Intervention communale, Sara Gnoni

Egalité entre hommes et femmes au travail

Préavis en matière d’égalité (R60)

Nous remercions la municipalité pour son engagement et son excellent préavis pour mettre en oeuvre l’égalité entre hommes et femmes au travail. Ma collègue Sara Soto vous fera part d’un message de Alice Genoud concernant spécifiquement son postulat  sur l’allaitement urbain.

L’égalité entre les hommes et les femmes au travail, dans les cours d’école ou dans l’espace public est un thème qui nous tient particulièrement à coeur, à nous les Verts. Il s’agit par ailleurs de l’objectif numéro 5 des Objectifs du développement durable. En effet, je cite, “L’inégalité des genres constitue l’un des principaux obstacles au développement durable, à la croissance économique et à la réduction de la pauvreté”. Rappelons par ailleurs que malgré plusieurs objets déposés aux chambres fédérales, l’égalité des genres, notamment en termes de salaires reste volontariste et il me parait donc indispensable que les collectivités se montrent en exemple pour inspirer les entreprises.

Ce préavis répond parfaitement donc à plusieurs postulats tout en allant plus loin et présentant une stratégie ambitieuse et cohérente pour permettre de réduire les écarts salariaux, de donner la possibilité de télétravailler, ce qui s’est avéré une nécessité pendant ces derniers temps ou encore de favoriser l’accès des femmes à des postes de cadres. En mettant la barre très haut, la Ville se pose en exemple en tant qu’employeur et que collectivité et nous espérons qu’elle en inspirera d’autres. Par ailleurs, en collaboration avec l’université de St-Gall elle participera à un benchmarking, ou une comparaison entre pairs pour évaluer où se situe la politique de notre ville.

En travaillant autour de cinq axes principaux : rendre visible l’égalité au sein de l’administration, réduire à zéro les inégalités salariales, mettre en place des mesures pour concilier la vie professionnelle et la vie privée, rendre accessibles tous les postes, à tous les échelons à tous les genres et lutter contre le harcèlement sexuel et les comportements sexistes, cette politique permettra, nous en sommes certains d’atteindre l’objectif, enfin, d’égalité des genres au sein de l’administration et nous espérons, ailleurs.

Nous remercions donc fortement la municipalité pour son très bon postulat et vous invitons à l’accepter.

Sara Gnoni

Intervention communale, Lausanne, Xavier Company

Prostitution de rue : et si on arrêtait de fermer les yeux ?

Interpellation urgente

La prostitution est et demeure un sujet sensible. Elle n’est pas interdite, mais se pratique de manière plus ou moins cachée, et surtout entourée d’un tabou certain. A Lausanne également, des mesures toujours plus restrictives sont prises pour rendre sa pratique plus difficile, discrète et cachée, bien qu’elle soit légale. Les travailleuses et travailleurs du sexe sont relégué.e.s en marge de la société et vivent malheureusement souvent dans une grande précarité, leur activité demeurant leur seule source de revenu. Une part importante de ces personnes sont en situation illégale en Suisse, ce qui ajoute à leurs difficultés la crainte d’être dénoncées. Il en résulte de grandes difficultés à pouvoir se défendre en cas de violences, d’abus ou de tout autre problème lié à leur activité. Trop souvent, elles sont victimes de traite d’êtres humains.

Ces dernières années, la réglementation relative à la prostitution dans le Canton de Vaud et en Ville de Lausanne a évolué.

Tout d’abord, suite à de longs débats au Conseil communal, le périmètre de prostitution de la Ville de Lausanne a été réduit à partir du 15 avril 2018 (rapport-préavis 2016/43). Sans être limité à la question de la localisation géographique, cette mesure s’est accompagnée d’une réduction drastique du nombre de salons qui permettaient aux travailleuses et travailleurs du sexe d’exercer leur activité de manière plus sécurisée. Cette réduction avait été vivement combattue par les groupes des Vert.e.s et d’Ensemble à Gauche lors des débats, sans succès puisque la majorité du Conseil communal l’avait finalement admise. Toutefois, des garanties ont été obtenues, soit notamment une nouvelle conclusion 5 au rapport-préavis 2016/43 prévoyant qu’un état des lieux soit fait après deux ans sur les mesures prises et leurs effets sur les habitant.e.s des quartiers concernés et les travailleuses et travailleurs du sexe. Cet état des lieux devait permettre, le cas échéant, « d’adopter des mesures d’ajustement », en collaboration avec les associations compétentes et notamment Fleur de Pavé et Astrée.

