Intervention communale, Marie-Thérèse Sangra

Municipalisation de la FASL

Intervention

Les négociations de fin d’année au sujet de la réorganisation de la Fondation pour l’animation socio-culturelle lausannoise (FASL) ont débouché sur une annonce unilatérale de sa municipalisation qui a conduit à une situation de crispation de part et d’autre en donnant aux travailleurs et travailleuses un sentiment d’impasse et d’incompréhension.

A titre personnel, je pense qu’il faut déplorer cette impression de rupture unilatérale des négociations, alors qu’il y avait eu auparavant un engagement important dans la recherche de solutions de la part de la FASl et de toutes les personnes qui oeuvrent avec elle, en particulier les nombreux bénévoles des associations de quartier.

Je n’ai pas une vision d’ensemble sur ce qui se passe au niveau de l’animation socio-culturelle à Lausanne, c’est pourquoi je me référerai à mon expérience en tant que membre du comité de l’association du quartier du Vallon et à la collaboration que nous entretenons avec le Centre d’animation de la Cité dont j’apprécie l’immense contribution à la dynamique de notre quartier. Leurs prestations concernent :

-L’accueil des enfants du quartier

-La médiation parfois délicate entre les habitant·e·s et les utilisateur·trice·s des institutions sociales du quartier ou le nouvel espace de consommation sécurisé

-un rôle d’intermédiaire auprès des habitant·e·s dans les activités de réappropriation des espaces de vie dans le quartier, p.ex. leur implication (toujours aux côtés des habitant·e·s) dans la nouvelle place de jeux, dans la zone de rencontre de la Place du Nord, la requalification de la place du Vallon, etc…

-la gestion des garages dans les AMV comme espace de rencontre pour les enfants, ados et famille ou leur soutien dans des démarches pour mutualiser l’utilisation de locaux temporairement vides pour des activités de réparation de vélos, de travail du bois, etc.

-leur implication dans de grands événements comme O Vallon 1 2 3, la venue dans le quartier de Gilles Clément, le jardinier paysagiste invité lors de Lausanne Jardin 2019

– ou encore la recherche de solutions créatives et adaptées aux situations d’urgences sur le terrain pour les personnes marginalisées ou en perte d’intégration (des solutions sur-mesure, rapides et peu coûteuses)

etc..

Bien sûr tout cela n’est pas l’unique fait des animateur·ṭrice·s du Vallon, mais résulte aussi du travail de l’association de quartier du Vallon, et des autres acteurs du quartier, mais sans le soutien des animateur·ṭrice·s, leur disponibilité, leur marge de manœuvre et une certaine liberté d’action pour soutenir et soulager le travail de l’association de quartier, il ne serait pas possible d’afficher autant de succès, ni de poursuivre, sur le long terme, une démarche citoyenne de «démocratie de quartier» si innovante.

Tout cela n’est a priori pas absolument incompatible avec une municipalisation, toutefois à la condition que des garde-fous très stricts soient définis, garantissant les missions de l’animation socio-culturelle. Or, rien de cela n’apparaît dans les annonces de municipalisation de la Ville, alors que c’est bien là dessus que devraient porter les discussions.

Dans le dernier communiqué de l’année passée à ce sujet, la Ville semblait annoncer vouloir reprendre les négociations. On a aussi pu lire dans les réponses aux interpellations (bien que cela ne soit pas d’une clarté absolue) que la Ville restait ouverte au dialogue. Il s’avère toutefois que les discussions ont repris dès le début de l’année au pas de charge sans que les partenaires de l’animation socio-culturelle n’aient toujours le temps de s’organiser dans de bonnes conditions et de manière représentative. La crainte que la municipalisation ne soit définitivement en marche et qu’il n’y ait plus de marge de manœuvre agite les esprits. Dès lors je pose la question, la municipalisation de la FASL est-elle aujourd’hui entérinée et en phase de concrétisation ? Il me semble important que la Ville joue franc jeu avec les animateur·ṭrice·s socioculturel·le·s. Je souhaite pour ma part que l’on revienne à la table des discussions avec l’ensemble des acteurs, que l’on travaille en toute transparence en analysant les conséquences concrètes d’une municipalisation sur les missions de l’animation socioculturelle.