Lavaux-Oron, pully

Pully – Vers une révision du Plan directeur communal

Postulat

Le présent postulat a pour objet d’inviter la Municipalité à réviser le PDCom. Le Plan actuellement en vigueur date d’octobre 1995.

L’art. 16 al 1 LATC stipule :

Les plans directeurs définissent la stratégie d’aménagement du territoire pour les quinze à vingt-cinq prochaines années et les mesures de mise en oeuvre.

Par ailleurs, l’art. 17 al 2 LATC stipule :

L’établissement d’un plan directeur communal est obligatoire pour les communes qui se trouvent dans un périmètre compact d’agglomération, pour les centres cantonaux ainsi que les centres régionaux, selon la liste du plan directeur cantonal.

Le PDCom actuel contient certes des données, des objectifs et des mesures encore valables à l’heure actuelle. Cependant, depuis 1995, bien des choses ont changé, en ce qui concerne l’organisation du territoire, les attentes de la population, le contexte légal, etc.
Ci-après, une liste non exhaustive de ces changements :

Plan directeur cantonal

Sa dernière adaptation date de janvier 2018. Il définit un cadre général en vue notamment de coordonner mobilité, urbanisation, environnement, de renforcer la vitalité des centres, de préserver la qualité du cadre de vie, de stimuler la construction de quartiers attractifs, de concilier nature, loisirs et sécurité, etc. etc.

Plan d’agglomération Lausanne Morges (PALM)

Pully fait partie du périmètre compact du PALM. Celui-ci définit des objectifs dans un grand nombre de domaines, entre autres : coordination des projets d’aménagement, mobilité, préservation des espaces verts et de la biodiversité, etc.

Modifications de la LAT et de la LATC

La LAT et la LATC sont devenues beaucoup plus impératives en ce qui concerne la densification des centres, la disponibilité des terrains à bâtir et plus restrictives en ce qui concerne l’ouverture de nouvelles zones à bâtir.

Population

La population continue à croitre, avec des conséquences sur la mobilité, le logement et l’emprise sur les espaces verts. Elle s’accroit à Pully mais surtout à la périphérie, générant un important trafic de transit à travers Pully.

Densification

La densification des centres, visée par le PDCn, le PALM et la LAT implique bien souvent le sacrifice des espaces verts, l’appauvrissement de la couverture végétale, une perte de la biodiversité et l’atteinte au patrimoine bâti. Bien de projets sont ainsi combattus par la population, population qui a pourtant accepté la LAT en votation populaire.

Logement

Le coût du logement est élevé à Pully, avec une pénurie de logements dits à loyer abordable. Cette pénurie génère un exode de population vers des lieux “plus cléments“, engendrant à son tour une augmentation des déplacements et du trafic de transit.

Mobilité

Du fait de l’accroissement de la population et de l’étalement urbain, les réseaux de transport saturent. Cette situation contribue à revaloriser les moyens de transport tels que la marche à pied et le vélo, auparavant déconsidérés socialement. L’inscription du vélo dans la Constitution suisse comme outil de mobilité prioritaire va dans ce sens.

Energie

Le besoin d’économiser l’énergie et de l’utiliser de manière rationnelle se fait plus impératif et s’est traduit notamment par la révision de la Loi cantonale sur l’énergie. Ainsi, les communes sont encouragées à élaborer une stratégie communale dans ce domaine. Par ailleurs, le besoin de rendre les bâtiments moins énergivores n’est pas sans impacts sur le patrimoine bâti.

Préservation des espaces verts

Bien que faisant l’objet d’un chapitre entier dans le PALM, la préservation des espaces verts est “par nature“ antagoniste de la densification. Cette préservation implique une difficile pesée des intérêts.

Changements climatiques

La perception des conséquences des changements climatiques fait son chemin dans la population. Les communes sont invitées à prendre des mesures pour, à leur niveau, limiter leur contribution aux changements, mais aussi pour atténuer leurs effets sur la population. La préservation des espaces verts et des grands arbres joue ici un rôle essentiel. Elle implique une autre pesée des intérêts entre préservation et demandes d’abattage d’arbres pour la construction que celle ayant cours jusqu’ici.

Biodiversité

Ces dernières décennies, le constat de la perte de la biodiversité liée aux activités humaines se fait de plus en plus alarmant. Le canton vient d’élaborer un “Plan d’action biodiversité 2019-2030“. Dans les mesures prévues dans ce plan, les communes ont un rôle à jouer, y compris des communes urbaines comme Pully.