Il est également ressorti des discussions de commission que « Monsieur le Municipal s’engage à ce que les résultats du groupe de travail soient connus du Conseil communal. Un suivi politique pourra ainsi se faire »1. Un suivi des autres mesures prévues par le rapport-préavis (aménagement de terrain, nouveaux WC publics, etc.) est également nécessaire.

Toutefois, à ce jour, aucun suivi n’a été communiqué au Conseil communal sur l’évolution de la situation et son impact sur les travailleuses et les travailleurs du sexe. Par contre, ce que craignaient les groupes des Vert.e.s et d’Ensemble à Gauche a déjà pu être constaté une année seulement après l’entrée en vigueur de la nouvelle règlementation. En effet, dans plusieurs articles sur ce sujet publiés au mois de février 2019, il ressortait déjà que la réduction du périmètre de prostitution a amené à la perte de contact entre les associations de terrain (notamment celles citées dans la conclusion 5 du rapport-préavis 2016/43) et une partie importante (de l’ordre de 40%) des travailleuses et travailleurs du sexe.

Ensuite, au niveau cantonal, une modification de la Loi sur l’exercice de la prostitution (« LPros ») a été acceptée en octobre 2019 et n’a pas donné lieu à référendum. Elle entrera en vigueur prochainement et nécessite des règlements complémentaires de la part du Conseil d’Etat. Cette modification légale porte principalement sur deux éléments, soit l’obligation d’annoncer son activité de prostitution et la nécessite d’obtenir une autorisation pour ouvrir un salon. Il ressort notamment du nouvel article 9a al. 5 LPros que « Le Conseil d’Etat fixe, par voie réglementaire, les conditions auxquelles une personne morale de droit public peut exploiter un salon », ouvrant ainsi la porte à des formes innovantes de structure d’accueil des pratiques de prostitution. Cela permet aux municipalités d’imaginer des structures plus sécurisées pour cette activité lucrative demandant des normes de protection renforcées de ses travailleuses et travailleurs, notamment en collaboration avec les associations actives dans le domaine.

La situation de fait a toutefois évolué drastiquement ces derniers mois en raison de la pandémie du Covid-19. En effet, depuis le début des mesures édictées par le Conseil fédéral, les « services de prostitution » sont interdits (art. 6 al. 2 let. c Ordonnance 2 Covid-19). Toutefois, aucune mesure n’a été mise en place pour aider spécifiquement les travailleuses et travailleurs du sexe. Si certain.e.s sont indépendant.e.s et peuvent, peut-être, prétendre à une aide de l’Etat, une grande majorité n’y a pas droit, notamment celles et ceux qui ne sont pas en situation régulière. Cela les oblige donc à exercer de manière illégale, et souvent dangereuse, puisque les client.e.s bénéficient d’un ascendant encore plus important lié à cette précarité et en profitent. Et bien que des cagnottes 2 aient été mise en place par les associations pour limiter la perte de gain et éviter ce genre de situation, cela ne saurait remplacer l’aide et la protection de l’Etat. Cette situation urgente nécessite une réaction de la part de la Ville de Lausanne, ainsi que des autres instances étatiques.

Ces éléments nous amènent dès lors à poser les questions suivantes à la Municipalité :

