Intervention communale, Lausanne, Xavier Company

Jusqu’où ira INEOS avec le Lausanne-Sport ?

Interpellation

Nous avons appris récemment le rachat du Lausanne-Sport par l’entreprise INEOS.

INEOS est une compagnie de pétrochimie basée à Rolle. Cette entreprise est majoritairement active dans les marchés de la pétrochimie, du pétrole et de l’automobile et n’est pas, à proprement parler, une entreprise qu’on l’on peut qualifier d’exemplaire en matière de durabilité.

La reprise du club par INEOS fait suite au soutien qu’apporte cette entreprise au sport vaudois à différents niveaux et elle apportera nécessairement beaucoup de changements dans la gestion de du club, notamment sportive. Toutefois, les relations entre le club et la Ville sont étroites, compte tenu notamment de son passé, de l’argent investi par la Ville pour le club et de l’image de la Ville véhiculée par ce dernier.

Nous avons dès lors déposé en décembre 2017 une première interpellation, notamment pour questionner la Municipalité sur le naming du futur stade, ainsi que sur les dégats d’image relatifs à ce rachat, et à la place que souhaite occuper INEOS dans le sport lausannois.

Ces dernières semaines, de nouvelles informations importantes sont ressorties et nécessitent de requérir des compléments d’information auprès de la Municipalité. En effet, INEOS a montré qu’elle voulait imposer sa présence et sa marque d’une manière accrue sur le club, sans grands égards pour l’histoire du club, ses supporters, la Ville ou les décisions prises par le Conseil communal.

Dans un premier temps, nous apprenions le changement de logo imposé par le nouveau propriétaire, incluant son propre logo à celui du club, et en faisant apparaître sa couleur (le orange) alors que le club a, depuis sa fondation en 1896 (alors le « Montriond football club »), toujours été bleu et blanc. En moins d’une semaine, une pétition a récolté plus de 3’500 signatures pour demander à la nouvelle direction du club de revenir en arrière… sans succès à ce jour.

Dans un deuxième temps, nous apprenions la création de la société « INEOS Football SA », dont le but est notamment « la prise de participations, ainsi que la gérance, l’administration et le financement de participations dans toutes affaires sportives liées au football en Suisse et à l’étranger… ». Les liens entre cette nouvelle société et le Lausanne-Sport ne sont pas clairs. On ignore, par exemple, si cette société a racheté le club officiellement ou non, ainsi que les raisons et les objectifs de cette dernière. Mais le fait d’avoir une société ad hoc pour la gestion de clubs de football, sans que la société mère ne garantisse directement les fonds de cette dernière, rend incontestablement plus fragile les finances des différents clubs. On ne peut ainsi s’empêcher de penser aux déboirs des différents clubs romands ses dernières années, dont le Lausanne-Sports.

Finalement, on apprenait dans la presse à la fin du mois de janvier 2018, que la nouvelle direction du club avait demandé à la ville de nombreuses modifications sur le nouveau stade, comme la pose d’un terrain en herbe en lieu et place du terrain synthétique prévu (ce qui nécessitera vraisemblablement des terrains supplémentaires pour les entraînements, ainsi que des difficultés supplémentaires pour organiser des manifestation dans le stade), des changements d’aménagement dans les vestiaires, les zones VIP, ou encore la pose de lumière LED. Ces modifications entraîneraient possiblement des difficultés pour organiser d’autres manifestations dans le stade (notamment en raison du terrain en herbe), ce qui serait contraire à la volonté exprimée du Conseil communal qui a souhaité mettre l’accent sur la multi-fonctionnalité du stade, afin d’exploiter au maximum l’infrastructure de base.

Lors des questions orales de la séance du Conseil communal de Lausanne du 30 janvier 2018, le Municipal en charge du dossier, M. Oscar Tosato, a dû répondre à trois questions à ce sujet, pour expliquer finalement que le Conseil communal votera sur ces modifications uniquement si le service juridique de la Ville l’estimait nécessaire. Dans le cas contraire, une simple information par écrit serait réalisée. La réponse au club sur ces modifications devrait intervenir dans le courant du mois de février.

