Feuille verte, Lausanne

La gratuité des transports publics: la balle en argent du transport durable ?

La notion de service public appliquée aux transports fait couler beaucoup d’encre, depuis l’émergence des compagnies ferroviaires, leur nationalisation, puis les lignes de tramway ou bus urbains, les cars postaux, etc… Ces modes de transport collectifs permettent de rationaliser beaucoup de paramètres, notamment les frais et la charge mentale de la conduite (un seul conducteur pour plusieurs dizaines ou centaines de personnes), l’emprise spatiale, et finalement les ressources (énergie directe ou énergie grise). La concurrence directe est le transport individuel, incarné par le transport individuel motorisé (TIM) et la sacro-sainte voiture couronnée au XXème siècle. La politique suisse des transports a permis de fortement développer les deux modes, collectifs et individuels, publics et privés avec toutefois des effets indésirables massifs causés par la pollution (chimique, sonore) et une consommation de sol importante.

A l’heure de l’urgence climatique, et dans un pays fortement motorisé comme la Suisse, nos autorités font preuve d’un somnambulisme routier catastrophique en maintenant des projets routiers pharaoniques. Or la quantité d’émissions de gaz à effet de serre découlant du transport est la seule à ne pas diminuer en Suisse. Comme cité plus haut, une planche de salut se situe sur le report modal de la route vers le rail/bus/métro, ou même des modes encore plus doux (marche, vélo). Une idée revient donc sur la table : enlever l’argument du prix et rendre les transports publics gratuits pour les usagers.

De nombreux arguments en faveur de la gratuité existent. L’accès à ces modes de transports publics serait ainsi égalitaire et solidaire à travers toutes les classes de revenu de la population. La concurrence serait claire et directe avec les frais fixes que représentent l’entretien et la possession d’un véhicule privé. Les ressources consacrées aux frais de perception, de gestion, d’entretien des automates à billet, au personnel de contrôle peuvent être affectées directement aux prestations ou à d’autres aménagements. L’accès facilité aux transports publics permet de soutenir le commerce, ou constitue une facilitation pour les touristes, qui actuellement galèrent à comprendre la structure tarifaire complexe. Il s’agit surtout de contrecarrer l’argument massue du prix, et surtout le désavantage de payer à chaque prise de transport (en amont), par rapport aux coûts « retardés » du TIM.

Toutefois, d’autres arguments viennent ternir ce tableau. La gratuité peut avoir comme effet une hausse des déprédations et incivilités, combiné à une perte de confort en cas de hausse soudaine de l’affluence en décalage avec l’augmentation des capacités (ces dernières nécessitant des achats, investissements et autres procédures longues). Plusieurs études indiquent que le report modal se produit plutôt des piétons et des modes doux vers les transports publics que d’un report modal TIM sur les transports publics. Si ce report de la voiture vers les transports publics s’effectue, même de manière mineure, et qu’aucun accompagnement n’est fait (réaffectation de la voirie, par exemple), la fluidification du trafic routier induit un effet rebond en rendant le trajet en TIM plus agréable et plus rapide qu’un bus ou un tram bondé. Finalement, les frais supplémentaires causés par la gratuité pourraient retarder ou rendre impossible des investissements lourds dans le développement de l’offre.

Finalement, au-delà de cette bataille d’arguments, se pose une montagne de questions quant aux modalités et à l’échelle spatiale ou temporelle à considérer. En effet, faut-il rendre les transports publics gratuits partout dans le canton, tout le temps, pour tout le monde, ou doit-on partir sur des offres plus ciblées, par exemple à l’échelle de l’agglomération Lausanne-Morges, ou au contraire sur des régions moins bien desservies ? Doit-on fournir la gratuité aux ménages modestes uniquement, aux jeunes, aux retraités ? Peut-on imaginer de combiner des dimanches sans voiture avec la gratuité des transports publics, ou comme c’est le cas à Morges de combiner marché local et gratuité des transports (le sac de course sert de billet). Le mode de financement est également déclinable en plusieurs versions, du tout public (financé entièrement par l’impôt) jusqu’à des financements mixtes en taxant les entreprises, notamment celles qui ne disposent d’aucun plan de mobilité. Comment se chevillerait la combinaison avec une politique de renchérissement ou de découragement de l’usage des TIM ? Doit-on réellement encourager les citoyens à effectuer des distances immenses, même si ces distances sont parcourues dans des transports en commun, ou doit-on développer une politique plus concrète de réduction des parcours, via une politique du logement et d’aménagement du territoire digne de ce nom ?

Pour débattre de ce thème et des scénarios à soutenir ou promouvoir, les Vert·e·s vaudois·es organisent un comité élargi le 13 novembre, à Lausanne. Si ce thème vous intéresse, c’est la soirée à ne pas manquer !

Benjamin Rudaz

Alice Genoud, Anne Berguerand, Benjamin Rudaz, Daniel Dubas, Intervention communale, Lausanne, Valéry Beaud, Vincent Rossi, Xavier Company

Le barreau Vigie-Gonin et le tram

Interpellation urgente

Le barreau routier Vigie-Gonin retardant encore le tram, il est temps de proposer des alternatives respectueuses du climat et de la biodiversité
Depuis 2011, tout en soutenant fermement le projet de tram Renens-Gare – Lausanne-Flon (t1), les Verts lausannois, ainsi qu’Ensemble à Gauche, ont régulièrement critiqué la mesure d’accompagnement consistant à construire un barreau routier entre la Rue de la Vigie et l’Avenue Jules-Gonin au travers et au détriment de la forêt du Flon. Au fil des années, nous sommes intervenus à plusieurs reprises au sein du Conseil communal de Lausanne (question écrite, interpellations, postulat et débats dans le cadre des préavis) pour tenter de ramener les autorités à la raison, proposer des alternatives à la construction de cette nouvelle route en plein centre-ville et demander que ces alternatives soient sérieusement étudiées afin de trouver une solution réfléchie plutôt qu’imposée par manque d’information. Malheureusement, tant la Municipalité que le Conseil communal ne nous ont pas suivis, estimant notamment, à tort, qu’examiner des alternatives allait entraîner un retard des travaux et de la mise en service du tram.

Il y a un peu plus d’une année, les Verts lausannois et Ensemble à gauche s’étaient par contre félicités 1 de l’arrêt du Tribunal administratif fédéral (TAF) du 2 février 2018 2 , par lequel, en substance, le TAF validait l’autorisation de construire pour le tram et le bus à haut niveau de service (BHNS) attendus depuis de nombreuses années et indispensables pour notre politique de mobilité, tout en renvoyant le projet routier du barreau Vigie-Gonin à une procédure ad hoc, estimant que l’Office fédéral des transports (OFT) n’était pas compétent pour valider cette mesure d’accompagnement, faute de lien suffisamment étroit entre les deux infrastructures (ferroviaire et routière).

