Ilias Panchard, Intervention communale, Sara Gnoni

Pour une meilleure protection de la jeunesse face à la fumée passive

Postulat
La fumée passive revient à respirer, sans le vouloir, les mêmes substances toxiques que celles inhalées, volontairement dans leur cas, par les fumeurs. Comme le montre le Monitorage suisse des addictions, la fumée du tabac est toujours mauvaise pour la santé, en particulier pour les enfants, quelque soit le niveau d’exposition. ¹ L’exposition à la fumée passive, est responsable de 1% de la mortalité au niveau mondial et 28%% de ces décès surviennent chez les enfants. ²

La fumée passive s’avère mauvaise pour la santé, aussi à l’extérieur. Des mesures des taux de particules fines prises devant et dans la gare de Bâle en sont l’illustration : entre 100 et 200 microgrammes par m3, soit beaucoup plus que les valeurs limites autorisées dans l’air extérieur.

Ces dernières années, des mesures de lutte contre le tabagisme ont été prises : interdiction de fumer dans les lieux publics, augmentations du prix du tabac, campagnes de sensibilisation, etc. Les interdictions de fumer restent, avec l’augmentation de prix, les mesures les plus effectives.

Cependant, toujours selon le Monitorage suisse des addictions de 2013, 6% de la population reste exposée à la fumée passive durant 7h ou plus par semaine et 35% pendant 1h ou plus par semaine. Les moins de 25 ans sont particulièrement touchés par le tabagisme passif.

Il y a en Suisse deux millions de fumeurs, et 57% d’entre eux ont commencé avant 18 ans. Beaucoup reste à faire pour dissuader les jeunes de commencer à fumer, en particulier concernant la publicité. D’ailleurs, une initiative pour interdire toute forme de publicité pour le tabac visant les enfants et les jeunes a été lancée par une large coalition réunissant la Fédération des médecins suisses (FMH), la Ligue suisse contre le cancer, des médecins de famille, pharmaciens et autres droguistes. ³

Comme l’estime Martin Röösli, chef d’unité à l’institut suisse de santé publique, « la Suisse est à la traîne ». Plusieurs pays et villes d’Europe ont pris des mesures face à la fumée : interdiction de fumer sur les places de jeux en France, dans les gares en Allemagne ou au Danemark, expérimentation de l’interdiction dans six parcs parisiens depuis l’été 2018. En comparaison des autres pays européens, la Suisse s’avère un mauvais élève en termes de mise en place de politiques de santé publiques, en particulier afin de protéger les jeunes et les enfants.

Cette situation illustre le besoin de prendre des mesures supplémentaires contre le tabagisme passif afin de diminuer son impact, en particulier sur les enfants et les jeunes. Les villes ont un rôle important à jouer en matière de santé publique. D’autant plus qu’une action volontariste représenterait un signal fort dans une ville où siège un géant mondial du tabac et pourrait initier des dynamiques dans d’autres villes.

Pour les raisons qui précèdent, ce postulat demande à la Municipalité d’étudier l’opportunité de créer des zones sans fumée dans les lieux publics extérieurs sensibles, par exemple ceux fréquentés par les enfants et les jeunes comme les places de jeu et les alentours des écoles.

Ilias Panchard
Sara Gnoni

¹ Le tabagisme passif en Suisse en 2013 / Analyse des données du Monitorage suisse des addictions : http://www.cipretvaud.ch/definition-et-dangerosite-de-la-fumee-passive/
² Oberg M, Jaakkola MS, Woodward A, Peruga A, Prüss-Ustün A. Worldwide burden of disease from exposure to second-hand smoke: a retrospective analysis of data from 192 countries.
³ Oui à la protection des enfants et des jeunes contre la publicité pour le tabac : www.enfantssanstabac.ch

Lausanne

Park(ing) Day 2018 à Lausanne : de la lecture à la place de la voiture

Au centre-ville, chaque mètre carré compte ! Affectons l’espace aux humains et à la vie plutôt qu’à des masses dormantes d’acier.

Dans le cadre de Park(ing) Day 2018, journée internationale de prise de conscience et d’action sur l’emprise du stationnement de véhicules individuels motorisé dans les espaces publics, les Verts lausannois, l’ATE-Vaud et actif-trafiC ont symboliquement reconquis une place de parking au cœur de Lausanne.

Pendant deux heures, une place de parc de la Place Centrale a hébergé une terrasse éphémère, une place de lecture et un bar improvisé. Tout en s’acquittant de l’émolument de stationnement.

