Lausanne

Candidatures vertes à la municipalité de Lausanne

Elections communales 2021

La période d’appel à candidature verte à la Municipalité de Lausanne, ayant couru du 1er février au 29 février, a abouti avec le dépôt de plusieurs candidatures. Les Vert·e·s lausannois·e·s remercient Xavier Company, Daniel Dubas et Natacha Litzistorf d’avoir fait acte de candidature, et pour l’énergie, les ressources, et les compétences mises au service du mouvement et de ses objectifs verts. Ces trois candidat·e·s vont désormais poursuivre le processus interne d’audition en vue d’une élection en Assemblée générale prévue début septembre.

La vie politique communale lausannoise reprend peu à peu après de longues semaines de gestion de crise, de confinement, de drames mais aussi d’entraide, de solidarité et de chamboulements sociaux. Cette période a fondamentalement démontré que certains enjeux sont trop universels et trop importants pour être gérés au niveau individuel, ou par les lois du marché. Le COVID-19 a nécessité une action collective et forte de l’Etat, coordonnée, finement renseignée par des experts, et communiquée à la population de manière didactique et sérieuse. Les défis qui nous attendent au-delà de cette pandémie sont de nature similaire, avec comme omniprésentes menaces le réchauffement climatique et l’effondrement de la biodiversité.

Les Vert·e·s lausannois·es militent pour une société responsable, démocratique, solidaire et ouverte, et ce à tous les niveaux, dont le niveau communal. Nous souhaitons que Lausanne, fraîchement baptisée capitale du climat en 2019, mérite son nom, et prenne de façon exemplaire et proactive le virage de la durabilité forte, écologique et sociale. Il faut pour cela réélire ou élire des personnes déterminées pour porter ces dossiers et concrétiser ce virage urbain et humaniste. Cette prochaine élection marquera la fin du mandat de Jean-Yves Pidoux, après trois législatures engagées au service des habitant·e·s et des causes vertes en ville de Lausanne. Son énergie, ses compétences et son analyse fine ont énormément apporté à la Ville et aux Vert·e·s, qui lui doivent beaucoup pour l’ensemble de son engagement tant communal que cantonal !

Suite à un appel à candidatures lancé aux membres en février, trois personnes se sont annoncées (par ordre alphabétique):

Xavier Company, 32 ans, conseiller communal depuis 2016 et co-président des Vert·e·s lausannois·es depuis 2017, exerce comme avocat au Barreau après avoir suivi une formation en droit et économie à l’Université de Lausanne. Il s’investit activement au sein des Jeunes Vert·e·s et des Vert·e·s depuis près de 10 ans, d’abord à la vice-présidence des Jeunes Vert·e·s vaudois·es, au comité des Jeunes Vert·e·s suisses, puis des Vert·e·s lausannois·es avant d’être élu à la co-présidence. En parallèle, il a développé des expériences et engagements entrepreneuriaux, civilistes et associatifs, notamment au sein de la Brasserie Docteur Gab’s, de l’ATE et de

l’association EyesUp (association active dans la lutte contre le harcèlement sexuel). Ses thèmes de prédilection sont l’énergie, l’égalité, le sport, le social, la mobilité et la sécurité.

Daniel Dubas, 42 ans, conseiller communal depuis 2014, a une formation en sciences politiques et en urbanisme. Cadre supérieur à la Confédération et membre de la direction de l’Office fédéral du développement territorial (ARE), il est actuellement Délégué du Conseil fédéral à l’Agenda 2030 pour le développement durable. Très actif au sein du délibérant lausannois, il a été successivement vice-président des Vert·e·s lausannois·es, chef de groupe et membre de la Commission des finances, entre autres. Ses sujets de prédilection sont notamment les questions de développement durable, l’urbanisme, la mobilité, l’environnement, l’énergie et les finances publiques.

