Intervention communale, Lausanne, Sophie Michaud Gigon

Aide et conseils pour se débarrasser de l’amiante

Intervention

Préavis «Organisation, compétences et actions communales relatives à la problématique de l’amiante» n° 2019/10

La Ville est organisée sur la problématique de l’amiante et le précise dans ce préavis.

Tous les bâtiments construits avant 1990 contiennent ce matériau utile dans la construction et fort dangereux pour la santé. On en retrouve donc hélas partout. L’impact sur la santé dépend comme pour toute substances toxiques du cumul et de la durée d’exposition, ainsi que du profil de la personne. Guy Gaudard l’a illustré pleinement. Pour ses propres bâtiments, la Ville est équipée, elle a même revu l’ordre des rénovations à faire. Les bâtiments scolaires ont été diagnostiqués en priorité ; sans pouvoir garantir qu’il n’y ait plus de traces, les travaux à effectuer l’ont été. Par ailleurs, la Ville souhaite intensifier l’information aux habitants en mettant aussi en avant le principe de précaution et en élargissant aux autres matériaux toxiques de la construction; c’est une bonne chose, il ne faut pas relâcher l’attention.

Là où les Verts voient aussi un enjeu, c’est dans le lien avec la population elle-même confrontée à des travaux. L’amiante et sa dangerosité est plutôt bien connue de la population. Comme pour toute substance toxique pour la santé, les questions qui taraudent les gens sont : à partir de quelle exposition est-ce grave pour ma santé, comment m’en prémunir, est-ce suffisant si je fais ceci ou cela etc. Nous n’avons pas forcément les connaissances ni les ressources pour avancer seul. Ces questions peuvent vite devenir anxiogènes et la Ville doit – tout en agissant – rassurer et surtout donner des pistes.

Si vous êtes propriétaire d’un appartement ou locataire d’un bail commercial et que vous envisagez des travaux, le problème de l’amiante s’imposera, mais vous ne saurez pas forcément quoi faire. Et si vous le savez, vous n’en aurez pas forcément les moyens, le désamiantage étant onéreux et s’ajoutant à une facture qui peut être déjà très importante selon les travaux. En bref, la Ville doit aussi accompagner les habitants, soit en soutenant financièrement les diagnostics, soit en établissant des protocoles avec ce qui est indispensable et ce qu’il est recommandé de faire. Bref, elle doit conseiller les gens et s’assurer que le problème n’est pas seulement pris au sérieux intellectuellement, mais dans les actes, en allégeant le cas échéant la charge reposant sur la personne prévoyant des travaux. Comme c’est ici une question de santé publique, un soutien du canton semble justifié.

Les Verts soutiennent avec ces remarques la réponse au postulat Gaudard et ce préavis municipal à l’unanimité.

Je vous remercie de votre attention.

Sophie Michaud Gigon

Feuille verte, Lausanne

Les architectes peuvent faire baisser la pression artérielle!

La Feuille verte n°44

Devant la réalité des coûts de la santé et des primes d’assurances maladie, on a tendance à oublier que la santé, c’est beaucoup plus que les soins. En Europe 65% de la population subit des niveaux sonores élevés, 40 millions de personnes respirent un air non conforme aux normes OMS, ayant des effets sur la santé. Et les études sont nombreuses aux Etats-Unis sur l’influence de l’urbanisme sur la sédentarité donc sur l’obésité.

En effet, notre santé est déterminée par notre capital génétique mais aussi et en grande proportion par nos conditions de vie, notre alimentation, le sport que nous faisons, les liens sociaux que nous tissons. Et pour ces paramètres, le cadre de vie est essentiel; c’est ainsi que la Ville est au cœur de la promotion de la santé.

Les Verts ont déposé plusieurs postulats demandant à la Municipalité de promouvoir un cadre de vie propice à la santé, comme par ex. un parcours vita reliant le nouveau quartier des Plaines-du-Loup au reste du tissu urbain en utilisant les forêts existantes.

Une majorité des effets bénéfiques pour la santé peuvent l’être sans faire de sport, mais par la pratique régulière d’activités physiques d’intensité modérée assimilables à des activités de la vie quotidienne. La principale stratégie étant de changer la perception des habitants sur l’offre du voisinage en commerces et services, afin qu’ils s’y rendent à pied, de créer une perméabilité avec les espaces verts alentours, de garantir le libre accès à des équipements sportifs ou des espaces extérieurs de qualité, bref des préoccupations que les Verts ont relayées ces dernières années dans leurs actions et interventions politiques.

