Intervention communale, Karine Roch

Evacuation des eaux du bassin versant Le Grey

Préavis 2020/02 Amélioration de l’évacuation des eaux du bassin versant Le Grey – Adaptation du puits de chute existant (Vignes d’Argent)

Intervention

L’imperméabilisation des sols s’est développée de manière importante sur le bassin versant du Grey  désormais quasiment entièrement bâti. Tout ce secteur est en collecte unitaire, les eaux de ruissellement sont recueillies dans les réseaux pour être traitées par la STEP. Il est peu probable que le phénomène de l’imperméabilisation puisse être inversé, même en envisageant l’hypothèse téméraire de rendre perméable le parking routier du Vélodrome.

La capacité des ouvrages de collecte actuels situés aux Vignes d’argent est atteinte lors de fortes pluies, provoquant des dégâts en surface par ruissellement et des inondations. Les eaux polluées de ce secteur mis en réseau unitaire se déversent alors directement en surface jusqu’au lac. Après une première étude pour adapter l’existant, le services des eaux a opté pour la solution de construire un puit supplémentaire et de maintenir celui existant.

M. le Municipal nous a assuré que  les arbres fruitiers du petit verger participatif seraient transplantés avant les travaux afin de pouvoir les sauver dans la mesure du possible.

Les Verts soutiendront ce préavis et vous encouragent à faire de même.

Karine Roch

Intervention communale, Xavier Company

Changer la ville pour préserver le Climat : projet pilote de captation de CO2 à l’usine TRIDEL

Intervention

Si nous voulons gagner (ou perdre moins vite) la lutte contre le réchauffement climatique, nous devons réunir toutes les bonnes idées et celle-ci en fait partie, nous la soutiendrons donc.

Par contre, cela ne doit pas éclipser l’objectif premier de la Ville en vue d’atteindre la neutralité carbone : la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Notre énergies, nos moyens financiers doivent en priorité et en urgence être placés sur cet objectif, notamment dans l’isolation des bâtiment, dans la mobilité avec la réduction drastique des transports individuels motorisés et dans l’agriculture.

La captation ne doit venir qu’en deuxième temps, si la production de CO2 ne peut pas être évitée. Dans ce cadre-là il est évidemment important d’étudier toutes les technologies à disposition, avec la limite de ne pas aller se débarrasser de notre CO2 à l’étranger, comme on ne veut pas le compenser non plus ailleurs. C’est à nous d’assumer nos externalités.
Dans tous les cas, les questions posées par le postulant sont intéressantes et méritent d’être étudiées, à mon avis même au-delà de Tridel, pour toutes les sources de production de CO2 de la Commune et nous soutiendrons donc le renvoi de ce postulat à la Municipalité.

Xavier Company

Lausanne

Mise à l’enquête du Tribunal cantonal à l’Hermitage

Sous couvert de démarche participative, la Direction générale des immeubles et du patrimoine (DGIP) du canton de Vaud met à l’enquête sans modification son projet pour le Tribunal cantonal à l’Hermitage

Communiqué de presse

Les gabarits de l’extension du Tribunal cantonal

La Direction générale des immeubles et du patrimoine du Canton de Vaud (ci-après DGIP) vient d’annoncer la mise à l’enquête du projet d’agrandissement du Tribunal cantonal, se vantant d’une démarche participative « avec les autorités politiques et les représentants du patrimoine et de l’environnement ». Toutefois, les Vert-e-s lausannois·es sont surpris·es de cette annonce qui ne fait aucune mention des revendications formulées lors des discussions intervenues avec la DGIP. La volonté des Vert-e-s lausannois·es était de préserver le site de l’Hermitage et de proposer des solutions concrètes pour améliorer l’intégration du bâtiment dans le paysage et limiter son impact environnemental, tout en assurant la réunion de toutes les cours du Tribunal cantonal sur un même site. Force est de constater que la DGIP a continué dans sa démarche unilatérale en fonçant tête baissée dans le projet prévu, sans prendre en compte les revendications environnementales et paysagères.

Les Vert·e·s lausannois·es comprennent et soutiennent la volonté d’unir les différentes Cours du Tribunal cantonal en un seul espace, permettant ainsi une meilleure collaboration interne et un meilleur échange de compétences et de connaissances, ainsi qu’une rationalisation des ressources. Il est indispensable que cette unification se fasse enfin, alors qu’elle est réclamée par les magistrats depuis de nombreuses années. Toutefois, ce projet ne doit pas porter atteinte à la campagne de l’Hermitage ou à son paysage, parmi les plus chers aux Lausannoises et Lausannois. Les Vert·e·s lausannois·es avaient déjà exprimé cette volonté il y a près d’une année lorsque le projet lauréat du concours d’architecture avait été présenté, sans résultats à ce jour.

