Intervention communale, Lausanne, Xavier Company

Jusqu’où peut aller la police ?

Interpellation urgente

Comme cela devient maintenant une habitude annuelle, l’été 2019 a à son tour été celui de tous les records. Des températures maximales jamais atteintes ont été dépassées dans à peu près toutes les grandes villes européennes, dont Lausanne où la canicule a marqué la ville tout l’été. D’un pôle à l’autre, le dérèglement climatique se fait sentir toujours plus fort et l’urgence résonne dans les rues par les milliers de manifestants se
mobilisant régulièrement depuis maintenant plusieurs mois.

De nombreux mouvements et initiatives citoyennes lancent dans ce cadre des actions dans le but de souligner l’urgence climatique dans laquelle nous nous trouvons et de mobiliser les citoyens comme les politiques. Parmi eux, le groupe d’envergure internationale « Extinction Rebellion » a fait parler de lui par des actions de désobéissance civile pacifiste, notamment par des actions de blocage de routes temporaires. Bien que jouant avec les limites de la loi, ils n’ont jamais fait preuve de violence et le message qu’ils véhiculent est clair : il y a urgence climatique et nous devons toutes et tous agir maintenant. Pas demain, pas après-demain, mais maintenant.

C’est d’ailleurs ce même message que le Conseil communal a lancé en fin d’année politique en renvoyant à la Municipalité le postulat « Urgence climatique : il est temps d’avancer au rythme exigé par la science ».

Toutefois, cela n’empêche pas les activités d’Extinction Rebellion de constituer de la désobéissance civile et d’être, selon les normes actuelles, illégales. Les membres du mouvement en sont conscient-e-s et savent qu’ils risquent notamment des amendes en participant à ce genre de rassemblements, quand ils ne sont pas autorisés. Ils savent également qu’ils risquent d’être dispersés ou empêchés de réaliser leurs actions.

Dans d’autres villes suisses (notamment Bâle et Zurich), des activistes ont manifesté devant les locaux de grandes banques, voulant attirer l’attention du public sur les investissements dans les énergies fossiles qu’elles réalisaient et l’impact climatique qu’elles créent ainsi, impactant particulièrement négativement le climat mondial.

Or, malgré un but des plus compréhensibles et une non-violence affirmée du mouvement, la réaction policière lors de ces actions a été bien plus marquée que par le passé. Outre des arrestations et des poursuites pénales, une nouvelle pratique semble s’être installée à cette occasion puisque les polices bâloises et zurichoises auraient gardé en détention préventive les activistes durant 48h et procédé à des prélèvements systématiques d’ADN.

En soutien à ces activistes et pour continuer de dénoncer l’inaction face à la crise urgente à laquelle nous faisons face, le 25 juillet au matin, un groupe d’une cinquantaine d’activistes a bloqué une route aux abords du Crédit Suisse sur l’avenue Benjamin- Constant à Lausanne, durant deux fois 7 minutes. Loin d’être cachée, cette action a été annoncée à l’avance sur les réseaux sociaux – ce qui a mené la Police municipale à intervenir pour y mettre fin immédiatement. Ceci alors que toutes les actions menées par ce groupe avaient été tolérées jusque-là. Mais la nouveauté ne s’est pas arrêtée là.

Toutes les identités des activistes ont été contrôlées. Huit ont été arrêtés durant plusieurs heures, emmenés au poste de police, fouillés entièrement, à nu, sans toucher rectal mais « les militants ont dû, une fois leur bas enlevé, « se pencher en avant » pour contrôle » 1 et interrogés avant d’être relâchés. La Police municipale aurait même demandé à prélever leur ADN, sans toutefois les y contraindre. La seule réponse que nous avons jusqu’ici sur ces arrestations est qu’elles auraient été réalisées « sur la base d’observations » 2 . Bien que des rumeurs d’actions coordonnées, ou de directives données aux polices de différentes villes circulent, la police lausannoise les nie estimant avoir agit « sans ordre politique pour intervenir » 3 .

Il est ici rappelé que l’action policière doit impérativement être proportionnée, c’est à dire de résulter d’une pesée complète des intérêts publics et privés en cause. Les mesures à disposition de la police sont nombreuses pour faire respecter l’ordre public, allant de la simple présence (comme c’est le cas actuellement pour le deal de rue à Lausanne), à l’arrestation provisoire (jusqu’à 12h sans ordre du Ministère Public), en passant par le contrôle d’identité ou l’interrogatoire. Quand aux tests ADN ils doivent être demandés par le Ministère public et autorisés par le Tribunal des mesures de contraintes, conformément aux articles 255 ss du Code de procédure pénale, au vu de l’atteinte considérable que cela représente pour la personnalité du prévenu.

