Intervention communale, Marie-Thérèse Sangra

Concept directeur Nature en ville

Intervention

 

Rapport-préavis 2018/42

Les Verts saluent ce rapport-préavis qui répond à une thématique chère aux Verts. La nature en Ville est en effet un enjeu majeur de nos villes qui doit trouver -ou retrouver- sa place entre densification, développement économique et augmentation des axes de la mobilité. La mise en oeuvre du réseau écologique, l’amélioration qualitative des espaces verts existants (par une végétation indigène), la connexion entre elles des zones relais ou la végétalisation des toitures et des façades pour ne citer que quelques-unes des mesures qui seront réalisées favoriseront un retour de la faune et de la flore en ville. Tout cela ne se fait pas uniquement pour les doux yeux de nos amies les abeilles, mais se traduit aussi en une amélioration de la qualité de vie pour les Lausannois et Lausannoises en terme de climat, de pureté de l’air, de santé, de convialité et de bien-être.

Le déclin drastique de la faune et de la flore à l’échelon local et planétaire est une inquiétude majeure pour la survie de l’humanité. Les médias nous ont largement alertés cet été sur la chute de la biodiversité dans nos campagnes avec des valeurs alarmantes comme la disparition de 60 % des espèces d’oiseaux indigènes dans nos contrées agricoles, ce qui signifie que nous ne verrons ou n’entendrons plus, ou bien moins souvent, des espèces aussi banales que le coucou ou l’alouette des champs encore si fréquentes au temps de nos enfances. Lausanne n’échappe pas à ce bilan inquiétant puisque des dizaines d’espèces, au cours de ces décennies, ont disparu ou sont sur le déclin (lézard vert, crapaud calamite, etc..). Or l’avenir de l’humanité est consubstantiellement lié à notre capacité à conserver une biodiversité saine, riche et diversifiée. Aujourd’hui, pas tout le monde est conscient que le maintien de la biodiversité est un enjeu de même importance que celui du réchauffement climatique.

Face à cet état des lieux pessimistes, un fait nouveau, réjouissant sous certains aspects, est que la ville est capable de redevenir un milieu plus attractif pour certaines espèces, à la condition qu’on veille à créer des conditions pour elles.

C’est dans ce sens que ce préavis est bienvenu et important puisqu’il a pour double finalité de conserver les valeurs naturelles présentes à Lausanne et de les renforcer en complétant les nombreuses trames du réseau écologique urbain. Il fait suite à trois rapport préavis entre 2005 et 2016 qui traitèrent des intentions de la Ville en matière de nature et du renforcement de la politique Nature en ville et prend en compte l’étude « Stratégie parc, nature et paysage » du PALM. Ce bref historique montre qu’il aura fallu plus de 15 ans, presque le temps d’une génération, pour intégrer la protection et la promotion de la nature dans les politiques publiques de la Ville. Donner à la nature sa juste place dans notre politique urbaine, c’est donc un processus de longue haleine parce qu’il oblige à changer les habitudes, à revoir nos priorités et à entrer dans un nouveau paradigme.

Ce rapport préavis poursuit une approche stratégique et pragmatique qui repose sur les outils de la planification territoriale, sur l’accroissement des connaissances sur la nature, et sur la mobilisation des habitants et des acteurs privés pour des partenariats par le biais d’incitation et d’information. La demande de traitement prioritaire de ce rapport–preavis a justement pour louable justification de pouvoir intégrer le plus tôt possible ce concept directeur à la révision du plan général d’affectation ou du plan directeur communal, et d’adapter leurs règlements, pour obtenir un maximum de cohérence sur le terrain en terme de connexions naturelles, de qualité de milieux et de promotion des espaces verts et des paysages sensibles. Ce préavis se veut proactif avec une claire volonté d’aller au delà de la seule protection d’une nature qui est hélas aujourd’hui considérablement appauvrie et il vise à restaurer la nature chaque fois que c’est possible (je cite «pour maintenir la biodiversité et une qualité de vie élevée en ville il est nécessaire de faire davantage que de préserver l’existant (…) il est essentiel de saisir chaque opportunité d’améliorer les lieux déjà appauvris » p. 7). Ce que nous saluons. Le réseau écologique lausannois, les catalogues de mesures en faveur des biotopes (SPADOM acteur) sont des outils indispensables pour atteindre les résultats visés. Leur prise en compte dans toutes les consultations interservices touchant à la planification urbaine, aux PPA, aux PQ y compris les concours d’urbanisme ou dans le cadre des DDP (droits distincts et permanents) et cela jusqu’au permis de construire est un passage obligé, une garantie d’efficience. Ce concept- nature intègre cette obligation de coordination et nous nous en réjouissons.

