Alice Genoud, Daniel Dubas, Intervention communale, Lausanne

Stationnement offert par la Société Parking Riponne SA

Les Verts lausannois interpellent le Bureau du Conseil communal sur la conformité du cadeau du Parking de la Riponne SA

Monsieur le Président,

La « Recommandation du Bureau [du Conseil communal] concernant l’article 100a de la loi sur les communes (interdiction d’accepter ou de solliciter des libéralités ou d’autres avantages) » a été adoptée le 8 janvier 2019. Elle est entrée en vigueur le 23 janvier 2019.

Le groupe des Verts au Conseil communal se réjouit de cette démarche, qui s’appuie sur la directive municipale correspondante pour en établir le pendant applicable à notre Conseil. Elle permet d’établir des règles sur les situations de conflits d’intérêts potentiels ou réels, sur les voyages officiels et sur les libéralités et autres avantages tels que des cadeaux ou des invitations. Seuls des avantages « de faible importance » sont admis, c’est-à-dire des avantages dont la valeur marchande n’excède pas un montant de CHF 300, ce qui nous semble une limite acceptable pour laisser la liberté nécessaire au travail d’élu, avec la représentation qu’il implique, tout en respectant l’importance de notre indépendance.

Or il s’avère que la société Parking Riponne SA offre aux membres du Conseil communal le stationnement gratuit pour toutes les séances du Conseil communal. Les membres du groupe des Verts ont refusé cette offre, la jugeant problématique non seulement parce qu’elle incite l’utilisation de la voiture en lieu et place des transports publics ou de la mobilité douce, mais aussi éthiquement puisqu’elle provient d’un parking privé à usage public loué par la Ville de Lausanne à cette société en droit de superficie, sur décision du Conseil communal.

En calculant la valeur de cet avantage, avec un coût pour le stationnement de CHF 14.- (pour la période de 17h30 à 23h00) par soirée, pour 22 à 24 soirées du Conseil communal par année, le montant maximum de CHF 300.- fixé par le Bureau du Conseil communal est donc dépassé déjà en une seule année et a fortiori sur les cinq années de la législature. A cela s’ajoutent d’autres cadeaux de fin d’année de faible valeur.

Par conséquent, nous demandons l’interdiction de cette pratique et nous prions donc le Bureau d’examiner notre demande. Cette pratique représente à notre sens un avantage illicite touché par de nombreux membres du Conseil communal et qui peut potentiellement avoir un impact sur l’indépendance des votes au moment des discussions sur la prolongation, ou non, des droits de superficie en faveur des parkings privés à usage public.

Si le Bureau juge indispensable la prise en charge des frais de déplacement, il pourrait, en lieu et place du système actuel, proposer un financement à travers la caisse communale des frais de transport publics ou individuels si des raisons objectives les imposent. Cette solution permettrait de garantir l’accès au Conseil à tous ses membres gratuitement, en privilégiant les transports publics, mais sans pour autant les imposer pour les cas où des personnes, notamment pour des raisons physiques, ne pourraient les utiliser.

En vous remerciant de l’attention que vous porterez à la présente demande, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de nos meilleurs sentiments.

Daniel Dubas

Alice Genoud

Co-président-e-s du groupe des Verts

Lausanne

Une victoire pour le tram, mais un risque pour la nature en ville !

Les Verts lausannois accueillent avec un certain regret la décision du Tribunal fédéral (TF) qui annule la décision du Tribunal administratif fédéral (TAF) et renvoie le dossier à cette autorité pour examiner les plans routiers du barreau Vigie-Gonin. Un point positif est toutefois à saluer : les plans du tram n’avaient pas été remis en cause dans ce recours, ils semblent être validés et nous espérons vivement que sa construction démarrera sans délai. Toutefois, cette décision indique que le barreau routier peut être lié procéduralement à la mise en place du tram et renvoie au TAF pour examen de ces plans routiers. Un espoir ressort donc, soit celui de permettre aux autorités politiques, voire au TAF, d’examiner en détails les possibilités alternatives au barreau routier Vigie-Gonin et de les privilégier tout en maintenant le tram.

