Lausanne

Stade de la Tuilière : Un stade pour tous, ou tout pour INEOS ?

Communiqué de presse des Verts lausannois du 18 juin 2018

Les Verts lausannois ont pris connaissance de l’avancée des tractations entre la Ville de Lausanne et Le FC Lausanne-Sport, respectivement INEOS, concernant le stade de la Tuilière. Si l’on peut espérer que la Ville a pris les précautions nécessaires pour se préserver financièrement en cas de départ d’INEOS de la tête du Lausanne-Sport, comme le Municipalité l’avait annoncé au Conseil communal, les Verts lausannois regrettent l’accaparation du stade par INEOS qui est en train de s’opérer, en dépit des processus démocratiques antérieurs, et l’opacité qui entoure ces transactions. De plus, les Verts craignent que l’image négative d’INEOS ne ternisse celle de la Ville, si celle-ci y est trop liée, et n’enterre définitivement toute volonté de naming du stade de la part d’un acteur local responsable.

Une des craintes des Verts lausannois, formulée dans les différentes interpellations déposées sur cet objet depuis le mois de novembre 2017, était de savoir si par la création d’une société ad hoc, INEOS Football SA, INEOS fragilisait ses investissements au sein du Lausanne-Sport et faisait peser encore plus de risques financiers sur la Ville de Lausanne. Des assurances avaient été données par la Municipalité de Lausanne lors de son intervention au Conseil communal, mais rien ne ressort malheureusement du communiqué de presse de ce jour.

Les Verts lausannois restent dans tous les cas très critiques quant à l’opacité qui entoure ces transactions et le déni démocratique qui accompagne les modifications imposées par INEOS au stade de la Tuilière. Les deux interpellations ordinaires déposées par le groupe n’ont pas reçu de réponse de la Municipalité après respectivement trois et quatre mois et il a fallu déposer une nouvelle interpellation urgente pour que la Municipalité daigne répondre, par oral. Aucun écrit n’a cependant été rendu, en dépit des requêtes réitérées dans ce sens. Pas plus qu’un nouveau vote n’a été proposé au Conseil communal, compte tenu des modifications apportées au projet accepté par le préavis N° 2016/68 et des 76 millions de francs investis par la Ville dans le stade.

Ce stade, sensé appartenir aux Lausannois-es (qui le financent à hauteur de 76 millions de francs) est en train d’être accaparé par le géant de la pétrochimie mondiale, à des fins commerciales et non populaires, comme il le devrait. En effet, les modifications de luxe imposées par INEOS, tendant notamment à un terrain hybride plutôt que synthétique et à la pose de quatre écrans géants, rendent plus compliquée et plus coûteuse l’utilisation du stade par le Lausanne-Sport ou par d’autres entités. INEOS est une compagnie basée à Rolle majoritairement active dans les marchés de la pétrochimie, du pétrole et de l’automobile et a un bilan catastrophique en matière de durabilité. L’association de la Ville à cette entreprise est non seulement regrettable, compte tenu de son image mondiale et des scandales qui l’éclaboussent, mais elle risque également de faire fuir de potentielles collaborations locales responsables, notamment pour le naming du stade. La Ville donne ainsi l’impression que l’intérêt public est mis de côté en faveur des intérêts financiers d’INEOS ou du Lausanne-Sport, et les Verts lausannois le regrettent amèrement.

Xavier Company, co-président des Verts lausannois

Sophie Michaud Gigon, conseillère communale

Intervention communale, Lausanne, Sophie Michaud Gigon

INEOS et les charges financières et d’image pour la Ville

Interpellation urgente

Les Verts sont intervenus à de nombreuses reprises sur les infrastructures sportives et leur naming et suivent le dossier de très près. Depuis le traitement dans notre Conseil des préavis sur le Centre sportif de Malley, nous nous sommes fortement positionnés en faveur des infrastructures sportives et en faveur de la recherche d’un naming et de co-financement. Le Conseil a appuyé notre vœu d’un naming avec une entreprise écologiquement et socialement responsable. Depuis l’annonce de la reprise du Lausanne Sport par INEOS, une entreprise active dans l’extraction du gaz de schiste et au centre de grandes polémiques à l’étranger, nous avons interpelé la Municipalité par deux fois et plusieurs groupes ont posé des questions orales.

