Intervention communale, Sara Gnoni

Egalité entre hommes et femmes au travail

Préavis en matière d’égalité (R60)

Nous remercions la municipalité pour son engagement et son excellent préavis pour mettre en oeuvre l’égalité entre hommes et femmes au travail. Ma collègue Sara Soto vous fera part d’un message de Alice Genoud concernant spécifiquement son postulat  sur l’allaitement urbain.

L’égalité entre les hommes et les femmes au travail, dans les cours d’école ou dans l’espace public est un thème qui nous tient particulièrement à coeur, à nous les Verts. Il s’agit par ailleurs de l’objectif numéro 5 des Objectifs du développement durable. En effet, je cite, “L’inégalité des genres constitue l’un des principaux obstacles au développement durable, à la croissance économique et à la réduction de la pauvreté”. Rappelons par ailleurs que malgré plusieurs objets déposés aux chambres fédérales, l’égalité des genres, notamment en termes de salaires reste volontariste et il me parait donc indispensable que les collectivités se montrent en exemple pour inspirer les entreprises.

Ce préavis répond parfaitement donc à plusieurs postulats tout en allant plus loin et présentant une stratégie ambitieuse et cohérente pour permettre de réduire les écarts salariaux, de donner la possibilité de télétravailler, ce qui s’est avéré une nécessité pendant ces derniers temps ou encore de favoriser l’accès des femmes à des postes de cadres. En mettant la barre très haut, la Ville se pose en exemple en tant qu’employeur et que collectivité et nous espérons qu’elle en inspirera d’autres. Par ailleurs, en collaboration avec l’université de St-Gall elle participera à un benchmarking, ou une comparaison entre pairs pour évaluer où se situe la politique de notre ville.

En travaillant autour de cinq axes principaux : rendre visible l’égalité au sein de l’administration, réduire à zéro les inégalités salariales, mettre en place des mesures pour concilier la vie professionnelle et la vie privée, rendre accessibles tous les postes, à tous les échelons à tous les genres et lutter contre le harcèlement sexuel et les comportements sexistes, cette politique permettra, nous en sommes certains d’atteindre l’objectif, enfin, d’égalité des genres au sein de l’administration et nous espérons, ailleurs.

Nous remercions donc fortement la municipalité pour son très bon postulat et vous invitons à l’accepter.

Sara Gnoni

Daniel Dubas, Intervention communale

Quelle politique municipale pour encadrer les services de livraison de plats à domicile ?

Interpellation

Depuis deux ou trois ans, des sociétés de plateforme comme Smood, Uber Eats ou eat.ch, auxquels s’ajoutent les livreurs « classiques » de pizzas ou de spécialités de différentes régions du monde, se livrent une concurrence exacerbée pour la livraison de plats de nombreux restaurants « partenaires » aux consommatrices et consommateurs dans les quatre coins de la ville. Il s’agit souvent – mais pas exclusivement – de restaurants faisant partie de chaînes ou franchises de « fast food ». Ces sociétés font livrer – par des privés roulant en voiture, à moto ou à vélo – des plats commandés en ligne.

La croissance de cette tendance semble suivre une courbe exponentielle, tout particulièrement dans le contexte de la crise liée au Covid-19 et la fermeture temporaire des restaurants aux clients « physiques ». Et il est fort à parier que la tendance des commandes de plats en ligne va se renforcer encore davantage ces prochaines années.

Dès lors, de nombreuses questions se posent par exemple en termes de concurrence avec les restaurateurs « traditionnels », de conditions de travail précaires pour les livreurs occasionnels, de commissions excessives aux dépens des restauratrices et restaurateurs ainsi que des travailleuses et travailleurs1, de déchets supplémentaires, de congestion du centre-ville, de pollution engendrée par les déplacements en voiture et à moto (air et bruit) ou encore d’utilisation des infrastructures publiques par les livreuses et livreurs à vélo, soit en transports publics pour remonter la pente, soit par des vélos en libre-service ainsi utilisés professionnellement.

Il est vrai aussi que ces livreuses et livreurs en nombre croissant – parfois encore avec un permis d’élève-conducteur – roulent souvent de façon rapide, voire même agressive, ce qui pose des questions de sécurité routière. Ces personnes respectent souvent assez peu les règles en vigueur concernant le stationnement et certains roulent régulièrement dans les zones piétonnes, par exemple pour rejoindre plus facilement le restaurant pour lequel elles ou ils livrent.