Tout d’abord, nous saluons la décision du Tribunal fédéral qui ne remet pas en cause les plans du tram et nous réjouissons de la construction imminente de cette ligne de transports publics tant attendue pour relier l’Ouest lausannois et le centre-ville. Nous mettrons tout en œuvre pour rattraper le retard pris par les procédures judiciaires et obtenir une mise en service aussi rapide que possible de ce tram.

Toutefois, lier formellement et de manière obligatoire une infrastructure de mobilité douce avec une nouvelle pénétrante routière au centre-ville a toujours été critiqué par notre mouvement et nous regrettons dès lors le deuxième volet la décision du Tribunal fédéral de ce jour qui valide cette manière de faire. Cette décision, qui traite exclusivement de compétences juridiques, risque d’avoir des impacts politiques et environnementaux extrêmement importants. Toutefois, cela ne veut pas encore dire que le barreau Vigie-Gonin soit indispensable à la construction du tram et les Verts lausannois profiteront de ce deuxième tour procédural pour tenter de raisonner les instances politiques à ce sujet.

En effet, plutôt que d’augmenter le transport automobile en ville, il convient de profiter de ce nouvel examen devant le TAF pour réellement examiner les alternatives possibles. Les Verts lausannois, suite aux diverses interpellations qu’ils ont déposées, ont appris que deux rapports avaient été rendus dans ce dossier, l’un montrant d’abord que le tram pouvait être réalisé sans barreau, moyennant une légère saturation de certains carrefours aux heures de pointes, l’autre, peu de temps plus tard, indiquant le barreau routier Vigie-Gonin comme seule mesure d’accompagnement possible au nouveau tram. Il est indispensable que les instances politiques, voire juridiques, examinent en détails toutes les options possibles, moyennant une pesée fine des intérêts, afin de choisir l’option impactant le moins possible l’environnement, tout en permettant la mise en service du tram au plus vite. En effet, la quasi-totalité des partis politiques a fait de la protection du climat et de la nature leur priorité en cette année électorale. Il est donc temps de passer à l’action et de prouver que ce ne sont pas là que des mots, mais que des actes concrets et locaux doivent suivre.

La construction du tram doit démarrer sans délai et nous espérons encore que, malgré cette décision juridique, les consciences écologiques qui semblent être apparues ces derniers mois poussent les autorités cantonales et communales à étudier les alternatives au barreau Vigie-Gonin que nous réclamons depuis plusieurs années.

David Raedler, Intervention communale

Des nuits sans trafic pour le bien de la santé des lausannoises et lausannois

Postulat

Plusieurs études et articles parus ces derniers mois ont souligné les graves conséquences que le bruit du trafic peut avoir sur la santé des habitantes et habitants d’une ville. S’ajoutant aux autres conséquences négatives d’un trafic motorisé trop important (pollution, maladies pulmonaires, accidentologie, etc.), le bruit a été placé au centre des inquiétudes d’une grande partie du monde médical et scientifique.

S’agissant spécifiquement de Lausanne, une étude parue en 2018 a mis en lumière un lien direct, dans plusieurs quartiers de la ville, entre les problèmes de somnolence la journée et le bruit nocturne causé par la circulation1. Menée par des chercheurs du CHUV, des HUG et de l’EPFL, dont le Prof. Stéphane Joost (chercheur au Laboratoire de systèmes d’information géographique de l’EPFL), cette recherche a relevé l’existence de points noirs particulièrement problématiques, dont le carrefour entre l’av. d’Echallens et le ch. de Montétan, les abords de la place de Milan ou encore les alentours de la place de la Riponne. En examinant le cas de 3’700 habitantes et habitants de tous quartiers, et en mettant leurs expériences en rapport avec les données du cadastre du bruit réalisé par l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), les chercheurs ont établi un lien direct entre ces problèmes de bruit et la somnolence diurne dont souffrent les personnes concernées.