Aujourd’hui, nous sommes inquiets et n’avons aucunement l’impression d’avoir été entendus par la Municipalité. L’accord avec INEOS semble scellé, les exigences supplémentaires qu’il pose et est prêt à financer semblent validées et nous sommes bien loin du scénario espéré et attendu lors du traitement du préavis sur le stade de la Tuilière et du compromis adopté par notre Conseil, ainsi que des espoirs formulés autour du naming.

Dans ce contexte et parce que les Verts, comme les autres partis qui ont soutenu notre position, s’engagent pour la défense des intérêts de Lausanne, nous redéposons une interpellation pour laquelle nous demandons l’urgence. L’urgence est à notre sens justifiée par l’avancée des tractations d’une part et le peu d’informations que le Conseil reçoit d’autre part. Nous posons ainsi les questions suivantes à la Municipalité :

  • Nouveautés // Quelles modifications demandées par INEOS ont été acceptées par la Municipalité et lesquelles ont été refusées ? La Municipalité entend-elle soumettre les modifications apportées au stade de la Tuilière au vote du Conseil communal ?
  • Opacité et fragilité// Quelles garanties la Ville a-t-elle que la société qu’a construit INEOS et qui possède le Lausanne Sport, à savoir INEOS Football SA – structure appartenant au groupe INEOS mais séparée – est plus solide que celles qui ont « œuvré » à Neuchâtel et Genève par le passé et dont les déboires ont été relayés abondamment ?
  • Naming en péril// La Municipalité confirme-t-elle qu’INEOS ne remplit pas les critères pour un naming ? Comment la Municipalité entend-elle par ailleurs agir pour que l’étiquette négative collée à INEOS n’empêche pas un partenaire, idéalement local, écologiquement et socialement responsable, d’investir de l’argent pour baptiser le stade et rapporter ainsi à la Ville un retour sur investissement financier pour un projet où Lausanne dépense beaucoup d’argent ? La Ville cherche-t-elle encore une entreprise pour un naming ?
  • Adjudication biaisée// La Ville peut-elle être sûre que les entreprises qui n’ont pas été choisies ou qui n’ont pas pu participer à l’appel d’offre d’après les critères choisis par la Ville ne vont pas se retourner contre elle et demander des dédommagements maintenant que les règles du jeu ont changé et que le choix des mandataires auraient pu être différents ?
  • Garantie pour limiter les coûts dans le futur// Quelles sont les garanties sur le fait que les 12 à 15 millions supplémentaires investis par INEOS dans un stade « ligue des champions » n’engendreront pas ensuite des charges supplémentaires pour la Ville si/quand INEOS se retire ?
  • Qui paie la Ferrari ?// Quelle convention la Ville a-t-elle conclu avec INEOS pour que les frais supplémentaires d’investissement et d’exploitation soient pris en charge par INEOS?
  • Et pour les autres manifestations ?// Notre Conseil a appuyé le préavis débloquant les crédits pour le stade sur la base d’une donnée importante qui est la multifonctionnalité des usages. En effet, si nous sommes des férus de sport, nous sommes aussi soucieux des autres événements ainsi que des finances de la Ville et le fait de pouvoir organiser des manifestations, concerts et autres sur le terrain était un argument de poids. Le fait qu’il soit désormais en herbe (exigence d’INEOS) empêche-t-il le partage de l’espace et la tenue d’autres manifestations que les matchs de foot ? Les pertes prévues seront-elles compensées par INEOS ?

Nous remercions la Municipalité pour ses réponses.

Sophie Michaud Gigon

et Xavier Company,  Alice Genoud, Valéry Beaud, Anne Berguerand, Sara Gnoni, Benjamin Rudaz, Daniel Dubas

Intervention communale, Sara Gnoni

Pour que les JOJ 2020 soient des jeux durables

Interpellation

Pour que les JOJ 2020 soient des jeux durables sur tous les plans

Les Jeux Olympiques de PyeongChang viennent de se terminer, et malgré les bons souvenirs des nombreuses médailles suisses, le bilan écologique de ces jeux ne peut pas être réjouissant: ces jeux qui étaient présentés sous un drapeau “durable” ont requis l’abattage de plus de 50’000 arbres dans une forêt ancienne et protégée. Dans le même esprit “durable”, les prochains jeux de Pékin en 2022 présentent déjà à ce jour des dépassements de budget faramineux.