Chaque place de parc représente 12 mètres carrés d’espace inutilement réservé à des voitures immobilisés. Ce sont donc des milliers de mètres carrés qui méritent une meilleure vie : des terrasses, des lieux d’échange, des places de jeu, des carrés d’herbe, des rues piétonnes, bref, de vrais espaces publics, accessibles au plus grand nombre. Ces places réaffectées cesseraient également d’attirer du trafic polluant et bruyant au cœur de la ville. Bénéfice : une circulation des transports publics et de la mobilité douce fluidifiée et donc une meilleure qualité de vie en ville pour toutes et tous.

L’action de ce jour a fait la démonstration de ce que devraient devenir ces espaces mangés par le stationnement, avec une politique active et volontariste que les associations participantes appellent de leurs vœux.


Benjamin Rudaz, co-président des Verts lausannois
Léonore Porchet, membre du comité national d’actif-trafiC

Intervention communale, Lausanne, Xavier Company

Lutter plus efficacement contre les pratiques abusives

Intervention

R70 – Postulat de Conscience Pierre et crts – Lutter plus efficacement contre les pratiques abusives : pour l’instauration d’un reçu à l’occasion de chaque interpellation de police

Le Groupe des Verts soutiendra majoritairement ce postulat pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, le sentiment de discrimination d’une partie de la population dont a fait état M. Conscience doit être entendu. En effet, il n’est pas anodin d’être contrôle par les forces de l’ordre  et chacun a le droit d’être informé de ses droits en cas d’interpellation et de contrôle. Il s’agit là de la défense des droits les plus élémentaires des justiciables et on peut s’étonner que le PLR s’y oppose. De plus, ce postulat pourrait permettre de limiter les interpellations inutiles ou disproportionnées, tel semble être le cas dans les villes qui utilisent ce procédé en tout cas. Finalement, un tel reçu permettrait un meilleur contrôle et suivi des interpellations.

Il ne s’agit dès lors pas d’une défiance envers le corps de police, bien au contraire, cet outil permettrait une amélioration du système de police et surtout une transparence de son action. C’est, pour le Groupe des Verts, une façon aussi de légitimer le travail de la police en la rendant transparente et en permettant ainsi à la Municipalité de mettre en avant ses pratiques.

Par contre, il est sûr que nos craintes pour une surcharge du corps de police sont importantes, mais nous sommes sûrs que la Municipalité, en cas d’acceptation de ce postulat, saura mettre en place un système efficace permettant de ménager les forces policières tout en garantissant la transparence nécessaire à son travail et une défense adéquate des droits des personnes contrôlées.

Dès lors, afin de pouvoir notamment examiner ce qu’il se fait dans d’autres villes suisses et européennes, et compte tenu de la prise de position nuancée de M. Conscience ce soir visant à donner une large marge de manœuvre à la Municipalité pour la mise en place de son postulat, notre groupe le renverra majoritairement à la Municipalité, avec quelques abstentions.

Xavier Company

Intervention communale, Lausanne, Sophie Michaud Gigon

Pour des rues vivantes

Intervention

Préavis N° 2018/11 : « Rues vivantes » Aménagements urbains, valorisation des espaces publics et modération du trafic – Demande de crédits de réalisation

Comme le rappelait le Syndic dernièrement, on dit parfois des Verts qu’ils ne sont ni de gauche ni de droite mais devant. C’est le cas pour la requalification de l’espace public qui est l’objet de ce préavis. Nos nombreux postulats et interventions faites dans ce Conseil depuis 10 ans attestent parfaitement de notre engagement et cela en continu.

Mais nous préférons ne pas rester tout seuls devant et sommes donc ravis d’être rejoints sur cette thématique par un préavis de la Municipalité. Nous sommes donc fortement favorables à ce préavis et remercions la Municipale en charge de l’avoir concrétisé.

Dans les quartiers de Lausanne, ces mesures bien concrètes permises par le crédit validé, se verront. Comme par ex les zones de rencontres, chères à notre collègue Beaud.

Elles sont l’outil le plus adapté pour permettre le partage de l’espace public entre les différents usagers, pour que les routes deviennent rues et ne soient plus seulement des espaces de circulation mais deviennent de véritables lieux de vie, sécurisés et que les habitants puissent s’approprier.