Les transports publics lausannois (tl) ont fait recours au Tribunal fédéral (TF) contre cette décision du TAF, retardant d’autant le début des travaux du tram. Là encore, lors du débat, les Verts lausannois et Ensemble à Gauche ont regretté cette volonté des tl de recourir, portant ainsi préjudice à leur propre projet de tram. La décision du TF est tombée le 8 mai 2019 et, par 3 juges contre 2, il a annulé la décision du TAF et renvoyé le dossier à cette autorité pour examiner la validité des plans routiers du barreau Vigie-Gonin. Nous accueillons cette dernière décision avec un certain regret, car elle est la pire qui pouvait arriver : celle qui retarde encore le plus le projet de transports publics. Avec encore au minimum un temps de traitement de 18 mois devant le TAF, puis à nouveau une douzaine devant le TF en cas de nouveau recours, suivi de 4 à 5 ans de travaux, le tram n’arrivera donc vraisemblablement pas avant 2027 à la Place de l’Europe.

Dans le courant de l’été, le Tribunal a publié les considérants des arrêts rendus à ce sujet (il y en a quatre au total, dont un principal : l’arrêt du Tribunal fédéral 1C_125/2018 du 8 mai 2019), ce que nous attentions notamment avant de demander l’urgence à cette interpellation, afin de permettre à la Municipalité de nous répondre en toute connaissance de cause. Le TF retient en substance que la décision du TAF était trop formaliste et qu’il fallait admettre la compétence de l’OFT à valider les plans routiers, de même que de retenir que tel avait été le cas. En plus de cet élément purement formaliste, le TF a admis qu’il existait un lien suffisant entre le barreau routier et le projet de tram, qui nécessitait de les examiner en commun. Il a donc été renvoyé au TAF pour que celui-ci examine juridiquement « les problématiques liées au défrichement et aux expropriations nécessaires à la réalisation de cet ouvrage », ainsi que la validité et la proportionnalité de cette nouvelle route. Toutefois, les seules études évoquées par le TF pour indiquer la (prétendue) surcharge du carrefour Chauderon- Sud datent de 2010, 2012 et 2013, puis une note de 2014 qui indiquerait une charge de 90% avec les mesures de compensation (dont la rampe en question) et non plus de 100% comme retenu en 2012… alors que nous sommes bientôt en 2020 !

Il existe une voie qui permettrait de mettre fin à ces procédures judiciaires dommageables, qui ne font que retarder la mise en service du tram : démarrer les travaux du tram et des BHNS sans délai, puisqu’ils sont maintenant validés par les instances judiciaires, et rechercher une alternative concertée avec les opposants au barreau Vigie-Gonin plutôt que de porter à nouveau le même dossier devant les tribunaux, raccourcirait possiblement la mise en service du tram.

En effet, le nouveau jugement à venir devant le TAF est relativement imprévisible. Etant donné qu’il impacte la forêt, le projet de barreau doit être conforme à l’article 5 de la Loi fédérale sur les forêts (LFo), qui part du principe que tout défrichement est interdit (le défrichement étant un des éléments expressément mentionné par le TF comme devant être examiné par le TAF, à son considérant 4.4). Pour qu’une autorisation puisse être accordée à titre exceptionnel, il faut répondre à deux conditions impératives : un intérêt prépondérant, ce qui semble être accordé par le récent jugement du TF qui lie le projet routier à celui du tram, mais aussi la preuve que l’ouvrage pour lequel le défrichement est sollicité soit indispensable et ne puisse être réalisé qu’à l’endroit prévu. Cette démonstration ne sera pas des plus faciles à faire pour les porteurs de projet, car comment démontrer en 2019 que le barreau Vigie-Gonin est nécessaire et qu’aucune alternative ne soit possible hors de l’aire forestière?

Il est utile de rappeler que lors de la demande de concession ferroviaire du 15 mars 2010 pour le tram t1, la liaison routière Vigie-Gonin ne figurait pas dans le projet. Les études de trafic avaient alors démontré que le tram était réalisable sans elle. Ce n’est que le 16 décembre 2010 qu’il a été ajouté, parce qu’il constituait l’accès à un futur tunnel routier imaginé sous Saint-François. L’ajout du barreau Vigie-Gonin dans le projet de tram a alors été imposé aux tl. De nouvelles études de trafic ont été réalisées, démontrant cette fois-ci l’utilité de cette liaison.

Mais aujourd’hui, les choses ont changé, nous sommes en 2019! D’une part, le Plan directeur communal (PDCom) a fort heureusement supprimé toute référence à un éventuel futur tunnel sous Saint-François dans sa version finale. D’autre part, plus le temps passe, moins le barreau Vigie-Gonin ne sera nécessaire. En effet, le taux de motorisation des Lausannois continue sa décroissance et les parts modales des transports publics et de la mobilité douce continuent à augmenter. Les études de trafic ayant conclu à la nécessité du barreau Vigie-Gonin sont de surcroît trop vieilles et ne prenaient même pas en compte les développements futurs de l’offre en transport public, comme le métro m3, qui, les années passant, va finalement se réaliser très peu de temps après le tram t1, diminuant significativement le trafic au carrefour Chauderon Sud. De nouvelles études doivent donc être réalisées sur la base des données actuelles et du retour d’expérience très positif des monitorings réalisés lors de récentes fermetures provisoires de tronçons routiers (Pont Chauderon et Vieux-Moulin), qui ont montrés un intéressant phénomène d’évaporation du trafic. Tout cela devrait naturellement conduire à renoncer au barreau routier Vigie-Gonin, économisant des millions de francs et sauvant un poumon vert du centre-ville.

La Municipalité vient par ailleurs d’établir un rapport-préavis 2019/30 qui sera prochainement soumis à l’approbation du Conseil communal, pour une politique climatique et l’élaboration d’un plan climat. La sortie de ce rapport-préavis constitue la deuxième raison de la demande d’urgence de cette interpellation, compte tenu de l’urgence aux mesures climatique qu’il implique, et à la place qu’il donne au patrimoine arboré, comme base de compensation (« puit ») carbone, mais aussi de barrière climatique citadine pour lutter contre les canicules toujours plus importantes.

Il est aussi utile de rappeler que l’arrêt du TAF de l’an dernier avait débouté des opposants sur toute la ligne à propos de la diminution de l’accès routier au centre-ville et du nombre de places de stationnement.

Enfin, il faut encore relever que la réalisation du barreau Vigie-Gonin est contraire avec la politique de mobilité durable que les autorités cantonales et communales ont elles-mêmes inscrits dans le Plan directeur cantonal (PDCn), le Projet d’agglomération Lausanne-Morges (PALM), le nouveau Plan des mesures OPair 2019 de l’agglomération Lausanne-Morges ou le Plan directeur communal (PDCom) de Lausanne.

Alors que la quasi-totalité des partis politiques a fait de la protection du climat et de la biodiversité leur priorité en cette année électorale, il est temps de passer à l’action et de prouver que ce ne sont pas là que des mots, mais que des actes concrets et locaux doivent suivre, à commencer par la préservation de la forêt du Flon et le renoncement à une route supplémentaire en plein centre ville. L’urgence climatique décrétée par le Canton de Vaud, ainsi que les postulats déposés au Conseil communal de Lausanne et renvoyés à la Municipalité concernant un Plan climat,ainsi que l’urgence climatique, permettront aussi de fixer des exigences claires en terme de protection du climat pour la Ville de Lausanne.