Il est également rappelé que de nombreuses manifestations récurrentes sont tenues à Lausanne sans autorisation et ne mènent à aucun contrôle d’identité, aucune arrestation, ni encore à la mise à disposition d’une force policière importante aux frais du contribuables lausannois (puisque les « organisateurs » de telles manifestations ne sont pas connus). Nous mentionnons par exemple les déplacements de supporters de football adverses à travers toute la ville pour se rendre à la Pontaise, ou les célébrations pendant les compétitions internationales de football dans toute la ville et en particulier sur la Place St-François, bloquée et arrosée de klaxons.

Ces faits, et la disproportion de l’action policière qui semble avoir été menée contre des objecteurs civils luttant pour une cause d’intérêt public, mènent les interpellatrices et interpellateurs à poser les questions suivantes à la Municipalité :
1) Quelles sont les infractions reprochées aux militants d’Extinction Rebellion pour les faits du 25 juillet 2019 ?
2) Qui a pris la décision d’intervenir, d’arrêter et de détenir préventivement les activistes lors de cette manifestation ?
3) Si aucun-e Municipal-e n’est à l’origine de cette décision, tel que cela semble ressortir des déclarations du porte parole de la Police de Lausanne (« sans ordre politique pour intervenir » 4 ), un membre de la Municipalité était-il/elle au courant de cette intervention et des mesures prévues ?
4) La Municipalité estime-t-elle proportionné de procéder à l’arrestation, la détention préventive et la fouille complète, à nu, de personnes qui bloquent pacifiquement une route durant deux fois 7 minutes ?
5) Si c’est le cas, la Municipalité peut-elle expliquer les intérêts publics ou les nécessités d’enquête qui poussent la Police lausannoise à procéder à ce genre de mesures et qui les légitiment, selon elle ?
6) Si ce n’est pas le cas, une remise à l’ordre et/ou des sanctions contre les policières ou policiers ayant décidé de mener ces mesures vont-elles être prononcées ?
7) La Municipalité peut-elle confirmer ou infirmer que des demandes de prises d’ADN ont été requises de la part de la Police aux activistes d’Extinction Rebellion ?
8) Si c’est le cas, la Municipalité peut-elle indiquer comment cette demande a pu être faite par la seule police lausannoise, sans autorisation du Ministère public ou du Tribunal des mesures de contraintes ?
9) La Municipalité peut-elle expliquer pour quelles raisons ces mesures ont été prises contre Extinction Rebellion et ne l’ont jamais été, par exemple, contre des supporters de football qui bloquent régulièrement des artères lausannoises importantes sans autorisation ?
10) La Municipalité peut-elle préciser si elle considère que la police lausannoise doit appliquer la pratique du 25 juillet 2019 à toutes les manifestations non- autorisées sur le territoire lausannois ?


Xavier Company
4
Article du 24 Heures du 26 juillet 2019 : « La police serre la vis à Extinction Rebellion ».

1 Article du 24 Heures du 31 juillet 2019 : « Extinction Rebellion accuse la police d’avoir voulu humilier et intimider ».
2 Article du 24 Heures du 26 juillet 2019 : « La police serre la vis à Extinction Rebellion ».
3 ibid.
4 ibid.

Intervention communale, Lausanne, Xavier Company

Déplacements des supporters de foot

Intervention

Je déclare mes intérêt : je suis supporter du LS depuis ma prime enfance, malgré le boycott que je m’impose depuis l’arrivée de son nouveau propriétaire.

Pour moi le football c’est une fête, c’est un événement populaire qui déplace les foules, indépendamment de leurs origines, milieu social, orientations religieuse ou politiques. J’aurais certainement plaisir à suivre un match du LS aux côtés de notre collègue De Haller et certainement l’avons-nous déjà fait, sans le savoir.

Pour moi le LS c’est une Pontaise pleine à craquer, 14’300 personnes, pour le derby contre servette, avec un but de Pantelic après 10 minutes de jeu, et une défaite 5-2 synonyme de perte du championnat. Un peuple lausannois triste, déçu, mais aucun heurts. – C’est encore une demi finale de coupe à St-Gall, alors que le LS est en ligue B, voyage en bus (eh oui !) de près de 4h, escorté par la police, puis dans un tunnel grillagé, dans un stade ou nous étions une trentaine de Lausanne, pour gagner à 10 contre 11 contre une équipe de ligue A et passer en finale de la coupe… et toujours sans heurts.