Ces nouveaux éléments nous amènent à poser les questions suivantes à la Municipalité :

  • Quelles sont exactement les modifications demandées par le nouveau propriétaire du Lausanne-Sport sur le futur stade de la Tuilière ?
  • Quelle suite entend donner la Ville de Lausanne à cette demande ?
  • La Municipalité entend-elle soumettre ces modifications aux votes du Conseil communal, vu les modifications qu’elle pourrait engendrer au préavis N° 2016/68 ?
  • Ces modifications impliquent-elles des difficultés supplémentaires pour utiliser le stade à d’autres fins que le football ?
  • Qui paiera les coûts directs supplémentaires liés aux études et procédures complémentaires, ainsi qu’aux travaux ?
  • Qui paiera les coûts indirects supplémentaires liés au besoin d’un terrain supplémentaire, à la diminution des manifestations programmables dans le stade et à l’éventuelle augmentation des coûts d’exploitation du stade à long terme ?
  • En cas de paiement par le club, cela aura-t-il un impact sur le naming du futur stade de la Tuilière ?
  • La Municipalité sait-elle si la nouvelle société INEOS Football SA a racheté le Lausanne-Sport ?
  • La Municipalité estime-t-elle que la création d’une société séparée visant à gérer et administrer des clubs de football, notamment le Lausanne-Sport, constitue un risque financier pour le club?
  • La Municipalité sait-elle le rôle qu’entend donner dans un proche et moyen avenir le nouveau propriétaire du club au comité d’éthique qui y siège actuellement ?
  • La Municipalité entend-elle maintenir ses subventions habituelles ou aides directes ou indirectes pour le club ?

Xavier Company

Intervention communale, Lausanne, Xavier Company

Modifications au Stade de la Tuillère

Question orale

Mes collègues De Haller et Marion ayant été plus rapide que moi pour poser leur question, j’en profite pour demander un nouveau complément de réponse à M. le Municipal Tosato.

En effet, comme on pouvait le lire dans l’édition du jour du 24heures, le nouveau propriétaire du Lausanne-Sport, non content d’avoir déjà dénaturé le logo du club en y incorporant le sien, entendait demander (ou imposer ?) à la ville des modifications de conséquence au futur stade, tel qu’une pelouse naturelle plutôt que synthétique, un nouveau terrain d’entraînement, etc.

Dès lors en complément à notre interpellation déposée au début du mois de décembre qui se rapportent plus au naming du futur stade et à l’image du nouveau propriétaire et aux réponses de ce soir aux questions de mes collègues de Haller et Marion, je poserai la question suivante :

Vous avez indiqué qu’un examen juridique sera réalisé par la Municipalité, mais nous avons voté sur un projet bouclé, donc si vous estimez qu’il ne serait pas juridiquement nécessaire de soumettre un nouveau rapport préavis, comment comptez-vous informez le Conseil au sujet de ces modifications ?

Xavier Company

Intervention communale, Lausanne, Xavier Company

Sion 2026: et si on parlait des coûts pour Lausanne ?

Interpellation

Nous le savons depuis maintenant plusieurs mois, le Valais, et Sion plus particulièrement, entend soumettre une nouvelle candidature pour accueillir des Jeux Olympiques d’hiver, en 2026. Néanmoins, cette nouvelle candidature ne concernera pas seulement le Valais (malgré son nom), mais une grande partie de la Suisse puisque des épreuves sont prévues notamment à Bienne, Berne, Fribourg et… Lausanne !

Le projet vient de déposer (fin 2017) son analyse de faisabilité et débute actuellement la procédure de consultation en vue d’une décision fédérale.

Si le Conseil fédéral a déjà promis CHF 1 milliard pour ces Jeux Olympiques, le coût final sera immanquablement plus élevé, on parle notamment d’un coût de CHF 2,4 milliards, sans compter les dépassements de budget, qui sont habituels pour des Jeux Olympiques. Une partie des coûts qui n’entrent pas dans « le milliard de la Confédération » a trait à la sécurité hors des enceintes de la manifestation.

