Feuille verte, Oleg Gafner, Xavier Company

La vague verte profite au service civil

Nous avons frôlé le pire pour le service civil, mais grâce à nos parlementaires vert·e·s, le Conseil national s’est retourné en quelque jour. Nous faisons le point sur cette saga gagnée dans la dernière session parlementaire d’il y a quelques jours.

Tout est une question de nom. Le service civil est tout d’abord un service, donc un engagement, 365 jours, qui permet aux objecteurs de conscience de mettre leur temps à disposition d’objectifs jugés prioritaires par la Confédération. Heureusement, ce service est civil, il agit donc pour la collectivité. Cet engagement volontaire bénéficie à des structures essentielles, principalement auprès des plus jeunes, des plus âgés ou de la nature, donc au bénéfice de toutes et tous. Peut-être qu’il serait ainsi plus juste de le renommer service de solidarité !

En temps de crise, comme nous venons de la traverser, le service civil est une aide supplémentaire et importante aux EMS et aux hôpitaux. Une aide qui permet notamment de libérer le personnel qualifié pour les soins, donc d’ajouter du personnel en plus dans des équipes qui fonctionnent souvent à effectifs réduits. 

Pour rappel, près de 5’000 établissements bénéficient de l’aide des civilistes dans des domaines de première nécessité. C’est donc un service accru à la population toute entière. Un civiliste aide la paysanne de montagne, un civiliste restaure un biotope, un civiliste accompagne des résidents de homes aux rendez-vous médicaux, un civiliste est parfois médecin et un civiliste garde des enfants. S’attaquer au service civil, c’est déclarer que l’aide aux personnes n’est ni nécessaire, ni un besoin civil.  Alors que l’engagement des civilistes suisses vient de démontrer sa nécessité, aujourd’hui plus que jamais, le Conseil fédéral avait décidé d’en restreindre fortement l’accès, afin d’augmenter le nombre de recrues militaires à la place.

Sur proposition du Conseil fédéral, le National a dans un premier temps accepté de demander aux militaires souhaitant rejoindre le service civil après-coup de patienter douze mois et pour au moins 150 jours de service. Tous auraient dû accomplir une fois et demie le nombre de jours de service militaire. Mais pis encore, les médecins n’auraient plus pu faire de service civil à des postes de médecins (et cela au sortir de la crise du coronavirus).

Le résultat aurait réduit encore davantage l’accès au service civil, et donc la possibilité pour les causes sociales et environnementales de profiter du travail des civilistes et d’atteindre des objectifs impossibles sans cette aide.

Heureusement, le travail de nos parlementaires et la peur du référendum qui avait d’ores et déjà été annoncé par les Vert-e-s, les Jeunes Vert-e-s et CIVIVA ont permis de renverser la majorité du Conseil national et de refuser, en vote final, ces durcissements incompréhensibles.

Une fois de plus, nous constatons que la vague verte des dernières élections fédérales porte ces fruits et permet de faire peser la politique que nous souhaitons aux Chambres sans avoir besoin de passer devant le peuple pour faire gagner le bon sens. Que la vague continue !

Oleg Gafner et Xavier Company

Daniel Dubas, Intervention communale, Lausanne

Déconfinement et critères d’admission dans les crèches: place à l’arbitraire ?

Question écrite

Alors que le Conseil fédéral n’a jamais formellement fermé les crèches et structures d’accueil de jour, le Canton a quant à lui décidé le 13 mars dernier de ne permettre qu’aux parents appartenant aux groupes professionnels prioritaires dans la lutte contre la pandémie de pouvoir continuer à bénéficier d’une place.

Le 27 avril, pour la première période de déconfinement édictée par le Conseil fédéral, les crèches lausannoises ont commencé à se rouvrir à d’autres groupes professionnels. A cette fin, le Conseil d’État a fixé le 18 avril dernier les nouveaux critères d’admission: « les parents qui doivent travailler sur leur lieu de travail usuel, dans les activités qui ne sont pas ou plus soumises à une interdiction fédérale ou cantonale. Les parents en télétravail peuvent bénéficier d’un accueil, dans la mesure des places disponibles ».

Le nombre de places disponibles par groupe d’âge a été fixé dans un cadre de référence édicté lui aussi par le canton. La Ville explique quant à elle dans son communiqué du 22 avril qu’ « un système de priorisation est donc mis en place en fonction des places disponibles et des besoins professionnels des parents ».

Au vu des éléments qui précèdent, nous souhaiterions adresser les questions suivantes à la Municipalité :

  1. La Ville a-t-elle formellement mis en place, pour la phase dite du confinement dès le 13 mars, une « offre d’accueil pour les enfants qui ne peuvent pas bénéficier d’une solution de garde privée » telle que prévue par l’ordonnance du Conseil fédéral (art. 5, al. 3, Ordonnance 2 COVID-19) ?
  2. Quels critères précis et objectifs ont été donnés aux directions des dispositifs d’accueil de jour pour la première phase du déconfinement (du 27 avril au 11 mai) ? Autrement dit: sur quelle base ont été analysés les « besoins professionnels des parents » pour pouvoir à nouveau bénéficier d’une place ? De même, les besoins liés à la situation socio-familiale ou à la santé sont-ils également considérés ?
  3. Les crèches semblent chercher à rester en-deçà du taux d’accueil habituel ? Est-ce que cela peut être confirmé, et si tel est le cas, quelle était la stratégie poursuivie ?
  4. Jusqu’à quel point des éléments sanitaires/épidémiologiques, le bien-être de l’enfant et l’égalité hommes-femmes ont prévalu dans la détermination des directives données par la Ville aux dispositifs ?
  5. Quels critères d’admission seront appliqués pour la 2ème phase du déconfinement, soit dès le 11 mai ?
  6. Comment et quand la Municipalité compte-t-elle informer les parents concernés des critères retenus ?