Cette étude a notamment relevé que la circulation lausannoise était la plus bruyante de Suisse. Elle dépasse en effet souvent les 55 décibels, soit la valeur limite imposée par l’Ordonnance sur la protection contre le bruit (RS 814.41 ; « OPB »)2, en raison de ses rues en pente qui entraînent des démarrages ou des accélérations marquées. Cette valeur dépasse en outre le seuil maximal autorisé par l’Office fédéral de la santé publique, qui est de 50 décibels LEQ (moyenne continue dans le temps de l’énergie acoustique diffusée).

L’impact sonore de ces démarrages et accélérations s’avère particulièrement marqué en période nocturne. Or, les perturbations du sommeil causées par le bruit de la circulation ont un réel effet négatif sur la santé, puisqu’elles peuvent causer une somnolence diurne, une augmentation du stress et des maladies psychiques telles que la dépression, un risque accru d’obésité, des maladies cardio-vasculaires ou encore des accidents liés à la fatigue.

Les problèmes liés au trafic automobile de nuit sont d’ores et déjà pris en compte par la Ville de Lausanne aux abords des hôpitaux. Afin de limiter les nuisances et permettre aux patients de bénéficier du sommeil nécessaire à leur rétablissement, la circulation automobile est en effet interdite aux abords du CHUV entre 22h et 6h.

Compte tenu de la topographie marquée de la ville, il est impératif de tenir compte de ces éléments et de limiter au maximum les nuisances sonores liées au trafic automobile nocturne. A l’exemple du choix opéré autour des hôpitaux, cela doit notamment se faire par des interdictions partielles de circuler de nuit sur certains tronçons particulièrement problématiques. Cela peut en particulier être le cas sur des tronçons aux pentes marquées. Ces interdictions partielles pourraient réserver certaines exceptions, notamment pour les résidents ou les transports-publics – toujours toutefois en conservant comme objectif central la réduction des nuisances sonores liées au trafic routier.

Ces interdictions nocturnes viennent utilement compléter d’autres mesures prises – ou envisageables – afin de lutter contre le bruit lié au trafic automobile. Cela couvre notamment les limitations de vitesse nocturnes généralisées qui sont prévues pour être mises en œuvre à Lausanne3.

Ce n’est qu’avec de telles mesures que les risques pour la santé des lausannoises et lausannois, mis en lumière et développés par l’étude menée par des chercheurs du CHUV, des HUG et de l’EPFL, peuvent être réduits.

Conclusions :

La présente initiative invite la Municipalité à étudier l’opportunité d’interdire la circulation nocturne de véhicules motorisés (entre 22h et 6h) sur certains tronçons routiers. Ce faisant, la Municipalité pourra prévoir certaines exceptions (résidents, transports-publics, etc.), tout en conservant comme objectif principal la réduction des nuisances sonores liées au trafic routier.

David Raedler

1 Stéphane Joost, José Haba-Rubio, Rebecca Himsl, Peter Vollenweider, Martin Preisig, Gérard Waeber, Pedro Marques-Vidal, Raphaël Heinzer, Idris Guessous, Spatial clusters of daytime sleepiness and association with nighttime noise levels in a Swiss general population (GeoHypnoLaus), International Journal of Hygiene and Environmental Health, 1 June 2018, p. 951 à 957.

2 Annexe 3.

3https://www.24heures.ch/vaud-regions/lausanne-region/Le-30kmh-la-nuit-une-affaire-de-sante-publique/story/29035039 (vu le 2.04.2019).

Intervention communale, Ngoc Huy Ho

Un m2 à l’heure de son temps

Intervention

Rapport-préavis N° 2017/53 : Réponse au postulat de M. Stéphane Wyssa et consorts « Un m2 à l’heure de son temps »

Sur le principe, l’agglomération lausannoise se doit d’offrir d’excellentes prestations de transports publics, avec des horaires attractifs et adaptés aux besoins de la population. Une prolongation des horaires d’exploitation semble donc être une option intéressante à plus long terme, raison pour laquelle les Verts avaient soutenu le renvoi de ce postulat à la Municipalité.
Cependant, les différentes explications du rapport-préavis sur les contraintes liées à la maintenance du réseau pendant la nuit et sur les questions financières nous paraissent convaincantes. De plus, ce serait un très mauvais signal politique de devoir revenir en arrière sur l’extension des horaires en raison des travaux sur le m2 et le m3 dans un an ou deux. L’effet pour un report modal ne serait donc pour ainsi pas pérenne.