Plus proche de chez nous, le compte à rebours pour le début des JOJ 2020 à Lausanne a été déposé il y peu de temps au Flon, nous rappelant que ce grand événement commencera dans moins de deux ans. Ces jeux ont également été présentés comme « responsables » et « à taille humaine » et qu’ils “s’inscrivent dans une vision durable, respectueuse de l’environnement (…) ». Un crédit de CHF 8 millions avec une garantie de déficit au Comité d’Organisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse (COJOJ) a été approuvé par le Conseil communal (Préavis N° 2016/21). En cas de dépassement de plus de CHF 100’000.- en faveur du COJOJ, un crédit complémentaire devra être sollicité par le biais d’un préavis.

Au vu des derniers développements concernant les infrastructures initialement prévues, et afin de mettre tout en œuvre pour éviter des jeux qui nous rappellent d’autres évènements internationaux (cités ci-dessus) ou plus locaux (« Champions »), nous vous posons les questions suivantes à la Municipalité:

Aspects financiers:

  • La municipalité est-elle impliquée dans le suivi régulier du budget des JOJ?
  • Comment s’assure-t-elle qu’il est et sera respecté?
  • La municipalité peut-elle informer ce conseil, à intervalles réguliers, de l’avancement des coûts engendrés par rapport au budget initial?
  • Quelles précautions la Municipalité a-t-elle prises pour que la garantie de déficit octroyée ne devienne pas un gouffre?

Aspects environnementaux:

Gouvernance:

  • A quels intervalles le COJOJ, dont font partie plusieurs membres de la municipalité, se réunit-il?
  • L’association COJOJ a-t-elle mis en place un système de contrôle interne, et si oui lequel?
  • Est-ce que les comptes de l’association sont audités régulièrement par un organisme indépendant?
  • Est-ce que la Municipalité peut nous fournir les résultats de ces audits?

Sara Gnoni

Daniel Dubas

Sophie Michaud Gigon

Intervention communale, Sophie Michaud Gigon

Une stratégie et un plan d’action communal en matière de recherche de co-financement des infrastructures sportives

Postulat

Nos infrastructures sportives sont certes chères, mais elles sont surtout chères à la Ville et les Verts partagent cette volonté d’investissement. Tout en étant convaincus que des partenariats doivent être trouvés pour diminuer les coûts.

Lausanne, ville olympique, bénéficie économiquement de la présence du Comité International Olympique (CIO) et des fédérations sportives sur son territoire, nous rappelle la Municipalité, chiffres à l’appui comme le démontre le rapport-préavis 2016/67 « Lausanne, Capitale olympique, demande de crédit cadre ». Ce dernier avance le chiffre de 250 millions de retours sur investissement annuels pour Lausanne et sa région. C’est une grande chance, certes, et nous l’apprécions à sa juste valeur. Voilà des décennies que les autorités de la Ville soignent les contacts formels et informels à tous les niveaux avec ces partenaires sportifs ne ménageant pas leurs efforts. Le Conseil a aussi sans hésitation voté un DDP sans redevance pour permettre au CIO d’élargir son cadre de vie et de travail au bord du lac. De notoriété publique, le mouvement olympique possède énormément de moyens financiers. Or, il ne verse rien à sa ville hôte. La Ville aborde sans doute régulièrement ces questions financières avec le CIO et les fédérations et des discussions formelles aux différents niveaux hiérarchiques ont eu lieu dernièrement avec ces acteurs. Le Conseil communal pourra en être informé.

A titre d’exemple, l’Union Cycliste Internationale (UCI) avait financé une bonne partie du Vélodrome d’Aigle. Aujourd’hui, le futur complexe dépend de fonds publics pour 10,5 millions. La Confédération lui a donné le coup de pouce décisif (5 millions), Lausanne et son agglomération (500 000 francs). L’UCI elle-même a versé 4 millions, alors que l’Association olympique suisse et le Sport-Toto chacun 2 millions. A ce jour, le Centre mondial de tir à l’arc vient d’être construit sur le territoire lausannois par une fédération sportive.

Ou encore à l’instar de l’UEFA à Nyon qui finance l’exploitation du centre sportif de Colovray à Nyon, le CIO ou d’autres fédérations sportives ayant leur siège à Lausanne pourraient co-financer un nouveau stade ou un centre sportif à Lausanne, dont tous les sportifs d’ici et d’ailleurs ainsi que les clubs bénéficieraient.