Pour moi ces supporters qui veulent, selon les dires même de la Municipalité “marquer le territoire” s’apparente plus à l’instinct animal qu’à la volonté de fêter le foot. Toute ma vie j’ai fêté le foot et je vais continuer de le faire, mais la violence qui y est liée, l’idée qu’il faut absolument allumer des fumigènes, parader dans toute une ville, comme une armée, pour se sentir suffisamment viril pour venir fêter le foot doit être tout bonnement rejetée. Et à ceux qui viendraient nous parler de liberté d’expression et de manifester, droits fondamentaux qui me sont chers, qu’on m’explique pourquoi les supporters de football sont les seuls desquels on accepte qu’ils manifestent sans annonce, sans itinéraire, sans personne de contact et sans discussion préalable. Même des gymnasien qui manifestent pour le climat se conforment à ces exigences, et de façon plutôt stricte.

Face à cette situation, la réponse de la Municipalité est vide et me rend perplexe. A lire le rapport-préavis on croirait que la situation va bien et que l’ont peut s’en contenter. Aucune mention, aucune, sur ce qui se fait dans les autres villes alors que le postulants lui-même s’est rendu suivre des arrivées de supporters, par cars, dans d’autres villes. Une volonté de la Municipalité de “ne pas communiquer les montants des coûts engendrés par la police lors de ces défilés”, alors que c’est exclusivement la ville qui les couvre. Par les supporters, pas les clubs, pas INEOS. Par contre ce n’est pas la ville qui récupère les billets d’entrée au stade…

Nous ne sommes pas dans une manifestation ordinaire, parce que ces gens, en ne transmettant pas de personne de contact, ont pour but de se soustraire à l’autorité. Et ils ne représentent pas les supporters de football. Ils en ternissent l’image.

Donc oui, pour la sécurité de tous, pour l’image de football, pour réduire les coûts de la Ville aussi, la proposition de M. Dana doit être examinée et la Municipalité ne l’a pas faite, elle l’a botté en touche.

Bien que les vœux, surtout le premier, ne nous déplaisent pas, nous aurions plutôt voulu les voir dans le corps du rapport-préavis et c’est pourquoi le groupe des Verts s’abstiendra ou rejettera majoritairement ce rapport-préavis.

Xavier Company

Ilias Panchard, Intervention communale

Formation des policières et policiers

Intervention

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les membres de la Municipalité, chères et chers collègues,

Nous revenons fréquemment dans ce conseil sur les pratiques policières.
Et c’est une très bonne chose car la police est dépositaire de
l’autorité publique. Par cela son travail doit être surveillé en
détail, débattu dans la sphère politique et les pratiques
policières doivent pouvoir être poursuivies si cela s’impose. En
somme, l’action policière est souvent soumise aux critiques dans le
débat public et c’est tout à fait légitime.

Avant de critiquer de nombreux aspects de la formation donnée à l’Académie de Savatan, commençons par saluer certaines approches de la formation des policières et policiers de la ville de Lausanne qui semblent particulièrement adaptés au contexte de travail local, par exemple le lien fort avec des institutions comme Fleur de Pavé ou le Point d’eau.

Je n’apprends rien à personne en affirmant que la formation des policières et policiers est essentielle pour les préparer à exercer leur travail de la meilleure manière possible. Cette formation se fait en partie à l’Académie de police de Savatan, académie qui, comme l’a bien détaillé notre collègue Misiego, a subi un flot de critiques important en 2018.

Un reportage édifiant de la RTS faisait état de nombreux témoignages d’anciennes recrues considérant une partie de leur formation en décalage avec la réalité de terrain de leur futur travail.

Ce constat est par exemple partagé par le syndicat de la police judiciaire genevoise, Fréderic Mulmann, qui affirmait dans les médias qu'”il y a beaucoup de domaines où nous nous rendons compte qu’il y a des lacunes“, et que “en effet, les acquis élémentaires que nous sommes en droit d’attendre lorsque les policiers arrivent dans les brigades ou à leurs postes, ne sont pas à la hauteur.”