Daniel Dubas, Sara Soto, Sima Dakkus

Ilias Panchard, Intervention communale

Crise du Coronavirus : quelles conditions de travail pour les employé-e-s de la Ville ?

Interpellation urgente

Il y a quelques jours, les travailleuses et les travailleurs célébraient le 1er mai. La journée internationale des travailleurs-ses fut l’occasion pour les syndicats et leurs membres de l’ensemble des secteurs d’exprimer leurs revendications en lien avec la crise sanitaire : protection de la santé des travailleurs-ses, défense et développement des services publics, revalorisation salariale des métiers essentiels et insuffisamment reconnus ou encore nécessité de répartir les richesses. Ces revendications seront également centrales pour préparer l’avenir et « l’après-coronavirus ».

Bien évidemment, ces revendications concernent aussi les employé-e-s du secteur public. Le fonctionnement des services publics communaux a été exemplaire durant cette crise, grâce à l’intense engagement des employé-e-s communaux, en télétravail ou à leurs postes de travail habituels, souvent sur le terrain exposés au virus.

Nettoyage des rues, ramassage des ordures ménagères, suivi et entretien des installations techniques, gestion de la STEP, sécurité et services d’urgence, hébergements d’urgence pour les sans-abris, entretien des parcs et domaines ou distribution de l’eau ; pendant cette crise, ces services essentiels fournis à la population ont pu se poursuivre grâce notamment à l’engagement, à la persévérance et au courage des employé-e-s de la ville. Partant de ce constat, il convient de dresser un bilan de la période vécue ces deux derniers mois et d’en tirer des enseignements afin d’améliorer concrètement les conditions de travail au quotidien maintenant que nous avons « appris à vivre » avec le virus et sommes entrés dans une nouvelle phase, celle du déconfinement.

Pour ce faire, il est nécessaire de revenir sur les mesures prises ces deux derniers mois par le service du personnel pour garantir la santé au travail, s’adapter à ce nouveau contexte et tâcher d’assurer une égalité de traitement entre les  différent-e-s employé-e-s de l’administration communale.

Au vu des éléments qui précèdent et du contexte exceptionnel vécu par les employé-e-s des services publics communaux, les co-signataires souhaitent poser les questions suivantes à la Municipalité :

  1. Comment la Municipalité analyse-t-elle la période récente du point de vue de la nécessité de réorganiser l’administration communale et en particulier de l’impact qu’a eu cette réorganisation sur les conditions de travail des employé-e-s ?
  2. La Municipalité considère-t-elle avoir pu s’adapter à cette situation inédite d’une manière satisfaisante ? Quels ont été les principaux défis en termes de maintien des services à la population et de conditions de travail satisfaisantes ?
  3. En termes de communication vis à vis de ses employé-e-s, quels ont été les moyens mis en oeuvre par le service du personnel (et les différents services) et à quels moments les différentes  informations ont-elles été transmises aux employé-e-s ?
  4. Quelles ont été les décisions prises par la Municipalité en terme de décompte des jours de congés, des périodes de maladie et des heures supplémentaires ? Des employé-e-s ont-ils été contraints de prendre des jours de congé durant cette période ?
  5. Comment le temps de travail a-t-il été comptabilisé pendant cette période ? Est-ce que la situation personnelle des employé-e-s a-t-elle été prise en compte dans ce décompte, notamment compte tenu de leur poste, de leur situation familiale, ou de tout autre critère ?
  6. Quelles ont été les mesures prises par la Municipalité pour garantir une prise en compte de la situation individuelle des employé-e-s de la Ville (exposition au virus dans son travail, enfants à charge, personnes à risques, surface et configuration du logement personnel, matériel à disposition, etc.). Concernant les employé-e-s en télétravail et ayant un ou des enfants, comment la Municipalité s’est-elle assurée de la compatibilité entre les tâches professionnelles à effectuer et l’école à la maison ?
    a) Concernant les employé-e-s parents dont le travail exige une présence sur le lieu de travail ou dans les espaces publics, comment la Municipalité s’est-elle assurée de garantir la garde des enfants (petite enfance, écoles, garderies) ?
    b) Concernant les employé-e-s exposés au virus dans leur travail quotidien (par exemple propreté urbaine, hébergements d’urgence, chauffeurs des TL, personnel de la STEP, nettoyage, etc.), quels ont été les mesures prises par la Municipalité pour garantir des conditions de travail respectant les normes d’hygiène et de distanciation physique préconisées par l’OFSP ?
    c) En particulier, la Municipalité a-t-elle pris et continue-t-elle de prendre les mesures nécessaires pour garantir un accès à des masques, des gants, des visières de protection et du gel hydroalcoolique en suffisance à l’ensemble des secteurs fortement exposés au virus ?
  7. Combien d’employé-e-s de la Ville ont-ils été malades du coronavirus ? Parmi ceux-ci, combien font partie des métiers exposés, notamment cités précédemment ?
  8. Les employé-e-s travaillant dans les domaines les plus exposés au virus ont-ils/elles pu exercer leur “droit de retrait” ?
  9. De manière générale, comment la pénibilité du travail a-t-elle été prise en compte pendant cette période ? La Municipalité a-t-elle prévu des mesures ces prochains mois pour diminuer la pénibilité dans les domaines les plus exposés ?
  10. En terme de rémunération, la Municipalité va-t-elle octroyer une prime aux employé-e-s des services qui ont été et restent les plus dangereusement exposés au virus, qui bénéficient  d’ailleurs souvent des salaires les plus bas de la Ville (57’949.- annuels, soit 4457.- mensuels, pour un 100%) et qui reçoivent un tonnerre d’applaudissements chaque soir depuis des semaines depuis les balcons et fenêtres de l’ensemble des quartiers lausannois ?

