Intervention communale, Lausanne, Xavier Company

Pour des essais de vente légale de cannabis

Intervention

Chères et chers collègues,

Avant de juger, peut-être d’un oeil populiste, notre postulat, je vous saurais gré de l’examiner avec un regard neuf, ouvert aux solutions “out of the box” et progressiste.

Le premier élément à prendre en compte est la solution “restrictive” actuelle qui abouti à des résultats catastrophiques. L’interdiction, théorique, de consommation de cannabis n’est pas sanctionnée et permet un deal de rue à la vue de toutes et tous, sans aucun accompagnement des consommatrices et consommateurs, ni contrôle de la qualité, et par qualité j’entends le taux de THC, ou le mélange avec des produits qui peuvent potentiellement être très dangereux.

Cette situation n’est pas satisfaisante et même dangereuse et contreproductive, nous le disons de nombreuses années, notamment à gauche de ce Conseil. Mais nous ne sommes plus seuls, le Conseil fédéral arrive maintenant au même constat, et on ne peut pas vraiment le qualifier d’être à gauche.

Ce postulat a donc simplement pour but de demander à la Ville de profiter de l’offre de la Confédération pour trouver une solution idéale pour notre ville en terme de consommation légale de cannabis, et donc pour réduire au plus vite le deal de rue. L’idéal pour nous, comme nous le mentionnons dans le postulat, est de passer par un système du type de club, qui permet d’éviter un système libéral total, mais aussi un système restrictif purement médical, pour une réelle politique progressiste en terme de drogue en Ville de Lausanne, qui a toujours été précurseur pour trouver de bonne solution.
Pour l’ensemble de ces raisons, et pour que la Ville soit prête à temps pour déposer un projet à la Confédération, nous vous demandons de renvoyer ce postulat directement à la Municipalité.

Xavier Company

Feuille verte

Le 8 mars, on redescend dans la rue parce qu’on ne lâche rien !

Cette année encore, nous devrons descendre dans la rue pour exprimer notre ras-le-bol face à une situation intolérable qui ne fait que durer.

Les femmes ont toujours fait les frais de la société patriarcale dans laquelle nous vivons. Tout pays industrialisé et développé qu’est la Suisse, nous sommes vraiment un triste exemple de cette discrimination continue dans laquelle les femmes se débattent depuis non pas de nombreuses années, mais depuis toujours.

Bien que les dispositifs légaux existent déjà en ce qui concernent les salaires, il est de notoriété publique que la réalité est loin de représenter cet idéal juridique. Notre société ne semble pas capable de faire abstraction du genre pour se concentrer sur la personne à proprement parler.

Dès lors, se pose la question de la volonté. Si le cadre existe, pourquoi n’est-il pas appliqué ? Pourquoi est-ce que les responsables des entreprises ne peuvent se détacher de cette idée qu’une collaboratrice «vaut moins» qu’un collaborateur ? Pourquoi est-ce que les employeurs ne corrigent pas cette situation pourtant aisée à repérer ?

La conclusion, tout cynique soit-elle, est pourtant simple : parce qu’on ne le veut pas.

Notre économie et notre société se reposent sur la gratuité du travail féminin. Tout notre modèle social est basé sur cette idée que le genre masculin produit et se voit valorisé pour cela, alors que le sujet féminin se contente de remplir son rôle.

2020… et nous ne sommes pas parvenus à effacer cette injustice. Bien au contraire, elle n’a fait que s’amplifier : on le sait désormais, une taxe rose est bien présente sur de nombreux biens de consommations de première nécessité. Il est un fait qu’une couleur ne coûte pas plus chère qu’une autre, pourtant il suffit que votre rasoir soit rose pour qu’il soit plus onéreux que celui qui est bleu…

La dimension financière est la plus concrète car chiffrée, donc facile à mettre en exergue et à prouver. Pour autant, est-ce que les grandes marques cessent ce genre d’agissement ? Absolument pas, bien au contraire, on voit de plus en plus de produits se «genrer» : un grand distributeur est même allé jusqu’à pousser le ridicule en proposant des soupes féminines et masculines… Une belle preuve que pour cette enseigne, l’appât du gain prime sur toute autre considération, quitte à s’embourber dans des clichés qui font passer ses dirigeants pour des spécimens moyenâgeux coupés de toute forme de réalité actuelle.

Mais sous le chiffre financier se cache quelque chose de nettement plus problématique et honteux : l’acceptation de cet état de fait.

D’une certaine manière, ceci nous touche toutes et tous car nous sommes des chaînons de cette société et à cet égard, nous devons, toutes et tous, exprimer notre refus de voir cette situation perdurer encore.

Ainsi, le 8 mars, nous devons, toutes et tous, nous mobiliser pour faire cesser cette injustice et mettre l’égalité au centre de notre fonctionnement social. Nous avons accepté pendant bien trop longtemps de laisser les femmes porter le poids des innombrables tâches et responsabilités qui leur incombent. Cessons une bonne fois pour toutes de voir un genre ou un sexe et concentrons-nous sur l’individu. Mais pour cela, les individus doivent se réunir pour exprimer ce message d’une claire et forte voix !

Le 8 mars, participez, vous aussi, au changement et rejoignez-nous !