Au vu de ce qui précède, nous posons les questions suivantes à la Municipalité :

  1. La Municipalité partage-t-elle l’avis que le développement exponentiel des livraisons de plats à domicile en ville pose problème ?
  2. Estime-t-elle nécessaire de réglementer davantage les services proposés par ces sociétés de livraison de plats ? Si oui, dans quel domaine, et avec quelle marge de manœuvre pour la ville ?
  3. La Municipalité dispose-t-elle de chiffres permettant d’identifier l’importance économique que représentent ces services, la part des restaurants et « fast-foods » y faisant appel, ainsi que la concurrence que cela peut créer pour des restaurants ne faisant pas appel à ces services ?
  4. La police municipale procède-t-elle à des actions spécifiques pour s’assurer du respect des dispositions de circulation routière par les livreuses et livreurs, notamment par rapport à leur vitesse, aux dépassements dangereux, au fait que ces personnes roulent en zone piétonne ou par rapport au stationnement ?
  5.  La Municipalité est-elle en contact direct avec ces sociétés de plateforme pour exiger de leur part une sensibilisation de leurs collaboratrices et collaborateurs occasionnels à la conduite correcte dans le trafic routier ?
  6. La Municipalité dispose-t-elle de moyens lui permettant d’éviter une utilisation professionnelle dans ce cadre des vélos en libre-service ? Si oui, lesquels ?
  7. La Municipalité estime-t-elle que ces sociétés de plateforme devraient contribuer davantage aux coûts liées à la gestion des déchets ?
  8. Quels sont les moyens mis en place par la ville pour s’assurer que les conditions de travail des livreuses et livreurs occasionnels soient dignes et conformes au droit du travail (notamment en termes sanitaires) ?
  9. Quelle est la marge de manœuvre de la ville pour imposer une commission maximale que ces sociétés de plateforme encaissent ?

Daniel Dubas, David Raedler, Karine Roch, Anne Berguerand, Sima Dakkus, Ilias Panchard

1 La ville de New York City vient par exemple d’imposer un maximum de 15% de commission pour les sociétés de plateforme, montant qui peut aujourd’hui monter jusqu’à 30% dans certains cas.

Ilias Panchard, Intervention communale

Crise du Coronavirus : quelles conditions de travail pour les employé-e-s de la Ville ?

Interpellation urgente

Il y a quelques jours, les travailleuses et les travailleurs célébraient le 1er mai. La journée internationale des travailleurs-ses fut l’occasion pour les syndicats et leurs membres de l’ensemble des secteurs d’exprimer leurs revendications en lien avec la crise sanitaire : protection de la santé des travailleurs-ses, défense et développement des services publics, revalorisation salariale des métiers essentiels et insuffisamment reconnus ou encore nécessité de répartir les richesses. Ces revendications seront également centrales pour préparer l’avenir et « l’après-coronavirus ».

Bien évidemment, ces revendications concernent aussi les employé-e-s du secteur public. Le fonctionnement des services publics communaux a été exemplaire durant cette crise, grâce à l’intense engagement des employé-e-s communaux, en télétravail ou à leurs postes de travail habituels, souvent sur le terrain exposés au virus.

Nettoyage des rues, ramassage des ordures ménagères, suivi et entretien des installations techniques, gestion de la STEP, sécurité et services d’urgence, hébergements d’urgence pour les sans-abris, entretien des parcs et domaines ou distribution de l’eau ; pendant cette crise, ces services essentiels fournis à la population ont pu se poursuivre grâce notamment à l’engagement, à la persévérance et au courage des employé-e-s de la ville. Partant de ce constat, il convient de dresser un bilan de la période vécue ces deux derniers mois et d’en tirer des enseignements afin d’améliorer concrètement les conditions de travail au quotidien maintenant que nous avons « appris à vivre » avec le virus et sommes entrés dans une nouvelle phase, celle du déconfinement.

Pour ce faire, il est nécessaire de revenir sur les mesures prises ces deux derniers mois par le service du personnel pour garantir la santé au travail, s’adapter à ce nouveau contexte et tâcher d’assurer une égalité de traitement entre les  différent-e-s employé-e-s de l’administration communale.