Ilias Panchard, Daniel Dubas, Sara Gnoni, Ngoc Huy Ho, Sara Soto

Feuille verte, Lausanne

Confiné·e·s mais d’autant plus déterminé·e·s !

Depuis le début de l’année, nous sommes témoins d’événements dont nous n’avions probablement même pas idée pour la majorité d’entre nous. Jour après jour, nous apprenons à adapter nos vies et ce qui nous semblait impensable devient nécessaire. Dans la foulée, ce qui nous paraissait inimaginable hier devient une nécessité aujourd’hui : ce 1er mai, nous ne serons pas dans la rue !

Mais cette absence dans les rues n’est clairement pas synonyme d’absence de revendications. Bien loin s’en faut. Au contraire, la crise que nous vivons actuellement prouve la fragilité de notre système et son incapacité à protéger les faibles d’entre nous. Elle prouve, une fois de plus, que ce sont celles et ceux qui sont depuis toujours les plus précarisés qui se retrouvent au front pour assurer que notre société ne s’effondre pas totalement. Elle prouve que l’impunité avec laquelle la nature est traitée ne peut rester indéfiniment sans conséquence pour l’être humain.

Il est plus que nécessaire que la crise que nous traversons, toutes et tous, nous permette de repenser le monde de demain pour toutes et tous.

Ces dernières semaines nous ont montré combien nous sommes dépendants des personnes dont le rôle n’est toujours pas considéré à sa juste valeur. En plus des équipes de soins, et notamment le personnel infirmier, tant de professions sont au front : dans les magasins de première nécessité, les administrations, les services de distribution postale, le monde agricole… Tant de personnes qui ont dû faire preuve de courage et d’abnégation pour se montrer à la hauteur de leurs responsabilités.

Bien que venant d’horizons divers, ces professions ont toutes un point en commun : elles ont toutes été bafouées, méprisées et mal considérées depuis de (trop) nombreuses années.

Il faut également souligner que, dans beaucoup de ces professions, les femmes sont très nombreuses. Cette période a aussi mis en évidence l’importance des activités des femmes au sein des familles. Nous répétons aujourd’hui la nécessité de pouvoir concilier vie professionnelle et vie privée, notamment par l’encouragement du télétravail, de mieux répartir les tâches de soin et d’enfin les valoriser économiquement.

Ceci nous montre, malheureusement une fois encore, que toutes les revendications de ces indispensables actrices et acteurs de la société ne sont toujours pas entendues… Bien au contraire, les milieux économiques exercent d’intolérables pressions sur tous les fronts pour que l’activité reprenne à la « normale », tout en étant conscients des risques qu’ils/elles font courir à leurs équipes.

Chaque année, nous devons descendre dans la rue, le premier jour du mois de mai, pour, ensemble, exprimer notre ras-le-bol de cette injustice sociale et de ce manque de solidarité. Même si, sur certains fronts, des avancées ont pu être constatées, nous sommes très loin de voir réalisées nos revendications répétées, années après années. Nous ne nous contentons pas des promesses des milieux économiques.

Nous voulons croire que la crise actuelle nous permettra de lancer un mouvement nouveau et de vivre dans un monde où une meilleure justice sociale, une meilleure considération et une meilleure répartition des ressources sont possibles.

Les nombreuses et émouvantes preuves de solidarité qui ont éclos partout dans notre pays doivent d’autant plus nous encourager à nous unir pour faire front commun.

Donc, si cette année, ça ne sera pas dans la rue que nous donnerons de la voix, nous serons toutes et tous à nos fenêtres et nos balcons pour « notre santé avant leur profit »!

Pour le bien de tous les êtres vivants, pour celui de notre planète, pour celui des générations futures, rejoignez-nous, dès 15h00, avec ou sans banderole, mais avec votre volonté et votre enthousiasme !

