Intervention communale, Sara Gnoni

Pour une Ville de Lausanne sans mégots

Postulat

L’impact négatif des produits dérivés du tabac sur la santé n’est plus à démontrer. Ce qui est moins connu et perçu, en revanche est leur impact sur l’environnement. Un mégot jeté par terre, par la vitre de sa voiture ou souvent directement dans une grille d’égouts est un geste commun. En effet, les mégots de cigarettes sont les déchets les plus souvent jetés dans le monde : un tiers à deux tiers des restes de cigarettes est jeté dans l’environnement ou dans les grilles d’égouts¹ . Le taux de littering en général est aux alentours de 17% alors que pour les cigarettes il se monte à 65%.

Or, ce geste qui semble anodin a des conséquences très graves pour l’environnement. En effet, une grande partie des mégots finissent dans les cours d’eau et les polluent. On oublie souvent que les grilles d’égouts conduisent très souvent directement dans les eaux de surface. De plus les mégots jetés dans la nature peuvent causer des incendies, au niveau mondial ce sont 17’000 personnes qui meurent chaque année à cause de feux causés par des mégots, correspondant à un coût de plus de 27 milliards de USD². On peut supposer que c’est souvent la méconnaissance des conséquences de leur rejets de la part des fumeurs qui fait que les mégots sont jetés partout.

La composition d’un mégot est loin d’être anodine ni biodégradable: cellulose, acétate, glycérine, goudron, nicotine… qui ne sont pas biodégradables…. D’autant qu’il met entre trois mois et dix ans, selon les cas, pour se décomposer. Hautement nocif pour l’eau, les restes de cigarettes contiennent jusqu’à 7’000 produits chimiques différents, dont certains comme l’ ethyl phenol, des métaux lourds ou la nicotine sont toxiques. Certaines de ces substances sont connues comme des cancérigènes pour l’homme et d’autres nocives pour les organismes marins et d’eau douce.³

Par ce postulat, les postulants demandent à la municipalité d’étudier la faisabilité de mettre en place une grande campagne de sensibilisation contre le littering lié aux mégots de cigarettes et de viser une ville sans mégots.

Cette campagne devrait être co-financée par les grands cigarettiers qui ont par ailleurs leur siège à Lausanne. En effet, au même titre que d’autres produits dont les industriels ont la responsabilité après la consommation (peinture, contenants de pesticides, produits pharmaceutiques, …) les cigarettiers ont une responsabilité pour empêcher la pollution que les résidus des cigarettes engendrent.4

La Ville pourrait également prendre un partenariat avec des ONG comme Summit Foundation pour la mise en place de cette sensibilisation.

Une des actions pourrait aussi d’être d’organiser des journées de collectes de mégots à des endroits stratégiques de la Ville : plage, place, rue piétonne pour montrer l’impact en m3 par exemple.

Sara Gnoni

1 Schultz PW, Bator RJ, Large LB, et al. Littering in context: personal and environmental predictors of littering behavior. Environ Behavior 2013;45:35–59.
2 Leistikow BN, Martin DC, Milano CF. “Fire Injuries, Disasters, and Costs from Cigarettes and Cigarette Lights: A Global Overview.” Preventive Medicine 2000; 31: 91. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/10938207 . Accessed June 2010. The Tobacco Atlas (1 st Edition). “Cost of fires caused by smoking.” p.41. www.who.int/tobacco/en/atlas13.pdf . Accessed May 2010.
14 The Tobacco Atlas (3 rd Edition). “Cost of fires caused by smoking, selected countries.” p. 42. www.tobaccoatlas.org/downloads/maps/Chap11_EconomicCosts.pdf . Accessed May 2010.
3 Tobacco industry responsibility for butts: a Model Tobacco Waste Act, C. Curtis et al, Mars 2016
4 Tobacco industry responsibility for butts: a Model Tobacco Waste Act, C. Curtis et al, Mars 2016

Lausanne

L’OFSP fait obstruction à la recherche de solutions pragmatiques en matière de drogues

La logique des quatre piliers en matière de drogues est en vigueur en Suisse depuis les années 1990. Il est malheureux de constater qu’au-delà de ces grandes notions, la mise sur pied de solutions concrètes, réalistes, ou l’exploration par des études pilotes ou des projets de test, se heurtent encore à un certain dogmatisme de la part des offices fédéraux. La décision de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) de refuser l’ouverture de phases tests de régularisation du marché du cannabis est en cela contre-productive, et les Verts lausannois la regrettent. Les Verts soutiennent les démarches de l’Université de Berne et des villes de Genève, Zurich, Bâle et Bienne qui étaient intéressées par ce projet, et invitent les autorités fédérales à faire preuve d’ouverture.

