David Raedler, Intervention communale

Un accès libre à nos « belles rives » pour toutes et tous

Postulat

Les beaux jours étant enfin de retour, ils s’accompagnent de l’usuelle « transhumance » de toute lausannoise et tout lausannois sur les bords du lac, afin d’y profiter de la météo clémente et de la beauté des paysages lausannois. Cet attrait du lac s’avère aujourd’hui de plus en plus marqué tant ses berges sont utilisées et appréciées par chacune et chacun. Plusieurs des projets récemment annoncés par la Commune de Lausanne – dont la création d’une plage publique à Ouchy – répondent correctement à ce souhait d’accès large aux rives. Le succès de récents bars établis à Bellerive démontre tout aussi clairement cette envie générale de profiter du Léman, tout comme le nombre de personnes qui parcourent les cheminements piétonniers aux abords du lac.

La thématique de l’accès aux rives du lac doit également tenir compte de l’importance de ces rives, tant historique qu’émotionnelle. Habitées depuis 8’000 ans, elles portent en effet les traces de chaque époque, des nécropoles de Vidy (4’500 av. J.-C.) aux menhirs de Lutry (3’000 av. J.-C.), et servent encore aujourd’hui d’abris et de refuge à de nombreuses espèces animales, dont les oiseaux migrateurs1. Cette richesse des rives est d’ailleurs bien soulignée sur le site Internet de la ville, où l’on peut lire que « [a]u bord du lac Léman, les jardins s’avancent jusqu’à l’eau et laissent rarement la place à un chemin (…) [avec toutefois] de très belles exceptions[, p]ar exemple entre Lutry et Morges, [où] un chemin serpente entre rives du lac et jardins soignés, le long des plages sauvages ou des quais fleuris, sur près de 15 km. »2.

L’accès complet et libre au lac est par ailleurs expressément évoqué en droit fédéral à l’art. 3 al. 2 let. c de la Loi fédérale sur l’aménagement du territoire (« LAT »), qui dispose qu’il convient notamment « de tenir libres les bords des lacs et des cours d’eau et de faciliter au public l’accès aux rives et le passage le long de celles-ci ». Il est plus largement au centre de fréquents débats liés à la privatisation de ces berges.

Lausanne, comme elle le prône elle-même, s’avère un bon élève en la matière. Il est en effet possible, en hiver, de cheminer de façon quasiment discontinue des frontières de la Commune de St-Sulpice à celles de Pully. Cette « précision hivernale » est toutefois centrale, dans la mesure où un point noir existe et demeure à ce jour en termes de cheminement lacustre : là où se trouve la piscine de Bellerive. Le chemin passant de la plage publique de Bellerive au Quai du Vent-Blanc est en effet fermé du 15 avril au 15 octobre, obligeant chacune et chacun à remonter sur l’Avenue de Rhodanie et passer à l’arrière du bâtiment de la piscine de Bellerive, ceci sur plus de 700 mètres.

Or, cela coupe directement la cohérence du cheminement au bord du lac, prive le promeneur de la vue du lac et impose de passer sur une route malheureusement bien fréquentée en termes de trafic – ceci sur près d’un kilomètre. En outre, cela crée des complications avec les différents flux de mobilité douce, les piétons occupant très souvent la bande cyclable de l’Avenue de Rhodanie et se confrontant aux rollers, skates et autres trottinettes.

Alors que l’importance de la piscine de Bellerive n’est plus à démontrer, la nécessité de conserver des rives fermées est pour sa part beaucoup moins compréhensible. Il est vrai que cette fermeture pendant 6 mois s’explique par l’exploitation de la piscine et la nécessité de permettre à ses clients d’accéder au lac.