Toutes les informations et les possibilités d’action pour cette journée se trouve sur la page Grève des femmes/grève féministe.

Keko Razzano

Ilias Panchard, Intervention communale

Contribuer à l’ouverture du Sleep-In le dimanche en journée ?

Question écrite

Lors de l’hiver 2018, l’accueil de nuit à Lausanne s’est renforcé avec l’ouverture du Répit, un lieu ouvert pour accueillir les personnes qui ne trouvent pas de place pour passer la nuit en hébergement d’urgence. Le Répit est soutenu par la ville et bénéficie d’un fort soutien au sein du Conseil communal. Sans compter que de nombreux-ses conseillères et conseillers communaux soutiennent un renforcement de l’offre et des horaires de l’accueil de nuit.1

Après y avoir passé la nuit, les usagères et usagers doivent quitter les structures d’accueil de nuit. L’enjeu pour les plus précaires est donc de trouver un lieu où il est possible de s’abriter gratuitement en journée. À Lausanne, depuis 2012, une structure est ouverte en journée du mardi au samedi. Cependant, aucune structure n’est ouverte le dimanche.

Pour pallier à cette absence, le Sleep-In a mené un projet pilote entre avril et juin 2019 en ouvrant ses locaux le dimanche. En outre, l’association y proposait plusieurs services (repas, soins, coiffure, aide administrative). L’offre a rencontré un francs succès, plus de 600 personnes en ont profité, mais elle n’a hélas pu être pérennisée faute de moyens.

L’association vient de lancer un appel aux dons en ligne et en appelle à la générosité des citoyennes et citoyens afin de pouvoir étendre son action de solidarité au dimanche. Le financement recherché est de 46’380 francs par an.

Vu les éléments qui précèdent, les co-signataires adressent la question suivante à la Municipalité :

  • La Municipalité est-elle prête à contribuer financièrement à l’élargissement des horaires d’ouverture du Sleep-In, ou, tout du moins, à s’engager à contribuer à ce projet à hauteur d’un montant équivalent à la différence entre le budget nécessaire (46’380.-) et l’argent collecté par l’association Sleep-In grâce à la générosité des citoyen-ne-s ?

Ilias Panchard

1 « Logement d’urgence et plan grand froid: Quelles mesures prévues pour l’hiver prochain ? »
Interpellation urgente, Claude Calame et Ilias Panchard, 27 octobre 2018

Intervention communale, Lausanne, Xavier Company

Pour des essais lausannois de vente légale de cannabis qui préservent la santé et la sécurité

Postulat

Peut-on affirmer que la consommation de cannabis, ou son marché, sont efficacement réglementés actuellement en Suisse ? Peut-on être satisfaits de la situation actuelle dans ce domaine, qui n’évolue qu’au rythme de la tortue depuis des décennies ? Quelle que soit notre opinion sur les solutions à apporter, nos réponses aux questions précédentes sont nécessairement « non ». Les consommatrices et les consommateurs sont dans une grande proportion jeunes, très nombreux, malgré l’interdiction légale, et cela ne va pas en diminuant. Une étude récente estime la consommations de produits issus du cannabis dans le canton à 55’000 joints par jour !1 Or, dans la situation actuelle, on ne peut ni contrôler le prix, ni la qualité (soit notamment le mélange avec d’autres produits, la présence de pesticides ou le taux de THC). Une réglementation améliorerait grandement l’accompagnement et la protection des consommatrices et des consommateurs, tout en faisant drastiquement baisser le trafic illégal, au profit d’une production réglementée, locale et biologique dont la qualité serait assurée par un cadre clair et des contrôles réguliers.

Suite au dépôt de différentes motions au Conseil national visant à créer les bases légales permettant de mener des essais pilotes pour expérimenter de nouvelles réponses sociales à la consommation de cannabis, le Conseil fédéral a élaboré un projet de modification de la Loi fédérale sur les stupéfiants (Lstup), ainsi qu’une ordonnance y relative. A la session d’hiver 2019, le Conseil national nouvellement élu est entré en matière sur ce projet de loi, qui a donc été renvoyé à sa commission de la santé et de la sécurité sociale. Cette dernière vient de terminer son travail et a validé ce projet, quelque peu amendé 2.

La commission conclut donc qu’il y a lieu d’autoriser la remise contrôlée de cannabis à des fins récréatives dans le cadre d’études. En outre, grâce à des amendements déposés par le groupe des Verts, les produits cannabiques qui pourront être distribués dans le cadre de ces essais pilotes devront provenir exclusivement d’une agriculture biologique suisse.

La Ville de Lausanne a systématiquement œuvré en faveur de tels projets pilotes, afin de pouvoir trouver une réponse adéquate à la consommation de produits issus du cannabis et à la prévention qui doit l’accompagner. Tout d’abord dans sa réponse au postulat de Hadrien Buclin et consorts
« Projets pilotes concernant la consommation de cannabis envisagés par les grandes villes suisses : Lausanne ne doit pas rester à la traîne ! » (Rapport-préavis N° 2015/66), la Municipalité proposait au Conseil communal d’autoriser la Ville de Lausanne à rejoindre le groupe de travail mis sur pied par les villes de Bâle, Genève et Zurich en vue de participer à l’étude des modèles légaux de la consommation de cannabis. Plus récemment, en octobre 2018, en réponse à la question n° 26 de Céline Misiego « va-t-on enfin pouvoir tester la régularisation de la vente de cannabis ? », la Municipalité s’est dite favorable au projet de modification de la LStup citée ci-dessus, en précisant que la Ville de Lausanne était prête à réunir les partenaires nécessaires afin de mettre sur pied un tel projet pilote.