Suite à ces nombreuses critiques, une étude indépendante a été mandatée par le canton de Vaud, sous la houlette de la conseillère d’Etat Béatrice Métraux afin de faire le point sur les méthodes d’enseignement et le style d’encadrement à l’Académie.

Cette étude a mené à un début de réforme de la formation dispensée à l’Académie de Savatan pour la rentrée 2019 : une formation qui s’urbanise et se distancie de l’approche militaire tant décriée.
Avec des évolutions bienvenues telles qu’une remise en question de certaines pratiques considérées comme particulièrement violentes ou la suppression de cet archaïsme qu’est la cérémonie de lever de drapeau hebdomadaire.

Cela montre bien que les problèmes soulevés dans les médias et mis en avant dans ce postulat ne sortent pas de nulle part.

Ce que demande ce postulat, au niveau lausannois, est pourtant simple à comprendre : examiner plus en détail la formation donnée à Savatan et éventuellement décider de mettre en place une formation complémentaire au niveau lausannois. Ni plus ni moins.

La ville pourra détailler les conditions de la formation à Savatan. Et le cas échéant expliquer en quoi la formation de Savatan a évolué ces derniers temps, à quel point elle permet de répondre aux nombreux défis auxquels la police et les citoyen-ne-s de cette ville sont confrontés et surtout entrouvrir des pistes pour faire évoluer la formation des policières et policiers lausannois.

Nous serions ravis de pouvoir disposer de ces informations par écrit et ce postulat est l’occasion idéale pour ce faire.

Le groupe des Verts vous recommande ainsi, à l’unanimité, de transmettre le postulat à la Municipalité.

Ilias Panchard

Intervention communale, Xavier Company

Politique contre le deal à Lausanne

Intervention

Je me joins tout d’abord à la remarques de M. Dupuis pour remercier la Municipalité pour la vision critique qu’elle a su avoir en demandant ce rapport, mais aussi pour la transparence dont elle a fait preuve en le publiant directement.

Le problème principal traité jusque-là par la Municipalité (à ce stade c’est un constat et pas un reproche) : c’est la visibilité du deal et le sentiment d’insécurité et d’impunité qu’il dégageait. Et sur ce point, c’est une réussite. Pour moi qui traverse tous les jours au moins deux fois la Riponne, la rue St-François et le Rue de Bourg, c’est vrai que bien que je ne me sois jamais senti en insécurité, ce n’est pas un sentiment agréable que d’être accosté pour des produits stupéfiants aussi facilement, l’image qui est rendue n’est pas des meilleures. La Municipalité a ainsi répondu à une demande et l’a bien fait.

Ce qui me dérange plus c’est l’accompagnement à ce “dispositif” comme il est nommé par la Municipalité comme cela ressort du rapport sur lequel je reviendrait.

Le constat est celui que nous annoncions, à l’annonce de son dispositif : on ne traite pas le deal de rue, mais que sa visibilité. le deal est toujours autant présent (c’est un fait maintenant), il est simplement beaucoup moins visible est donc beaucoup plus difficile à contrôler et surveiller. Il est parti dans les quartiers périfériques, dans les bus, ailleurs ou l’on ignore ce qu’il se passe, les conditions qui l’entourent etc.

Dès lors nous nous étions félicités du fait que ce dispositif qui était sensé être uniquement une “présence”, sans arrestation, car le but n’était pas de sanctionner, mais de pacifier un espace public et dans ce sens, c’est réussi… mais il fallait un suivi, une vision plus large. Celle-ci parait sur le point de démarrer grâce eà ce rapport et aux déclaration de ce jour de la Municipalité et qui contrastent avec les réponses aux autres interpellations sur ce thème, mais qui ont été réalisée avant le rendu de ce rapport.

