Lausanne

Politique contre le deal de rue à Lausanne : un premier virage, mais encore beaucoup de chemin

Communiqué de presse

Les Verts lausannois prennent note des propositions de la Municipalité de Lausanne pour réduire les aspects visibles du marché de la drogue à Lausanne, et saluent le virage pris vers la dissuasion du deal, plutôt que sa répression pénale à tout prix. La présence visible des forces de police dans la rue va en effet permettre de réduire le sentiment d’insécurité. Toutefois, l’aspect localisé et limité des mesures annoncées rappelle les tactiques choisies par le passé par d’autres municipaux successifs, de plusieurs couleurs politiques. Celles-ci n’ont jamais eu d’effet durable sur la distribution de drogues par des réseaux criminels, tout en déplaçant le deal dans d’autres quartiers. En maintenant le marché dans l’illégalité, la lutte contre le deal soustrait aux politiques publiques des moyens de prévention, tout en participant à stigmatiser uniquement la partie visible du problème: le deal. Les Verts appellent la Municipalité à construire une approche sur le long terme, qui tienne compte des avancées de la recherche en criminologie, en addictologie, et en politiques de santé publique.

Il faut tout d’abord saluer la volonté de la Municipalité de privilégier la présence policière afin de diminuer le sentiment d’insécurité et dissuader les transactions de stupéfiants. La mission d’occuper le terrain, plutôt que de chercher des arrestations et des interpellations, est une allocation bien plus efficace des ressources. Toutefois, ces mesures prises sous la pression populaire, annonçant des décisions “décisives”, “fortes” ou “proactives” semblent rappeler celles prises précédemment par d’autres Municipaux lausannois. Les actions coup de poing et les présences accrues mais forcément temporaires de la police dans la rue plaisent, en tout cas dans les quartiers concernés. Ensuite, dès que l’action s’essouffle, et que les autres missions de la police réclament des forces, tout retombe dans la routine. Les Verts lausannois sont d’autant plus conscients de ce constat d’échec que cette stratégie a autrefois été promue par un Syndic vert, avant de l’être par un Municipal popiste, puis socialiste, et désormais par un Municipal PLR. Il est donc temps d’apprendre des erreurs du passé pour éviter de les reproduire.

De plus, il est reconnu par les différentes études en la matière, qu’en s’attaquant au deal qui a lieu au centre-ville, on ne fait que repousser les problèmes dans les quartiers plus éloignés, ne permettant plus aucun contrôle sur le trafic ou la consommation, et dès lors péjorant les possibilités de prévention. Ces actions coup de poing laissent toutefois penser, à tort, que le problème a disparu dans les quartiers concernés, en stigmatisant les personnes du bas de l’échelle criminelle comme uniques responsables.

Augmenter la présence policière en rue est une première solution à saluer, en particulier autour d’endroits spécifiques comme les alentours des écoles, mais elle doit être accompagnée d’une augmentation du corps de police pour rendre cette mesure pérenne. En parallèle, une collaboration active doit être encouragée avec la police cantonale, qui mène les enquêtes de grande ampleur pour nuire aux réseaux derrière le trafic.

Les Verts préconisent ensuite d’agir sur les causes du problème, plutôt que sur les symptômes, en ayant la maturité d’appliquer des solutions ayant montré leurs preuves dans d’autres villes ou d’autres pays.  En effet, sur le long terme, la solution de la dépénalisation, réglementation et contrôle du marché de la drogue, doit être portée à l’ordre du jour, afin de permettre un meilleur suivi des personnes et une lutte réelle contre la dépendance.

Benjamin Rudaz, co-président des Verts lausannois, conseiller communal
Xavier Company, co-président des Verts lausannois, conseiller communal
Vincent Rossi, conseiller communal
Sophie Michaud Gigon, conseillère communale

 

Intervention communale, Xavier Company

Avoir fait l’armée : un atout pour commander la police de la ville de Lausanne ?

Intervention

A propos de l’interpellation urgente “Avoir fait l’armée : un atout pour commander la police de la ville de Lausanne ?” de Thanh-My Tran-Nhu

Je déclare mes intérêts, je suis civiliste.

La ville de Lausanne se doit d’être exemplaire.

La Police se doit d’être exemplaire.

Alors la Police de la ville de Lausanne, que dire ?

Si le « couac » très révélateur, de la non-féminisation de l’annonce contrairement à la totalité des autres annonces d’emplois de la Ville a été réparé, on peut se demander sous combien d’yeux cette annonce était passée avant sa publication sans que cette « coquille » comme l’a dit le Municipal, officier, ne soit pas repérée.

Il n’en est pas de même pour la mention de l’expérience militaire comme atout.