Au vu des éléments qui précèdent et du contexte exceptionnel vécu par les employé-e-s des services publics communaux, les co-signataires souhaitent poser les questions suivantes à la Municipalité :

  1. Comment la Municipalité analyse-t-elle la période récente du point de vue de la nécessité de réorganiser l’administration communale et en particulier de l’impact qu’a eu cette réorganisation sur les conditions de travail des employé-e-s ?
  2. La Municipalité considère-t-elle avoir pu s’adapter à cette situation inédite d’une manière satisfaisante ? Quels ont été les principaux défis en termes de maintien des services à la population et de conditions de travail satisfaisantes ?
  3. En termes de communication vis à vis de ses employé-e-s, quels ont été les moyens mis en oeuvre par le service du personnel (et les différents services) et à quels moments les différentes  informations ont-elles été transmises aux employé-e-s ?
  4. Quelles ont été les décisions prises par la Municipalité en terme de décompte des jours de congés, des périodes de maladie et des heures supplémentaires ? Des employé-e-s ont-ils été contraints de prendre des jours de congé durant cette période ?
  5. Comment le temps de travail a-t-il été comptabilisé pendant cette période ? Est-ce que la situation personnelle des employé-e-s a-t-elle été prise en compte dans ce décompte, notamment compte tenu de leur poste, de leur situation familiale, ou de tout autre critère ?
  6. Quelles ont été les mesures prises par la Municipalité pour garantir une prise en compte de la situation individuelle des employé-e-s de la Ville (exposition au virus dans son travail, enfants à charge, personnes à risques, surface et configuration du logement personnel, matériel à disposition, etc.). Concernant les employé-e-s en télétravail et ayant un ou des enfants, comment la Municipalité s’est-elle assurée de la compatibilité entre les tâches professionnelles à effectuer et l’école à la maison ?
    a) Concernant les employé-e-s parents dont le travail exige une présence sur le lieu de travail ou dans les espaces publics, comment la Municipalité s’est-elle assurée de garantir la garde des enfants (petite enfance, écoles, garderies) ?
    b) Concernant les employé-e-s exposés au virus dans leur travail quotidien (par exemple propreté urbaine, hébergements d’urgence, chauffeurs des TL, personnel de la STEP, nettoyage, etc.), quels ont été les mesures prises par la Municipalité pour garantir des conditions de travail respectant les normes d’hygiène et de distanciation physique préconisées par l’OFSP ?
    c) En particulier, la Municipalité a-t-elle pris et continue-t-elle de prendre les mesures nécessaires pour garantir un accès à des masques, des gants, des visières de protection et du gel hydroalcoolique en suffisance à l’ensemble des secteurs fortement exposés au virus ?
  7. Combien d’employé-e-s de la Ville ont-ils été malades du coronavirus ? Parmi ceux-ci, combien font partie des métiers exposés, notamment cités précédemment ?
  8. Les employé-e-s travaillant dans les domaines les plus exposés au virus ont-ils/elles pu exercer leur “droit de retrait” ?
  9. De manière générale, comment la pénibilité du travail a-t-elle été prise en compte pendant cette période ? La Municipalité a-t-elle prévu des mesures ces prochains mois pour diminuer la pénibilité dans les domaines les plus exposés ?
  10. En terme de rémunération, la Municipalité va-t-elle octroyer une prime aux employé-e-s des services qui ont été et restent les plus dangereusement exposés au virus, qui bénéficient  d’ailleurs souvent des salaires les plus bas de la Ville (57’949.- annuels, soit 4457.- mensuels, pour un 100%) et qui reçoivent un tonnerre d’applaudissements chaque soir depuis des semaines depuis les balcons et fenêtres de l’ensemble des quartiers lausannois ?

Ilias Panchard, Daniel Dubas, Sara Gnoni, Ngoc Huy Ho, Sara Soto

Keko Razzano, Lausanne

1er mai : Notre santé avant leurs profits

Contrairement à notre habitude, ce 1er Mai, nous ne pourrons pas manifester dans la rue. Qu’à cela ne tienne: nos revendications demeurent et c’est aux balcons et aux fenêtres que nous vous invitons à nous rejoindre, pour donner de la voix ensemble, à 18h00!

Il est désormais temps de repenser nos modes de vie et notre lien avec l’environnement. Tant de pistes sont à explorer. Les Vert·e·s, à tous les échelons (communal, cantonal et fédéral), sont déterminé·e·s à défendre ces projets: télétravail, circuit court, économie verte, revalorisation du care, égalité professionnelle réelle.

