Intervention communale, Sophie Michaud Gigon

Une Maison des associations – Pour une meilleure prise en compte des associations à Lausanne

Postulat

Dans une société dynamique et active pour le bien commun, les associations jouent un rôle majeur.

Rassemblant les bonnes volontés, souvent fruit d’initiatives citoyennes répondant à un besoin, parfois même palliant des fonctions que devraient ou pourraient prendre en charge les autorités (mais avec des budgets et une capacité de réaction souvent différents), le tissu associatif remplit des missions s’insérant admirablement entre les collectivités publiques et la population.

Prises toutes ensemble, les associations ont des similitudes et des besoins communs : une base de bénévolat et des sources de financement de plus en plus difficiles à renouveler, une certaine créativité et réactivité due à leur taille et des acteurs souvent très engagés, la nécessité de professionnaliser certaines tâches administratives pour être compétitives et répondre aux attentes des donateurs et bailleurs de fonds, ainsi que pour accompagner les personnes y travaillant ou s’y engageant bénévolement. Grandes, petites, locales, nationales, elles ont besoin de ressources juridiques, informatiques, techniques et administratives pour remplir leurs missions de manière efficace. Et plus que tout, elles ont besoin de locaux qui permettent la tenue de séances, en grand ou petit comité, un accueil des clients, des membres, des médias ou des partenaires, ainsi que des bureaux fonctionnels pour le personnel salarié (les grandes organisations sont ici concernées).

Or, être bien placés géographiquement et avoir des locaux adaptés à ces multiples tâches coûte très cher à Lausanne. Les associations sont prêtes et habituées à mutualiser les espaces communs comme des salles de réunions ou des cuisines pour le personnel, comme elles seraient d’ailleurs gagnantes à se partager certaines ressources transversales comme des juristes ou des informaticiens. Par ailleurs, les synergies découlant d’une proximité géographique entre associations sont souvent source de nouveaux projets ou de solutions profitant à tout le monde.

Tout ceci appelle à la réunion physique au sein d’un même lieu d’une partie de ces acteurs précieux à notre démocratie et à l’intérêt général.

Notre Conseil communal a à plusieurs reprises validé l’importance des associations et sa volonté de les soutenir. Le rapport préavis municipal 2013/15 « Soutien au monde associatif lausannois et promotion du bénévolat. Réponse à la motion Diane Gilliard et consorts « Pour une étude visant à la création d’une maison des associations », à la motion Gilles Meystre et consorts « Demandant une analyse détaillée des besoins en matière de salles à disposition des sociétés locales lausannoises », au postulat Roland Philippoz « Pour la promotion et la valorisation de l’engagement bénévole et de la vie associative (article 70 de la constitution vaudoise) » et à l’interpellation Rebecca Ruiz « Pénurie de salles à disposition des associations lausannoises : l’exemple du Centre culturel chilien » a été écrit et traité en 2013, 12 ans après le dépôt de la première motion. Le préavis indique qu’« il importe en revanche de prendre en considération que le regroupement de bureaux pour des associations dans un même lieu peut apporter des avantages qui vont au-delà de la simple résolution de problèmes de logement. En effet, ces regroupements peuvent contribuer à une meilleure coordination des activités des associations et au développement de collaborations ponctuelles. » et affirme qu’à plus long terme et pour autant qu’un immeuble soit disponible, la Municipalité fera les démarches en vue de l’acquérir afin de créer une Maison des associations.

Qu’en est-il aujourd’hui de la politique municipale en faveur des associations ?

Le Conseil communal a adopté ce préavis en 2013 et depuis la situation n’a pas évolué. La Ville ou le Canton soutiennent plusieurs associations via des subventions mais le besoin de l’accessibilité aux locaux et de la mutualisation des forces reste flagrant. Je rappelle ici que les maisons de quartier ne remplissent pas ce rôle mais sont à disposition de la population pour des événements ponctuels accompagnés par les animateurs de la FASL. Une association ne peut y trouver refuge pour y travailler, même si, une fois ou l’autre, elle peut sans doute louer une salle en vue d’une réunion particulière.

