Alice Genoud, Daniel Dubas, Intervention communale, Lausanne

Stationnement offert par la Société Parking Riponne SA

Les Verts lausannois interpellent le Bureau du Conseil communal sur la conformité du cadeau du Parking de la Riponne SA

Monsieur le Président,

La « Recommandation du Bureau [du Conseil communal] concernant l’article 100a de la loi sur les communes (interdiction d’accepter ou de solliciter des libéralités ou d’autres avantages) » a été adoptée le 8 janvier 2019. Elle est entrée en vigueur le 23 janvier 2019.

Le groupe des Verts au Conseil communal se réjouit de cette démarche, qui s’appuie sur la directive municipale correspondante pour en établir le pendant applicable à notre Conseil. Elle permet d’établir des règles sur les situations de conflits d’intérêts potentiels ou réels, sur les voyages officiels et sur les libéralités et autres avantages tels que des cadeaux ou des invitations. Seuls des avantages « de faible importance » sont admis, c’est-à-dire des avantages dont la valeur marchande n’excède pas un montant de CHF 300, ce qui nous semble une limite acceptable pour laisser la liberté nécessaire au travail d’élu, avec la représentation qu’il implique, tout en respectant l’importance de notre indépendance.

Or il s’avère que la société Parking Riponne SA offre aux membres du Conseil communal le stationnement gratuit pour toutes les séances du Conseil communal. Les membres du groupe des Verts ont refusé cette offre, la jugeant problématique non seulement parce qu’elle incite l’utilisation de la voiture en lieu et place des transports publics ou de la mobilité douce, mais aussi éthiquement puisqu’elle provient d’un parking privé à usage public loué par la Ville de Lausanne à cette société en droit de superficie, sur décision du Conseil communal.

En calculant la valeur de cet avantage, avec un coût pour le stationnement de CHF 14.- (pour la période de 17h30 à 23h00) par soirée, pour 22 à 24 soirées du Conseil communal par année, le montant maximum de CHF 300.- fixé par le Bureau du Conseil communal est donc dépassé déjà en une seule année et a fortiori sur les cinq années de la législature. A cela s’ajoutent d’autres cadeaux de fin d’année de faible valeur.

Par conséquent, nous demandons l’interdiction de cette pratique et nous prions donc le Bureau d’examiner notre demande. Cette pratique représente à notre sens un avantage illicite touché par de nombreux membres du Conseil communal et qui peut potentiellement avoir un impact sur l’indépendance des votes au moment des discussions sur la prolongation, ou non, des droits de superficie en faveur des parkings privés à usage public.

Si le Bureau juge indispensable la prise en charge des frais de déplacement, il pourrait, en lieu et place du système actuel, proposer un financement à travers la caisse communale des frais de transport publics ou individuels si des raisons objectives les imposent. Cette solution permettrait de garantir l’accès au Conseil à tous ses membres gratuitement, en privilégiant les transports publics, mais sans pour autant les imposer pour les cas où des personnes, notamment pour des raisons physiques, ne pourraient les utiliser.

En vous remerciant de l’attention que vous porterez à la présente demande, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de nos meilleurs sentiments.

Daniel Dubas

Alice Genoud

Co-président-e-s du groupe des Verts

Lausanne

Une victoire pour le tram, mais un risque pour la nature en ville !

Les Verts lausannois accueillent avec un certain regret la décision du Tribunal fédéral (TF) qui annule la décision du Tribunal administratif fédéral (TAF) et renvoie le dossier à cette autorité pour examiner les plans routiers du barreau Vigie-Gonin. Un point positif est toutefois à saluer : les plans du tram n’avaient pas été remis en cause dans ce recours, ils semblent être validés et nous espérons vivement que sa construction démarrera sans délai. Toutefois, cette décision indique que le barreau routier peut être lié procéduralement à la mise en place du tram et renvoie au TAF pour examen de ces plans routiers. Un espoir ressort donc, soit celui de permettre aux autorités politiques, voire au TAF, d’examiner en détails les possibilités alternatives au barreau routier Vigie-Gonin et de les privilégier tout en maintenant le tram.