Il est toutefois également vrai que d’autres solutions existeraient pour combiner ces deux intérêts, tout aussi rentables, notamment :

  • placer une entrée au sud-ouest de la piscine de Bellerive, ce qui permettrait aux personnes venant depuis Vidy d’entrer beaucoup plus facilement dans la piscine, sans devoir la contourner entièrement2 ;
  • rendre l’accès à la piscine de Bellerive gratuit, sur le modèle du célèbre Marzilibad de Berne, dont la piscine, l’énorme pelouse et l’accès à l’Aar sont libres de tout coût d’entrée3.

S’agissant spécifiquement de cette seconde possibilité, l’exemple bernois devrait servir de modèle à la ville de Lausanne, tant l’engouement de la population pour le Marzili que le succès du lieu sont énormes. La vente de nourritures et de boissons, ajoutée à l’énorme popularité du lieu, permettent dans ce cadre en grande partie de compenser la gratuité des lieux.

A noter que les clôtures existant actuellement pour la période hivernale permettraient vraisemblablement de mettre en œuvre ces mesures (qu’il s’agisse de la première ou de la seconde) facilement et sans grand coût d’infrastructure.

A l’heure où Lausanne met en avant ses rives et prônes un nouvel accès au lac, il apparaît essentiel de permettre à toutes les lausannoises et tous les lausannois d’en profiter librement et sans blocages inutiles !

Conclusions :

La présente initiative invite la Municipalité à étudier l’opportunité de libérer toute l’année le cheminement passant de la plage publique de Bellerive au Quai du Vent-Blanc. Ce faisant, elle est également invitée à étudier la possibilité de (i) créer une entrée sud-ouest à la piscine de Bellerive ou (ii) rendre gratuit l’accès à la piscine de Bellerive, sur le modèle du Marzilibad de Berne.

David Raedler

1 Voir notamment le Plan directeur cantonal des rives vaudoises du lac Leman de 2000.

2 La nécessité de créer une autre entrée à la Piscine de Bellerive a d’ailleurs été relevée par la Municipalité dans le cadre du Rapport-préavis n° 2012/43 « Bellerive – plage Réponses aux postulats de M. Guy Gaudard et de M. François Huguenet, ainsi qu’aux deux nouvelles conclusions apportées par le conseil communal au rapport-préavis n° 2009/67 demande de crédit complémentaire », par. 6.2 et 6.3.

3 A l’image de toutes les piscines de la ville de Berne gérées par une collectivité de droit public. A noter que plusieurs initiatives émanant de conseillers communaux ont précédemment été déposées en lien avec le parc de la piscine de Bellerive, aucune toutefois ne proposant d’étudier la gratuité du lieu.

Intervention communale, Ngoc Huy Ho

Terrasse du Great Escape

Question orale

Le Great Escape, qui est un des bars les plus fréquentés et animés de Lausanne, a reçu en août dernier l’autorisation communale d’étendre sa terrasse sur la Place de la Madeleine, passant de 72 à 134 m2. Cette extension entendait également libérer une portion de la Place pour les usagers non-clients de l’établissement voulant profiter de l’espace public et notamment de son point de vue.

Or depuis cette décision, le Great Escape n’a toujours pas pu bénéficier/profiter pleinement de l’agrandissement de sa terrasse sous prétexte que la Ville souhaiterait désormais que le mobilier (càd tables, chaises et parasols) soit uniformisé notamment dans leur couleur. Récemment, des pétitions en ligne et papier visant à soutenir le Great Escape dans la sauvegarde de son identité et ses valeurs, qui se rapprochent de l’esprit des biergarten à la berlinoise avec du mobilier bigarré, ont reçu près de 2000 signatures en seulement 5 jours.
Ma question est la suivante : Comment expliquer, si cela est vrai, la différence de traitement de la Municipalité concernant cette décision d’avoir une terrasse de couleur unie avec d’autres décisions où le caractère bigarré et surtout la liberté du commerçant ont été autorisées (par exemple à la nouvelle Auberge de Beaulieu et sur d’autres terrasses de la ville) et sur quelle base légale se fonde cette décision?