Sur la base des éléments présentés ci-dessus, l’objet de cette interpellation est de poser les questions suivantes à la Municipalité :

  1. La Municipalité peut-elle préciser les prochaines étapes prévisibles de la procédure et le calendrier indicatif associé ?
  2. Est-ce que dans l’attente du futur jugement du TAF, de nouvelles études de trafic ont été ou vont être réalisées, notamment en tenant compte du M3 et sans le barreau Vigie-Gonin ?
  3. Est-ce que dans l’attente du futur jugement du TAF, des alternatives au barreau routier Vigie-Gonin ont été ou vont être étudiées ?
  4. En fonction du résultat de ces études, la Municipalité est-elle prête, le cas échéant, à renoncer à la réalisation du barreau Vigie-Gonin et à la destruction de la forêt du Flon ?
  5. Existe-t-il un « plan B » notamment au cas où le TAF devait refuser la réalisation du barreau Vigie-Gonin au travers de l’aire forestière ?
  6. Comment la Municipalité explique-t-elle les différences ressortant des deux études de trafic de 2010 relatives aux mesures d’accompagnement du tram, l’une indiquant que la réalisation du tram était possible sans la liaison routière, l’autre non ?
  7. Au vu des années qui passent et de l’évolution constatée de la mobilité à Lausanne, la Municipalité n’estime-t-elle pas que l’étude qui a été réalisée pour démontrer l’utilité de la liaison routière Vigie- Gonin est dépassée et qu’il serait pertinent de mettre à jour les études de trafic qui ont abouti au choix du barreau Vigie-Gonin, d’autant que le tram ne devrait pas être mis en service avant 2027 ?
  8. La Municipalité est-elle prête à tout faire pour que la réalisation du tram Renens-Gare – Lausanne- Flon (t1) démarre dès que possible et ne soit pas retardée davantage ?
  9. La Municipalité est-elle prête à tout faire pour que la mise en service du bus à haut niveau de service (BHNS) Prélaz-les-Roses – Saint-François démarre dès que possible et ne soit pas retardée davantage ?
  10. La Municipalité n’est-elle pas d’avis, compte tenu de la longueur des procédures judiciaires vers lesquelles on se dirige encore, que la proposition et la mise à l’enquête dès que possible d’une alternative au barreau Vigie-Gonin pourrait potentiellement permettre une réalisation plus rapide du tram dont l’agglomération lausannoise a besoin ?
  11. Au vu de la prise de conscience généralisée et scientifiquement prouvée de l’urgence climatique, dont il est fait état dans le rapport-préavis 2019/30, la Municipalité n’estime-t-elle pas qu’il serait opportun d’éviter la construction d’une nouvelle liaison routière en plein centre-ville en lieu et place d’une aire forestière?

Xavier Company, Valéry Beaud, Benjamin Rudaz, Alice Genoud, Daniel Dubas, Vincent Rossi, Anne Berguerand

1Interpellation urgente de Valéry Beaud et crts « Le tram passe, la rampe trépasse ! » du 6 mars 2018 ; Interpellation urgente de Johann Dupuis et crts « Le barreau Vigie-Gonin : quel plan B pour cette liaison routière ayant échappé à tout contrôle démocratique ? » du 6 mars 2018
2A-2465/2016, https://www.bvger.ch/dam/bvger/fr/dokumente/2018/01/Arrêt%20A-2465-2016.pdf.download.pdf/A-2465-2016_WEB.pdf

Feuille verte, Lausanne

La forêt et le tram

Nous ne perdons pas espoir pour la forêt du Flon à côté du tram !

Comme vous le savez, depuis plusieurs années, les Verts maintiennent la pression sur la Municipalité et sur le Canton pour débuter au plus vite les travaux du tram, trouver une alternative au barreau Vigie-Gonin (qui est sensée être construit à la place de la forêt du Flon) et ainsi sauver la forêt. Vous trouverez notamment ici notre interpellation de 2018 qui faisait suite à la décision du Tribunal administratif fédéral qui annulait la rampe, estimant que les procédures d’acceptation n’était pas conformes ; et la résolution que nous avons réussi à faire accepter au Conseil communal de Lausanne (qui est, dans sa majorité, plutôt en faveur de la rampe routière pour l’instant, mais nous sommes toujours déterminés à faire changer cela) : «le Conseil communal souhaite que la Municipalité intervienne auprès du Canton et des tl pour que débutent sans attendre les travaux du tram Renens-Gare – Lausanne-Flon (t1), du bus à haut niveau de service (BHNS) Prélaz-les-Roses – Saint-François et du garage atelier (GAT) ». Le but était en effet d’insister pour que la Municipalité fasse son possible pour débuter les travaux du tram, très attendus tant par les Lausannois-es que par les habitants de l’Ouest lausannois, dès que possible et malgré les recours au Tribunal fédéral pour les aspects relatifs à la rampe Vigie-Gonin.

En 2019, suite à la décision du Tribunal fédéral qui a annulé la décision précédente du tram (en retenant que les procédures liées à la route étaient conformes, mais qu’il fallait maintenant examiner le fond, soit le fait que la route puisse bien être construite et que toutes les conditions étaient réalisées pour cela), nous avons renchéri avec une nouvelle interpellation et un nouveau communiqué de presse. L’objectif, une fois encore et malgré la mauvaise nouvelle judiciaire, est de débuter sans tarder les travaux du tram, pour une mise en service la plus rapide possible (dès lors que le tram, en lui-même, a été formellement et juridiquement validé par les Tribunaux), tout en examinant des alternatives pragmatique, judiciaire et qui tiennent compte de l’urgence climatique, pour préserver la forêt et éviter la construction d’une nouvelle route en plein centre ville, qui ferait office de pénétrante urbaine nocive à notre sens. Il convient aussi, selon nous, de réaliser de nouvelles études de circulation pour examiner l’opportunité des mesures de compensation du tram, dès lors que celles d’origine datent de 2012 et ne tiennent pas compte du M3, par exemple, qui verra le jour quasiment en parallèle.

Une nouvelle interpellation, urgente, sera déposée le 8 octobre suite à la réceptions des considérants des quatre arrêts du Tribunal fédéral et à la publication du préavis «Plan Climat» de la ville de Lausanne, afin que la Municipalité réponde sans délai à nos questions et démarre ainsi les réflexions nécessaires. Au niveau cantonal, une intervention verte pour démarrer sans délai les travaux du tram attend encore une réponse de la part du Conseil d’Etat.

Le but est toujours le même : malgré les procédures juridiques en cours, tout faire pour exiger de la Municipalité et du Canton qu’ils examinent des alternatives au barreau et qu’ils construisent le tram dès que possible sans cette rampe routière. Pour l’instant, c’est dans cette perspective que nous œuvrons car nous croyons toujours qu’une solution politique peut être trouvée, alors que le Canton annonce un Plan climat depuis des mois, sans en montrer la couleur, la Ville vient de faire des annonces prometteuses avec notamment une volonté de neutralité carbone d’ici à 2030 et l’abandon de toute électricité de provenance nucléaire et fossile dès 2020.