Les Verts soutiennent depuis longtemps une position pragmatique, cohérente et responsable sur la problématique des addictions et des marchés illégaux qui en profitent. Cela signifie:

  • que toutes les addictions doivent être traitées avec les mêmes outils de prévention, de reconnaissance et de lutte;
  • qu’il faut admettre qu’un monde sans drogue est utopique et il faut donc apprendre à la gérer plutôt que l’interdire;
  • qu’il s’agit de prendre des mesures fortes de contrôle du marché en le réglementant et en le taxant, et d’exercer une forte répression du marché illégal résiduel.

Le dispositif prévu par le projet pilote de l’Université de Berne et des villes associées va prudemment dans la même direction.

Les villes suisses sont au premier rang pour constater et agir sur les conséquences sociales, économiques et sanitaires des addictions. Si des solutions peuvent parfois être conçues et proposées par le haut, au niveau fédéral, force est de constater que leurs preuves doivent être faites sur le terrain, dans les villes et les cantons concernés. L’étude proposée par l’Université de Berne offre à la fois un cadre scientifique et une opportunité de mettre au banc d’essai des solutions concrètes de réduction des risques. La recherche de solutions passe forcément par une prise de risque, dans ce cas très mesurée et encadrée. Refuser la proposition de tester l’effet d’une levée de l’interdiction de vente du cannabis, sous prétexte que l’interdiction existe, dénote une prudence excessive et n’est pas digne d’une politique critique et proactive.

Les Verts lausannois soutiennent énergiquement la participation de Lausanne aux projets pilotes des villes citées plus haut et sont donc furieux que Lausanne se retrouve également bloquée dans ses démarches. Les Verts sont convaincus que l’ensemble des outils disponibles doivent être étudiés et déployés avec détermination et pragmatisme et continueront de s’engager dans ce sens.

Lausanne

Enfin une politique cohérente en matière de drogue !

Communiqué de presse

Les Verts lausannois se réjouissent de la large acceptation par le Conseil communal du projet d’espace de consommation sécurisé de drogues. Depuis longtemps, les Verts tiennent une position pragmatique, cohérente et responsable dans la problématique des addictions et du trafic de drogue. Ils se félicitent dès lors de cette décision qui mène Lausanne vers une politique plus efficace et plus digne du traitement des addictions.

Les Verts accueillent très favorablement le dispositif de la Politique communale en matière de drogues qui a été adopté par le Conseil communal. Il s’agit d’une solution choisie par toutes les grandes villes suisses permettant aux consommateurs de trouver un lieu propre et sécurisé pour consommer, notamment par injection, et pour trouver un encadrement et un soutien.

Les Verts sont parfaitement conscients qu’il ne s’agit pas d’une solution miracle. Le dispositif à mettre en place ne propose rien pour endiguer le deal, notamment celui qui est le plus visible, celui du cannabis. Il ne fera pas diminuer par miracle la consommation en général, ni en particulier la consommation d’héroïne. Enfin, il n’a pas pour but de prévenir la consommation de psychotropes festifs, comme la cocaïne ou l’alcool.

En revanche, les buts poursuivis, parmi les quatre piliers de la lutte contre les méfaits des drogues, sont bien ici ceux de la réduction des risques, que ce soit les risques infectieux ou les risques de chute dans la précarisation et la désaffiliation, mais aussi les risques liés à la présence de seringues abandonnées. Un local de consommation sécurisé permet de prévenir ces risques.

« C’est une question de responsabilité envers la population » affirme Sophie Michaud Gigon.

Les améliorations apportées au projet par la commission sont à saluer. Elles en assurent la pertinence et un large soutien des professionnels, ainsi que de la population du quartier concerné. Cette dernière a d’ailleurs, sur la demande des Verts, obtenu un engagement formel de la Municipalité qu’une attention soutenue de sa part sera donnée aux demandes des habitants. Pour toutes ces raisons, en cas de referendum, les Verts soutiendront avec conviction ce projet, qui est une réponse humaine et digne à l’addiction aux drogues dures.