Autre axe de ce rapport préavis qui nous semble très important, celui de la sensibilisation des privés et des habitants que ce soit par les jardins familiaux, les plantations de haies à base d’espèces indigènes, l’incitation à l’entretien différencié des espaces verts pour les gérances privées, le soutien aux associations actives pour la nature à Lausanne, l’ouverture d’une grainothèque en réponse au postulat déposé par notre collègue Severine Evequoz, etc..

Les Verts sont aussi favorables à la nouvelle rubrique 4510. 509.6428 qui rassemble l’ensemble des montants non dépensés à fin décembre 2017 (Frs 400’000.-) et le crédit d’investissement de 1.5 mio lié à ce rapport-préavis. Au vu de l’urgence de cette thématique, les Verts attendent que les ressources humaines opérationnelles au sein de l’administration soient suffisantes pour investir l’ensemble des montants à disposition. Une ventilation plus fine de ce crédit par postes thématiques faciliterait peut-être une utilisation plus lisible de ce crédit.

En résumé, les Verts remercient la Municipalité pour ce rapport préavis extrêmement détaillé et qui affirme la volonté de la Municipalité et lui donne les moyens d’assumer sa responsabilité vis-à-vis du patrimoine naturel lausannois pour faire de Lausanne une ville véritablement verte. Dans une étape de densification intensive comme la connaît Lausanne, c’est une litote de dire qu’il faudra de l’innovation, de la créativité, de la persévérance et de l’audace pour défendre cette priorité de législature et inverser la tendance à l’érosion exponentionnelle des habitats naturels et des espèces de chez nous. J’en profite encore pour remercier chaleureusement la Municipalité et en particulier Mme Litzistorf et M. Hildbrand de leur réactivité et de leur collaboration pour la sauvegarde du biotope à bécassines sourdes au Biopôle, un signal fort pour la nature dans un dossier compliqué.

Le développement de la biodiversité dans l’espace urbain est l’un des dix objectifs de la Stratégie Biodiversité Suisse (SBS) élaborée par le Conseil fédéral le 25 avril 2012. La protection et le développement de la biodiversité en territoire urbanisé constituent non seulement un besoin urgent, mais aussi un impératif légal. Je pense que les citoyens et citoyennes de notre ville peuvent compter sur l’engagement déterminé de la Municipalité, comme l’a clairement réaffirmé en séance de commission la Municipale en charge du dossier.

Nous vous invitions donc à soutenir ce rapport-préavis comme le feront les Verts.

Marie-Thérèse Sangra

Alice Genoud, Intervention communale

Lausanne, pionnière en agriculture urbaine

Intervention sur le R105 – Politique d’agriculture urbaine

Madame la Présidente, Chères et chers collègues,

C’est avec grand plaisir que les Verts ont pu se pencher ce rapport-préavis qui définit, pour la suite de la législature et au delà, les jalons pour une politique d’agriculture urbaine efficace et prenant en compte autant les besoins des agriculteurs que ceux des « consommateurs ». Les Verts sont extrêmement actifs sur cette thématique, en témoigne les trois préavis (sur quatre) auxquels la municipalité répond sont issus de nos rangs. Comme mentionné dans le préavis, l’agriculture urbaine est « Multifonctionnelle, l’agriculture urbaine contribue à la production de denrées alimentaires, au paysage, à la biodiversité, au maintien des ressources », elle est aussi à un facteur de cohésion sociale et de sensibilisation à l’environnement important et c’est ces nombreux bénéfices que les Verts cherchent à mettre en avant depuis de nombreuses années.