Natacha Litzistorf, 51 ans, est politologue, ancienne présidente des Vert·e·s lausannois·es et conseillère communale depuis 2008, organe qu’elle a présidé en 2013. Elue Municipale en 2016, elle est en charge la direction du logement, de l’environnement et de l’architecture. Durant cette législature, ses dossiers principaux ont été: la création d’un morceau de ville autour de la gare (Pôle Gare), la végétalisation de la ville avec un accent sur l’arborisation, l’émergence d’une agriculture écologique, la construction de logements et d’infrastructures pour tous et toutes, l’assainissement énergétique, la numérisation au profit des administré.e.s et la participation de la population.

 

Anne Berguerand, David Raedler, Ilias Panchard, Intervention communale, Lausanne, Sara Gnoni, Selsa Maadi, Sima Dakkus, Xavier Company

Une mise en place de stands alimentaires éparses à défaut de marché réduit?

Lors de sa séance du 9 avril dernier, le Conseil d’Etat a décidé d’interdire la tenue des marchés lausannois dans leur forme « réduite » alors que toutes les mesures avaient été prises par la Commune de Lausanne pour assurer le respect des normes fédérales et exigences de l’OFSP – dont un nombre très réduit de stands et des contrôles renforcés.

Si au niveau fédéral, l’art. 6, al. 2, let. a de l’ordonnance 2 Covid-19 interdit la tenue de marchés jusqu’à nouvel avis, le Rapport explicatif y relatif précise que la tenue de stands de denrées alimentaires est autorisée pour autant qu’ils soient exploités seuls : « Un stand isolé vendant de la nourriture est considéré comme un magasin d’alimentation et peut donc rester ouvert, contrairement aux marchés alimentaires, pour autant qu’il soit possible de respecter les règles en matière de distance. Cependant, un seul stand isolé de nourriture peut être dressé sur une place de marché ou sur une autre place ».

Pourtant, dans sa directive, le Conseil d’Etat va plus loin et exige qu’un seul stand soit monté sans concomitance de lieu, de date et d’horaire avec d’autres stands de denrées alimentaires isolés, au bénéfice d’une même autorisation communale. En ce sens, et conformément au bref avis de droit joint à la présente, l’interprétation du Conseil d’Etat nous paraît trop restrictive.

Cela étant, et dans tous les cas, les Vert·e·s lausannois·es souhaitent que la municipalité étudie la possibilité d’ouvrir des stands de façon suffisamment espacée – cas échéant, et si l’on suit temporairement l’interprétation restrictive du Conseil d’Etat, sous la forme d’un seul stand par quartier et par jour, du lundi au samedi, notamment aux emplacements suivants : Place de la Riponne, Place de la Palud, Saint-Laurent (future Place du 14 juin), rue de l’Ale, Place de la Sallaz, Place Saint-Francois, Rue de Bourg, Place de l’Europe, Place Bel-Air, Place Chauderon, Avenue de France, avenue du Grey, et Grancy, ainsi que dans les quartier hors Centre-Ville, avec un tournus quotidien des maraîchères et maraîchers présent-e-s en fonction de leurs possibilités et volontés d’y participer. Ceci en respectant toutes les règles de distanciation et d’hygiène en vigueur, comme la Confédération l’y autorise et semble également l’envisager le ministre de l’économie Philippe Leuba (24heures – 09.04.2020). L’ouverture ne vise en aucun cas à alléger le confinement, les règles de maintien de la distance de 2 mètres entre les client·e·s doivent être particulièrement respectées et contrôlées.

Outre le fait que cette ouverture très réduite permettrait le respect des exigences fédérales d’isolation des stands, les avantages sont multiples :

Pour les citoyens·nes:

  • Cette mesure permet de diversifier les points de vente et d’éviter ainsi aux citoyens de s’agglutiner dans les rayons des grandes surfaces où les distances sociales sont plus difficiles à respecter qu’en plein air.
  • Cela permet au citoyen·ne de trouver une offre de produits frais et locaux à proximité de chez lui et d’avoir donc moins à se déplacer en ces temps de confinement.