Il n’y a pas de clivage gauche-droite à avoir sur le bien vivre ensemble ; des enfants aux seniors, en passant par les actifs de notre ville, nous sommes tous gagnants à avoir des bancs, des cheminements sécurisés pour aller à l’école, un centre-ville aux commerces vivants et dynamiques, une rampe ici ou là, des petites choses que la population appelle de ses vœux dans tous les quartiers de la ville et qui ne doivent pas tous passer devant notre Conseil. Vraiment pas. Ces petits aménagements font office de déclencheur et les habitants deviennent acteurs de leur ville et s’y engage ensemble.

Les grandes villes suisses ont élaboré une stratégie et Lausanne emboîte le pas avec ce préavis concret, que les Verts vous invitent à plébisciter.

Sophie Michaud Gigon

Lausanne

Stade de la Tuilière : Un stade pour tous, ou tout pour INEOS ?

Communiqué de presse des Verts lausannois du 18 juin 2018

Les Verts lausannois ont pris connaissance de l’avancée des tractations entre la Ville de Lausanne et Le FC Lausanne-Sport, respectivement INEOS, concernant le stade de la Tuilière. Si l’on peut espérer que la Ville a pris les précautions nécessaires pour se préserver financièrement en cas de départ d’INEOS de la tête du Lausanne-Sport, comme le Municipalité l’avait annoncé au Conseil communal, les Verts lausannois regrettent l’accaparation du stade par INEOS qui est en train de s’opérer, en dépit des processus démocratiques antérieurs, et l’opacité qui entoure ces transactions. De plus, les Verts craignent que l’image négative d’INEOS ne ternisse celle de la Ville, si celle-ci y est trop liée, et n’enterre définitivement toute volonté de naming du stade de la part d’un acteur local responsable.

Une des craintes des Verts lausannois, formulée dans les différentes interpellations déposées sur cet objet depuis le mois de novembre 2017, était de savoir si par la création d’une société ad hoc, INEOS Football SA, INEOS fragilisait ses investissements au sein du Lausanne-Sport et faisait peser encore plus de risques financiers sur la Ville de Lausanne. Des assurances avaient été données par la Municipalité de Lausanne lors de son intervention au Conseil communal, mais rien ne ressort malheureusement du communiqué de presse de ce jour.

Les Verts lausannois restent dans tous les cas très critiques quant à l’opacité qui entoure ces transactions et le déni démocratique qui accompagne les modifications imposées par INEOS au stade de la Tuilière. Les deux interpellations ordinaires déposées par le groupe n’ont pas reçu de réponse de la Municipalité après respectivement trois et quatre mois et il a fallu déposer une nouvelle interpellation urgente pour que la Municipalité daigne répondre, par oral. Aucun écrit n’a cependant été rendu, en dépit des requêtes réitérées dans ce sens. Pas plus qu’un nouveau vote n’a été proposé au Conseil communal, compte tenu des modifications apportées au projet accepté par le préavis N° 2016/68 et des 76 millions de francs investis par la Ville dans le stade.

Ce stade, sensé appartenir aux Lausannois-es (qui le financent à hauteur de 76 millions de francs) est en train d’être accaparé par le géant de la pétrochimie mondiale, à des fins commerciales et non populaires, comme il le devrait. En effet, les modifications de luxe imposées par INEOS, tendant notamment à un terrain hybride plutôt que synthétique et à la pose de quatre écrans géants, rendent plus compliquée et plus coûteuse l’utilisation du stade par le Lausanne-Sport ou par d’autres entités. INEOS est une compagnie basée à Rolle majoritairement active dans les marchés de la pétrochimie, du pétrole et de l’automobile et a un bilan catastrophique en matière de durabilité. L’association de la Ville à cette entreprise est non seulement regrettable, compte tenu de son image mondiale et des scandales qui l’éclaboussent, mais elle risque également de faire fuir de potentielles collaborations locales responsables, notamment pour le naming du stade. La Ville donne ainsi l’impression que l’intérêt public est mis de côté en faveur des intérêts financiers d’INEOS ou du Lausanne-Sport, et les Verts lausannois le regrettent amèrement.

Xavier Company, co-président des Verts lausannois

Sophie Michaud Gigon, conseillère communale

Alice Genoud, Intervention communale

Lausanne, pionnière en agriculture urbaine

Intervention sur le R105 – Politique d’agriculture urbaine

Madame la Présidente, Chères et chers collègues,

C’est avec grand plaisir que les Verts ont pu se pencher ce rapport-préavis qui définit, pour la suite de la législature et au delà, les jalons pour une politique d’agriculture urbaine efficace et prenant en compte autant les besoins des agriculteurs que ceux des « consommateurs ». Les Verts sont extrêmement actifs sur cette thématique, en témoigne les trois préavis (sur quatre) auxquels la municipalité répond sont issus de nos rangs. Comme mentionné dans le préavis, l’agriculture urbaine est « Multifonctionnelle, l’agriculture urbaine contribue à la production de denrées alimentaires, au paysage, à la biodiversité, au maintien des ressources », elle est aussi à un facteur de cohésion sociale et de sensibilisation à l’environnement important et c’est ces nombreux bénéfices que les Verts cherchent à mettre en avant depuis de nombreuses années.