Un pas dans la bonne direction

« Il faut être pragmatique, cohérent et responsable sur la problématique des addictions et des marchés illégaux qui en profitent », assène Vincent Rossi.

C’est à cet effet que les Verts avaient lancé, en 2014 déjà, un groupe de réflexion interparti sur les drogues. Pour les Verts 1) toutes les addictions doivent être traitées avec les mêmes outils de prévention, de reconnaissance et de lutte ; 2) il faut admettre qu’un monde sans drogue est utopique et il faut donc apprendre à la gérer plutôt que l’interdire ; 3) il s’agit de prendre des mesures fortes de contrôle du marché en le réglementant et en le taxant, et de d’exercer une forte répression du marché illégal résiduel. Le dispositif prévu va dans cette direction et permet à Lausanne de se mettre à niveau dans le soin apporté à celles et ceux qui sont dans la grande précarité de l’addiction.

Sophie Michaud Gigon, cons. communale, membre de la comm. interpartis sur les drogues
Vincent Rossi, cons. communal, membre de la commission interpartis sur les drogues
Léonore Porchet, conseillère communale, présidente des Verts lausannois

Lausanne

Politique communale en matière de drogues

Ouverture d’un espace de consommation sécurisé (préavis 2016/41)

Déclaration commune de soutien

Le Conseil communal débattra ce soir, 31 mai, de la création d’un lieu pour la consommation encadrée de drogues. A la suite de huit autre grandes villes du pays, Lausanne se doterait ainsi d’un élément important de tout dispositif de réduction des risques, en application de la politique des drogues fondés sur les quatre piliers ancrée dans la législation fédérale depuis une décennie. Après l’échec populaire de 2007, c’est un projet nouveau et différent qui a été élaboré par la Municipalité et travaillé en la commission.

Les soussignés, représentants de groupes qui soutiendront en totalité ou en majorité le préavis soumis au Conseil communal, s’engagent à défendre ce projet ensemble pour les raisons suivantes:

  • L’aide à la survie pour les personnes souffrant d’addictions aux drogues est une tâche importante des collectivités publiques, et un espace de consommation constitue un moyen important d’assurer cette prestation
  • La réduction de la consommation de drogue dans l’espace public, et la diminution des effets négatifs qui en découlent, est un objectif fondamental tant pour la dignité des personnes concernées que pour la vie quotidienne des habitants
  • L’espace de consommation a été conçu en concertation avec les milieux de la dépendance au sens large et bénéficie du soutien de l’ensemble des réseaux et milieux professionnels concernés
  • La concertation avec le quartier du Vallon, où sera implantée la structure, a fait l’objet d’efforts particuliers, et les riverains n’expriment aujourd’hui pas de rejet du projet
  • L’accès à la thérapie, notamment à travers le contact personnalisé qui peut se nouer dans un tel lieu, sort renforcé de l’existence d’un local de ce type
  • Le programme de « jobs à seuil adapté » qui accompagne le projet met un accent bienvenu sur l’importance de la réinsertion sociale et professionnelle

La commission a apporté plusieurs modifications au projet municipal, qui concernent tant le cercle des bénéficiaires, pour lequel une priorité aux résidents vaudois est proposée, que les horaires d’ouverture, qui ont été élargis. L’évaluation du dispositif, le conventionnement de la collaboration avec la police et l’information des habitants du quartier ont également été précisés.

Dans l’esprit de ces travaux constructifs, les soussignés s’engageront, dès le vote du Conseil communal, dans un travail d’information et de conviction auprès des citoyens lausannois, dans le cadre d’une coalition aussi large que possible dépassant les seuls représentants politiques.
Florence Bettschart, présidente du Parti libéral-radical
Pierre Conscience, conseiller communal, secrétaire de solidaritéS Vaud
Manuel Donzé, président du groupe Le Centre
Benoît Gaillard, président du Parti socialiste
Alain Hubler, président du groupe Ensemble à Gauche
Sophie Michaud Gigon, conseillère communale, Les Verts

Intervention communale, Sophie Michaud Gigon

Pour un espace de consommation sécurisé

Intervention

Une voie pragmatique et responsable

Chacun d’entre nous a déjà fait le deuil d’une société sans addiction : le sucre, le café, l’alcool, l’écran, le jeu, le sexe tiennent certains êtres humains sous grande dépendance et ont un impact et un coût sur la société. Sans aucun débat émotionnel, des politiques de santé publique sont menées pour prévenir ces dépendances et en atténuer leurs dégâts, parfois irrémédiables. En revanche, lorsqu’il s’agit de psychotropes, et en particulier de drogues dures, le débat devient émotionnel. Mais regardons ici aussi les faits et regardons les chiffres.