La campagne de l’Hermitage fait partie des parcs les plus appréciés de la Ville (et peut-être même du Canton), auquel tou·te·s les habitant·e·s sont attaché·e·s non seulement pour son espace de détente, de loisir, son écrin de verdure, mais aussi (et surtout) pour son dégagement sur le paysage alentour, sans comparaison avec d’autres lieux de la Ville. Or, le projet retenu par le Conseil d’Etat vaudois pour l’extension du Tribunal cantonal, soit un bâtiment de deux étages plus haut que le bâtiment existant, et s’avançant au sud-est sur l’angle de la parcelle, va obstruer une part importante de ce dégagement et de la campagne, pourtant retenus à l’inventaire fédéral des sites construits d’importance nationale à protéger en Suisse (ISOS) et dans le recensement des parcs et jardins historiques de la Suisse (ICOMOS). Le concours s’est dans un premier temps développé sans consultation de la Ville ou des riverains, ce qui est déjà en soi regrettable. Mais ilsemble en avoir été de même pour la suite de la procédure, au vu du projet présenté hier par la DGIP, qui n’a pas évolué depuis la présentation de juillet 2019.

En effet, si des rencontres ont bien été réalisées, elles ne semblent pas avoir abouti à la moindre évolution par rapport au projet présenté en juillet 2019. Suite à la seconde rencontre avec les autorités cantonales, les Vert·e·s lausannois·es avaient transmis leur étonnement à la DGIP de ne pas avoir vu d’évolution significative du projet. En plus de revenir sur la problématique liée au choix du site de l’Hermitage, les Vert-e-s lausannois·es avaient proposé des solutions pragmatiques pour réduire l’impact du bâtiment. Entraient dans les possibilités celles d’ajouter un étage à l’avant du bâtiment existant (comme le Canton l’a fait à la Riponne) pour diminuer la nouvelle « tour » d’un ou deux étages, la végétalisation des toitures et façades du bâtiment existant, ou la couverture totale de sa toiture par des panneaux solaires. Finalement, il était demandé d’améliorer la desserte en transports publics et pour la mobilité douce au vu de l’augmentation du personnel et des utilisateurs à venir. L’ensemble de ces demandes semblent avoir été ignorées quand bien même la DGIP se targue d’« échanges avec les autorités politiques et les représentants du patrimoine et de l’environnement ».

Cela aboutit à un projet qui ne s’intègre pas dans le paysage et dans l’un des espaces verts et de dégagement les plus importants de la Ville. Nous ne pouvons que regretter cette attitude non collaborative et non participative de la DGIP qui a conduit à un projet qui sera probablement fortement combattu par les voisins et acteurs locaux. Des recours et donc des retards sont à prévoir, ce que l’on aurait pu anticiper et éviter en menant une consultation sérieuse et adéquate avec la Ville et ses habitantes et habitants. Les Vert·e·s lausannois·es déposeront dans tous les cas une opposition pour faire valoir leurs arguments connus depuis longtemps de la DGIP afin de préserver ce site recensé à l’inventaire ISOS et ICOMOS.

Keko Razzano, Lausanne

1er mai : Notre santé avant leurs profits

Contrairement à notre habitude, ce 1er Mai, nous ne pourrons pas manifester dans la rue. Qu’à cela ne tienne: nos revendications demeurent et c’est aux balcons et aux fenêtres que nous vous invitons à nous rejoindre, pour donner de la voix ensemble, à 18h00!

Il est désormais temps de repenser nos modes de vie et notre lien avec l’environnement. Tant de pistes sont à explorer. Les Vert·e·s, à tous les échelons (communal, cantonal et fédéral), sont déterminé·e·s à défendre ces projets: télétravail, circuit court, économie verte, revalorisation du care, égalité professionnelle réelle.

Le discours de Keko Razzano, membre du comité, à cette occasion:

Intervention communale, Lausanne, Valéry Beaud

Blécherette: valorisation écologique

Pour une valorisation écologique d’une partie des surfaces comprises dans le périmètre de l’aéroport de la Blécherette

Postulat

Le 11 février 2020, l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) et l’Office fédéral de l’aviation civile (OFAC) ont présenté conjointement une nouvelle aide à l’exécution intitulée « Biodiversité et compensation écologique sur les aérodromes », qui expose les potentialités de maintien et de promotion de la biodiversité ainsi que de revalorisation écologique des surfaces des aérodromes non directement utilisées pour l’activité aéronautique.

Ce rapport décrit notamment que « des analyses scientifiques démontrent que la surface minimale d’habitats proches de l’état naturel à l’intérieur des terres agricoles devrait atteindre 12 % de la surface totale exploitée afin d’empêcher la disparition et la perte de diversité des espèces animales et végétales. La proportion de 12 % convient également aux aérodromes pour définir la part de la compensation écologique sur la surface totale, idéalement le périmètre Plan sectoriel de l’infrastructure aéronautique (PSIA) ». Les milieux naturels de qualité à promouvoir peuvent par exemple être des prairies extensives, des haies, des surfaces rudérales de longue durée et tas d’épierrage, des fossés humides, mares et étangs, etc.

Dans le chapitre sur les outils de financement, cette publication précise notamment que selon l’art. 37 de la Loi fédérale concernant l’utilisation de l’impôt sur les huiles minérales à affectation obligatoire et des autres moyens affectés à la circulation routière et au trafic aérien (LUMin), « l’OFAC peut octroyer des contributions aux frais des mesures de protection de l’environnement, également aux mesures de compensation écologique sur les aérodromes ». A ce titre, le rapport précise que « les critères d’obtention selon LUMin sont très stricts : seules les démarches volontaires dont les objectifs sont ambitieux, comme par exemple, des surfaces proches de l’état naturel supérieures au 12 % minimum attendus, pourront être examinées ».