À l’heure où les questions autour du naming d’infrastructures sportives prennent une direction hasardeuse à Lausanne, il est d’autant plus nécessaire d’explorer les autres pistes, qui font sans aucun doute l’objet de discussions et d’efforts depuis longtemps. Alors concrétisons-les.

Ce postulat demande à la Municipalité d’étudier l’opportunité de développer (ou d’indiquer au Conseil) sa stratégie de recherche de co-financement des infrastructures sportives lausannoises ainsi que le plan d’action pour mettre en place ladite stratégie.

Sophie Michaud Gigon

Xavier Company

Huy Ho Ngoc

Valéry Beaud

Alice Genoud

Intervention communale, Lausanne, Xavier Company

Jusqu’où ira INEOS avec le Lausanne-Sport ?

Interpellation

Nous avons appris récemment le rachat du Lausanne-Sport par l’entreprise INEOS.

INEOS est une compagnie de pétrochimie basée à Rolle. Cette entreprise est majoritairement active dans les marchés de la pétrochimie, du pétrole et de l’automobile et n’est pas, à proprement parler, une entreprise qu’on l’on peut qualifier d’exemplaire en matière de durabilité.

La reprise du club par INEOS fait suite au soutien qu’apporte cette entreprise au sport vaudois à différents niveaux et elle apportera nécessairement beaucoup de changements dans la gestion de du club, notamment sportive. Toutefois, les relations entre le club et la Ville sont étroites, compte tenu notamment de son passé, de l’argent investi par la Ville pour le club et de l’image de la Ville véhiculée par ce dernier.

Nous avons dès lors déposé en décembre 2017 une première interpellation, notamment pour questionner la Municipalité sur le naming du futur stade, ainsi que sur les dégats d’image relatifs à ce rachat, et à la place que souhaite occuper INEOS dans le sport lausannois.

Ces dernières semaines, de nouvelles informations importantes sont ressorties et nécessitent de requérir des compléments d’information auprès de la Municipalité. En effet, INEOS a montré qu’elle voulait imposer sa présence et sa marque d’une manière accrue sur le club, sans grands égards pour l’histoire du club, ses supporters, la Ville ou les décisions prises par le Conseil communal.

Dans un premier temps, nous apprenions le changement de logo imposé par le nouveau propriétaire, incluant son propre logo à celui du club, et en faisant apparaître sa couleur (le orange) alors que le club a, depuis sa fondation en 1896 (alors le « Montriond football club »), toujours été bleu et blanc. En moins d’une semaine, une pétition a récolté plus de 3’500 signatures pour demander à la nouvelle direction du club de revenir en arrière… sans succès à ce jour.

Dans un deuxième temps, nous apprenions la création de la société « INEOS Football SA », dont le but est notamment « la prise de participations, ainsi que la gérance, l’administration et le financement de participations dans toutes affaires sportives liées au football en Suisse et à l’étranger… ». Les liens entre cette nouvelle société et le Lausanne-Sport ne sont pas clairs. On ignore, par exemple, si cette société a racheté le club officiellement ou non, ainsi que les raisons et les objectifs de cette dernière. Mais le fait d’avoir une société ad hoc pour la gestion de clubs de football, sans que la société mère ne garantisse directement les fonds de cette dernière, rend incontestablement plus fragile les finances des différents clubs. On ne peut ainsi s’empêcher de penser aux déboirs des différents clubs romands ses dernières années, dont le Lausanne-Sports.

Finalement, on apprenait dans la presse à la fin du mois de janvier 2018, que la nouvelle direction du club avait demandé à la ville de nombreuses modifications sur le nouveau stade, comme la pose d’un terrain en herbe en lieu et place du terrain synthétique prévu (ce qui nécessitera vraisemblablement des terrains supplémentaires pour les entraînements, ainsi que des difficultés supplémentaires pour organiser des manifestation dans le stade), des changements d’aménagement dans les vestiaires, les zones VIP, ou encore la pose de lumière LED. Ces modifications entraîneraient possiblement des difficultés pour organiser d’autres manifestations dans le stade (notamment en raison du terrain en herbe), ce qui serait contraire à la volonté exprimée du Conseil communal qui a souhaité mettre l’accent sur la multi-fonctionnalité du stade, afin d’exploiter au maximum l’infrastructure de base.