Les Verts ne peuvent que saluer une vrai politique d’envergure, pionnière au niveau d’une Ville, qui permettra de consolider la place de choix qu’à déjà Lausanne sur ces questions. Ce rapport-préavis démontre en effet la richesse des acteurs présents sur ces questions à Lausanne, que ce soit bien sûr les agriculteurs et les difféerents services administratifs, mais aussi les nombreuses actives sur le sujet, les professeurs et étudiants de l’UNIL, les vignobles, les écoles de la Ville et j’en passe. Il est important pour tous ces acteurs, de pouvoir bénéficier d’une politique claire et sur la durée, ce à quoi ce rapport-préavis répond.

Ce cadre permettra de consolider mais aussi d’innover, dans un domaine où on sent un engouement important de la population, au vu du nombre de demande et d’associations créées autours de l’agriculture urbaine et de la nature en Ville.

Ce rapport-préavis est néanmoins pour une part non négligeable un rapport d’intention et les Verts resteront attentifs à ce qu’ils puissent être concrétisés rapidement et de façon pérenne, notamment quand des crédits seront nécessaires à sa réalisation.

Les Verts ne peuvent que vous inviter à accepter ce rapport-préavis et à continuer à défendre Lausanne comme ville pionnière dans ce domaine.

Alice Genoud

Lausanne

Politique contre le deal de rue à Lausanne : un premier virage, mais encore beaucoup de chemin

Communiqué de presse

Les Verts lausannois prennent note des propositions de la Municipalité de Lausanne pour réduire les aspects visibles du marché de la drogue à Lausanne, et saluent le virage pris vers la dissuasion du deal, plutôt que sa répression pénale à tout prix. La présence visible des forces de police dans la rue va en effet permettre de réduire le sentiment d’insécurité. Toutefois, l’aspect localisé et limité des mesures annoncées rappelle les tactiques choisies par le passé par d’autres municipaux successifs, de plusieurs couleurs politiques. Celles-ci n’ont jamais eu d’effet durable sur la distribution de drogues par des réseaux criminels, tout en déplaçant le deal dans d’autres quartiers. En maintenant le marché dans l’illégalité, la lutte contre le deal soustrait aux politiques publiques des moyens de prévention, tout en participant à stigmatiser uniquement la partie visible du problème: le deal. Les Verts appellent la Municipalité à construire une approche sur le long terme, qui tienne compte des avancées de la recherche en criminologie, en addictologie, et en politiques de santé publique.

Il faut tout d’abord saluer la volonté de la Municipalité de privilégier la présence policière afin de diminuer le sentiment d’insécurité et dissuader les transactions de stupéfiants. La mission d’occuper le terrain, plutôt que de chercher des arrestations et des interpellations, est une allocation bien plus efficace des ressources. Toutefois, ces mesures prises sous la pression populaire, annonçant des décisions “décisives”, “fortes” ou “proactives” semblent rappeler celles prises précédemment par d’autres Municipaux lausannois. Les actions coup de poing et les présences accrues mais forcément temporaires de la police dans la rue plaisent, en tout cas dans les quartiers concernés. Ensuite, dès que l’action s’essouffle, et que les autres missions de la police réclament des forces, tout retombe dans la routine. Les Verts lausannois sont d’autant plus conscients de ce constat d’échec que cette stratégie a autrefois été promue par un Syndic vert, avant de l’être par un Municipal popiste, puis socialiste, et désormais par un Municipal PLR. Il est donc temps d’apprendre des erreurs du passé pour éviter de les reproduire.

De plus, il est reconnu par les différentes études en la matière, qu’en s’attaquant au deal qui a lieu au centre-ville, on ne fait que repousser les problèmes dans les quartiers plus éloignés, ne permettant plus aucun contrôle sur le trafic ou la consommation, et dès lors péjorant les possibilités de prévention. Ces actions coup de poing laissent toutefois penser, à tort, que le problème a disparu dans les quartiers concernés, en stigmatisant les personnes du bas de l’échelle criminelle comme uniques responsables.