Dans le cas de l’aéroport de la Blécherette, les 192’300 m2 du droit distinct et permanent de superficie (DDP) sont actuellement occupés par 14’933 m2 de bâtiment (8 %), environ    79’000 m2 d’autres surfaces imperméables (41 % : pistes, héliports, voies de circulation, stationnement des avions, stationnement des voiture, etc.) et environ 98’000 m2 de surfaces vertes (51 %, soit 22 % entre des surfaces imperméables et 29 % autour de celles-ci), le plus souvent des prairies sans grandes qualités apparentes à l’heure actuelle. Ces surfaces vertes, naturelles ou proches de l’état naturel, possèdent un réel potentiel de valorisation écologique pour le maintien et le développement d’espèces animales et végétales.

L’aéroport de la Blécherette est en effet situé entre des territoires d’intérêt biologique supérieur (TIBS) du Réseau écologique cantonal (REC-VD), soit à l’Est le cours d’eau du Petit Flon et son cordon boisé et à l’Ouest la forêt du Désert et son prolongement vers le nord. De plus, l’extrémité Nord du périmètre de l’aéroport se trouve à proximité d’un corridor à faune d’importance régionale à renforcer. Les milieux naturels à développer dans le périmètre de l’aéroport de la Blécherette devraient ainsi s’inscrire dans le réseau écologique et s’articuler avec les mesures de compensation écologique misent en œuvre dans le cadre de la réalisation du Centre sportif de la Tuilière. En prenant comme référence la surface du DDP, la surface minimale des milieux naturels de grande qualité à réaliser à l’intérieur de celui-ci pour répondre aux objectifs de la Confédération (minimum 12%) devrait être d’environ 23’000 m2. Au vu de la configuration particulière du site de la Blécherette, cette surface pourrait même être largement augmentée.

Sur la base des différents éléments exposés ci-dessus, le présent postulat demande donc à la Municipalité d’étudier l’opportunité de présenter avec l’Aéroport Région Lausannoise “La Blécherette” SA un projet ambitieux de valorisation écologique d’une partie des surface comprises au sein du périmètre de l’aéroport de la Blécherette, et de solliciter les contributions financières de la Confédération.

Valéry Beaud, Marie-Thérèse Sangra

Lausanne, Sara Gnoni

Limites planétaires : prenons nos décisions pour le bien-être de chacune et chacun

Postulat

Une étude de l’EEA et de OFEV publiée le 17 avril 2020, intitulée «Est-ce que l’Europe vit dans les limites planétaires ?», montre les limites planétaires 1 et comment elles sont dépassées par les pays européens, et étaye le cas particulier de la Suisse pour la biodiversité. Le fait que la Suisse est une petite économie très ouverte a pour conséquence que la plupart de nos limites sont dépassées non pas directement en Suisse mais au-delà de nos frontières. Ce rapport montre, par exemple pour la biodiversité, que nous dépassons notre quota d’un facteur 3.7 au niveau national, c’est à dire que nous exerçons une pression sur la biodiversité de la planète près de quatre fois plus intense que ce qu’elle est capable de supporter. Notre pays avait déjà fait une évaluation des limites planétaires au niveau national et avait utilisé celles-ci dans la stratégie de développement durable 2016-2019. Nous savons que de nombreuses limites sont d’ores et déjà dépassées.

La crise sanitaire du COVID-19 que nous vivons est un symptôme de cette transgression des limites planétaires. Comme indiqué par le PNUE 2 , l’émergence de ce virus, comme d’autres, est lié à la déforestation et à la destruction d’écosystèmes jusqu’à récemment préservés.

De ce point de vue, cette pandémie zoonotique n’est que la pointe de l’iceberg d’une société mondialisée en profond mal-être. Cette situation ne fait par ailleurs qu’exacerber les inégalités présentes dans nos sociétés ainsi qu’entre pays riches et pays pauvres. Nous avons pu être témoins du fait que les métiers qui nous ont permis de «survivre» pendant la pandémie sont bien souvent des métiers mal valorisés.

Cette crise sanitaire est donc également un révélateur de dysfonctionnement de notre société en termes de valorisation des tâches et des personnes. La durabilité sociale doit nécessairement la durabilité environnementale.

Si nous voulons éviter la prochaine crise ou du moins nous y préparer au mieux, nous allons devoir changer les principes fondamentaux sur lesquels notre société est basée. Nous pouvons dès lors saisir l’opportunité de la sortie de la crise actuelle pour créer une société réellement inclusive et durable à tous les niveaux, des plus globaux jusqu’aux communes/villages. C’est une opportunité pour repenser les infrastructures et solutions pour la reprise et pour poser les piliers qui prémuniront la société des crises qui vont venir, et de nous positionner stratégiquement en trouvant des solutions à de nombreux problèmes de société.

Au cours des dernières semaines, de nombreuses personnes ont découvert une forte solidarité et entraide, le plaisir d’une ville plus tranquille et moins polluée, l’importance des circuits courts pour l’approvisionnement et, peut-être, des valeurs essentielles à leur vie.