Si les Verts sont précurseurs et progressistes dans le dossier drogue en général, ce n’est pas parce que nous sommes « POUR » la drogue – qui peut l’être ?- , mais bien parce que nous sommes pragmatiques et recherchons des solutions sans idées préconçues. C’est une question de responsabilité envers la population.

La politique des 4 piliers est entérinée depuis 10 ans au niveau fédéral: la répression policière, la prévention, la prise en charge addictologique et la réduction des risques. Un espace de consommation sécurisé fait justement partie du système de réduction des risques. Il n’y a rien d’innovant dans cette solution, une forme de consensus s’est dégagée autour de cette mesure et Lausanne suit ainsi l’exemple de 8 autres villes suisses, et de pays comme le Canada, la Hollande ou l’Allemagne.

Ainsi, puisque nous ne pouvons pas éradiquer la drogue – comme le disait le regretté chef de la police judiciaire neuchâteloise Olivier Guéniat -, nous pouvons au moins soigner et réduire les risques auxquels sont soumis les personnes gravement toxico-dépendantes. J’espère ne jamais avoir un de mes proches dans cette situation, mais je suis convaincue que si c’était le cas, je préférerais le savoir encadré par une équipe de professionnels que seul dans un endroit sordide et sale. La mise en place d’un espace de consommation sécurisé répond spécifiquement à un problème aigu pour une petite frange de la population fragile et marginalisée, qui a besoin d’une aide sanitaire et humaine.

En outre, la population lausannoise demande aussi une action publique qui diminuera les nuisances de la consommation de drogue dans l’espace public.

Après 10 ans, nous avons un recul certain et autant les professionnels que nous avons auditionnés durant ces derniers que les statistiques en fin de préavis indiquent qu’avec un espace de consommation sécurisé les conditions de consommation sont meilleures, ce qui conduit à moins de traitements pour des infections virales ou bactériennes – traitements très onéreux par ailleurs ; les overdoses mortelles diminuent, la consommation baisse lorsqu’on peut le faire dans un endroit propre et sûr, et les prises en charge thérapeutiques augmentent. Par ailleurs, nous assistons à une diminution des injections et de la présence de seringues dans les espaces publics. Ainsi, la réduction de la consommation de drogue dans l’espace public, et la diminution des effets négatifs qui en découlent, est un objectif fondamental tant pour la dignité des personnes concernées que pour la vie quotidienne des habitants.

Pour conclure, je rappellerai un des points sur lesquels les Verts ont insisté en commission:

L’intégration de la population du quartier accueillant le centre doit être optimale, l’information régulière et des contreparties discutées avec le quartier du Vallon.

L’évaluation du projet après 18 mois doit intégrer les effets sur le quartier comme d’ailleurs sur le reste des espaces publics de la ville où une diminution des nuisances est attendue.

Mesdames et Messieurs, chers collègues,

Au nom des Verts, je vous invite à vous fier à l’expérience de ces 10 dernières années et aux statistiques qui indiquent des résultats encourageants. Le statu quo n’est aujourd’hui pas une option. Ce projet-pilote à durée limitée est la voie pragmatique et responsable que nous vous enjoignons à suivre en adoptant ce préavis municipal.

Sophie Michaud Gigon

Intervention communale, Véronique Beetschen

Personnes âgées et/ou en situation de handicap: quel accès et quelle mobilité pendant les grandes manifestations ?

Les grandes manifestations organisées à Lausanne entraînent des perturbations de trafic importantes en ville. Dans certains quartiers, de nombreuses rues sont entièrement fermées à la circulation ; en outre, des lignes de bus ne circulent plus sur certains tronçons ou sont déviées le jour de l’événement.

Pour les personnes valides, cette situation comporte des désagréments, mais ils ne sont pas insurmontables. Des solutions peuvent être trouvées pour se déplacer malgré tout, par exemple marcher jusqu’au prochain arrêt de bus en activité ou la prochaine station de métro ou enfourcher son vélo pour contourner la zone concernée.