Augmenter la présence policière en rue est une première solution à saluer, en particulier autour d’endroits spécifiques comme les alentours des écoles, mais elle doit être accompagnée d’une augmentation du corps de police pour rendre cette mesure pérenne. En parallèle, une collaboration active doit être encouragée avec la police cantonale, qui mène les enquêtes de grande ampleur pour nuire aux réseaux derrière le trafic.

Les Verts préconisent ensuite d’agir sur les causes du problème, plutôt que sur les symptômes, en ayant la maturité d’appliquer des solutions ayant montré leurs preuves dans d’autres villes ou d’autres pays.  En effet, sur le long terme, la solution de la dépénalisation, réglementation et contrôle du marché de la drogue, doit être portée à l’ordre du jour, afin de permettre un meilleur suivi des personnes et une lutte réelle contre la dépendance.

Benjamin Rudaz, co-président des Verts lausannois, conseiller communal
Xavier Company, co-président des Verts lausannois, conseiller communal
Vincent Rossi, conseiller communal
Sophie Michaud Gigon, conseillère communale

 

Intervention communale, Xavier Company

Lutte contre le harcèlement de rue : une problématique masculine

Rapport-Préavis N° 2017/59 – Lutte contre le harcèlement de rue: bilan et perspectives – Réponse aux postulats et résolution de Mme Léonore Porchet
Intervention

Au début des discussions sur le sujet, je ne me sentais pas vraiment légitimé à parler de la problématique du harcèlement de rue. Instinctivement, je me disais, comme beaucoup de gens à mon avis et comme on le voit avec les interventions ce soir, qu’il s’agissait d’un sujet sur lequel je ne pouvais pas intervenir, ne sachant pas ce que c’est que de risquer d’être harcelé simplement parce qu’on sort de chez soi, que l’on marche dans la rue, ou que l’on prend le train.

Mais petit à petit, je me suis rendu compte de mon erreur. De ma grossière erreur. C’est une problématique masculine, et exclusivement masculine. Le 100% des harceleurs de rue, ou presque, sont des hommes, les victimes sont majoritairement féminines (mais non exclusivement, il y a aussi de nombreux cas de harcèlement de rue à l’encontre des personnes LGBT par exemple). C’est cette prise de conscience, que j’ai dû avoir moi, qui me semble le premier point à soulever dans ce rapport préavis, et des réactions qu’il a suscité. La prise de conscience est indispensable et pourtant, elle peine à se faire, il n’y a qu’à lire le postulat qu’avait déposé notre collègue Voiblet, pour lire l’année dernière encore, qu’il s’agissait d’un phénomène nouveau ! Mais je suis fier de faire partie du Conseil de la première ville en Suisse qui empoigne sérieusement ce problème de société. Je suis fier de faire partie du parti politique qui a amené ce sujet au premier plan politique, qui l’a sorti des tabous, pour que maintenant, il se retrouve dans un préavis fort que notre Municipalité veut traiter en urgence. Et je suis fier aussi que la presque totalité des partis de notre Conseil veuille s’arroger les crédits de cette prise de conscience, à l’instar de M. Carrel félicitant, par un tweet, M. Hildebrand pour le très bon clip de Yann Marguet. Merci, Messieurs, j’ai envie de dire. Merci d’être fiers de ce qui est fait pour lutter contre ce fléau et de nous rejoindre dans cette lutte, pour que le silence cesse.

Parce que c’est celui-ci le premier problème, le silence. Le silence des hommes, ou pire, l’acceptation, voire l’encouragement. Car assister à des scènes des harcèlement de rue en ne disant rien, ou en ricanant, voire en commentant, c’est cautionner ces agissements. Et pour ça aussi, le rapport préavis qui nous est présenté ce soir est satisfaisant, car il sort ce tabou du silence, le met sur la place publique. Mais comme l’a dit ma collègue Sara Gnoni, il ne suffit pas d’un bon post vidéo, c’est une campagne que l’on devra gagner sur le long terme et nous serons attentifs à ce que la Municipalité, celle-ci et les suivantes, le fasse.

Finalement, je rejoins aussi ma collègue sur son constat du fait que la réponse trop sécuritaire n’est pas idéal, et nous avions insisté, dans nos postulats, sur l’aspect de prévention et de sensibilisation, pour deux raisons :

–      une partie de ces actes, comme les sifflements, les interpellations dans la rue, etc. ne sont pas pénalement répréhensible, alors quelle réponse sécuritaire dans ce cas ? A part celle que peuvent faire (et que font) les correspondants de nuits au cas par cas, je ne vois pas.