En effet, quand on lit les réponses de la Municipalité aux premières interpellations on voit déjà pointer ces contradictions qui ne laissent pas présager des réponses applicables sur le long terme. Par exemple, à l’interpellation de M. Corboz, on lit d’abord “un autre obstacle tient à la nature même du trafic de stupéfiant, dit trafic de fourmis. Pour chaque dealer écarté de ses activités apparaît aussitôt, presque sans élai, un autre dealer pour le remplacer”. Ce qui est vrai. Parce que ce sont les réseaux qui sont puissants, pas les dealers. Ce sont les réseaux le problème, pas leur chair à canon dans la rue, et la présent policière ne fait qu’écarter la pointe de l’iceberg, mais pas le problème. Mais quelque lignes plus loin on nous dit : “il convient de pouvoir augmenter les possibilités d’incarcération, notamment pour les dealers de rue” et “La Municipalité espère que le Ministère public, notamment dans un souci de prévention générale, prononce d’avantage de courtes peines de prison”. Mais si vous vous rendez compte qu’une arrestation de dealers ne change rien au problème du deal, et que les dealers ne sont sensibles à aucune forme de prévention car c’est le système social autour d’eux et les réseaux qu’il faut toucher, en quoi remplir nos prisons de courtes peines de prison constitue la moindre solution ? C’est selon moi une solution rapide, d’urgence, mais qui ne règle aucun problème de fond… et empêche, comme le dit l’interpellation de M. Dupuis, de consacrer les forces de la police à d’autres tâches.

Comme l’a dit M. Dupuis, ce n’est pas n attaquant le deal de rue qu’on peut régler le problème général de la consommation de drogue.

Finalement, ce sont ces autres tâches qui font défaut dans le dispositif de la police et mon collègue Dupuis les a longuement et bien développées, je ne m’y attarderai pas, mais on parle notamment :

– au niveau de la répression, le travail de fond sur les réseaux;

– au niveau des accompagnements, la coordinations avec les acteurs sociaux et d’encadrement;

– les aspects de prévention et de prise en charge des consommateurs.

Pour conclure la réaction de la Municipalité après la reddition de ce rapport et les discussion de ce soir laisse entrevoir une vision à plus long terme et coordonnée. Nous nous en réjouissons et suivrons cela de près, raison pour laquelle nous soutiendrons la résolution proposée.

Xavier Company

Intervention communale, Xavier Company

Pour en savoir plus sur les activités de la commission de déontologie

Intervention

Réponse satisfaisante de la Municipalité… dans la mesure du possible. On sent qu’un accent a été mis sur la déontologie dans le corps de police ces dernières années et on espère que ce sera toujours le cas avec le nouveau commandant. Toutefois pour se doter réellement d’une indépendance nécessaire à toute commission de déontologie, la Ville doit changer sa composition et son mode de fonctionner, c’est le seul moyen d’aller plus loin dans cette recherche.

En effet, la commission est composée de :

  • un préposé à la déontologie, qui la préside ;
  • trois policiers représentatifs du corps de police ;
  • un spécialiste de la résolution de litiges, non rattaché au corps de police

Elle est donc composée de 4/5 de policiers.

On apprend en plus avec les réponses que le président, soit un policier, traite l’ensemble du dossier, mène les auditions et transmets à la fin à la commissions, qui opère en quelque sorte une forme de validation.

Une réelle indépendance doit l’être de fait, mais aussi de pensée et il convient, à mon sens, d’avoir une variété de points de vue pour s’assurer de cela.

En cela la solution proposée par la Municipalité n’est pas satisfaisante.

De même, comme l’a dit M. Gaillard, l’information sur cette commission n’est de loin pas suffisante, car pour un quidam il n’y a pas de différence entre le ministère public et la police et donc il faut un accès pour les cas ou l’on s’estime lésé par un acte de la police autre qu’un appel à la police, ou un passage au commissariat.

Finalement, une dernière chose qui m’a surpris dans les réponses de la Municipalité est le nombre de cas traité, important déjà… alors même que l’ensemble de ses barrières existe de facto pour y accéder. Seraient-ils supérieur en cas de gestion réellement externe au corps de police ?

Pour l’ensemble de ces raisons j’ai co-signé le postulat de M. Gaillard et j’espère que la situation évoluera, certes dans la directions prises par la Municipalité ces dernières années, mais avec un peu plus de cran, de transparence et d’indépendance.

Xavier Company

Intervention communale, Lausanne, Sara Gnoni

Campagne annulée contre le harcèlement de rue

Intervention

Merci Monsieur le Président,

La lutte contre les violences sexuelles en général et le harcèlement de rue notamment sont des thèmes qui sont une priorité dans notre programme politique de sécurité et d’égalité et qui me tiennent, comme vous le savez, particulièrement à coeur.

Ce sont donc des questions légitimes que l’interpellateur a posées, sur le fonds et évidemment pas sur la forme.

L’interpellation demandait en somme, comment a-t-on pu arriver en fin de réalisation de la vidéo, et se rendre compte soudain que le contenu n’était pas digne d’être utilisé pour de la prévention contre les violences à caractère sexuel.