Tout d’abord, nous saluons la décision du Tribunal fédéral qui ne remet pas en cause les plans du tram et nous réjouissons de la construction imminente de cette ligne de transports publics tant attendue pour relier l’Ouest lausannois et le centre-ville. Nous mettrons tout en œuvre pour rattraper le retard pris par les procédures judiciaires et obtenir une mise en service aussi rapide que possible de ce tram.

Toutefois, lier formellement et de manière obligatoire une infrastructure de mobilité douce avec une nouvelle pénétrante routière au centre-ville a toujours été critiqué par notre mouvement et nous regrettons dès lors le deuxième volet la décision du Tribunal fédéral de ce jour qui valide cette manière de faire. Cette décision, qui traite exclusivement de compétences juridiques, risque d’avoir des impacts politiques et environnementaux extrêmement importants. Toutefois, cela ne veut pas encore dire que le barreau Vigie-Gonin soit indispensable à la construction du tram et les Verts lausannois profiteront de ce deuxième tour procédural pour tenter de raisonner les instances politiques à ce sujet.

En effet, plutôt que d’augmenter le transport automobile en ville, il convient de profiter de ce nouvel examen devant le TAF pour réellement examiner les alternatives possibles. Les Verts lausannois, suite aux diverses interpellations qu’ils ont déposées, ont appris que deux rapports avaient été rendus dans ce dossier, l’un montrant d’abord que le tram pouvait être réalisé sans barreau, moyennant une légère saturation de certains carrefours aux heures de pointes, l’autre, peu de temps plus tard, indiquant le barreau routier Vigie-Gonin comme seule mesure d’accompagnement possible au nouveau tram. Il est indispensable que les instances politiques, voire juridiques, examinent en détails toutes les options possibles, moyennant une pesée fine des intérêts, afin de choisir l’option impactant le moins possible l’environnement, tout en permettant la mise en service du tram au plus vite. En effet, la quasi-totalité des partis politiques a fait de la protection du climat et de la nature leur priorité en cette année électorale. Il est donc temps de passer à l’action et de prouver que ce ne sont pas là que des mots, mais que des actes concrets et locaux doivent suivre.

La construction du tram doit démarrer sans délai et nous espérons encore que, malgré cette décision juridique, les consciences écologiques qui semblent être apparues ces derniers mois poussent les autorités cantonales et communales à étudier les alternatives au barreau Vigie-Gonin que nous réclamons depuis plusieurs années.

David Raedler, Intervention communale

Des nuits sans trafic pour le bien de la santé des lausannoises et lausannois

Postulat

Plusieurs études et articles parus ces derniers mois ont souligné les graves conséquences que le bruit du trafic peut avoir sur la santé des habitantes et habitants d’une ville. S’ajoutant aux autres conséquences négatives d’un trafic motorisé trop important (pollution, maladies pulmonaires, accidentologie, etc.), le bruit a été placé au centre des inquiétudes d’une grande partie du monde médical et scientifique.

S’agissant spécifiquement de Lausanne, une étude parue en 2018 a mis en lumière un lien direct, dans plusieurs quartiers de la ville, entre les problèmes de somnolence la journée et le bruit nocturne causé par la circulation1. Menée par des chercheurs du CHUV, des HUG et de l’EPFL, dont le Prof. Stéphane Joost (chercheur au Laboratoire de systèmes d’information géographique de l’EPFL), cette recherche a relevé l’existence de points noirs particulièrement problématiques, dont le carrefour entre l’av. d’Echallens et le ch. de Montétan, les abords de la place de Milan ou encore les alentours de la place de la Riponne. En examinant le cas de 3’700 habitantes et habitants de tous quartiers, et en mettant leurs expériences en rapport avec les données du cadastre du bruit réalisé par l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), les chercheurs ont établi un lien direct entre ces problèmes de bruit et la somnolence diurne dont souffrent les personnes concernées.

Cette étude a notamment relevé que la circulation lausannoise était la plus bruyante de Suisse. Elle dépasse en effet souvent les 55 décibels, soit la valeur limite imposée par l’Ordonnance sur la protection contre le bruit (RS 814.41 ; « OPB »)2, en raison de ses rues en pente qui entraînent des démarrages ou des accélérations marquées. Cette valeur dépasse en outre le seuil maximal autorisé par l’Office fédéral de la santé publique, qui est de 50 décibels LEQ (moyenne continue dans le temps de l’énergie acoustique diffusée).