En effet, les organisateurs des Jeux Olympiques garantissent la sécurité à l’intérieur des enceintes, par l’engagement d’entreprises de sécurité privées, mais la sécurité à l’extérieur de ces enceintes, dans les villes, aux frontières, aux aéroports, etc. devra être assurée par l’armée, les gardes-frontières, les polices cantonales et municipales, selon les organisateurs eux-mêmes pour un montant qu’ils estiment, pour l’instant à CHF 303 millions.

Il ne fait dès lors aucun doute que la police municipale de Lausanne sera mise à contribution d’une manière dépassant nettement son activité habituelle. En effet, non seulement le nombre de touristes qui viendraient voir les compétitions de patinage artistique, short-track, voire de hockey à Lausanne serait important, mais la Ville accueillerait aussi une partie des délégations nationales et serait un des lieux d’hébergement olympique. De plus, Lausanne étant la capitale olympique, il est prévisible qu’elle soit une des destinations phare pour les spectateurs et les sportifs qui se rendraient à ces Jeux.

L’ensemble de ces éléments impliquera une hausse importante et ponctuelle de la population, des risques liés à ce genre de manifestation, et notamment des risques terroristes qui ne peuvent être ignorés en ces périodes. Il conviendra dès lors de renforcer les effectifs de police lausannois, mais probablement également de les former d’avantage et de manière circonstanciées pour cette occasion, ce qui engendrera nécessairement un financement important de la part de la Ville et du Canton, qui ne rentrera pas dans l’estimation de CHF 303 millions faite par les organisateurs et la Confédération. Toutefois, il n’est pas prévu, pour l’instant, de faire voter la population lausannoise ou vaudoise sur la tenue de ces Jeux Olympiques ou d’événements sur son sol, puisque seule les populations bernoise valaisanne le feront.

Ces prévisions nous amènent, comme cela a été fait au Grand Conseil, à poser les questions suivantes à la Municipalité :

  • La Municipalité a-t-elle été contactée par les organisateurs des Jeux Olympiques Sion 2026 en rapport avec des questions de sécurité ?
  • Combien de personnes seraient attendues à Lausanne en cas de Jeux Olympiques organisés dans la forme prévue actuellement ?
  • Quels sont les risques supplémentaires auxquels devraient faire face les force de l’ordre à Lausanne en cas de tenue de ces Jeux Olympiques ?
  • Quelles mesures spécifiques en terme de sécurité sont prévues par la Municipalité pour le cas où ces Jeux Olympiques seraient organisés dans la forme prévue actuellement, soit avec des activités à Lausanne ?
  • En cas d’engagement de personnel supplémentaire par la police lausannoise, comment la Municipalité entend-elle procédé, par l’engagement de personnel supplémentaire, par l’engagement de personnel de sécurité privé, ou d’une autre manière ?
  • Quels seraient les coûts liés à ces mesures spécifiques et quelle serait la provenance de leur financement ?

Nous remercions par avance la Municipalité pour ses réponses.

Xavier Company

Anna Zangger, Intervention communale, Lausanne

Lausanne capitale olympique

Préavis No 2016/67

Lausanne, capitale olympique. Demande de crédit-cadre

Intervention d’Anna Zangger

Les Verts considèrent qu’il est important de promouvoir Lausanne en tant que capitale olympique.

Toutefois, le Préavis n°2016/67, qui présente le crédit-cadre sollicité, soulève un certain nombre de questions, et ces questions ont d’ailleurs été abordées lors de la séance de Commission.

L’un de ces sujets est particulièrement important pour les Verts : nous avons remarqué à la lecture du rapport que les questions sociales et environnementales sont quelque peu reléguées au deuxième plan, qu’aucun poste du budget ne leur est attribué et que le concept de promotion n’en fait pas état.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la Commission a formulé un vœu adressé à la Municipalité et qui devrait guider la promotion de la Ville comme capitale du sport international. La Commission a ainsi souhaité que « la Municipalité promeuve un sport respectueux notamment de l’environnement et du principe d’égalité ».

C’est un message fort, qui devrait toujours être omniprésent dans le cadre de la « publicité » que se fait la ville en matière de sport international.

