Daniel Dubas, Intervention communale

Planification scolaire

R33U RP 2019/18 : Intervention

Nous l’attendions depuis bien longtemps, ce rapport-préavis sur les intentions de la Municipalité en matière de planification scolaire à l’horizon 2030. La création de nouvelles classes et la rénovation des bâtiments scolaires sont importantes et urgentes. Elles représentent une des priorités pour la ville en termes d’investissements dans son patrimoine administratif. Nous remercions la Municipalité pour ce rapport-préavis, qui fait le bilan global des travaux entrepris ces dernières années et qui montre bien ses intentions pour les années à venir.

Ce soir, le Conseil communal s’apprête à voter un crédit-cadre de CHF 18 millions jusqu’en 2022. Ce crédit-cadre permettra notamment de financer des travaux d’envergure au collège de la Barre (CHF 10 millions) et de Montoie (CHF 5 millions), ainsi que quelques chantiers plus petits dans d’autres établissements scolaires. Cependant, au vu de la planification générale des travaux à entreprendre, il apparaît clairement que ce crédit-cadre spécifique n’est que le premier parmi d’autres qui vont suivre et être votés par le Conseil communal. Ce n’est qu’un début, encore un peu timide.

En effet, la planification que la Municipalité nous présente ce soir révèle que des investissements très importants seront à consentir ces prochaines années, pour la rénovation des bâtiments en général, mais aussi pour des économies d’énergie massives en particulier, tout en tenant compte de la nécessité de protéger le patrimoine construit. Jusqu’en 2030, des investissements d’environ CHF 150 millions seront nécessaires pour faire face aux changements démographiques, avec environ 20% d’écoliers supplémentaires. Et environ CHF 300 millions vont être nécessaires pour rénover les bâtiments existants jusqu’en 2030, voire plus de CHF 400 millions à l’horizon 2040. Ceci représentera un défi financier majeur pour la Ville de Lausanne ces prochaines années.

Dans ce sens, le groupe des Verts approuve l’augmentation des taxes sur l’électricité en faveur du Fonds pour le développement durable (FDD) et du Fonds pour l’efficacité énergétique (FEE) dans le cadre du plan climat de la ville, que le Conseil communal vient de voter. Cette décision permet de dégager un montant supplémentaire d’environ CHF 2.8 millions, notamment pour renforcer le programme de rénovation des bâtiments scolaires. Nous approuvons également les nouveaux postes qui seront créés au Service des écoles primaires et secondaires pour planifier et accompagner au mieux les travaux de rénovation nécessaires.

Le groupe des Verts approuvera les conclusions du rapport-préavis à l’unanimité et remercie la Municipalité pour son engagement et la poursuite de travaux ambitieux dans le domaine des rénovations de bâtiments scolaires.

Daniel Dubas

Ilias Panchard, Intervention communale, Lausanne

Sorties scolaires

Intervention

Je fais aussi partie des cosignataires de l’interpellation Sorties scolaires: sortir des doutes et des imprécisions (5 novembre 2019)

J’aimerais d’ailleurs remercier M. Gaillard d’avoir permis d’élargir le débat au-delà de la question des camps de ski. C’est vrai que l’on avait débattu surtout de cela au début, en particulier au niveau médiatique et du débat public ; on a surtout parlé de la question des camps scolaires et des camps de ski, alors qu’on est à une échelle beaucoup plus large.

Je le remercie d’avoir créé un front « apartisan » ou « transpartisan », si je puis dire. C’est essentiel sur une question comme celle-ci ; sauf erreur, tous les groupes sont cosignataires.

On voit dans la réponse écrite, puis dans les réponses orales de la Municipalité, que cela concerne des milliers d’activités, des dizaines de milliers de journées. C’est rassurant de voir, même si personne n’en doutait, la volonté – clairement exprimée – de la Ville de tout faire pour maintenir ces activités et de continuer à les financer.

Malgré l’heure tardive et le fait que cela concerne l’échelon cantonal, je rappelle qu’au niveau du Canton, on a pris cette décision de prise en charge des fournitures scolaires. Quand on parle de la question financière dans les écoles, c’est aussi quelque chose qui joue un rôle important, et c’est une évolution à saluer, une avancée sociale majeure.

On parle ici de 2019-2020, que l’on peut considérer comme une année de transition – c’est dit dans les réponses –, car beaucoup de projets ont été planifiés, réservés, qui sont déjà en cours. Du coup, l’année prochaine sera celle à observer attentivement.