Il en va tout autrement pour les personnes dont la mobilité est réduite par l’âge ou par un handicap temporaire ou permanent. Si les services spécialisés de transport pour personnes à mobilité réduite ne peuvent pas accéder à leur domicile, il peut être très difficile, voire impossible, pour ces personnes de sortir de chez elles les jours de grande manifestation, même pour des motifs importants. Par exemple, la course des 20 km de Lausanne coïncidait cette année avec le premier tour de l’élection présidentielle française ; ce jour-là, des citoyennes et citoyens français en situation de handicap habitant dans le bas de la ville ont connu de grandes difficultés pour se déplacer au bureau de vote situé à Beaulieu.

En outre, de nombreuses personnes âgées et/ou en situation de handicap sont clientes des services d’aide et de soins à domicile et certaines d’entre elles ont besoin de ces services sept jours sur sept. Lorsqu’il y a des perturbations de trafic importantes, il devient difficile pour les CMS d’accéder au domicile de leurs clients.

Il est souhaitable que les personnes âgées et/ou en situation de handicap ne soient pas totalement bloquées chez elles les jours de grandes manifestations ; il est par ailleurs nécessaire que ces personnes puissent recevoir l’aide et les soins à domicile dont elles ont besoin.

Dès lors, nous posons à la Municipalité les questions suivantes :
1. La Municipalité a-t-elle mis en place des mesures pour faciliter les déplacements des personnes à mobilité réduite les jours de grandes manifestations? Si oui, quelles sont ces mesures?
2. La Municipalité autorise-t-elle les services spécialisés de transport pour personnes à mobilité réduite, par exemple Transport Handicap, à accéder aux zones touchées par les restrictions?
3. La Municipalité a-t-elle mis en place des mesures pour garantir l’accès des services d’aide et de soins au domicile de leur client les jours de grandes manifestations ? Si oui, quelles sont ces mesures?
4. La Municipalité fait-elle un effort particulier d’information auprès des personnes âgées et/ou en situation de handicap sur les restrictions de circulation les jours de grandes manifestations et sur les possibilités pour elles de se déplacer hors de leur domicile ?

Nous remercions par avance la Municipalité de sa réponse.

Véronique Beetschen

Intervention communale

Couper l’herbe sous les pieds des dealers

Intervention Rapport-préavis No 2015/66
Réponse de la Municipalité au postulat Hadrien Buclin et consorts : « Projets pilotes concernant la consommation de cannabis envisagés par les grandes Villes suisses : Lausanne ne doit pas rester à la traîne ! ».

Les Verts sont très attentifs à la santé publique et demandent de la cohérence dans la gestion de la problématique des addictions.

Aujourd’hui en Suisse, une dizaine de villes étudient sérieusement les possibilités de distribuer le cannabis et ses dérivés de manière légale et contrôlée. Ceci afin de lutter plus efficacement contre un marché libre hors de contrôle qui présente plusieurs défauts, dont celui d’alimenter des organisations criminelles et celui d’atteindre n’importe qui, y compris les enfants, en dehors de toute prévention.

Il n’y a rien de surprenant à ce que ce soit des villes qui étudient la question, car historiquement en Suisse, la gestion des problématiques liées à la drogue a toujours été d’abord abordée par les villes, avant toute législation fédérale. Ce point est important : les villes sont systématiquement confrontées en premier lieu ces problèmes et c’est elles et leurs habitants qui ressentent en premier le besoin d’agir de manière pragmatique et responsable.

Parmi cette dizaine de ville, Lausanne brille encore par son absence. Le postulat de M. Buclin est venu avec grande prudence inciter notre Ville à se joindre au mouvement. Nous sommes très satisfaits du rapport-préavis, lui aussi fort prudent, qui nous est présenté.

Nous sommes convaincus qu’il est nécessaire de trouver de nouvelles solutions permettant de lutter contre les effets négatifs du commerce illicite de cannabis. Mes préopinants les ont mentionnés : activités criminelles, impossibilité de faire de la prévention sur les points de vente, substances toxiques et taux de THC hors de contrôle. Ces solutions devront forcément, d’une manière ou d’une autre, offrir une alternative au commerce illégal. Autrement dit, le meilleur moyen de lutter contre les dealers de rue est bien de leur couper l’herbe sous les pieds !