Keko Razzano

Ilias Panchard, Intervention communale, Lausanne

Crise humanitaire à Lesbos : Lausanne solidaire des réfugiés ?

Interpellation urgente


Près de la moitié de la population mondiale fait aujourd’hui face à des mesures de confinement. Cependant, les conditions de son vécu sont largement inégales selon le pays où l’on vit et les moyens dont on bénéficie. Les camps de réfugiés, déjà soumis à d’innombrables difficultés, font hélas partie des lieux les plus vulnérables lors d’une pandémie.

Sur les îles de la Mer Egée, une véritable catastrophe humanitaire est en cours. Des dizaines de milliers de réfugiés et de déplacés, venant de zones de guerre et appauvries, y sont bloqués. Ayant atteint l’Europe, ils ne bénéficient d’aucune protection digne de ce nom, n’ont pas accès aux soins et leur droit à déposer une demande d’asile vient d’être suspendu.


D’après les rapports des organisations caritatives qui sont sur place, les besoins fondamentaux des réfugiés bloqués dans le camp de Moria, sur l’île de Lesbos, ne sont pas couverts. Alors que, sur l’île, il est interdit d’être plus de deux personnes dans la rue, le camp, prévu pour accueillir 3000 personnes, regroupe aujourd’hui plus de 20’000 personnes dans des conditions indignes.

Médecins sans frontières, présente sur place, évoque « une toilette pour 167 personnes, une seule douche pour 200 personnes et un robinet pour 1 300 personnes ». Pour accéder aux toilettes et aux douches, trop rarement désinfectées, ainsi que pour la distribution de nourriture, souvent immangeable, les personnes doivent faire des heures de queue. Les tentes et les huttes de fortune construites avec les moyens du bord s’agglutinent. Dans ces circonstances, il est impossible d’appliquer les recommandations d’hygiène et de distanciation sociale, comme par exemple celles préconisées par l’OMS (ou celles de l’OFSP en Suisse). Sans compter qu’il n’existe vraisemblablement aucun plan d’urgence sanitaire à même de se déployer rapidement. En cas de flambée du virus, de nombreux décès sont à craindre sans que la catastrophe ne puisse alors être évitée.

La Suisse, en tant que signataire des accords de Dublin, porte une co-reponsabilité dans le drame humanitaire en cours dans les îles grecques. Les accords de Dublin, fondement de la politique d’asile européenne, ont créé cette situation catastrophique. En empêchant les réfugiés de déposer une demande d’asile dans un autre pays que celui dans lequel ils sont arrivés en premier, cette “politique de non-asile” crée des catastrophes humanitaires comme celle de Lesbos et les conséquences se répercutent quasi exclusivement sur les pays méditeranéens comme la Grèce, l’Italie ou l’Espagne.

Chaque pays peut, de sa propre initiative, décider d’accueillir des réfugiés ayant fait une demande d’asile. Nous pouvons, légalement, prendre en charge ici des réfugiés bloqués sur les îles grecques. Plusieurs pays européens ont décidé de franchir le pas. Un pont aérien pourrait être mis en place, à l’instar de celui mis en place récemment pour rapatrier nos concitoyen-ne-s du monde entier. La Suisse a les moyens d’y participer. Et nos villes ont des capacités de logement, le personnel nécessaire et de nombreux réseaux citoyens de solidarité à même de secourir ces réfugiés et pour améliorer la situation sur les îles grecques. Lausanne tout particulièrement.

Suite aux pressions exercées par de nombreux appels et mobilisations de la société civile, dont un appel récent lancé par des milieux d’Église et plus de 110 organisations, soutenu par plus de 15’000 personnes en quelques jours, demandant d’accueillir urgemment des réfugiés bloqués en Grèce2, la Suisse a proposé à la Grèce d’accueillir des mineurs non accompagnés en Suisse, à condition qu’ils aient des liens familiaux dans notre pays. Suite à cela, le 17 avril, le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) a reçu et approuvé 21 (!) demandes d’accueil concernant des requérants d’asile mineurs. Ces démarches sont à saluer. Néanmoins, représentant moins d’un millième des personnes présentes sur la seule île de Lesbos, cette action positive s’avère largement insuffisante face à l’ampleur de la crise humanitaire en cours sur le sol européen.

Ces dernières semaines, les habitantes et habitants de la ville de Lausanne ont fait preuve d’une solidarité conséquente, mis en place des systèmes d’entraide impressionnants et ainsi fait davantage attention aux personnes qui les entourent. L’attention portée sur les personnes les plus précaires et vulnérables est à saluer. Dans le cas où une volonté et des actions politiques fortes en faveur des réfugiés devaient se développer prochainement, nos concitoyen-ne-s sauront à coup sûr aussi nous aider à relever le défi de la solidarité avec les réfugiés bloqués hors de nos frontières et soutenir ces démarches.

Quand le courage politique ne vient pas suffisamment des Etats, il est de la responsabilité des villes d’assumer leur rôle de solidarité, de renforcer leur tradition d’accueil, d’ouverture sur le monde et de s’affirmer comme des lieux de refuge pour les personnes menacées et précarisées.