Je ne débattrai pas de savoir s’il s’agit d’un point de vue juridique d’un critère de discrimination à l’embauche et laisse ça au Tribunal de Prud’homme pour le cas où ce dossier y terminerait, mais d’un point de vue institutionnel il est aberrant de lire de tels critères, en 2018, dans une annonce d’une ville Suisse.

Selon le Municipal en charge, officier, il s’agit d’un atout car cela représente un indice prouvant une connaissance organisationnelle similaire à la Police lausannoise. Etait-il réellement nécessaire de formuler cela avec la mention du service militaire s’il s’agit uniquement d’une connaissance organisationnelle ? Les autres mentions, qui figurent également dans l’annonce, ne suffisaient-ils pas ?

Par exemple :

  • formation complémentaire dans le domaine de la sécurité publique;
  • expérience de gestion et de conduite du personnel comme cadre supérieur;
  • leadership, aptitudes avérées en négociation

Ces critères, qui, eux, ne portent pas de considération de genre, ne suffisaient-ils pas à choisir une personne apte à répondre aux connaissances organisationnelles et des réactions de crises qui requière le poste de commandant ou de commandante de la police de lausanne ? Etait-il vraiment nécessaire de mentionner, absolument, le service militaire comme critère souhaité ?

Cette mention désuète n’a rien à faire dans les atouts pour cette fonction.

Et finalement, pour répondre à M. De Haller, oui, il s’agit d’une discrimination et ce n’est pas moi qui le dit, mais les chiffres : il y a actuellement 0,72% de femme dans l’armée suisse, donc, de facto, il s’agit d’un critère discriminatoire.

Xavier Company

Intervention communale, Xavier Company

Lutte contre le harcèlement de rue : une problématique masculine

Rapport-Préavis N° 2017/59 – Lutte contre le harcèlement de rue: bilan et perspectives – Réponse aux postulats et résolution de Mme Léonore Porchet
Intervention

Au début des discussions sur le sujet, je ne me sentais pas vraiment légitimé à parler de la problématique du harcèlement de rue. Instinctivement, je me disais, comme beaucoup de gens à mon avis et comme on le voit avec les interventions ce soir, qu’il s’agissait d’un sujet sur lequel je ne pouvais pas intervenir, ne sachant pas ce que c’est que de risquer d’être harcelé simplement parce qu’on sort de chez soi, que l’on marche dans la rue, ou que l’on prend le train.

Mais petit à petit, je me suis rendu compte de mon erreur. De ma grossière erreur. C’est une problématique masculine, et exclusivement masculine. Le 100% des harceleurs de rue, ou presque, sont des hommes, les victimes sont majoritairement féminines (mais non exclusivement, il y a aussi de nombreux cas de harcèlement de rue à l’encontre des personnes LGBT par exemple). C’est cette prise de conscience, que j’ai dû avoir moi, qui me semble le premier point à soulever dans ce rapport préavis, et des réactions qu’il a suscité. La prise de conscience est indispensable et pourtant, elle peine à se faire, il n’y a qu’à lire le postulat qu’avait déposé notre collègue Voiblet, pour lire l’année dernière encore, qu’il s’agissait d’un phénomène nouveau ! Mais je suis fier de faire partie du Conseil de la première ville en Suisse qui empoigne sérieusement ce problème de société. Je suis fier de faire partie du parti politique qui a amené ce sujet au premier plan politique, qui l’a sorti des tabous, pour que maintenant, il se retrouve dans un préavis fort que notre Municipalité veut traiter en urgence. Et je suis fier aussi que la presque totalité des partis de notre Conseil veuille s’arroger les crédits de cette prise de conscience, à l’instar de M. Carrel félicitant, par un tweet, M. Hildebrand pour le très bon clip de Yann Marguet. Merci, Messieurs, j’ai envie de dire. Merci d’être fiers de ce qui est fait pour lutter contre ce fléau et de nous rejoindre dans cette lutte, pour que le silence cesse.

Parce que c’est celui-ci le premier problème, le silence. Le silence des hommes, ou pire, l’acceptation, voire l’encouragement. Car assister à des scènes des harcèlement de rue en ne disant rien, ou en ricanant, voire en commentant, c’est cautionner ces agissements. Et pour ça aussi, le rapport préavis qui nous est présenté ce soir est satisfaisant, car il sort ce tabou du silence, le met sur la place publique. Mais comme l’a dit ma collègue Sara Gnoni, il ne suffit pas d’un bon post vidéo, c’est une campagne que l’on devra gagner sur le long terme et nous serons attentifs à ce que la Municipalité, celle-ci et les suivantes, le fasse.