Nous notons la position des auteurs du rapport de minorité. Les arguments présentés méritent que je les évoque. Quel signal voulons-nous envoyer à la jeunesse et aux parents ? Contrairement aux opposants, les Verts veulent donner un signal de responsabilité et de prise en main. Nous voulons que la ville montre qu’elle comprend la situation et qu’elle peut proposer une alternative réglementée, améliorant la sécurité des usagers et diminuant les nuisances du deal de rue. Au contraire, nous considérons que le signal consistant à dire qu’il faut continuer avec une recette sans résultat et renoncer à étudier toute possibilité d’améliorer la situation est un signal de défaite indigne de notre société.

La démarche décrite par ce préavis n’est pas inutile, dans la mesure où elle donne justement le signal de responsabilité que nous souhaitons et dans la mesure où elle contribue à activer un processus de réflexion des villes vers la Confédération, tel qu’il a toujours existé dans ce domaine.

Pour toutes ces raisons, avec la conviction que nous empruntons un chemin nécessaire avec la prudence requise, voire plus, et en faisant face à nos responsabilité dans l’intérêt du bien public, les Verts vous recommandent d’accepter ce rapport-préavis.

Vincent Rossi

Lausanne, le 6 septembre 2016

Intervention communale

Des aménagements pour les proches aidants

Sur le postulat “Des aides concrètes pour les proches aidants”

 

Un proche aidant est une personne qui consacre de son temps au quotidien auprès d’un proche atteint dans sa santé, son autonomie. Il assure à titre non-professionnel et de façon régulière une présence et un soutien pour l’aider dans ses difficultés et assurer sa sécurité. Il peut s’agir d’un membre de la famille, d’un voisin ou d’un ami.

Voici un sujet qui touche tout le monde, voici un sujet qui n’est ni de droite ni de gauche.

Qui d’entre nous n’a pas côtoyé directement ou indirectement des gens qui s’occupent de leurs parents âgés ou de leurs enfants qui connaissent des difficultés au quotidien et qui ne s’en sortiraient pas sans l’aide de leurs proches. Qui n’a pas côtoyés des gens proches du burn out ou atteints eux-mêmes dans leur santé parce qu’ils devaient gérer leur vie professionnelle en même temps que la maladie ou la perte d’autonomie de leurs parents proches ? Les femmes sont particulièrement touchées par ce phénomène.

C’est une réalité qui ne fera d’ailleurs qu’augmenter avec le vieillissement de la population : les proches aidants représentent une ressource inestimable pour la société. Imaginez si l’Etat devait se substituer et compenser les heures effectuées par sens du devoir ou par amour par les proches aidants. A l’échelle suisse, cela représente une économie de 3.7 milliards de francs par an pour la santé publique.

Des associations se sont mises sur pied pour aider les proches aidants. Emotionnellement aussi, certaines situations sont très lourdes. Le canton a mis sur pied un véritable programme pour les proches aidants. Et en tant qu’employeur, il octroie des congés jusqu’à concurrence de 12 jours par an.

Afin de prendre soin de cette ressource et afin de reconnaître leur immense contribution, le postulat de notre ancienne collègue Sylvianne Bergmann demande à la Ville, en tant qu’employeur, d’informer son personnel sur les aides en place, ainsi que d’étudier la possibilité d’octroyer des jours de congé et un aménagement provisoire du temps de travail.

Le sujet connaît un tel soutien qu’il pourrait être directement envoyé à la Municipalité qui ferait des propositions sur ce qui est juste et gérable pour Lausanne en tant qu’employeur.

Sophie Michaud Gigon

Lausanne, le 6 septembre 2016

Intervention communale

Des aides concrètes pour les proches aidants

 Postulat

Le rapport-préavis sur la “Politique sociale de la vieillesse” (no 2013/06) citait un extrait du rapport “Politique cantonale Vieillissement et santé”:[1]

” Les proches aidants jouent un rôle majeur dans le maintien des personnes à domicile des personnes âgées, en particulier dépendantes. La politique du maintien à domicile vaudoise ne saurait être réalisée sans leur apport précieux. Or ce rôle d’aidant peut avoir des conséquences négatives sur leur propre santé ou leur vie professionnelle et sociale”.

Le 17 mars 2016, les Services de la Santé publique et des Assurances sociales et de l’hébergement invitaient tous les acteurs des soins et de l’aide à domicile à participer à des Assises de l’aide et des soins dans la communauté, d’où il ressort les informations suivantes.