Suite aux éléments qui précédent et à la longue tradition de solidarité et d’accueil face aux tragédies du monde chère à la ville de Lausanne, nous adressons les questions suivantes à la Municipalité :

  1. Comment la Municipalité analyse-t-elle l’évolution de la situation migratoire sur les îles grecques ainsi qu’aux frontières turco-grecques et turco-bulgares ? La crise sanitaire du coronavirus fait-elle évoluer l’analyse de la Municipalité ?

  2. Plus globalement, quelle est la position de la Municipalité vis à vis du système Dublin (dont la Suisse fait partie), de Frontex, l’agence européenne de sécurité des frontières extérieures auquel la Suisse contribue financièrement et participe aux opérations, et du délit de solidarité qui criminalise les actes de solidarité envers les réfugiés ?

  3. La Municipalité de Lausanne a-t-elle fait part à la Confédération de sa disposition et volonté ferme à accueillir sur le territoire communal des réfugiés actuellement bloqués dans les îles grecques ? Si non, compte-t-elle le faire prochainement ?
  1. Afin de concrétiser cette demande et étant donné la lenteur des procédures et les méandres administratifs dans lesquels les dossiers de regroupement familial s’enlisent bien souvent, la Municipalité de Lausanne a-t-elle effectué des démarches visant à identifier les personnes habitant dans la région lausannoise qui auraient de la famille parmi les réfugiés bloqués dans les îles grecques ?
  1. Si c’est le cas, la ville accompagne-t-elle ces personnes dans les démarches de regroupement familial ? Si non, est-elle prête à initier cette démarche de recherche puis d’accompagnement ?

  2. Est-ce que les deux questions précédentes ont été récemment évoquées au sein de l’Union des villes suisses ou avec d’autres villes suisses dans d’autres cadres ?
    1. La Municipalité ne considère-t-elle pas qu’une démarche conjointe menée par plusieurs dizaines de villes suisses aurait un impact important à même de forcer la Confédération à accueillir plusieurs milliers de réfugiés et, à terme, d’infléchir la politique d’asile helvétique ?

  3. En plus des potentielles démarches urgentes visant à accueillir des réfugiés bloqués sur les îles grecques et aux frontières extérieures de l’Union Européenne, la Municipalité envisage-t-elle de contribuer à une aide directe sur place (sanitaire, financière, accès à l’eau, etc.) ?
    1. En ce sens, la Municipalité est-elle en contact avec des associations sur place ou à Lausanne oeuvrant dans ce domaine ?
    2. Suite à l’événement Lausanne Méditerranées consacré à la Grèce pour sa seconde édition (2018), la Municipalité a-t-elle développé des synergies ou des contacts en Grèce pouvant aider dans ce contexte humanitaire ?
    3. La Municipalité compte-t-elle prendre contact avec les organisations internationales présentes sur le territoire communal pour les inciter à évaluer leurs moyens d’action sur place, par exemple par le sport ou la mobilisation de moyens financiers, face à cette tragédie humanitaire ?

  4. Enfin, la Municipalité est-elle prête à dégager une enveloppe budgétaire pour répondre, à son échelle, à la catastrophe humanitaire en cours depuis plusieurs mois sur les îles de la Mer Egée ?

Ilias Panchard, Claude Nicole Grin, Xavier Company, Ngoc Huy Ho

Intervention communale, Lausanne, Sara Soto

Quelle aide aux victimes de violences domestique durant le confinement ?

Question écrite

En cette période de crise du Covid-19, la presse s’est particulièrement fait l’écho des victimes de violences domestiques, le confinement représentant un facteur d’aggravation de leur situation déjà difficile en temps normal. Leur augmentation guettant nombre de personnes – particulièrement femmes et enfants –, aucun risque ne saurait être pris qui leur porterait atteinte, raison pour laquelle il est expressément important de s’assurer que les mesures et moyens de prévention et de protection nécessaires sont mis en œuvre par la Municipalité.

Si on peut l’en féliciter pour l’inscription d’une rubrique violences domestiques au répertoire pratique pour les familles spécial COVID-19, ainsi que le relais de ces informations sur les réseaux sociaux, ceci pourrait ne pas être considéré comme suffisant au vu de la menace qui pèse sur nombre de nos concitoyen-ne-s ici et maintenant. On peut en effet partir du principe que le confinement représente une difficulté supplémentaire pour l’appel à l’aide ou la fuite. Si la question de l’émancipation restera toujours difficile et complexe, le confinement réduit considérablement la marge de manœuvre dont peuvent disposer les victimes de violences domestiques pour se faire entendre ainsi que les possibilités de repérage par leur entourage. Il est en outre fort à parier qu’une part significative de la population ne consulte pas le site Internet de la Ville, pas plus qu’elle ne suit sa page sur les réseaux sociaux.

Il est ainsi impératif et urgent de déployer toutes les mesures et moyens nécessaires afin de protéger ces victimes durant le confinement, notamment par une communication et une sensibilisation proactive de la population et des voisin-e-s que nous sommes tou-te-s (et par là pouvoir tenir le rôle de lanceurs/ses d’alerte), ainsi qu’une collaboration accrue avec les professionnel-le-s et expert-e-s, qu’il s’agisse du corps de police, des enseignant-e-s et éducateurs/trices ou d’associations et fondations actives dans le domaine.