Si les terrains ne sont pas en possession de la Ville, celle-ci peut jouer avantageusement la médiatrice entre des promoteurs/gérances et les associations, lesquelles n’ont souvent pas les ressources humaines pour gérer ce genre de contacts et de projets. A Neuchâtel et à Genève, des exemples existent depuis plusieurs années, comme dans d’autres pays d’ailleurs (Canada, Belgique, etc.). Lausanne pourrait s’en servir pour adapter et améliorer son propre concept.

En début de chaque législature, un crédit immobilier est défini pour l’acquisition de biens immobiliers. Nous demandons ainsi à la Municipalité de suivre son intention décrite dans le rapport-préavis 2013/15 et d’inscrire ceci dans ces prochains projets.

Ce postulat demande donc à la Municipalité d’étudier la possibilité de créer une maison des associations et de faciliter la location de surfaces adéquates réunissant le monde associatif et facilitant les synergies.

Sophie Michaud Gigon

Lausanne

Terrasses lausannoises : quelle est la stratégie municipale ?

Communiqué de presse du 6 mai 2019

La nouvelle politique municipale en matière d’ameublement de terrasse interroge. Les Verts lausannois s’inquiètent de directives peu transparentes, qui font planer le risque d’arbitraire et d’inégalité de traitement. Ils déposeront dès lors une interpellation demain soir au Conseil communal.

Attachés à la diversité et à l’initiative individuelle, les Verts avaient posé une question orale à la Municipalité il y a quelques semaines au sujet de la pétition du Great Escape, mais la réponse du Municipal en charge a été évasive et peu convaincante sur les critères posés pour le mobilier des terrasses et sur les intentions de la Ville.

Uniformisation des couleurs de l’ensemble du mobilier d’une terrasse, voire d’une rue, interdiction de poser de manière momentanée des télécabines, interdiction des mobiliers bigarés tel un biergarten festif… l’ensemble de ces décisions révélées peu à peu par la presse ou des pétitions en ligne interpellait sur la politique de la Municipalité alors que les terrasses sont la pierre angulaire de la dynamisation des espaces publics. Le Conseil communal n’a par ailleurs eu vent d’aucun règlement sous-tendant ces décisions.

Les Verts sont favorables à un espace public de qualité et convaincus que l’harmonie et la beauté contribuent à la qualité de vie. C’est dans ce sens notamment qu’ils défendent une diminution de la publicité sur l’espace public. Sachant que les terrasses sont un moyen de rendre les rues et la ville ouvertes et dynamiques, ils soutiennent la réalisation de ces dernières, avec du matériel de qualité. Ils constatent d’ailleurs qu’elles sont toujours plus fréquentées et demandées par les Lausannois-es, favorisant ainsi leur appropriation du domaine public.

En parallèle, sensibles à l’originalité d’un espace public et à l’esprit d’initiative des cafetiers qui cherchent à se démarquer avec une identité visuelle ou un style de mobilier, les Verts soutiennent les initiatives intéressantes qui éclosent souvent de la part des restaurateurs et contribuent à dynamiser une rue, à surprendre les promeneurs et à les inviter à s’asseoir.

L’octroi d’une terrasse doit être en principe accessible à tous les types de restaurants. Imposer un certain style de mobiliers pourrait priver certains établissements, moins rentables, de toute terrasse.

Les Verts regrettent le manque de transparence et le risque d’arbitraire qui semblent accompagner ces décisions et interpellent la Municipalité sur les procédures internes qui y conduisent (cf. interpellation “De quelle couleur doit être une terrasse?”). L’aménagement de l’espace public, s’il doit être réfléchi et harmonieux, n’a pas à être uniformisé.

Alice Genoud, Benjamin Rudaz, Intervention communale, Lausanne, Ngoc Huy Ho, Sophie Michaud Gigon

De quelle couleur doit être une terrasse ?