Maintenant que cette modification légale semble être sur le point d’être acceptée par le Parlement fédéral, il est temps de développer un projet lausannois afin d’être prêt à le proposer le moment venu à la Confédération. La LStup telle que modifiée par la commission prévoit que ces essais pilotes devront être limités dans l’espace, dans le temps et dans leur objet, ce qui paraît parfaitement convenir à la Ville de Lausanne. Le projet du Conseil fédéral vise par ailleurs à tester différents modèles de distribution, afin d’envisager le meilleur système, le cas échéant, de remise légale et réglementée de cannabis pour une consommation récréative.

Dès lors, le projet lausannois devrait tester le modèle qui permettrait le mieux de répondre aux deux problèmes majeurs que posent le système actuel : un danger sanitaire pour les consommatrices et les consommateurs et un sentiment d’insécurité pour la population, qui en a marre du deal de rue. L’élaboration du test doit donc, dans le cadre de la loi, coller au plus près de la réalité de la consommation de cannabis afin de connaître, grâce aux résultats du test, sur quel paramètre agir : le prix, les horaires de vente, les lieux, la quantité, la formation du personnel impliqué, etc.

Dans ce sens, il conviendra notamment d’être particulièrement attentifs au système de ventes et de suivi à mettre en place, pour éviter le système ultra-libéral de l’alcool et du tabac, système ultra-libéral aux effets sanitaires que nous connaissons, ou un système entièrement orienté sur les propriétés médicales des produits cannabiques. Les objectifs de ces projets pilotes étant de pouvoir tester sa réglementation sur des personnes d’ores et déjà consommatrices, il convient de privilégier un système de vente contrôlé permettant un accompagnement des acheteuses et des acheteurs, par exemple avec un système de « club », qui permettrait aussi un contrôle de la qualité et des prix afin d’éviter des prix permettant aux producteurs de de s’enrichir abusivement grâce à ces essais pilotes ou, plus tard, grâce à la vente de produits issus du cannabis. L’encadrement de la distribution ou de la vente doit également se faire par le biais de personnes formées et aptes à gérer les problématiques relatives à cette distribution (connaissances techniques, prévention, suivi, connaissance du milieu médico-social, etc.).

Le présent postulat demande dès lors à la Municipalité d’examiner l’opportunité de mettre en place, dès que la possibilité sera accordée par la Confédération, un projet pilote en terres lausannoises de vente légale de produits issus du cannabis, ainsi que les différentes formes qu’il devrait prendre, en particulier en pensant le système d’abord comme un moyen de protéger la sécurité et la santé des consommatrices et des consommateurs plutôt que comme un marché, par exemple au moyen d’un système de vente permettant un contrôle des prix et de la qualité des produits légalement distribués.

Xavier Company

1 https://www.24heures.ch/vaud-regions/vaudois-consomment-55-000-joints-jour/story/23151351

2https://www.parlament.ch/press-releases/Pages/mm-sgk-n-2020-01-31.aspx

Intervention communale, Marie-Thérèse Sangra

Municipalisation de la FASL

Intervention

Les négociations de fin d’année au sujet de la réorganisation de la Fondation pour l’animation socio-culturelle lausannoise (FASL) ont débouché sur une annonce unilatérale de sa municipalisation qui a conduit à une situation de crispation de part et d’autre en donnant aux travailleurs et travailleuses un sentiment d’impasse et d’incompréhension.

A titre personnel, je pense qu’il faut déplorer cette impression de rupture unilatérale des négociations, alors qu’il y avait eu auparavant un engagement important dans la recherche de solutions de la part de la FASl et de toutes les personnes qui oeuvrent avec elle, en particulier les nombreux bénévoles des associations de quartier.

Je n’ai pas une vision d’ensemble sur ce qui se passe au niveau de l’animation socio-culturelle à Lausanne, c’est pourquoi je me référerai à mon expérience en tant que membre du comité de l’association du quartier du Vallon et à la collaboration que nous entretenons avec le Centre d’animation de la Cité dont j’apprécie l’immense contribution à la dynamique de notre quartier. Leurs prestations concernent :

-L’accueil des enfants du quartier

-La médiation parfois délicate entre les habitant·e·s et les utilisateur·trice·s des institutions sociales du quartier ou le nouvel espace de consommation sécurisé

-un rôle d’intermédiaire auprès des habitant·e·s dans les activités de réappropriation des espaces de vie dans le quartier, p.ex. leur implication (toujours aux côtés des habitant·e·s) dans la nouvelle place de jeux, dans la zone de rencontre de la Place du Nord, la requalification de la place du Vallon, etc…

-la gestion des garages dans les AMV comme espace de rencontre pour les enfants, ados et famille ou leur soutien dans des démarches pour mutualiser l’utilisation de locaux temporairement vides pour des activités de réparation de vélos, de travail du bois, etc.