L’impact sonore de ces démarrages et accélérations s’avère particulièrement marqué en période nocturne. Or, les perturbations du sommeil causées par le bruit de la circulation ont un réel effet négatif sur la santé, puisqu’elles peuvent causer une somnolence diurne, une augmentation du stress et des maladies psychiques telles que la dépression, un risque accru d’obésité, des maladies cardio-vasculaires ou encore des accidents liés à la fatigue.

Les problèmes liés au trafic automobile de nuit sont d’ores et déjà pris en compte par la Ville de Lausanne aux abords des hôpitaux. Afin de limiter les nuisances et permettre aux patients de bénéficier du sommeil nécessaire à leur rétablissement, la circulation automobile est en effet interdite aux abords du CHUV entre 22h et 6h.

Compte tenu de la topographie marquée de la ville, il est impératif de tenir compte de ces éléments et de limiter au maximum les nuisances sonores liées au trafic automobile nocturne. A l’exemple du choix opéré autour des hôpitaux, cela doit notamment se faire par des interdictions partielles de circuler de nuit sur certains tronçons particulièrement problématiques. Cela peut en particulier être le cas sur des tronçons aux pentes marquées. Ces interdictions partielles pourraient réserver certaines exceptions, notamment pour les résidents ou les transports-publics – toujours toutefois en conservant comme objectif central la réduction des nuisances sonores liées au trafic routier.

Ces interdictions nocturnes viennent utilement compléter d’autres mesures prises – ou envisageables – afin de lutter contre le bruit lié au trafic automobile. Cela couvre notamment les limitations de vitesse nocturnes généralisées qui sont prévues pour être mises en œuvre à Lausanne3.

Ce n’est qu’avec de telles mesures que les risques pour la santé des lausannoises et lausannois, mis en lumière et développés par l’étude menée par des chercheurs du CHUV, des HUG et de l’EPFL, peuvent être réduits.

Conclusions :

La présente initiative invite la Municipalité à étudier l’opportunité d’interdire la circulation nocturne de véhicules motorisés (entre 22h et 6h) sur certains tronçons routiers. Ce faisant, la Municipalité pourra prévoir certaines exceptions (résidents, transports-publics, etc.), tout en conservant comme objectif principal la réduction des nuisances sonores liées au trafic routier.

David Raedler

1 Stéphane Joost, José Haba-Rubio, Rebecca Himsl, Peter Vollenweider, Martin Preisig, Gérard Waeber, Pedro Marques-Vidal, Raphaël Heinzer, Idris Guessous, Spatial clusters of daytime sleepiness and association with nighttime noise levels in a Swiss general population (GeoHypnoLaus), International Journal of Hygiene and Environmental Health, 1 June 2018, p. 951 à 957.

2 Annexe 3.

3https://www.24heures.ch/vaud-regions/lausanne-region/Le-30kmh-la-nuit-une-affaire-de-sante-publique/story/29035039 (vu le 2.04.2019).

David Raedler, Intervention communale

Un accès libre à nos « belles rives » pour toutes et tous

Postulat

Les beaux jours étant enfin de retour, ils s’accompagnent de l’usuelle « transhumance » de toute lausannoise et tout lausannois sur les bords du lac, afin d’y profiter de la météo clémente et de la beauté des paysages lausannois. Cet attrait du lac s’avère aujourd’hui de plus en plus marqué tant ses berges sont utilisées et appréciées par chacune et chacun. Plusieurs des projets récemment annoncés par la Commune de Lausanne – dont la création d’une plage publique à Ouchy – répondent correctement à ce souhait d’accès large aux rives. Le succès de récents bars établis à Bellerive démontre tout aussi clairement cette envie générale de profiter du Léman, tout comme le nombre de personnes qui parcourent les cheminements piétonniers aux abords du lac.

