton et les communes de l’agglomération.

En conclusion, le groupe des Verts va soutenir le budget 2020 de la Ville de Lausanne. Elle refusera les amendements proposés par la gauche, qui ne nous semblent pas responsables en l’état actuel des choses. Elle ne soutiendra pas non plus les amendements de la droite de cet hémicycle, qui entraîneraient une baisse inacceptable des prestations de la ville. Ce budget est responsable. Il permet à la ville de mener des politiques proactives, afin de répondre aux attentes et aux besoins de la population, sans pour autant mettre en danger la marge de manœuvre pour les générations futures de répondre à leurs propres besoins.

Daniel Dubas