La Municipalité vient de répondre à nos impulsions et va dans ce sens : avoir une vision globale de la santé pour toute la ville, favoriser le mouvement dans la population habituellement sédentaire, réduire les obstacles à la marche en milieu urbain et mettre en évidence les impacts de l’urbanisme et des transports sur la santé.

Car comme le répétait un médecin expert du sujet, l’urbaniste a un rôle crucial une fois que le patient a passé la porte du cabinet. Il peut créer des environnements qui invitent à la marche, à l’activité physique, à la rencontre. Le défi du futur est de modifier l’environnement pour que le choix sain soit le choix simple.

Sophie Michaud Gigon

Ilias Panchard, Intervention communale

Politique sociale communale de la vieillesse

Rapport-préavis Politique sociale communale de la vieillesse

Intervention

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les membres de la Municipalité,

Chères et chers collègues,

La soixantaine passée, une fois à la retraite, notre société a fortement tendance à déconsidérer les personnes âgées. Leur rôle social se réduit parfois comme peau de chagrin en peu de temps. Avec le vieillissement de la population, le défi consiste à développer une ville dans laquelle les personnes âgées se sentent elles aussi à leur place, se déplacent plus facilement, participent à des activités variées et puissent partager leurs expériences et contributions, passées ou actuelles, avec le reste de la population, en particulier avec les plus jeunes.

L’ambition est grande et cela s’inscrit évidemment dans la durée. Ce préavis est une étape supplémentaire dans ce sens et nous espérons que de nouvelles thématiques seront encore plus développées à l’avenir, notamment en mettant l’accent sur l’intergénérationnel ou la lutte contre l’isolement.

Premièrement, la démarche participative entreprise est à saluer. De même que la volonté d’inclure à l’avenir les associations qui représentent les aîné-e-s, par exemple lors de la construction de nouveaux quartiers.

La première priorité semble, comme le souligne le préavis, d’améliorer la communication sur l’offre déjà existante dans la ville, comme le point Info-seniors (espace Riponne) dont j’ignorais personnellement l’existence.

Ensuite, la volonté d’intégrer les besoins des personnes âgées dans les politiques urbanistiques, le logement ou les transports est une très bonne chose. Et ce dès le départ lorsqu’il s’agit de nouveaux projets.

Nous le voyons, plus on creuse ce sujet, plus les liens avec d’autres politiques augmentent. Le défi sera de réussir à coordonner efficacement ce plan d’actions tout en imaginant des synergies avec d’autres dicastères.

Le lien avec l’emploi est par exemple très intéressant, surtout à un moment où l’employabilité – ce terme barbare ! – des plus de cinquante ans a tendance à baisser aux yeux des employeur-e-s.

De même, créer des liens forts avec la politique des quartiers et des écoles permettrait de faire émerger des projets intéressants, en particulier sur l’intergénérationnel. Par exemple, la possibilité donnée à des aînés d’aider des instituteurs-trices dans l’accompagnement des élèves (lors d’activités en classe ou des sorties) pendant quelques heures par semaine, comme cela a été initié dans le canton de Neuchâtel avec un projet de Senectute, irait pleinement dans ce sens. Pour la plus grande joie des seniors intéressés et des écolier-e-s.

Enfin, la question de l’isolement est aussi un sujet crucial. Une difficulté réelle lorsque des personnes ont de plus en plus de peine à sortir de chez elle, avec tous les impacts sur leur vie et leur santé qu’on peut imaginer. Pour y répondre, un accompagnement ciblé, par exemple par des bénévoles, permettrait à ces personnes âgées d’être régulièrement accompagnées pour aller faire les courses, aller chez le médecin ou le coiffeur, ou bien encore pour se déplacer avec les transports publics. Cela pourrait se faire par exemple à l’aide d’un numéro gratuit permettant de prendre rendez-vous la veille pour bénéficier, une fois par semaine, d’un coup de pouce bénévole.

En conclusion, le vieillissement de la population concerne toutes les générations et « une politique de la vieillesse doit s’adapter à la société plus âgée de demain et aux jeunes d’aujourd’hui dans la perspective de leur vieillissement.¹»

Le groupe des Verts vous recommande à l’unanimité d’accepter ce rapport-préavis.