La pandémie pourrait permettre après cette “pause forcée” de repenser ce que nous désirons comme société. Il ne faut en outre pas oublier que les crises environnementales et sociales qui nous attendent en raison du changement climatique vont être autrement plus graves et aucun confinement ne pourra y pallier. Pour les prévenir, seules des mesures fortes et volontaires se révèleront efficaces, mais elles doivent aussi être l’opportunité d’une société plus égalitaire, où tout un chacun peut se développer, tout en respectant les limites planétaires qui sont les limites indépassables pour assurer notre survie.

Ce postulat propose d’utiliser dès lors un cadre pour les prises de décisions futures pour notre Ville, y compris les investissements, les marchés publics entre autres mais en fait, l’ensemble des instruments publics pour soutenir un modèle de société viable. Cette approche servirait les intérêts à long terme des citoyens et le cadre suggéré serait l’outil de l’économiste Kate Raworth, le “doughnut”.

Le “doughnut” de Kate Raworth Image issue de La théorie du doughnut (Plon, 2018)

Ce modèle vise à avoir un développement qui permette à chaque habitant d’avoir accès aux besoins fondamentaux sociaux (logement, réseaux, énergie, eau, nourriture, santé, éducation, revenu et travail, paix et justice, représentation politique, équité sociale et égalité des genres) tout en respectant les limites planétaires (climat, pollution de l’air, perte de biodiversité, pollutions chimiques, acidification des océans, phosphore et nitrate, eaux douces, conversion des terres,) qui sont, il est utile de le répéter, les limites dans lesquelles nous pouvons nous développer pour nous donner une chance d’un avenir vivable. Les limites sont calculées au niveau communal en prenant en compte des principes tels que la justice, l’équité, le partage international de la charge et le droit au développement économique et pas simplement les limites planétaires divisées par le nombre d’habitants.

Ce modèle permettrait de pouvoir prendre les bonnes décisions en les alignant aux limites planétaires avec un nombre d’opportunités pour notre ville et région: potentiels de relocalisation ou régénération régionale dans les chaînes d’approvisionnement, créer des capacités localement en favorisant la résilience future pour l’économie et la société.

Par exemple, si un objectif pour la Ville est de fournir des logements abordables aux habitant-e- s lausannois-es, mais que construire plus de logements n’est pas possible dans ce nouveau cadre car la ville de Lausanne a comme ambition d’être neutre en carbone avant 2030 (objectif qui devrait être revu à 2025 pour être plus résilients), une solution pourrait donc être de faire des constructions avec des matériaux recyclés. Pareillement, construire de nouveaux logements va détruire des espaces de biodiversité qui est une des limites largement dépassées, donc il faudra plus densifier et moins construire pour ne pas dépasser ces limites.

Ce postulat demande donc à la Municipalité de commander une étude en utilisant par exemple le modèle du Doughnut pour trouver une manière de mobiliser les pouvoirs publics et le secteur privé dans un cadre qui permette d’avoir une feuille de route pour le développement actuel cohérente avec celui des générations futures. Elle pourrait ainsi emboîter le pas à Amsterdam qui est la première ville à le faire. Cette étude pourrait ainsi nous servir de guide pour toutes les décisions à prendre pour la sortie de crise et les futures décisions: les décisions prises devraient être uniquement celles qui visent l’amélioration du bien-être humain tout en créant une société réellement inclusive et égalitaire.

Les limites planétaires ont été décrites puis affinées dans une série d’articles, dont: Steffen W, Richardson K, Rockstrom J, et al (2015) Planetary boundaries: Guiding human development on a changing planet. Science (80- ). doi: 10.1126/science.1259855

Sara Gnoni, Vincent Rossi, Marie-Thérèse Sangra, Ilias Panchard, Sima Dakkus, Benjamin Rudaz

1 Les limites planétaires ont été décrites puis affinées dans une série d’articles, dont: Steffen W, Richardson K, Rockstrom J, et al (2015) Planetary boundaries: Guiding human development on a changing planet. Science (80- ). doi: 10.1126/science.1259855

2 PNUE: Programme des Nations Unies pour l’Environnement, dans un rapport de 2016 cité par l’AGEFI: https://www.agefi.com/home/ news/detail-ageficom/edition/online/article/lactivite-humaine-a-favorise-le-passage-du-coronavirus-du-monde-animal-a-lhomme- pour-les-chercheurs-il-faut-repenser-notre-relation-avec-les-ecosystemes-naturels-et-les-services-quils-495622.html
Egalement étayé dans une chronique du New York Times https://www.nytimes.com/2020/01/28/opinion/coronavirus-china.html? smtyp=cur&smid=tw-nytopinion

Intervention communale, Lausanne, Marie-Thérèse Sangra, Sara Soto, Xavier Company

Pour la sauvegarde intégrale de la campagne de Rovéréaz

Etablissons une zone réservée sur ce site exceptionnel!

Postulat

En novembre 2019 était déposée une demande de permis de construire pour un projet de construction de trois immeubles de logements, un parking et une place de jeux au lieu-dit Château Fallot. Des citoyens, associations environnementales et les Vert-e-s lausannois-e-s s’y sont fermement opposés. Une pétition ayant récolté 5579 signatures a également été déposée contre ce projet.