Lors des questions orales de la séance du Conseil communal de Lausanne du 30 janvier 2018, le Municipal en charge du dossier, M. Oscar Tosato, a dû répondre à trois questions à ce sujet, pour expliquer finalement que le Conseil communal votera sur ces modifications uniquement si le service juridique de la Ville l’estimait nécessaire. Dans le cas contraire, une simple information par écrit serait réalisée. La réponse au club sur ces modifications devrait intervenir dans le courant du mois de février.

Ces nouveaux éléments nous amènent à poser les questions suivantes à la Municipalité :

  • Quelles sont exactement les modifications demandées par le nouveau propriétaire du Lausanne-Sport sur le futur stade de la Tuilière ?
  • Quelle suite entend donner la Ville de Lausanne à cette demande ?
  • La Municipalité entend-elle soumettre ces modifications aux votes du Conseil communal, vu les modifications qu’elle pourrait engendrer au préavis N° 2016/68 ?
  • Ces modifications impliquent-elles des difficultés supplémentaires pour utiliser le stade à d’autres fins que le football ?
  • Qui paiera les coûts directs supplémentaires liés aux études et procédures complémentaires, ainsi qu’aux travaux ?
  • Qui paiera les coûts indirects supplémentaires liés au besoin d’un terrain supplémentaire, à la diminution des manifestations programmables dans le stade et à l’éventuelle augmentation des coûts d’exploitation du stade à long terme ?
  • En cas de paiement par le club, cela aura-t-il un impact sur le naming du futur stade de la Tuilière ?
  • La Municipalité sait-elle si la nouvelle société INEOS Football SA a racheté le Lausanne-Sport ?
  • La Municipalité estime-t-elle que la création d’une société séparée visant à gérer et administrer des clubs de football, notamment le Lausanne-Sport, constitue un risque financier pour le club?
  • La Municipalité sait-elle le rôle qu’entend donner dans un proche et moyen avenir le nouveau propriétaire du club au comité d’éthique qui y siège actuellement ?
  • La Municipalité entend-elle maintenir ses subventions habituelles ou aides directes ou indirectes pour le club ?

Xavier Company

Intervention communale, Lausanne, Xavier Company

Modifications au Stade de la Tuillère

Question orale

Mes collègues De Haller et Marion ayant été plus rapide que moi pour poser leur question, j’en profite pour demander un nouveau complément de réponse à M. le Municipal Tosato.

En effet, comme on pouvait le lire dans l’édition du jour du 24heures, le nouveau propriétaire du Lausanne-Sport, non content d’avoir déjà dénaturé le logo du club en y incorporant le sien, entendait demander (ou imposer ?) à la ville des modifications de conséquence au futur stade, tel qu’une pelouse naturelle plutôt que synthétique, un nouveau terrain d’entraînement, etc.

Dès lors en complément à notre interpellation déposée au début du mois de décembre qui se rapportent plus au naming du futur stade et à l’image du nouveau propriétaire et aux réponses de ce soir aux questions de mes collègues de Haller et Marion, je poserai la question suivante :

Vous avez indiqué qu’un examen juridique sera réalisé par la Municipalité, mais nous avons voté sur un projet bouclé, donc si vous estimez qu’il ne serait pas juridiquement nécessaire de soumettre un nouveau rapport préavis, comment comptez-vous informez le Conseil au sujet de ces modifications ?

Xavier Company

Intervention communale, Lausanne, Xavier Company

Sion 2026: et si on parlait des coûts pour Lausanne ?

Interpellation

Nous le savons depuis maintenant plusieurs mois, le Valais, et Sion plus particulièrement, entend soumettre une nouvelle candidature pour accueillir des Jeux Olympiques d’hiver, en 2026. Néanmoins, cette nouvelle candidature ne concernera pas seulement le Valais (malgré son nom), mais une grande partie de la Suisse puisque des épreuves sont prévues notamment à Bienne, Berne, Fribourg et… Lausanne !

Le projet vient de déposer (fin 2017) son analyse de faisabilité et débute actuellement la procédure de consultation en vue d’une décision fédérale.