Ce crédit cadre étant majoritairement destiné à la promotion de « Lausanne, Capitale Olympique », il doit être utilisé pour promouvoir l’image du sport que l’on veut donner à notre ville, et non simplement l’image olympique décidée par le CIO. Il nous appartient, en tant que capitale olympique, d’agir et de promouvoir un sport respectueux des problématiques sociales en environnementale, afin de faire évoluer le sport international et les habitudes olympiques dans la bonne direction.

Les Verts sont donc d’avis qu’il faut continuer de donner les moyens à notre ville d’effectuer cette promotion de manière importante, mais qu’elle ne saurait être dissociée de la mise en avant de ces objectifs de promotion d’un sport sans tricherie et respectueux de l’environnement et du principe d’égalité.

Anna Zangger

 

Intervention de Xavier Company

J’ajouterais au nom du groupe des Verts que le crédit-cadre qui nous est présenté ce soir sert non seulement à la promotion de Lausanne en tant que capitale olympique, mais également à attirer et conserver des associations sportives internationales.

Les problématiques sociales et écologiques liées au sport d’élite, et à l’olympisme tout particulièrement, devraient donc également guider la Ville dans son choix et ses relations avec les fédérations sportives qui ont leur siège ou souhaitent s’installer à Lausanne.

Chers collègues, le budget demandé est conséquent. On a cependant l’impression que la promotion de Lausanne en tant que Capitale du sport international n’implique pas une réflexion en matière de durabilité ou de respect des droits de l’homme. La Ville semble vouloir toutes les fédérations sportives, sous quelques rares réserves, et fait purement et simplement du « marketing ».

Les dernières années ont néanmoins démontré que la population est préoccupée par l’organisation des JO et les impacts environnementaux et sociaux qu’ont les manifestations sportives. Sotchi, Rio, la Coupe du monde de football au Qatar n’en sont que des exemples.

Si la Ville se montrait plus stricte dans sa politique en matière de sport durable, égalitaire et « fair », cela ne ferait pas fuir les fédérations, mais permettrait sûrement d’élever les standards. Il convient donc d’appliquer les standards stricts émis par les vœux de la commission également à la recherche et la préservation des association sportives internationales et ce crédit-cadre permet parfaitement cela. Il incombe à maintenant de la Municipalité de l’utiliser à bon escient, mais les réponses obtenues en commission nous donne confiance dans cette volonté pour l’avenir.

En conclusion, les Verts vont soutenir majoritairement l’adoption du crédit-cadre, en émettant ces quelques réserves, et soutiennent vivement les vœux exprimés par la Commission.

 

Réponse à M. Pierre Conscience

En réponse à mes collègues Conscience et Dolivo et peut-être pour préciser brièvement la position de la majorité de mon groupe.

Si l’on veut pouvoir influencer positivement le sport, dans le sens que nous souhaitons, nous devons faire partie de ce monde et l’influencer de l’intérieur. Comme l’a dit M. Chollet, si ce n’est pas nous, de multiples villes, beaucoup moins à l’écoute de ces valeurs d’égalité, de développement durable ou de l’absence de tricherie, sont prêtes à accueillir ce titre et ces fédérations. Et dans tous les cas, le sport d’élite va toujours exister, qu’il nous plaise ou non.

Profitons donc de notre position actuelle, pour augmenter les standards du sport olympique et professionnel et ne nous déchargeons pas de notre responsabilité en abandonnant ce titre parce que tous les aspects du sport olympique ne nous plaise pas.

Xavier Company

Intervention communale, Lausanne

Quel futur pour le Basketball club de Lausanne ?

Interpellation urgente

Toute la presse romande en parle depuis la semaine passée, le club de basket de notre ville semble être au bord de la faillite.

Alors que le BBC Lausanne vient de rejoindre l’élite suisse, en retrouvant la Ligue national A cette année et en atteignant directement les demi-finales de la coupe de Suisse, des problèmes financiers semblent noircir le tableau sportif brillant depuis quelques années. En effet, le club a, dans un premier temps, annoncé qu’il devait trouver CHF 45’000.- d’ici au 13 janvier 2017, faute de quoi la faillite serait prononcée. Un sursis a pu être trouvé grâce aux discussions entre les dirigeants du club et Swiss Basketball, mais pour combien de temps ? Selon différents médias romands, le club doit encore trouver CHF 150’000.- d’ici à la fin de la saison pour assurer sa survie.