Même s’il est évident que le tram n’aurait pas dû être mêlé à ce défrichement, et les procédures différenciées dès le début, nous devons continuer d’exiger une solution politique et juridique en ce sens. Comment pourrions-nous légitimement prétendre nous battre pour le climat mondial si nous ne sommes pas capables de protéger les arbres de notre ville? La protection du climat se joue à tous les niveaux et il en va de la cohérence de la Ville et du Canton de montrer un soutien réel à la vague qui soulève les foules depuis plusieurs mois en préservant cette forêt centenaire et en invitant les fans du bitume et de la voiture en ville à utiliser les nouveaux transports publics de qualité.

Alors si vous pouvez, et voulez, nous aider dans cette campagne, c’est avec plaisir : en route pour un parlement fédéral plus vert·e·s et qui défende de la nature !

Xavier Company

Anne Berguerand, Intervention communale

Un tunnel piétonnier pour relier les gares du Flon et des CFF

Intervention

Merci Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs de la Municipalité, chers collègues !

Les Verts lausannois soutiennent avec conviction cette proposition de liaison piétonne entre la Gare du Flon et la Gare CFF, proposition qui fait d’ailleurs partie de notre programme. C’est un projet très important pour nous et nous souhaitons que la pétition soit renvoyée à la Municipalité pour étude et rapport-préavis.

Tout d’abord, il est utile de rappeler que la Gare du Flon est la 3e gare de Suisse romande en terme d’affluence, juste derrière les gares CFF de Genève et de Lausanne. Dans la pratique, les gares de Lausanne et du Flon devraient même être considérées comme une seule interface de transport public. Cette interface a pourtant un principal défaut, l’absence de liaison directe entre les deux gares, si ce n’est le métro M2 actuellement, auquel viendra s’ajouter le métro M3 dans le futur. Les milliers et les milliers d’usagers qui effectuent ce trajet quotidiennement viennent donc saturer le métro sur son parcours le plus fréquenté, et doivent en heure de pointe souvent laisser passer 2 ou 3 métros avant de pouvoir monter.

Bien consciente de cette problématique, un communiqué de la Ville de Lausanne annonçait le 17 janvier 2007 la réalisation d’une liaison piétonne souterraine entre la gare et le centre :

Je cite le communiqué :

“Le PALM prévoit également la création d’une liaison directe pour piétons entre la gare de Lausanne et les quartiers de Saint-François et du Flon. Ces lieux sont en effet générateurs de trafic piétonnier important, dans une zone à forte densité de commerces, d’emplois et d’activités de loisirs. La topographie et les dénivelés ne facilitent pas la mobilité douce et risquent dès lors de surcharger le futur M2 sur cette courte distance”.

Cette liaison était alors inscrite dans la stratégie de développement de la mobilité douce du Plan d’agglomération Lausanne-Morges (PALM), sous la mesure 4d. Estimée à 14 millions de francs, cette liaison mécanisée était même un tripôle Gare-Flon-St-François, en forme de Y.

Lors de l’élaboration du PALM 2012, cette mesure a été supprimée, non pas parce qu’elle n’était plus pertinente, mais simplement pour réaffecter le montant associé à la première étape du métro M3. Souvenez-vous en effet des tensions qui existaient alors entre Lausanne et les communes de l’Ouest, celles-ci voulant le tram T1 et Lausanne le métro M3. Pour faire finalement accepter le M3 en priorité A, il a fallu diminuer son coût et Lausanne a dû faire des sacrifices, particulièrement l’abandon de cette liaison piétonne.

Cette liaison piétonne Flon – Gare reste pourtant aujourd’hui une évidence, elle ne serait en fait que l’équivalent d’un couloir reliant deux stations de métros de certaines grandes villes.

La distance Flon-Gare est en effet seulement de quelques 275 m, soit moins de 4 minutes à pied. Souvenez-vous lorsque vous attendiez la navette Flon-Gare à l’époque : lorsque vous vous penchiez pour voir où elle était, l’autre extrémité du tunnel était visible… tant et si bien que certains s’aventuraient sur les rails de nuit.

Aujourd’hui, c’est le dernier moment pour remettre l’ouvrage sur le métier et intégrer cette liaison piétonne aux travaux de la Gare de Lausanne et du métro M3, pour bénéficier de ces synergies.

Cette liaison piétonne est notamment vitale pour les raisons suivantes :

– elle réduirait l’encombrement des rames de métros, car même avec le M3, ce tronçon sera rapidement à nouveau saturé au vu des développements prévus sur la ligne du LEB (cadence à 10 min) et sur le M1 (développement des Hautes Ecoles, quartier des Prés-de-Vidy et des Côtes de la Bourdonnette, etc.)

– elle réduirait le temps d’attente et donc le temps de parcours des milliers et des milliers de personnes qui font quotidiennement une connexion entre le réseau CFF et le M1 ou le LEB ;

– elle serait gratuite ;

– elle encouragerait à la marche, et serait donc bonne pour la santé.

Aujourd’hui, refuser cette proposition, c’est planifier un chaos dans quelques années sur le tronçon Gare – Flon!

Les Verts lausannois vont donc voter un renvoi à la Municipalité pour étude et rapport-préavis et vous encouragent à faire de même.

Anne Berguerand

Alice Genoud, Anne Berguerand, Benjamin Rudaz, Daniel Dubas, Intervention communale, Vincent Rossi, Xavier Company

Des alternatives au barreau routier respectueuses du climat

Interpellation

Le barreau routier Vigie-Gonin retardant encore le tram, il est temps de proposer des alternatives respectueuses du climat et de la biodiversité

Depuis 2011, tout en soutenant fermement le projet de tram Renens-Gare – Lausanne-Flon (t1), les Verts lausannois, ainsi qu’Ensemble à Gauche, ont régulièrement critiqué la mesure d’accompagnement consistant à construire un barreau routier entre la Rue de la Vigie et l’Avenue Jules-Gonin au travers et au détriment de la forêt du Flon. Au fil des années, nous sommes intervenus à plusieurs reprises au sein du Conseil communal de Lausanne (question écrite, interpellations, postulat et débats dans le cadre des préavis) pour tenter de ramener les autorités à la raison, proposer des alternatives à la construction de cette nouvelle route en plein centre-ville et demander que ces alternatives soient sérieusement étudiées afin de trouver une solution réfléchie plutôt qu’imposée par manque d’information. Malheureusement, tant la Municipalité que le Conseil communal ne nous ont pas suivis, estimant notamment, à tort, qu’examiner des alternatives allait entraîner un retard des travaux et de la mise en service du tram.