Les Verts ne peuvent que saluer une vrai politique d’envergure, pionnière au niveau d’une Ville, qui permettra de consolider la place de choix qu’à déjà Lausanne sur ces questions. Ce rapport-préavis démontre en effet la richesse des acteurs présents sur ces questions à Lausanne, que ce soit bien sûr les agriculteurs et les difféerents services administratifs, mais aussi les nombreuses actives sur le sujet, les professeurs et étudiants de l’UNIL, les vignobles, les écoles de la Ville et j’en passe. Il est important pour tous ces acteurs, de pouvoir bénéficier d’une politique claire et sur la durée, ce à quoi ce rapport-préavis répond.

Ce cadre permettra de consolider mais aussi d’innover, dans un domaine où on sent un engouement important de la population, au vu du nombre de demande et d’associations créées autours de l’agriculture urbaine et de la nature en Ville.

Ce rapport-préavis est néanmoins pour une part non négligeable un rapport d’intention et les Verts resteront attentifs à ce qu’ils puissent être concrétisés rapidement et de façon pérenne, notamment quand des crédits seront nécessaires à sa réalisation.

Les Verts ne peuvent que vous inviter à accepter ce rapport-préavis et à continuer à défendre Lausanne comme ville pionnière dans ce domaine.

Alice Genoud

Intervention communale, Lausanne, Sophie Michaud Gigon

INEOS et les charges financières et d’image pour la Ville

Interpellation urgente

Les Verts sont intervenus à de nombreuses reprises sur les infrastructures sportives et leur naming et suivent le dossier de très près. Depuis le traitement dans notre Conseil des préavis sur le Centre sportif de Malley, nous nous sommes fortement positionnés en faveur des infrastructures sportives et en faveur de la recherche d’un naming et de co-financement. Le Conseil a appuyé notre vœu d’un naming avec une entreprise écologiquement et socialement responsable. Depuis l’annonce de la reprise du Lausanne Sport par INEOS, une entreprise active dans l’extraction du gaz de schiste et au centre de grandes polémiques à l’étranger, nous avons interpelé la Municipalité par deux fois et plusieurs groupes ont posé des questions orales.

Aujourd’hui, nous sommes inquiets et n’avons aucunement l’impression d’avoir été entendus par la Municipalité. L’accord avec INEOS semble scellé, les exigences supplémentaires qu’il pose et est prêt à financer semblent validées et nous sommes bien loin du scénario espéré et attendu lors du traitement du préavis sur le stade de la Tuilière et du compromis adopté par notre Conseil, ainsi que des espoirs formulés autour du naming.

Dans ce contexte et parce que les Verts, comme les autres partis qui ont soutenu notre position, s’engagent pour la défense des intérêts de Lausanne, nous redéposons une interpellation pour laquelle nous demandons l’urgence. L’urgence est à notre sens justifiée par l’avancée des tractations d’une part et le peu d’informations que le Conseil reçoit d’autre part. Nous posons ainsi les questions suivantes à la Municipalité :

