Egalité, Elections nationales

Vivent les femmeuses vertes

Aujourd’hui, les femmeuses vertes publient leur manifeste, demandant plus de femmes, plus de jeunes et plus d’écologistes au Parlement. Les Verts présentent des candidates et des candidats dans 19 cantons. Dans 14 de ces cantons, il est possible d’élire au moins une femmeuse verte.

Nous, les femmeuses vertes, sommes toutes les jeunes femmes (nées en 1980 ou plus jeune) qui se présentent sur une liste verte à travers le pays. Nous prônons une politique qui défend les femmes, les jeunes et l’écologie au parlement. Nous avons toutes été réunies par ma super collègue Aline Trede, qui est déjà une jeune femme verte élue au Conseil National, et qui se sent bien seule. Vous trouverez notre manifeste sur son site internet.

En substance, voici ce qu’il demande si vous avez trop la flemme de cliquer sur le lien:

→           Nous femmeuses vertes voulons que de nombreuses femmes soient élues le 18 octobre, afin que l’autre moitié de la population soit également représentée au Parlement et pour que l’égalité devienne réalité.

→           Nous femmeuses vertes voulons que des jeunes soient élu-e-s au parlement. Des jeunes qui apportent un regain d’énergie dans la politique et qui se portent garants d’une transformation politique et sociale.

→           Nous femmeuses vertes voulons que les Verts soient élus en automne – pour la défense et le respect de notre environnement, des êtres humains et des générations futures.

Cela fait écho à ma petite prise de position lorsque que je m’étais présentée devant l’Assemblée générale des Verts vaudois, réunie pour déterminer les candidats et candidates sur la liste au Conseil national. J’avais en effet résolument axé ma candidature sur mon engagement pour l’égalité et les jeunes, puisque certains sur la liste allaient avoir près de 3x mon âge et tous n’étaient pas franchement les représentants et représentantes d’un renouveau en politique. Cette petite pique avait inspiré à Jérôme Cachin, le toujours très inspiré journaliste de La Liberté, un joli épinglé (même que si vous cliquez sur l’image, elle s’agrandit et vous arrivez à lire):

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L’âge avancé de certains candidats au élections fédérales n’est pas un problème en soi. Le problème, c’est que la Suisse est actuellement gouvernée par des vieux mâles*. La moyenne d’âge au Conseil national est de 50 ans, et de 55 ans pour le Conseil des Etats. Une moyenne qui n’a pas évolué depuis 1971! Plus grave, les femmes n’y sont représentées respectivements qu’à 30.5% et 19.6%. Des vieux mâles je vous dis.

Cette situation n’est pas satisfaisante, parce que les jeunes, surtout les jeunes femmes, qui, avec l’âge adulte entrent dans un système qui leur est particulièrement hostile, subissent souvent de plein fouet les décisions politiques prises par ce vieux parlement masculin. Dans la même logique, des problématiques qui nous sont spécifiques ne sont pas suffisamment abordées, notamment: l’accès au monde du travail ; l’innovation et le petit entreprenariat ; la scandaleuse inégalité des salaires et l’impunité dont elle bénéficie ; la question de la santé sexuelle, complètement ignorée ; la violence contre les femmes, avec un code pénal extraordinairement permissif et patriarcal ; le sexisme ordinaire, par exemple le harcèlement de rue ; le partage des tâches de « care » qu’assument massivement les femmes et dont les hommes sont tenus éloignés ; etc. etc.!

Alors si Daniel Brélaz fera assurément de l’excellent travail à Berne et que le soutien de Jacques Neirynck est parfois apprécié, notamment sur la question des bourses d’étude, je ne suis actuellement pas représentée par mon gouvernement. Ce sont des candidatures comme la mienne qui permettront peut-être aux électeurs et électrices de diversifier ce Parlement et d’offrir aux jeunes l’opportunité d’avoir plus de poids au Conseil national.

C’est aussi ce que mon parti a déterminé, en m’estimant assez compétente pour être placée directement derrière les têtes de liste vertes et en soutenant, le lendemain, des modifications statutaires visant à favoriser la relève et le renouvellement de nos élu-e-s. Sur la liste des Verts vaudois, nous sommes deux femmeuses vertes: Séverine Evéquoz et moi-même, deux Lausannoises prêtes à porter haut nos valeurs au Conseil national. À Neuchâtel, vous trouverez aussi Céline Vara, avec qui j’ai eu l’immense plaisir de partager l’aventure de Moicandidat.ch, dont je vous parlerai bientôt ici.

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J’ajoute que quelques mois plus tard, les Verts lausannois ont déterminé qu’il était temps de lancer une femme dans la course à la Municipalité: Natacha Litzistorf, aux côtés de Jean-Yves Pidoux. Cela tombe bien, parce que c’est surtout une personnalité verte pleine de qualités politiques et humaines, qui a toute sa place dans l’exécutif lausannois. Elle y fera un excellent travail, en y apportant son expérience de Directrice de l’ONG Equiterre, de présidente de la FRC et d’ancienne présidente du Conseil communal.

J’en profite aussi pour valoriser ici l’action du Bureau de l’égalité vaudois, qui mène cette année une action nommée Objectif 20: sur les 20 sièges attribués au canton de Vaud (CN et CEs), l’objectif est que la moitié soit occupé par des femmes. Tout simplement. Une soirée est coorganisée le 16 septembre par l’ADF et le CLAFV (dont je fait partie du Comité) pour valoriser les candidatures féminines. Vous pourrez y retrouver ma formidable collègue Tinetta Maystre pour représenter les Verts, et moi pour la soutenir!

Par la même occasion, vous pouvez aussi faire un tour sur le blog de notre coprésidente des Verts suisses Adèle Thorens, qui explique pourquoi les Verts ont choisi de mettre deux femmes en job sharing à la présidence et pourquoi c’est bon pour les Verts, pour les femmes et pour la politique. Même si elles sont régulièrement attaquées à ce sujet par les médias et les autres partis… Le sexisme en politique a encore de beaux jours devant lui!

Et je finis par mettre en lien le super article de la non-moins-super funambuline, qui vous offre un mode d’emploi pour voter féministe. J’y figurais déjà, j’espère que ce sera le cas encore cette année… N’hésitez pas à l’imiter en tout cas!

*Je reprends ici l’excellente formule de ma camarade neuchâteloise Clarence Chollet.