  1. La Municipalité peut-elle indiquer combien de travailleuses et travailleurs du sexe sont inscrit.e.s comme indépendant.e ou travailleuse/travailleur dépendant sur la commune de Lausanne et pourraient prétendre potentiellement à une aide étatique pour la période d’interdiction de pratiquer liée au Covid-19 ?
  2. La Municipalité peut-elle indiquer combien de travailleuses et travailleurs du sexe ont déposé une demande d’aide financière pour la période d’interdiction de pratiquer liée au Covid-19 ?
  3. Quelles sont les constatations de la Municipalité de Lausanne sur l’activité et la sécurité des travailleuses et travailleurs du sexe pendant la période de confinement liée à la pandémie du Covid-19 ?
  4. Quelles mesures spécifiques la Municipalité de Lausanne entend-elle prendre pour protéger les travailleuses et travailleurs du sexe physiquement, psychologiquement et financièrement, pendant la période d’interdiction de leur activité par l’Ordonnance 2 Covid-19 ?
  5. La Municipalité de Lausanne entend-elle participer à une cagnotte en faveur des travailleuses et travailleurs du sexe ou de toute autre manière pour compenser leur baisse de revenu pendant cette période de pandémie ?
  6. D’une manière plus générale, quelles mesures la Municipalité prend-elle ou entend-elle prendre pour assurer la sécurité des travailleuses et travailleurs du sexe et diminuer leur précarité, notamment en termes de protection sur le terrain, de mise à disposition d’abris, de suivi médical, de nouvelles formations professionnelles, de régularisation du séjour, etc. ?
    a) En temps normal
    b) Spécifiquement durant la pandémie actuelle
  7. La Municipalité peut-elle transmettre au Conseil communal l’état des lieux annoncé dans la conclusion 5 du rapport-préavis 2016/43 ? Si non, pourquoi ?
  8. La Municipalité a-t-elle réalisé tous les aménagements promis dans le rapport-préavis 2016/43 ? Si non, pourquoi ?
  9. Quelles sont les relations entre la Municipalité de Lausanne et les associations actives dans le domaine de la prostitution, telles que Fleur de Pavé ou Astrée, et quels soutiens (financiers, logistiques, etc.) leur sont fournis ?
  10. Comment la Municipalité se détermine-t-elle sur la perte de contact entre les associations de terrain et une partie préoccupante des travailleuses et travailleurs du sexe ? N’estime-t-elle pas qu’il s’agit d’une conséquence dangereuse de la réduction du périmètre de prostitution ?
    a) Si c’est le cas, envisage-t-elle d’élargir à nouveau ce périmètre ou de prévoir d’autres mesures pour assurer la sécurité des travailleuses et travailleurs du sexe ?
    b) Si ce n’est pas le cas, comment la Municipalité explique-t-elle cette perte de contact ? N’est-il pas probable qu’au moins une partie des travailleuses et travailleurs du sexe avec lesquel.le.s le contact a été perdu suite à la réduction du périmètre de prostitution exercent maintenant dans l’illégalité ?
  11. Comment la Municipalité entend mettre en œuvre la nouvelle Loi cantonale sur l’exercice de la prostitution ?
  12. Au vu de la possibilité offerte par la nouvelle Loi cantonale sur l’exercice de la prostitution d’ouvrir un salon par une personne morale de droit public, et de la précarisation de la prostitution de rue constatée de manière toujours plus marquée ces dernières années, mais encore plus ces derniers mois, la Municipalité entend-elle examiner les opportunités d’exploitation d’un salon par une personne morale de droit public, notamment en collaboration avec les associations concernées ? 

Nous remercions par avance la Municipalité pour ses réponses.

Xavier Company, Sara Gnoni, David Raedler

1 Rapport de commission n° 6 des 11 octobre et 14 novembre 2016 : https://extranet-cc.lausanne.ch/Godoc/tmp/6CA64439F26FA07AC9CEF28DBC2D534A.pdf

2 https://www.lepotsolidaire.fr/pot/3mvf5yzv relayé par Fleur de Pavé notamment : http://www.fleurdepave.ch/, ainsi que le rapport d’activité 2018 de Fleur de Pavé , p. 3

Ilias Panchard, Intervention communale

La ville contribue-t-elle à réduire les situations d’apatridie ?

Interpellation

Près de 10 millions de personnes dans le monde ne possèdent pas de nationalité, dont plus de 600 personnes en Suisse. Le nombre d’apatrides, bien que relativement faible, a connu une augmentation importante ces dernières années – en particulier avec l’arrivée en Suisse d’apatrides palestiniens et kurdes arrivés des suites du conflit syrien. Leur nombre pourrait s’avérer plus important en tenant compte des personnes figurant dans les catégories fédérales intitulées «sans nationalité» ou «État inconnu».

Cela ressort d’une étude sur la situation des apatrides en Suisse publiée fin 2018 par l’agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).1 Ce thème est hélas absent du le débat public.