Une majorité du groupe des Verts va accepter la réponse de la Municipalité, une minorité s’abstiendra. Nous attendons cependant de la Municipalité qu’elle ré-étudie la question dès que les chantiers du m3 seront terminés.

Ngoc Huy Ho

Intervention communale, Lausanne, Xavier Company

Déplacements des supporters de foot

Intervention

Je déclare mes intérêt : je suis supporter du LS depuis ma prime enfance, malgré le boycott que je m’impose depuis l’arrivée de son nouveau propriétaire.

Pour moi le football c’est une fête, c’est un événement populaire qui déplace les foules, indépendamment de leurs origines, milieu social, orientations religieuse ou politiques. J’aurais certainement plaisir à suivre un match du LS aux côtés de notre collègue De Haller et certainement l’avons-nous déjà fait, sans le savoir.

Pour moi le LS c’est une Pontaise pleine à craquer, 14’300 personnes, pour le derby contre servette, avec un but de Pantelic après 10 minutes de jeu, et une défaite 5-2 synonyme de perte du championnat. Un peuple lausannois triste, déçu, mais aucun heurts. – C’est encore une demi finale de coupe à St-Gall, alors que le LS est en ligue B, voyage en bus (eh oui !) de près de 4h, escorté par la police, puis dans un tunnel grillagé, dans un stade ou nous étions une trentaine de Lausanne, pour gagner à 10 contre 11 contre une équipe de ligue A et passer en finale de la coupe… et toujours sans heurts.

Pour moi ces supporters qui veulent, selon les dires même de la Municipalité “marquer le territoire” s’apparente plus à l’instinct animal qu’à la volonté de fêter le foot. Toute ma vie j’ai fêté le foot et je vais continuer de le faire, mais la violence qui y est liée, l’idée qu’il faut absolument allumer des fumigènes, parader dans toute une ville, comme une armée, pour se sentir suffisamment viril pour venir fêter le foot doit être tout bonnement rejetée. Et à ceux qui viendraient nous parler de liberté d’expression et de manifester, droits fondamentaux qui me sont chers, qu’on m’explique pourquoi les supporters de football sont les seuls desquels on accepte qu’ils manifestent sans annonce, sans itinéraire, sans personne de contact et sans discussion préalable. Même des gymnasien qui manifestent pour le climat se conforment à ces exigences, et de façon plutôt stricte.

Face à cette situation, la réponse de la Municipalité est vide et me rend perplexe. A lire le rapport-préavis on croirait que la situation va bien et que l’ont peut s’en contenter. Aucune mention, aucune, sur ce qui se fait dans les autres villes alors que le postulants lui-même s’est rendu suivre des arrivées de supporters, par cars, dans d’autres villes. Une volonté de la Municipalité de “ne pas communiquer les montants des coûts engendrés par la police lors de ces défilés”, alors que c’est exclusivement la ville qui les couvre. Par les supporters, pas les clubs, pas INEOS. Par contre ce n’est pas la ville qui récupère les billets d’entrée au stade…

Nous ne sommes pas dans une manifestation ordinaire, parce que ces gens, en ne transmettant pas de personne de contact, ont pour but de se soustraire à l’autorité. Et ils ne représentent pas les supporters de football. Ils en ternissent l’image.

Donc oui, pour la sécurité de tous, pour l’image de football, pour réduire les coûts de la Ville aussi, la proposition de M. Dana doit être examinée et la Municipalité ne l’a pas faite, elle l’a botté en touche.

Bien que les vœux, surtout le premier, ne nous déplaisent pas, nous aurions plutôt voulu les voir dans le corps du rapport-préavis et c’est pourquoi le groupe des Verts s’abstiendra ou rejettera majoritairement ce rapport-préavis.