Ngoc Huy Ho

Feuille verte

Imaginer la ville d’ici 2030

Les Verts lausannois ont réagi à la consultation publique pour le nouveau plan directeur communal (PDCom) de Lausanne.

Le plan directeur est la feuille de route pour le développement urbain dans les quinze prochaines années. Il fixe les buts à atteindre, les principes à respecter et les mesures à prendre pour l’urbanisation, la mobilité, la nature, les paysages et l’agriculture ainsi que l’environnement de la ville.

En février 2019, la ville a mis en consultation publique le projet du nouveau PDCom destiné à remplacer le plan actuel qui date encore des années 90. Les Verts lausannois se sont fortement impliqués dans les travaux préparatifs, notamment au Conseil communal et dans la Commission consultative d’urbanisme et des transports (CCUT), ainsi que par les consultations préalables. Le 22 mars 2019, ils ont pris position sur le projet mis en consultation.

Le nouveau PDCom s’appuie très largement sur la politique des Verts en matière d’urbanisme et de mobilité durable (21 mai 2014), preuve que nos messages politiques commencent à être largement admis au niveau de la Municipalité. Au lieu de prôner une densification générale du territoire, le PDCom prévoit ainsi de concentrer l’essentiel de la densification sur six sites (Plaines-du-Loup, Sud – Ouest, Sébeillon – Sévelin, Nord – Est, CHUV et Pôle Gare) avec un grand potentiel d’habitants (env. 16’000) et d’emplois (env. 12’000). En dehors de ces sites dits « de grande mutation urbaine », le plan veut préserver l’identité et la valeur patrimoniale et paysagère des quartiers. Dans tous les qartiers, il met l’accent sur la qualité des espaces publics, les centralités de quartier, l’activation des rez-de-chaussées, le patrimoine, les réseaux écologiques et la préservation des vues vers le lac et les Alpes. D’autres axes stratégiques du PDCom concernent la mobilité douce, notamment piétonne, et la volonté d’intégrer la population dans les différentes étapes des projets à travers des démarches participatives. Lors de la présentation publique du PDCom, l’accent sur le développement durable a été clairement exprimé par la Municipalité, ce qui est très positif pour l’avenir urbanistique de la Commune.

Dans leur prise de position, les Verts lausannois ont tout de même fait des propositions pour améliorer encore et compléter le projet. Nous demandons notamment de définir des critères qualitatifs pour les zones d’activité, pour les espaces publics, mais aussi dans la densification prévue le long du métro m2. La surface avoisinant le futur stade de football (extrémité ouest du site de La Tuilière Sud) doit être conservée comme réserve stratégique pour des besoins futurs et non prévue d’ores et déjà comme centre d’affaires.

Pour la mobilité, nous proposons par exemple une liaison piétonne directe et souterraine entre la gare du Flon et la gare de Lausanne, ainsi qu’un renforcement de l’offre en transports publics vers des zones de détente et de loisirs, afin d’accentuer toujours plus le trasfert modal de la voiture vers les transports publics. Nous plaidons en outre pour le développement de quartiers sans voiture et demandons d’identifier des secteurs fermés au trafic motorisé individuel de nuit. Pour le stationnement, il s’agit notamment de reprendre le contrôle des parkings privés à usage public du centre-ville, comme nous l’avons déjà demandé au conseil communal récemment. Finalement, nous demandons des mesures supplémentaires en matière de nature et d’environnement, notamment pour la protection du climat et l’adaptation aux changements climatiques, comme cela a été annoncé ouvertement par la Municipalité lors de la présentation publique du PDCom.

Dans l’ensemble, les Verts lausannois estiment que les ambitions du PDCom sont à la hauteur des enjeux qui attendent Lausanne ces prochaines années. Il faudra toutefois se donner les moyens de les retranscrire dans la révision du Plan général d’affectation (PGA) et dans les différents projets en cours ou à venir. Nous serons particulièrement attentifs à ce que le PDCom ne soit pas qu’un simple catalogue de bonnes intentions, mais qu’il se traduise véritablement en actions concrètes sur le territoire lausannois. Il faut également prendre des mesures pour empêcher que le patrimoine bâti et naturel des quartiers ne soit détruit par des projets de densification contraire à la vision du nouveau PDCom.