Merci de votre attention.

Ilias Panchard

¹Stratégie en matière de politique de la vieillesse, Rapport du Conseil fédéral (donnant suite au postulat 03.3541 Leutenegger-Oberholzer du 3 octobre 2003). Berne, 29 août 2007

Intervention communale, Lausanne, Sophie Michaud Gigon

Le sport dans les quartiers

Postulat «Le sport pour tous commence dans les quartiers»

 

 

Mesdames et Messieurs, chers collègues,

Vous êtes convaincus par ce postulat, beaucoup de groupes l’ont cosigné et y ont donné corps lors de la séance de commission qui l’a soutenu à l’unanimité, cela me réjouit. Je vais mettre en exergue 3 objectifs :

Soigner la santé et la qualité de vie : le sport au quotidien, ça fait du bien. Et là, nous parlons du sport pour tous, du sport amateur.

Renforcer le lien social : le sport, c’est souvent en équipe qu’on le pratique.

L’efficience de nos ressources.

Nous avons des ressources – il s’agit ici des surfaces existantes pour exercer du sport comme des terrains de différentes tailles et des salles. Pour répondre à la demande de la population, pas toujours besoin de construire, on peut aussi optimiser l’utilisation de nos ressources.

La commission a soutenu l’idée d’un catalogue des possibilités plein air et intérieur qui sont propriétés de la Ville ou d’autres propriétaires. Il a été proposé également à la Municipalité de négocier avec les propriétaires privés d’installations sportives et le canton pour une ouverture à la population. Il y a d’ailleurs déjà quelques bons exemples comme l’Ecole hôtelière. M. Henchoz a même déjà concrétisé l’idée d’une plateforme ou d’un outil de réservation et de suivi de l’utilisation d’une salle.

Si le Conseil transmet ce postulat à la Municipalité, une centralisation sur les disponibilités des installations et les conditions d’utilisation et une promotion orientée « service à la population » de la part du service des sports devront être faites. Les vacances ou les week-ends sont également des moments à intégrer dans la mise à disposition. C’est une initiative intéressante qui demandera une coordination inter-services, l’appel au service informatique pour évaluer l’outil ou le service juridique pour traiter les questions de responsabilités. Mais qui ne demande pas d’investissement de la Ville.

L’enjeu pour la Municipalité est la responsabilité en cas de dégâts.

Je trouve légitime de se pencher sur le mode opératoire afin que les clubs ou responsables habituels soient rassurés et participent pleinement. Il me semble dans ce cadre important de partir sur la responsabilisation des utilisateurs, de poser le cadre, d’ouvrir largement afin que qqch qui est en fait simple devienne chose courante, plutôt que de craindre ceci et d’en faire qqch d’exceptionnel.

Gageons que l’utilisation pleine et optimale de nos ressources en infrastructures sportives feront heureux au sein de la population lausannoise. Et ce sera pour Lausanne une jolie initiative en santé publique.

Je vous remercie de votre attention.

Sophie Michaud Gigon

 

 

 

 

Lausanne, Sophie Michaud Gigon

La santé en ville

Rapport-préavis 2017-43

Réponse aux postulats Litzistorf, Michaud Gigon et consorts sur la santé en ville

Intervention

En automne, les primes d’assurance maladie et les coûts de la santé se rappellent à nous, nous avons dépensé 80 milliards pour les soins en Suisse en 2016 et 1/3 des soins est pris en charge par les ménages. Devant cette réalité, on a tendance à oublier que la santé, c’est beaucoup plus que les soins. En Europe 65% de la population subit des niveaux sonores élevés, 40 millions de personnes respirent un air non conforme aux normes OMS, ayant des effets sur la santé. Et les études sont nombreuses aux Etats-Unis sur l’influence de l’urbanisme sur la sédentarité donc sur l’obésité.

Eh oui, notre santé est déterminée par notre capital génétique mais aussi et en grande proportion par nos conditions de vie, notre alimentation, le sport que nous faisons, les liens sociaux que nous tissons. Et pour ces paramètres, le cadre de vie est essentiel; c’est ainsi, et c’est une bonne nouvelle, que la Ville a une influence déterminante sur la promotion de notre santé. La Fondation nationale Promotion santé suisse a bien reconnu que les villes avaient leur partition à jouer puisque le titre de leur conférence en janvier 2019 s’intitule « les villes et les communes au cœur de la santé ».

