Intervention communale, Lausanne, Marie-Thérèse Sangra, Sara Soto, Xavier Company

Pour la sauvegarde intégrale de la campagne de Rovéréaz

Etablissons une zone réservée sur ce site exceptionnel!

Postulat

En novembre 2019 était déposée une demande de permis de construire pour un projet de construction de trois immeubles de logements, un parking et une place de jeux au lieu-dit Château Fallot. Des citoyens, associations environnementales et les Vert-e-s lausannois-e-s s’y sont fermement opposés. Une pétition ayant récolté 5579 signatures a également été déposée contre ce projet.

Le site du projet est en effet exceptionnel à maints égards. Situé en périphérie immédiate de la zone compacte de l’agglomération Lausanne-Morges (PALM), il fait partie intégrante de la campagne de Rovéréaz, dernière exploitation agricole de la partie urbaine de Lausanne. De l’autre côté de cet espace se trouve une forêt et des terrains abritant de nombreux biotopes à la faune riche et variée. Les prés et champs qui composent le lieu-dit Château Fallot constituent quant à eux un écrin de verdure qui jouit en outre d’un remarquable panorama sur les Alpes et le Léman, offrant une échappée paysagère unique. Il est de surcroît inscrit à l’Inventaire fédéral des sites construits d’importance nationale à protéger en suisse (ISOS), qui recommande la sauvegarde intégrale du caractère non bâti du site de Rovéréaz dans son ensemble.

Dans sa réponse à l’interpellation « Campagne de Rovéréaz : faut-il tout saccager ? » du 29 avril 2017 qui interroge sur la pertinence de l’instauration d’une zone réservée afin de protéger le site, la Municipalité – dont voici l’extrait – se fonde exclusivement sur la question d’un éventuel surdimensionnement de la zone à bâtir :

« Il faut préciser, par ailleurs, qu’en tant que restriction à la garantie de la propriété, la création d’une telle zone doit reposer sur des motifs d’intérêt public et respecter le principe de la proportionnalité. Dans le cas de Rovéréaz, le principal argument à faire valoir serait le redimensionnement de la zone à bâtir. Or la Commune a d’ores et déjà lancé une procédure de zone réservée, là où la zone à bâtir est surdimensionnée selon la 4e adaptation du Plan directeur cantonal, à savoir à l’extérieur du périmètre compact du PALM (Projet d’Agglomération Lausanne-Morges), dans les territoires forains. Cette procédure est élaborée en concertation avec le SDT (Service du développement territorial). Elle concerne plusieurs dizaines d’hectares de zone à bâtir et agit comme mesure conservatoire dans l’attente de leur déclassement en zone agricole ou en zone de verdure dans le cadre de la révision du PGA.

(Enfin, une telle procédure se heurte à un principe, fondamental en aménagement du territoire, de la stabilité des plans. En effet, les droits à bâtir du Château Fallot ayant été confirmés en 2011, le propriétaire est en droit de compter sur la pérennité des plans d’affectation, ce qui est confirmé par la jurisprudence. Dès lors, une procédure de zone réservée à l’intérieur du périmètre compact, à proximité d’un espace ouvert de plus de trente hectares, dans un site ayant fait l’objet d’une récente planification, ne semble a priori pas répondre de façon suffisante aux enjeux d’intérêt public et de proportionnalité.) »

Or, si l’on s’en tient aux buts et principes de la LAT, une zone réservée prend ici toute sa pertinence. En effet, selon l’article 15, alinéa 1 de la LAT :

Les zones à bâtir sont définies de telle manière qu’elles répondent aux besoins prévisibles pour les quinze années suivantes.

Ce critère « étendue de la zone à bâtir » n’est cependant pas le seul critère dont il faut tenir compte. La délimitation de la zone à bâtir est soumise à une pesée globale et une coordination de tous les aspects et intérêts importants liés au territoire. Pour le cas de la zone constructible Château Fallot, il faut donc également prendre en considération l’article 1 LAT al. 2 qui précisent les buts suivants :

  • a. de protéger les bases naturelles de la vie, telles que le sol, l’air, l’eau, la forêt et le paysage ;
  • abis. d’orienter le développement de l’urbanisation vers l’intérieur du milieu bâti, en maintenant une qualité de l’habitat appropriée ;
  • b. de créer un milieu bâti compact ;
  • d. de garantir des sources d’approvisionnement suffisantes dans le pays.