Valéry Beaud

Intervention communale, Xavier Company

Politique contre le deal à Lausanne

Intervention

Je me joins tout d’abord à la remarques de M. Dupuis pour remercier la Municipalité pour la vision critique qu’elle a su avoir en demandant ce rapport, mais aussi pour la transparence dont elle a fait preuve en le publiant directement.

Le problème principal traité jusque-là par la Municipalité (à ce stade c’est un constat et pas un reproche) : c’est la visibilité du deal et le sentiment d’insécurité et d’impunité qu’il dégageait. Et sur ce point, c’est une réussite. Pour moi qui traverse tous les jours au moins deux fois la Riponne, la rue St-François et le Rue de Bourg, c’est vrai que bien que je ne me sois jamais senti en insécurité, ce n’est pas un sentiment agréable que d’être accosté pour des produits stupéfiants aussi facilement, l’image qui est rendue n’est pas des meilleures. La Municipalité a ainsi répondu à une demande et l’a bien fait.

Ce qui me dérange plus c’est l’accompagnement à ce “dispositif” comme il est nommé par la Municipalité comme cela ressort du rapport sur lequel je reviendrait.

Le constat est celui que nous annoncions, à l’annonce de son dispositif : on ne traite pas le deal de rue, mais que sa visibilité. le deal est toujours autant présent (c’est un fait maintenant), il est simplement beaucoup moins visible est donc beaucoup plus difficile à contrôler et surveiller. Il est parti dans les quartiers périfériques, dans les bus, ailleurs ou l’on ignore ce qu’il se passe, les conditions qui l’entourent etc.

Dès lors nous nous étions félicités du fait que ce dispositif qui était sensé être uniquement une “présence”, sans arrestation, car le but n’était pas de sanctionner, mais de pacifier un espace public et dans ce sens, c’est réussi… mais il fallait un suivi, une vision plus large. Celle-ci parait sur le point de démarrer grâce eà ce rapport et aux déclaration de ce jour de la Municipalité et qui contrastent avec les réponses aux autres interpellations sur ce thème, mais qui ont été réalisée avant le rendu de ce rapport.

En effet, quand on lit les réponses de la Municipalité aux premières interpellations on voit déjà pointer ces contradictions qui ne laissent pas présager des réponses applicables sur le long terme. Par exemple, à l’interpellation de M. Corboz, on lit d’abord “un autre obstacle tient à la nature même du trafic de stupéfiant, dit trafic de fourmis. Pour chaque dealer écarté de ses activités apparaît aussitôt, presque sans élai, un autre dealer pour le remplacer”. Ce qui est vrai. Parce que ce sont les réseaux qui sont puissants, pas les dealers. Ce sont les réseaux le problème, pas leur chair à canon dans la rue, et la présent policière ne fait qu’écarter la pointe de l’iceberg, mais pas le problème. Mais quelque lignes plus loin on nous dit : “il convient de pouvoir augmenter les possibilités d’incarcération, notamment pour les dealers de rue” et “La Municipalité espère que le Ministère public, notamment dans un souci de prévention générale, prononce d’avantage de courtes peines de prison”. Mais si vous vous rendez compte qu’une arrestation de dealers ne change rien au problème du deal, et que les dealers ne sont sensibles à aucune forme de prévention car c’est le système social autour d’eux et les réseaux qu’il faut toucher, en quoi remplir nos prisons de courtes peines de prison constitue la moindre solution ? C’est selon moi une solution rapide, d’urgence, mais qui ne règle aucun problème de fond… et empêche, comme le dit l’interpellation de M. Dupuis, de consacrer les forces de la police à d’autres tâches.