Pour terminer, je suis très heureux d’entendre la Municipalité dans cette ligne, et notre collègue Gaillard aussi. La décision du Tribunal fédéral qui a amené à cette situation a été par moments passablement critiquée publiquement, comme si c’était une potentielle menace fondamentale sur les activités scolaires. On est clairement ici face à une décision de justice sociale, qui a pour but de favoriser l’égalité de traitement entre les familles, quelle que soit leur capacité économique. C’est fondamental et c’est à saluer.

De nouveau, je suis heureux de lire des réponses aussi claires de la Municipalité et le fait que l’interpellateur le souligne ; surtout, le fait que la Municipalité couvrira les coûts induits pour garantir la pérennité des activités scolaires. J’insiste sur le fait que cette année 2019-2020 est une année de transition, et qu’il faudra observer la suite des activités.

Ilias Panchard

Ilias Panchard, Intervention communale

Formation des policières et policiers

Intervention

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les membres de la Municipalité, chères et chers collègues,

Nous revenons fréquemment dans ce conseil sur les pratiques policières.
Et c’est une très bonne chose car la police est dépositaire de
l’autorité publique. Par cela son travail doit être surveillé en
détail, débattu dans la sphère politique et les pratiques
policières doivent pouvoir être poursuivies si cela s’impose. En
somme, l’action policière est souvent soumise aux critiques dans le
débat public et c’est tout à fait légitime.

Avant de critiquer de nombreux aspects de la formation donnée à l’Académie de Savatan, commençons par saluer certaines approches de la formation des policières et policiers de la ville de Lausanne qui semblent particulièrement adaptés au contexte de travail local, par exemple le lien fort avec des institutions comme Fleur de Pavé ou le Point d’eau.

Je n’apprends rien à personne en affirmant que la formation des policières et policiers est essentielle pour les préparer à exercer leur travail de la meilleure manière possible. Cette formation se fait en partie à l’Académie de police de Savatan, académie qui, comme l’a bien détaillé notre collègue Misiego, a subi un flot de critiques important en 2018.

Un reportage édifiant de la RTS faisait état de nombreux témoignages d’anciennes recrues considérant une partie de leur formation en décalage avec la réalité de terrain de leur futur travail.

Ce constat est par exemple partagé par le syndicat de la police judiciaire genevoise, Fréderic Mulmann, qui affirmait dans les médias qu'”il y a beaucoup de domaines où nous nous rendons compte qu’il y a des lacunes“, et que “en effet, les acquis élémentaires que nous sommes en droit d’attendre lorsque les policiers arrivent dans les brigades ou à leurs postes, ne sont pas à la hauteur.”

Suite à ces nombreuses critiques, une étude indépendante a été mandatée par le canton de Vaud, sous la houlette de la conseillère d’Etat Béatrice Métraux afin de faire le point sur les méthodes d’enseignement et le style d’encadrement à l’Académie.

Cette étude a mené à un début de réforme de la formation dispensée à l’Académie de Savatan pour la rentrée 2019 : une formation qui s’urbanise et se distancie de l’approche militaire tant décriée.
Avec des évolutions bienvenues telles qu’une remise en question de certaines pratiques considérées comme particulièrement violentes ou la suppression de cet archaïsme qu’est la cérémonie de lever de drapeau hebdomadaire.

Cela montre bien que les problèmes soulevés dans les médias et mis en avant dans ce postulat ne sortent pas de nulle part.

Ce que demande ce postulat, au niveau lausannois, est pourtant simple à comprendre : examiner plus en détail la formation donnée à Savatan et éventuellement décider de mettre en place une formation complémentaire au niveau lausannois. Ni plus ni moins.

La ville pourra détailler les conditions de la formation à Savatan. Et le cas échéant expliquer en quoi la formation de Savatan a évolué ces derniers temps, à quel point elle permet de répondre aux nombreux défis auxquels la police et les citoyen-ne-s de cette ville sont confrontés et surtout entrouvrir des pistes pour faire évoluer la formation des policières et policiers lausannois.

Nous serions ravis de pouvoir disposer de ces informations par écrit et ce postulat est l’occasion idéale pour ce faire.

Le groupe des Verts vous recommande ainsi, à l’unanimité, de transmettre le postulat à la Municipalité.