En outre, l’article 3 LAT al. 2 mentionne les principes suivants :

Le paysage doit être préservé. Il convient notamment :

  1. de réserver à l’agriculture suffisamment de bonnes terres cultivables, en particulier les surfaces d’assolement ;
  2. de veiller à ce que les constructions prises isolément ou dans leur ensemble ainsi que les installations s’intègrent dans le paysage ;
  3. de conserver les sites naturels et les territoires servant au délassement ;
  4. de maintenir la forêt dans ses diverses fonctions.

Tous ces buts sont d’importants motifs d’intérêt public et d’importance égale au principe du redimensionnement.

Dans une ville-centre en voie de densification, il est impératif de conserver les espaces parmi les plus naturels et ce, pour tout un chacun. Les Lausannoises et Lausannois accèdent facilement à la campagne de Rovéréaz en transports publics, et nombreux sont celles et ceux qui s’y rendent pour se délasser et se ressourcer.

Ajoutons encore que le principe de concentration joue un rôle important lors de la délimitation des zones à bâtir. Celui-ci exige que l’urbanisation soit concentrée sur des zones rattachées entre elles, clairement délimitées du territoire environnant non constructibles et réduites au strict minimum. Enfin l’obligation de préserver les terres agricoles doit aussi être prises en considération.

Du point de vue des postulant-e-s, la législation sur l’aménagement du territoire tant fédérale que cantonale plaide en faveur de la conservation en l’état des parcelles Château Fallot. En 1980 déjà, la loi fédérale sur l’aménagement du territoire, si elle avait été bien appliquée à l’époque, aurait dû exclure ce secteur des possibilités de bâtir. L’imminence du nouveau plan d’aménagement communal lausannois va également dans le même sens.

Pour tous ces motifs, les postulant-e-s souhaitent que la Municipalité étudie l’opportunité d’établir une zone réservée sur le périmètre constructible de la parcelle Château Fallot.

Marie-Thérèse Sangra

Sara Soto

Xavier Company

Intervention communale, Marie-Thérèse Sangra

Parc naturel périurbain lausannois

Intervention

Mesdames et Messieurs, on sait aujourd’hui que la diversité écologique renforce la stabilité, la vitalité et la résilience des forêts. De la lecture du rapport préavis on retiendra que le massif forestier du Jorat joue un rôle écologique de première importance en tant que réservoir faunistique càd qu’elle offre les qualités nécessaires du point de vue de la taille et de la diversité des milieux pour que les communautés animales et végétales puissent y vivre, s’y reproduire et s’y multiplier. C’est donc à partir de ce réservoir faunistique essentiel pour la conservation des espèces que les animaux et les plantes vont ensuite se disperser pour aller coloniser d’autres sites en utilisant les ruisseaux et les cordons forestier comme trames vertes et permettre les échanges génétiques qui sont nécessaire à la survie des espèces à long terme.

Dans le canton de Vaud l’objectif d’améliorer l’intégration et la protection des milieux naturels dans l’aménagement du territoire et en particulier d’augmenter les surfaces réserves forestières n’est pas une idée récente, mais a déjà été énoncé en 2004 par le Conseil d’Etat dans son document la Nature Demain. Dans le plan d’action biodiversité 2019-2030, le canton de Vaud se fixe pour objectif 10% de réserves forestières et prévoit en plus d’ajouter dans chaque région biogéographique une réserve forestière de plus de 500 ha. Ces mêmes objectifs se retrouve dans les priorités de la politique forestière du canton 2006-2015. Fin 2018 il n’y avait que 3 % de la surface forestière vaudoise affectées en réserve.

C’est dire d’une part que ces objectifs de remettre la nature au cœur de nos milieux naturels n’est pas une lubie d’écolo en mal de verdure, mais s’inscrit dans une tendance sociétale de plus en plus marquée qui s’appuie sur des connaissances scientifiques pointues, et une conscience écologique de plus en plus développée au sein de la population qui recherche certes des zones de détente en plein air, mais qui aussi prend conscience de la pression accrue qu’exerce cette fréquentation sur les milieux et des espèces en régression constante.

Les manifestations des jeunes activistes pour le climat rappellent l’importance de la conservation de cette biodiversité à chacune de leurs apparition.