Comme l’a dit M. Dupuis, ce n’est pas n attaquant le deal de rue qu’on peut régler le problème général de la consommation de drogue.

Finalement, ce sont ces autres tâches qui font défaut dans le dispositif de la police et mon collègue Dupuis les a longuement et bien développées, je ne m’y attarderai pas, mais on parle notamment :

– au niveau de la répression, le travail de fond sur les réseaux;

– au niveau des accompagnements, la coordinations avec les acteurs sociaux et d’encadrement;

– les aspects de prévention et de prise en charge des consommateurs.

Pour conclure la réaction de la Municipalité après la reddition de ce rapport et les discussion de ce soir laisse entrevoir une vision à plus long terme et coordonnée. Nous nous en réjouissons et suivrons cela de près, raison pour laquelle nous soutiendrons la résolution proposée.

Xavier Company

Feuille verte, Lausanne

Les architectes peuvent faire baisser la pression artérielle!

La Feuille verte n°44

Devant la réalité des coûts de la santé et des primes d’assurances maladie, on a tendance à oublier que la santé, c’est beaucoup plus que les soins. En Europe 65% de la population subit des niveaux sonores élevés, 40 millions de personnes respirent un air non conforme aux normes OMS, ayant des effets sur la santé. Et les études sont nombreuses aux Etats-Unis sur l’influence de l’urbanisme sur la sédentarité donc sur l’obésité.

En effet, notre santé est déterminée par notre capital génétique mais aussi et en grande proportion par nos conditions de vie, notre alimentation, le sport que nous faisons, les liens sociaux que nous tissons. Et pour ces paramètres, le cadre de vie est essentiel; c’est ainsi que la Ville est au cœur de la promotion de la santé.

Les Verts ont déposé plusieurs postulats demandant à la Municipalité de promouvoir un cadre de vie propice à la santé, comme par ex. un parcours vita reliant le nouveau quartier des Plaines-du-Loup au reste du tissu urbain en utilisant les forêts existantes.

Une majorité des effets bénéfiques pour la santé peuvent l’être sans faire de sport, mais par la pratique régulière d’activités physiques d’intensité modérée assimilables à des activités de la vie quotidienne. La principale stratégie étant de changer la perception des habitants sur l’offre du voisinage en commerces et services, afin qu’ils s’y rendent à pied, de créer une perméabilité avec les espaces verts alentours, de garantir le libre accès à des équipements sportifs ou des espaces extérieurs de qualité, bref des préoccupations que les Verts ont relayées ces dernières années dans leurs actions et interventions politiques.

La Municipalité vient de répondre à nos impulsions et va dans ce sens : avoir une vision globale de la santé pour toute la ville, favoriser le mouvement dans la population habituellement sédentaire, réduire les obstacles à la marche en milieu urbain et mettre en évidence les impacts de l’urbanisme et des transports sur la santé.

Car comme le répétait un médecin expert du sujet, l’urbaniste a un rôle crucial une fois que le patient a passé la porte du cabinet. Il peut créer des environnements qui invitent à la marche, à l’activité physique, à la rencontre. Le défi du futur est de modifier l’environnement pour que le choix sain soit le choix simple.

Sophie Michaud Gigon

Intervention communale, Lausanne, Sara Gnoni

Campagne annulée contre le harcèlement de rue

Intervention

Merci Monsieur le Président,

La lutte contre les violences sexuelles en général et le harcèlement de rue notamment sont des thèmes qui sont une priorité dans notre programme politique de sécurité et d’égalité et qui me tiennent, comme vous le savez, particulièrement à coeur.

Ce sont donc des questions légitimes que l’interpellateur a posées, sur le fonds et évidemment pas sur la forme.

L’interpellation demandait en somme, comment a-t-on pu arriver en fin de réalisation de la vidéo, et se rendre compte soudain que le contenu n’était pas digne d’être utilisé pour de la prévention contre les violences à caractère sexuel.