-leur implication dans de grands événements comme O Vallon 1 2 3, la venue dans le quartier de Gilles Clément, le jardinier paysagiste invité lors de Lausanne Jardin 2019

– ou encore la recherche de solutions créatives et adaptées aux situations d’urgences sur le terrain pour les personnes marginalisées ou en perte d’intégration (des solutions sur-mesure, rapides et peu coûteuses)

etc..

Bien sûr tout cela n’est pas l’unique fait des animateur·ṭrice·s du Vallon, mais résulte aussi du travail de l’association de quartier du Vallon, et des autres acteurs du quartier, mais sans le soutien des animateur·ṭrice·s, leur disponibilité, leur marge de manœuvre et une certaine liberté d’action pour soutenir et soulager le travail de l’association de quartier, il ne serait pas possible d’afficher autant de succès, ni de poursuivre, sur le long terme, une démarche citoyenne de «démocratie de quartier» si innovante.

Tout cela n’est a priori pas absolument incompatible avec une municipalisation, toutefois à la condition que des garde-fous très stricts soient définis, garantissant les missions de l’animation socio-culturelle. Or, rien de cela n’apparaît dans les annonces de municipalisation de la Ville, alors que c’est bien là dessus que devraient porter les discussions.

Dans le dernier communiqué de l’année passée à ce sujet, la Ville semblait annoncer vouloir reprendre les négociations. On a aussi pu lire dans les réponses aux interpellations (bien que cela ne soit pas d’une clarté absolue) que la Ville restait ouverte au dialogue. Il s’avère toutefois que les discussions ont repris dès le début de l’année au pas de charge sans que les partenaires de l’animation socio-culturelle n’aient toujours le temps de s’organiser dans de bonnes conditions et de manière représentative. La crainte que la municipalisation ne soit définitivement en marche et qu’il n’y ait plus de marge de manœuvre agite les esprits. Dès lors je pose la question, la municipalisation de la FASL est-elle aujourd’hui entérinée et en phase de concrétisation ? Il me semble important que la Ville joue franc jeu avec les animateur·ṭrice·s socioculturel·le·s. Je souhaite pour ma part que l’on revienne à la table des discussions avec l’ensemble des acteurs, que l’on travaille en toute transparence en analysant les conséquences concrètes d’une municipalisation sur les missions de l’animation socioculturelle.

Ilias Panchard, Intervention communale

Animation socioculturelle (FASL) : nous ne voulons pas d’une fin en queue de poisson !

Intervention

Pour commencer, comme il est d’usage, je remercie la Municipalité pour ses réponses écrites à notre interpellation urgente.

Elles permettent d’apporter quelques éclaircissements dans une situation somme toute compliquée et parfois quelque peu dure à suivre. Nous saluons en particulier la volonté de la Municipalité, comme nous le demandons, de reprendre au plus vite les discussions avec les différents acteurs. Cela en vue d’un compromis acceptable par le plus grand nombre d’actrices et d’acteurs de ce dossier essentiel pour la Ville de Lausanne.

En préambule, je souhaite saluer la clarté de la Municipalité quant au rejet de toute forme de gestion de type new public management ou technocratique de la gouvernance des institutions subventionnées.

Un résumé des différentes étapes qui ont mené à la situation actuelle figure dans le texte de notre interpellation, ainsi que dans les réponses de la Municipalité à nos questions. Je ne reviendrai donc pas en détail sur ce long processus ici à la tribune. Cependant, j’aimerais insister sur c éléments précis qui nous semblent particulièrement importants, et qui sont essentiels pour l’animation socioculturelle :

  1. Le premier élément concerne les spécificités de l’action de l’animation socioculturelle. Elle se déploie en effet dans des quartiers très différents dans leur composition économique et sociale, leur situation géographique, concerné, ou non, par la présence d’institutions engagés au service d’une population parfois précaire et marginalisée. Bénéficier d’une marge de manoeuvre pour pouvoir s’adapter aux spécificités du terrain afin de répondre aux besoins de la population du quartier, s’avère donc essentiel pour les professionnel-le-s de l’animation socioculturelle.
    Ces derniers mois, de nombreux professionnel-le-s ont fait part de leur crainte de voir une adaptation standardisée sans nuances et trop détaillée de leur cahier des charges. Au delà même de savoir si la crainte est fondée ou non, le simple fait qu’elles et ils puissent ressentir cette volonté de la part de la Municipalité est déjà, en soi, problématique et devrait vivement nous alerter. Cette crainte vient entre autre d’une proposition de convention de subventionnement qui contenait des éléments uniformisés en terme d’heures, de public cible ou de prise en compte des spécificités des quartiers…
    Ce sont entre autres ces craintes qui ont fait réagir le groupe des Vert-e-s et qui nous détermine à agir depuis des semaines en faveur d’une solution négociée et viable.