La thématique de l’accès aux rives du lac doit également tenir compte de l’importance de ces rives, tant historique qu’émotionnelle. Habitées depuis 8’000 ans, elles portent en effet les traces de chaque époque, des nécropoles de Vidy (4’500 av. J.-C.) aux menhirs de Lutry (3’000 av. J.-C.), et servent encore aujourd’hui d’abris et de refuge à de nombreuses espèces animales, dont les oiseaux migrateurs1. Cette richesse des rives est d’ailleurs bien soulignée sur le site Internet de la ville, où l’on peut lire que « [a]u bord du lac Léman, les jardins s’avancent jusqu’à l’eau et laissent rarement la place à un chemin (…) [avec toutefois] de très belles exceptions[, p]ar exemple entre Lutry et Morges, [où] un chemin serpente entre rives du lac et jardins soignés, le long des plages sauvages ou des quais fleuris, sur près de 15 km. »2.

L’accès complet et libre au lac est par ailleurs expressément évoqué en droit fédéral à l’art. 3 al. 2 let. c de la Loi fédérale sur l’aménagement du territoire (« LAT »), qui dispose qu’il convient notamment « de tenir libres les bords des lacs et des cours d’eau et de faciliter au public l’accès aux rives et le passage le long de celles-ci ». Il est plus largement au centre de fréquents débats liés à la privatisation de ces berges.

Lausanne, comme elle le prône elle-même, s’avère un bon élève en la matière. Il est en effet possible, en hiver, de cheminer de façon quasiment discontinue des frontières de la Commune de St-Sulpice à celles de Pully. Cette « précision hivernale » est toutefois centrale, dans la mesure où un point noir existe et demeure à ce jour en termes de cheminement lacustre : là où se trouve la piscine de Bellerive. Le chemin passant de la plage publique de Bellerive au Quai du Vent-Blanc est en effet fermé du 15 avril au 15 octobre, obligeant chacune et chacun à remonter sur l’Avenue de Rhodanie et passer à l’arrière du bâtiment de la piscine de Bellerive, ceci sur plus de 700 mètres.

Or, cela coupe directement la cohérence du cheminement au bord du lac, prive le promeneur de la vue du lac et impose de passer sur une route malheureusement bien fréquentée en termes de trafic – ceci sur près d’un kilomètre. En outre, cela crée des complications avec les différents flux de mobilité douce, les piétons occupant très souvent la bande cyclable de l’Avenue de Rhodanie et se confrontant aux rollers, skates et autres trottinettes.

Alors que l’importance de la piscine de Bellerive n’est plus à démontrer, la nécessité de conserver des rives fermées est pour sa part beaucoup moins compréhensible. Il est vrai que cette fermeture pendant 6 mois s’explique par l’exploitation de la piscine et la nécessité de permettre à ses clients d’accéder au lac.

Il est toutefois également vrai que d’autres solutions existeraient pour combiner ces deux intérêts, tout aussi rentables, notamment :

  • placer une entrée au sud-ouest de la piscine de Bellerive, ce qui permettrait aux personnes venant depuis Vidy d’entrer beaucoup plus facilement dans la piscine, sans devoir la contourner entièrement2 ;
  • rendre l’accès à la piscine de Bellerive gratuit, sur le modèle du célèbre Marzilibad de Berne, dont la piscine, l’énorme pelouse et l’accès à l’Aar sont libres de tout coût d’entrée3.

S’agissant spécifiquement de cette seconde possibilité, l’exemple bernois devrait servir de modèle à la ville de Lausanne, tant l’engouement de la population pour le Marzili que le succès du lieu sont énormes. La vente de nourritures et de boissons, ajoutée à l’énorme popularité du lieu, permettent dans ce cadre en grande partie de compenser la gratuité des lieux.

A noter que les clôtures existant actuellement pour la période hivernale permettraient vraisemblablement de mettre en œuvre ces mesures (qu’il s’agisse de la première ou de la seconde) facilement et sans grand coût d’infrastructure.

A l’heure où Lausanne met en avant ses rives et prônes un nouvel accès au lac, il apparaît essentiel de permettre à toutes les lausannoises et tous les lausannois d’en profiter librement et sans blocages inutiles !