–      le problème est inscrit dans notre société patriarcale, ce n’est pas uniquement par l’intervention sur des cas isolés qu’on va le résoudre. Ca fait évidemment partie des réponses qu’on doit apporter, mais ça ne doit pas être la majorité des réponses, car on ne règlera pas le problème comme cela.

En résumé, je crois qu’on peut applaudir le travail de la Municipalité, qui a eu le cran de présenter un programme clair, une prise de position déterminée et des actions pragmatiques. C’est un premier pas, qui, nous l’espérons, permettra à la société d’ouvrir réellement les yeux. Mais les Verts comptent sur la Municipalité pour aller plus loin, pour maintenir la pression sur la distance et continuer de chercher des nouvelles pistes pour combattre ce fléau qui ne va pas disparaître du jour au lendemain, mais que l’on doit réduire chaque jour, en tant qu’individus comme en temps qu’institution. Nous resterons attentifs à l’application de ces mesures et à leur évolution, notamment en ce qui concerne le formulaire, mais nous vous encourageons naturellement à accepter « par acclamation » ce rapport-préavis.

Xavier Company

Postulat Pour une application mobile contre le harcèlement de rue à Lausanne

Postulat Pour une lutte contre le harcèlement de rue fondée sur l’éducation

Résolution Hey mad’moiselle… Il se passe quoi avec le harcèlement de rue à Lausanne ?

Intervention communale, Sara Gnoni

Lutte contre le harcèlement de rue : une action sur le long terme

Rapport-Préavis N° 2017/59 – Lutte contre le harcèlement de rue: bilan et perspectives – Réponse aux postulats et résolution de Mme Léonore Porchet

Intervention

Nous discutons ce soir d’un préavis qui découle d’un processus de deux ans et qui est le début d’un travail de longue haleine contre le harcèlement de rue, dans laquelle notre Ville se veut pionnière.

Il répond globalement de manière satisfaisante à deux postulats, une résolution et une interpellation des Verts.

Nous pouvons aussi saluer la posture de la municipalité et en particulier du municipal en charge de ce dossier, de son discours féministe et qui a traité le sujet avec tout le sérieux qu’il mérite.

A titre personnel, je suis fière de pouvoir espérer que ma fille pourra un jour se promener à Lausanne dans tous les espaces publics, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, dans n’importe quelle tenue sans avoir peur, sans devoir changer son comportement, son habillement ou son trajet, sans être importunée.

Le harcèlement de rue peut se manifester par des sifflements, des insultes, des attouchements, recevoir des propositions qu’il serait inconvenant de répéter dans ce plénum, être suivie et peuvent aller jusqu’à une agression.

La conséquence de ces comportements inacceptables est un sentiment d’insécurité et un problème d’accès des femmes à l’espace public, un problème de liberté individuelle.

Pour prendre l’ampleur du phénomène, notre Municipalité avait demandé en 2016, une étude et nous pouvons par ailleurs remercier Monsieur le Syndic, à l’époque en charge de la sécurité, de l’avoir fait et d’avoir donc réagi au-delà de la réponse à l’interpellation de Madame Léonore Porchet.

63% des femmes interrogées dans le cadre de cette étude et plus de 72% des femmes âgées de 16 à 25 ans, ont répondu avoir été confrontées à au moins un épisode de harcèlement de rue à Lausanne au cours des 12 derniers mois.

La moitié de ces personnes ont été harcelées au moins une fois par mois.

De plus, 63% des victimes ont dit avoir été insultées et 32% ont dit avoir subi des attouchements.

Les Lausanoises vivent donc constamment avec le risque d’être victimes d’actes qui sont pénalement répréhensibles.

Ces chiffres nous donnent une idée le l’omniprésence de ce phénomène et les résultats sont similaires à ce qu’il se passe dans toutes les villes, partout dans le monde.

Ce problème de harcèlement a comme conséquence que les femmes renoncent à occuper l’espace public.

Alors qu’elles représentent la moitié de la population, leur fréquentation dans les rues piétonnes baisse de 50% la nuit par exemple.

On se rend ainsi compte que la Ville devient un lieu fait et pensé par les hommes et destiné à être occupé par ceux-ci, comme justement les rues, les espaces sportifs ou les bars.

Certains comportements mentionnés ne sont pas pénalement répréhensibles et par conséquent ce préavis reflète, à juste titre les mesures qui sont de la compétence de la Ville.