  2. Le second élément concerne le rôle important joué par les bénévoles. Il est hélas assez peu abordé ce soir et dans le débat en général. Alors que sans leur engagement, de nombreuses activités et services rendus par l’animation socioculturelle ne pourraient simplement pas avoir lieu. Ces bénévoles ne peuvent être oubliés dans ce débat au moment où le bénévolat en général vit des heures difficiles. Une articulation de qualité entre les professionnel-le-s et les bénévoles dans les quartiers est nécessaire pour que l’animation socioculturelle fonctionne le mieux possible.
    Ce que font d’ailleurs la plupart des animatrices et animateurs en travaillant main dans la main avec les associations dans les quartiers. Nous comptons aussi sur la Municipalité pour renforcer la place donnée aux associations, de quoi reconnaître davantage encore le rôle joué par les bénévoles qui composent ces dernières.


Chères et chers collègues, disons le franchement, la situation actuelle ne convient à personne. Statu-quo ou potentielle municipalisation, le groupe des Vert-e-s est convaincu depuis le début qu’une autre solution est à même d’être trouvée, d’autant plus que des rencontres sont prévues ces prochaines semaines. Rencontres d’ailleurs confirmées ces dernières semaines par le municipal Payot.

L’animation socioculturelle fait assurément partie des thèmes les plus discutées au Conseil communal depuis le début de la législature. Mais nous ne sommes pas les seuls actrices et acteurs du dossier à avoir passé beaucoup de temps à plancher sur le sujet. Le Conseil de fondation de la FASL, les animatrices et animateurs, les bénévoles dans les quartiers, ces questions d’organisation, de gouvernance ont pris beaucoup de temps et obligé de très nombreuses personnes à dépenser passablement d’énergie, cela pendant des mois. D’où aussi une situation professionnelle difficile dans certaines maisons de quartiers. Nous devons en tenir compte, de la bonne manière.

C’est par conséquent pour cela qu’il est d’autant plus important d’aboutir à une solution globale, satisfaisante, concertée et de ne pas accepter une solution par défaut, en bout de course, qui soulèverait une nouvelle levée de boucliers importante ou, en tout cas, de très nombreuses interrogations critiques. Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain.

Il n’est pas possible pour nous, Conseil communal, de prendre une décision “par défaut”, sans se baser sur un projet clair, dans un climat aussi tendu. Cela ne servirait qu’à empirer la situation. C’est aussi ce qui ressort de nos échanges avec de nombreux représentant-e-s de l’animation socioculturelle. Nous tenons d’ailleurs à saluer les propos du municipal Payot et du syndic qui vont dans le sens d’une recherche apaisée d’un compromis solide et viable.

Il est nécessaire de prendre du temps pour avancer, d’établir un calendrier clair, avec une échéance précise pour réunir les actrices et acteurs du dossier et trouver un compromis acceptable. Y compris parmi les solutions évoquées précédemment, par exemple les contrats tripartites. Ce qu’a d’ailleurs évoqué le municipal Payot.

Nous sommes convaincus qu’une majorité d’actrices et d’acteurs – associatifs, professionnels et, je l’espère, politiques, sont en faveur d’une solution transitoire, veulent discuter à nouveau, négocier, s’engager en faveur d’un compromis solide et ne peuvent accepter, à cause de questions de délais, une fin en queue de poisson.

Enfin, en conclusion, je dirais que, tout comme le municipal David Payot, nous sommes optimistes. Nous croyons fermement en la possibilité de sortir de cette crise sans décision unilatérale. Ce n’est pas exactement dans l’ADN verte que de vanter ses mérites, je le dis donc avec une certaine modestie ou même une modestie certaine : l’évolution du dossier depuis le communiqué de presse du 29 novembre dernier donne clairement raison à notre approche politique. Concertée, responsable et constructive.

Une solution concertée, raisonnable et adaptée aux enjeux est possible. Mais, pour cela, il faut de la bonne volonté de la part de l’ensemble des actrices et acteurs du dossier.
Chose somme toute faisable, c’est ce qui ressort de nos échanges avec passablement d’animatrices et d’animateurs, de bénévoles et de citoyen-ne-s proches des activités proposés par l’animation socioculturelle. Reste à exprimer, ou continuer d’exprimer, cette bonne volonté aussi au niveau politique. Nous avons fait notre part en tant que groupe politique. C’est aussi chose faite récemment du côté de la Municipalité, récemment dans la presse où le municipal Payot annonce des discussions à venir et le syndic laisse la porte ouverte à d’autres solution. Reste maintenant à exprimer, au Conseil communal aussi, cette bonne volonté en envoyant un signal politique clair en faveur d’un compromis et d’une solution satisfaisante. Il en va de notre responsabilité politique.

Ilias Panchard

Ilias Panchard, Intervention communale

STEP : des conditions de travail préoccupantes

Intervention

Le chantier de la STEP a débuté en 2015 et se poursuivra jusqu’en 2023. À terme, une nouvelle station d’épuration remplacera ainsi l’actuelle STEP. Notre collègue Calame l’a rappelé, depuis le début du chantier, soit 4 ans, le personnel de la station d’épuration interpelle la hiérarchie de l’usine et la municipalité à propos des conditions de travail sur le chantier de Vidy.

Hélas, les différentes démarches ne semblent pas avoir abouti à quoique ce soit. Les deux revendications principales : une compensation financière vis à vis d’une dureté du travail accrue et la possibilité de compenser en ayant du temps de repos supplémentaire accordé.