Le discours de Keko Razzano, membre du comité, à cette occasion:

Feuille verte, Lausanne

Confiné·e·s mais d’autant plus déterminé·e·s !

Depuis le début de l’année, nous sommes témoins d’événements dont nous n’avions probablement même pas idée pour la majorité d’entre nous. Jour après jour, nous apprenons à adapter nos vies et ce qui nous semblait impensable devient nécessaire. Dans la foulée, ce qui nous paraissait inimaginable hier devient une nécessité aujourd’hui : ce 1er mai, nous ne serons pas dans la rue !

Mais cette absence dans les rues n’est clairement pas synonyme d’absence de revendications. Bien loin s’en faut. Au contraire, la crise que nous vivons actuellement prouve la fragilité de notre système et son incapacité à protéger les faibles d’entre nous. Elle prouve, une fois de plus, que ce sont celles et ceux qui sont depuis toujours les plus précarisés qui se retrouvent au front pour assurer que notre société ne s’effondre pas totalement. Elle prouve que l’impunité avec laquelle la nature est traitée ne peut rester indéfiniment sans conséquence pour l’être humain.

Il est plus que nécessaire que la crise que nous traversons, toutes et tous, nous permette de repenser le monde de demain pour toutes et tous.

Ces dernières semaines nous ont montré combien nous sommes dépendants des personnes dont le rôle n’est toujours pas considéré à sa juste valeur. En plus des équipes de soins, et notamment le personnel infirmier, tant de professions sont au front : dans les magasins de première nécessité, les administrations, les services de distribution postale, le monde agricole… Tant de personnes qui ont dû faire preuve de courage et d’abnégation pour se montrer à la hauteur de leurs responsabilités.

Bien que venant d’horizons divers, ces professions ont toutes un point en commun : elles ont toutes été bafouées, méprisées et mal considérées depuis de (trop) nombreuses années.

Il faut également souligner que, dans beaucoup de ces professions, les femmes sont très nombreuses. Cette période a aussi mis en évidence l’importance des activités des femmes au sein des familles. Nous répétons aujourd’hui la nécessité de pouvoir concilier vie professionnelle et vie privée, notamment par l’encouragement du télétravail, de mieux répartir les tâches de soin et d’enfin les valoriser économiquement.

Ceci nous montre, malheureusement une fois encore, que toutes les revendications de ces indispensables actrices et acteurs de la société ne sont toujours pas entendues… Bien au contraire, les milieux économiques exercent d’intolérables pressions sur tous les fronts pour que l’activité reprenne à la « normale », tout en étant conscients des risques qu’ils/elles font courir à leurs équipes.

Chaque année, nous devons descendre dans la rue, le premier jour du mois de mai, pour, ensemble, exprimer notre ras-le-bol de cette injustice sociale et de ce manque de solidarité. Même si, sur certains fronts, des avancées ont pu être constatées, nous sommes très loin de voir réalisées nos revendications répétées, années après années. Nous ne nous contentons pas des promesses des milieux économiques.

Nous voulons croire que la crise actuelle nous permettra de lancer un mouvement nouveau et de vivre dans un monde où une meilleure justice sociale, une meilleure considération et une meilleure répartition des ressources sont possibles.

Les nombreuses et émouvantes preuves de solidarité qui ont éclos partout dans notre pays doivent d’autant plus nous encourager à nous unir pour faire front commun.

Donc, si cette année, ça ne sera pas dans la rue que nous donnerons de la voix, nous serons toutes et tous à nos fenêtres et nos balcons pour « notre santé avant leur profit »!

Pour le bien de tous les êtres vivants, pour celui de notre planète, pour celui des générations futures, rejoignez-nous, dès 15h00, avec ou sans banderole, mais avec votre volonté et votre enthousiasme !

Keko Razzano

Ilias Panchard, Intervention communale

STEP : des conditions de travail préoccupantes

Intervention

Le chantier de la STEP a débuté en 2015 et se poursuivra jusqu’en 2023. À terme, une nouvelle station d’épuration remplacera ainsi l’actuelle STEP. Notre collègue Calame l’a rappelé, depuis le début du chantier, soit 4 ans, le personnel de la station d’épuration interpelle la hiérarchie de l’usine et la municipalité à propos des conditions de travail sur le chantier de Vidy.