Dès lors nous devons continuer de solliciter également nos autorités cantonales et fédérales, comme le font Mme Léonore Porchet et Mr Mathias Reynard, pour que ce thème soit traité à tous les échelons à l’exemple de ce qui se fait à Lausanne.

Nous relevons au passage la mauvaise réponse du CF à ce sujet qui remet toute la responsabilité sur les Villes, comme si le problème du harcèlement de rue n’était qu’un problème urbain. On peut en revanche souligner que Lausanne y est citée comme exemple que devraient suivre les autres villes.

Ce préavis a en effet une très bonne posture, il est très détaillé et présente beaucoup d’actions différentes, complémentaires et qui seront déployées à court, moyen et long terme.

Il propose 3 axes:

  • la préservation du domaine public
  • le renforcement des parties prenantes
  • la prévention.

Vous avez tous vu, il y a quelques semaines la première mesure qui était la vidéo de qui est très bien faite et joue avec l’humour.

Néanmoins, comme toutes les mesures de préventions, celles-ci ne font une différence que si elles sont répétées fréquemment et sur le long terme. Cette action sera donc à réitérer dans le futur.

Pour citer Monsieur Hildbrand, ce phénomène vient après plusieurs milliers d’années de patriarcat donc encore une fois, c’est un travail de longue haleine.

Bien que le préavis ait une bonne posture, nous regrettons toutefois qu’il soit très centré sur la thématique de la sécurité et la majorité des réponses sont policières.

Nous aimerions vraiment souligner que le sentiment d’insécurité est une conséquence de ces expressions de sexisme mais en soi, il ne se résout pas comme certains l’ont suggéré, à coups de sifflets, de caméras de surveillance  ou de présence policière accrue.

Nous souhaitons avant tout éviter que la problématique du harcèlement devienne, comme cela a déjà été le cas ailleurs, une question uniquement sécuritaire.

En sur-sécurisant on oublie que cela est, en fait, une question des droits des femmes et plus spécifiquement de leur droit à occuper l’espace public.

De plus, la police n’a pas le rôle de remettre en cause les rapports de genres qui sont sous-jacents à notre société.

En confiant la lutte contre le harcèlement de rue presque exclusivement à la police, nous ne sommes pas à l’abri que les milieux xénophobes en profitent pour pointer du doigt comme les seuls auteurs de violences sexistes une certaine catégorie de la population qui se trouve être dans la rue.

Il est dès lors primordial de garder à l’esprit que les auteurs de violences sexistes n’ont pas de couleur,  de culture, de métier, d’habillement ou de langage spécifique.

En effet nous parlons de harcèlement de rue mais dans les faits nous devrions parler de sexisme dans les espaces publics ET nous pourrions remplacer rue par bars, par vestiaires sportifs, par université, par bureau et même par conseil communal.

Concernant cet aspect sécuritaire nous resterons attentifs au risque de sur-sécurisation au détriment de la prévention. Nous aurions pu espérer une équipe de sensibilisation plus diverse avec des spécialistes de lutte contre le patriarcat et cette équipe pourrait avoir un champ d’action plus large, sur demande de clubs sportifs, des associations de quartier,  des écoles professionnelles, etc

A l’image de ce qui se fait avec le label nuit la lutte contre le harcèlement est l’affaire de tous.

Concernant maintenant la création d’un formulaire permettant de signaler des cas ne relevant pas du droit pénal, celui-ci est positif, même s’il reste bien plus limité que la demande du postulat.

Une application en ligne, loin d’être un gadget, serait un outil de réponses à celles et ceux qui actuellement ne peuvent que subir.

Les cibles et témoins du harcèlement ont besoin de pouvoir dénoncer les actes auxquelles ils sont confrontés, mais aussi de récupérer du contrôle, de recevoir une validation et de l’information. Un formulaire ne répond qu’improprement à ces objectifs, car il lui manque la facilité d’usage, l’instantané et l’interaction. De plus, des barrières à son efficacité existent, notamment l’accès, mais aussi les risques de fiabilité des données récoltées.

L’application aurait pu contenir également un module pour appeler directement la police.

Les Verts seront très attentifs à la qualité du formulaire et à son accessibilité, ainsi qu’aux informations qui lui seront jointes.

Pour conclure sur le préavis, le Groupe des Verts remercie la municipalité pour sa réponse, qui est de manière générale très bonne, et nous allons donc l’accepter à l’unanimité.

Nous vous invitons, chèrEs collègues, à en faire de même.

Je souhaiterais encore prendre un moment pour répondre aux craintes de certains et certaines qui peut-être n’oseront les soulever.