L’étude déplore que le droit suisse ne garantisse ni audition, ni assistance d’aucune forme, ni même une autorisation de séjour valable pendant la durée de la procédure pour les personnes qui font une demande de reconnaissance de l’apatridie. Ainsi, une meilleure sensibilisation des autorités permettrait d’accompagner plus efficacement les personnes apatrides et de faciliter leur accès à la procédure de reconnaissance. Quant à celle de naturalisation, elle est facilitée pour les mineurs apatrides, mais elle s’avère diablement compliqué pour les personnes adultes.

Les villes de par leur proximité quotidienne avec les habitant-e-s ont en ce sens, avec l’aide des cantons, un rôle décisif à jouer. Dans ce sens, les interpellatrices et les interpellateurs désirent poser les questions suivantes à la Municipalité :

  1. La Municipalité a-t-elle pris connaissance de la publication dudit rapport du HCR sur la situation des apatrides en Suisse
  2. La Municipalité a-t-elle connaissance du nombre de personnes apatrides habitant sur le territoire de la commune de Lausanne
  3. Existe-t-il des mesures sur le territoire communal pour accompagner ces personnes dans l’exercice de leurs droits fondamentaux (participation à la vie politique et associative, accès à la formation, à l’emploi et aux services publics communaux) ?
  4. Existe-t-il des mesures sur le territoire communal pour accompagner ces personnes dans les démarches de reconnaissance de leurs statut et dans le processus de naturalisation ?
  5. La ville compte-t-elle s’engager, par exemple aux côtés du canton de Vaud, pour encourager la Confédération à enfin adhérer à la Convention sur la réduction des cas d’apatridie ainsi qu’aux conventions européennes qui en découlent

Ilias Panchard

1http://www.unhcr.org/dach/ch-fr/en-bref/qui-nous-aidons/mettre-fin-a-lapatridie/lapatridie-en-suisse-et-au-liechtenstein/etude-sur-lapatridie-en-suisse

Anne Berguerand, Intervention communale

Campagne sur le respect

Intervention

Chaque campagne d’éducation a pour but de sensibiliser et de responsabiliser. Cette nouvelle campagne est dans la logique continuité de celles mises en place auparavant.

Nous saluons la démarche participative mise en place et que celle ci évolue en évaluation participative tout au long de la campagne avec les différents partenaires associés.

Nous avons quand même été étonnés que ce conseil soit un peu mis devant le fait accompli vu que presque tout est déjà élaboré et que les premiers visuels sont sensés être lancés à la mi-mars déjà.

Cependant c’est avec enthousiasme que le groupe des Verts acceptera ce préavis, parce que l’éducation, c’est la base !

Anne Berguerand

Géraldine Bouchez, Intervention communale

NON à l’homophobie et la transphobie le 17 mai

Intervention

Chaque année dans le monde, des personnes sont tuées, agressées, violées, torturées, jetées à la porte de chez elles, parce qu’elles sont homosexuel-les ou transgenres. Les personnes LGBTIQ sont victimes quotidiennement de discriminations, sur leur lieu de travail, dans la rue, dans leur cercle familial, y compris en Suisse.

Jusqu’au 17 mai 1990, l’homosexualité était considérée comme une maladie mentale par l’Organisation mondiale de la santé. 15 ans plus tard, le 17 mai 2005, fut célébrée la première fois la journée internationale contre l’homophobie, la lesbophobie, la biphobie et la transphobie.

Mon postulat a un but simple : demander à la Municipalité d’étudier l’opportunité de se parer des couleurs LGBTIQ, le temps de cette journée. Cette démarche forte de symbole démontrera ainsi, qu’à Lausanne l’homophobie et la transphobie n’ont pas leur place.

Je demande le renvoi direct à la Municipalité.

Géraldine Bouchez

Lausanne

Lausanne, pionnière dans la lutte contre le harcèlement de rue grâce aux impulsions Vertes

Communiqué de presse des Verts lausannois du 20 décembre 2017

Les Verts lausannois saluent les propositions de la Municipalité de Lausanne pour agir contre le harcèlement de rue, en réponse à une résolution et deux postulats déposés au Conseil communal par les Verts. La ville de Lausanne devient donc une pionnière dans la lutte contre ce fléau urbain qui limite l’accès à l’espace public pour la moitié de la population et baisse leur qualité de vie. Les Verts veilleront à une application soutenue de ces décisions, en temps et en moyens financiers et humains pour limiter aussi vite que possible ces actes de sexismes malheureusement devenu ordinaires.