Finalement, je rejoins aussi ma collègue sur son constat du fait que la réponse trop sécuritaire n’est pas idéal, et nous avions insisté, dans nos postulats, sur l’aspect de prévention et de sensibilisation, pour deux raisons :

–      une partie de ces actes, comme les sifflements, les interpellations dans la rue, etc. ne sont pas pénalement répréhensible, alors quelle réponse sécuritaire dans ce cas ? A part celle que peuvent faire (et que font) les correspondants de nuits au cas par cas, je ne vois pas.

–      le problème est inscrit dans notre société patriarcale, ce n’est pas uniquement par l’intervention sur des cas isolés qu’on va le résoudre. Ca fait évidemment partie des réponses qu’on doit apporter, mais ça ne doit pas être la majorité des réponses, car on ne règlera pas le problème comme cela.

En résumé, je crois qu’on peut applaudir le travail de la Municipalité, qui a eu le cran de présenter un programme clair, une prise de position déterminée et des actions pragmatiques. C’est un premier pas, qui, nous l’espérons, permettra à la société d’ouvrir réellement les yeux. Mais les Verts comptent sur la Municipalité pour aller plus loin, pour maintenir la pression sur la distance et continuer de chercher des nouvelles pistes pour combattre ce fléau qui ne va pas disparaître du jour au lendemain, mais que l’on doit réduire chaque jour, en tant qu’individus comme en temps qu’institution. Nous resterons attentifs à l’application de ces mesures et à leur évolution, notamment en ce qui concerne le formulaire, mais nous vous encourageons naturellement à accepter « par acclamation » ce rapport-préavis.

Xavier Company

Postulat Pour une application mobile contre le harcèlement de rue à Lausanne

Postulat Pour une lutte contre le harcèlement de rue fondée sur l’éducation

Résolution Hey mad’moiselle… Il se passe quoi avec le harcèlement de rue à Lausanne ?

Intervention communale, Sara Gnoni

Lutte contre le harcèlement de rue : une action sur le long terme

Rapport-Préavis N° 2017/59 – Lutte contre le harcèlement de rue: bilan et perspectives – Réponse aux postulats et résolution de Mme Léonore Porchet

Intervention

Nous discutons ce soir d’un préavis qui découle d’un processus de deux ans et qui est le début d’un travail de longue haleine contre le harcèlement de rue, dans laquelle notre Ville se veut pionnière.

Il répond globalement de manière satisfaisante à deux postulats, une résolution et une interpellation des Verts.

Nous pouvons aussi saluer la posture de la municipalité et en particulier du municipal en charge de ce dossier, de son discours féministe et qui a traité le sujet avec tout le sérieux qu’il mérite.

A titre personnel, je suis fière de pouvoir espérer que ma fille pourra un jour se promener à Lausanne dans tous les espaces publics, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, dans n’importe quelle tenue sans avoir peur, sans devoir changer son comportement, son habillement ou son trajet, sans être importunée.

Le harcèlement de rue peut se manifester par des sifflements, des insultes, des attouchements, recevoir des propositions qu’il serait inconvenant de répéter dans ce plénum, être suivie et peuvent aller jusqu’à une agression.

La conséquence de ces comportements inacceptables est un sentiment d’insécurité et un problème d’accès des femmes à l’espace public, un problème de liberté individuelle.

Pour prendre l’ampleur du phénomène, notre Municipalité avait demandé en 2016, une étude et nous pouvons par ailleurs remercier Monsieur le Syndic, à l’époque en charge de la sécurité, de l’avoir fait et d’avoir donc réagi au-delà de la réponse à l’interpellation de Madame Léonore Porchet.

63% des femmes interrogées dans le cadre de cette étude et plus de 72% des femmes âgées de 16 à 25 ans, ont répondu avoir été confrontées à au moins un épisode de harcèlement de rue à Lausanne au cours des 12 derniers mois.

La moitié de ces personnes ont été harcelées au moins une fois par mois.

De plus, 63% des victimes ont dit avoir été insultées et 32% ont dit avoir subi des attouchements.

Les Lausanoises vivent donc constamment avec le risque d’être victimes d’actes qui sont pénalement répréhensibles.

Ces chiffres nous donnent une idée le l’omniprésence de ce phénomène et les résultats sont similaires à ce qu’il se passe dans toutes les villes, partout dans le monde.

Ce problème de harcèlement a comme conséquence que les femmes renoncent à occuper l’espace public.

Alors qu’elles représentent la moitié de la population, leur fréquentation dans les rues piétonnes baisse de 50% la nuit par exemple.

On se rend ainsi compte que la Ville devient un lieu fait et pensé par les hommes et destiné à être occupé par ceux-ci, comme justement les rues, les espaces sportifs ou les bars.

Certains comportements mentionnés ne sont pas pénalement répréhensibles et par conséquent ce préavis reflète, à juste titre les mesures qui sont de la compétence de la Ville.