Je pense qu’à ce titre, et même s’il est regrettable que des deniers publics aient été gâchés, la Municipalité nous informe dans  sa réponse qu’elle en a tiré des leçons afin d’éviter qu’un telle situation se reproduise.

La Municipalité nous explique en outre que, comme dans tout projet, il y avait un comité de pilotage mais dont ont fait partie uniquement la police judiciaire, la Fondation vaudoise contre l’alcoolisme et Profa ce qui pourrait expliquer la direction qu’a pris cette campagne, dans le sens que pour ces parties prenantes il s’agit surtout d’éviter que des personnes soient alcoolisées et puissent, dans cet état se mettre en danger.

En revanche, dans le cadre des campagnes de prévention contre le harcèlement de rue, le cercle des parties prenantes a été élargi, ce qui nous réjouit et ce qui permet d’avoir un message plus cohérent par rapport au but que l’on cherche à atteindre, c’est-à-dire le comportement des harceleurs et non pas celui des cibles.

Au delà de ceci, nous ne pouvons que féliciter la Municipalité pour sa décision et ce même, à un stade aussi tardif, et quasiment juste avant le lancement de cette campagne d’avoir réalisé que le message qui aurait été transmis était erroné, contre-productif voire stigmatisant pour les cibles de violences et de harcèlement qui vivent déjà souvent et même sans ce type de message, avec un sentiment  de culpabilité et de honte très prononcé.

Le message transmis aurait encore renforcé l’idée chez certains, qu’une personne sous l’effet de l’alcool peut être consentante du moment que c’est elle qui s’est mise dans cette situation. Il y a par exemple déjà eu des cas où des hommes qui ont violé en groupe une femme qui était sous l’emprise de l’alcool et qui ont dû la déplacer d’un endroit à un autre pour ce faire, ne voyaient pas vraiment où était le problème, donc si on commençait à faire passer ce message dans une campagne de prévention, ce serait vraiment grave.

La honte doit être placée vers ceux qui sont les auteurs d’actes de violences de tout genre et non pas du côté de la cible et je pense que ceci a bien été intégré dans le préavis sur la lutte contre le harcèlement de rue ainsi que dans la vidéo sur le musée du harcèlement de rue, ce qui me réjouis.

En conclusion, et malgré la perte encourue suite à l’annulation de cette campagne, nous soutenons le fait que mieux vaut une campagne annulée plutôt qu’elle eût été publiée avec des conséquences considérables sur le message partagé. Nous remercions donc la municipalité pour la réponse qu’elle a apportées à ces questions et que la lutte contre les violences sexuelles et sexistes continue.

Sara Gnoni

Ilias Panchard, Intervention communale

Politique sociale communale de la vieillesse

Rapport-préavis Politique sociale communale de la vieillesse

Intervention

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les membres de la Municipalité,

Chères et chers collègues,

La soixantaine passée, une fois à la retraite, notre société a fortement tendance à déconsidérer les personnes âgées. Leur rôle social se réduit parfois comme peau de chagrin en peu de temps. Avec le vieillissement de la population, le défi consiste à développer une ville dans laquelle les personnes âgées se sentent elles aussi à leur place, se déplacent plus facilement, participent à des activités variées et puissent partager leurs expériences et contributions, passées ou actuelles, avec le reste de la population, en particulier avec les plus jeunes.

L’ambition est grande et cela s’inscrit évidemment dans la durée. Ce préavis est une étape supplémentaire dans ce sens et nous espérons que de nouvelles thématiques seront encore plus développées à l’avenir, notamment en mettant l’accent sur l’intergénérationnel ou la lutte contre l’isolement.

Premièrement, la démarche participative entreprise est à saluer. De même que la volonté d’inclure à l’avenir les associations qui représentent les aîné-e-s, par exemple lors de la construction de nouveaux quartiers.

La première priorité semble, comme le souligne le préavis, d’améliorer la communication sur l’offre déjà existante dans la ville, comme le point Info-seniors (espace Riponne) dont j’ignorais personnellement l’existence.