Un appel aux dons a été lancé mardi passé par le club lui-même afin d’éviter la faillite, ce qui lui a permis de récolter quelques CHF 34’100.-. Dans ce cadre, M. Oscar Tosato aurait déclaré au 24 heures que la ville faisait déjà le maximum : «Nous offrons une subvention ainsi que les infrastructures et un soutien à l’emploi. Nous ne pouvons pas faire plus. »1.

Le BBC Lausanne, ce n’est pas seulement une première équipe qui retrouve sa forme d’antan (deux fois champion de Suisse, six fois vainqueur de la Coupe de Suisse), mais c’est également un important mouvement junior. Le basketball est un sport principalement romand et tessinois en Suisse, la perte d’une équipe à Lausanne ternirait donc fortement l’image sportive de la ville. Le basketball est ainsi ancré dans la vie des Lausannoises et des Lausannois depuis des décennies, tant comme sport d’élite que comme formation pour les juniors et comme sport récréatif.

Nous demandons dès lors à la Municipalité de nous renseigner sur les points suivants :

  1. Dans quelle mesure la Municipalité de Lausanne a-t-elle été informée des difficultés financières du BBC Lausanne ?

  1. Le cas échéant, quelles sont réellement ces difficultés et quelles en sont leurs causes ?

  1. La Municipalité de Lausanne a-t-elle été sollicitée pour financer tout ou partie de la dette actuelle du BBC Lausanne ? Si oui, quelle a été sa réponse et pour quelles raisons ?

  1. Dans quelle mesure la Ville de Lausanne pourrait apporter son aide au BBC Lausanne pour éviter la faillite du club (par exemple par une participation extraordinaire, un prêt, une garantie financière, un appui administratif, un soutien officiel, etc.) ?

  1. En cas de faillite du BBC Lausanne, la Ville de Lausanne a-t-elle une stratégie pour préserver un club de basketball d’élite et de formation de junior ?

Lausanne le 17 janvier 2017.

Xavier Company

1 Article du 24 heures : «Nous sommes à une semaine de la faillite», du 8 janvier 2017.

Cette interpellation a donné lieu à une résolution : “Le Conseil communal de Lausanne souhaite que la Municipalité mette tout en oeuvre pour aider le BBC Lausanne à éviter la faillite et le soutienne dans la continuation de son activité, tant d’élite que de formation”.
Intervention communale, Lausanne, Marie-Thérèse Sangra

Jeux Olympiques 2026

Question orale au Conseil communal de Lausanne : Jeux Olympiques 2026

Les Lausannois ont appris par les médias que le Conseil d’Etat vaudois a cautionné auprès de Swiss Olympic à hauteur d’un million de francs une candidature de la Suisse occidentale pour les JO d’hiver de 2026.

L’organisation des JO est un sujet éminemment sensible qui requière à l’évidence un large débat de société sur le développement touristique, son évolution pour les prochaines décennies et  éventuellement les changements de paradigmes qu’il faudra mettre en œuvre, en tenant compte par ex. des questions liées au réchauffement climatique, aux économies d’énergie, ou aux questions d’AT et de mobilité. L’expérience que nous avons des JO montre que leur organisation va à l’encontre des principes du développement durable, d’un tourisme qualitatif et limitant ses impacts sur les ressources naturelles, sans parler d’un impact peu maîtrisable sur les finances publiques.

Les Verts lausannois sont  critiques face au bien fondé du dépôt d’une telle candidature, et rappellent que la Ville de Lausanne  a déjà eu l’occasion par le passé de témoigner de son opposition à l’organisation de JO.

Ils demandent à la Municipalité:

Comment Lausanne, en tant que Ville olympique, se positionne-t-elle face à une telle candidature sans consultation publique préalable, et quel regard critique pose-t-elle sur une telle entreprise qui vraisemblablement appellera Lausanne à des contributions financières, voire à la construction de nouvelles infrastructures ?