Dès lors nous devons continuer de solliciter également nos autorités cantonales et fédérales, comme le font Mme Léonore Porchet et Mr Mathias Reynard, pour que ce thème soit traité à tous les échelons à l’exemple de ce qui se fait à Lausanne.

Nous relevons au passage la mauvaise réponse du CF à ce sujet qui remet toute la responsabilité sur les Villes, comme si le problème du harcèlement de rue n’était qu’un problème urbain. On peut en revanche souligner que Lausanne y est citée comme exemple que devraient suivre les autres villes.

Ce préavis a en effet une très bonne posture, il est très détaillé et présente beaucoup d’actions différentes, complémentaires et qui seront déployées à court, moyen et long terme.

Il propose 3 axes:

  • la préservation du domaine public
  • le renforcement des parties prenantes
  • la prévention.

Vous avez tous vu, il y a quelques semaines la première mesure qui était la vidéo de qui est très bien faite et joue avec l’humour.

Néanmoins, comme toutes les mesures de préventions, celles-ci ne font une différence que si elles sont répétées fréquemment et sur le long terme. Cette action sera donc à réitérer dans le futur.

Pour citer Monsieur Hildbrand, ce phénomène vient après plusieurs milliers d’années de patriarcat donc encore une fois, c’est un travail de longue haleine.

Bien que le préavis ait une bonne posture, nous regrettons toutefois qu’il soit très centré sur la thématique de la sécurité et la majorité des réponses sont policières.

Nous aimerions vraiment souligner que le sentiment d’insécurité est une conséquence de ces expressions de sexisme mais en soi, il ne se résout pas comme certains l’ont suggéré, à coups de sifflets, de caméras de surveillance  ou de présence policière accrue.

Nous souhaitons avant tout éviter que la problématique du harcèlement devienne, comme cela a déjà été le cas ailleurs, une question uniquement sécuritaire.

En sur-sécurisant on oublie que cela est, en fait, une question des droits des femmes et plus spécifiquement de leur droit à occuper l’espace public.

De plus, la police n’a pas le rôle de remettre en cause les rapports de genres qui sont sous-jacents à notre société.

En confiant la lutte contre le harcèlement de rue presque exclusivement à la police, nous ne sommes pas à l’abri que les milieux xénophobes en profitent pour pointer du doigt comme les seuls auteurs de violences sexistes une certaine catégorie de la population qui se trouve être dans la rue.

Il est dès lors primordial de garder à l’esprit que les auteurs de violences sexistes n’ont pas de couleur,  de culture, de métier, d’habillement ou de langage spécifique.

En effet nous parlons de harcèlement de rue mais dans les faits nous devrions parler de sexisme dans les espaces publics ET nous pourrions remplacer rue par bars, par vestiaires sportifs, par université, par bureau et même par conseil communal.

Concernant cet aspect sécuritaire nous resterons attentifs au risque de sur-sécurisation au détriment de la prévention. Nous aurions pu espérer une équipe de sensibilisation plus diverse avec des spécialistes de lutte contre le patriarcat et cette équipe pourrait avoir un champ d’action plus large, sur demande de clubs sportifs, des associations de quartier,  des écoles professionnelles, etc

A l’image de ce qui se fait avec le label nuit la lutte contre le harcèlement est l’affaire de tous.

Concernant maintenant la création d’un formulaire permettant de signaler des cas ne relevant pas du droit pénal, celui-ci est positif, même s’il reste bien plus limité que la demande du postulat.

Une application en ligne, loin d’être un gadget, serait un outil de réponses à celles et ceux qui actuellement ne peuvent que subir.

Les cibles et témoins du harcèlement ont besoin de pouvoir dénoncer les actes auxquelles ils sont confrontés, mais aussi de récupérer du contrôle, de recevoir une validation et de l’information. Un formulaire ne répond qu’improprement à ces objectifs, car il lui manque la facilité d’usage, l’instantané et l’interaction. De plus, des barrières à son efficacité existent, notamment l’accès, mais aussi les risques de fiabilité des données récoltées.

L’application aurait pu contenir également un module pour appeler directement la police.

Les Verts seront très attentifs à la qualité du formulaire et à son accessibilité, ainsi qu’aux informations qui lui seront jointes.

Pour conclure sur le préavis, le Groupe des Verts remercie la municipalité pour sa réponse, qui est de manière générale très bonne, et nous allons donc l’accepter à l’unanimité.

Nous vous invitons, chèrEs collègues, à en faire de même.

Je souhaiterais encore prendre un moment pour répondre aux craintes de certains et certaines qui peut-être n’oseront les soulever.

Cette lutte pour l’égalité des femmes et pour leur présence dans les espaces publics n’est pas une lutte des femmes contre les hommes. Elle n’est pas une lutte des femmes contre les hommes.