  • Nouveautés // Quelles modifications demandées par INEOS ont été acceptées par la Municipalité et lesquelles ont été refusées ? La Municipalité entend-elle soumettre les modifications apportées au stade de la Tuilière au vote du Conseil communal ?
  • Opacité et fragilité// Quelles garanties la Ville a-t-elle que la société qu’a construit INEOS et qui possède le Lausanne Sport, à savoir INEOS Football SA – structure appartenant au groupe INEOS mais séparée – est plus solide que celles qui ont « œuvré » à Neuchâtel et Genève par le passé et dont les déboires ont été relayés abondamment ?
  • Naming en péril// La Municipalité confirme-t-elle qu’INEOS ne remplit pas les critères pour un naming ? Comment la Municipalité entend-elle par ailleurs agir pour que l’étiquette négative collée à INEOS n’empêche pas un partenaire, idéalement local, écologiquement et socialement responsable, d’investir de l’argent pour baptiser le stade et rapporter ainsi à la Ville un retour sur investissement financier pour un projet où Lausanne dépense beaucoup d’argent ? La Ville cherche-t-elle encore une entreprise pour un naming ?
  • Adjudication biaisée// La Ville peut-elle être sûre que les entreprises qui n’ont pas été choisies ou qui n’ont pas pu participer à l’appel d’offre d’après les critères choisis par la Ville ne vont pas se retourner contre elle et demander des dédommagements maintenant que les règles du jeu ont changé et que le choix des mandataires auraient pu être différents ?
  • Garantie pour limiter les coûts dans le futur// Quelles sont les garanties sur le fait que les 12 à 15 millions supplémentaires investis par INEOS dans un stade « ligue des champions » n’engendreront pas ensuite des charges supplémentaires pour la Ville si/quand INEOS se retire ?
  • Qui paie la Ferrari ?// Quelle convention la Ville a-t-elle conclu avec INEOS pour que les frais supplémentaires d’investissement et d’exploitation soient pris en charge par INEOS?
  • Et pour les autres manifestations ?// Notre Conseil a appuyé le préavis débloquant les crédits pour le stade sur la base d’une donnée importante qui est la multifonctionnalité des usages. En effet, si nous sommes des férus de sport, nous sommes aussi soucieux des autres événements ainsi que des finances de la Ville et le fait de pouvoir organiser des manifestations, concerts et autres sur le terrain était un argument de poids. Le fait qu’il soit désormais en herbe (exigence d’INEOS) empêche-t-il le partage de l’espace et la tenue d’autres manifestations que les matchs de foot ? Les pertes prévues seront-elles compensées par INEOS ?

Nous remercions la Municipalité pour ses réponses.

Sophie Michaud Gigon

et Xavier Company,  Alice Genoud, Valéry Beaud, Anne Berguerand, Sara Gnoni, Benjamin Rudaz, Daniel Dubas

Intervention communale, Lausanne, Valéry Beaud

Places de jeux

R61 – Rapport-préavis n° 2017/26 – « Places de jeux »

Intervention

Les Verts lausannois accueillent avec enthousiasme cet excellent rapport-préavis n° 2017/26, qui permettra de poursuivre et développer l’exemplaire politique lausannoise des places de jeux, et qui répond par ailleurs à satisfaction à mon postulat “Pour une ou plusieurs places de jeu dédiées aux jeunes enfants au centre-ville de Lausanne”, déposé le 12 janvier 2016.

Les places de jeux sont des lieux de vie importants dans la ville, non seulement pour les aménagements ludiques qui contribuent au développement et à l’activité physique des enfants, mais aussi comme espace de rencontre.

Dans le rapport-préavis, nous relevons avec plaisir les principes généraux guidant l’aménagement des places de jeux, qui sont présentés en page 4 et qui sont une belle illustration de la qualité recherchée : une répartition spatiale équilibrée, une offre diversifiée, une approche écologique, une planification participative et une conception inclusive.

Sur cette base, le rapport-préavis prévoit :

– de réaménager 16 places de jeux entre 2017 et 2021 ;

– d’adapter des places de jeux existantes aux besoins des enfants handicapés et des personnes à mobilité réduite ;

– et la création de trois nouvelles places de jeux au centre-ville, à la Promenade de la Solitude, à Cité-Vieux-Bourg et à Montbenon.

Nous saluons l’ensemble de ces éléments, en insistant encore sur l’importance que nous attachons à la planification participative, à la conception inclusive et naturellement à l’approche écologique.

Concernant spécifiquement la réponse à mon postulat, celui-ci demandait l’aménagement de places de jeux dans l’hyper-centre-ville de Lausanne, tant pour les familles qui y résident que pour celles qui y viennent pour se promener, faire des achats ou profiter de l’offre culturelle.