Interpellation

Récemment les Verts ont posé une question orale concernant la terrasse du Great Escape. Une pétition réunissait des milliers de signatures et s’insurgeait contre le traitement municipal imposé au mobilier de la terrasse. Elle y faisait mention des différences de traitement entre établissements, de l’arbitraire qui semblait sous-tendre les décisions. Depuis, plusieurs cas similaires sont sortis dans la presse.

Les Verts sont favorables à un espace public de qualité et convaincus que l’harmonie et la beauté contribuent à la qualité de vie. C’est dans ce sens notamment qu’ils plaident pour une diminution de la publicité sur l’espace public. Convaincus aussi que les terrasses sont un moyen de rendre la rue et la ville joyeuses et dynamiques, ils soutiennent la mise sur pied de celles-ci et sont ravis qu’elles soient de plus en plus demandées par les Lausannois-es. Il semble ainsi couler de source que le matériel offert aux usagers soit de bonne qualité.

En parallèle, sensibles à la diversité dans l’espace public et à l’esprit d’initiative des cafetiers qui cherchent à se démarquer avec une identité visuelle ou un style de mobilier, les Verts saluent les initiatives qui éclosent et contribuent à dynamiser une rue, à surprendre les promeneurs et à les inviter à s’asseoir.

Ainsi, nous profitons de cette interpellation pour exprimer une certaine incompréhension face à la démarche de la Ville et avons l’avantage de poser les questions suivantes à la Municipalité :

  • Sur quelle stratégie de fond se base la volonté de la Municipalité d’uniformiser les terrasses en terme de couleurs et de matériaux ?
  • Une pesée d’intérêts a-t-elle été faite entre carcan administratif et tentative d’harmoniser l’espace public ?
  • La Municipalité ne craint-elle pas de décourager les cafetiers avec des contraintes peu compréhensibles en les obligeant à changer un mobilier encore en bon état et leur imposant ainsi des frais?
  • Quels sont les critères auxquels doivent répondre les cafetiers-restaurateurs ?
  • Imposer un certain style de mobiliers pourrait priver certains établissements, moins rentables, de toute terrasse. La Ville ne craint-elle pas de diminuer la diversité des enseignes en imposant un style de mobilier plus onéreux ?
  • Sur quelle base légale et règlementaire la Municipalité se base-t-elle pour valider ou interdire certains mobiliers ?
  • Applique-t-elle le même traitement à toutes les enseignes ?
  • L’esthétisme des terrasses étant des compétences de la Direction du logement, de l’environnement et de l’architecture et les autorisations de la Direction de la sécurité et de l’économie, quelle est la gouvernance des terrasses dans l’administration ?
  • La Municipalité n’est-elle pas mal à l’aise de pousser à jeter du mobilier en bon état sous prétexte qu’il n’est pas de la bonne couleur et comment assume-t-elle ce gaspillage potentiel ?
  • Uniformiser une rue en imposant le gris dans toute un espace n’est-il pas contraire à la volonté de la Ville de dynamiser le centre, rien que visuellement ?

Sophie Michaud Gigon

Ngoc Huy Ho

Alice Genoud

Benjamin Rudaz

Feuille verte, Lausanne

Les architectes peuvent faire baisser la pression artérielle!

La Feuille verte n°44

Devant la réalité des coûts de la santé et des primes d’assurances maladie, on a tendance à oublier que la santé, c’est beaucoup plus que les soins. En Europe 65% de la population subit des niveaux sonores élevés, 40 millions de personnes respirent un air non conforme aux normes OMS, ayant des effets sur la santé. Et les études sont nombreuses aux Etats-Unis sur l’influence de l’urbanisme sur la sédentarité donc sur l’obésité.

En effet, notre santé est déterminée par notre capital génétique mais aussi et en grande proportion par nos conditions de vie, notre alimentation, le sport que nous faisons, les liens sociaux que nous tissons. Et pour ces paramètres, le cadre de vie est essentiel; c’est ainsi que la Ville est au cœur de la promotion de la santé.

Les Verts ont déposé plusieurs postulats demandant à la Municipalité de promouvoir un cadre de vie propice à la santé, comme par ex. un parcours vita reliant le nouveau quartier des Plaines-du-Loup au reste du tissu urbain en utilisant les forêts existantes.