Hélas, les différentes démarches ne semblent pas avoir abouti à quoique ce soit. Les deux revendications principales : une compensation financière vis à vis d’une dureté du travail accrue et la possibilité de compenser en ayant du temps de repos supplémentaire accordé.

Quand des employé-e-s affirment que des températures de 34 degrés ont été mesurés à 1h du matin sur une partie du site, que des produits très nocifs sont utilisés et que les arrêts maladie augmentent, il est de notre responsabilité d’agir. Qui plus est quand le municipal en charge ne semble pas prendre des mesures pour améliorer la situation.

La pénibilité au travail est une question centrale dans les rapports de travail. Présente dans de nombreuses CCT, au coeur des débats suisses et européens – français en particulier – la notion de pénibilité doit être développée et non rabotée pour des raisons apparemment financières, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un employeur public.

Nous sommes nombreux dans cet hémicycle, dans les différents groupes politiques, à fortement nous intéresser à tout ce qui touche à l’eau dans cette ville, son captage, son transport, son utilisation et bien sûr à sa qualité. Je peux dire sans trop présumer que c’est aussi largement le cas du Municipal Hildbrand. C’est à saluer et nous permet d’avancer rapidement sur cette question et de figurer parmi les villes pionnières, ou en tout cas parmi les plus avancées du pays, en ce qui concerne la gestion durable de l’eau.

Cependant, là où les lignes se fracturent hélas, là où l’opposition gauche-droite refait surface, c’est bien souvent lorsque l’on parle des conditions de travail, de la sécurité sur le lieu de travail ou des salaires. L’entretien de ces installations ne se fait pas tout seul. L’approche “technologique”, très en vogue concernant le traitement de l’eau et ses moultes nouvelles techniques présentées comme révolutionnaires, a ses limites et derrière de nombreuses et nombreux employé-e-s sont engagés au quotidien pour assurer ces services. Et, dans le cas qui nous concerne, pour permettre le bon fonctionnement de la STEP et la construction dans les temps de la nouvelle station d’épuration.

Il nous faut reconnaître le travail des employé-e-s de la STEP, son évolution récente et celui prévu ces prochaines années jusqu’à la fin des travaux dans 3 ans au plus tôt.

Selon Monsieur le municipal, la portée des inconvénients n’aurait pas pu être réellement établie lors des différentes rencontres. Le Municipal considère-t-il ainsi que les éléments amenés par le personnes et le syndicat sont donc fausses ou mensongères ?

Nous espérons vivement, comme lui, que les prochaines rencontres, si elles ont lieu, permettront ainsi aux salariés et au syndicat de détailler leurs conditions de travail et leurs revendications, et donc à la Municipalité d’en prendre connaissance.

Ilias Panchard

Intervention communale, Lausanne, Xavier Company

Améliorer la gouvernance du Conseil communal

Intervention sur le projet de règlement de M. Fabrice Moscheni : « Améliorer la gouvernance du Conseil communal »

Les Verts regrettent tout d’abord que cet objet soit traité individuellement et non dans le cadre de la révision générale du Règlement du Conseil communal, compte tenu du manque d’urgence et par économie de force de ce Conseil.

Pour revenir sur le fond du projet de règlement, les Verts ont longuement débattu de ce projet de règlement.

En effet, ils sont non seulement attaché à la question de la transparence de la classe politique, raison pour laquelle, notamment, ils publient les comptes du parti chaque année, ou que nombre de Conseillers ont spontanément indiqués leurs employeurs dans le registre des intérêts.

Néanmoins, le projet de règlement proposé par M. Moscheni ne nous semble pas entièrement honnête et… transparent. Il crée des inégalités de traitement entre les conseillers qui ne semblent pas légitime à la plupart des membres du groupe des Verts.

Tout d’abord, il convient de rappeler les circonstances dans lesquelles a été déposé ce projet de règlement, soit pendant le débat sur equitas, où les déposants voulaient monter du doigt les employés de la ville de Lausanne, voire les empêcher de voter… demandant ainsi une inégalité de traitement insoutenable à notre sens, entre personnes élues de manière démocratique dans le même Conseil.

Ensuite, il y a une différence crasse entre les employés et les indépendants. Les premiers devraient annoncer leurs employeurs, ainsi se mettre à nu, même si cela peut leur porter préjudice professionnellement parlant, alors que les seconds, n’étant que des mandataires de leur client, seraient libre d’indiquer uniquement leur activité professionnelle, comme c’est déjà le cas aujourd’hui.