Pour les maraîchers·ères:

En effectuant un tournus des maraîchers·ères du lundi au samedi, une ouverture telle que proposée permettrait aux habitants de les soutenir en les faisant profiter des rentrées financières liées à la vente de leurs produits, tout en étant équitable envers chacun. Cela leur évite également de devoir jeter leurs denrées périssables.

  • En effectuant un tournus des maraîchers·ères du lundi au samedi, une ouverture telle que proposée permettrait aux habitants de les soutenir en les faisant profiter des rentrées financières liées à la vente de leurs produits, tout en étant équitable envers chacun. Cela leur évite également de devoir jeter leurs denrées périssables
  • Enfin, la mesure vise à rectifier une iniquité de traitement vis-à-vis des magasins d’alimentation qui sont quant à eux restés ouverts en permanence.

Fondé-e-s sur ce qui précède, les Vert·e·s lausannois·es posent donc les questions suivantes à la Municipalité:

  1. La Municipalité entend-elle contester l’approche du Conseil d’Etat vaudois s’agissant de l’interdiction de tenir des marchés en leur forme « réduite », notamment au regard du bref avis de droit joint à la présente ?
  2. La Municipalité entend-elle étudier l’opportunité, malgré les limitations imposées au niveau cantonal, d’organiser la tenue de stands alimentaires par des maraîchers·ères de la région en les répartissant de façon isolée, soit un stand par secteur ou quartier, dans toute la ville, quotidiennement ?
  3. Enfin, la Municipalité prévoit-elle des mesures spécifiques, par exemple un soutien financier ou organisationnel, destinées aux productrices et producteurs qui, en temps normal, vendent leurs produits frais et locaux chaque semaine dans les différents marchés de la Ville ?

Pour les Vert·e·s lausannois·e·s:

MAADI Selsa, RAEDLER David, DAKKUS Sima , COMPANY Xavier , BERGUERAND Anne, GNONI Sara


Avis de droit – Marché lausannois

Question écrite à la Municipalité – Les Vert·e·s lausannois


Lausanne

Merci, Daniel!

L’hommage de Léonore Porchet, présidente des Verts lausannois, à Daniel Brélaz à l’occasion de son départ de la municipalité de Lausanne.

Je suis née l’année où Daniel Brélaz a été élu à la Municipalité de Lausanne. Daniel a installé ses fameux panneaux solaires à la place Chauderon en 1991. Je n’en étais qu’à balbutier mes premiers mots. Vous aurez compris le paradoxe auquel je fais face aujourd’hui: manquant de recul historique, je ne suis pas la meilleure personne pour témoigner de l’impressionnante carrière de Daniel, alors même que je n’ai pas connu ma ville autrement que sous son influence.

Ce que j’aimerais donc partager aujourd’hui avec vous, en tant que présidente des Verts lausannois, ce ne sont pas des anecdotes vertes que je n’ai pas vécues, mais je souhaite plutôt témoigner de l’immense reconnaissance que toute la génération des jeunes écologistes, à Lausanne comme ailleurs dans le pays, peut avoir pour Daniel Brélaz.

Il le raconte très bien lui-même : il passait pour un rêveur loufoque lorsqu’à ses débuts déjà, il tressait des louanges à l’énergie solaire. Peu à peu, à l’aide de ses savants calculs, de sa finesse stratégique et de son incroyable force de travail, à l’aide aussi, il faut bien le dire, de son style qu’on peut qualifier avec euphémisme de peu souple, il a participé activement à mettre la défense de notre environnement à l’agenda politique et à faire entendre la voix des écologistes ; à tel point qu’aujourd’hui tout le monde ou presque prétend s’en préoccuper.

Pardonnez-moi cette comparaison pas très écolo : mais tel le brise-glace, Daniel a ainsi frayé, de toute son énergie, une voie dans la banquise de la politique pour toutes celles et ceux qui se préoccupent de notre environnement, de nos ressources vitales, qui souhaitent donner une voix à celles et ceux qui n’en ont pas. Aujourd’hui, nous pouvons monter aux créneaux pour défendre ces valeurs vertes et c’est en partie parce que Daniel Brélaz a consacré sa vie à son parti et à sa ville.