Choisir une zone centrale, ce qui signifie renoncer à toute exploitation forestière pendant 50 ans et en limiter l’accessibilité, c’est s’inscrire dans une perspective temporelle qui se rapproche un peu de celle de la biodiversité. Il est important de prendre conscience que le cycle naturel de la vie d’une forêt se rapproche plus du demi-siècle que des horizons temporels de l’économie humaine. Dans une forêt exploitée, le cycle de vie de la forêt s’interrompt au mieux après 80, voire 100 ans, alors que l’espérance de vie d’un chêne ou d’un hêtre est de l’ordre de 500 ans. L’approche économique de la forêt interrompt le « vie » d’une forêt au stade de sa vie de jeune adulte, privant l’écosystème de toutes les étapes ultérieures d’une forêt naturelle et en particulier faisant renoncer à toutes les étapes du vieillissement de la forêt. Les forêts que nous connaissons ne sont donc pas des forêts équilibrées, mais des forêts dépourvues de vieux arbres, d’ilots de sénescence, de bois mort ou d’arbres habitats, etc. Toutes les espèces dépendantes de ces milieux absents de nos forêts ont donc fortement régressé et se retrouvent sur les listes rouges des espèces menacées de Suisse. On est obligé de rappeler que la Suisse compte davantage d’espèces et de milieux naturels menacés que la plupart des autres pays européens selon les études de l’OCDE ( Le Temps titrait à ce sujet la Suisse bonnet d’âne de la biodiversité et des zones protégées).

Et je m’arrête là dans cette liste des menaces sur la biodiversité pour ne pas chagriner Monsieur Carrel par cette argumentation apocalyptique. Ce qu’il faut bien comprendre dans ce bilan du passé en matière de biodiversité, c’est que les espèces animales et végétales meurent lorsque leurs espaces de vie disparaissent.

C’est à ce constat que veut répondre le projet de parc du Jorat. Laisser la zone centre évoluer au rythme de sa dynamique naturelle sans intervention humaine c’est laisser réapparaître les milieux typiques d’une forêt naturelle où pourront se développer les communautés animales et végétales. On ne contestera pas que des efforts importants ont été fait ces 20 dernières années et l’abandon du concept de la forêt propre en ordre a déjà été une grande victoire pour la nature. On laisse aujourd’hui un peu plus de bois mort, mais les proportions actuelles sont encore insuffisantes : Dans une forêt à l’état naturel il y a 100 à 150 m3/ de bois mort / ha, il en faudrait selon les étude scientifique au moins 40 m3/bois mort / ha, alors qu’actuellement on trouve à peu près 20 m3/bois / ha, voire seulement 15 m3 bois mort / ha dans les endroits facilement accessibles à l’exploitation. 25 % des coléoptères suisses ont besoin de bois mort pour survivre.

Pourquoi faire plus ? je pense avoir déjà expliqué le fonctionnement naturel d’une forêt, mais j’aimerais répondre à la remarque de l’auteur du rapport de minorité qui invoque la forêt saine et productive. De quelle bonne santé parlez-vous ? si vous parlez de la bonne santé d’un écosystème naturel alors non, ce que vous prônez ne correspond pas à la bonne santé de la forêt. Si vous parler de la bonne santé d’une plantation de bois cad du porte-monnaie des propriétaires forestiers qui exploitaient à l’époque leur forêt, alors oui on peut parler d’une bonne santé économique. Vous évoquez aussi la loi forestière de 1902, une époque où il n’y avait simplement plus de forêt en Suisse. Depuis lors les choses ont évolué et une nouvelle loi sur les forêts de 1991 a placé sur pied d’égalité les quatre fonctions prêtées à la forêt : la production, la protection, la biodiversité et le délassement. Dans une forêt naturelle avec des arbres de tous âges et surtout des essences adaptées à la station, les parasites ne prennent pas le dessus. La forêt fait face, se régénère et est résiliente. Il n’y a pas de problème de bostriche dans une forêt naturelle.

Ce sont donc deux conceptions qui s’affrontent : celle de la forêt comme écosystème et celle de la production de matière première. Toutefois tout ne s’oppose pas et ne s’exclut pas. Les Verts sont favorables à l’utilisation du bois comme matériau de construction ou de chauffage, mais dans des proportions raisonnables sans que cela se fasse au détriment de la biodiversité, une nouvelle valeur dont on commence à percevoir l’immense importance pour les sociétés humaines.