De notre point de vue, les trois nouvelles places de jeux annoncées dans le rapport-préavis ne sont pas tout à fait dans l’hyper-centre au sens où nous l’entendions pour inciter également les familles à fréquenter le marché et les commerces. Tout en soutenant leur création, nous estimons que la réponse à mon postulat se trouve plutôt dans les équipements ludiques multifonctionnels et modulables qui sont annoncés sur différentes places publiques de l’hyper-centre, par exemple celles de La Louve ou de Pépinet, dans le but de rendre ces espaces plus accueillants pour les familles. La réponse se trouve également dans l’installation de la place de jeux amovible L’Akabane, qui a désormais été acquise par la Ville de Lausanne et qui a rencontré un grand succès à ses différents emplacements, malgré quelques réticences de certains commerçants à son emplacement initial.

Comme vous l’aurez compris, les Verts lausannois vous encouragent donc à suivre l’avis de la commission et à accepter les cinq conclusions de ce rapport-préavis.

Valéry Beaud

Intervention communale, Lausanne, Valéry Beaud

Parc d’agglomération de la Blécherette

Mon interpellation “Quel avenir pour le Parc d’agglomération de la Blécherette ?” faisait suite à un article dans le quotidien 24 Heures à ce propos, qui contenait des propos étonnant du Chef de projet du Schéma directeur du Nord lausannois (SDNL), disant notamment que les communes n’en faisaient pas une priorité.

En adoptant en 2012 une étude spécifique au Parc d’agglomération de la Blécherette dans le cadre du chantier 4a du SDNL, les communes ne sont déjà engagées à reconnaître l’importance de cet espace à l’échelle intercommunale et à le préserver du développement urbain, ce qui était un premier pas important.

Aujourd’hui, je suis très satisfait de la réponse de la Municipalité, qui “attache une grande importance au parc d’agglomération de la Blécherette” et “dément tout flottement, toute remise en question et toute absence de priorité”. Je salue également le fait que la Ville de Lausanne compte jouer un rôle de moteur et qu’elle va demander au SDNL d’ouvrir une étude de planification ad hoc sur le site du Parc.

Tout cela va toutefois prendre du temps, probablement beaucoup de temps. En attendant, des aménagements légers et temporaires pourraient être mis en place relativement facilement, en coordination et accord avec les agriculteurs, afin de permettre l’appropriation du parc par la population et d’en tester les usages. Je salue ici aussi les propositions faites par la Municipalité en ce sens.

Je n’ai pas de résolution et remercie encore la Municipalité pour les réponses données.

Valéry Beaud

Intervention communale, Lausanne, Sophie Michaud Gigon

Optimiser les surfaces habitables

Intervention

au sujet du postulat Pour favoriser une optimisation de l’utilisation des surfaces habitables

Ce postulat soutenu largement en commission a pour objectif de penser à nos surfaces habitables en terme de potentiel et de besoins de la population. Exploiter le potentiel au maximum et l’adapter aux besoins. Lorsqu’il y a de la demande, construire a été et est une option, mais celle-ci est coûteuse, notamment en sol et en espaces verts mais aussi pour les finances de la Ville lorsqu’elle est maître d’ouvrage. De plus, la population en ville réagit fortement à la densification de son cadre de vie et les projets de construction sont donc observés de près.

Ce postulat demande d’étudier ainsi une piste innovante et une solution gagnante pour tous : optimiser l’utilisation des surfaces habitables existantes en facilitant une plus grande mobilité dans les appartements qui sont sur le marché ; il s’agit de permettre plus aisément aux lausannois-e-s qui le souhaitent de changer de domicile en fonction de leurs besoins car ceux-ci changent au cours de la vie.

Comment favoriser le contact entre un couple de personnes âgées qui ne souhaite plus vivre dans son appartement de 5 pièces dans lequel il habite depuis 30 ans mais qui privilégie un accès à certains services et à un ascenseur ET une famille par ex. ; un obstacle étant souvent que le loyer de leur nouvel appartement plus petit est le double de l’appartement dans lequel ils habitent depuis 30 ans.

Comment favoriser les échanges – sans jamais les contraindre, bien entendu?

A Berne, il existe une initiative associative où la Ville intervient comme catalyseur, comme coup de pouce. La promotion des coopératives innovantes permet également une utilisation s’adaptant aux besoins évoluant au cours de la vie.