Une majorité des effets bénéfiques pour la santé peuvent l’être sans faire de sport, mais par la pratique régulière d’activités physiques d’intensité modérée assimilables à des activités de la vie quotidienne. La principale stratégie étant de changer la perception des habitants sur l’offre du voisinage en commerces et services, afin qu’ils s’y rendent à pied, de créer une perméabilité avec les espaces verts alentours, de garantir le libre accès à des équipements sportifs ou des espaces extérieurs de qualité, bref des préoccupations que les Verts ont relayées ces dernières années dans leurs actions et interventions politiques.

La Municipalité vient de répondre à nos impulsions et va dans ce sens : avoir une vision globale de la santé pour toute la ville, favoriser le mouvement dans la population habituellement sédentaire, réduire les obstacles à la marche en milieu urbain et mettre en évidence les impacts de l’urbanisme et des transports sur la santé.

Car comme le répétait un médecin expert du sujet, l’urbaniste a un rôle crucial une fois que le patient a passé la porte du cabinet. Il peut créer des environnements qui invitent à la marche, à l’activité physique, à la rencontre. Le défi du futur est de modifier l’environnement pour que le choix sain soit le choix simple.

Sophie Michaud Gigon

Intervention communale, Lausanne, Sophie Michaud Gigon

Le sport dans les quartiers

Postulat «Le sport pour tous commence dans les quartiers»

 

 

Mesdames et Messieurs, chers collègues,

Vous êtes convaincus par ce postulat, beaucoup de groupes l’ont cosigné et y ont donné corps lors de la séance de commission qui l’a soutenu à l’unanimité, cela me réjouit. Je vais mettre en exergue 3 objectifs :

Soigner la santé et la qualité de vie : le sport au quotidien, ça fait du bien. Et là, nous parlons du sport pour tous, du sport amateur.

Renforcer le lien social : le sport, c’est souvent en équipe qu’on le pratique.

L’efficience de nos ressources.

Nous avons des ressources – il s’agit ici des surfaces existantes pour exercer du sport comme des terrains de différentes tailles et des salles. Pour répondre à la demande de la population, pas toujours besoin de construire, on peut aussi optimiser l’utilisation de nos ressources.

La commission a soutenu l’idée d’un catalogue des possibilités plein air et intérieur qui sont propriétés de la Ville ou d’autres propriétaires. Il a été proposé également à la Municipalité de négocier avec les propriétaires privés d’installations sportives et le canton pour une ouverture à la population. Il y a d’ailleurs déjà quelques bons exemples comme l’Ecole hôtelière. M. Henchoz a même déjà concrétisé l’idée d’une plateforme ou d’un outil de réservation et de suivi de l’utilisation d’une salle.

Si le Conseil transmet ce postulat à la Municipalité, une centralisation sur les disponibilités des installations et les conditions d’utilisation et une promotion orientée « service à la population » de la part du service des sports devront être faites. Les vacances ou les week-ends sont également des moments à intégrer dans la mise à disposition. C’est une initiative intéressante qui demandera une coordination inter-services, l’appel au service informatique pour évaluer l’outil ou le service juridique pour traiter les questions de responsabilités. Mais qui ne demande pas d’investissement de la Ville.

L’enjeu pour la Municipalité est la responsabilité en cas de dégâts.

Je trouve légitime de se pencher sur le mode opératoire afin que les clubs ou responsables habituels soient rassurés et participent pleinement. Il me semble dans ce cadre important de partir sur la responsabilisation des utilisateurs, de poser le cadre, d’ouvrir largement afin que qqch qui est en fait simple devienne chose courante, plutôt que de craindre ceci et d’en faire qqch d’exceptionnel.

Gageons que l’utilisation pleine et optimale de nos ressources en infrastructures sportives feront heureux au sein de la population lausannoise. Et ce sera pour Lausanne une jolie initiative en santé publique.

Je vous remercie de votre attention.