Vous dites encore qu’aucune étude sérieuse ne peut prouver qu’il y aura de meilleures conditions pour la biodiversité dans la zone centrale. Vous avez en partie raison, parce qu’actuellement on ne trouve pratiquement plus aucune forêt naturelle en Suisse avec comme corolaire que la faune et la flore se sont tellement appauvries qu’il faudra attendre beaucoup de temps jusqu’à ce qu’elles puissent se rétablir et que les espèces rares qui ont disparu puissent revenir, encore faudra-t-il qu’il y en ait encore quelque part et qu’elles trouvent des voies pour revenir. En ce qui concerne votre appréciation sur le Parc national aux Grisons, je vous fournis volontiers un listing non exhaustif des études naturalistes qui démontreront sans difficulté les succès enregistrés en matière de présence d’espèces rares.

Quant au stockage du CO2, là aussi votre argumentation est incomplète. Certes un arbre jeune en croissance capte beaucoup de CO2, mais un vieil arbre au feuillage bien plus dense capte davantage de CO2 et stocke dans son tronc et dans ses branches bien davantage de CO2 qu’un jeune arbre. Cela plaide aussi pour la conservation des grands arbres âgés.

Alors 10 % de réserves forestières dans nos forêts cela semble raisonnable. Aujourd’hui dans le canton de Vaud nous ne sommes qu’à 3 % de réserves forestière. La commune de Lausanne donne l’exemple et nous pouvons en être fier.

D’expérience on sait que toutes les opérations favorisant la renaturation des milieux naturels suscitent toujours beaucoup de débats et d’inquiétude au début mais qu’au fil du temps et des résultats ces démarches sont plébiscitées par la population heureuse de retrouver des milieux riches en biodiversité. Pas de doutes que les communes qui nous ont momentanément abandonnées nous rejoindront prochainement sur demande de leur population.

Marie-Thérèse Sangra

Feuille verte

Comment mobiliser nos concitoyen·ne·s à travers nos idées vertes ?

Les idées vertes ont pour but d’approfondir des sujets d’actualité politique en les approchant sur un autre angle, d’explorer de nouvelles thématiques de politique communale, ou de faire partager les expériences des militant·e·s vert·e·s d’ici et d’ailleurs. Ces conférences servent à nourrir le débat sur des idées qui ne seraient pas encore mûres et d’aboutir à des solutions vertes.

Dans l’émission Forum du 25 décembre 2019, Isabelle Pasquier Eichenberger, nouvelle conseillère nationale verte de Genève, explique que c’est le film Demain qui l’a décidé à s’engager à faire de la politique chez les vert.e.s. Elle était déjà très impliquée dans sa vie professionnelle et associative dans l’écologie mais elle n’avait jamais pensé être active politiquement.

Aujourd’hui, alors que notre maison brûle, il est essentiel de tout tenter pour mobiliser autour de nous. C’est pourquoi nous avons décidé d’ouvrir les idées vertes aux non-membres. Donc n’hésitez pas à venir avec un ou une amie, un ou une voisine ou tout simplement à communiquer autour de vous ce programme d’idées vertes 2020.

Ces rencontres auront lieu au Cazard à Lausanne (salle Octogone, Rue Pré du marché 15) et la séance est prévue à chaque fois à 19h. Elles seront accompagnées d’un apéritif et de discussions détendues.

Nous prévoyons quatre conférences en 2020, à vos agendas :

Le 11 mars aura lieu la conférence-débat « Lumière sur l’éclairage public »

Pour cette première soirée nous avons invité deux intervenants :

Laurent Debrot est conseiller en éclairage public, député Vert au Grand conseil neuchâtelois et Secrétaire de l’Association pour L’Agence suisse pour la protection de l’environnement nocturne (LAMPER). Il nous fera une introduction sur les enjeux environnementaux, sanitaires, techniques, législatifs et sociaux de l’éclairage public. Il nous parlera également de l’extinction nocturne de l’éclairage public dans sa commune du Val de Ruz.

Jean-Yves Pidoux est municipal Vert à Lausanne et directeur des Services industriels de Lausanne (SIL). Il nous parlera du Plan lumière de la Ville de Lausanne et sa mise en œuvre.