Si le Conseil fédéral a déjà promis CHF 1 milliard pour ces Jeux Olympiques, le coût final sera immanquablement plus élevé, on parle notamment d’un coût de CHF 2,4 milliards, sans compter les dépassements de budget, qui sont habituels pour des Jeux Olympiques. Une partie des coûts qui n’entrent pas dans « le milliard de la Confédération » a trait à la sécurité hors des enceintes de la manifestation.

En effet, les organisateurs des Jeux Olympiques garantissent la sécurité à l’intérieur des enceintes, par l’engagement d’entreprises de sécurité privées, mais la sécurité à l’extérieur de ces enceintes, dans les villes, aux frontières, aux aéroports, etc. devra être assurée par l’armée, les gardes-frontières, les polices cantonales et municipales, selon les organisateurs eux-mêmes pour un montant qu’ils estiment, pour l’instant à CHF 303 millions.

Il ne fait dès lors aucun doute que la police municipale de Lausanne sera mise à contribution d’une manière dépassant nettement son activité habituelle. En effet, non seulement le nombre de touristes qui viendraient voir les compétitions de patinage artistique, short-track, voire de hockey à Lausanne serait important, mais la Ville accueillerait aussi une partie des délégations nationales et serait un des lieux d’hébergement olympique. De plus, Lausanne étant la capitale olympique, il est prévisible qu’elle soit une des destinations phare pour les spectateurs et les sportifs qui se rendraient à ces Jeux.

L’ensemble de ces éléments impliquera une hausse importante et ponctuelle de la population, des risques liés à ce genre de manifestation, et notamment des risques terroristes qui ne peuvent être ignorés en ces périodes. Il conviendra dès lors de renforcer les effectifs de police lausannois, mais probablement également de les former d’avantage et de manière circonstanciées pour cette occasion, ce qui engendrera nécessairement un financement important de la part de la Ville et du Canton, qui ne rentrera pas dans l’estimation de CHF 303 millions faite par les organisateurs et la Confédération. Toutefois, il n’est pas prévu, pour l’instant, de faire voter la population lausannoise ou vaudoise sur la tenue de ces Jeux Olympiques ou d’événements sur son sol, puisque seule les populations bernoise valaisanne le feront.

Ces prévisions nous amènent, comme cela a été fait au Grand Conseil, à poser les questions suivantes à la Municipalité :

  • La Municipalité a-t-elle été contactée par les organisateurs des Jeux Olympiques Sion 2026 en rapport avec des questions de sécurité ?
  • Combien de personnes seraient attendues à Lausanne en cas de Jeux Olympiques organisés dans la forme prévue actuellement ?
  • Quels sont les risques supplémentaires auxquels devraient faire face les force de l’ordre à Lausanne en cas de tenue de ces Jeux Olympiques ?
  • Quelles mesures spécifiques en terme de sécurité sont prévues par la Municipalité pour le cas où ces Jeux Olympiques seraient organisés dans la forme prévue actuellement, soit avec des activités à Lausanne ?
  • En cas d’engagement de personnel supplémentaire par la police lausannoise, comment la Municipalité entend-elle procédé, par l’engagement de personnel supplémentaire, par l’engagement de personnel de sécurité privé, ou d’une autre manière ?
  • Quels seraient les coûts liés à ces mesures spécifiques et quelle serait la provenance de leur financement ?

Nous remercions par avance la Municipalité pour ses réponses.

Xavier Company

Anna Zangger, Intervention communale, Lausanne

Lausanne capitale olympique

Préavis No 2016/67

Lausanne, capitale olympique. Demande de crédit-cadre

Intervention d’Anna Zangger

Les Verts considèrent qu’il est important de promouvoir Lausanne en tant que capitale olympique.

Toutefois, le Préavis n°2016/67, qui présente le crédit-cadre sollicité, soulève un certain nombre de questions, et ces questions ont d’ailleurs été abordées lors de la séance de Commission.

L’un de ces sujets est particulièrement important pour les Verts : nous avons remarqué à la lecture du rapport que les questions sociales et environnementales sont quelque peu reléguées au deuxième plan, qu’aucun poste du budget ne leur est attribué et que le concept de promotion n’en fait pas état.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la Commission a formulé un vœu adressé à la Municipalité et qui devrait guider la promotion de la Ville comme capitale du sport international. La Commission a ainsi souhaité que « la Municipalité promeuve un sport respectueux notamment de l’environnement et du principe d’égalité ».