Les hommes aussi sont victimes d’une poignée d’hommes qui ont un comportement inadéquat et qui entachent les bonnes manières des autres.

Après le déferlement de témoignages relatifs au hashtag #metoo ou #balancetonporc, beaucoup d’hommes et de femmes également, qui n’avaient certainement pas lus les témoignages, ont émis leurs craintes quant au fait que l’on ne puisse plus draguer.

Il ne s’agit pas du tout de cela, la drague et le harcèlement sont deux choses complètement différentes et il est très facile de les distinguer.

L’un est un acte courageux, l’autre est un acte lâche et vil.

L’un demande à mettre de côté son ego et d’accepter un refus si la personne n’est pas disposée à entrer dans le jeu de la séduction.

L’autre profite d’une situation de pouvoir pour rabaisser et asservir sa cible.

L’un tient compte du consentement, l’autre pas.

Le consentement est donc la clef.

Rappelons donc que le consentement n’est jamais donné sur la durée et pour n’importe quel acte: je peux donner mon consentement pour boire un verre mais ça ne veut pas dire que je consent à autre chose.

C’est donc cette lutte là qu’ ENSEMBLE nous devons mener, une lutte contre la lâcheté des violences sexistes et contre ces personnes peu courageuses et non pas une lutte contre les hommes ou contre la séduction et là nous avons TOUS une responsabilité.

Nous sommes TOUS responsables en tant que témoins d’actes sexistes d’agir pour qu’ils ne se produisent plus.

Ce n’est pas parce que nous ne sommes pas individuellement auteurs de violences sexistes que nous ne devons pas questionner tous les comportement et les rapports hommes-femmes qui y sont sous-jacents.

Depuis le dépôt des postulats et interpellation de Madame Léonore Porchet  sur le harcèlement de rue en 2016, beaucoup de choses ont changé: il y a eu l’affaire Weinstein, le mouvement #metoo et #balancetonporc.

Il faut donc continuer cette bataille jusqu’à ce qu’il ne soit plus un sujet et ce que nous n’ayons plus à en parler.

Et c’est ce que nous souhaitons de tout coeur pour toutes les femmes de Lausanne et ailleurs.

Merci pour votre attention

Sara Gnoni

Postulat Pour une application mobile contre le harcèlement de rue à Lausanne

Postulat Pour une lutte contre le harcèlement de rue fondée sur l’éducation

Résolution Hey mad’moiselle… Il se passe quoi avec le harcèlement de rue à Lausanne ?

Intervention communale, Xavier Company

Des caméras de vidéosurveillance contre le harcèlement de rue?

Intervention

Postulat de Claude-Alain Voiblet : “Harcèlement de rue, les caméras de vidéosurveillance ne feraient-elles pas un bon moyen de lutter contre ce nouveau mal urbain ? “

Soit ce postulat est un aveux d’ignorance de ce qu’est le harcèlement de rue, ce dont je doute, soit il est l’image même d’un postulat alibi et populiste. Le harcèlement de rue comme nouveau moyen de remettre la vidéosurveillance du domaine public sur le devant de la scène.

Plusieurs raisons mèneront les Verts à refuser le renvoi de ce postulat à la Municipalité :

– suite aux postulats Verts sur la question du harcèlement de rue, la Municipalité a répondu de manière circonstanciée et complète dans le Rapports-préavis 2017/59 dont nous aurons l’occasion de parler prochainement. Nos postulats était pour l’un très précis, pour l’autre très large quant à la demande qui était faite à la Municipalité pour s’attaquer au fléau du harcèlement de rue. Elle avait donc tout loisir d’examiner la question de la vidéosurveillance. Et pas une seule fois, en 22 pages, la Municipalité n’en fait mention.

– Pourquoi ? pas parce qu’elle n’y a pas pensé. Non. Mais parce que :

–       Non seulement cette option n’est d’aucune efficacité pour combattre le harcèlement de rue, qui est souvent verbal, pas forcément pénalement répréhensible… et les caméras de vidéosurveillance ont surtout pour but d’identifier des auteurs après coups, ce qui s’avère inutile si on ne peut pas punir légalement ces auteurs. Quant à l’effet dissuasif, j’ai beaucoup de mal à l’imaginer concrètement, même pour les actes pénalement répréhensible qui pourraient être les insultes ou la contrainte, ils seraient très difficilement perceptibles à la caméra… d’autant plus sans le son.

–       Cette option est également contreproductive : elle se focalise, comme je l’expliquait, sur l’éventuelle sanction a posteriori, alors qu’il principalement faut agir en amont, par de l’information et de la sensibilisation, voire sur le moment pour mettre un terme à ces actes nauséabonds, ce qu’à bien compris la Municipalité dans les mesures qu’elle propose dans son rapport préavis 2017/59.