Nous sommes donc nombreux à Lausanne à faire partie de la « génération Brélaz », pas seulement par notre âge, mais surtout parce que notre engagement, nos opportunités, l’écoute qu’on a de nos valeurs vertes, comme pour tant d’autres écologistes en Suisse, ne seraient pas ce qu’ils sont aujourd’hui sans notre « Géant vert ».

D’ailleurs, lorsqu’à 24 ans, j’arrivais à la présidence des Verts lausannois, une des remarques les plus fréquentes que j’ai entendues face à mon jeune âge, est « mais alors, t’es la cheffe de Brélaz ? ». C’est dire s’il fait figure d’étalon de mesure. Par contre, penser que je puisse être « la cheffe » de Daniel Brélaz, c’est assurément mal connaître les Verts, mais c’est surtout mal connaître Daniel Brélaz… même si une de mes fiertés politiques est de réussir à présider nos assemblées sans être trop interrompue par notre syndic.

C’est d’autant plus vrai que Daniel est d’une fidélité remarquable et met un point d’honneur à participer avec assiduité à la vie de notre parti. Son agenda se divisant désormais par deux, il est fort probable que je sois chargée encore quelques temps de rappeler qu’il y a une liste de paroles à notre désormais «seulement» conseiller national. Il puisera dans sa mémoire qui semble illimitée des exemples et anecdotes datant d’avant la naissance d’une partie de notre jeune base militante et, en vrai ordinateur vivant, il fera des calculs pour prouver que si on change d’une virgule le projet discuté, on le retardera d’au moins 10 ans et que cela coûtera au moins des millions !

Daniel Brélaz n’a en effet pas le sens de la mesure. Cela a souvent été présenté comme un défaut. Je pense au contraire que lorsqu’on porte un projet comme la métamorphose de Lausanne, le sens vaudois de la mesure est un frein. C’est aussi vrai lorsqu’on s’attaque à l’inaction publique face à la destruction de notre environnement, aujourd’hui comme dans les années 70.

Les catastrophes climatiques et environnementales qui s’annoncent font partie des plus grandes menaces auxquelles notre civilisation doit aujourd’hui faire face. Chacun doit en prendre conscience et faire sa part. Et comme dirait Daniel, même si certains ne sont pas d’accord, «c’est la Vérité» ! L’héritage qu’il laisse permet aux Lausannoises et aux Lausannois d’être fiers d’une ville qui joue son rôle en la matière. C’est donc avec émotion que les Verts lausannois rendent aujourd’hui hommage à ce Municipal hors normes, qui remet les clés d’une ville courageuse et responsable. Daniel Brélaz est notre fondateur, un de nos moteurs les plus engagés. C’est donc un immense bravo et un gigantesque merci pour tout ce qu’il a fait et aussi tout ce qu’il fera encore pour les Verts que nous lui adressons aujourd’hui. Il est une de ces figures tutélaires qu’il est difficile de dépasser et dont on ne se passe pas sans difficulté… Une page se tourne pour notre parti, comme pour notre ville.

Mais Daniel transmet le flambeau à une relève dynamique, soucieuse de faire de Lausanne une ville plus verte encore. Son travail immense a donné une place dans l’arène à toute une génération d’écologistes décomplexés, aux valeurs assumées et à la langue bien pendue, décidés à poursuivre cet engagement local. Les nouveaux élu-e-s assermenté-e-s mardi en sont la preuve !

Cette année, les Jeunes Vert-e-s vaudois-e-s ont d’ailleurs élu un nouveau bureau. Leur nouveau co-président, Oleg Gafner, est un jeune Lausannois de 14 ans. J’ai le double de son âge (comme quoi on est toujours le vieux de quelqu’un), et, qui sait, s’il peut un jour prétendre aux plus hautes sphères du pays, ce sera aussi grâce au travail que Daniel Brélaz a fait ici à Lausanne.

Léonore Porchet, présidente des Verts lausannois