Xavier Company

Daniel Dubas, Intervention communale

Pour que Lausanne reprenne la gestion des parkings privés à usage public

Intervention

Postulat Valéry Beaud et consorts « Vers une reprise par la Ville de Lausanne de certains parkings privés à usage public lors de l’échéance de leur droit de superficie ? »

Huit parkings privés à usage public sont actuellement exploités par des sociétés sur des droits de superficie (DDP) de la Ville de Lausanne, notamment les parkings de Montbenon, de la Riponne ou de Vennes pour les plus grands.

Ces parkings versent alors une redevance annuelle à la commune, soit proportionnelle aux résultats économiques soit une redevance fixe indexée. Toutefois, au vu de la fréquentation importante de ces parking et des tarifs pratiqués, il y a fort à parier que les bénéfices engendrés par la plupart d’entre eux se montent à plusieurs fois le montant de la redevance offerte à la Ville de Lausanne, et que la celle-ci aurait donc économiquement tout intérêt à récupérer certains parkings à l’échéance de leur droit de superficie.

Ces échéances s’échelonnent entre 2026 et 2107, la prochaine concernant le parking de Montbenon. C’est l’un des plus gros, avec ses 933 places de stationnement, et l’un des mieux situés, au centre-ville, entre le quartier commercial et de loisirs du Flon et la Gare de Lausanne. Ce parking a également la particularité, outre les recettes de parcage, de bénéficier d’importantes recettes provenant de la location de surfaces commerciales.

Etant donné que ce parking est situé dans une position hautement stratégique pour l’avenir, notamment en lien avec les développements des projets voisins du Musée cantonal des Beaux-Arts, du Mudac et du Musée de l’Elysée, l’échéance du droit de superficie du parking de Montbenon en 2026 semble donc une première opportunité à ne pas manquer, d’autant plus que la résiliation du DDP doit intervenir 5 ans avant son échéance, c’est-à-dire en 2021.

Sur la base de ces différents éléments, le postulat de notre collègue Valéry Beaud, et que j’ai co-signé, demande à la Municipalité d’étudier l’opportunité de reprendre certains parkings privés à usage public lors de l’échéance de leur droit de superficie. Elle pourrait notamment évaluer la rentabilité de ces investissements et étudier différents modèles de financement.

A plus long terme, il sera évidemment très important d’avoir une plus grande maîtrise communale des ouvrages de parking aussi dans l’optique de la mise en place d’une véritable politique de stationnement. Mais cela – soyons clairs – n’est pas l’objet central du postulat discuté ce soir.

J’aimerais finalement encore relever que ce postulat a été co-signé par des représentants de pas moins de quatre formations politiques différentes représentées au Conseil communal, lui assurant un appui politique large. Tout comme la commission, nous vous invitons à renvoyer ce postulat à la Municipalité.

Daniel Dubas

Intervention communale, Sophie Michaud Gigon

Réaménagement de l’Avenue du Grey

Intervention

Au moment de prendre acte de ce plan des investissements, j’exprime une incompréhension face au revirement de la Municipalité. Derrière mon questionnement, il y a la déception de tout un quartier qui depuis une dizaine d’années attend enfin un réaménagement de l’avenue du Grey, grosse pénétrante urbaine qui coupe le quartier en deux. Des associations et habitants du quartier ont même à plusieurs reprises présenté à la Municipalité des propositions de réaménagements.

Après s’être enfin engagée à agir dans ce quartier qu’elle considère comme stratégique juste en-dessous des Plaines du loup, pourquoi fait-elle disparaître cet investissement tant attendu et finalement intégré dans le plan d’investissement pour 2021?

En introduction à la réponse à notre interpellation en 2014, Olivier Français, municipal en charge de l’urbanisme à l’époque, admettait qu’on n’en avait pas assez fait avec cette pénétrante urbaine et que c’était désormais dans les projets de la Municipalité de la réaménager pour diminuer son immense impact sur ce grand quartier.

Recalibrer les voies de circulation et les arboriser n’est pas gratuit mais cela n’enlève rien à sa nécessité pour cette partie de la ville et la Municipalité l’a reconnu plusieurs fois.

Après ces années d’atermoiement et ce dernier report, j’émets le souhait que le plan d’investissements suivant ne fasse pas subir le même sort à une mesure aussi importante et longuement attendue et que nous puissions enfin voir se concrétiser ce réaménagement.