Il y a un peu plus d’une année, les Verts lausannois et Ensemble à gauche s’étaient par contre félicités1 de l’arrêt du Tribunal administratif fédéral (TAF) du 2 février 20182, par lequel, en substance, le TAF validait l’autorisation de construire pour le tram et le bus à haut niveau de service (BHNS) attendus depuis de nombreuses années et indispensables pour notre politique de mobilité, tout en renvoyant le projet routier du barreau Vigie-Gonin à une procédure ad hoc, estimant que l’Office fédéral des transports (OFT) n’était pas compétent pour valider cette mesure d’accompagnement, faute de lien suffisamment étroit entre les deux infrastructures (ferroviaire et routière).

Les transports publics lausannois (tl) ont fait recours au Tribunal fédéral (TF) contre cette décision du TAF, retardant d’autant le début des travaux du tram. Là encore, lors du débat, les Verts lausannois et Ensemble à Gauche ont regretté cette volonté des tl de recourir, portant ainsi préjudice à leur propre projet de tram. La décision du TF est tombée le 8 mai 2019 et, par 3 juges contre 2, il a annulé la décision du TAF et renvoyé le dossier à cette autorité pour examiner la validité des plans routiers du barreau Vigie-Gonin. Nous accueillons cette dernière décision avec un certain regret, car elle est la pire qui pouvait arriver : celle qui retarde encore le plus le projet. Avec encore au minimum un temps de traitement de 18 mois devant le TAF, puis à nouveau une douzaine devant le TF en cas de nouveau recours, suivi de 4 à 5 ans de travaux, le tram n’arrivera donc vraisemblablement pas avant 2027 à la Place de l’Europe.

Il existe une voie qui permettrait de mettre fin à ces procédures judiciaires dommageables, qui ne font que retarder la mise en service du tram : démarrer les travaux du tram et des BHNS sans délai, puisqu’ils semblent maintenant validés par les instances judiciaires, et rechercher une alternative concertée avec les opposants au barreau Vigie-Gonin plutôt que de porter à nouveau le même dossier devant les tribunaux, raccourcirait possiblement la mise en service du tram.

En effet, le nouveau jugement à venir devant le TAF est relativement imprévisible. Etant donné qu’il impacte la forêt, le projet de barreau doit être conforme à l’article 5 de la Loi fédérale sur les forêts (LFo), qui part du principe que tout défrichement est interdit. Pour qu’une autorisation puisse être accordée à titre exceptionnel, il faut répondre à deux conditions impératives : un intérêt prépondérant, ce qui semble être accordé par le récent jugement du TF qui lie le projet routier à celui du tram, mais aussi la preuve que l’ouvrage pour lequel le défrichement est sollicité soit indispensable et ne puisse être réalisé qu’à l’endroit prévu. Cette démonstration ne sera pas des plus faciles à faire pour les porteurs de projet, car comment démontrer en 2019 que le barreau Vigie-Gonin est nécessaire et qu’aucune alternative ne soit possible hors de l’aire forestière?

Il est utile de rappeler que lors de la demande de concession ferroviaire du 15 mars 2010 pour le tram t1, la liaison routière Vigie-Gonin ne figurait pas dans le projet. Les études de trafic avaient alors démontré que le tram était réalisable sans elle. Ce n’est que le 16 décembre 2010 qu’il a été ajouté, parce qu’il constituait l’accès à un futur tunnel routier imaginé sous Saint-François. L’ajout du barreau Vigie-Gonin dans le projet de tram a alors été imposé aux tl. De nouvelles études de trafic ont été réalisées, démontrant cette fois-ci l’utilité de cette liaison.

Mais aujourd’hui, les choses ont changé, nous sommes en 2019! D’une part, le Plan directeur communal (PDCom) a fort heureusement supprimé toute référence à un éventuel futur tunnel sous Saint-François dans sa version finale. D’autre part, plus le temps passe, moins le barreau Vigie-Gonin ne sera nécessaire. En effet, le taux de motorisation des lausannois continue sa décroissance et les parts modales des transports publics et de la mobilité douce continuent à augmenter. Les études de trafic ayant conclu à la nécessité du barreau Vigie-Gonin sont de surcroît trop vieilles et ne prenaient même pas en compte les développements futurs de l’offre en transport public, comme le métro m3, qui, les années passant, va finalement se réaliser très peu de temps après le tram t1, diminuant significativement le trafic au carrefour Chauderon Sud. De nouvelles études doivent donc être réalisées sur la base des données actuelles et du retour d’expérience très positif des monitorings réalisés lors de récentes fermetures provisoires de tronçons routiers (Pont Chauderon et Vieux-Moulin), qui ont montrés un intéressant phénomène d’évaporation du trafic. Tout cela devrait naturellement conduire à renoncer au barreau routier Vigie-Gonin, économisant des millions de francs et sauvant un poumon vert du centre-ville.

Il est aussi utile de rappeler que l’arrêt du TAF de l’an dernier avait débouté des opposants sur toute la ligne à propos de la diminution de l’accès routier au centre-ville et du nombre de places de stationnement.

Enfin, il faut encore relever que la réalisation du barreau Vigie-Gonin est contraire avec la politique de mobilité durable que les autorités cantonales et communales ont elles-mêmes inscrits dans le Plan directeur cantonal (PDCn), le Projet d’agglomération Lausanne-Morges (PALM), le nouveau Plan des mesures OPair 2019 de l’agglomération Lausanne-Morges ou le Plan directeur communal (PDCom) de Lausanne.

Alors que la quasi-totalité des partis politiques a fait de la protection du climat et de la biodiversité leur priorité en cette année électorale, il est temps de passer à l’action et de prouver que ce ne sont pas là que des mots, mais que des actes concrets et locaux doivent suivre, à commencer par la préservation de la forêt du Flon et le renoncement à une route supplémentaire en plein centre ville. L’urgence climatique décrétée par le Canton de Vaud, ainsi que les prochains postulats qui passeront devant le Conseil communal de Lausanne, concernant le Plan climat demandé à la Municipalité, ainsi que l’urgence climatique, permettront aussi de fixer des exigences claires en terme de protection du climat pour la Ville de Lausanne.

Etant toujours dans l’attente de l’arrêt motivé du TF, cet objet n’a pas été déposée sous la forme d’une interpellation urgente, mais l’urgence sera demandée dès la publication de cet arrêt.