Le site du projet est en effet exceptionnel à maints égards. Situé en périphérie immédiate de la zone compacte de l’agglomération Lausanne-Morges (PALM), il fait partie intégrante de la campagne de Rovéréaz, dernière exploitation agricole de la partie urbaine de Lausanne. De l’autre côté de cet espace se trouve une forêt et des terrains abritant de nombreux biotopes à la faune riche et variée. Les prés et champs qui composent le lieu-dit Château Fallot constituent quant à eux un écrin de verdure qui jouit en outre d’un remarquable panorama sur les Alpes et le Léman, offrant une échappée paysagère unique. Il est de surcroît inscrit à l’Inventaire fédéral des sites construits d’importance nationale à protéger en suisse (ISOS), qui recommande la sauvegarde intégrale du caractère non bâti du site de Rovéréaz dans son ensemble.

Dans sa réponse à l’interpellation « Campagne de Rovéréaz : faut-il tout saccager ? » du 29 avril 2017 qui interroge sur la pertinence de l’instauration d’une zone réservée afin de protéger le site, la Municipalité – dont voici l’extrait – se fonde exclusivement sur la question d’un éventuel surdimensionnement de la zone à bâtir :

« Il faut préciser, par ailleurs, qu’en tant que restriction à la garantie de la propriété, la création d’une telle zone doit reposer sur des motifs d’intérêt public et respecter le principe de la proportionnalité. Dans le cas de Rovéréaz, le principal argument à faire valoir serait le redimensionnement de la zone à bâtir. Or la Commune a d’ores et déjà lancé une procédure de zone réservée, là où la zone à bâtir est surdimensionnée selon la 4e adaptation du Plan directeur cantonal, à savoir à l’extérieur du périmètre compact du PALM (Projet d’Agglomération Lausanne-Morges), dans les territoires forains. Cette procédure est élaborée en concertation avec le SDT (Service du développement territorial). Elle concerne plusieurs dizaines d’hectares de zone à bâtir et agit comme mesure conservatoire dans l’attente de leur déclassement en zone agricole ou en zone de verdure dans le cadre de la révision du PGA.

(Enfin, une telle procédure se heurte à un principe, fondamental en aménagement du territoire, de la stabilité des plans. En effet, les droits à bâtir du Château Fallot ayant été confirmés en 2011, le propriétaire est en droit de compter sur la pérennité des plans d’affectation, ce qui est confirmé par la jurisprudence. Dès lors, une procédure de zone réservée à l’intérieur du périmètre compact, à proximité d’un espace ouvert de plus de trente hectares, dans un site ayant fait l’objet d’une récente planification, ne semble a priori pas répondre de façon suffisante aux enjeux d’intérêt public et de proportionnalité.) »

Or, si l’on s’en tient aux buts et principes de la LAT, une zone réservée prend ici toute sa pertinence. En effet, selon l’article 15, alinéa 1 de la LAT :

Les zones à bâtir sont définies de telle manière qu’elles répondent aux besoins prévisibles pour les quinze années suivantes.

Ce critère « étendue de la zone à bâtir » n’est cependant pas le seul critère dont il faut tenir compte. La délimitation de la zone à bâtir est soumise à une pesée globale et une coordination de tous les aspects et intérêts importants liés au territoire. Pour le cas de la zone constructible Château Fallot, il faut donc également prendre en considération l’article 1 LAT al. 2 qui précisent les buts suivants :

  • a. de protéger les bases naturelles de la vie, telles que le sol, l’air, l’eau, la forêt et le paysage ;
  • abis. d’orienter le développement de l’urbanisation vers l’intérieur du milieu bâti, en maintenant une qualité de l’habitat appropriée ;
  • b. de créer un milieu bâti compact ;
  • d. de garantir des sources d’approvisionnement suffisantes dans le pays.

En outre, l’article 3 LAT al. 2 mentionne les principes suivants :

Le paysage doit être préservé. Il convient notamment :

  1. de réserver à l’agriculture suffisamment de bonnes terres cultivables, en particulier les surfaces d’assolement ;
  2. de veiller à ce que les constructions prises isolément ou dans leur ensemble ainsi que les installations s’intègrent dans le paysage ;
  3. de conserver les sites naturels et les territoires servant au délassement ;
  4. de maintenir la forêt dans ses diverses fonctions.

Tous ces buts sont d’importants motifs d’intérêt public et d’importance égale au principe du redimensionnement.

Dans une ville-centre en voie de densification, il est impératif de conserver les espaces parmi les plus naturels et ce, pour tout un chacun. Les Lausannoises et Lausannois accèdent facilement à la campagne de Rovéréaz en transports publics, et nombreux sont celles et ceux qui s’y rendent pour se délasser et se ressourcer.

Ajoutons encore que le principe de concentration joue un rôle important lors de la délimitation des zones à bâtir. Celui-ci exige que l’urbanisation soit concentrée sur des zones rattachées entre elles, clairement délimitées du territoire environnant non constructibles et réduites au strict minimum. Enfin l’obligation de préserver les terres agricoles doit aussi être prises en considération.

Du point de vue des postulant-e-s, la législation sur l’aménagement du territoire tant fédérale que cantonale plaide en faveur de la conservation en l’état des parcelles Château Fallot. En 1980 déjà, la loi fédérale sur l’aménagement du territoire, si elle avait été bien appliquée à l’époque, aurait dû exclure ce secteur des possibilités de bâtir. L’imminence du nouveau plan d’aménagement communal lausannois va également dans le même sens.