Ces comportements dénigrants, verbaux ou physiques, attaquent de front l’égalité de genre et d’orientation sexuelle dans l’accès à l’espace public, et ont un impact significatif sur la qualité de vie générale des victimes. Une enquête menée à Lausanne, suite à une interpellation verte, fait ressortir des proportions écrasantes de femmes soumises régulièrement à des commentaires, migro-agressions, insultes, gestes déplacés, attouchements et autres actes non sollicités. Les personnes LGBTQI y sont également violemment confrontées. Cette menace permanente affecte durablement et injustement leur rapport à la ville et à l’espace public, puisque celui-ci devient, sans action ou prise de conscience collective, le lieu d’un tourment. Or la rue appartient à toutes et tous !

Ainsi, les Verts espèrent que les actions proposées par la ville, à savoir des campagnes de sensibilisation en milieu scolaire, une meilleure formation des agents de police et une campagne auprès du grand public participeront à juguler ce phénomène. La volonté des Verts d’agir tant dans l’action, voire par la sanction lorsque c’est nécessaire, qu’en amont afin de sensibiliser et d’éviter ces dérives à l’avenir a dès lors été entendue par la Municipalité. La clé est en effet l’éducation à l’égalité et au consentement et les Verts saluent en ce sens l’excellente posture de la Municipalité.

Ces actions sont fondamentales pour faire évoluer les mentalités, et ne pourront porter leurs fruits que si elles sont menées avec volontarisme, des moyens appropriés, et sur une durée suffisante. Les Verts seront particulièrement attentifs à ce que les actes suivent les déclarations de ce jour. Ils demanderont également que ces axes d’actions soient accompagnés scientifiquement et évalués.

La dernière mesure, concernant la création d’un formulaire permettant de signaler des cas ne relevant pas du droit pénal, est positif, même s’il reste bien plus limité que la demande du postulat : une application en ligne pour donner un outil de réponses à celles et ceux qui actuellement ne peuvent que subir. Les cibles et témoins du harcèlement ont besoin de pouvoir dénoncer les actes auxquelles ils sont confrontés, mais aussi de récupérer du contrôle, de recevoir une validation et de l’information. Un formulaire ne répond qu’improprement à ces objectifs, car il lui manque la facilité d’usage, l’instantané et l’interaction. De plus, des barrières à son efficacité existent, notamment l’accès, mais aussi les risques de fiabilité des données récoltées. Les Verts seront très attentifs à la qualité du formulaire et à son accessibilité, ainsi qu’aux informations qui lui seront jointes.

Ce phénomène s’étend bien au-delà des limites communales, et les Verts continuent et continueront de porter le combat contre le harcèlement de rue et le harcèlement sexuel au niveau communal, cantonal et fédéral.

Géraldine Bouchez, Intervention communale, Lausanne

Un symbole fort pour dire NON à l’homophobie !

Postulat

Le 17 mai est la journée internationale contre l’homophobie, la lesbophonie, la biphobie et la transphobie. Elle fut célébrée pour la première fois, le 17 mai 2005, soit 15 ans jour pour jours après la suppression de l’homosexualité de la liste des maladies mentales de la classification international des maladies par l’Organisation mondiale de la santé.

En Suisse, la législation pénale ne prévoit aucune disposition spécifique visant à sanctionner les crimes motivés par la haine homophobe ou transphobe. Pourtant, les associations de défense des droits LGBTIQ constatent depuis de nombreuses années que l’orientation sexuelle est encore aujourd’hui un facteur d’agressions envers des personnes. Ces formes de discrimination et de violence sont malheureusement bien trop souvent tues.

Pour dénoncer de telles souffrances, cette année écoulée, la Ville de Genève a décidé de parer le pont du Mont-Blanc des couleurs du drapeau arc-en-ciel, le 17 mai 2017.