Je vous remercie de votre attention.

Sophie Michaud Gigon

 

Intervention communale, Vincent Rossi

Lutter efficacement contre le bruit excessif des deux-roues motorisés et autres engins bruyants à Lausanne

Postulat

Ce postulat vise à trouver une solution pour mettre un terme à la nuisance que représente le bruit de certains engins motorisés qui dépassent largement les normes. Et les limites du supportable.

Contexte

Il n’est pas rare d’entendre un quad ou un vieux boguet passer dans la rue avec un bruit qui force le mutisme et de devoir encore le suivre longtemps dans son périple en ville. Ceci est bien évidemment particulièrement désagréable durant la nuit, au point qu’il est souvent dit qu’un véhicule peut réveiller à lui seul des milliers de personnes en un trajet à travers Lausanne.

Imaginez qu’un piéton diffuse dans la rue le bruit d’une moto au même volume que le véhicule réel, en plein jour, à l’aide d’une radio portable. Cette personne, dont la santé mentale serait aussitôt mise en question, serait immédiatement interpellée et réduite au silence, voire amendée[1]. Il en va complètement autrement pour la même personne si elle est aux commandes d’un engin à moteur. Cette différence de traitement ne se justifie pas et doit cesser[2].

Elle tient peut-être sa source dans le culte du véhicule motorisé qui a été voué durant le 20e siècle et qui a justifié une tolérance particulière au bruit (et aux gaz) des moteurs thermiques. Ce culte existe encore chez les personnes qui expliquent qu’une moto hargneusement vagissante fait un « beau bruit ». Plus certainement, le bruit excessif jouit d’une certaine impunité car il est difficile de détecter et localiser un véhicule bruyant dans un délai qui permet de l’intercepter. Pendant longtemps, il n’existait pas de caméra acoustique permettant de visualiser instantanément les sources de bruits en superposition à une image haute définition. Cela fait que les normes anti-bruit ont été difficiles à faire respecter, en particulier pour les catégories de véhicules les plus aptes à se faufiler dans le trafic.

Ce postulat vient en complément de l’interpellation déposée par Mme Decollogny et M. Beaud en mai 2014[3], à laquelle il a été répondu qu’un éventail de mesures de sensibilisation et de répression seraient prises. Depuis 2015, la police effectue des contrôles de bruit.[4] Il s’agit maintenant de renforcer encore l’action répressive.

Un essaim de petits appareils de détection sonore dispersés dans la ville permettrait d’avoir une carte sonore en temps réel et fournirait une aide précieuse pour identifier un problème aigu et agir rapidement. Ils permettraient aussi de quantifier le profil de l’intensité sonore en moyennes journalière et annuelle et de mieux cibler des mesures supplémentaires de réduction du bruit.

Autre solution : il existe désormais de très bonnes caméras acoustiques permettant d’enregistrer la plaque d’un véhicule « faisant un beau bruit », afin de prestement l’honorer de la distinction qu’il mérite.

Demande

Les Verts demandent à la Municipalité d’étudier l’opportunité de se doter de moyens efficaces de détection, localisation et identification, voire interception, des véhicules et engins trop bruyants, afin de réduire drastiquement et durablement leurs nuisances, en application de la législation fédérale et de l’article 30 du Règlement général de police, dans le but de tranquilliser notre environnement urbain et améliorer la qualité de vie en ville.

Vincent Rossi, Sara Gnoni


[1] C’est en tout cas le sort des personnes qui chantent tout simplement, l’actualité nous l’a montré en novembre 2016.

[2] Rappelons que l’art. 30 du Règlement général de police statue qu’il est interdit de faire du bruit sans nécessité. Les véhicules émettant un bruit hors norme sont clairement en situation illicite dans la mesure où ce bruit est inutile pour la bonne marche du véhicule.