La géomédecine est une science en plein essor articulant le savoir géographe et médical : en une phrase : l’impact de l’environnement urbain sur notre santé. Les architectes peuvent faire baisser la pression artérielle ! Dans le projet métamorphose, la PMU a vu l’occasion unique d’associer urbanisme et santé avec les objectifs suivants : favoriser le mouvement dans la population habituellement sédentaire, réduire les obstacles à la marche en milieu urbain et mettre en évidence les impacts de l’urbanisme et des transports sur la santé. Ainsi est née la démarche métaSanté (pour métamorphose).

Le rapport métaSanté remis à la Ville en octobre 2014 relève ainsi qu’une majorité des effets bénéfiques pour la santé peuvent l’être sans faire de sport, mais par la pratique régulière d’activités physiques d’intensité modérée assimilables à des activités de la vie quotidienne. La principale stratégie étant de changer la perception des gens sur l’offre du voisinage en commerces et services, afin qu’ils s’y rendent à pied, de créer une perméabilité avec les espaces verts alentours, de garantir le libre accès à des équipements sportifs ou des espaces extérieurs de qualité, bref des préoccupations que les Verts ont relayés ces dernières années dans leurs actions et interventions politiques.

Ce rapport-préavis répond ainsi aux objets que nous avons déposés sur la promotion de la santé par les villes, sur une extension de cette démarche métaSanté à toute la ville, et concrètement, sur un projet de parcours santé reliant les forêts des quartiers du Nord lausannois, en utilisant l’existant et en créant un lien avec le nouveau quartier, en intégrant ce bloc sorti de terre au tissu urbain composé de Bois-Mermet et de la campagne du Désert. En effet, la barrière psychologique face au sport ou au mouvement est clairement atténuée lorsque les espaces verts sont reliés entre eux. Tout se tient.

Lors d’une journée sur le thème organisée par de Rue de l’avenir en 2015, Reto Auer, médecin et ami, relevait :

« l’urbaniste a un rôle crucial une fois que le patient a passé la porte du cabinet! Il peut créer des environnements qui invitent à la marche, à l’activité physique, à la rencontre. Le défi du futur est de modifier l’environnement pour que le choix sain soit le choix simple.»

La ville a choisi de répondre dans ce sens à ces 3 postulats verts et nous vous invitons à adopter avec élan ce rapport-préavis afin de poursuivre dans cette voie.

Sophie Michaud Gigon

 

Intervention communale, Sara Gnoni

De mesures contre les perturbateurs endocriniens

Intervention

Je déclare mes intérêts je suis présidente de Toxic Free Suisse, association qui a pour but la sensibilisation et l’information aux effets sur la santé et l’environnement des pesticides et perturbateurs endocriniens (PE), mais c’est ce soir au nom de mon groupe que je m’exprime, groupe des Verts qui est évidemment très préoccupé par ces problèmes de toxification qui ont un impact tant sur l’environnement que sur la santé, les deux étant indissociables.

Les perturbateurs endocriniens, sont des substances chimiques omniprésentes, qui ont la capacité d’imiter les hormones, hormones dont la fonction est de réguler toutes les fonctions de notre corps, par exemple la croissance, le sommeil, le développement sexuel et par conséquent une information erronée reçue par ces faux messagers peut avoir des effets non désirés sur ces fonctions.

Ces effets sont visibles sur le court, moyen, long voir très long terme (effets transgenerationnels, donc une exposition pendant ma grossesse à une substance qui imite les oestrogènes, comme le BPA, pourrait donner lieu à un cancer du sein de ma petite-fille).

Ils ont des effets non seulement individuellement mais en se cumulant entre eux, ce que l’on nomme l’effet cocktail, se cumulent dans le temps par bioaccumulation et certains persistent longtemps dans l’environnement. (Comme par exemple des PCB dans le lait maternel, interdit depuis 30 ans)

Leur particularité est également, que, contrairement au principe qui a toujours prévalu en toxicologie,  “la dose fait le poison”, ces substances agissent, elles, à des doses infiniment petites. Par exemple, le tristement célèbre herbicide Roundup est un perturbateur endocrinien à des doses bien plus basses que les doses autorisées.