La postulante, faisant suite à son postulat Rainbow City Network, demande à la Municipalité d’étudier l’opportunité d’une telle démarche forte de symbole et sa possible mise en œuvre, à Lausanne, qui pourrait, par exemple, voir son pont Chauderon paré des couleurs LGBTIQ.

 

Géraldine Bouchez

Intervention communale

Pour que Lausanne rejoigne le Rainbow Cities Network

Postulat

Le Rainbow Cities Network (RCN) est un réseau voué à la lutte contre les discriminations basées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre. Il consiste principalement en l’échange d’expériences et de bonnes pratiques dans les politiques locales.

Puisque les actes de violence et de discrimination envers les personnes LGBT(I) ont lieu dans l’environnement directe des victimes, les Municipalités ont un grand rôle à jouer dans la mise en place de mesures pour lutter contre ces discriminations, à Lausanne aussi. Les villes membres du RCN expriment ainsi explicitement qu’elles considèrent qu’il est aussi de leur responsabilité de lutter contre ces discriminations. Les objectifs principaux du RCN sont :

  • promouvoir l’inclusion des personnes LGBT(I) et sensibiliser le reste de la population aux problèmes qu’ils et elles rencontrent ;
  • partager les expériences, les expertises, le matériel et les bonnes pratiques ;
  • explorer les possibilités de faire des actions communes lors de jours spéciaux, d’événements ou d’autres occasions ;
  • développer les projets et collaborations entre les villes.

Fondé en 2013 aux Pays-Bas, le RCN compte actuellement 29 villes et s’étend jusqu’à Mexico. Trois villes en sont actuellement membres en Suisse : Genève, Zurich et Berne. Ces villes signent une charte dans laquelle, pour renforcer leurs politiques en faveur des personnes LGBT(I), elles s’engagent à :

  • réaliser et mettre en valeur une politique spécifiquement LGBT(I) active ou inclure les problèmes principaux rencontrés par les personnes LGBT(I) dans leurs politiques publiques ;
  • désigner une ou plusieurs personnes de l’administration en charge des problématiques LGBT(I) pour participer au réseau et favoriser les échanges ;
  • contribuer aux échanges dans le réseau par une rapport annuel, qui sera rendu public par le RCN, sur les mesures prises en faveur de la communauté LGBT(I).

Ce postulat demande donc à la Municipalité d’étudier l’opportunité d’intégrer le RCN. Cette participation est peu contraignante, mais favorise une réelle action de la Ville de Lausanne dans le domaine de la lutte contre les discrimination envers les personnes LGBT(I).

Géraldine Bouchez

Léonore Porchet

Intervention communale, Lausanne

Pour une lutte contre le harcèlement de rue fondée sur l’éducation

Postulat

Les résultats de l’étude sur la harcèlement de rue faisant suite à l’interpellation « Hey mad’moiselle… il se passe quoi avec le harcèlement de rue à Lausanne » montrent des chiffres graves, mais pas très surprenants pour celles, et ceux, qui subissent régulièrement le phénomène. Rappelons les chiffres : 63% des femmes interrogées disent avoir été victime de harcèlement de rue (72% des 16 – 25 ans), dont la moitié une fois par mois, avec des actes allant jusqu’à l’insulte (42%) et l’agression sexuelle (32%).

La Municipalité a présenté ces chiffres en annonçant des mesures variées, mais principalement basées sur une sur-sécurisation de la rue, ce qui dénote d’abord d’une méconnaissance du phénomène, mais aussi d’importantes lacunes dans la volonté de lutter contre ce fléau en amont.

Tout d’abord, il n’y a aucun lien entre une plus grande présence policière et le harcèlement de rue. Les policiers ne peuvent légalement souvent rien faire face au harcèlement de rue, mais surtout il ne se passe jamais sous leur nez. Ils ne sont de plus bien souvent au bénéfice d’aucune formation spécifique concernant les violences sexistes. Ensuite, l’amélioration de l’éclairage public, qui est par ailleurs déjà réfléchie sous l’aspect sécuritaire à Lausanne, n’aura pas d’impact sur les actes, mais sur le seul sentiment de sécurité. Pour terminer, l’idée de trajets nocturnes sécurisés est particulièrement inquiétante, car elle risque de cantonner les femmes à des lieux spécifiques, tout en les excluant du reste de l’espace public et en justifiant en quelques sorte les actes qui se passeraient ailleurs.