Quand des employé-e-s affirment que des températures de 34 degrés ont été mesurés à 1h du matin sur une partie du site, que des produits très nocifs sont utilisés et que les arrêts maladie augmentent, il est de notre responsabilité d’agir. Qui plus est quand le municipal en charge ne semble pas prendre des mesures pour améliorer la situation.

La pénibilité au travail est une question centrale dans les rapports de travail. Présente dans de nombreuses CCT, au coeur des débats suisses et européens – français en particulier – la notion de pénibilité doit être développée et non rabotée pour des raisons apparemment financières, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un employeur public.

Nous sommes nombreux dans cet hémicycle, dans les différents groupes politiques, à fortement nous intéresser à tout ce qui touche à l’eau dans cette ville, son captage, son transport, son utilisation et bien sûr à sa qualité. Je peux dire sans trop présumer que c’est aussi largement le cas du Municipal Hildbrand. C’est à saluer et nous permet d’avancer rapidement sur cette question et de figurer parmi les villes pionnières, ou en tout cas parmi les plus avancées du pays, en ce qui concerne la gestion durable de l’eau.

Cependant, là où les lignes se fracturent hélas, là où l’opposition gauche-droite refait surface, c’est bien souvent lorsque l’on parle des conditions de travail, de la sécurité sur le lieu de travail ou des salaires. L’entretien de ces installations ne se fait pas tout seul. L’approche “technologique”, très en vogue concernant le traitement de l’eau et ses moultes nouvelles techniques présentées comme révolutionnaires, a ses limites et derrière de nombreuses et nombreux employé-e-s sont engagés au quotidien pour assurer ces services. Et, dans le cas qui nous concerne, pour permettre le bon fonctionnement de la STEP et la construction dans les temps de la nouvelle station d’épuration.

Il nous faut reconnaître le travail des employé-e-s de la STEP, son évolution récente et celui prévu ces prochaines années jusqu’à la fin des travaux dans 3 ans au plus tôt.

Selon Monsieur le municipal, la portée des inconvénients n’aurait pas pu être réellement établie lors des différentes rencontres. Le Municipal considère-t-il ainsi que les éléments amenés par le personnes et le syndicat sont donc fausses ou mensongères ?

Nous espérons vivement, comme lui, que les prochaines rencontres, si elles ont lieu, permettront ainsi aux salariés et au syndicat de détailler leurs conditions de travail et leurs revendications, et donc à la Municipalité d’en prendre connaissance.

Ilias Panchard

Ilias Panchard, Intervention communale, Lausanne

Municipalisation de la FASL : il est urgent d’attendre !

Interpellation urgente

Dans un communiqué du 29 novembre dernier, la Municipalité annonçait son intention de procéder à la municipalisation de la Fondation pour l’animation socioculturelle lausannoise (FASL). Cette annonce fait suite à celle du Conseil de fondation qui, après une démarche de plus d’une année effectuée avec l’ensemble des professionnel-le-s et les bénévoles de l’ensemble des lieux d’animation, a en effet décidé de refuser les deux propositions de refonte de la gouvernance proposées par la Ville. De plus, une proposition de nouveaux statuts, tenant compte des recommandations de l’évaluation de l’IDHEAP, a été présentée à la Ville sans en obtenir l’adhésion.

La présence de la Municipalité au sein du Conseil de fondation de la FASL, la volonté de négocier de nouveaux contrats tripartites (Ville, FASL, associations) et la nouvelle convention de subventionnement entre la Commune et la FASL semblent être les trois points principaux qui ont mené à la situation de blocage actuelle.

Le groupe des Vert-e-s comprend tout à fait la volonté souhaitée de longue date par la Ville de la nécessité d’une bonne gouvernance de la FASL et la soutient pleinement dans l’idée de sa démarche. De même, bénéficier d’une bonne vue d’ensemble et d’un certain droit de regard sur les activités financées par le budget communal sont des souhaits que nous considérons comme légitimes.

L’animation socioculturelle est cependant une tâche particulière au sein des activités d’une collectivité publique qui s’en distingue par un ancrage délicat auprès d’une population parfois précaire et marginalisée. Pour répondre au mieux aux valeurs de l’animation socioculturelle, celle-ci doit bénéficier d’une indépendance opérationnelle et d’une marge de manœuvre importante pour s’adapter aux spécificités rencontrées sur le terrain afin de pouvoir répondre aux besoins d’une population qui échappe parfois à tous les maillons du filet social.

C’est pourquoi le groupe des Vert-e-s est attentif et préoccupé par les craintes exprimées de longue date par les professionnel-le-s de l’animation socioculturelle concernant le risque de voir leurs activités standardisées et fixées de manière trop détaillée, sans adaptation aux spécificités des quartiers et des populations dans lequel le lieu d’animation est implanté et sans marge de manœuvre suffisante. De même, voir les activités socioculturelles être trop fortement adaptées à une politique publique pourrait mener à une perte en qualité des prestations fournies par les professionnel-le-s et les associations dans les quartiers. Le simple fait que les professionnel-le-s du terrain ressentent cette volonté de la part de la Municipalité, même si elle ne s’avérait pas fondée, est déjà, en soi, problématique pour la qualité de leur travail. Il est en effet indispensable, quelle que soit la gouvernance choisie à l’avenir, de garantir une marge de manœuvre suffisante à l’animation socioculturelle, en fonction des besoins et des demandes exprimés sur le terrain et dans les lieux d’animation des quartiers.