Sur la base des éléments présentés ci-dessus, l’objet de cette interpellation est de poser les questions suivantes à la Municipalité :

  1. La Municipalité peut-elle préciser les prochaines étapes prévisibles de la procédure et le calendrier indicatif associé ?
  2. Est-ce que dans l’attente du récent jugement du TF et du futur jugement du TAF, de nouvelles études de trafic ont été ou vont être réalisées, notamment en tenant compte du M3 et sans le barreau Vigie-Gonin ?
  3. Est-ce que dans l’attente du récent jugement du TF et du futur jugement du TAF, des alternatives au barreau routier Vigie-Gonin ont été ou vont être étudiées ?
  4. En fonction du résultat de ces études, la Municipalité est-elle prête, le cas échéant, à renoncer à la réalisation du barreau Vigie-Gonin et à la destruction de la forêt du Flon ?
  5. Existe-t-il un « plan B » au cas où le TAF devait refuser la réalisation du barreau Vigie-Gonin au travers de l’aire forestière ?
  6. Comment la Municipalité explique-t-elle les différences ressortant des deux études de trafic de 2010 relatives aux mesures d’accompagnement du tram ?
  7. Au vu des années qui passent et de l’évolution constatée de la mobilité à Lausanne, la Municipalité n’estime-t-elle pas que l’étude qui a été réalisée pour démontrer l’utilité de la liaison routier Vigie-Gonin est dépassée et qu’il serait pertinent de mettre à jour les études de trafic qui ont abouti au choix du barreau Vigie-Gonin, d’autant que le tram ne devrait pas être mis en service avant 2027 ?
  8. La Municipalité est-elle prête à tout faire pour que la réalisation du tram tram Renens-Gare – Lausanne-Flon (t1) démarre dès que possible et ne soit pas retardée davantage ?
  9. La Municipalité est-elle prête à tout faire pour que la du bus à haut niveau de service (BHNS) Prélaz-les-Roses – Saint-François démarre dès que possible et ne soit pas retardée davantage ?
  10. La Municipalité n’est-elle pas d’avis, compte tenu de la longueur des procédures judiciaires vers lesquelles on se dirige encore, que la proposition et la mise à l’enquête dès que possible d’une alternative au barreau Vigie-Gonin pourrait potentiellement permettre une réalisation plus rapide du tram dont l’agglomération lausannoise a besoin ?

Xavier Company, Benjamin Rudaz, Alice Genoud, Daniel Dubas, Vincent Rossi, Anne Berguerand

1 Interpellation urgente de Valéry Beaud et crts « Le tram passe, la rampe trépasse ! » du 6 mars 2018 ; Interpellation urgente de Johann Dupuis et crts «  Le barreau Vigie-Gonin : quel plan B pour cette liaison routière ayant échappé à tout contrôle démocratique ? » du 6 mars 2018

2 A-2465/2016, https://www.bvger.ch/dam/bvger/fr/dokumente/2018/01/Arrêt%20A-2465-2016.pdf.download.pdf/A-2465-2016_WEB.pdf

Alice Genoud, Daniel Dubas, Intervention communale, Lausanne

Stationnement offert par la Société Parking Riponne SA

Les Verts lausannois interpellent le Bureau du Conseil communal sur la conformité du cadeau du Parking de la Riponne SA

Monsieur le Président,

La « Recommandation du Bureau [du Conseil communal] concernant l’article 100a de la loi sur les communes (interdiction d’accepter ou de solliciter des libéralités ou d’autres avantages) » a été adoptée le 8 janvier 2019. Elle est entrée en vigueur le 23 janvier 2019.

Le groupe des Verts au Conseil communal se réjouit de cette démarche, qui s’appuie sur la directive municipale correspondante pour en établir le pendant applicable à notre Conseil. Elle permet d’établir des règles sur les situations de conflits d’intérêts potentiels ou réels, sur les voyages officiels et sur les libéralités et autres avantages tels que des cadeaux ou des invitations. Seuls des avantages « de faible importance » sont admis, c’est-à-dire des avantages dont la valeur marchande n’excède pas un montant de CHF 300, ce qui nous semble une limite acceptable pour laisser la liberté nécessaire au travail d’élu, avec la représentation qu’il implique, tout en respectant l’importance de notre indépendance.

Or il s’avère que la société Parking Riponne SA offre aux membres du Conseil communal le stationnement gratuit pour toutes les séances du Conseil communal. Les membres du groupe des Verts ont refusé cette offre, la jugeant problématique non seulement parce qu’elle incite l’utilisation de la voiture en lieu et place des transports publics ou de la mobilité douce, mais aussi éthiquement puisqu’elle provient d’un parking privé à usage public loué par la Ville de Lausanne à cette société en droit de superficie, sur décision du Conseil communal.

En calculant la valeur de cet avantage, avec un coût pour le stationnement de CHF 14.- (pour la période de 17h30 à 23h00) par soirée, pour 22 à 24 soirées du Conseil communal par année, le montant maximum de CHF 300.- fixé par le Bureau du Conseil communal est donc dépassé déjà en une seule année et a fortiori sur les cinq années de la législature. A cela s’ajoutent d’autres cadeaux de fin d’année de faible valeur.

Par conséquent, nous demandons l’interdiction de cette pratique et nous prions donc le Bureau d’examiner notre demande. Cette pratique représente à notre sens un avantage illicite touché par de nombreux membres du Conseil communal et qui peut potentiellement avoir un impact sur l’indépendance des votes au moment des discussions sur la prolongation, ou non, des droits de superficie en faveur des parkings privés à usage public.

Si le Bureau juge indispensable la prise en charge des frais de déplacement, il pourrait, en lieu et place du système actuel, proposer un financement à travers la caisse communale des frais de transport publics ou individuels si des raisons objectives les imposent. Cette solution permettrait de garantir l’accès au Conseil à tous ses membres gratuitement, en privilégiant les transports publics, mais sans pour autant les imposer pour les cas où des personnes, notamment pour des raisons physiques, ne pourraient les utiliser.

En vous remerciant de l’attention que vous porterez à la présente demande, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de nos meilleurs sentiments.

Daniel Dubas

Alice Genoud

Co-président-e-s du groupe des Verts

Lausanne

Une victoire pour le tram, mais un risque pour la nature en ville !

Les Verts lausannois accueillent avec un certain regret la décision du Tribunal fédéral (TF) qui annule la décision du Tribunal administratif fédéral (TAF) et renvoie le dossier à cette autorité pour examiner les plans routiers du barreau Vigie-Gonin. Un point positif est toutefois à saluer : les plans du tram n’avaient pas été remis en cause dans ce recours, ils semblent être validés et nous espérons vivement que sa construction démarrera sans délai. Toutefois, cette décision indique que le barreau routier peut être lié procéduralement à la mise en place du tram et renvoie au TAF pour examen de ces plans routiers. Un espoir ressort donc, soit celui de permettre aux autorités politiques, voire au TAF, d’examiner en détails les possibilités alternatives au barreau routier Vigie-Gonin et de les privilégier tout en maintenant le tram.

Tout d’abord, nous saluons la décision du Tribunal fédéral qui ne remet pas en cause les plans du tram et nous réjouissons de la construction imminente de cette ligne de transports publics tant attendue pour relier l’Ouest lausannois et le centre-ville. Nous mettrons tout en œuvre pour rattraper le retard pris par les procédures judiciaires et obtenir une mise en service aussi rapide que possible de ce tram.

Toutefois, lier formellement et de manière obligatoire une infrastructure de mobilité douce avec une nouvelle pénétrante routière au centre-ville a toujours été critiqué par notre mouvement et nous regrettons dès lors le deuxième volet la décision du Tribunal fédéral de ce jour qui valide cette manière de faire. Cette décision, qui traite exclusivement de compétences juridiques, risque d’avoir des impacts politiques et environnementaux extrêmement importants. Toutefois, cela ne veut pas encore dire que le barreau Vigie-Gonin soit indispensable à la construction du tram et les Verts lausannois profiteront de ce deuxième tour procédural pour tenter de raisonner les instances politiques à ce sujet.