Pour tous ces motifs, les postulant-e-s souhaitent que la Municipalité étudie l’opportunité d’établir une zone réservée sur le périmètre constructible de la parcelle Château Fallot.

Marie-Thérèse Sangra

Sara Soto

Xavier Company

Intervention communale, Marie-Thérèse Sangra

Parc naturel périurbain lausannois

Intervention

Mesdames et Messieurs, on sait aujourd’hui que la diversité écologique renforce la stabilité, la vitalité et la résilience des forêts. De la lecture du rapport préavis on retiendra que le massif forestier du Jorat joue un rôle écologique de première importance en tant que réservoir faunistique càd qu’elle offre les qualités nécessaires du point de vue de la taille et de la diversité des milieux pour que les communautés animales et végétales puissent y vivre, s’y reproduire et s’y multiplier. C’est donc à partir de ce réservoir faunistique essentiel pour la conservation des espèces que les animaux et les plantes vont ensuite se disperser pour aller coloniser d’autres sites en utilisant les ruisseaux et les cordons forestier comme trames vertes et permettre les échanges génétiques qui sont nécessaire à la survie des espèces à long terme.

Dans le canton de Vaud l’objectif d’améliorer l’intégration et la protection des milieux naturels dans l’aménagement du territoire et en particulier d’augmenter les surfaces réserves forestières n’est pas une idée récente, mais a déjà été énoncé en 2004 par le Conseil d’Etat dans son document la Nature Demain. Dans le plan d’action biodiversité 2019-2030, le canton de Vaud se fixe pour objectif 10% de réserves forestières et prévoit en plus d’ajouter dans chaque région biogéographique une réserve forestière de plus de 500 ha. Ces mêmes objectifs se retrouve dans les priorités de la politique forestière du canton 2006-2015. Fin 2018 il n’y avait que 3 % de la surface forestière vaudoise affectées en réserve.

C’est dire d’une part que ces objectifs de remettre la nature au cœur de nos milieux naturels n’est pas une lubie d’écolo en mal de verdure, mais s’inscrit dans une tendance sociétale de plus en plus marquée qui s’appuie sur des connaissances scientifiques pointues, et une conscience écologique de plus en plus développée au sein de la population qui recherche certes des zones de détente en plein air, mais qui aussi prend conscience de la pression accrue qu’exerce cette fréquentation sur les milieux et des espèces en régression constante.

Les manifestations des jeunes activistes pour le climat rappellent l’importance de la conservation de cette biodiversité à chacune de leurs apparition.

Choisir une zone centrale, ce qui signifie renoncer à toute exploitation forestière pendant 50 ans et en limiter l’accessibilité, c’est s’inscrire dans une perspective temporelle qui se rapproche un peu de celle de la biodiversité. Il est important de prendre conscience que le cycle naturel de la vie d’une forêt se rapproche plus du demi-siècle que des horizons temporels de l’économie humaine. Dans une forêt exploitée, le cycle de vie de la forêt s’interrompt au mieux après 80, voire 100 ans, alors que l’espérance de vie d’un chêne ou d’un hêtre est de l’ordre de 500 ans. L’approche économique de la forêt interrompt le « vie » d’une forêt au stade de sa vie de jeune adulte, privant l’écosystème de toutes les étapes ultérieures d’une forêt naturelle et en particulier faisant renoncer à toutes les étapes du vieillissement de la forêt. Les forêts que nous connaissons ne sont donc pas des forêts équilibrées, mais des forêts dépourvues de vieux arbres, d’ilots de sénescence, de bois mort ou d’arbres habitats, etc. Toutes les espèces dépendantes de ces milieux absents de nos forêts ont donc fortement régressé et se retrouvent sur les listes rouges des espèces menacées de Suisse. On est obligé de rappeler que la Suisse compte davantage d’espèces et de milieux naturels menacés que la plupart des autres pays européens selon les études de l’OCDE ( Le Temps titrait à ce sujet la Suisse bonnet d’âne de la biodiversité et des zones protégées).

Et je m’arrête là dans cette liste des menaces sur la biodiversité pour ne pas chagriner Monsieur Carrel par cette argumentation apocalyptique. Ce qu’il faut bien comprendre dans ce bilan du passé en matière de biodiversité, c’est que les espèces animales et végétales meurent lorsque leurs espaces de vie disparaissent.

C’est à ce constat que veut répondre le projet de parc du Jorat. Laisser la zone centre évoluer au rythme de sa dynamique naturelle sans intervention humaine c’est laisser réapparaître les milieux typiques d’une forêt naturelle où pourront se développer les communautés animales et végétales. On ne contestera pas que des efforts importants ont été fait ces 20 dernières années et l’abandon du concept de la forêt propre en ordre a déjà été une grande victoire pour la nature. On laisse aujourd’hui un peu plus de bois mort, mais les proportions actuelles sont encore insuffisantes : Dans une forêt à l’état naturel il y a 100 à 150 m3/ de bois mort / ha, il en faudrait selon les étude scientifique au moins 40 m3/bois mort / ha, alors qu’actuellement on trouve à peu près 20 m3/bois / ha, voire seulement 15 m3 bois mort / ha dans les endroits facilement accessibles à l’exploitation. 25 % des coléoptères suisses ont besoin de bois mort pour survivre.