Les populations les plus à risque sont les femmes enceintes, puisqu’une exposition à des substances problématiques peut avoir des effets irréversibles sur le foetus, les enfants en bas âge et les adolescents. En somme toutes les périodes où le travail hormonal est le plus actif et déterminant.

Les perturbateurs endocriniens sont comme l’éléphant dans la pièce; nous vivons tous en permanence cette soupe chimique et en même temps peu est fait pour les éviter alors que des mesures simples, peu coûteuses, à la portée de tous et donc de la Ville permettent non pas de supprimer les expositions, ce qui est impossible mais de limiter celles-ci surtout pour les populations les plus à risque.

En effet en diminuant l’absorption des PE au travers de la nourriture (les pesticides), ce que l’on met sur la peau (cosmétiques) et  en préférant les matériaux inertes au plastique l’on réduit déjà passablement les expositions.

La Ville a donc une marge de manoeuvre très importante étant donné qu’elle a sous sa responsabilité des petits enfants, qui sont justement dans ces populations à risque, enfants dont on s’occupe tous les jours avec des produits de soin, à qui l’on donne à manger, avec qui on joue avec toutes sortes d’objets et qui respirent un air intérieur qui peut abriter des substances problématiques.

Un levier d’action important pour réduire les expositions au travers de l’alimentation avec moins de pesticides chez les petits enfants. Dans l’exposition ici à côté au forum de l’HV vous pouvez voir que 97% de la nourriture servie dans la restauration collective, donc y compris pour les tous petits, contient des pesticides et donc la Ville a encore une marge d’amélioration importante de ce point de vue.

Par ailleurs par le biais de sa centrale d’achat, la Ville pourrait émettre des recommandations pour l’achat de meubles, produits de nettoyage, de produits de soin, de couches et faire donc des achats groupés qui répondent à certains critères et limitent les expositions des populations à risque.

D’autres mesures devraient également être simples à implémenter et nous nous réjouissons que la Ville ait, encore une fois un rôle de pionnier, comme souvent, sur ce sujet sérieux et important.

Nous vous invitons par conséquent à voter pour la prise en compte de ce postulat comme mon groupe, car comme d’habitude, chez les Verts, nous soutenons les bonnes idées, d’où qu’elles viennent.

Sara Gnoni

Ilias Panchard, Intervention communale, Sara Gnoni

Pour une meilleure protection de la jeunesse face à la fumée passive

Postulat
La fumée passive revient à respirer, sans le vouloir, les mêmes substances toxiques que celles inhalées, volontairement dans leur cas, par les fumeurs. Comme le montre le Monitorage suisse des addictions, la fumée du tabac est toujours mauvaise pour la santé, en particulier pour les enfants, quelque soit le niveau d’exposition. ¹ L’exposition à la fumée passive, est responsable de 1% de la mortalité au niveau mondial et 28%% de ces décès surviennent chez les enfants. ²

La fumée passive s’avère mauvaise pour la santé, aussi à l’extérieur. Des mesures des taux de particules fines prises devant et dans la gare de Bâle en sont l’illustration : entre 100 et 200 microgrammes par m3, soit beaucoup plus que les valeurs limites autorisées dans l’air extérieur.

Ces dernières années, des mesures de lutte contre le tabagisme ont été prises : interdiction de fumer dans les lieux publics, augmentations du prix du tabac, campagnes de sensibilisation, etc. Les interdictions de fumer restent, avec l’augmentation de prix, les mesures les plus effectives.

Cependant, toujours selon le Monitorage suisse des addictions de 2013, 6% de la population reste exposée à la fumée passive durant 7h ou plus par semaine et 35% pendant 1h ou plus par semaine. Les moins de 25 ans sont particulièrement touchés par le tabagisme passif.

Il y a en Suisse deux millions de fumeurs, et 57% d’entre eux ont commencé avant 18 ans. Beaucoup reste à faire pour dissuader les jeunes de commencer à fumer, en particulier concernant la publicité. D’ailleurs, une initiative pour interdire toute forme de publicité pour le tabac visant les enfants et les jeunes a été lancée par une large coalition réunissant la Fédération des médecins suisses (FMH), la Ligue suisse contre le cancer, des médecins de famille, pharmaciens et autres droguistes. ³

Comme l’estime Martin Röösli, chef d’unité à l’institut suisse de santé publique, « la Suisse est à la traîne ». Plusieurs pays et villes d’Europe ont pris des mesures face à la fumée : interdiction de fumer sur les places de jeux en France, dans les gares en Allemagne ou au Danemark, expérimentation de l’interdiction dans six parcs parisiens depuis l’été 2018. En comparaison des autres pays européens, la Suisse s’avère un mauvais élève en termes de mise en place de politiques de santé publiques, en particulier afin de protéger les jeunes et les enfants.