En effet, plutôt que d’augmenter le transport automobile en ville, il convient de profiter de ce nouvel examen devant le TAF pour réellement examiner les alternatives possibles. Les Verts lausannois, suite aux diverses interpellations qu’ils ont déposées, ont appris que deux rapports avaient été rendus dans ce dossier, l’un montrant d’abord que le tram pouvait être réalisé sans barreau, moyennant une légère saturation de certains carrefours aux heures de pointes, l’autre, peu de temps plus tard, indiquant le barreau routier Vigie-Gonin comme seule mesure d’accompagnement possible au nouveau tram. Il est indispensable que les instances politiques, voire juridiques, examinent en détails toutes les options possibles, moyennant une pesée fine des intérêts, afin de choisir l’option impactant le moins possible l’environnement, tout en permettant la mise en service du tram au plus vite. En effet, la quasi-totalité des partis politiques a fait de la protection du climat et de la nature leur priorité en cette année électorale. Il est donc temps de passer à l’action et de prouver que ce ne sont pas là que des mots, mais que des actes concrets et locaux doivent suivre.

La construction du tram doit démarrer sans délai et nous espérons encore que, malgré cette décision juridique, les consciences écologiques qui semblent être apparues ces derniers mois poussent les autorités cantonales et communales à étudier les alternatives au barreau Vigie-Gonin que nous réclamons depuis plusieurs années.

David Raedler, Intervention communale

Des nuits sans trafic pour le bien de la santé des lausannoises et lausannois

Postulat

Plusieurs études et articles parus ces derniers mois ont souligné les graves conséquences que le bruit du trafic peut avoir sur la santé des habitantes et habitants d’une ville. S’ajoutant aux autres conséquences négatives d’un trafic motorisé trop important (pollution, maladies pulmonaires, accidentologie, etc.), le bruit a été placé au centre des inquiétudes d’une grande partie du monde médical et scientifique.

S’agissant spécifiquement de Lausanne, une étude parue en 2018 a mis en lumière un lien direct, dans plusieurs quartiers de la ville, entre les problèmes de somnolence la journée et le bruit nocturne causé par la circulation1. Menée par des chercheurs du CHUV, des HUG et de l’EPFL, dont le Prof. Stéphane Joost (chercheur au Laboratoire de systèmes d’information géographique de l’EPFL), cette recherche a relevé l’existence de points noirs particulièrement problématiques, dont le carrefour entre l’av. d’Echallens et le ch. de Montétan, les abords de la place de Milan ou encore les alentours de la place de la Riponne. En examinant le cas de 3’700 habitantes et habitants de tous quartiers, et en mettant leurs expériences en rapport avec les données du cadastre du bruit réalisé par l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), les chercheurs ont établi un lien direct entre ces problèmes de bruit et la somnolence diurne dont souffrent les personnes concernées.

Cette étude a notamment relevé que la circulation lausannoise était la plus bruyante de Suisse. Elle dépasse en effet souvent les 55 décibels, soit la valeur limite imposée par l’Ordonnance sur la protection contre le bruit (RS 814.41 ; « OPB »)2, en raison de ses rues en pente qui entraînent des démarrages ou des accélérations marquées. Cette valeur dépasse en outre le seuil maximal autorisé par l’Office fédéral de la santé publique, qui est de 50 décibels LEQ (moyenne continue dans le temps de l’énergie acoustique diffusée).

L’impact sonore de ces démarrages et accélérations s’avère particulièrement marqué en période nocturne. Or, les perturbations du sommeil causées par le bruit de la circulation ont un réel effet négatif sur la santé, puisqu’elles peuvent causer une somnolence diurne, une augmentation du stress et des maladies psychiques telles que la dépression, un risque accru d’obésité, des maladies cardio-vasculaires ou encore des accidents liés à la fatigue.

Les problèmes liés au trafic automobile de nuit sont d’ores et déjà pris en compte par la Ville de Lausanne aux abords des hôpitaux. Afin de limiter les nuisances et permettre aux patients de bénéficier du sommeil nécessaire à leur rétablissement, la circulation automobile est en effet interdite aux abords du CHUV entre 22h et 6h.

Compte tenu de la topographie marquée de la ville, il est impératif de tenir compte de ces éléments et de limiter au maximum les nuisances sonores liées au trafic automobile nocturne. A l’exemple du choix opéré autour des hôpitaux, cela doit notamment se faire par des interdictions partielles de circuler de nuit sur certains tronçons particulièrement problématiques. Cela peut en particulier être le cas sur des tronçons aux pentes marquées. Ces interdictions partielles pourraient réserver certaines exceptions, notamment pour les résidents ou les transports-publics – toujours toutefois en conservant comme objectif central la réduction des nuisances sonores liées au trafic routier.

Ces interdictions nocturnes viennent utilement compléter d’autres mesures prises – ou envisageables – afin de lutter contre le bruit lié au trafic automobile. Cela couvre notamment les limitations de vitesse nocturnes généralisées qui sont prévues pour être mises en œuvre à Lausanne3.

Ce n’est qu’avec de telles mesures que les risques pour la santé des lausannoises et lausannois, mis en lumière et développés par l’étude menée par des chercheurs du CHUV, des HUG et de l’EPFL, peuvent être réduits.

Conclusions :

La présente initiative invite la Municipalité à étudier l’opportunité d’interdire la circulation nocturne de véhicules motorisés (entre 22h et 6h) sur certains tronçons routiers. Ce faisant, la Municipalité pourra prévoir certaines exceptions (résidents, transports-publics, etc.), tout en conservant comme objectif principal la réduction des nuisances sonores liées au trafic routier.

David Raedler

1 Stéphane Joost, José Haba-Rubio, Rebecca Himsl, Peter Vollenweider, Martin Preisig, Gérard Waeber, Pedro Marques-Vidal, Raphaël Heinzer, Idris Guessous, Spatial clusters of daytime sleepiness and association with nighttime noise levels in a Swiss general population (GeoHypnoLaus), International Journal of Hygiene and Environmental Health, 1 June 2018, p. 951 à 957.

2 Annexe 3.

3https://www.24heures.ch/vaud-regions/lausanne-region/Le-30kmh-la-nuit-une-affaire-de-sante-publique/story/29035039 (vu le 2.04.2019).

David Raedler, Intervention communale

Un accès libre à nos « belles rives » pour toutes et tous

Postulat

Les beaux jours étant enfin de retour, ils s’accompagnent de l’usuelle « transhumance » de toute lausannoise et tout lausannois sur les bords du lac, afin d’y profiter de la météo clémente et de la beauté des paysages lausannois. Cet attrait du lac s’avère aujourd’hui de plus en plus marqué tant ses berges sont utilisées et appréciées par chacune et chacun. Plusieurs des projets récemment annoncés par la Commune de Lausanne – dont la création d’une plage publique à Ouchy – répondent correctement à ce souhait d’accès large aux rives. Le succès de récents bars établis à Bellerive démontre tout aussi clairement cette envie générale de profiter du Léman, tout comme le nombre de personnes qui parcourent les cheminements piétonniers aux abords du lac.