–       Donc au final pourquoi, quel est le but de ces caméras, si ce n’est d’atteindre à notre personnalité en nous filmant en permanence pour une prétendue, mais inexistante, sécurité supplémentaire ?

A la lecture du rapport de commission on est conforté dans l’idée que le postulant ne s’intéresse pas à proprement parler au harcèlement de rue, mais à la sur-sécurisation du domaine public et au contrôle à outrance. En effet, le postulant nous dit que « le phénomène est nouveau »… je lui laisserai poser la question autour de lui pour vérifier sa déclaration.

Finalement, les Verts ont toujours été sceptique à l’idée de multiplier les caméras de vidéosurveillance dans le domaine public. Si ces caméras, dans des lieux confinés et bien identifiés, peuvent limiter les infractions pénales, ou faciliter l’identification des auteurs, elles doivent rester une exception afin de préserver une liberté individuelle et une confidentialité sur le domaine public. Elles ne peuvent à elles-mêmes résoudre tous les défis de la sécurité d’une ville et si nous en ajoutons, il convient de le faire intelligemment dans un but poursuivi clair et précis. Hors, avec ce postulat, le but formulé est soit un alibi, pour d’autres raisons cachées par le postulant, soit sans lien possible avec la proposition du postulat, car inefficace.

Nous vous invitons donc à refuser de transmettre ce postulat à la Municipalité et nous réjouissons de débattre du préavis de cette dernière qui fait suite à nos interventions sur la lutte contre le harcèlement de rue.

Xavier Company

Intervention communale, Lausanne, Xavier Company

Sion 2026: et si on parlait des coûts pour Lausanne ?

Interpellation

Nous le savons depuis maintenant plusieurs mois, le Valais, et Sion plus particulièrement, entend soumettre une nouvelle candidature pour accueillir des Jeux Olympiques d’hiver, en 2026. Néanmoins, cette nouvelle candidature ne concernera pas seulement le Valais (malgré son nom), mais une grande partie de la Suisse puisque des épreuves sont prévues notamment à Bienne, Berne, Fribourg et… Lausanne !

Le projet vient de déposer (fin 2017) son analyse de faisabilité et débute actuellement la procédure de consultation en vue d’une décision fédérale.

Si le Conseil fédéral a déjà promis CHF 1 milliard pour ces Jeux Olympiques, le coût final sera immanquablement plus élevé, on parle notamment d’un coût de CHF 2,4 milliards, sans compter les dépassements de budget, qui sont habituels pour des Jeux Olympiques. Une partie des coûts qui n’entrent pas dans « le milliard de la Confédération » a trait à la sécurité hors des enceintes de la manifestation.

En effet, les organisateurs des Jeux Olympiques garantissent la sécurité à l’intérieur des enceintes, par l’engagement d’entreprises de sécurité privées, mais la sécurité à l’extérieur de ces enceintes, dans les villes, aux frontières, aux aéroports, etc. devra être assurée par l’armée, les gardes-frontières, les polices cantonales et municipales, selon les organisateurs eux-mêmes pour un montant qu’ils estiment, pour l’instant à CHF 303 millions.

Il ne fait dès lors aucun doute que la police municipale de Lausanne sera mise à contribution d’une manière dépassant nettement son activité habituelle. En effet, non seulement le nombre de touristes qui viendraient voir les compétitions de patinage artistique, short-track, voire de hockey à Lausanne serait important, mais la Ville accueillerait aussi une partie des délégations nationales et serait un des lieux d’hébergement olympique. De plus, Lausanne étant la capitale olympique, il est prévisible qu’elle soit une des destinations phare pour les spectateurs et les sportifs qui se rendraient à ces Jeux.

L’ensemble de ces éléments impliquera une hausse importante et ponctuelle de la population, des risques liés à ce genre de manifestation, et notamment des risques terroristes qui ne peuvent être ignorés en ces périodes. Il conviendra dès lors de renforcer les effectifs de police lausannois, mais probablement également de les former d’avantage et de manière circonstanciées pour cette occasion, ce qui engendrera nécessairement un financement important de la part de la Ville et du Canton, qui ne rentrera pas dans l’estimation de CHF 303 millions faite par les organisateurs et la Confédération. Toutefois, il n’est pas prévu, pour l’instant, de faire voter la population lausannoise ou vaudoise sur la tenue de ces Jeux Olympiques ou d’événements sur son sol, puisque seule les populations bernoise valaisanne le feront.