Je pense qu’à ce titre, et même s’il est regrettable que des deniers publics aient été gâchés, la Municipalité nous informe dans  sa réponse qu’elle en a tiré des leçons afin d’éviter qu’un telle situation se reproduise.

La Municipalité nous explique en outre que, comme dans tout projet, il y avait un comité de pilotage mais dont ont fait partie uniquement la police judiciaire, la Fondation vaudoise contre l’alcoolisme et Profa ce qui pourrait expliquer la direction qu’a pris cette campagne, dans le sens que pour ces parties prenantes il s’agit surtout d’éviter que des personnes soient alcoolisées et puissent, dans cet état se mettre en danger.

En revanche, dans le cadre des campagnes de prévention contre le harcèlement de rue, le cercle des parties prenantes a été élargi, ce qui nous réjouit et ce qui permet d’avoir un message plus cohérent par rapport au but que l’on cherche à atteindre, c’est-à-dire le comportement des harceleurs et non pas celui des cibles.

Au delà de ceci, nous ne pouvons que féliciter la Municipalité pour sa décision et ce même, à un stade aussi tardif, et quasiment juste avant le lancement de cette campagne d’avoir réalisé que le message qui aurait été transmis était erroné, contre-productif voire stigmatisant pour les cibles de violences et de harcèlement qui vivent déjà souvent et même sans ce type de message, avec un sentiment  de culpabilité et de honte très prononcé.

Le message transmis aurait encore renforcé l’idée chez certains, qu’une personne sous l’effet de l’alcool peut être consentante du moment que c’est elle qui s’est mise dans cette situation. Il y a par exemple déjà eu des cas où des hommes qui ont violé en groupe une femme qui était sous l’emprise de l’alcool et qui ont dû la déplacer d’un endroit à un autre pour ce faire, ne voyaient pas vraiment où était le problème, donc si on commençait à faire passer ce message dans une campagne de prévention, ce serait vraiment grave.

La honte doit être placée vers ceux qui sont les auteurs d’actes de violences de tout genre et non pas du côté de la cible et je pense que ceci a bien été intégré dans le préavis sur la lutte contre le harcèlement de rue ainsi que dans la vidéo sur le musée du harcèlement de rue, ce qui me réjouis.

En conclusion, et malgré la perte encourue suite à l’annulation de cette campagne, nous soutenons le fait que mieux vaut une campagne annulée plutôt qu’elle eût été publiée avec des conséquences considérables sur le message partagé. Nous remercions donc la municipalité pour la réponse qu’elle a apportées à ces questions et que la lutte contre les violences sexuelles et sexistes continue.

Sara Gnoni

Intervention communale, Lausanne, Xavier Company

Remplacement des appareils radio du Corps de police

Intervention

Rapport-préavis 2018/24 Remplacement des appareils radio POLYCOM du Corps de police

Tout d’abord je souhaite remercier M. le rapporteur et M. le Municipal pour la possibilité qui nous a été donnée de visiter le centre d’intervention de la police de Lausanne. En effet, en tant que politiciens de milice il est important qu’on nous donne la possibilité de nous rendre compte du travail non seulement de nos agents de police, mais en règle général de tous les membres de notre administration. Nous avions eu l’occasion de le faire avec les correspondants de nuits, et à nouveau avec les agents de police secours, et c’est d’une importance considérable pour nous permettre de nous rendre compte des objets que nous traitons.

Concernant l’objet même de ce rapport-préavis, ma première question a été : “avons-nous le choix” ? Et la réponse est non.

En effet, cela fait 13 ans que nous utilisons les appareils actuels. Ce sont des appareils électroniques pointus, précis, et qui ne sont plus produits à l’heure actuelle et donc plus réparables. Si l’on ne veut dès lors pas revenir au bon vieux “talkie-walkie” dont on peut entendre les conversation en se branchant sur la bonne fréquence , nous devons mettre à jour notre flotte.

Mais le soutien des Verts n’est pas acquis uniquement par obligation, mais aussi par satisfaction sur la gestion de ce matériel qui est fait par la Municipalité en terme de durabilité :
– Comme je l’ai dit, cela fait 13 ans que nous utilisons le matériel actuel dont la production sera arrêté en 2019, et qui arrive dès lors en fin de vie au moment où nous en changeons ;
– Les nouveaux appareils seront de dernière génération et dès lors avec une longue durée de vie;
– le réseau national est utilisé par la quasi totalité des services d’urgence, et donc sa rentabilité et son efficience sont importantes;
– ce réseau existe depuis de nombreuses années et sera prolongé jusqu’en 2030 ou 2035 en tout cas, tout comme, selon ce rapport-préavis, le nouveau matériel dont l’acquisition est prévue.