Conclusions :

La présente initiative invite la Municipalité à étudier l’opportunité de libérer toute l’année le cheminement passant de la plage publique de Bellerive au Quai du Vent-Blanc. Ce faisant, elle est également invitée à étudier la possibilité de (i) créer une entrée sud-ouest à la piscine de Bellerive ou (ii) rendre gratuit l’accès à la piscine de Bellerive, sur le modèle du Marzilibad de Berne.

David Raedler

1 Voir notamment le Plan directeur cantonal des rives vaudoises du lac Leman de 2000.

2 La nécessité de créer une autre entrée à la Piscine de Bellerive a d’ailleurs été relevée par la Municipalité dans le cadre du Rapport-préavis n° 2012/43 « Bellerive – plage Réponses aux postulats de M. Guy Gaudard et de M. François Huguenet, ainsi qu’aux deux nouvelles conclusions apportées par le conseil communal au rapport-préavis n° 2009/67 demande de crédit complémentaire », par. 6.2 et 6.3.

3 A l’image de toutes les piscines de la ville de Berne gérées par une collectivité de droit public. A noter que plusieurs initiatives émanant de conseillers communaux ont précédemment été déposées en lien avec le parc de la piscine de Bellerive, aucune toutefois ne proposant d’étudier la gratuité du lieu.

Intervention communale, Ngoc Huy Ho

Un m2 à l’heure de son temps

Intervention

Rapport-préavis N° 2017/53 : Réponse au postulat de M. Stéphane Wyssa et consorts « Un m2 à l’heure de son temps »

Sur le principe, l’agglomération lausannoise se doit d’offrir d’excellentes prestations de transports publics, avec des horaires attractifs et adaptés aux besoins de la population. Une prolongation des horaires d’exploitation semble donc être une option intéressante à plus long terme, raison pour laquelle les Verts avaient soutenu le renvoi de ce postulat à la Municipalité.
Cependant, les différentes explications du rapport-préavis sur les contraintes liées à la maintenance du réseau pendant la nuit et sur les questions financières nous paraissent convaincantes. De plus, ce serait un très mauvais signal politique de devoir revenir en arrière sur l’extension des horaires en raison des travaux sur le m2 et le m3 dans un an ou deux. L’effet pour un report modal ne serait donc pour ainsi pas pérenne.

Une majorité du groupe des Verts va accepter la réponse de la Municipalité, une minorité s’abstiendra. Nous attendons cependant de la Municipalité qu’elle ré-étudie la question dès que les chantiers du m3 seront terminés.

Ngoc Huy Ho

Daniel Dubas, Intervention communale

Pour que Lausanne reprenne la gestion des parkings privés à usage public

Intervention

Postulat Valéry Beaud et consorts « Vers une reprise par la Ville de Lausanne de certains parkings privés à usage public lors de l’échéance de leur droit de superficie ? »

Huit parkings privés à usage public sont actuellement exploités par des sociétés sur des droits de superficie (DDP) de la Ville de Lausanne, notamment les parkings de Montbenon, de la Riponne ou de Vennes pour les plus grands.

Ces parkings versent alors une redevance annuelle à la commune, soit proportionnelle aux résultats économiques soit une redevance fixe indexée. Toutefois, au vu de la fréquentation importante de ces parking et des tarifs pratiqués, il y a fort à parier que les bénéfices engendrés par la plupart d’entre eux se montent à plusieurs fois le montant de la redevance offerte à la Ville de Lausanne, et que la celle-ci aurait donc économiquement tout intérêt à récupérer certains parkings à l’échéance de leur droit de superficie.

Ces échéances s’échelonnent entre 2026 et 2107, la prochaine concernant le parking de Montbenon. C’est l’un des plus gros, avec ses 933 places de stationnement, et l’un des mieux situés, au centre-ville, entre le quartier commercial et de loisirs du Flon et la Gare de Lausanne. Ce parking a également la particularité, outre les recettes de parcage, de bénéficier d’importantes recettes provenant de la location de surfaces commerciales.

Etant donné que ce parking est situé dans une position hautement stratégique pour l’avenir, notamment en lien avec les développements des projets voisins du Musée cantonal des Beaux-Arts, du Mudac et du Musée de l’Elysée, l’échéance du droit de superficie du parking de Montbenon en 2026 semble donc une première opportunité à ne pas manquer, d’autant plus que la résiliation du DDP doit intervenir 5 ans avant son échéance, c’est-à-dire en 2021.