La thématique de l’accès aux rives du lac doit également tenir compte de l’importance de ces rives, tant historique qu’émotionnelle. Habitées depuis 8’000 ans, elles portent en effet les traces de chaque époque, des nécropoles de Vidy (4’500 av. J.-C.) aux menhirs de Lutry (3’000 av. J.-C.), et servent encore aujourd’hui d’abris et de refuge à de nombreuses espèces animales, dont les oiseaux migrateurs1. Cette richesse des rives est d’ailleurs bien soulignée sur le site Internet de la ville, où l’on peut lire que « [a]u bord du lac Léman, les jardins s’avancent jusqu’à l’eau et laissent rarement la place à un chemin (…) [avec toutefois] de très belles exceptions[, p]ar exemple entre Lutry et Morges, [où] un chemin serpente entre rives du lac et jardins soignés, le long des plages sauvages ou des quais fleuris, sur près de 15 km. »2.

L’accès complet et libre au lac est par ailleurs expressément évoqué en droit fédéral à l’art. 3 al. 2 let. c de la Loi fédérale sur l’aménagement du territoire (« LAT »), qui dispose qu’il convient notamment « de tenir libres les bords des lacs et des cours d’eau et de faciliter au public l’accès aux rives et le passage le long de celles-ci ». Il est plus largement au centre de fréquents débats liés à la privatisation de ces berges.

Lausanne, comme elle le prône elle-même, s’avère un bon élève en la matière. Il est en effet possible, en hiver, de cheminer de façon quasiment discontinue des frontières de la Commune de St-Sulpice à celles de Pully. Cette « précision hivernale » est toutefois centrale, dans la mesure où un point noir existe et demeure à ce jour en termes de cheminement lacustre : là où se trouve la piscine de Bellerive. Le chemin passant de la plage publique de Bellerive au Quai du Vent-Blanc est en effet fermé du 15 avril au 15 octobre, obligeant chacune et chacun à remonter sur l’Avenue de Rhodanie et passer à l’arrière du bâtiment de la piscine de Bellerive, ceci sur plus de 700 mètres.

Or, cela coupe directement la cohérence du cheminement au bord du lac, prive le promeneur de la vue du lac et impose de passer sur une route malheureusement bien fréquentée en termes de trafic – ceci sur près d’un kilomètre. En outre, cela crée des complications avec les différents flux de mobilité douce, les piétons occupant très souvent la bande cyclable de l’Avenue de Rhodanie et se confrontant aux rollers, skates et autres trottinettes.

Alors que l’importance de la piscine de Bellerive n’est plus à démontrer, la nécessité de conserver des rives fermées est pour sa part beaucoup moins compréhensible. Il est vrai que cette fermeture pendant 6 mois s’explique par l’exploitation de la piscine et la nécessité de permettre à ses clients d’accéder au lac.

Il est toutefois également vrai que d’autres solutions existeraient pour combiner ces deux intérêts, tout aussi rentables, notamment :

  • placer une entrée au sud-ouest de la piscine de Bellerive, ce qui permettrait aux personnes venant depuis Vidy d’entrer beaucoup plus facilement dans la piscine, sans devoir la contourner entièrement2 ;
  • rendre l’accès à la piscine de Bellerive gratuit, sur le modèle du célèbre Marzilibad de Berne, dont la piscine, l’énorme pelouse et l’accès à l’Aar sont libres de tout coût d’entrée3.

S’agissant spécifiquement de cette seconde possibilité, l’exemple bernois devrait servir de modèle à la ville de Lausanne, tant l’engouement de la population pour le Marzili que le succès du lieu sont énormes. La vente de nourritures et de boissons, ajoutée à l’énorme popularité du lieu, permettent dans ce cadre en grande partie de compenser la gratuité des lieux.

A noter que les clôtures existant actuellement pour la période hivernale permettraient vraisemblablement de mettre en œuvre ces mesures (qu’il s’agisse de la première ou de la seconde) facilement et sans grand coût d’infrastructure.

A l’heure où Lausanne met en avant ses rives et prônes un nouvel accès au lac, il apparaît essentiel de permettre à toutes les lausannoises et tous les lausannois d’en profiter librement et sans blocages inutiles !

Conclusions :

La présente initiative invite la Municipalité à étudier l’opportunité de libérer toute l’année le cheminement passant de la plage publique de Bellerive au Quai du Vent-Blanc. Ce faisant, elle est également invitée à étudier la possibilité de (i) créer une entrée sud-ouest à la piscine de Bellerive ou (ii) rendre gratuit l’accès à la piscine de Bellerive, sur le modèle du Marzilibad de Berne.

David Raedler

1 Voir notamment le Plan directeur cantonal des rives vaudoises du lac Leman de 2000.

2 La nécessité de créer une autre entrée à la Piscine de Bellerive a d’ailleurs été relevée par la Municipalité dans le cadre du Rapport-préavis n° 2012/43 « Bellerive – plage Réponses aux postulats de M. Guy Gaudard et de M. François Huguenet, ainsi qu’aux deux nouvelles conclusions apportées par le conseil communal au rapport-préavis n° 2009/67 demande de crédit complémentaire », par. 6.2 et 6.3.

3 A l’image de toutes les piscines de la ville de Berne gérées par une collectivité de droit public. A noter que plusieurs initiatives émanant de conseillers communaux ont précédemment été déposées en lien avec le parc de la piscine de Bellerive, aucune toutefois ne proposant d’étudier la gratuité du lieu.

Intervention communale, Ngoc Huy Ho

Un m2 à l’heure de son temps

Intervention

Rapport-préavis N° 2017/53 : Réponse au postulat de M. Stéphane Wyssa et consorts « Un m2 à l’heure de son temps »

Sur le principe, l’agglomération lausannoise se doit d’offrir d’excellentes prestations de transports publics, avec des horaires attractifs et adaptés aux besoins de la population. Une prolongation des horaires d’exploitation semble donc être une option intéressante à plus long terme, raison pour laquelle les Verts avaient soutenu le renvoi de ce postulat à la Municipalité.
Cependant, les différentes explications du rapport-préavis sur les contraintes liées à la maintenance du réseau pendant la nuit et sur les questions financières nous paraissent convaincantes. De plus, ce serait un très mauvais signal politique de devoir revenir en arrière sur l’extension des horaires en raison des travaux sur le m2 et le m3 dans un an ou deux. L’effet pour un report modal ne serait donc pour ainsi pas pérenne.

Une majorité du groupe des Verts va accepter la réponse de la Municipalité, une minorité s’abstiendra. Nous attendons cependant de la Municipalité qu’elle ré-étudie la question dès que les chantiers du m3 seront terminés.

Ngoc Huy Ho