Sophie Michaud Gigon

 

 

 

 

Intervention communale, Marie-Thérèse Sangra

Concept directeur Nature en ville

Intervention

 

Rapport-préavis 2018/42

Les Verts saluent ce rapport-préavis qui répond à une thématique chère aux Verts. La nature en Ville est en effet un enjeu majeur de nos villes qui doit trouver -ou retrouver- sa place entre densification, développement économique et augmentation des axes de la mobilité. La mise en oeuvre du réseau écologique, l’amélioration qualitative des espaces verts existants (par une végétation indigène), la connexion entre elles des zones relais ou la végétalisation des toitures et des façades pour ne citer que quelques-unes des mesures qui seront réalisées favoriseront un retour de la faune et de la flore en ville. Tout cela ne se fait pas uniquement pour les doux yeux de nos amies les abeilles, mais se traduit aussi en une amélioration de la qualité de vie pour les Lausannois et Lausannoises en terme de climat, de pureté de l’air, de santé, de convialité et de bien-être.

Le déclin drastique de la faune et de la flore à l’échelon local et planétaire est une inquiétude majeure pour la survie de l’humanité. Les médias nous ont largement alertés cet été sur la chute de la biodiversité dans nos campagnes avec des valeurs alarmantes comme la disparition de 60 % des espèces d’oiseaux indigènes dans nos contrées agricoles, ce qui signifie que nous ne verrons ou n’entendrons plus, ou bien moins souvent, des espèces aussi banales que le coucou ou l’alouette des champs encore si fréquentes au temps de nos enfances. Lausanne n’échappe pas à ce bilan inquiétant puisque des dizaines d’espèces, au cours de ces décennies, ont disparu ou sont sur le déclin (lézard vert, crapaud calamite, etc..). Or l’avenir de l’humanité est consubstantiellement lié à notre capacité à conserver une biodiversité saine, riche et diversifiée. Aujourd’hui, pas tout le monde est conscient que le maintien de la biodiversité est un enjeu de même importance que celui du réchauffement climatique.

Face à cet état des lieux pessimistes, un fait nouveau, réjouissant sous certains aspects, est que la ville est capable de redevenir un milieu plus attractif pour certaines espèces, à la condition qu’on veille à créer des conditions pour elles.

C’est dans ce sens que ce préavis est bienvenu et important puisqu’il a pour double finalité de conserver les valeurs naturelles présentes à Lausanne et de les renforcer en complétant les nombreuses trames du réseau écologique urbain. Il fait suite à trois rapport préavis entre 2005 et 2016 qui traitèrent des intentions de la Ville en matière de nature et du renforcement de la politique Nature en ville et prend en compte l’étude « Stratégie parc, nature et paysage » du PALM. Ce bref historique montre qu’il aura fallu plus de 15 ans, presque le temps d’une génération, pour intégrer la protection et la promotion de la nature dans les politiques publiques de la Ville. Donner à la nature sa juste place dans notre politique urbaine, c’est donc un processus de longue haleine parce qu’il oblige à changer les habitudes, à revoir nos priorités et à entrer dans un nouveau paradigme.

Ce rapport préavis poursuit une approche stratégique et pragmatique qui repose sur les outils de la planification territoriale, sur l’accroissement des connaissances sur la nature, et sur la mobilisation des habitants et des acteurs privés pour des partenariats par le biais d’incitation et d’information. La demande de traitement prioritaire de ce rapport–preavis a justement pour louable justification de pouvoir intégrer le plus tôt possible ce concept directeur à la révision du plan général d’affectation ou du plan directeur communal, et d’adapter leurs règlements, pour obtenir un maximum de cohérence sur le terrain en terme de connexions naturelles, de qualité de milieux et de promotion des espaces verts et des paysages sensibles. Ce préavis se veut proactif avec une claire volonté d’aller au delà de la seule protection d’une nature qui est hélas aujourd’hui considérablement appauvrie et il vise à restaurer la nature chaque fois que c’est possible (je cite «pour maintenir la biodiversité et une qualité de vie élevée en ville il est nécessaire de faire davantage que de préserver l’existant (…) il est essentiel de saisir chaque opportunité d’améliorer les lieux déjà appauvris » p. 7). Ce que nous saluons. Le réseau écologique lausannois, les catalogues de mesures en faveur des biotopes (SPADOM acteur) sont des outils indispensables pour atteindre les résultats visés. Leur prise en compte dans toutes les consultations interservices touchant à la planification urbaine, aux PPA, aux PQ y compris les concours d’urbanisme ou dans le cadre des DDP (droits distincts et permanents) et cela jusqu’au permis de construire est un passage obligé, une garantie d’efficience. Ce concept- nature intègre cette obligation de coordination et nous nous en réjouissons.