Cette situation illustre le besoin de prendre des mesures supplémentaires contre le tabagisme passif afin de diminuer son impact, en particulier sur les enfants et les jeunes. Les villes ont un rôle important à jouer en matière de santé publique. D’autant plus qu’une action volontariste représenterait un signal fort dans une ville où siège un géant mondial du tabac et pourrait initier des dynamiques dans d’autres villes.

Pour les raisons qui précèdent, ce postulat demande à la Municipalité d’étudier l’opportunité de créer des zones sans fumée dans les lieux publics extérieurs sensibles, par exemple ceux fréquentés par les enfants et les jeunes comme les places de jeu et les alentours des écoles.

Ilias Panchard
Sara Gnoni

¹ Le tabagisme passif en Suisse en 2013 / Analyse des données du Monitorage suisse des addictions : http://www.cipretvaud.ch/definition-et-dangerosite-de-la-fumee-passive/
² Oberg M, Jaakkola MS, Woodward A, Peruga A, Prüss-Ustün A. Worldwide burden of disease from exposure to second-hand smoke: a retrospective analysis of data from 192 countries.
³ Oui à la protection des enfants et des jeunes contre la publicité pour le tabac : www.enfantssanstabac.ch

Lausanne

Politique contre le deal de rue à Lausanne : un premier virage, mais encore beaucoup de chemin

Communiqué de presse

Les Verts lausannois prennent note des propositions de la Municipalité de Lausanne pour réduire les aspects visibles du marché de la drogue à Lausanne, et saluent le virage pris vers la dissuasion du deal, plutôt que sa répression pénale à tout prix. La présence visible des forces de police dans la rue va en effet permettre de réduire le sentiment d’insécurité. Toutefois, l’aspect localisé et limité des mesures annoncées rappelle les tactiques choisies par le passé par d’autres municipaux successifs, de plusieurs couleurs politiques. Celles-ci n’ont jamais eu d’effet durable sur la distribution de drogues par des réseaux criminels, tout en déplaçant le deal dans d’autres quartiers. En maintenant le marché dans l’illégalité, la lutte contre le deal soustrait aux politiques publiques des moyens de prévention, tout en participant à stigmatiser uniquement la partie visible du problème: le deal. Les Verts appellent la Municipalité à construire une approche sur le long terme, qui tienne compte des avancées de la recherche en criminologie, en addictologie, et en politiques de santé publique.

Il faut tout d’abord saluer la volonté de la Municipalité de privilégier la présence policière afin de diminuer le sentiment d’insécurité et dissuader les transactions de stupéfiants. La mission d’occuper le terrain, plutôt que de chercher des arrestations et des interpellations, est une allocation bien plus efficace des ressources. Toutefois, ces mesures prises sous la pression populaire, annonçant des décisions “décisives”, “fortes” ou “proactives” semblent rappeler celles prises précédemment par d’autres Municipaux lausannois. Les actions coup de poing et les présences accrues mais forcément temporaires de la police dans la rue plaisent, en tout cas dans les quartiers concernés. Ensuite, dès que l’action s’essouffle, et que les autres missions de la police réclament des forces, tout retombe dans la routine. Les Verts lausannois sont d’autant plus conscients de ce constat d’échec que cette stratégie a autrefois été promue par un Syndic vert, avant de l’être par un Municipal popiste, puis socialiste, et désormais par un Municipal PLR. Il est donc temps d’apprendre des erreurs du passé pour éviter de les reproduire.

De plus, il est reconnu par les différentes études en la matière, qu’en s’attaquant au deal qui a lieu au centre-ville, on ne fait que repousser les problèmes dans les quartiers plus éloignés, ne permettant plus aucun contrôle sur le trafic ou la consommation, et dès lors péjorant les possibilités de prévention. Ces actions coup de poing laissent toutefois penser, à tort, que le problème a disparu dans les quartiers concernés, en stigmatisant les personnes du bas de l’échelle criminelle comme uniques responsables.