De plus, il nous semble que cette obligation poserait des problèmes principalement à une certaine partie des conseillers, qui doivent parfois lutter avec leur employeur, qui ne voit pas forcément d’un bon œil leur participation à la vie politique et qui risquent ainsi de mettre en risque leur emploi. En contrepartie, les conseillers exerçant une activité de cadre ou hiérarchique élevée n’ont que rarement ce problème et peuvent le faire spontanément en toute liberté.

Finalement, il existe un risque d’attirer l’attention sur les Conseillers qui perdent leur emploi, puisque l’obligation d’indiquer ce changement les mettrait dans l’obligation de l’annoncer dans les 3 mois !

Les Verts vont donc majoritairement refuser la première partie de ce projet de règlement, qui ne vise pas juste et créerait un déséquilibre entre les Conseillers qui ne se légitime pas. L’indication de l’activité professionnelle nous semble suffisante, comme minimum, à la transparence nécessaire. Il ne nous semble en effet pas que l’employeur soit un élément central, déterminant pour le débat politique, et indispensable pour la confiance donnée dans les membres de ce Conseil.

Au surplus, c’est aux électeurs de se déterminer s’ils estiment que les candidats au Conseil communal de Lausanne ne sont pas suffisamment transparents.

Quant à la modification du délai d’annonce, les Verts y sont majoritairement favorables afin de permettre de maintenir à jour de manière plus automatique le registre des intérêts, et ainsi favoriser la transparence de notre Conseil. Nous avons certainement été nombreux à aller vérifier nos annonces d’intérêts après le mail reçu récemment par notre Secrétaire. Une annonce automatique lorsque la situation évolue favorise, à notre sens, cette mise à jour et l’actualité de ce Registre.

Xavier Company

Intervention communale

Des aménagements pour les proches aidants

Sur le postulat “Des aides concrètes pour les proches aidants”

 

Un proche aidant est une personne qui consacre de son temps au quotidien auprès d’un proche atteint dans sa santé, son autonomie. Il assure à titre non-professionnel et de façon régulière une présence et un soutien pour l’aider dans ses difficultés et assurer sa sécurité. Il peut s’agir d’un membre de la famille, d’un voisin ou d’un ami.

Voici un sujet qui touche tout le monde, voici un sujet qui n’est ni de droite ni de gauche.

Qui d’entre nous n’a pas côtoyé directement ou indirectement des gens qui s’occupent de leurs parents âgés ou de leurs enfants qui connaissent des difficultés au quotidien et qui ne s’en sortiraient pas sans l’aide de leurs proches. Qui n’a pas côtoyés des gens proches du burn out ou atteints eux-mêmes dans leur santé parce qu’ils devaient gérer leur vie professionnelle en même temps que la maladie ou la perte d’autonomie de leurs parents proches ? Les femmes sont particulièrement touchées par ce phénomène.

C’est une réalité qui ne fera d’ailleurs qu’augmenter avec le vieillissement de la population : les proches aidants représentent une ressource inestimable pour la société. Imaginez si l’Etat devait se substituer et compenser les heures effectuées par sens du devoir ou par amour par les proches aidants. A l’échelle suisse, cela représente une économie de 3.7 milliards de francs par an pour la santé publique.

Des associations se sont mises sur pied pour aider les proches aidants. Emotionnellement aussi, certaines situations sont très lourdes. Le canton a mis sur pied un véritable programme pour les proches aidants. Et en tant qu’employeur, il octroie des congés jusqu’à concurrence de 12 jours par an.

Afin de prendre soin de cette ressource et afin de reconnaître leur immense contribution, le postulat de notre ancienne collègue Sylvianne Bergmann demande à la Ville, en tant qu’employeur, d’informer son personnel sur les aides en place, ainsi que d’étudier la possibilité d’octroyer des jours de congé et un aménagement provisoire du temps de travail.

Le sujet connaît un tel soutien qu’il pourrait être directement envoyé à la Municipalité qui ferait des propositions sur ce qui est juste et gérable pour Lausanne en tant qu’employeur.