Sur la base de ces différents éléments, le postulat de notre collègue Valéry Beaud, et que j’ai co-signé, demande à la Municipalité d’étudier l’opportunité de reprendre certains parkings privés à usage public lors de l’échéance de leur droit de superficie. Elle pourrait notamment évaluer la rentabilité de ces investissements et étudier différents modèles de financement.

A plus long terme, il sera évidemment très important d’avoir une plus grande maîtrise communale des ouvrages de parking aussi dans l’optique de la mise en place d’une véritable politique de stationnement. Mais cela – soyons clairs – n’est pas l’objet central du postulat discuté ce soir.

J’aimerais finalement encore relever que ce postulat a été co-signé par des représentants de pas moins de quatre formations politiques différentes représentées au Conseil communal, lui assurant un appui politique large. Tout comme la commission, nous vous invitons à renvoyer ce postulat à la Municipalité.

Daniel Dubas

Intervention communale, Sophie Michaud Gigon

Réaménagement de l’Avenue du Grey

Intervention

Au moment de prendre acte de ce plan des investissements, j’exprime une incompréhension face au revirement de la Municipalité. Derrière mon questionnement, il y a la déception de tout un quartier qui depuis une dizaine d’années attend enfin un réaménagement de l’avenue du Grey, grosse pénétrante urbaine qui coupe le quartier en deux. Des associations et habitants du quartier ont même à plusieurs reprises présenté à la Municipalité des propositions de réaménagements.

Après s’être enfin engagée à agir dans ce quartier qu’elle considère comme stratégique juste en-dessous des Plaines du loup, pourquoi fait-elle disparaître cet investissement tant attendu et finalement intégré dans le plan d’investissement pour 2021?

En introduction à la réponse à notre interpellation en 2014, Olivier Français, municipal en charge de l’urbanisme à l’époque, admettait qu’on n’en avait pas assez fait avec cette pénétrante urbaine et que c’était désormais dans les projets de la Municipalité de la réaménager pour diminuer son immense impact sur ce grand quartier.

Recalibrer les voies de circulation et les arboriser n’est pas gratuit mais cela n’enlève rien à sa nécessité pour cette partie de la ville et la Municipalité l’a reconnu plusieurs fois.

Après ces années d’atermoiement et ce dernier report, j’émets le souhait que le plan d’investissements suivant ne fasse pas subir le même sort à une mesure aussi importante et longuement attendue et que nous puissions enfin voir se concrétiser ce réaménagement.

Je vous remercie de votre attention.

Sophie Michaud Gigon

 

Alice Genoud, Intervention communale

Accessibilité universelle

Intervention

Les Verts saluent ce rapport-préavis qui permet d’avoir (enfin) une politique cohérente en termes d’accessibilité universelle. Le principe même «d’accessibilité universelle» , et il est rappelé dans ce rapport, fait l’objet de nombreuses législations et ceci à tous les échelons politiques.Toutefois si c’est un concept accepté, je l’espère, de tous, la réalisation est souvent plus périlleuse. En mentionnant de façon explicite ces questions d’accessibilité dans son programme de législature, la Municipalité avait déjà fait un premier pas: «doter la Ville de Lausanne d’un diagnostic et d’un plan d’actions sur l’accès universel à la ville des personnes en situation de handicap, incluant notamment l’accès aux espaces et lieux publics, locaux administratifs et lieux privés accessibles au public.»

C’est ce diagnostic qui est aujourd’hui au cœur de ce rapport-préavis. Une confrontation entre le vœu pieux de l’accessibilité universelle et la réalité du terrain. Les Verts espèrent que cette démarche relativement courageuse, qui pointe aussi ce qui ne va pas et pas seulement ce qui fonctionne, va permettre une mise en œuvre efficace et surtout rapide. Le rôle du ou de la coordinateur – coordinatrice sera crucial pour permettre des changements non seulement dans les infrastructures mais dans les processus administratifs.