C’est un message fort, qui devrait toujours être omniprésent dans le cadre de la « publicité » que se fait la ville en matière de sport international.

Ce crédit cadre étant majoritairement destiné à la promotion de « Lausanne, Capitale Olympique », il doit être utilisé pour promouvoir l’image du sport que l’on veut donner à notre ville, et non simplement l’image olympique décidée par le CIO. Il nous appartient, en tant que capitale olympique, d’agir et de promouvoir un sport respectueux des problématiques sociales en environnementale, afin de faire évoluer le sport international et les habitudes olympiques dans la bonne direction.

Les Verts sont donc d’avis qu’il faut continuer de donner les moyens à notre ville d’effectuer cette promotion de manière importante, mais qu’elle ne saurait être dissociée de la mise en avant de ces objectifs de promotion d’un sport sans tricherie et respectueux de l’environnement et du principe d’égalité.

Anna Zangger

 

Intervention de Xavier Company

J’ajouterais au nom du groupe des Verts que le crédit-cadre qui nous est présenté ce soir sert non seulement à la promotion de Lausanne en tant que capitale olympique, mais également à attirer et conserver des associations sportives internationales.

Les problématiques sociales et écologiques liées au sport d’élite, et à l’olympisme tout particulièrement, devraient donc également guider la Ville dans son choix et ses relations avec les fédérations sportives qui ont leur siège ou souhaitent s’installer à Lausanne.

Chers collègues, le budget demandé est conséquent. On a cependant l’impression que la promotion de Lausanne en tant que Capitale du sport international n’implique pas une réflexion en matière de durabilité ou de respect des droits de l’homme. La Ville semble vouloir toutes les fédérations sportives, sous quelques rares réserves, et fait purement et simplement du « marketing ».

Les dernières années ont néanmoins démontré que la population est préoccupée par l’organisation des JO et les impacts environnementaux et sociaux qu’ont les manifestations sportives. Sotchi, Rio, la Coupe du monde de football au Qatar n’en sont que des exemples.

Si la Ville se montrait plus stricte dans sa politique en matière de sport durable, égalitaire et « fair », cela ne ferait pas fuir les fédérations, mais permettrait sûrement d’élever les standards. Il convient donc d’appliquer les standards stricts émis par les vœux de la commission également à la recherche et la préservation des association sportives internationales et ce crédit-cadre permet parfaitement cela. Il incombe à maintenant de la Municipalité de l’utiliser à bon escient, mais les réponses obtenues en commission nous donne confiance dans cette volonté pour l’avenir.

En conclusion, les Verts vont soutenir majoritairement l’adoption du crédit-cadre, en émettant ces quelques réserves, et soutiennent vivement les vœux exprimés par la Commission.

 

Réponse à M. Pierre Conscience

En réponse à mes collègues Conscience et Dolivo et peut-être pour préciser brièvement la position de la majorité de mon groupe.

Si l’on veut pouvoir influencer positivement le sport, dans le sens que nous souhaitons, nous devons faire partie de ce monde et l’influencer de l’intérieur. Comme l’a dit M. Chollet, si ce n’est pas nous, de multiples villes, beaucoup moins à l’écoute de ces valeurs d’égalité, de développement durable ou de l’absence de tricherie, sont prêtes à accueillir ce titre et ces fédérations. Et dans tous les cas, le sport d’élite va toujours exister, qu’il nous plaise ou non.

Profitons donc de notre position actuelle, pour augmenter les standards du sport olympique et professionnel et ne nous déchargeons pas de notre responsabilité en abandonnant ce titre parce que tous les aspects du sport olympique ne nous plaise pas.

Xavier Company

Intervention communale, Lausanne

Quel futur pour le Basketball club de Lausanne ?

Interpellation urgente

Toute la presse romande en parle depuis la semaine passée, le club de basket de notre ville semble être au bord de la faillite.