C’est donc satisfait de ces constats en terme de durabilité que les Verts accepterons ce rapport-préavis dans leur grande majorité, et nous vous encourageons à en faire de même.

Xavier Company

Intervention communale, Lausanne, Xavier Company

Lutter plus efficacement contre les pratiques abusives

Intervention

R70 – Postulat de Conscience Pierre et crts – Lutter plus efficacement contre les pratiques abusives : pour l’instauration d’un reçu à l’occasion de chaque interpellation de police

Le Groupe des Verts soutiendra majoritairement ce postulat pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, le sentiment de discrimination d’une partie de la population dont a fait état M. Conscience doit être entendu. En effet, il n’est pas anodin d’être contrôle par les forces de l’ordre  et chacun a le droit d’être informé de ses droits en cas d’interpellation et de contrôle. Il s’agit là de la défense des droits les plus élémentaires des justiciables et on peut s’étonner que le PLR s’y oppose. De plus, ce postulat pourrait permettre de limiter les interpellations inutiles ou disproportionnées, tel semble être le cas dans les villes qui utilisent ce procédé en tout cas. Finalement, un tel reçu permettrait un meilleur contrôle et suivi des interpellations.

Il ne s’agit dès lors pas d’une défiance envers le corps de police, bien au contraire, cet outil permettrait une amélioration du système de police et surtout une transparence de son action. C’est, pour le Groupe des Verts, une façon aussi de légitimer le travail de la police en la rendant transparente et en permettant ainsi à la Municipalité de mettre en avant ses pratiques.

Par contre, il est sûr que nos craintes pour une surcharge du corps de police sont importantes, mais nous sommes sûrs que la Municipalité, en cas d’acceptation de ce postulat, saura mettre en place un système efficace permettant de ménager les forces policières tout en garantissant la transparence nécessaire à son travail et une défense adéquate des droits des personnes contrôlées.

Dès lors, afin de pouvoir notamment examiner ce qu’il se fait dans d’autres villes suisses et européennes, et compte tenu de la prise de position nuancée de M. Conscience ce soir visant à donner une large marge de manœuvre à la Municipalité pour la mise en place de son postulat, notre groupe le renverra majoritairement à la Municipalité, avec quelques abstentions.

Xavier Company

Lausanne

Politique contre le deal de rue à Lausanne : un premier virage, mais encore beaucoup de chemin

Communiqué de presse

Les Verts lausannois prennent note des propositions de la Municipalité de Lausanne pour réduire les aspects visibles du marché de la drogue à Lausanne, et saluent le virage pris vers la dissuasion du deal, plutôt que sa répression pénale à tout prix. La présence visible des forces de police dans la rue va en effet permettre de réduire le sentiment d’insécurité. Toutefois, l’aspect localisé et limité des mesures annoncées rappelle les tactiques choisies par le passé par d’autres municipaux successifs, de plusieurs couleurs politiques. Celles-ci n’ont jamais eu d’effet durable sur la distribution de drogues par des réseaux criminels, tout en déplaçant le deal dans d’autres quartiers. En maintenant le marché dans l’illégalité, la lutte contre le deal soustrait aux politiques publiques des moyens de prévention, tout en participant à stigmatiser uniquement la partie visible du problème: le deal. Les Verts appellent la Municipalité à construire une approche sur le long terme, qui tienne compte des avancées de la recherche en criminologie, en addictologie, et en politiques de santé publique.

Il faut tout d’abord saluer la volonté de la Municipalité de privilégier la présence policière afin de diminuer le sentiment d’insécurité et dissuader les transactions de stupéfiants. La mission d’occuper le terrain, plutôt que de chercher des arrestations et des interpellations, est une allocation bien plus efficace des ressources. Toutefois, ces mesures prises sous la pression populaire, annonçant des décisions “décisives”, “fortes” ou “proactives” semblent rappeler celles prises précédemment par d’autres Municipaux lausannois. Les actions coup de poing et les présences accrues mais forcément temporaires de la police dans la rue plaisent, en tout cas dans les quartiers concernés. Ensuite, dès que l’action s’essouffle, et que les autres missions de la police réclament des forces, tout retombe dans la routine. Les Verts lausannois sont d’autant plus conscients de ce constat d’échec que cette stratégie a autrefois été promue par un Syndic vert, avant de l’être par un Municipal popiste, puis socialiste, et désormais par un Municipal PLR. Il est donc temps d’apprendre des erreurs du passé pour éviter de les reproduire.