Pourquoi faire plus ? je pense avoir déjà expliqué le fonctionnement naturel d’une forêt, mais j’aimerais répondre à la remarque de l’auteur du rapport de minorité qui invoque la forêt saine et productive. De quelle bonne santé parlez-vous ? si vous parlez de la bonne santé d’un écosystème naturel alors non, ce que vous prônez ne correspond pas à la bonne santé de la forêt. Si vous parler de la bonne santé d’une plantation de bois cad du porte-monnaie des propriétaires forestiers qui exploitaient à l’époque leur forêt, alors oui on peut parler d’une bonne santé économique. Vous évoquez aussi la loi forestière de 1902, une époque où il n’y avait simplement plus de forêt en Suisse. Depuis lors les choses ont évolué et une nouvelle loi sur les forêts de 1991 a placé sur pied d’égalité les quatre fonctions prêtées à la forêt : la production, la protection, la biodiversité et le délassement. Dans une forêt naturelle avec des arbres de tous âges et surtout des essences adaptées à la station, les parasites ne prennent pas le dessus. La forêt fait face, se régénère et est résiliente. Il n’y a pas de problème de bostriche dans une forêt naturelle.

Ce sont donc deux conceptions qui s’affrontent : celle de la forêt comme écosystème et celle de la production de matière première. Toutefois tout ne s’oppose pas et ne s’exclut pas. Les Verts sont favorables à l’utilisation du bois comme matériau de construction ou de chauffage, mais dans des proportions raisonnables sans que cela se fasse au détriment de la biodiversité, une nouvelle valeur dont on commence à percevoir l’immense importance pour les sociétés humaines.

Vous dites encore qu’aucune étude sérieuse ne peut prouver qu’il y aura de meilleures conditions pour la biodiversité dans la zone centrale. Vous avez en partie raison, parce qu’actuellement on ne trouve pratiquement plus aucune forêt naturelle en Suisse avec comme corolaire que la faune et la flore se sont tellement appauvries qu’il faudra attendre beaucoup de temps jusqu’à ce qu’elles puissent se rétablir et que les espèces rares qui ont disparu puissent revenir, encore faudra-t-il qu’il y en ait encore quelque part et qu’elles trouvent des voies pour revenir. En ce qui concerne votre appréciation sur le Parc national aux Grisons, je vous fournis volontiers un listing non exhaustif des études naturalistes qui démontreront sans difficulté les succès enregistrés en matière de présence d’espèces rares.

Quant au stockage du CO2, là aussi votre argumentation est incomplète. Certes un arbre jeune en croissance capte beaucoup de CO2, mais un vieil arbre au feuillage bien plus dense capte davantage de CO2 et stocke dans son tronc et dans ses branches bien davantage de CO2 qu’un jeune arbre. Cela plaide aussi pour la conservation des grands arbres âgés.

Alors 10 % de réserves forestières dans nos forêts cela semble raisonnable. Aujourd’hui dans le canton de Vaud nous ne sommes qu’à 3 % de réserves forestière. La commune de Lausanne donne l’exemple et nous pouvons en être fier.

D’expérience on sait que toutes les opérations favorisant la renaturation des milieux naturels suscitent toujours beaucoup de débats et d’inquiétude au début mais qu’au fil du temps et des résultats ces démarches sont plébiscitées par la population heureuse de retrouver des milieux riches en biodiversité. Pas de doutes que les communes qui nous ont momentanément abandonnées nous rejoindront prochainement sur demande de leur population.

Marie-Thérèse Sangra

Feuille verte

Comment mobiliser nos concitoyen·ne·s à travers nos idées vertes ?

Les idées vertes ont pour but d’approfondir des sujets d’actualité politique en les approchant sur un autre angle, d’explorer de nouvelles thématiques de politique communale, ou de faire partager les expériences des militant·e·s vert·e·s d’ici et d’ailleurs. Ces conférences servent à nourrir le débat sur des idées qui ne seraient pas encore mûres et d’aboutir à des solutions vertes.

Dans l’émission Forum du 25 décembre 2019, Isabelle Pasquier Eichenberger, nouvelle conseillère nationale verte de Genève, explique que c’est le film Demain qui l’a décidé à s’engager à faire de la politique chez les vert.e.s. Elle était déjà très impliquée dans sa vie professionnelle et associative dans l’écologie mais elle n’avait jamais pensé être active politiquement.

Aujourd’hui, alors que notre maison brûle, il est essentiel de tout tenter pour mobiliser autour de nous. C’est pourquoi nous avons décidé d’ouvrir les idées vertes aux non-membres. Donc n’hésitez pas à venir avec un ou une amie, un ou une voisine ou tout simplement à communiquer autour de vous ce programme d’idées vertes 2020.

Ces rencontres auront lieu au Cazard à Lausanne (salle Octogone, Rue Pré du marché 15) et la séance est prévue à chaque fois à 19h. Elles seront accompagnées d’un apéritif et de discussions détendues.

Nous prévoyons quatre conférences en 2020, à vos agendas :

Le 11 mars aura lieu la conférence-débat « Lumière sur l’éclairage public »

Pour cette première soirée nous avons invité deux intervenants :

Laurent Debrot est conseiller en éclairage public, député Vert au Grand conseil neuchâtelois et Secrétaire de l’Association pour L’Agence suisse pour la protection de l’environnement nocturne (LAMPER). Il nous fera une introduction sur les enjeux environnementaux, sanitaires, techniques, législatifs et sociaux de l’éclairage public. Il nous parlera également de l’extinction nocturne de l’éclairage public dans sa commune du Val de Ruz.