En parlant de ce poste, notre seule crainte est qu’au vu de son caractère temporaire il ne puisse pas déployer tout ces effets positifs durant ce laps de temps. Le diagnostic va en effet demander déjà du temps et l’appliquer aussi, c’est peut être donc un peu idéaliste de penser que le groupe formé des référents pourra «vivre» de façon autonome d’ici là. Le fait que ce soit aussi un fond du développement durable qui fasse vivre ce poste, alors que c’est de toute façon quelque chose de temporaire et qui ne pourra pas être réutilisé.

Nonobstant ce fait, nous soutenons le rapport-préavis à l’unanimité et espérons sa mise en pratique rapide.

Alice Genoud

 

Lausanne

Park(ing) Day 2018 à Lausanne : de la lecture à la place de la voiture

Au centre-ville, chaque mètre carré compte ! Affectons l’espace aux humains et à la vie plutôt qu’à des masses dormantes d’acier.

Dans le cadre de Park(ing) Day 2018, journée internationale de prise de conscience et d’action sur l’emprise du stationnement de véhicules individuels motorisé dans les espaces publics, les Verts lausannois, l’ATE-Vaud et actif-trafiC ont symboliquement reconquis une place de parking au cœur de Lausanne.

Pendant deux heures, une place de parc de la Place Centrale a hébergé une terrasse éphémère, une place de lecture et un bar improvisé. Tout en s’acquittant de l’émolument de stationnement.

Chaque place de parc représente 12 mètres carrés d’espace inutilement réservé à des voitures immobilisés. Ce sont donc des milliers de mètres carrés qui méritent une meilleure vie : des terrasses, des lieux d’échange, des places de jeu, des carrés d’herbe, des rues piétonnes, bref, de vrais espaces publics, accessibles au plus grand nombre. Ces places réaffectées cesseraient également d’attirer du trafic polluant et bruyant au cœur de la ville. Bénéfice : une circulation des transports publics et de la mobilité douce fluidifiée et donc une meilleure qualité de vie en ville pour toutes et tous.

L’action de ce jour a fait la démonstration de ce que devraient devenir ces espaces mangés par le stationnement, avec une politique active et volontariste que les associations participantes appellent de leurs vœux.


Benjamin Rudaz, co-président des Verts lausannois
Léonore Porchet, membre du comité national d’actif-trafiC

Intervention communale, Lausanne, Sara Gnoni

La mobilité douce c’est bien, la respecter c’est bien aussi

Interpellation

L’interpellatrice et les interpellateurs ont pris connaissance avec grand plaisir de la nouvelle campagne “Gagnez en douceur” sur la mobilité douce en ville, lancée depuis peu par la Municipalité, et s’en félicitent. Nous apprécions particulièrement la mise en valeur de la mobilité douce, qui en a grandement besoin.

Cette campagne rassemble de nombreuses qualités, dont notamment celle de mettre en avant les infrastructures réalisées par la Ville au profit des personnes à mobilité réduite et plus généralement des piétons et cyclistes, qualités qui ne sont en rien remises en question ici.

En revanche, pour donner suite à cette campagne, il nous semble que la prévention auprès des automobilistes pour le respect de la mobilité douce mérite d’être développée, car il n’est pas assez présent dans cette campagne précisément.

D’une part, les cyclistes sont contraints d’utiliser des aménagements spécifiques encore largement lacunaires. En dehors des bandes cyclables, ils doivent partager la voirie avec des véhicules larges, massifs, parfois très rapides et souvent dangereux. Hormis quelques exceptions, ils doivent respecter des règles de circulation faites pour l’automobile sur la base de ce qui les caractérise, à savoir leur vitesse, leur encombrement, leur manque de maniabilité et leur impossibilité de dialoguer entre conducteurs. Ces règles sont donc par nature inadaptées aux cyclistes, mais elles s’appliquent à eux. De ce fait, il est difficile pour eux de les respecter, ce qui amène les tensions que nous connaissons entre automobilistes et cyclistes.

Rappelons que notre commune se place au dernier rang de Villes en ce qui concerne la gestion du trafic cycliste. Dans ce contexte, les cyclistes naviguent au mieux pour éviter les dangers, mais n’évitent pas toujours les agressions verbales ou les coups de klaxon. En effet : qu’ils respectent les règles précitées ou non, les cyclistes sont la cible d’automobilistes qui leur reprochent alternativement d’être trop lents ou de les dépasser, voire simplement de faire usage de leur priorité.