Les réactions suite à l’annonce de la Municipalité montrent que le scénario annoncé pour l’instant est loin de faire l’unanimité. Entre le statu-quo et la municipalisation telle que proposée, le groupe des Vert-e-s est convaincu qu’une autre solution est à même d’être trouvée, d’autant plus que des rencontres sont semble-t-il prévues ces prochaines semaines entre la Ville, les associations de quartier et le personnel.

Considérant les éléments ci-dessus et suite aux différentes communications publiques de la Municipalité, de la FASL et des syndicats, les interpellatrices et interpellateurs posent les questions suivantes à la Municipalité :

  1. Comment la Municipalité explique-t-elle que le processus susmentionné ait débouché sur l’annonce inopinée de la volonté de municipalisation de la FASL exprimée dans son communiqué du 29 novembre 2019, alors même qu’il ne s’agissait pas de la voie discutée jusque-là entre les partenaires ?
  2. Quelles sont les étapes envisagées par la Municipalité dans un avenir proche concernant sa relation avec la FASL, les professionnel-le-s et les associations ?
  3. Outre les deux propositions mises en avant par la Municipalité et rejetées par la FASL, quelles étaient les autres pistes de solution envisagées par les différentes parties prenantes pour une collaboration optimale ? La Municipalité estime-t-elle que des discussions ou des ajustements des deux premières propositions sont encore possibles ?
  4. Au vu des réactions contrastées et de l’incompréhension vécue par bon nombre d’actrices et d’acteurs du domaine, la Municipalité peut-elle d’ores et déjà préciser ses intentions concernant la réorganisation de l’animation socioculturelle dans un avenir proche et à moyen terme ?
  5. Dans la lignée du travail effectué depuis plusieurs années et malgré sa dernière communication, la Municipalité compte-t-elle néanmoins poursuivre les démarches permettant de trouver des solutions de gouvernance autres que la municipalisation ?
  6. Par exemple, la Municipalité prévoit-elle de réunir prochainement l’ensemble des actrices et acteurs de l’animation socioculturelle et pourrait-elle envisager l’ouverture de nouvelles négociations afin de trouver une solution pérenne permettant d’éviter la municipalisation évoquée ?
  7. Dans la même optique, la Ville peut-elle envisager de reconduire une convention provisoire afin d’éviter de placer le personnel dans une situation d’incertitude tout en laissant une période de temps suffisante pour conduire de nouvelles discussions à même de mener à une solution satisfaisante pour une majorité d’acteurs-trices de l’animation socioculturelle, ainsi que la Municipalité ?
  8. Dans le cas contraire, la Municipalité peut-elle garantir qu’une municipalisation ne mènerait pas à une uniformisation néfaste aux dépens des spécificités des quartiers et donc à une moins grande marge de manœuvre des actions de l’animation socioculturelle ? Le cas échéant, quelles seraient les mesures financières et organisationnelles envisagées pour éviter ces conséquences négatives?

Ilias Panchard

Feuille verte

Grève féministe, grève climatique

Les mouvements syndicaux consacrent cette année le 1er mai aux revendications féministes. C’est l’occasion de rappeler ici que nous vivons en 2019 une double mobilisation : une grève féministe et une grève climatique. Ces deux thématiques sont liées de manière intrinsèque.

Les femmes vont être les victimes directes, majoritairement et avec violence des catastrophes climatiques à venir. Parce qu’elles sont, partout et encore aujourd’hui, minorisées, discriminées, appauvries, violentées par un système qui ancre son pouvoir sur leur exploitation : le patriarcat. Il est donc indispensable de lier émancipation féminine, égalité entre les sexes et protection du climat.

En Suisse tout d’abord, parce que les femmes vivent plus souvent dans la précarité et pourront donc plus difficilement se prémunir face aux catastrophes climatiques et sanitaires. Par exemple il est plus complexe pour ces femmes de déménager dans les cas où leur lieu de vie représente soudain un danger (inondation, insalubrité, etc) ou de payer de nouveaux soins pour elle-même ou l’entourage dont elles s’occupent (allergies, cancers, etc..). Parce que selon vous qui sera en charge de protéger les enfants des aliments pollués ou des nouveaux dangers comme les tiques ? Et qui sera en charge de s’occuper des personnes âgées durant les vagues de grande chaleur qui ne vont qu’augmenter ? Les femmes ! Parce que ce sont les femmes qui supportent aujourd’hui encore maintenant la majorité du travail de soin non rémunéré, offert à une société bien peu reconnaissante.

Ailleurs, le problème de l’impact climatique sur la condition féminine se pose encore dans d’autre terme. Dans certains pays, ce sont par exemple les femmes qui assurent l’approvisionnement de la famille en eau, en bois de chauffage, en nourriture, qu’il faudra aller chercher encore plus loin, dans des contrées encore plus hostiles. Et nous portons une lourde part de responsabilité, car l’impact climatique de la Suisse se ressent plus à l’étranger qu’à l’intérieur des frontières helvétiques. Grands consommateurs de produits importés, nous produisons en effet la majorité de nos émissions de gaz à effet de serre hors du pays.