Cette lutte pour l’égalité des femmes et pour leur présence dans les espaces publics n’est pas une lutte des femmes contre les hommes. Elle n’est pas une lutte des femmes contre les hommes.

Les hommes aussi sont victimes d’une poignée d’hommes qui ont un comportement inadéquat et qui entachent les bonnes manières des autres.

Après le déferlement de témoignages relatifs au hashtag #metoo ou #balancetonporc, beaucoup d’hommes et de femmes également, qui n’avaient certainement pas lus les témoignages, ont émis leurs craintes quant au fait que l’on ne puisse plus draguer.

Il ne s’agit pas du tout de cela, la drague et le harcèlement sont deux choses complètement différentes et il est très facile de les distinguer.

L’un est un acte courageux, l’autre est un acte lâche et vil.

L’un demande à mettre de côté son ego et d’accepter un refus si la personne n’est pas disposée à entrer dans le jeu de la séduction.

L’autre profite d’une situation de pouvoir pour rabaisser et asservir sa cible.

L’un tient compte du consentement, l’autre pas.

Le consentement est donc la clef.

Rappelons donc que le consentement n’est jamais donné sur la durée et pour n’importe quel acte: je peux donner mon consentement pour boire un verre mais ça ne veut pas dire que je consent à autre chose.

C’est donc cette lutte là qu’ ENSEMBLE nous devons mener, une lutte contre la lâcheté des violences sexistes et contre ces personnes peu courageuses et non pas une lutte contre les hommes ou contre la séduction et là nous avons TOUS une responsabilité.

Nous sommes TOUS responsables en tant que témoins d’actes sexistes d’agir pour qu’ils ne se produisent plus.

Ce n’est pas parce que nous ne sommes pas individuellement auteurs de violences sexistes que nous ne devons pas questionner tous les comportement et les rapports hommes-femmes qui y sont sous-jacents.

Depuis le dépôt des postulats et interpellation de Madame Léonore Porchet  sur le harcèlement de rue en 2016, beaucoup de choses ont changé: il y a eu l’affaire Weinstein, le mouvement #metoo et #balancetonporc.

Il faut donc continuer cette bataille jusqu’à ce qu’il ne soit plus un sujet et ce que nous n’ayons plus à en parler.

Et c’est ce que nous souhaitons de tout coeur pour toutes les femmes de Lausanne et ailleurs.

Merci pour votre attention

Sara Gnoni

Postulat Pour une application mobile contre le harcèlement de rue à Lausanne

Postulat Pour une lutte contre le harcèlement de rue fondée sur l’éducation

Résolution Hey mad’moiselle… Il se passe quoi avec le harcèlement de rue à Lausanne ?

Intervention communale, Sophie Michaud Gigon

Aménagement de l’avenue du Grey

Question écrite

L’aménagement de l’avenue du Grey fait l’objet de discussions depuis des années au sein de notre Conseil et avec l’administration communale lors du développement de projets dans le Nord-Ouest lausannois (Plaine-du-Loup, Bergières). Durant plusieurs années, autant les habitants que les associations et les politiques soulignaient l’importance de prévoir un aménagement plus adapté et humain de cette artère sectionnant le quartier en deux. La Municipalité a même reçu des propositions concrètes pour le quartier.

Les Verts ont rappelé la nécessité de faire rimer l’évolution du quartier des Bergières avec le réaménagement de cette pénétrante urbaine et donc de prévoir le financement public idoine puisqu’il s’agit d’un espace public aux mains de la Ville.

Jusqu’à maintenant, le plan des investissements intégrait ces travaux pour 2021. La Municipalité a d’ailleurs répondu en détails à l’interpellation déposée par les Verts sur le réaménagement de l’avenue du Grey : « En ce qui concerne l’aménagement de l’avenue du Grey et de ses abords, des réflexions sont en cours afin d’assurer la bonne coordination entre le projet immobilier précité et le projet de réaménagement des espaces ouverts. Tenant compte de la situation financière de la Ville, la Municipalité prévoit, à l’heure actuelle, de réaménager l’avenue du Grey en 2021. Elle a inscrit cet objet au plan des investissements. » (21 avril 2016)

Aujourd’hui, le plan des investissements 2018-2021 ne fait cependant plus mention de ces travaux.

Qu’en est-il et quel est le budget qui assurera ces travaux? Faut-il compter avec des retards et un atermoiement de ces travaux pourtant longtemps attendus ?

Sophie Michaud Gigon