Ensuite, la volonté d’intégrer les besoins des personnes âgées dans les politiques urbanistiques, le logement ou les transports est une très bonne chose. Et ce dès le départ lorsqu’il s’agit de nouveaux projets.

Nous le voyons, plus on creuse ce sujet, plus les liens avec d’autres politiques augmentent. Le défi sera de réussir à coordonner efficacement ce plan d’actions tout en imaginant des synergies avec d’autres dicastères.

Le lien avec l’emploi est par exemple très intéressant, surtout à un moment où l’employabilité – ce terme barbare ! – des plus de cinquante ans a tendance à baisser aux yeux des employeur-e-s.

De même, créer des liens forts avec la politique des quartiers et des écoles permettrait de faire émerger des projets intéressants, en particulier sur l’intergénérationnel. Par exemple, la possibilité donnée à des aînés d’aider des instituteurs-trices dans l’accompagnement des élèves (lors d’activités en classe ou des sorties) pendant quelques heures par semaine, comme cela a été initié dans le canton de Neuchâtel avec un projet de Senectute, irait pleinement dans ce sens. Pour la plus grande joie des seniors intéressés et des écolier-e-s.

Enfin, la question de l’isolement est aussi un sujet crucial. Une difficulté réelle lorsque des personnes ont de plus en plus de peine à sortir de chez elle, avec tous les impacts sur leur vie et leur santé qu’on peut imaginer. Pour y répondre, un accompagnement ciblé, par exemple par des bénévoles, permettrait à ces personnes âgées d’être régulièrement accompagnées pour aller faire les courses, aller chez le médecin ou le coiffeur, ou bien encore pour se déplacer avec les transports publics. Cela pourrait se faire par exemple à l’aide d’un numéro gratuit permettant de prendre rendez-vous la veille pour bénéficier, une fois par semaine, d’un coup de pouce bénévole.

En conclusion, le vieillissement de la population concerne toutes les générations et « une politique de la vieillesse doit s’adapter à la société plus âgée de demain et aux jeunes d’aujourd’hui dans la perspective de leur vieillissement.¹»

Le groupe des Verts vous recommande à l’unanimité d’accepter ce rapport-préavis.

Merci de votre attention.

Ilias Panchard

¹Stratégie en matière de politique de la vieillesse, Rapport du Conseil fédéral (donnant suite au postulat 03.3541 Leutenegger-Oberholzer du 3 octobre 2003). Berne, 29 août 2007

Lausanne, Sophie Michaud Gigon

La santé en ville

Rapport-préavis 2017-43

Réponse aux postulats Litzistorf, Michaud Gigon et consorts sur la santé en ville

Intervention

En automne, les primes d’assurance maladie et les coûts de la santé se rappellent à nous, nous avons dépensé 80 milliards pour les soins en Suisse en 2016 et 1/3 des soins est pris en charge par les ménages. Devant cette réalité, on a tendance à oublier que la santé, c’est beaucoup plus que les soins. En Europe 65% de la population subit des niveaux sonores élevés, 40 millions de personnes respirent un air non conforme aux normes OMS, ayant des effets sur la santé. Et les études sont nombreuses aux Etats-Unis sur l’influence de l’urbanisme sur la sédentarité donc sur l’obésité.

Eh oui, notre santé est déterminée par notre capital génétique mais aussi et en grande proportion par nos conditions de vie, notre alimentation, le sport que nous faisons, les liens sociaux que nous tissons. Et pour ces paramètres, le cadre de vie est essentiel; c’est ainsi, et c’est une bonne nouvelle, que la Ville a une influence déterminante sur la promotion de notre santé. La Fondation nationale Promotion santé suisse a bien reconnu que les villes avaient leur partition à jouer puisque le titre de leur conférence en janvier 2019 s’intitule « les villes et les communes au cœur de la santé ».

