Lausanne

Liberté de la presse et proportionnalité

Des limites doivent être posées

Les Vert·e·s lausannois·es ont été surpris·es de l’attitude de certains membres de la Police municipale lausannoise ce samedi lors d’une action de blocage d’Extinction Rebellion, dont la vidéo a été publiée par le quotidien Le Courrier. Ces images mettent en évidence ce qui apparaît comme une restriction de la liberté de la presse et l’arrestation d’un militant passif les interpellant sur cette question. Ces actes, difficilement explicables, posent à nouveau la question des limites de l’action policière. Les interventions de la Police municipale doivent bénéficier d’une surveillance politique pour s’assurer que les droits fondamentaux de chacun soient respectés. C’est ce que nous avons demandé lors du débat sur notre interpellation urgente du mois d’août dernier et continuerons à demander à tous les échelons politiques.

Le rôle de la presse, comme « chien de garde de la démocratie » pour citer la Cour Européenne des droits de l’Homme, est indispensable et ne doit souffrir d’aucune limitation. Or, dans la vidéo du quotidien Le Courrier, on distingue clairement un photographe de presse, autorisé dans l’espace de manifestation, repoussé et empêché par une policière alors qu’il se tient à distance et n’entrave aucunement l’action de la police sur les manifestant·e·s. Une telle attitude n’est pas acceptable de la part d’un corps de police municipal, assermenté et au service de la démocratie. Les atteintes à la presse, quelles qu’elles soient, doivent être combattues vivement et fermement par les responsables politiques, chargé·e·s de superviser l’action policière. Il en va de même des tentatives de censure de la presse privée, qui doivent être combattues à tout prix, au risque d’aboutir à des dérives dangereuses.

La seconde partie de la vidéo montre une forme de délit de faciès de la Police Municipale qui doit lui aussi être condamné. En effet, un militant présent mais ne participant pas au blocage (par ailleurs membre des Jeunes Vert·e·s et militant actif avec la Grève du Climat, dont les manifestations sont systématiquement autorisées en bonne et due forme) s’est offusqué de la façon dont le photographe professionnel a été traité et a interpellé, avec d’autres personnes présentes, les policiers présents pour qu’ils se rendent compte de ce qui était en train de se passer. Bien qu’il n’ait, semble-t-il, outrepassé aucune limite, il a ensuite été maîtrisé par cinq policiers et embarqué, alors même qu’aucune infraction ne semble avoir été commise, simplement parce qu’il a été reconnu comme un militant actif lors d’autres événements passés.

Pour conclure, les Vert·e·s lausannois·es ne contestent pas que le travail de la Police municipale est loin d’être évident lors d’actions de blocage aussi importantes, et que la tension est grande. Son attitude posée, collaborative et respectueuse des militant·e·s a d’ailleurs été relevée lors des dernières interventions, et saluée. Mais il convient d’être systématiquement attentif à ne pas dépasser les limites qui sont celles de l’Etat de droit et la proportionnalité de l’action policière. Les pouvoirs politiques qui sont chargés de la haute surveillance doivent prendre leur responsabilité, en amont en donnant les directives nécessaires, et en aval lorsqu’il s’agit de contrôler les actes qui ont eu lieu. Nous attendons dès lors une prise de position claire et critique de la Municipalité face à ces débordements qui ne sauraient se reproduire.