Intervention communale, Karine Roch, Lausanne

Que se passe-t-il dans la STEP avec les fibres de micro plastiques issues du lavage de nos vêtements?

Question orale

De nombreux efforts sont faits pour restreindre l’utilisation des objets plastiques à usage unique afin de limiter la pollution de nos lacs.

Pourtant nos vêtements sont eux aussi une source majeure de la pollution par les micro plastiques. En effet, les fibres synthétiques constituent à présent 60% des matières textiles. Lors d’un lavage en machine, des milliers jusqu’à des centaines de milliers de fibres peuvent être relâchées dans l’eau de lavage et les machines à laver ne sont pas équipées de filtres. Ces fibres de quelques mm de long et quelques microns de diamètre finissent donc à la STEP via le réseau des eaux usées.

Que se passe-t-il alors dans la STEP ? Ce problème est-il connu ? Les micro fibres se concentrent-elles sous des formes récupérables par le processus de traitement des eaux usées ?

Karine Roch

David Raedler, Intervention communale

Quel bilan tirer de la qualité des déchets végétaux récoltés depuis le 1er janvier 2018 ?

Interpellation 

Le tri des déchets verts a longtemps perturbé passablement de lausannoises et de lausannois quant aux produits pouvant y être mis. Sacs compostables, restes de repas, coquilles d’œuf, bouchons de chasselas : il n’était pas toujours clair de savoir ce qui pouvait y terminer sa vie.

Les Verts ont salué avec entrain le changement de pratique décidé par la Municipalité depuis le 1er janvier 2018 et le choix d’une filière de biométhanisation pour la valorisation des déchets verts. Cette solution – également l’une des conséquences de la disparition de la compostière lausannoise – a grandement facilité l’identification des déchets verts, qui peuvent aujourd’hui accueillir justement restes de repas et sacs compostables respectant la norme EN 13432.

Cette facilitation du tri a non seulement profité aux habitantes et habitants lausannois, mais aussi aux restaurateurs et autres grands producteurs de biodéchets, dont les grandes surfaces. Là également, ils peuvent « réduire » en biodéchets une grande partie de produits qui étaient auparavant destinés à être brûlés.

Il est essentiel maintenant que cette nouvelle pratique soit évaluée par la Municipalité, notamment en ce qui concerne la qualité des biodéchets et la présence possible de plastiques. En effet, quasiment tous biodéchets terminent leur vie en compost et autres engrais, ceci y compris après un processus de méthanisation. Dès lors, le problème des plastiques se trouvant dans ces déchets demeure central – tant ce type de pollution peut présenter des risques essentiels pour la santé de toutes et tous. Ces risques sont d’autant plus marqués lorsque les déchets plastiques sont réduits à de petites particules, voire des microplastiques.

Dans un article paru en juin 2018, le Spiegel s’était inquiété du problème causé par ces plastiques présents dans le compost (y compris, et notamment, suite au processus de biométhanisation) sur la santé des allemandes et allemands1. Il apparaissait en particulier que les supermarchés envoyaient dans les déchets verts le reste de leurs déchets verts et carnés encore emballés. Ces déchets sont plus précisément broyés avec leurs emballages plastiques et le résultat de cette opération envoyé au compost – polluant par-là les sols, cours d’eau et nappes phréatiques.

De façon moins grave que le processus décrit ci-dessus, il apparaît également que les étiquettes en plastique apposées sur les fruits et légumes engendrent tout de même une pollution importante des déchets verts par leur présence dans les résidus utilisés comme compost. Là également, la responsabilité des supermarchés et autres grandes surfaces se pose quant à la pollution engendrée et les risques causés à la santé de tout un chacun.

Enfin, l’on peut rappeler ici encore le problème maintes fois évoqué dans ce Conseil des erreurs faites par les particuliers lorsqu’ils utilisent des sacs non compostables pour leurs déchets verts, ou jettent carrément des déchets non compostables avec les déchets verts. Ce problème semblait en forte diminution selon la réponse qui a été donnée en 2016 par la Municipalité à un postulat2, mais n’apparaît pas réglé à ce jour.

Ces problèmes viennent s’ajouter à d’autres thématiques liées aux déchets verts qui font l’objet d’un postulat (« pour une production de biogaz lausannois ») et d’un projet de règlement lié à la distribution de sacs plastiques dans le cadre de marchés lausannois, tous deux déposés par le Groupe des Verts.

Dans ce contexte, les interpellateurs posent à la Municipalité les questions suivantes :

  • Quel bilan la Municipalité tire-t-elle du changement de pratique opéré avec effet au 1er janvier 2018 concernant les déchets verts, au regard du processus de biométhanisation choisi ?
  • La Municipalité constate-t-elle en particulier une présence accrue de déchets ne devant se retrouver dans le compost, en particulier des plastiques (sacs, emballages, etc.) ?
  • La Municipalité procède-t-elle à un contrôle des déchets verts produits par les grandes surfaces et supermarchés, notamment afin d’y détecter cas échéant la présence d’emballages et d’étiquettes en plastique ? Plus généralement, la Municipalité a-t-elle constaté – ou a-t-elle des motifs de craindre l’existence – d’une pratique consistant, pour les grandes surfaces et supermarchés, à broyer les déchets verts avec leurs emballages ?
  • Quelles mesures la Municipalité a-t-elle déjà prises pour lutter contre la présence de déchets non-compostables émanant de particuliers, notamment depuis le changement de pratique opéré au 1er janvier 2018 ?
  • La Municipalité entend-elle mettre en œuvre des moyens (y compris sous l’angle de sanctions) afin de limiter les plastiques se trouvant dans les déchets verts, notamment issus des :
    • emballages et suremballages produits par les grandes surfaces et supermarchés ;
    • sacs non compostables et autres déchets jetés par des particuliers ;
    • étiquettes en plastique apposées sur les fruits et légumes.

Nous remercions la Municipalité pour ses réponses.

David Raedler

1 Wie der Plastikabfall in die Natur kommt, Der Spiegel, 1er juin 2018.

2 Postulat déposé le 9.9.2014. Réponse donnée dans le Rapport-préavis N° 2016/04 – TRX – Réponse au postulat de M. Rossi Vincent – Déchets compostables : sortir du bourbier. 28.1.2016.