Autre axe de ce rapport préavis qui nous semble très important, celui de la sensibilisation des privés et des habitants que ce soit par les jardins familiaux, les plantations de haies à base d’espèces indigènes, l’incitation à l’entretien différencié des espaces verts pour les gérances privées, le soutien aux associations actives pour la nature à Lausanne, l’ouverture d’une grainothèque en réponse au postulat déposé par notre collègue Severine Evequoz, etc..

Les Verts sont aussi favorables à la nouvelle rubrique 4510. 509.6428 qui rassemble l’ensemble des montants non dépensés à fin décembre 2017 (Frs 400’000.-) et le crédit d’investissement de 1.5 mio lié à ce rapport-préavis. Au vu de l’urgence de cette thématique, les Verts attendent que les ressources humaines opérationnelles au sein de l’administration soient suffisantes pour investir l’ensemble des montants à disposition. Une ventilation plus fine de ce crédit par postes thématiques faciliterait peut-être une utilisation plus lisible de ce crédit.

En résumé, les Verts remercient la Municipalité pour ce rapport préavis extrêmement détaillé et qui affirme la volonté de la Municipalité et lui donne les moyens d’assumer sa responsabilité vis-à-vis du patrimoine naturel lausannois pour faire de Lausanne une ville véritablement verte. Dans une étape de densification intensive comme la connaît Lausanne, c’est une litote de dire qu’il faudra de l’innovation, de la créativité, de la persévérance et de l’audace pour défendre cette priorité de législature et inverser la tendance à l’érosion exponentionnelle des habitats naturels et des espèces de chez nous. J’en profite encore pour remercier chaleureusement la Municipalité et en particulier Mme Litzistorf et M. Hildbrand de leur réactivité et de leur collaboration pour la sauvegarde du biotope à bécassines sourdes au Biopôle, un signal fort pour la nature dans un dossier compliqué.

Le développement de la biodiversité dans l’espace urbain est l’un des dix objectifs de la Stratégie Biodiversité Suisse (SBS) élaborée par le Conseil fédéral le 25 avril 2012. La protection et le développement de la biodiversité en territoire urbanisé constituent non seulement un besoin urgent, mais aussi un impératif légal. Je pense que les citoyens et citoyennes de notre ville peuvent compter sur l’engagement déterminé de la Municipalité, comme l’a clairement réaffirmé en séance de commission la Municipale en charge du dossier.

Nous vous invitions donc à soutenir ce rapport-préavis comme le feront les Verts.

Marie-Thérèse Sangra

Intervention communale, Sophie Michaud Gigon

Réaménagement de l’Avenue du Grey

Intervention

Au moment de prendre acte de ce plan des investissements, j’exprime une incompréhension face au revirement de la Municipalité. Derrière mon questionnement, il y a la déception de tout un quartier qui depuis une dizaine d’années attend enfin un réaménagement de l’avenue du Grey, grosse pénétrante urbaine qui coupe le quartier en deux. Des associations et habitants du quartier ont même à plusieurs reprises présenté à la Municipalité des propositions de réaménagements.

Après s’être enfin engagée à agir dans ce quartier qu’elle considère comme stratégique juste en-dessous des Plaines du loup, pourquoi fait-elle disparaître cet investissement tant attendu et finalement intégré dans le plan d’investissement pour 2021?