Lausanne pourrait aussi s’inspirer de Zürich en promouvant des locations de courte durée des objets locatifs vides qui sont en attente de travaux ou de vente. C’est une autre manière d’optimiser l’utilisation de la surface habitable sur le territoire communal. Bien entendu, une collaboration au-delà des frontières communales serait encore plus pertinente pour s’adapter aux besoins de la population qui n’est dans sa majorité pas liée à une commune dans sa recherche de logement mais plutôt à une région.

Si vous acceptez le renvoi à la Municipalité, c’est avec intérêt que nous étudierons la proposition de la Municipalité pour explorer un champ encore en friche et très intelligent en terme de gestion des ressources, un thème cher aux Verts, mais pas que.

Je vous remercie donc du soutien que vous accorderez à ce postulat.

Sophie Michaud Gigon

Intervention communale, Lausanne, Valéry Beaud

Restructuration foncière du site de Beaulieu

Préavis n° 2017/44 “Restructuration foncière du site de Beaulieu”

Intervention au Conseil communal

Les Verts saluent la restructuration foncière proposée par la Municipalité dans son préavis n° 2017/44 pour le site du Centre de congrès et d’exposition de Beaulieu. Elle constitue une étape importante d’une mutation rendue inévitable par l’évolution de la société, des attentes de la population et des modes de consommation.

Le présent préavis va pleinement dans le sens du postulat de M. Stauber et de moi-même, que notre Conseil communal a renvoyé à la Municipalité il y a bientôt une année, le 31 janvier dernier. En effet, notre postulat demandait à la Municipalité d’examiner l’opportunité d’une réaffectation partielle du site de Beaulieu, dans un périmètre comprenant le Front Jomini, les Halles Nord et le bâtiment administratif H8, en proposant une nouvelle offre d’activités.

La restructuration foncière proposée ce soir permettra justement un retour anticipé à la Ville de Lausanne des Halles Nord, du bâtiment administratif H8 et des jardins, ce que nous saluons. Le devenir de cette partie du site doit désormais faire l’objet d’une large réflexion programmatique. Dans notre postulat, nous proposions déjà quelques pistes pour renforcer l’offre d’activités, notamment des pôles de santé, de formation et de culture qui existent à l’heure actuelle sur le site ou dans les quartiers environnants, et l’introduction d’autres activités d’utilité publique ou économiques, par exemple une pépinière de start-up, des entreprises de l’économie sociale et solidaire, etc. Le maintien d’activités économiques diversifiées en ville est en effet essentiel au moment où nous planifions la disparition d’importantes surfaces qui y sont dédiées. Dans tous les cas, comme promis par la Municipalité au soir du refus du projet de la tour Taoua, la réflexion programmatique devra être menée en associant les différents acteurs du site et de ses environs, les habitants et les usagers, notamment le Collectif Beau-Lieu.

La restructuration foncière proposée dans le présent préavis apporte aussi plus de souplesse pour assurer l’avenir du site, notamment du Palais de Beaulieu, où nous saluons également les évolutions annoncées, que ce soit pour les congrès, le théâtre, l’Ecole de la Santé La Source, le Tribunal arbitral du sport (TAS) et le retour d’un restaurant ouvert au public, l’ensemble apportant une vie bienvenue sur le site.

Enfin, la présente restructuration foncière permet de péreniser les activités de la compagnie Béjart Ballet Lausanne (BBL), qui fera l’acquisition de son bâtiment et effectuera une rénovation complète de celui-ci avec l’aménagemnt de nouveaux espaces, ce qui ne peut là aussi que nous réjouir.

Bref, nous avons entre les mains un excellent préavis qui permettra de donner une nouvelle vie au site de Beaulieu, en cohérence également avec le réaménagement des espaces publics situés au Nord, le Parc Jomini et la Promenade du Bois-de-Beaulieu.