Ilias Panchard

Intervention communale, Lausanne, Ngoc Huy Ho

Etablissements scolaires de Béthusy et Belvédère

Intervention

Préavis N° 2018/27 – Etablissement primaire et secondaire de Béthusy et Préavis N° 2018/28 – Etablissement primaire et secondaire du Belvédère – constructions

L’urgence du traitement des dossiers des nouvelles constructions scolaires n’est plus à démontrer. Nous attendons d’ailleurs avec impatience la réponse de la Municipalité au postulat Eggenberger sur la planification des rénovations qui nous sera transmise prochainement.
Pour les sites des collèges de Béthusy et du Belvédère, il s’agit de répondre à une évolution démographique complexe et par l’optimisation des espaces à disposition. Les 2 projets présentés en commission sont cohérents à la situation actuelle et future(,et sont bien conçus dans leur globalité, notamment par l’organisation de séances d’information publiques ou par l’intégration des principes de développement durable.)
De plus, nous relèverons la très bonne initiative d’avoir intégré une classe ouverte pour l’enseignement de différentes matières pédagogiques comme les sciences naturelles avec l’installation d’un jardin potager sur le site de Béthusy. Il est en effet plus normal et plus pédagogique d’étudier la nature à l’extérieur plutôt que dans une salle de classe. Dans cette perspective, la Ville pourrait envisager de plus impliquer les enseignants concernés et motivés pour le développement d’initiatives similaires.
Ainsi, le groupe des Verts acceptera bien évidemment les conclusions de ces 2 rapport-préavis.

Ngoc Huy Ho

Ilias Panchard, Intervention communale

Quelle est la situation des stagiaires à Lausanne ?

Interpellation

Chaque année, des milliers de jeunes effectuent un “stage” dans le cadre de leur parcours professionnel. Leur nombre a connu une forte augmentation ces dernières années.

Avec elle, les abus s’accumulent : stages non-rémunérés, absence d’apport pédagogique, stages avant même l’apprentissage, cumul de stages successifs, conditions de travail insatisfaisantes.

Faute de cadre juridique, ces pratiques sont devenues monnaie courante. Au lieu d’être une expérience enrichissante, tremplin vers le monde professionnel, un stage peut s’apparenter à une véritable plaie.

Le système de formation suisse, spécialement son accent sur la formation duale, fonctionne particulièrement bien. Cependant, les pratiques abusives – qui se font aux dépens des jeunes en formation, de la crédibilité du système de formation et du bon fonctionnement du marché du travail – doivent être sanctionnés pour ne pas le mettre en péril.

Actuellement, la législation autant fédérale que cantonale est extrêmement laxiste sur le sujet, ne mettant ni cadre ni limite (temporelle ou de salaire) à ces pratiques. Il est devenu aujourd’hui presque une obligation pour les jeunes sortant d’études de « devoir » faire un stage, pour avoir accès au marché du travail.

Hélas un cadre juridique sur les stages tarde à se mettre en place, tant au niveau suisse que vaudois. Les Jeunes Verts vaudois avaient déposés une pétition sur le sujet en 2015, qui avait reçu un écho favorable auprès du Grand-Conseil même si la réponse du Conseil d’État a été décevante. Malgré une réalité inquiétante, la situation n’est donc pas prête d’évoluer.

Les Villes sont des exemples en terme de conditions de travail et les stagiaires ne doivent pas être oubliés. En tant que plus grande ville du canton, Lausanne doit montrer l’exemple au sein de son administration communale et inciter les employeurs et employeuses lausannois-es à adopter de bonnes pratiques en matière de stages.

Les éléments présentés ci-dessus amènent les interpellatrices et les interpellateurs à poser les questions suivantes à la Municipalité :

  1. Combien de stagiaires emploient en moyenne la Ville de Lausanne, dans quels services et pour quelle durée ?
  2. Quelle a été l’évolution récente du nombre de stagiaires au sein de la Ville ?
  3. Est-ce qu’il y a des règlements quant à la rémunération des stagiaires que ce soit au sein de l’administration ou des différents services ?
  4. Quelles sont les pratiques en terme de défraiement (repas, transports) et de suivi pédagogique (formation, certificat de stage) des stagiaires ?
  5. Est-ce qu’il y a des cahiers des charges précis sur l’intégration des stagiaires au sein des services et est-il assuré que le stage ne remplace pas un potentiel poste (dumping salarial)
  6. L’administration communale engage-t-elle des stagiaires avant leur entrée en apprentissage professionnel?
  7. Si oui, dans quelles conditions ces engagements se font-ils ?
  8. La Ville s’engage-t-elle auprès des employeurs et des employeuses privé-e-s du territoire communal pour y suivre la situation des stagiaires et participer à la mise en place d’un cadre acceptable pour les stagiaires ?
  9. Si non, envisage-t-elle de le faire ?

Ilias Panchard