Augmenter la présence policière en rue est une première solution à saluer, en particulier autour d’endroits spécifiques comme les alentours des écoles, mais elle doit être accompagnée d’une augmentation du corps de police pour rendre cette mesure pérenne. En parallèle, une collaboration active doit être encouragée avec la police cantonale, qui mène les enquêtes de grande ampleur pour nuire aux réseaux derrière le trafic.

Les Verts préconisent ensuite d’agir sur les causes du problème, plutôt que sur les symptômes, en ayant la maturité d’appliquer des solutions ayant montré leurs preuves dans d’autres villes ou d’autres pays.  En effet, sur le long terme, la solution de la dépénalisation, réglementation et contrôle du marché de la drogue, doit être portée à l’ordre du jour, afin de permettre un meilleur suivi des personnes et une lutte réelle contre la dépendance.

Benjamin Rudaz, co-président des Verts lausannois, conseiller communal
Xavier Company, co-président des Verts lausannois, conseiller communal
Vincent Rossi, conseiller communal
Sophie Michaud Gigon, conseillère communale

 

Ilias Panchard, Intervention communale

Arrivée de la 5G : anticiper l’augmentation des ondes ?

Interpellation

Dans un monde de plus en plus connecté, le nombre d’appareils connectés au réseau de téléphonie mobile ne cesse d’augmenter. De nombreuses zones urbaines arrivent à saturation. Les opérateurs annoncent ainsi le déploiement progressif de la 5G ces prochaines années. Cette arrivée n’ira pas sans l’installation de nombreuses antennes.

Selon Philippe Horisberger, directeur suppléant de l’Office fédéral de la communication (OFCOM), “il faudra impérativement construire plusieurs milliers de nouveaux sites dans les zones urbaines pour pouvoir déployer la 5G”. La quantité d’ondes augmentera ainsi de manière sensible et la 5G va être à une gamme de fréquence beaucoup plus élevée. À l’heure où un nombre croissant de personnes ont une hyper-sensibilité aux ondes électromagnétiques, les risques sanitaires posés par le déploiement à venir de la 5G doivent être pris au sérieux.

L’implantation des antennes relevant des compétences cantonales et fédérales, les marges de manoeuvre de la Municipalité se limite donc à influencer les éventuels aspects urbanistiques.

Cependant, l’existence d’une infrastructure comme un téléréseau, et particulièrement un réseau de fibre optique, est parfois présentée comme permettant une complémentarité technologique entre réseau hertzien et réseau physique. Si les experts peuvent confirmer l’efficacité de cette complémentarité, l’équipement de la Ville en fibre optique devrait permettre de minimiser le déploiement d’antennes 5G.

  1. Sachant que le principe de précaution doit primer et que le déploiement de cette nouvelle technologie qu’est la 5G pourrait amener à une forte augmentation du nombre d’antennes sur le territoire communal, les interpellatrices et interpellateurs souhaitent poser les questions suivantes à la Municipalité :
  2. La Municipalité a-t-elle déjà anticipé l’augmentation probable à venir du nombre d’antennes dans la commune avec l’arrivée de la 5G ?
  3. La Municipalité envisage-t-elle d’analyser en détail les flux électromagnétiques sur le territoire communal et de définir des zones urbaines particulièrement sensibles tels que les environs des écoles, crèches et autres hôpitaux ?
  4. Le cas échéant, la Municipalité est-elle prête à émettre des souhaits quant à l’emplacement des nouvelles antennes afin de prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter leur installation près des lieux définis comme sensibles ?
  5. En terme d’information aux citoyennes et citoyens quant à l’installation de ces nouvelles antennes, en particulier vis à vis de celles et ceux qui sont particulièrement sensibles aux ondes électromagnétiques, quels sont les moyens envisagés par la ville de Lausanne ?
  6. La détention par la Ville d’un réseau de fibre optique donne-t-elle à la Municipalité un moyen lui permettant d’exiger la limitation du nombre des antennes à déployer sur le territoire communal ?
  7. Enfin, la Municipalité prévoit-elle des mesures, en particulier dans les zones considérées comme sensibles, pour vérifier le respect futur des limites d’émissions des rayonnements électromagnétiques tels que définies au niveau fédéral ?

Ilias Panchard