La géomédecine est une science en plein essor articulant le savoir géographe et médical : en une phrase : l’impact de l’environnement urbain sur notre santé. Les architectes peuvent faire baisser la pression artérielle ! Dans le projet métamorphose, la PMU a vu l’occasion unique d’associer urbanisme et santé avec les objectifs suivants : favoriser le mouvement dans la population habituellement sédentaire, réduire les obstacles à la marche en milieu urbain et mettre en évidence les impacts de l’urbanisme et des transports sur la santé. Ainsi est née la démarche métaSanté (pour métamorphose).

Le rapport métaSanté remis à la Ville en octobre 2014 relève ainsi qu’une majorité des effets bénéfiques pour la santé peuvent l’être sans faire de sport, mais par la pratique régulière d’activités physiques d’intensité modérée assimilables à des activités de la vie quotidienne. La principale stratégie étant de changer la perception des gens sur l’offre du voisinage en commerces et services, afin qu’ils s’y rendent à pied, de créer une perméabilité avec les espaces verts alentours, de garantir le libre accès à des équipements sportifs ou des espaces extérieurs de qualité, bref des préoccupations que les Verts ont relayés ces dernières années dans leurs actions et interventions politiques.

Ce rapport-préavis répond ainsi aux objets que nous avons déposés sur la promotion de la santé par les villes, sur une extension de cette démarche métaSanté à toute la ville, et concrètement, sur un projet de parcours santé reliant les forêts des quartiers du Nord lausannois, en utilisant l’existant et en créant un lien avec le nouveau quartier, en intégrant ce bloc sorti de terre au tissu urbain composé de Bois-Mermet et de la campagne du Désert. En effet, la barrière psychologique face au sport ou au mouvement est clairement atténuée lorsque les espaces verts sont reliés entre eux. Tout se tient.

Lors d’une journée sur le thème organisée par de Rue de l’avenir en 2015, Reto Auer, médecin et ami, relevait :

« l’urbaniste a un rôle crucial une fois que le patient a passé la porte du cabinet! Il peut créer des environnements qui invitent à la marche, à l’activité physique, à la rencontre. Le défi du futur est de modifier l’environnement pour que le choix sain soit le choix simple.»

La ville a choisi de répondre dans ce sens à ces 3 postulats verts et nous vous invitons à adopter avec élan ce rapport-préavis afin de poursuivre dans cette voie.

Sophie Michaud Gigon

 

Intervention communale, Sophie Michaud Gigon

Réaménagement de l’Avenue du Grey

Intervention

Au moment de prendre acte de ce plan des investissements, j’exprime une incompréhension face au revirement de la Municipalité. Derrière mon questionnement, il y a la déception de tout un quartier qui depuis une dizaine d’années attend enfin un réaménagement de l’avenue du Grey, grosse pénétrante urbaine qui coupe le quartier en deux. Des associations et habitants du quartier ont même à plusieurs reprises présenté à la Municipalité des propositions de réaménagements.

Après s’être enfin engagée à agir dans ce quartier qu’elle considère comme stratégique juste en-dessous des Plaines du loup, pourquoi fait-elle disparaître cet investissement tant attendu et finalement intégré dans le plan d’investissement pour 2021?

En introduction à la réponse à notre interpellation en 2014, Olivier Français, municipal en charge de l’urbanisme à l’époque, admettait qu’on n’en avait pas assez fait avec cette pénétrante urbaine et que c’était désormais dans les projets de la Municipalité de la réaménager pour diminuer son immense impact sur ce grand quartier.

Recalibrer les voies de circulation et les arboriser n’est pas gratuit mais cela n’enlève rien à sa nécessité pour cette partie de la ville et la Municipalité l’a reconnu plusieurs fois.

Après ces années d’atermoiement et ce dernier report, j’émets le souhait que le plan d’investissements suivant ne fasse pas subir le même sort à une mesure aussi importante et longuement attendue et que nous puissions enfin voir se concrétiser ce réaménagement.

Je vous remercie de votre attention.

Sophie Michaud Gigon