En introduction à la réponse à notre interpellation en 2014, Olivier Français, municipal en charge de l’urbanisme à l’époque, admettait qu’on n’en avait pas assez fait avec cette pénétrante urbaine et que c’était désormais dans les projets de la Municipalité de la réaménager pour diminuer son immense impact sur ce grand quartier.

Recalibrer les voies de circulation et les arboriser n’est pas gratuit mais cela n’enlève rien à sa nécessité pour cette partie de la ville et la Municipalité l’a reconnu plusieurs fois.

Après ces années d’atermoiement et ce dernier report, j’émets le souhait que le plan d’investissements suivant ne fasse pas subir le même sort à une mesure aussi importante et longuement attendue et que nous puissions enfin voir se concrétiser ce réaménagement.

Je vous remercie de votre attention.

Sophie Michaud Gigon

 

Alice Genoud, Intervention communale

Des réponses pour Beaulieu 2.0

Intervention

Les réponses données par la Municipalité, comme on pouvait s’y attendre, reprennent dans les grandes lignes les propos tenus lors de la présentation de ce projet aux différents groupes politiques du Conseil communal et lors de la conférence de presse. C’est bien pour cela que les Verts s’étaient opposés à l’urgence, partant du fait que la plus grande partie des questions pourrait être traitée et de manière plus efficiente, lors du débat sur le rapport-préavis concernant l’avenir de Beaulieu qui nous sera présenté selon le calendrier de la municipalité en fin d’année.

Je vais quand même profiter de cette interpellation pour affirmer le soutien des Verts à la Municipalité concernant sa politique proactive sur le «cas» Beaulieu. Il faut être clair, lors de la diffusion de l’audit du contrôle des finances concernant les comptes de Beaulieu, nous sommes tous tombés des nues. Les voyants étaient au rouge et l’avenir extrêmement compliqué au vu surtout des projets d’envergure qui devrait prendre place sur Beaulieu et dans un laps de temps relativement court.

Force est de constater qu’après un peu moins de 9 mois, les voyants sont passés au «vert pâle». La Source a pu prendre possession de ses locaux, le Tribunal arbitral du sport a pu faire sa mise à l’enquête, qui n’a pas suscité d’opposition et pourra commencer ses travaux à l’été 2019, tout comme le théâtre qui a vu son projet revu mais pas annulé. De plus, et c’est peut être le point positif de toute cette affaire, nous nous retrouvons aujourd’hui devant la nécessité de repenser ce modèle de Beaulieu, avec une vision d’avenir de ce site, qui vise à changer de fonds en comble la structure pour pouvoir éviter que d’autres problèmes ne voient le jour. La Municipalité a donc pris «le taureau par les cornes» et a pu retourner une situation qui par bien des égards semblait presque désespérée. La vision qui nous est proposée permettra de valoriser un lieu au cœur de notre ville, extrêmement bien desservi par les transports publics (et privés) et qui aujourd’hui est peu utilisé et surtout peu ancré dans la vie locale lausannoise, surtout la face nord des Halles. Le fait de proposer un «hub» basé sur le sport et la santé prend tout son sens au vu des institutions présentes à Beaulieu mais de façon plus large à Lausanne.

Pour que Beaulieu devienne un lieu central pour Lausanne, une consultation large sera nécessaire. Autant des milieux économiques, hôteliers, associations de quartiers mais aussi sportives et des institutions de recherches lausannoises. C’est seulement par ce type de démarche que nous pourrons réaliser un lieu emblématique et attractif à l’image de Lausanne, et surtout auquel les Lausannois pourront s’identifier. Car il est bon de rappeler que finalement, ce sont les Lausannois qui vont payer pour la participation à cette SA et qu’il est important que ce soit aussi un lieu qui corresponde à leurs besoins et envies.

Cette consultation a déjà été évoqué autant dans la réponse à l’interpellation ainsi que lors de la conférence de presse, il ne reste donc qu’à la continuer et surtout à nous en rendre compte lors du rapport-préavis de cette fin d’année. Ce point sera pris très au sérieux chez les Verts lors de l’étude de ce dernier.

Alice Genoud