Pour terminer, je m’arrêterais encore sur deux aspects importants liés à l’intégration du site de Beaulieu dans son tissu urbain environnant, aspect qui recèle encore un potentiel d’amélioration significatif :

  • premièrement, si nous avons pris bonne note que les modifications des droits de superficie n’avaient pas d’incidence sur les possibilités d’un passage à pied du nord au sud au travers du site en tout temps, à l’exception de quelques rares manifestations, nous suggérons à la Municipalité d’évaluer la possibilité de poser des rails pour les vélos et les poussettes sur l’escalier situé à l’arrière des Halles Nord, qui s’avère être aujourd’hui un obstacle quasi infranchissable ;
  • deuxièmement, nous suggérons à la Municipalité d’évaluer la possibilité de décloisonner le parc qui abrite la maison de maître du Presbytère à l’extrémité sud-ouest du site et de lui donner une ouverture sur l’espace public de la petite centralité commerciale existant au carrefour du Presbytère, ce qui permettrait de faire tomber quelques dizaines de mètres des murs borgnes qui entourent la totalité du site de Beaulieu.

Avec ces quelques précisions, les Verts vous recommandent donc d’accepter les 5 conclusions du présent préavis.

Valéry Beaud

Intervention communale, Marie-Thérèse Sangra

Campagne de Rovéréaz : faut-il tout saccager ?

Intervention

Mesdames, Messieurs,

Je remercie la Municipalité pour les réponses rendues à mon interpellation. Celles-ci me laissent toutefois perplexe par rapport à la position défendue en ce qui concerne l’avenir des parcelles du Château Fallot.

Le 3 mars 2013, les Lausannois et Lausannoises approuvaient à plus de 70 % la modification de la loi fédérale sur l’aménagement du territoire. Ses objectifs étaient de préserver les terres agricoles, d’obliger à une densification vers l’intérieur, de préserver le paysage et de séparer plus clairement les territoires constructibles des territoires non constructibles.

La question de la préservation de la campagne de Rovéréaz représente un cas d’école quant à la mise en oeuvre de la LAT entrée en en vigueur le 1er mai 2014.

Pour celles et ceux qui ne connaissent pas le site, voici deux photos du lieu. Il s’agit d’un vaste plateau agricole situé à la porte d’entrée Nord-Est de Lausanne juste avant d’arriver au quartier des Boveresses, puis à celui de la Sallaz en empruntant la route d’Oron. On retrouve au Nord de la zone agricole, la ferme de Rovéréaz qui a repris l’année passée l’exploitation du domaine tout en développant fortement la composante sociale et pédagogique.

La campagne de Rovéréaz est le dernier grand espace vert d’un seul tenant d’une trentaine d’hectares aux abords immédiats de la ville, facilement accessible par la population lausannoise. Le Palm la reconnaît comme parc d’agglomération de grande valeur doté d’un paysage remarquable. Il s’agit en effet du dernier poumon vert de grande taille sur le territoire lausannois. Toute la campagne de Rovéréaz est aujourd’hui propriété communale, affectée en zone agricole, à l’exception du Château Fallot et des terrains qui l’entourent restés en main privée où une surface de 6000 m2 est en zone à bâtir conformément au plan partiel d’affectation intitulé « Château Fallot ». Une demande de permis de construire a été déposé auprès de la commune en mai 2017. Celui-ci prévoit le développement d’un projet immobilier de 18 appartements de haut standing dans trois bâtiments, un parking souterrain de 42 places pour voitures, 6 places en surface et une place de jeux. Le périmètre constructible se situe au sud du domaine agricole, à côté du Château Fallot, manoir de style néogothique construit en 1899 et unique construction du site. Le périmètre constructible fait intégralement partie de la vaste zone agricole d’un seul tenant de la campagne de Rovéréaz. Comme l’écrit la Municipalité, il s’agit d’un « site exceptionnel, formé d’une large prairie entourée de frondaisons, jouissant d’un panorama impressionnant sur le Léman ».

Toute la campagne de Rovéréaz est très prisée par la population, en témoigne la très nombreuse présence de piétons, joggeurs et promeneurs de chiens à tout moment de l’année.