Alors que le BBC Lausanne vient de rejoindre l’élite suisse, en retrouvant la Ligue national A cette année et en atteignant directement les demi-finales de la coupe de Suisse, des problèmes financiers semblent noircir le tableau sportif brillant depuis quelques années. En effet, le club a, dans un premier temps, annoncé qu’il devait trouver CHF 45’000.- d’ici au 13 janvier 2017, faute de quoi la faillite serait prononcée. Un sursis a pu être trouvé grâce aux discussions entre les dirigeants du club et Swiss Basketball, mais pour combien de temps ? Selon différents médias romands, le club doit encore trouver CHF 150’000.- d’ici à la fin de la saison pour assurer sa survie.

Un appel aux dons a été lancé mardi passé par le club lui-même afin d’éviter la faillite, ce qui lui a permis de récolter quelques CHF 34’100.-. Dans ce cadre, M. Oscar Tosato aurait déclaré au 24 heures que la ville faisait déjà le maximum : «Nous offrons une subvention ainsi que les infrastructures et un soutien à l’emploi. Nous ne pouvons pas faire plus. »1.

Le BBC Lausanne, ce n’est pas seulement une première équipe qui retrouve sa forme d’antan (deux fois champion de Suisse, six fois vainqueur de la Coupe de Suisse), mais c’est également un important mouvement junior. Le basketball est un sport principalement romand et tessinois en Suisse, la perte d’une équipe à Lausanne ternirait donc fortement l’image sportive de la ville. Le basketball est ainsi ancré dans la vie des Lausannoises et des Lausannois depuis des décennies, tant comme sport d’élite que comme formation pour les juniors et comme sport récréatif.

Nous demandons dès lors à la Municipalité de nous renseigner sur les points suivants :

  1. Dans quelle mesure la Municipalité de Lausanne a-t-elle été informée des difficultés financières du BBC Lausanne ?

  1. Le cas échéant, quelles sont réellement ces difficultés et quelles en sont leurs causes ?

  1. La Municipalité de Lausanne a-t-elle été sollicitée pour financer tout ou partie de la dette actuelle du BBC Lausanne ? Si oui, quelle a été sa réponse et pour quelles raisons ?

  1. Dans quelle mesure la Ville de Lausanne pourrait apporter son aide au BBC Lausanne pour éviter la faillite du club (par exemple par une participation extraordinaire, un prêt, une garantie financière, un appui administratif, un soutien officiel, etc.) ?

  1. En cas de faillite du BBC Lausanne, la Ville de Lausanne a-t-elle une stratégie pour préserver un club de basketball d’élite et de formation de junior ?

Lausanne le 17 janvier 2017.

Xavier Company

1 Article du 24 heures : «Nous sommes à une semaine de la faillite», du 8 janvier 2017.

Cette interpellation a donné lieu à une résolution : “Le Conseil communal de Lausanne souhaite que la Municipalité mette tout en oeuvre pour aider le BBC Lausanne à éviter la faillite et le soutienne dans la continuation de son activité, tant d’élite que de formation”.
Intervention communale, Lausanne, Marie-Thérèse Sangra

Jeux Olympiques 2026

Question orale au Conseil communal de Lausanne : Jeux Olympiques 2026

Les Lausannois ont appris par les médias que le Conseil d’Etat vaudois a cautionné auprès de Swiss Olympic à hauteur d’un million de francs une candidature de la Suisse occidentale pour les JO d’hiver de 2026.

L’organisation des JO est un sujet éminemment sensible qui requière à l’évidence un large débat de société sur le développement touristique, son évolution pour les prochaines décennies et  éventuellement les changements de paradigmes qu’il faudra mettre en œuvre, en tenant compte par ex. des questions liées au réchauffement climatique, aux économies d’énergie, ou aux questions d’AT et de mobilité. L’expérience que nous avons des JO montre que leur organisation va à l’encontre des principes du développement durable, d’un tourisme qualitatif et limitant ses impacts sur les ressources naturelles, sans parler d’un impact peu maîtrisable sur les finances publiques.

Les Verts lausannois sont  critiques face au bien fondé du dépôt d’une telle candidature, et rappellent que la Ville de Lausanne  a déjà eu l’occasion par le passé de témoigner de son opposition à l’organisation de JO.

Ils demandent à la Municipalité:

Comment Lausanne, en tant que Ville olympique, se positionne-t-elle face à une telle candidature sans consultation publique préalable, et quel regard critique pose-t-elle sur une telle entreprise qui vraisemblablement appellera Lausanne à des contributions financières, voire à la construction de nouvelles infrastructures ?

Marie-Thérèse Sangra