Selon les projections du Canton pour les 24 prochaines années, on devrait assister à un doublement de la population des personnes âgées de plus de 75 ans dans le canton (de 58’000 aujourd’hui à 118’000).[2]  Si une vision politique de maintien à domicile n’est pas repensé et ajusté pour faire face à ce contexte en changement rapide, il faudra de nombreux lits d’EMS (3000). La facture prévisible serait de 50 millions pour les communes.

Actuellement, chaque année, la Ville de Lausanne verse des dédommagements au canton comme participation à l’Association vaudoise d’aide et de soins à domicile (AVASAD). Les comptes 2015 (préavis 2016/30) font état de Fr. 11’293’000.-

Le maintien à domicile de personnes âgées, d’enfants et de personnes malades ou accidentées, de personnes handicapées ne sauraient exister sans l’apport des proches dans leur prise en charge.

Certains, qui épaulent un proche atteint dans son autonomie ou sa santé, consacrent jusqu’à 50 heures par semaine voire plus dans ces tâches d’assistance.

Les répercussions économiques de cette aide sont considérables pour la société.

Même en bénéficiant d’aide, les proches aidants atteignent tôt ou tard leur limite.

Bien que des hommes soient souvent des proches aidants (ex. conjoint, fils)  ce sont avant tout les femmes qui assument à une forte majorité le rôle de proche aidant, tout en exerçant une activité professionnelle. C’est pourquoi, devant l’ampleur de la tâche, beaucoup réduisent leur temps de travail voire abandonnent leur emploi. Cette situation a des répercussions importantes pour elles, notamment au niveau des pertes de cotisations sociales. Des répercussions se manifestent aussi au niveau de la santé (prise de médicaments, dépression, visites fréquentes chez le médecin etc). On parle alors de “patients cachés” qui une fois libérés de leur charge, tombent souvent malades.

Ce qui semble admis, c’est qu’un proche aidant sur trois est atteint dans sa santé avant de demander de l’aide.

Si la Confédération souhaite (programme global “Santé 2020”)[3] améliorer la situation des proches aidants en créant notamment des bases légales pour améliorer la sécurité juridique en cas d’absences au travail pendant une courte durée ou introduire un congé d’assistance, l’objectif est également de sensibiliser les entreprises et communes à cette thématique.

Le Canton de Vaud a introduit la possibilité pour les collaborateurs et collaboratrices de bénéficier de congés pour les proches aidants jusqu’à concurrence de 12 jours par an, pour accompagner un proche atteint dans sa santé ou son autonomie (directive technique 35.09).

La commune de Lausanne, en tant qu’employeur, devrait être en mesure de prendre en compte les problèmes rencontrés par des proches aidants, qui se trouvent certainement parmi ses employés.

Ce postulat demande à la Municipalité:

  • de mettre à la disposition des employés des informations générales sur les aides financières qu’ils peuvent solliciter et les offres de décharge dont ils peuvent bénéficier dans leur commune ( par ex.association de proches aidants)
  • d’aménager des conditions de travail pour les proches aidants qui le sollicite (par ex. horaire flexible, possibilité de s’absenter ponctuellement)
  • d’étudier la possibilité d’octroyer quelques jours de congé non payés aux collaboratrices et collaborateurs qui accompagnent  un proche atteint dans sa santé ou son autonomie.

 Sylvianne Bergmann

 

Lausanne, le 11 juin 2016

 

 

 

 

 

 

 

[1] Source: rapport Politique cantonale Vieillissement et santé. Canton de Vaud, 12 janvier 2012
[2] D’après Statistique Vaud, la part des personnes âgées resterait stable dans la Ville de Lausanne
[3] Soutien aux proches aidants-Rapport du Conseil fédéral- 5 décembre 2014

Intervention communale, Lausanne

STOP au glyphosate et aux pesticides à Lausanne!

Postulat

Le glyphosate est le désherbant le plus utilisé au monde, car, de par son caractère total, cet herbicide élimine toutes les plantes avec un simple épandage. En Suisse, on le retrouve dans plus de 70 herbicides homologués, ce qui en fait aussi le désherbant le plus vendu de Suisse.