[3] « Véhicules trop bruyants, l’impunité ? »

[4] En 2016, la police effectué 268 contrôles nocturnes, lesquels ont débouché sur 174 dénonciations, à savoir 35,5% pour le bruit, 57,5% pour des véhicules modifiés et 7% pour de la musique. Elle a également effectué deux contrôles avec les experts du Service des automobiles. Lors de ceux-ci, 45 véhicules ont été contrôlés et 23 ont dénoncés. En 2017, 137 dénonciations ont été effectuées. Avec les experts du SAN,  40 véhicules ont été contrôlés, 27 dénoncés et 17 acheminés au SAN/VD. Source : Police lausannoise.

Lausanne

Park(ing) Day 2018 à Lausanne : de la lecture à la place de la voiture

Au centre-ville, chaque mètre carré compte ! Affectons l’espace aux humains et à la vie plutôt qu’à des masses dormantes d’acier.

Dans le cadre de Park(ing) Day 2018, journée internationale de prise de conscience et d’action sur l’emprise du stationnement de véhicules individuels motorisé dans les espaces publics, les Verts lausannois, l’ATE-Vaud et actif-trafiC ont symboliquement reconquis une place de parking au cœur de Lausanne.

Pendant deux heures, une place de parc de la Place Centrale a hébergé une terrasse éphémère, une place de lecture et un bar improvisé. Tout en s’acquittant de l’émolument de stationnement.

Chaque place de parc représente 12 mètres carrés d’espace inutilement réservé à des voitures immobilisés. Ce sont donc des milliers de mètres carrés qui méritent une meilleure vie : des terrasses, des lieux d’échange, des places de jeu, des carrés d’herbe, des rues piétonnes, bref, de vrais espaces publics, accessibles au plus grand nombre. Ces places réaffectées cesseraient également d’attirer du trafic polluant et bruyant au cœur de la ville. Bénéfice : une circulation des transports publics et de la mobilité douce fluidifiée et donc une meilleure qualité de vie en ville pour toutes et tous.

L’action de ce jour a fait la démonstration de ce que devraient devenir ces espaces mangés par le stationnement, avec une politique active et volontariste que les associations participantes appellent de leurs vœux.


Benjamin Rudaz, co-président des Verts lausannois
Léonore Porchet, membre du comité national d’actif-trafiC

Intervention communale, Lausanne, Sara Gnoni

La mobilité douce c’est bien, la respecter c’est bien aussi

Interpellation

L’interpellatrice et les interpellateurs ont pris connaissance avec grand plaisir de la nouvelle campagne “Gagnez en douceur” sur la mobilité douce en ville, lancée depuis peu par la Municipalité, et s’en félicitent. Nous apprécions particulièrement la mise en valeur de la mobilité douce, qui en a grandement besoin.

Cette campagne rassemble de nombreuses qualités, dont notamment celle de mettre en avant les infrastructures réalisées par la Ville au profit des personnes à mobilité réduite et plus généralement des piétons et cyclistes, qualités qui ne sont en rien remises en question ici.

En revanche, pour donner suite à cette campagne, il nous semble que la prévention auprès des automobilistes pour le respect de la mobilité douce mérite d’être développée, car il n’est pas assez présent dans cette campagne précisément.

D’une part, les cyclistes sont contraints d’utiliser des aménagements spécifiques encore largement lacunaires. En dehors des bandes cyclables, ils doivent partager la voirie avec des véhicules larges, massifs, parfois très rapides et souvent dangereux. Hormis quelques exceptions, ils doivent respecter des règles de circulation faites pour l’automobile sur la base de ce qui les caractérise, à savoir leur vitesse, leur encombrement, leur manque de maniabilité et leur impossibilité de dialoguer entre conducteurs. Ces règles sont donc par nature inadaptées aux cyclistes, mais elles s’appliquent à eux. De ce fait, il est difficile pour eux de les respecter, ce qui amène les tensions que nous connaissons entre automobilistes et cyclistes.

Rappelons que notre commune se place au dernier rang de Villes en ce qui concerne la gestion du trafic cycliste. Dans ce contexte, les cyclistes naviguent au mieux pour éviter les dangers, mais n’évitent pas toujours les agressions verbales ou les coups de klaxon. En effet : qu’ils respectent les règles précitées ou non, les cyclistes sont la cible d’automobilistes qui leur reprochent alternativement d’être trop lents ou de les dépasser, voire simplement de faire usage de leur priorité.