D’ailleurs, même les vidéos de prévention pour la sécurité cycliste semblent manquer leur cible en stéréotypant le comportement de ces derniers et en faisant des boutades sur leurs décès. Ceci aurait plus tendance à renforcer les clivages qu’à amener une réelle prise de conscience .

En parallèle, les piétons subissent également l’omniprésence des aménagements destinés à l’automobile, très bien illustrée par une recherche des mots “arrogance of space” sur Google, ou simplement par le dessin du Suédois Karl Jilg ci-contre.

 

Comme si cela ne suffisait pas, les règles élémentaires de cédez le passage sur les passages piétons ne sont toujours pas systématiquement respectées, plus de deux décennies après l’entrée en vigueur de la loi. Il est également fréquent que des voitures mal garées empiètent largement sur le trottoir, au point parfois d’empêcher le passage d’une chaise roulante ou d’une poussette, par exemple. Enfin, comme cela a déjà été débattu dans ce Conseil, les déplacements à pieds sont souvent découragés en raison de nombreuses et longues attentes aux feux.

Ce manque de considération des piétons et des cyclistes doit cesser. Alors que notre société fait face à des défis énormes de densité urbaine, de vieillissement et de réchauffement climatique, il est grand temps de non seulement reconnaître les qualités de la mobilité douce, mais de réaffirmer son droit d’exister pleinement tout en faisant en sorte que ses pratiquants soient en sécurité.

A l’instar de la prévention qui est faite à juste titre, par la police envers les cyclistes (rappel du port du casque, descendre du cycle lorsqu’ils ne sont plus sur la chaussées et respect de la signalisation) , il est aussi important que celle-ci soit faite et répétée aux conducteurs de véhicules motorisés en tout genre. Ce n’est que si chacun respecte les règles qui lui sont propres que la sécurité de tous sera améliorée et que les situations de tension que nous connaissons seront apaisées.

Nous pensons que les points suivants méritent d’être abordés en sensibilisant les conducteurs de transports motorisés, en particulier lorsque ces comportements représentent des infractions punissables :

Manière de considérer la bande cyclable en général, y compris perte de priorité lorsqu’on la coupe et interdiction d’y stationner;
Comment rouler sur la chaussée pour laisser la place aux vélos, en particulier lors d’un dépassement;
Interdiction d’utiliser les bandes et pistes cyclables par les deux roues motorisés;
Comment s’arrêter aux feux pour permettre la remontée des vélos, tout en évitant de s’arrêter sur le sas vélo;
Comportement légitime des cyclistes sur un giratoire et interdiction de les dépasser à l’entrée ou sur le giratoire;
Gestes à rappeler avant de tourner pour ne pas couper la route à un cycliste;
Manière d’ouvrir la portière pour éviter l’emportiérage (ouverture de portière sur la trajectoire d’un cycliste);
Arrêt obligatoire et complet aux passages piétons en présence d’un piéton souhaitant traverser;
Arrêt avant le passage piétons, jamais dessus;
Interdiction de garer son véhicule sur le trottoir en l’absence de places marquées;
Fair-play dans tous les cas entre tous les utilisateurs.
Dès lors, nos questions sont les suivantes :

Quelle est la perception de la Municipalité des problèmes évoqués plus haut concernant le comportement des automobilistes envers les cyclistes et les piétons?
Partage-t-elle l’avis qu’il y a un besoin de rappel des codes de la route envers les automobilistes?
Est-ce que la Police interpelle des automobilistes qui ont un comportement inadéquat envers la mobilité douce, et en particulier ceux qui commettent les infractions au code de la route mentionnées ci-dessus? A quelle fréquence? (% des interpellations liées aux violations du code de la route)
Est-ce que la Municipalité a l’intention de faire une campagne de prévention pour sensibiliser les automobilistes à l’existence des cyclistes et des piétons, au respect qui leur est dû et aux règles basiques à adopter ?

Nous remercions la Municipalité pour ses réponses.

Sara Gnoni

Vincent Rossi