Marie-Thérèse Sangra

Intervention communale, Lausanne

Jeux Olympiques de la jeunesse 2020 et développement durable

Le postulat de notre collègue vert Ferrari (« Des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) qui intègrent véritablement la durabilité environnementale… un pas de plus vers la société à 2’000 W ») a été transmis directement à la Municipalité en 2014 pour qu’elle établisse un rapport indiquant comment elle entend intégrer la durabilité environnementale :

  1. dans le dossier de candidature pour les Jeux Olympiques de la Jeunesse 2020 ;

  2. lors du choix des infrastructures ;

  3. lors de leur réalisation ;

  4. durant les festivités des JOJ

  5. dans la pérennité et l’utilité à long terme des infrastructures dans le cadre du développement urbain lausannois

Nous sommes 2.5 ans plus tard et les préparations pour les JOJ avancent, certaines des échéances mentionnées par le postulat sont déjà dépassées. Un tel rapport pouvait et devait servir de guide pour la Municipalité et la direction des JOJ 2020 pour faire de ces jeux de la jeunesses des jeux les plus durables possibles. Repousser le délai de réponse au 31.12.2017 signifie qu’il n’y aura qu’un rapport a posteriori

Le Conseil communal a pourtant exprimé plusieurs fois ses préoccupations quant à l’existence d’une stratégie d’intégration de la durabilité environnementale qui guiderait la mise sur pied des JOJ. Ces inquiétudes sont d’autant plus vives que les premiers travaux, dans d’autres communes, ont été accompagnés de mesures environnementales discutables. Début septembre, la question orale posée par les Verts a été balayée sans que notre inquiétude ne soit apaisée sur l’existence d’une stratégie en la matière. Les Verts se permettent donc de rappeler à l’occasion de ce préavis la demande du Conseil Communal pour une feuille de route pour des JOJ durables.

Sophie Michaud Gigon, 15.11.16

Intervention communale, Lausanne

Promotion de l’électromobilité ou green-washing?

Intervention contre le Postulat de M. Jacques Pernet et consorts invitant la Municipalité à étudier l’opportunité d’être candidate à l’organisation d’une manche du championnat de formule E à Lausanne

La proposition du postulat que nous traitons ici pourrait paraître intéressante à première vue, puisqu’on y parle d’électromobilité et que nous sommes tous, a priori, poussés à la soutenir. Mais c’est en examinant plus en détail cette proposition qu’on se rend compte qu’il doit être refusé.
Il vise à aménager un circuit automobile en pleine ville, probablement dans le quartier de la Blécherette et sur l’Avenue du Grey, en modifiant une partie des routes existantes et en créant d’autres installations temporaires. Le tout pour la modique somme de 5 millions de francs la première année pour l’installation et 5 millions de francs par édition. Grâce à cela nous pourrions voir débouler dans nos rues des bolides à 250km/h une fois par année !

Non seulement une telle vitesse comporte des problèmes sécuritaires évidents et difficiles à palier, mais en plus elle implique des transformations lourdes pour les quartiers qui seraient traversés par cette course. Les Verts appellent de leurs vœux une requalification de l’Avenue du Grey, mais pas pour en faire un circuit automobile bruyant et dangereux ! C’est, au contraire, plus de qualité de vie, plus de tranquillité et plus d’espace pour les enfants et les familles que réclament les habitants de ce quartier et que nous soutenons.

Il est par ailleurs piquant de relever que ce sont les mêmes groupes politiques qui étaient prêts à restreindre l’accessibilité démocratique du Conseil communal pour économiser 40’000 à 50’000 francs sur nos jetons de présence lors de la première séance de septembre, qui demandent maintenant de dépenser plusieurs millions de francs chaque année simplement pour avoir notre joli petit circuit automobile en pleine ville. C’est une dépense démesurée, inutile et qui créerait plus d’inconvénients aux Lausannois que de plaisir à voir ces voitures tourner en rond.

On nous dit que cela promouvra la mobilité électrique et la recherche. Mais le lien entre ces véhicules et une voiture électrique de tous les jours est aussi grand qu’entre une formule 1 et une deux chevaux. L’électromobilité a besoin d’innovation pour améliorer son endurance, pas sa vitesse, puisqu’elle est déjà meilleure que le moteur à explosion dans ce domaine. Il est donc évident que ce genre de courses n’a aucun impact sur la promotion de l’électromobilité.