Sophie Michaud Gigon

Lausanne, le 6 septembre 2016

Intervention communale

Des aides concrètes pour les proches aidants

 Postulat

Le rapport-préavis sur la “Politique sociale de la vieillesse” (no 2013/06) citait un extrait du rapport “Politique cantonale Vieillissement et santé”:[1]

” Les proches aidants jouent un rôle majeur dans le maintien des personnes à domicile des personnes âgées, en particulier dépendantes. La politique du maintien à domicile vaudoise ne saurait être réalisée sans leur apport précieux. Or ce rôle d’aidant peut avoir des conséquences négatives sur leur propre santé ou leur vie professionnelle et sociale”.

Le 17 mars 2016, les Services de la Santé publique et des Assurances sociales et de l’hébergement invitaient tous les acteurs des soins et de l’aide à domicile à participer à des Assises de l’aide et des soins dans la communauté, d’où il ressort les informations suivantes.

Selon les projections du Canton pour les 24 prochaines années, on devrait assister à un doublement de la population des personnes âgées de plus de 75 ans dans le canton (de 58’000 aujourd’hui à 118’000).[2]  Si une vision politique de maintien à domicile n’est pas repensé et ajusté pour faire face à ce contexte en changement rapide, il faudra de nombreux lits d’EMS (3000). La facture prévisible serait de 50 millions pour les communes.

Actuellement, chaque année, la Ville de Lausanne verse des dédommagements au canton comme participation à l’Association vaudoise d’aide et de soins à domicile (AVASAD). Les comptes 2015 (préavis 2016/30) font état de Fr. 11’293’000.-

Le maintien à domicile de personnes âgées, d’enfants et de personnes malades ou accidentées, de personnes handicapées ne sauraient exister sans l’apport des proches dans leur prise en charge.

Certains, qui épaulent un proche atteint dans son autonomie ou sa santé, consacrent jusqu’à 50 heures par semaine voire plus dans ces tâches d’assistance.

Les répercussions économiques de cette aide sont considérables pour la société.

Même en bénéficiant d’aide, les proches aidants atteignent tôt ou tard leur limite.

Bien que des hommes soient souvent des proches aidants (ex. conjoint, fils)  ce sont avant tout les femmes qui assument à une forte majorité le rôle de proche aidant, tout en exerçant une activité professionnelle. C’est pourquoi, devant l’ampleur de la tâche, beaucoup réduisent leur temps de travail voire abandonnent leur emploi. Cette situation a des répercussions importantes pour elles, notamment au niveau des pertes de cotisations sociales. Des répercussions se manifestent aussi au niveau de la santé (prise de médicaments, dépression, visites fréquentes chez le médecin etc). On parle alors de “patients cachés” qui une fois libérés de leur charge, tombent souvent malades.

Ce qui semble admis, c’est qu’un proche aidant sur trois est atteint dans sa santé avant de demander de l’aide.

Si la Confédération souhaite (programme global “Santé 2020”)[3] améliorer la situation des proches aidants en créant notamment des bases légales pour améliorer la sécurité juridique en cas d’absences au travail pendant une courte durée ou introduire un congé d’assistance, l’objectif est également de sensibiliser les entreprises et communes à cette thématique.

Le Canton de Vaud a introduit la possibilité pour les collaborateurs et collaboratrices de bénéficier de congés pour les proches aidants jusqu’à concurrence de 12 jours par an, pour accompagner un proche atteint dans sa santé ou son autonomie (directive technique 35.09).

La commune de Lausanne, en tant qu’employeur, devrait être en mesure de prendre en compte les problèmes rencontrés par des proches aidants, qui se trouvent certainement parmi ses employés.

Ce postulat demande à la Municipalité:

  • de mettre à la disposition des employés des informations générales sur les aides financières qu’ils peuvent solliciter et les offres de décharge dont ils peuvent bénéficier dans leur commune ( par ex.association de proches aidants)
  • d’aménager des conditions de travail pour les proches aidants qui le sollicite (par ex. horaire flexible, possibilité de s’absenter ponctuellement)
  • d’étudier la possibilité d’octroyer quelques jours de congé non payés aux collaboratrices et collaborateurs qui accompagnent  un proche atteint dans sa santé ou son autonomie.

 Sylvianne Bergmann

 

Lausanne, le 11 juin 2016

 

 

 

 

 

 

 

[1] Source: rapport Politique cantonale Vieillissement et santé. Canton de Vaud, 12 janvier 2012
[2] D’après Statistique Vaud, la part des personnes âgées resterait stable dans la Ville de Lausanne
[3] Soutien aux proches aidants-Rapport du Conseil fédéral- 5 décembre 2014