D’après l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG), les ventes de glyphosate en Suisse en 2013 seulement sont évaluées à 300 tonnes et elles sont en augmentation. Le glyphosate est utilisé en agriculture, en horticulture, dans les vergers, le long des voies ferrées, pour l’entretien des chemins et par les particuliers. Une étude menée à l’échelle européenne en été 2013 a permis de détecter la présence dans l’urine humaine de résidu de glyphosate, dans des proportions variables selon les pays. Les échantillons prélevés en Suisse contenaient eux aussi des traces de glyphosate. L’émission du 29 septembre 2015 de “A bon entendeur”, a montré́ que dans les urines de 40 romands testés, 37.5% contenaient des résidus de glyphosate entre 0.1-1.55 μg/l. Déjà̀ à ce niveau de concentration infime, le risque de développement d’un cancer est possible.

Ces dernières années déjà, les indices se sont multipliés qui laissent supposer que le glyphosate et certains de ses adjuvants sont 1000 fois plus toxiques[1] qu’on ne l’avait supposé ou admis, que ce soit pour l’environnement (p. ex. contamination des nappes phréatiques), mais aussi pour l’homme et l’animal. La Suisse vante régulièrement sa production de nourriture durable, mais elle peine à reconsidérer l’utilisation de pesticides.

Suite de l’annonce du 20 mars 2015, de requalification du glyphosate par l’OMS, deux distributeurs – Migros et Coop – ont annoncé avoir retiré de leurs rayons les produits contenant du glyphosate. Mais ces produits restent en vente dans d’autres magasins comme Jumbo ou Hornbach ainsi que chez des détaillants. De même, l’usage du glyphosate en agriculture, à des concentrations 100 fois supérieures à celle des produits vendus aux privés, reste extrêmement répandu.

La population suisse, comme celle de Lausanne consomme un dangereux cocktail de pesticides au travers de ce qu’elle mange, de l’air qu’elle respire, de l’eau qu’elle boit. Il faut protéger les humains et les animaux contre tout risque de maladie qui y serait lié. Le glyphosate étant le pesticide le plus utilisé du pays,

Pour finir, des enquêtes ont démontré que les règles de sécurité liées à l’usage de pesticides sont souvent méconnues ou non respectées (utilisation de gants, d’une tenue couvrant la totalité du corps et usage d’un masque filtrant pour la respiration), aussi bien par les particuliers ou les professionnels.

La ville de Lausanne figure comme “commune zéro pesticide” selon une enquête bénévole de Greenpeace. Cela démontre qu’elle a déjà une approche qui va dans le bon sens. Il faut qu’elle le fasse savoir aux habitants et aux autres collectivités publiques et qu’elle continue la démarche dans ses domaines agricoles.

Au vu des constats:

  • le « glyphosate » est la substance chimique la plus utilisée comme herbicide en Suisse,
  • la classification par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) le 20 mars 2015 de la substance glyphosate dans la catégorie « probablement cancérigène pour l’homme »,
  • le fait que l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG) estime que plus de 300 tonnes de glyphosate ont été vendues en Suisse en 2013, en augmentation régulière,
  • le renoncement de certains distributeurs de continuer à vendre des produits contenant du glyphosate à l’intention des particuliers (Migros, Coop),
  • le devoir qu’à la Ville de Lausanne de protéger la santé de ses employés en tant qu’employeur,
  • le devoir qu’à la Ville de Lausanne de protéger sa population, ainsi que de l’informer et de promouvoir des pratiques de précaution à son égard,

le présent postulat demande à la Municipalité:

  • de partager son expérience et compétence sur  l’entretien “zéro pesticide” des parcs et espaces publics de la commune,
  • d’établir un plan d’action et d’information à l’intention des habitants de la commune pour promouvoir activement le jardinage et la culture sans recours aux pesticides et en particulier le renoncement au glyphosate (p.ex. publication régulière d’astuces, collecte des pesticides en stock chez les particuliers pour assurer une élimination correcte, collaboration avec la Fondation suisse pour la pratique environnementale PUSCH, promotion de la Charte des Jardins, promotion de la permaculture)
  • d’établir un plan d’action d’agro-écologie avec et pour les agriculteurs qui gèrent les domaines agricoles intra et extramuros de la commune afin de renoncer au glyphosate et aux pesticides.

Séverine Evéquoz

[1] StopOGM Infos, mars 2016, Sara Gnoni, PanSwissProject : Glyphosate, des conclusions divergentes sur ses effets.