Ces prévisions nous amènent, comme cela a été fait au Grand Conseil, à poser les questions suivantes à la Municipalité :

  • La Municipalité a-t-elle été contactée par les organisateurs des Jeux Olympiques Sion 2026 en rapport avec des questions de sécurité ?
  • Combien de personnes seraient attendues à Lausanne en cas de Jeux Olympiques organisés dans la forme prévue actuellement ?
  • Quels sont les risques supplémentaires auxquels devraient faire face les force de l’ordre à Lausanne en cas de tenue de ces Jeux Olympiques ?
  • Quelles mesures spécifiques en terme de sécurité sont prévues par la Municipalité pour le cas où ces Jeux Olympiques seraient organisés dans la forme prévue actuellement, soit avec des activités à Lausanne ?
  • En cas d’engagement de personnel supplémentaire par la police lausannoise, comment la Municipalité entend-elle procédé, par l’engagement de personnel supplémentaire, par l’engagement de personnel de sécurité privé, ou d’une autre manière ?
  • Quels seraient les coûts liés à ces mesures spécifiques et quelle serait la provenance de leur financement ?

Nous remercions par avance la Municipalité pour ses réponses.

Xavier Company

Intervention communale, Lausanne, Xavier Company

A propos des Correspondants de nuit lausannois

Intervention

Rapport-préavis N° 2017/23 – Contribution à la sécurité dans les espaces publics et extension du rôle des Correspondants de nuit lausannois.

Même si l’envie d’encenser le travail des correspondants de nuits me tente, je ne répéterai pas ce qu’on dit mes pré-opinants et ne reviendrai que sur l’amendement voté par la commission. Celui-ci nous semble en effet particulièrement important compte tenu de l’évolution du mandat donné au correspondants de nuits.

En effet, lors de leur mise en place, les correspondants de nuit avaient une mission avant tout sécuritaire, pour “pacifier les nuits lausannoise”. Leur mandat a été mis en place à un moment de crise, lors d’événements exceptionnels rares à Lausanne.

L’observation sur le terrain (pour laquelle je remercie particulièrement le Président de la commission, le Municipal et, surtout, les correspondants de nuit eux-mêmes qui nous ont accueillis une nuit durant) a permis d’observer que le travail des correspondants de nuit est tout autant, voire plus, social que sécuritaire. En tout cas dans la première partie de soirée, les correspondants de nuits participent à une meilleure cohabitation, co-utilisation du domaine public, et à créer un lien de confiance avec la jeunesse. Une phrase d’un des correspondants de nuit me revient : “A 21h, nous sommes parfois les premiers à demander à des jeunes s’ils ont passé une bonne journée.” Et cet aspect est effectivement fondamentale dans leur travail, et nécessaire.

Le nouveau préavis démontre la mise sur pied d’égalité entre l’aspect social et sécuritaire, toujours nécessaire, surtout en deuxième partie de nuit, des correspondants de nuit. C’est équilibre entre ces mandats est fondamental, car les correspondants de nuit ne sont pas d’autres securitas de Mobimo. Ils sont des employés communaux, aux profils variés et au mandat beaucoup plus vaste que cela.

Il est donc important que cet équilibre ressorte des conclusions du rapport-préavis, raison pour laquelle les Verts soutiendront cet amendement. Le paradigme a changé depuis la mise en place des correspondants de nuit et il n’y a pas, ou plus au moins, de “Nuits lausannoises à pacifier”, mais bien une cohabitation et une co-utilisation de l’espace public à coordonner et des personnes à aider.

Xavier Company

Géraldine Bouchez, Intervention communale, Xavier Company

Sur l’interdiction de la mendicité

A propos du postulat « Interdiction de la mendicité à Lausanne. Modification de l’art. 87bis du Règlement général de police ».

Intervention de Géraldine Bouchez

“Si au moment de la tenue de cette commission, l’interdiction de la mendicité décidée par le Grand Conseil était en suspens, depuis, un arrêt des tribunaux vaudois semble avoir quelque peu changé la donne. Sans connaissance sur l’ouverture d’un éventuel recours auprès des instances fédérales, les Verts se contenteront une fois de plus de rappeler leur position sur le fond.

Aux yeux de notre groupe, l’interdiction de la mendicité en plus d’être immorale est une ineptie bureaucratique qui ne résout rien et surtout ne vient pas en aide aux personnes contraintes de mendier. Car rappelons que la mendicité n’est pas uniquement le fait de réseaux. Ainsi une telle interdiction nous fait craindre une plus grande stigmatisation et précarité des personnes qui se retrouvent dans la nécessité de mendier. Le respect de la dignité humaine doit être garanti par les autorités publiques et de réelles aides apportées aux personnes dans le besoin. Leur interdire un potentiel moyen de subsistance ne résout en rien leurs difficultés de vie.

C’est pourquoi le groupe des Verts se prononcera à l’unanimité pour le classement de ce postulat.”