Au vu de ce qui précède, les sous-signataires demandent à la Municipalité :

  • Si elle a mis en place des mesures et moyens supplémentaires d’aide aux victimes de violences domestiques durant le confinement, outre l’inscription de la rubrique violences domestiques qui figure au répertoire pratique pour les familles spécial COVID-19, ainsi que le relai de ces informations sur les réseaux sociaux ?
    Si oui, lesquels ?
  • Si elle dispose d’une force opérationnelle « violences domestiques durant le confinement », à l’instar de ce qui a été fait dans d’autres administrations publiques ?
    Si oui, comment et autour de quels buts s’organise-t-elle et qui en sont ses membres ?
  • Si elle collabore avec les associations et fondations actives dans le domaine, ceci afin de prévenir les violences et protéger les victimes ? Pour ce qui concerne les enfants, avec le corps enseignant, les éducateurs/trices (APEMS, maisons de quartier, etc.) et le Service de protection de la jeunesse ? Si oui, qui en font partie ?
  • Si elle a prévu d’engager des moyens supplémentaires dans sa communication, ceci afin de sensibiliser un public le plus large possible – par exemple dans les médias traditionnels, l’espace public ou encore les transports publics ? Si oui, quels supports sont d’ores et déjà envisagés/engagés ?

Sara Soto, Sima Dakkus, Daniel Dubas, Ngoc Huy Ho

Intervention communale, Lausanne, Xavier Company

Pour des essais de vente légale de cannabis

Intervention

Chères et chers collègues,

Avant de juger, peut-être d’un oeil populiste, notre postulat, je vous saurais gré de l’examiner avec un regard neuf, ouvert aux solutions “out of the box” et progressiste.

Le premier élément à prendre en compte est la solution “restrictive” actuelle qui abouti à des résultats catastrophiques. L’interdiction, théorique, de consommation de cannabis n’est pas sanctionnée et permet un deal de rue à la vue de toutes et tous, sans aucun accompagnement des consommatrices et consommateurs, ni contrôle de la qualité, et par qualité j’entends le taux de THC, ou le mélange avec des produits qui peuvent potentiellement être très dangereux.

Cette situation n’est pas satisfaisante et même dangereuse et contreproductive, nous le disons de nombreuses années, notamment à gauche de ce Conseil. Mais nous ne sommes plus seuls, le Conseil fédéral arrive maintenant au même constat, et on ne peut pas vraiment le qualifier d’être à gauche.

Ce postulat a donc simplement pour but de demander à la Ville de profiter de l’offre de la Confédération pour trouver une solution idéale pour notre ville en terme de consommation légale de cannabis, et donc pour réduire au plus vite le deal de rue. L’idéal pour nous, comme nous le mentionnons dans le postulat, est de passer par un système du type de club, qui permet d’éviter un système libéral total, mais aussi un système restrictif purement médical, pour une réelle politique progressiste en terme de drogue en Ville de Lausanne, qui a toujours été précurseur pour trouver de bonne solution.
Pour l’ensemble de ces raisons, et pour que la Ville soit prête à temps pour déposer un projet à la Confédération, nous vous demandons de renvoyer ce postulat directement à la Municipalité.

Xavier Company

Feuille verte

Le 8 mars, on redescend dans la rue parce qu’on ne lâche rien !

Cette année encore, nous devrons descendre dans la rue pour exprimer notre ras-le-bol face à une situation intolérable qui ne fait que durer.

Les femmes ont toujours fait les frais de la société patriarcale dans laquelle nous vivons. Tout pays industrialisé et développé qu’est la Suisse, nous sommes vraiment un triste exemple de cette discrimination continue dans laquelle les femmes se débattent depuis non pas de nombreuses années, mais depuis toujours.

Bien que les dispositifs légaux existent déjà en ce qui concernent les salaires, il est de notoriété publique que la réalité est loin de représenter cet idéal juridique. Notre société ne semble pas capable de faire abstraction du genre pour se concentrer sur la personne à proprement parler.

Dès lors, se pose la question de la volonté. Si le cadre existe, pourquoi n’est-il pas appliqué ? Pourquoi est-ce que les responsables des entreprises ne peuvent se détacher de cette idée qu’une collaboratrice «vaut moins» qu’un collaborateur ? Pourquoi est-ce que les employeurs ne corrigent pas cette situation pourtant aisée à repérer ?

La conclusion, tout cynique soit-elle, est pourtant simple : parce qu’on ne le veut pas.

Notre économie et notre société se reposent sur la gratuité du travail féminin. Tout notre modèle social est basé sur cette idée que le genre masculin produit et se voit valorisé pour cela, alors que le sujet féminin se contente de remplir son rôle.