D’ailleurs, même les vidéos de prévention pour la sécurité cycliste semblent manquer leur cible en stéréotypant le comportement de ces derniers et en faisant des boutades sur leurs décès. Ceci aurait plus tendance à renforcer les clivages qu’à amener une réelle prise de conscience .

En parallèle, les piétons subissent également l’omniprésence des aménagements destinés à l’automobile, très bien illustrée par une recherche des mots “arrogance of space” sur Google, ou simplement par le dessin du Suédois Karl Jilg ci-contre.

 

Comme si cela ne suffisait pas, les règles élémentaires de cédez le passage sur les passages piétons ne sont toujours pas systématiquement respectées, plus de deux décennies après l’entrée en vigueur de la loi. Il est également fréquent que des voitures mal garées empiètent largement sur le trottoir, au point parfois d’empêcher le passage d’une chaise roulante ou d’une poussette, par exemple. Enfin, comme cela a déjà été débattu dans ce Conseil, les déplacements à pieds sont souvent découragés en raison de nombreuses et longues attentes aux feux.

Ce manque de considération des piétons et des cyclistes doit cesser. Alors que notre société fait face à des défis énormes de densité urbaine, de vieillissement et de réchauffement climatique, il est grand temps de non seulement reconnaître les qualités de la mobilité douce, mais de réaffirmer son droit d’exister pleinement tout en faisant en sorte que ses pratiquants soient en sécurité.

A l’instar de la prévention qui est faite à juste titre, par la police envers les cyclistes (rappel du port du casque, descendre du cycle lorsqu’ils ne sont plus sur la chaussées et respect de la signalisation) , il est aussi important que celle-ci soit faite et répétée aux conducteurs de véhicules motorisés en tout genre. Ce n’est que si chacun respecte les règles qui lui sont propres que la sécurité de tous sera améliorée et que les situations de tension que nous connaissons seront apaisées.

Nous pensons que les points suivants méritent d’être abordés en sensibilisant les conducteurs de transports motorisés, en particulier lorsque ces comportements représentent des infractions punissables :

Manière de considérer la bande cyclable en général, y compris perte de priorité lorsqu’on la coupe et interdiction d’y stationner;
Comment rouler sur la chaussée pour laisser la place aux vélos, en particulier lors d’un dépassement;
Interdiction d’utiliser les bandes et pistes cyclables par les deux roues motorisés;
Comment s’arrêter aux feux pour permettre la remontée des vélos, tout en évitant de s’arrêter sur le sas vélo;
Comportement légitime des cyclistes sur un giratoire et interdiction de les dépasser à l’entrée ou sur le giratoire;
Gestes à rappeler avant de tourner pour ne pas couper la route à un cycliste;
Manière d’ouvrir la portière pour éviter l’emportiérage (ouverture de portière sur la trajectoire d’un cycliste);
Arrêt obligatoire et complet aux passages piétons en présence d’un piéton souhaitant traverser;
Arrêt avant le passage piétons, jamais dessus;
Interdiction de garer son véhicule sur le trottoir en l’absence de places marquées;
Fair-play dans tous les cas entre tous les utilisateurs.
Dès lors, nos questions sont les suivantes :

Quelle est la perception de la Municipalité des problèmes évoqués plus haut concernant le comportement des automobilistes envers les cyclistes et les piétons?
Partage-t-elle l’avis qu’il y a un besoin de rappel des codes de la route envers les automobilistes?
Est-ce que la Police interpelle des automobilistes qui ont un comportement inadéquat envers la mobilité douce, et en particulier ceux qui commettent les infractions au code de la route mentionnées ci-dessus? A quelle fréquence? (% des interpellations liées aux violations du code de la route)
Est-ce que la Municipalité a l’intention de faire une campagne de prévention pour sensibiliser les automobilistes à l’existence des cyclistes et des piétons, au respect qui leur est dû et aux règles basiques à adopter ?

Nous remercions la Municipalité pour ses réponses.

Sara Gnoni

Vincent Rossi