La Tour-de-Peilz, Riviera

La Tour-de-Peilz – Un plan climat pour répondre à l’urgence climatique

Postulat

Le dérèglement climatique n’est plus à démontrer tant ses effets se font sentir : augmentation du nombre d’intempéries, canicules répétées, fonte des glaciers, mort d’arbres dans les forêts,… mais aussi problèmes de santé. Il y a donc bien lieu de décréter l’urgence climatique, mais encore faut-il développer des mesures pour y parer. C’est la raison de ce postulat en vue de l’élaboration à la commune d’un plan climatique.

Un inventaire des gaz à effet de serre montre que chaque habitant en émet 5,5 tonnes de CO2_éq/ an, et que l’ensemble du canton en émet 4,2 Mios de t./an si l’on inclut les émissions indirectes, dont nos importations alimentaires sont un exemple. 41% de ces émissions proviennent des carburants et 37% des combustibles (www.vd.ch/fileadmin/user_upload/themes/environnement/climat/fichiers_pdf/InventaireGES_20180425.pdf).

Pour s’adapter au changement climatique, le canton a élaboré une feuille de route du climat et a chargé un de ses services (unité du développement durable) à assister les communes à développer un agenda 2030. En effet, les communes ont une large part de responsabilité dans la mise en œuvre de mesures pour réduire les émissions de CO2 et en atténuer les effets.

Notre Municipalité a déjà pris les devants en mettant en place certaines mesures : elle a mandaté une étude en vue d’une planification énergétique territoriale, a mis au concours un poste d’ingénieur en énergie et environnement pour réduire la consommation de carburants et implanter un agenda 2030.

Si la mise en place de cet agenda est importante, se focaliser dans un premier temps sur un plan climat nous semble prioritaire. Un tel plan, pour être efficace, devrait comporter, à partir d’une évaluation de la situation de départ, un cadre d’action clair et opérationnel des objectifs chiffrables de la diminution de CO2 à viser, un laps de temps défini pour y parvenir ainsi que des mesures concrètes et un financement y relatif.

Les mesures qui ont le plus de chances de diminuer les émissions à effet de serre dans une commune comme la nôtre sont les suivantes :

  1. Réduire les gaz à effet de serre et plus particulièrement le CO2
  • En diminuant les carburants et les combustibles par exemple en remplaçant les chauffages à énergie fossile par des chauffages à énergie renouvelable (ex : pompes à chaleur, raccordement de davantage de bâtiments au système de chauffage par l’eau du lac ou les pompes à chaleur, géothermie,…) dans les bâtiments communaux et en incitant les propriétaires privés par des mesures d’accompagnement et/ ou une assistance financière
  • en isolant des bâtiments communaux et encourager pour les propriétaires privés par exemple en offrant une assistance technique aux propriétaires pour obtenir les subventions fédérales existantes et des conseils
  • en diminuant la consommation énergétique des bâtiments communaux et en incitant par des mesures d’accompagnement les propriétaires à en faire de même
  • en renforçant le report modal vers une intermodalité (création d’itinéraires piétons et cyclistes attractifs sur la base de l’étude de la Municipalité à ce sujet et renforcement de la performance des transports publics).
  1. Intensifier la production d’énergie renouvelable et locale
  2. S’adapter au climat en évitant les îlots de chaleur par exemple en:
  • planifiant sur l’ensemble de la commune la plantation d’arbres aussi bien sur le domaine public que privé
  • en développant une stratégie afin de promouvoir activement la végétalisation des toits activement la végétalisation des toits

Quant au financement, il serait nécessaire d’allouer des crédits soit en étudiant des modes de financement qui visent un certain retour d’investissement et qui soit supportable pour l’ensemble des contribuables.

Je demande donc à la Municipalité d’étudier un plan climat pour la commune et au conseil de transmettre ce postulat à une commission ad hoc pour examen.

Geneviève Pasche

La Tour-de-Peilz, Riviera

La Tour-de-Peilz – Pendant le COVID-19, renforçons les circuits courts !

Postulat

(déposé lors de la séance du 20 mai 2020)

La crise du COVID-19 a rappelé une nouvelle fois l’importance d’avoir une économie locale forte, résiliente et résistante aux chocs. Renforcer ce tissu économique de proximité nous permet de nous préparer ensemble aux prochaines crises qui nous frapperont, qu’elles soient sanitaires, économiques, climatiques ou tout cela à la fois.

En réduisant significativement les émissions de gaz à effet de serre dus au transport, les circuits courts entre agricultrices et consommatrices contribuent à lutter contre les changements climatiques. Ces circuits renforcent la cohésion sociale et donnent un accès facile à une agriculture locale attentive au respect de l’environnement et au goût des aliments. Ils favorisent aussi les emplois locaux et apportent davantage de valeur ajoutée sur les produits vendus.

Depuis le début de la crise du coronavirus, la population a plébiscité les circuits courts en optant largement pour la vente directe et nombre de productrices locales ont vu augmenter le volume de leurs ventes 1. Cette pandémie a fait prendre conscience à nombre d’entre nous de la nécessité de relocaliser notre alimentation. Notre commune se doit de contribuer à l’effort en accompagnant ces modes de consommation sains socialement, économiquement et environnementalement.

Le présent postulat demande à la Municipalité d’étudier les outils pour promouvoir et développer les circuits courts. Cette étude devra se faire en collaboration avec les acteurs locaux concernés ainsi que les associations intercommunales et régionales.

Les axes et pistes suivantes pourraient être étudiées.

Informer

  • Informer régulièrement la population quant aux offres des productrices de la région : marchés, points de vente directe ou services de livraison à domicile.
  •  Organiser des visites de productrices de la région pour les enfants afin de les initier à l’agriculture locale et à la culture de plantes.
  • Editer et transmettre à la population du contenu d’information sur les aliments de saisons produits localement.

Soutenir

  • Encourager et soutenir la distribution de produits locaux :
    o Offrir un espace de vente aux productrices de la région.
    o Apporter des soutiens logistiques et offrir des conditions à l’implantation, au démarrage et au développement d’initiatives d’agriculture contractuelle de proximité (type AMAP, « paniers »).
  • Privilégier systématiquement les produits de la région (périmètre à définir) dans la restauration collective (cantines scolaires, crèches, EMS) et dans les manifestations de la commune.

Collaborer

  • Collaborer avec les collectivités voisines et les instances régionales pour développer les mesures sus-citées.
  • En raison de la chute du prix du vin en vrac préexistante à la crise du coronavirus et à la chute de la demande au vu de la fermeture des restaurants, étudier les alternatives à la culture de la vigne sur les parcelles communales.
  • Étudier la mise en culture, temporaire ou permanente, des parcelles communales actuellement non construites en partenariat avec des agricultrices ou des groupes de riveraines.

Je souhaite que ce postulat soit renvoyé à une commission ad hoc pour examen.

Paul Castelain

Note : Dans le présent postulat, le genre féminin est utilisé dans le seul but d’alléger le texte ; il inclut les deux genres.

1 Erard, L., Duruz, C. (2020, 19 mars). Le coronavirus dope la vente directe. Terre & Nature. Consulté le 05.05.2020 sur https://www.terrenature.ch/face-au-coronavirus-la-vente-directe-cartonne/