2020… et nous ne sommes pas parvenus à effacer cette injustice. Bien au contraire, elle n’a fait que s’amplifier : on le sait désormais, une taxe rose est bien présente sur de nombreux biens de consommations de première nécessité. Il est un fait qu’une couleur ne coûte pas plus chère qu’une autre, pourtant il suffit que votre rasoir soit rose pour qu’il soit plus onéreux que celui qui est bleu…

La dimension financière est la plus concrète car chiffrée, donc facile à mettre en exergue et à prouver. Pour autant, est-ce que les grandes marques cessent ce genre d’agissement ? Absolument pas, bien au contraire, on voit de plus en plus de produits se «genrer» : un grand distributeur est même allé jusqu’à pousser le ridicule en proposant des soupes féminines et masculines… Une belle preuve que pour cette enseigne, l’appât du gain prime sur toute autre considération, quitte à s’embourber dans des clichés qui font passer ses dirigeants pour des spécimens moyenâgeux coupés de toute forme de réalité actuelle.

Mais sous le chiffre financier se cache quelque chose de nettement plus problématique et honteux : l’acceptation de cet état de fait.

D’une certaine manière, ceci nous touche toutes et tous car nous sommes des chaînons de cette société et à cet égard, nous devons, toutes et tous, exprimer notre refus de voir cette situation perdurer encore.

Ainsi, le 8 mars, nous devons, toutes et tous, nous mobiliser pour faire cesser cette injustice et mettre l’égalité au centre de notre fonctionnement social. Nous avons accepté pendant bien trop longtemps de laisser les femmes porter le poids des innombrables tâches et responsabilités qui leur incombent. Cessons une bonne fois pour toutes de voir un genre ou un sexe et concentrons-nous sur l’individu. Mais pour cela, les individus doivent se réunir pour exprimer ce message d’une claire et forte voix !

Le 8 mars, participez, vous aussi, au changement et rejoignez-nous !

Toutes les informations et les possibilités d’action pour cette journée se trouve sur la page Grève des femmes/grève féministe.

Keko Razzano

Ilias Panchard, Intervention communale

Contribuer à l’ouverture du Sleep-In le dimanche en journée ?

Question écrite

Lors de l’hiver 2018, l’accueil de nuit à Lausanne s’est renforcé avec l’ouverture du Répit, un lieu ouvert pour accueillir les personnes qui ne trouvent pas de place pour passer la nuit en hébergement d’urgence. Le Répit est soutenu par la ville et bénéficie d’un fort soutien au sein du Conseil communal. Sans compter que de nombreux-ses conseillères et conseillers communaux soutiennent un renforcement de l’offre et des horaires de l’accueil de nuit.1

Après y avoir passé la nuit, les usagères et usagers doivent quitter les structures d’accueil de nuit. L’enjeu pour les plus précaires est donc de trouver un lieu où il est possible de s’abriter gratuitement en journée. À Lausanne, depuis 2012, une structure est ouverte en journée du mardi au samedi. Cependant, aucune structure n’est ouverte le dimanche.

Pour pallier à cette absence, le Sleep-In a mené un projet pilote entre avril et juin 2019 en ouvrant ses locaux le dimanche. En outre, l’association y proposait plusieurs services (repas, soins, coiffure, aide administrative). L’offre a rencontré un francs succès, plus de 600 personnes en ont profité, mais elle n’a hélas pu être pérennisée faute de moyens.

L’association vient de lancer un appel aux dons en ligne et en appelle à la générosité des citoyennes et citoyens afin de pouvoir étendre son action de solidarité au dimanche. Le financement recherché est de 46’380 francs par an.

Vu les éléments qui précèdent, les co-signataires adressent la question suivante à la Municipalité :

  • La Municipalité est-elle prête à contribuer financièrement à l’élargissement des horaires d’ouverture du Sleep-In, ou, tout du moins, à s’engager à contribuer à ce projet à hauteur d’un montant équivalent à la différence entre le budget nécessaire (46’380.-) et l’argent collecté par l’association Sleep-In grâce à la générosité des citoyen-ne-s ?

Ilias Panchard

1 « Logement d’urgence et plan grand froid: Quelles mesures prévues pour l’hiver prochain ? »
Interpellation urgente, Claude Calame et Ilias Panchard, 27 octobre 2018

Intervention communale, Lausanne, Xavier Company

Pour des essais lausannois de vente légale de cannabis qui préservent la santé et la sécurité

Postulat

Peut-on affirmer que la consommation de cannabis, ou son marché, sont efficacement réglementés actuellement en Suisse ? Peut-on être satisfaits de la situation actuelle dans ce domaine, qui n’évolue qu’au rythme de la tortue depuis des décennies ? Quelle que soit notre opinion sur les solutions à apporter, nos réponses aux questions précédentes sont nécessairement « non ». Les consommatrices et les consommateurs sont dans une grande proportion jeunes, très nombreux, malgré l’interdiction légale, et cela ne va pas en diminuant. Une étude récente estime la consommations de produits issus du cannabis dans le canton à 55’000 joints par jour !1 Or, dans la situation actuelle, on ne peut ni contrôler le prix, ni la qualité (soit notamment le mélange avec d’autres produits, la présence de pesticides ou le taux de THC). Une réglementation améliorerait grandement l’accompagnement et la protection des consommatrices et des consommateurs, tout en faisant drastiquement baisser le trafic illégal, au profit d’une production réglementée, locale et biologique dont la qualité serait assurée par un cadre clair et des contrôles réguliers.