Le 28 mai : Sortir des pesticides

Le 17 septembre : Point sur la mobilité douce à Lausanne

Le 12 novembre : Les impacts du réchauffement climatique en Suisse et plus précisément à Lausanne

N’oubliez pas de diffuser ces idées vertes 2020 autour de vous. La manière la plus simple serait déjà de venir accompagné·e. Merci!

Elisa Garbar et Alexandra Gerber, membres du comité des Vert·e·s lausannois·es

Benjamin Rudaz, Intervention communale

Une gestion des marchandises compatible avec une ville agréable

Postulat : Pour une stratégie municipale de gestion des marchandises cohérente, compatible avec une ville dynamique et agréable à vivre

La Ville de Lausanne se piétonnise et sa mobilité se transforme pour favoriser les transports doux ou transports publics. De nombreux secteurs sont donc progressivement réaffectés vers des rues passantes, vivantes et souvent commerçantes. Simultanément, les moyens de livraison «durables» via le train sont progressivement démantelés ou abandonnés pour des raisons économiques (historiquement Ouchy-Ficelle, LEB, plateforme ferroviaire du Flon, Rasude puis Sébeillon). Que ce soit pour des commerces de détail ou d’alimentation, de nombreux véhicules de livraison circulent à travers l’agglomération jusque dans les rues piétonnes, soit pour livrer directement les commerces depuis le trottoir, soit sur des quais de déchargement. Ces véhicules sont d’un gabarit de plus en plus imposant allant jusqu’au poids-lourd, et l’absence de coordination entre les différents commerces aboutit à des trajets à vide ou des véhicules partiellement remplis. Des accidents surviennent parfois (rue de la Mercerie) et la cohabitation est parfois difficile entre piétons, mobilité douce, habitants, sans compter les nuisances autour des quais de déchargement, parfois mal aménagés ou mal situés. S’y ajoutent plus récemment, avec l’émergence du commerce en ligne et la libéralisation du transport postal des colis, la multiplication des acteurs de livraison à domicile, et de ce fait la multiplication des tournées de livraison, créant de fâcheuses redondances.

Étonnamment, aucune étude ou planification du Projet d’agglomération Lausanne-Morges (PALM) ne se penche sur l’aspect du fret routier ou ferroviaire, ni de l’approvisionnement de la région en produits manufacturés ou alimentaires. Pourtant, le Plan des mesures OPair 2018 de l’agglomération Lausanne-Morges préconise la réalisation d’une analyse globale des transports de marchandise et défini notamment deux mesures associées, « Analyse du transport logistique » (LO-1) et « Réduction des nuisances du transport logistique » (LO-2). De plus, le Grand Conseil vaudois a accepté l’an dernier l’exposé des motifs et projet de décret (EMPD) « accordant au Conseil d’Etat un crédit d’étude de CHF 1’400’000 pour financer l’élaboration de la stratégie cantonale du transport de marchandises ».

Alors que la motorisation de ces véhicules est actuellement très majoritairement thermique, cette source de pollution atmosphérique et sonore, et les conflits d’usage de l’espace public (tant sur la route, en bord de route ou dans les zones piétonnes) pourraient être réduits, pour le bénéfice des habitantes et habitants de Lausanne, ceci sans impacter négativement les commerces du Centre-Ville. Plusieurs pistes sont possibles, comme par exemple une collaboration public-privée permettant de gérer de manière efficiente un système de transbordement péri-urbain des marchandises vers des véhicules plus petits, plus propres et surtout mieux utilisés (remplis à l’aller comme au retour, évitant les redondances).

D’autres alternatives pourraient à l’avenir être envisagées, comme l’usage nocturne de la future ligne de tram pour le passage de marchandises jusqu’au centre-ville, ou encore la réaffectation de certains sites de fret ferroviaire, comme les halles de Sébeillon dont les rails vont être conservés malgré les installation provisoires qui y sont prévues.

En vue de développer une stratégie municipale de gestion des marchandises, de manière concertée avec le PALM et le Canton, ce postulat demande à la Municipalité d’examiner l’opportunité de :

  • Quantifier les impacts de cette activité de transports en termes d’émissions de gaz à effet de serre, de particules fines, de bruit, de sécurité et d’occupation de la voirie ;
  • Consulter les associations de commerçants et les acteurs économiques générateurs de mouvements de fret entrants et sortants de l’agglomération ;
  • Faire un état de la situation du trafic de fret ferrovaire et des plate-formes d’échange rail-route de la région lausannoise ;
  • Faire un état de la situation du trafic de fret routier à travers la Ville, de et jusqu’aux points de livraison ;
  • Faire un état de la situation du trafic de livraison directe à domicile (Amazon, Zalando, DPD, TNT, La Poste, etc) ;
  • Établir une stratégie de réduction des impacts, en collaboration avec les acteurs économiques pré-cités.