Or le harcèlement de rue (comme de manière générale les violences sexistes) a des causes, le sexisme et le patriarcat, et c’est contre ces causes qu’il faut lutter d’abord, par l’éducation de toutes et tous au consentement et à l’égalité : ni la lumière, ni la présence policière ne sont efficaces contre un système ancré ainsi dans les mœurs.

Dans ce cadre, la Ville de Lausanne pourrait, notamment :

  • mettre en place rapidement une campagne de sensibilisation contre le harcèlement et mieux faire connaître les sanctions contre ses formes pénalement répréhensibles ;
  • proposer des cours pour aider les victimes de harcèlement à réagir et les témoins à intervenir ;
  • en collaboration avec le canton, améliorer et moderniser les cours d’éducation sexuelle dispensés dans ses classes pour en axer une partie du contenu sur le consentement et le harcèlement ;
  • former la police aux problématiques spécifiques des violences sexistes ;
  • donner aux femmes et aux personnes LGBT(I) les moyens de lutter elles-mêmes contre le harcèlement de rue notamment en facilitant le dépôt de plainte et l’identification des harceleurs dans la mesure du possible (par une application par exemple) ;
  • encourager la population à parler des cas de harcèlement pour dissiper le tabou qui existe autour de ses actes ;
  • participer à la semaine internationale contre le harcèlement de rue ;
  • etc.

La lutte contre le harcèlement de rue passe d’abord par un travail de changement des mentalités et de l’imaginaire collectif. Les Verts demandent donc que la Municipalité étudie les moyens pour mener la lutte contre le harcèlement de rue grâce à une éducation scolaire et populaire.
Léonore Porchet

Intervention communale, Lausanne

Pour une application mobile contre le harcèlement de rue à Lausanne

Postulat

Le fléau du harcèlement de rue touche la majorité des Lausannoises et des personnes LGBT(I), qui se trouvent souvent démunies face à leurs harceleurs. Souvent, ces agressions ne sont même pas légalement répréhensibles, et par volonté d’éviter les ennuis, les victimes préfèrent marcher plus vite pour fuir les harceleurs plutôt que de chercher à les dénoncer ou à se défendre.

Dans ce cadre, il serait utile qu’un système de signalement des cas de harcèlement, voire de dénonciation des harceleurs dans les possibilités du cadre légal et d’appel à l’aide existe. Plusieurs applications mobiles ont été développées dans ce sens1. Elles semblent un outil intéressant dans les différentes mesures à mettre en place contre le harcèlement de rue.

Une application mobile lausannoise contre le harcèlement de rue permettrait par exemple d’en  signaler les cas2, afin de libérer la parole des victimes. Avec la géolocalisation, elle pourrait aussi permettre aux personnes confrontées, en tant que victime ou témoin, à une situation les mettant mal à l’aise ou en cas de sentiment de danger, de prévenir des personnes proches des lieux, d’un simple clic sur son smartphone. Elle pourrait même éventuellement permettre de déposer une plainte de manière facilitée en ligne, sur le modèle de la plateforme ePolice par exemple.

Tout en assurant le cadre légal et la présomption d’innocence (puisqu’il s’agit de signaler des cas et non des personnes et d’appeler à l’aide), une telle application permettrait de lutter contre le harcèlement de rue en faisant tomber le silence qui entoure le plus souvent ces actes. Cette application pourrait aussi être étendue à tous les types de violences verbales et physiques qui prennent place dans l’espace public, comme par exemple les actes de racisme.

La peur doit changer de camp et ce sont les harceleurs qui doivent redouter que leurs victimes aient les moyens de dénoncer les violences sexistes et d’agir contre elles. C’est pourquoi les Verts demandent à la Municipalité d’étudier l’opportunité de développer une application mobile participant à la lutte contre le harcèlement de rue.

Léonore Porchet

1 Voir par exemple : http://www.stopharcelementderue.org/?p=1201 et http://handsaway.fr .
2 Ce qui permettrait également à la Ville de Lausanne de disposer de données plus fiables concernant le harcèlement de rue.