Pour chacun des changements évoqués sommairement ci-dessus et pour bien d’autres intervenus depuis 1995, Le PDCom se doit de formuler des objectifs visant une meilleure qualité de vie, l’atténuation des conséquences négatives desdits changements ainsi qu’une équitable pesée des intérêts en présence.

Dans la hiérarchie des outils d’aménagement communal, il est logique de commencer par la révision du PDCom avant celle du PGA, puis celle du Règlement sur les constructions. C’est d’ailleurs ce que le canton a fait en révisant le PDCn avant la LATC.

En conclusion, nous invitons la Municipalité à réviser le PDCom en tenant compte des changements intervenus depuis 1995 et en précisant les objectifs à atteindre, de manière à ce que le PDCom devienne un réel outil de pilotage de la politique communale.

Alexis Bally, Pauline Tafelmacher, Remo Kuonen

Lavaux-Oron, pully

Pully – Réchauffement climatique et urbanisme

Postulat

Introduction

Ces derniers étés, nos villes sont devenues de véritables fours. En moyenne, la température y est de 5°C plus élevée qu’à la périphérie avec des écarts maxima beaucoup plus importants. On parle d’îlot de chaleur urbain : les sols construits ou bétonnés chauffent plus fortement que les sols en cultures, en herbe ou en forêt. Au sol, la température peut passer de 80° C dans une cour de récré bétonnée à 29° C dans un parc public vert (chiffre de Rue de l’Avenir). La nuit, l’inertie thermique de l’ensemble bâti et de la maréchaussée maintient des températures élevées, affectant ainsi le sommeil des habitants. Selon les derniers rapports du GIEC, l’élévation des températures va se poursuivre.

L’objet du présent postulat n’est pas d’évoquer de possibles contributions communales à la lutte contre les causes du réchauffement climatique mais d’envisager des mesures  pour en limiter les effets. De nombreuses villes (p.ex. New-York, Hambourg) développent des programmes spéciaux pour créer des espaces verts, réputés comme îlots de  fraîcheur.

Un article intéressant sur ce sujet a paru dans la revue « Efficience 21 » sous le titre « Davantage de nature pour  protéger nos villes du réchauffement ». Extrait du premier paragraphe de cet article : « En Suisse comme ailleurs, le  climat se réchauffe et les évènements météorologiques  extrêmes se multiplient. La Confédération cherche des  pistes et soutient une trentaine de projets pilotes  d’adaptations aux changements climatiques afin de limiter les dommages et de maintenir la qualité de vie. (…) Une  autre étude, Urban Green & Climat Bern, est actuellement  menée à Berne sur le rôle et la gestion des arbres dans un développement urbain adapté aux changements climatiques. »

Que pourrait faire notre commune ?

A ma connaissance, Pully n’est pas intégrée dans le  programme de la Confédération. Ceci ne devrait pas  l’empêcher de prendre les devants et de s’inspirer des mesures issues des projets pilotes, ce qui pourrait amener à  réviser le Plan directeur communal, le PGA, le RCATC ainsi que les pratiques d’octroi des permis de construire.

Quelques mesures possibles (liste indicative et non  exhaustive) :
• Végétaliser au maximum au sol et planter des arbres  majeurs portant ombre sur la chaussée (radiateur important) ;
• Végétaliser les toitures et même les façades ;
• Donner la préférence aux couleurs claires pour le bâti ;
• Limiter l’imperméabilisation des surfaces, notamment des places de parc ;
• Aménager/préserver des couloirs d’aération dans les quartiers, essentiellement dans la direction des vents thermiques (nord-sud pour Pully) ;
• Faire plus systématiquement usage de la possibilité d’imposer un plan d’affectation /plan de quartier plutôt que de laisser démolir et reconstruire immeuble par immeuble. En pratiquant de telle sorte, il est plus facile d’obtenir un  ensemble cohérent et de mettre en œuvre les mesures ci-dessus et notamment d’imposer une végétalisation conséquente et des revêtements plus perméables ;
• Multiplier les points d’eau potable.

Objet du postulat

Par le présent postulat, je demande à la Municipalité d’établir un rapport sur l’état des lieux (relevé d’écarts de température significatifs) et sur les mesures destinées à  lutter contre les effets du réchauffement climatique :  mesures déjà prises, mesures réalisables à court terme ainsi que mesures envisageables à moyen et long terme.

Annexe : communiqué de presse de la ville de Sion

Alexis Bally