Benjamin Rudaz

Intervention communale, Valéry Beaud

Aéroport régional Lausanne-Blécherette

Rapport-préavis 2019/15 – Intervention

Durant ces 6 dernières années, l’exploitation, les nuisances et la sécurité de l’aéroport de la Blécherette ont régulièrement fait débat : une pétition de l’Association de défense des riverains de la Blécherette (ADRB), deux interpellations, un postulat de Hadrien Buclin et moi, et même le retrait par la Municipalité d’un premier rapport-préavis n° 2016/38 jugé très insatisfaisant.
Aujourd’hui, nous avons entre nos mains un nouveau rapport-préavis (n° 2019/15), qui nous satisfait déjà beaucoup plus. Sous l’impulsion du Syndic en tout début de législature, et plus encore depuis la prise en main du dossier par Mme la Municipale Natacha Litzistorf, la Municipalité s’est enfin saisie sérieusement de cette affaire, pour aboutir aujourd’hui à des premières propositions concertées, notamment au protocole d’accord qui nous est soumis.
Je commencerais donc par relever ici quelques éléments de satisfaction :

  • tout d’abord le rééquilibrage des décollages entre le Nord et le Sud, en favorisant les mouvements vers le Nord, conformément aux répartition qui existaient encore en 2006-2007 et au cadastre du bruit de l’aéroport ;
  • ensuite, les actions présentées en vue de limiter les nuisances, notamment les incitations financières au choix d’aéronefs moins bruyants et moins polluants, la mise à disposition d’essence sans plomb à un taux préférentiel ou la sensibilisation des pilotes ;-
  • enfin, la réalisation de l’étude de bruit tant demandée par les pétitionaires, qui au-delà du strict respect de l’Ordonnace sur la protection contre le bruit (OPB), démontre que la gêne due au passage des avions est effective et importante.

Au-delà de ces éléments de satisfaction, qui répondent à de réelles préoccupations de la population, il est toutefois important de ne pas oublier la situation actuelle, qui peut se résumer ainsi : alors que le terrain est mis très généreusement à disposition par la Ville de Lausanne et que seule une infime part des utilisateurs paient des impôts à Lausanne, ce sont essentiellement les Lausannoises et les Lausannois qui subissent les nuisances de l’aéroport.

En ce sens, si nous saluons ce rapport-préavis, nous sommes obligés de le considérer seulement comme un premier pas, mais nous en attendons d’autres de la part de la Municipalité, même si nous sommes conscients que sa marge de manœuvre est étroite, notamment sur les points suivants :

  • une diminution du nombre de vols d’écolage, qui malgré la situation urbaine de l’aéroport, représentent 37% des mouvements d’avions ;
  • un encadrement du développement des vols d’hélicoptères, où les vols de sauvetage, incontestés, ne représentent que 29%, mais où il est par contre possible depuis La Blécherette de partir en hélicoptère pour une petite escale gourmande dans un restaurant, pour un transfert au karting de Vuiteboeuf, pour une partie de golf ou pour de l’héliski ;
  • une évaluation des toutes les possibilités d’augmenter la redevance du droit distinct et permanent de superficie (DDP), qui ne rapporte qu’environ Fr. 60’000.- par année à la Ville de Lausanne, soit seulement quelques 30 centimes par m 2 .

Bref, alors que notre Conseil communal a déclaré il y a 2 semaines l’urgence climatique, que les riverains de l’aéroport souffrent de ses nuisances sonores et que les premiers bâtiments de l’écoquartier voisin des Plaines-du-Loup ont été mis à l’enquête, nous devons vraiment chercher tous les moyens à disposition pour cohabiter au mieux jusqu’à la fin de la concession d’exploitation de l’aéroport en 2036. Aujourd’hui, les habitants qui se trouvent dans l’axe des décollages en direction de la Ville n’en peuvent plus, ne pouvant simplement pas être sur leur balcon ou vivre les fenêtres ouvertes lors des belles journées d’été. Il est de notre devoir de préserver la santé et la qualité de vie de notre population.