Pour les Verts, l’édification de constructions à cet endroit porterait gravement atteinte au site. L’harmonie et la beauté exceptionnelle des lieux reposent avant tout sur le caractère champêtre et naturel du site et sur l’absence de construction aujourd’hui. La vue panoramique et plongeante sur le lac n’aurait plus la même ampleur si un projet immobilier se réalisait perdu au milieu des champs. L’ambiance bucolique de ce paysage exceptionnel serait détruite par la construction de bâtiments au cœur de la prairie entourée de forêt. L’aménagement d’une route d’accès depuis le chemin de la Fauvette perturberait définitivement la tranquillité du site et le charme des lieux.

Le programme de législature de la Municipalité 2016-2021 annonce une densification respectueuse du patrimoine qui contribue à améliorer la qualité de vie des Lausannois et Lausannoises. Le renoncement à une opération immobilière sur une zone vierge et exceptionnelle en serait la mise en œuvre cohérente. Récemment M. le Syndic s’exprimait dans les pages de 24H au sujet de St-Paul en disant « Je suis convaincu que si nous voulons que les gens adhèrent au développement de la ville, il faut que nous soyons en même temps extrêmement attentifs au patrimoine. Ce sont les deux bras d’une même politique». Je partage ce point de vue.

Nous demandons à la Municipalité, suite au cas de la Gottéttaz, de prendre en compte l’Inventaire ISOS (entré en vigueur en 2015) qui a classé toute l’ensemble du site de Rovéréaz et les bâtiments avec un objectif de sauvegarde A et a, soit le degré de protection le plus élevé demandant la protection intégrale du site et la sauvegarde de l’état existant en tant qu’espace agricole. Même si les objectifs de protection de l’ISOS ne sont pas directement applicables au stade de l’octroi d’un permis de construire, ils doivent toutefois être pris en considération en vertu de l’article 5 de la LPN. Une non entrée en matière sur le permis de construire se justifie en raison d’un intérêt tant patrimonial que paysager ou encore de protection de la nature. Il s’agit là de motifs d’intérêt public prépondérant.

Nous nous étonnons que la Municipalité puisse considérer que les planifications à l’étude ou en vigueur et les développements en cours soient compatible avec la préservation des qualités paysagères du site. Nous contestons aussi l’appréciation que le périmètre du PPA Château Fallot se trouve dans un secteur déjà urbanisé. Bien au contraire, il s’agirait ici de la construction d’une micro- zone à bâtir, isolée et coupée du milieu bâti tout à fait contraire au droit fédéral. Quant à la desserte, elle est faible, les TP étant éloignés et peu fréquents.

Placer cette zone en zone réservée serait un geste fort de la Municipalité en faveur de la lutte contre le mitage du territoire et pour la qualité de vie des Lausannois. Pour un cas aussi délicat, il aurait été bien plus transparent d’établir un concept de construction sur ces parcelles avant son classement en zone à bâtir, la population aurait alors pu se prononcer en toute connaissance de cause.

Enfin le développement du projet de la ferme de Rovéréaz donne une nouvelle impulsion à tout le secteur autant sur le plan de l’équilibre écologique que l’offre en espace de délassement. La vocation sociale affirmée du projet de la ferme de Rovéréaz augmente la fréquentation des lieux par des personnes désireuses de se rapprocher du monde agricole et de la nature. Rappelons que la zone agricole selon la loi sur l’aménagement du territoire est multifonctionnelle et que ces enjeux sont à prendre en compte dans la pesée des intérêts, il est donc important de ne pas miter l’étendue des espaces encore disponibles.

Une procédure de modification de l’affectation du sol est certes coûteuse, mais les erreurs de planification sont difficiles à corriger, souvent irréversible et également très coûteuses. Pour le cas en question, le tir peut encore être corrigé.

Au vu des besoins accrus en sol et de la disparition des dernières zones de friches dans la Ville, un aménagement du territoire de qualité ne peut se permettre de sacrifier le dernier espace vert de la Ville de surcroit doté d’une valeur paysagère exceptionnelle. Rappelons pour finir que les paysages intacts influencent directement notre bien-être.

Marie-Thérèse Sangra