Les autres événements que soutient la ville en lien avec la mobilité électrique, tels que les journées de la mobilité ou le rallye wave, qui s’est arrêté quelques heures sur la place de la Riponne au printemps dernier en empruntant les routes traditionnelles, sont dès lors beaucoup plus utiles pour cette promotion. En effet, ils permettent de se familiariser et de se renseigner sur des véhicules électriques que l’on pourrait réellement acquérir pour la vie de tous les jours, plutôt que des véhicules bruyants et dangereux uniquement à vocation sportive.

Quant à la recherche, la ville la soutient d’avantage en utilisant des transports publics électrifiés ou en acquérant des véhicules électriques, voire en en subventionnant l’acquisition, qu’en dépensant des millions de francs chaque année pour que des écuries, dont le fonctionnement est par ailleurs très polluant, puissent comparer la vitesse de pointe de leurs voitures.

Les Verts refusent donc de soutenir ce green-washing et vous invitent à refuser ce postulat.

Xavier Company

Intervention communale

Lausanne en 2030 : les espaces verts et les espaces de détente seront-ils en suffisance ?

Interpellation de Elisabeth Müller (16 février 2016)

La Confédération et le Canton demandent que la croissance en termes d’habitants et d’emplois se fasse dans les centres, c’est-à-dire dans les zones déjà construites. C’est ce qu’on appelle la densification. Ainsi, dans notre canton, des agglomérations ont été définies, dont celle de Lausanne-Morges, qui devront accueillir l’essentiel des nouveaux habitants et des nouveaux emplois d’ici à 2030 (112’000 habitants/emplois pour l’agglomération Lausanne-Morges dont environ 30’000 à Lausanne).

Dans cette ligne, Lausanne a accordé des droits à bâtir supplémentaires par le moyen du Plan général d’affectation (PGA) de 2006 et la Ville s’est lancée dans des projets immobiliers ambitieux sur des terrains lui appartenant. On citera le projet « 3000 logements » et les projets d’éco-quartiers aux Plaines-du-Loup et aux Prés-de-Vidy.

Les terrains vierges de constructions étant rares en ville, il est tentant de déclasser des terrains non constructibles pour densifier. Un exemple récent d’une telle démarche est le plan de quartier « chemin des Falaises »1. Or les citadins et les Lausannois en particulier, n’ont pas seulement besoin de logements, mais également d’espaces verts et d’espaces de détente leur permettant de se ressourcer, se récréer et se dépenser physiquement. J’entends par là les forêts, les parcs, les places de jeux, les terrains de sport et de loisirs en plein air et, dans une moindre mesure puisqu’ils ne sont pas ouverts au public, les terrains agricoles qui subsistent en ville. Ces espaces ne sont probablement pas en surnombre dans notre ville, déjà actuellement. Leur localisation importe également, car un autre principe de l’aménagement du territoire est celui de la mixité fonctionnelle. Cela signifie que, pour limiter les déplacements et, en même temps d’ailleurs, faciliter la vie des habitants, il faut regrouper dans chaque quartier logements, activités, espaces verts et lieux de détente.

Dans ce contexte, je souhaite poser à la Municipalité les questions suivantes :

Quelle est, sur le territoire communal, la surface actuelle des terrains classés en :

  • zone de parcs et espaces de détente selon le PGA ou zone équivalente hors PGA
  • zone d’équipements sportifs et de loisirs de plein air selon le PGA ou zone équivalente hors PGA
  • zone des rives du lac selon le PGA zone intermédiaire zone agricole forêt

Comment ces surfaces sont-elles réparties sur le territoire communal ?
Dans quelle mesure ces surfaces pourraient changer d’ici à 2030 ?
Quelle estimation peut-on faire des besoins en espaces verts et en espaces de détente des Lausannois en 2030 ?

Je remercie d’ores et déjà la Municipalité pour ses réponses.
1 Préavis no 2015/37 accepté par le Conseil communal le 6.10.2015.