Convergence des grèves

La convergence des luttes climatiques et féministes à travers les grèves qui s’annoncent sont donc les meilleurs moyens pour défendre le climat, la (bio)diversité et pour parvenir enfin à l’égalité effective entre les femmes et les hommes. C’est pour cela que la grève des femmes appelle aussi à une grève de la consommation le 14 juin : ne pas nourrir le système ni donner de travail aux femmes à qui la grève est interdite, en évitant de faire les courses, d’aller chez la coiffeuse ou chez tous les professionnels qui emploient des secrétaires et assistantes, pas de baby-sitter ni de femme de ménage.

Les mobilisations qui s’organisent cette année, pour le climat et pour l’égalité, ont de plus un but et un destin communs. Fondamentaux, les manifestes portés par ces mouvements sont déjà relayés auprès des élu.e.s. Mais ces revendications ne sont pas entendues par la majorité de droite qui domine notre Parlement!

Des mobilisations citoyennes sont donc indispensables pour faire pression sur les majorités politiques. Pressions qui fonctionnent : même le PLR semble ébranlé par les exigences des grévistes, et se donne un grand coup de peinture verte. À vérifier en juin déjà, lors du second débat autour de la loi sur le C02.

La grève du 14 juin est quant à elle une journée spéciale. En 1991, les Suissesses avaient obtenu la loi sur l’égalité. En 2019, nous espérons obtenir des vrais changements politiques et sociétaux. Et pourquoi pas mener à une profonde remise en question de cette société qui exploite nature et humains, en particulier les femmes.

Léonore Porchet

Intervention communale, Lausanne, Sara Gnoni

Campagne annulée contre le harcèlement de rue

Intervention

Merci Monsieur le Président,

La lutte contre les violences sexuelles en général et le harcèlement de rue notamment sont des thèmes qui sont une priorité dans notre programme politique de sécurité et d’égalité et qui me tiennent, comme vous le savez, particulièrement à coeur.

Ce sont donc des questions légitimes que l’interpellateur a posées, sur le fonds et évidemment pas sur la forme.

L’interpellation demandait en somme, comment a-t-on pu arriver en fin de réalisation de la vidéo, et se rendre compte soudain que le contenu n’était pas digne d’être utilisé pour de la prévention contre les violences à caractère sexuel.

Je pense qu’à ce titre, et même s’il est regrettable que des deniers publics aient été gâchés, la Municipalité nous informe dans  sa réponse qu’elle en a tiré des leçons afin d’éviter qu’un telle situation se reproduise.

La Municipalité nous explique en outre que, comme dans tout projet, il y avait un comité de pilotage mais dont ont fait partie uniquement la police judiciaire, la Fondation vaudoise contre l’alcoolisme et Profa ce qui pourrait expliquer la direction qu’a pris cette campagne, dans le sens que pour ces parties prenantes il s’agit surtout d’éviter que des personnes soient alcoolisées et puissent, dans cet état se mettre en danger.

En revanche, dans le cadre des campagnes de prévention contre le harcèlement de rue, le cercle des parties prenantes a été élargi, ce qui nous réjouit et ce qui permet d’avoir un message plus cohérent par rapport au but que l’on cherche à atteindre, c’est-à-dire le comportement des harceleurs et non pas celui des cibles.

Au delà de ceci, nous ne pouvons que féliciter la Municipalité pour sa décision et ce même, à un stade aussi tardif, et quasiment juste avant le lancement de cette campagne d’avoir réalisé que le message qui aurait été transmis était erroné, contre-productif voire stigmatisant pour les cibles de violences et de harcèlement qui vivent déjà souvent et même sans ce type de message, avec un sentiment  de culpabilité et de honte très prononcé.

Le message transmis aurait encore renforcé l’idée chez certains, qu’une personne sous l’effet de l’alcool peut être consentante du moment que c’est elle qui s’est mise dans cette situation. Il y a par exemple déjà eu des cas où des hommes qui ont violé en groupe une femme qui était sous l’emprise de l’alcool et qui ont dû la déplacer d’un endroit à un autre pour ce faire, ne voyaient pas vraiment où était le problème, donc si on commençait à faire passer ce message dans une campagne de prévention, ce serait vraiment grave.

La honte doit être placée vers ceux qui sont les auteurs d’actes de violences de tout genre et non pas du côté de la cible et je pense que ceci a bien été intégré dans le préavis sur la lutte contre le harcèlement de rue ainsi que dans la vidéo sur le musée du harcèlement de rue, ce qui me réjouis.

En conclusion, et malgré la perte encourue suite à l’annulation de cette campagne, nous soutenons le fait que mieux vaut une campagne annulée plutôt qu’elle eût été publiée avec des conséquences considérables sur le message partagé. Nous remercions donc la municipalité pour la réponse qu’elle a apportées à ces questions et que la lutte contre les violences sexuelles et sexistes continue.

Sara Gnoni