Jean-Yves Pidoux est municipal Vert à Lausanne et directeur des Services industriels de Lausanne (SIL). Il nous parlera du Plan lumière de la Ville de Lausanne et sa mise en œuvre.

Le 28 mai : Sortir des pesticides

Le 17 septembre : Point sur la mobilité douce à Lausanne

Le 12 novembre : Les impacts du réchauffement climatique en Suisse et plus précisément à Lausanne

N’oubliez pas de diffuser ces idées vertes 2020 autour de vous. La manière la plus simple serait déjà de venir accompagné·e. Merci!

Elisa Garbar et Alexandra Gerber, membres du comité des Vert·e·s lausannois·es

Benjamin Rudaz, Intervention communale

Une gestion des marchandises compatible avec une ville agréable

Postulat : Pour une stratégie municipale de gestion des marchandises cohérente, compatible avec une ville dynamique et agréable à vivre

La Ville de Lausanne se piétonnise et sa mobilité se transforme pour favoriser les transports doux ou transports publics. De nombreux secteurs sont donc progressivement réaffectés vers des rues passantes, vivantes et souvent commerçantes. Simultanément, les moyens de livraison «durables» via le train sont progressivement démantelés ou abandonnés pour des raisons économiques (historiquement Ouchy-Ficelle, LEB, plateforme ferroviaire du Flon, Rasude puis Sébeillon). Que ce soit pour des commerces de détail ou d’alimentation, de nombreux véhicules de livraison circulent à travers l’agglomération jusque dans les rues piétonnes, soit pour livrer directement les commerces depuis le trottoir, soit sur des quais de déchargement. Ces véhicules sont d’un gabarit de plus en plus imposant allant jusqu’au poids-lourd, et l’absence de coordination entre les différents commerces aboutit à des trajets à vide ou des véhicules partiellement remplis. Des accidents surviennent parfois (rue de la Mercerie) et la cohabitation est parfois difficile entre piétons, mobilité douce, habitants, sans compter les nuisances autour des quais de déchargement, parfois mal aménagés ou mal situés. S’y ajoutent plus récemment, avec l’émergence du commerce en ligne et la libéralisation du transport postal des colis, la multiplication des acteurs de livraison à domicile, et de ce fait la multiplication des tournées de livraison, créant de fâcheuses redondances.

Étonnamment, aucune étude ou planification du Projet d’agglomération Lausanne-Morges (PALM) ne se penche sur l’aspect du fret routier ou ferroviaire, ni de l’approvisionnement de la région en produits manufacturés ou alimentaires. Pourtant, le Plan des mesures OPair 2018 de l’agglomération Lausanne-Morges préconise la réalisation d’une analyse globale des transports de marchandise et défini notamment deux mesures associées, « Analyse du transport logistique » (LO-1) et « Réduction des nuisances du transport logistique » (LO-2). De plus, le Grand Conseil vaudois a accepté l’an dernier l’exposé des motifs et projet de décret (EMPD) « accordant au Conseil d’Etat un crédit d’étude de CHF 1’400’000 pour financer l’élaboration de la stratégie cantonale du transport de marchandises ».

Alors que la motorisation de ces véhicules est actuellement très majoritairement thermique, cette source de pollution atmosphérique et sonore, et les conflits d’usage de l’espace public (tant sur la route, en bord de route ou dans les zones piétonnes) pourraient être réduits, pour le bénéfice des habitantes et habitants de Lausanne, ceci sans impacter négativement les commerces du Centre-Ville. Plusieurs pistes sont possibles, comme par exemple une collaboration public-privée permettant de gérer de manière efficiente un système de transbordement péri-urbain des marchandises vers des véhicules plus petits, plus propres et surtout mieux utilisés (remplis à l’aller comme au retour, évitant les redondances).

D’autres alternatives pourraient à l’avenir être envisagées, comme l’usage nocturne de la future ligne de tram pour le passage de marchandises jusqu’au centre-ville, ou encore la réaffectation de certains sites de fret ferroviaire, comme les halles de Sébeillon dont les rails vont être conservés malgré les installation provisoires qui y sont prévues.

En vue de développer une stratégie municipale de gestion des marchandises, de manière concertée avec le PALM et le Canton, ce postulat demande à la Municipalité d’examiner l’opportunité de :

  • Quantifier les impacts de cette activité de transports en termes d’émissions de gaz à effet de serre, de particules fines, de bruit, de sécurité et d’occupation de la voirie ;
  • Consulter les associations de commerçants et les acteurs économiques générateurs de mouvements de fret entrants et sortants de l’agglomération ;
  • Faire un état de la situation du trafic de fret ferrovaire et des plate-formes d’échange rail-route de la région lausannoise ;
  • Faire un état de la situation du trafic de fret routier à travers la Ville, de et jusqu’aux points de livraison ;
  • Faire un état de la situation du trafic de livraison directe à domicile (Amazon, Zalando, DPD, TNT, La Poste, etc) ;
  • Établir une stratégie de réduction des impacts, en collaboration avec les acteurs économiques pré-cités.

Benjamin Rudaz