De plus, il est reconnu par les différentes études en la matière, qu’en s’attaquant au deal qui a lieu au centre-ville, on ne fait que repousser les problèmes dans les quartiers plus éloignés, ne permettant plus aucun contrôle sur le trafic ou la consommation, et dès lors péjorant les possibilités de prévention. Ces actions coup de poing laissent toutefois penser, à tort, que le problème a disparu dans les quartiers concernés, en stigmatisant les personnes du bas de l’échelle criminelle comme uniques responsables.

Augmenter la présence policière en rue est une première solution à saluer, en particulier autour d’endroits spécifiques comme les alentours des écoles, mais elle doit être accompagnée d’une augmentation du corps de police pour rendre cette mesure pérenne. En parallèle, une collaboration active doit être encouragée avec la police cantonale, qui mène les enquêtes de grande ampleur pour nuire aux réseaux derrière le trafic.

Les Verts préconisent ensuite d’agir sur les causes du problème, plutôt que sur les symptômes, en ayant la maturité d’appliquer des solutions ayant montré leurs preuves dans d’autres villes ou d’autres pays.  En effet, sur le long terme, la solution de la dépénalisation, réglementation et contrôle du marché de la drogue, doit être portée à l’ordre du jour, afin de permettre un meilleur suivi des personnes et une lutte réelle contre la dépendance.

Benjamin Rudaz, co-président des Verts lausannois, conseiller communal
Xavier Company, co-président des Verts lausannois, conseiller communal
Vincent Rossi, conseiller communal
Sophie Michaud Gigon, conseillère communale

 

Intervention communale, Xavier Company

Avoir fait l’armée : un atout pour commander la police de la ville de Lausanne ?

Intervention

A propos de l’interpellation urgente “Avoir fait l’armée : un atout pour commander la police de la ville de Lausanne ?” de Thanh-My Tran-Nhu

Je déclare mes intérêts, je suis civiliste.

La ville de Lausanne se doit d’être exemplaire.

La Police se doit d’être exemplaire.

Alors la Police de la ville de Lausanne, que dire ?

Si le « couac » très révélateur, de la non-féminisation de l’annonce contrairement à la totalité des autres annonces d’emplois de la Ville a été réparé, on peut se demander sous combien d’yeux cette annonce était passée avant sa publication sans que cette « coquille » comme l’a dit le Municipal, officier, ne soit pas repérée.

Il n’en est pas de même pour la mention de l’expérience militaire comme atout.

Je ne débattrai pas de savoir s’il s’agit d’un point de vue juridique d’un critère de discrimination à l’embauche et laisse ça au Tribunal de Prud’homme pour le cas où ce dossier y terminerait, mais d’un point de vue institutionnel il est aberrant de lire de tels critères, en 2018, dans une annonce d’une ville Suisse.

Selon le Municipal en charge, officier, il s’agit d’un atout car cela représente un indice prouvant une connaissance organisationnelle similaire à la Police lausannoise. Etait-il réellement nécessaire de formuler cela avec la mention du service militaire s’il s’agit uniquement d’une connaissance organisationnelle ? Les autres mentions, qui figurent également dans l’annonce, ne suffisaient-ils pas ?

Par exemple :

  • formation complémentaire dans le domaine de la sécurité publique;
  • expérience de gestion et de conduite du personnel comme cadre supérieur;
  • leadership, aptitudes avérées en négociation

Ces critères, qui, eux, ne portent pas de considération de genre, ne suffisaient-ils pas à choisir une personne apte à répondre aux connaissances organisationnelles et des réactions de crises qui requière le poste de commandant ou de commandante de la police de lausanne ? Etait-il vraiment nécessaire de mentionner, absolument, le service militaire comme critère souhaité ?

Cette mention désuète n’a rien à faire dans les atouts pour cette fonction.

Et finalement, pour répondre à M. De Haller, oui, il s’agit d’une discrimination et ce n’est pas moi qui le dit, mais les chiffres : il y a actuellement 0,72% de femme dans l’armée suisse, donc, de facto, il s’agit d’un critère discriminatoire.

Xavier Company