Suite au dépôt de différentes motions au Conseil national visant à créer les bases légales permettant de mener des essais pilotes pour expérimenter de nouvelles réponses sociales à la consommation de cannabis, le Conseil fédéral a élaboré un projet de modification de la Loi fédérale sur les stupéfiants (Lstup), ainsi qu’une ordonnance y relative. A la session d’hiver 2019, le Conseil national nouvellement élu est entré en matière sur ce projet de loi, qui a donc été renvoyé à sa commission de la santé et de la sécurité sociale. Cette dernière vient de terminer son travail et a validé ce projet, quelque peu amendé 2.

La commission conclut donc qu’il y a lieu d’autoriser la remise contrôlée de cannabis à des fins récréatives dans le cadre d’études. En outre, grâce à des amendements déposés par le groupe des Verts, les produits cannabiques qui pourront être distribués dans le cadre de ces essais pilotes devront provenir exclusivement d’une agriculture biologique suisse.

La Ville de Lausanne a systématiquement œuvré en faveur de tels projets pilotes, afin de pouvoir trouver une réponse adéquate à la consommation de produits issus du cannabis et à la prévention qui doit l’accompagner. Tout d’abord dans sa réponse au postulat de Hadrien Buclin et consorts
« Projets pilotes concernant la consommation de cannabis envisagés par les grandes villes suisses : Lausanne ne doit pas rester à la traîne ! » (Rapport-préavis N° 2015/66), la Municipalité proposait au Conseil communal d’autoriser la Ville de Lausanne à rejoindre le groupe de travail mis sur pied par les villes de Bâle, Genève et Zurich en vue de participer à l’étude des modèles légaux de la consommation de cannabis. Plus récemment, en octobre 2018, en réponse à la question n° 26 de Céline Misiego « va-t-on enfin pouvoir tester la régularisation de la vente de cannabis ? », la Municipalité s’est dite favorable au projet de modification de la LStup citée ci-dessus, en précisant que la Ville de Lausanne était prête à réunir les partenaires nécessaires afin de mettre sur pied un tel projet pilote.

Maintenant que cette modification légale semble être sur le point d’être acceptée par le Parlement fédéral, il est temps de développer un projet lausannois afin d’être prêt à le proposer le moment venu à la Confédération. La LStup telle que modifiée par la commission prévoit que ces essais pilotes devront être limités dans l’espace, dans le temps et dans leur objet, ce qui paraît parfaitement convenir à la Ville de Lausanne. Le projet du Conseil fédéral vise par ailleurs à tester différents modèles de distribution, afin d’envisager le meilleur système, le cas échéant, de remise légale et réglementée de cannabis pour une consommation récréative.

Dès lors, le projet lausannois devrait tester le modèle qui permettrait le mieux de répondre aux deux problèmes majeurs que posent le système actuel : un danger sanitaire pour les consommatrices et les consommateurs et un sentiment d’insécurité pour la population, qui en a marre du deal de rue. L’élaboration du test doit donc, dans le cadre de la loi, coller au plus près de la réalité de la consommation de cannabis afin de connaître, grâce aux résultats du test, sur quel paramètre agir : le prix, les horaires de vente, les lieux, la quantité, la formation du personnel impliqué, etc.

Dans ce sens, il conviendra notamment d’être particulièrement attentifs au système de ventes et de suivi à mettre en place, pour éviter le système ultra-libéral de l’alcool et du tabac, système ultra-libéral aux effets sanitaires que nous connaissons, ou un système entièrement orienté sur les propriétés médicales des produits cannabiques. Les objectifs de ces projets pilotes étant de pouvoir tester sa réglementation sur des personnes d’ores et déjà consommatrices, il convient de privilégier un système de vente contrôlé permettant un accompagnement des acheteuses et des acheteurs, par exemple avec un système de « club », qui permettrait aussi un contrôle de la qualité et des prix afin d’éviter des prix permettant aux producteurs de de s’enrichir abusivement grâce à ces essais pilotes ou, plus tard, grâce à la vente de produits issus du cannabis. L’encadrement de la distribution ou de la vente doit également se faire par le biais de personnes formées et aptes à gérer les problématiques relatives à cette distribution (connaissances techniques, prévention, suivi, connaissance du milieu médico-social, etc.).

Le présent postulat demande dès lors à la Municipalité d’examiner l’opportunité de mettre en place, dès que la possibilité sera accordée par la Confédération, un projet pilote en terres lausannoises de vente légale de produits issus du cannabis, ainsi que les différentes formes qu’il devrait prendre, en particulier en pensant le système d’abord comme un moyen de protéger la sécurité et la santé des consommatrices et des consommateurs plutôt que comme un marché, par exemple au moyen d’un système de vente permettant un contrôle des prix et de la qualité des produits légalement distribués.

Xavier Company

1 https://www.24heures.ch/vaud-regions/vaudois-consomment-55-000-joints-jour/story/23151351

2https://www.parlament.ch/press-releases/Pages/mm-sgk-n-2020-01-31.aspx