Géraldine Bouchez

Intervention de Xavier Company

“Un ou deux points soulevés par la droite de ce Conseil me surprennent. En effet, on critique M. Pierre Conscience pour son respect de la Police de Lausanne, mais ce soir c’est la droite qui doute de son d’efficacité.

En effet, les réseaux qui exploiteraient des gens, se rendent coupable de traite d’êtres humains, qui est déjà réprimée par le Code pénal. Si vous voulez lutter contre ces réseaux il s’agit donc d’appliquer le Code pénal par des mesures policières, et non par le biais d’une interdiction généralisée de la mendicité par un nouveau règlement.

Il s’agit donc d’une question d’application du droit pénal et il me semble que Monsieur le Municipal Hildbrand s’est déjà prononcé sur le fait qu’il n’y a pas de traite d’être humain à Lausanne.

Dans tous les cas ce n’est pas en interdisant la mendicité de manière générale, pour toutes et tous, qu’on va combattre la traite d’êtres humains, déjà interdite.

Je vous invite donc à refuser ce projet de règlement.”

Xavier Company

Intervention communale, Karine Roch, Lausanne

La sécurité des piétons qui traversent la route d’Oron

Question orale

Que compte faire la Municipalité pour sécuriser la traversée de la route d’Oron par les piétons au droit de l’arrêt de bus ‘Rovéréaz’ ?
Depuis l’ouverture de la ferme pédagogique du domaine de Rovéréaz, il est certain que de nombreux visiteurs viennent sur le site en transports publics. Les bus des lignes 65 et 75 desservent l’arrêt Rovéréaz, juste en face de la ferme. A cet endroit, un panneau ‘Attention franchissement de bétail’ existe, mais aucun passage clouté pour les piétons souhaitant franchir la route d’Oron. De plus un virage fait que la visibilité est très mauvaise.
La Municipalité envisage-t-elle d’aménager un passage clouté à cet endroit dans un proche délai ?

Karine Roch

Intervention communale, Lausanne

Sécurité piétonne autour de la piscine de Mon-Repos

Postulat

Pour une sécurité piétonne accrue autour de la piscine de Mon-Repos

Par le présent postulat, j’invite la Municipalité à étudier l’opportunité de repenser la sécurité du carrefour entre l’avenue du Tribunal-Fédéral et la rue Sainte-Beuve (voir carte ci-dessous) en réaménageant le lieu et en prenant des mesures telles que, par exemple:

  • redessiner les virages afin qu’ils ne soient plus optimisées pour la vitesse ;
  • élargir les trottoirs ;
  • créer une petite zone verte grâce à l’espace gagné ;
  • transformer l’avenue du Tribunal-Fédéral à partir des escaliers de Perdonnet jusqu’au chemin de Bellevue en zone rencontre (20 km/h) ;
  • améliorer la signalétique (en plus de celle sur le sol) en indiquant qu’il s’agit d’un lieu fortement fréquenté par des enfants et que des voitures peuvent s’arrêter temporairement ;
  • mettre un radar temporaire qui indique aux voitures leur vitesse réelle ;
  • aménager une zone de « drop-off » devant la piscine de Mont-Repos où les voitures peuvent stationner uniquement le temps de laisser monter ou descendre une personne.

Le trafic serait donc invité à rester sur la courbe à gauche du carrefour et la dépose serait prévue en face des escaliers.

Ce quartier et les alentours de la piscine sont surtout fréquentés par des enfants, qui se rendent aux différentes activités proposées dans le complexe de la piscine ou au parc Mon-Repos qui y est adjacent.

Aux heures de pointe, le trafic y est très dense, avec de nombreuses voitures qui viennent déposer ou chercher des enfants à la piscine ou au centre de judo, qui se garent sur les trottoirs aux alentours et qui accroissent encore la dangerosité du croisement.

De plus, malgré la limitation de la vitesse à 30km/h, il n’est pas rare de voir des voitures rouler à une vitesse beaucoup plus élevée.

Le carrefour dont il est ici question est doté d’un unique passage piéton qui permet de traverser l’Avenue. du Tribunal-Fédéral du sud au nord (en direction de la Place de l’Ours) En effet, si l’on marche sur le trottoir sud de la Rue Sainte-Beuve et que l’on veut accéder à la piscine de Mon-Repos, il faut traverser la route, limitée à 30km/h certes, mais où les voitures arrivent dans les deux sens et dans un virage en épingle, ce qui entraîne une perte de visibilité importante et un risque accru pour les enfants de petite taille. Les places de parc situées sur l’un des côtés de la Rue du Tribunal Fédéral à hauteur du n°11 sont elles aussi en partie responsables de cette situation de dangerosité.

Sara Gnoni