Enfin, que dire du comportement de l’aéroport, qui pendant ce temps se permet d’évoquer une extension de la piste, le développement de vols de ligne ou encore de tester une ligne de fret aérien avec la Grande-Bretagne, dans un déni total du contexte dans lequel se trouve l’aéroport et de la période que nous vivons.

En conclusion, je remercie encore Mme la Municipale Natacha Litzistorf pour avoir empoigné ce dossier avec force et conviction, mais je reprendrais les termes du vœu que j’ai déposé en commission et que celle-ci a accepté, souhaitant que la Municiplaité poursuive ses efforts pour réduire les nuisances de l’aéroport et fasse son possible pour adapter la redevance versée par celui- ci.

Valéry Beaud

Lausanne

Il faut dézoner la campagne de Rovéréaz

A Rovéréaz, cinq ONG environnementales, les Vert·e·s lausannois·es, le Mouvement pour la Défense de Lausanne, des riverains et plus de 5000 citoyennes et citoyens s’opposent à un projet destructeur pour la nature et l’environnement.

Un projet de construction de 18 logements de luxe dans la campagne de Rovéréaz, au milieu d’une zone de verdure adorée des Lausannoises et Lausannois, d’un biotope et d’une zone protégée à l’ISOS, a provoqué une levée de boucliers, tant au sein des associations de protection de la nature que parmi les citoyennes et citoyens. Le projet en cause sacrifie une campagne encore vierge et dénature l’ensemble du site au sud de la ferme de Rovéréaz, pour des constructions privées qui profiteraient uniquement à une poignée de privilégiés. De plus, sa localisation en lisière de forêt et le nombre de places de parc prévues (42 souterraines et 4 en surface) mettent en danger tout l’écosystème environnant. Le trafic et le mitage qui en résulteront perturberont la faune, la flore, les riverains et les promeneurs, tout en détruisant irrémédiablement le charme des lieux.

Pro Natura, WWF, la Fondation suisse pour la protection et l’aménagement du paysage (FP),ATE et Helvetia Nostra se sont réunies pour former une opposition commune (cf. annexes). Elles demandent à la Municipalité de Lausanne de rendre cette parcelle inconstructible, afin de la laisser en zone de verdure. Ces demandes sont renforcées par des oppositions des Vert·e·s lausannois·es et du Mouvement pour la Défense de Lausanne dont les conclusions sont identiques. Les Vert·e·s ont également travaillé au Conseil communal ces dernières années afin de rendre cette parcelle inconstructible. Cette zone de verdure est non seulement essentielle aux habitantes et habitants des hauts de Lausanne, car c’est un site paysager et de loisirs, un poumon vert dans un milieu urbain. Il faut également la protéger pour une multitude de raisons environnementales et paysagères : protection du patrimoine bâti et paysager, de la cohérence historique du site de Rovéréaz, de la faune et de la flore. Ce projet entre donc en totale contradiction avec les principes actuels d’aménagement du territoire et de densification, qui doit se faire dans les centres urbains.

Les organisations environnementales ne sont pas les seules à se mobiliser pour la préservation de cet espace de détente et de délassement proche de Lausanne. En effet, divers riverains ont formé opposition et plus de 5000 citoyennes et citoyens ont signé une pétition qui demande de rendre cette zone inconstructible. La pétition sera transmise mardi prochain, 26 novembre 2019, à la Municipalité de Lausanne. Le large soutien qu’elle a reçu montre l’attachement des habitantes et habitants de la région à la campagne de Rovéréaz, en plus des raisons évidentes de protection de la nature, de l’environnement et du climat. Toutes ces raisons doivent mener la Municipalité de Lausanne à dézoner cette parcelle.

L’implication de la population devrait convaincre de renoncer à ce projet, puisqu’il s’agit de la seule solution possible pour concilier la volonté populaire et les principes définis dans le plan climat que la ville de Lausanne a présenté récemment.

Opposition commune des organisations environnementales (WWF Vaud, Pro Natura Vaud, ATE Vaud, Helvetia Nostra, Fondation suisse pour la protection et l’aménagement du paysage (FP))

Opposition des Vert·e·s lausannois·es

Alice Genoud, Anne Berguerand, Benjamin Rudaz, Daniel Dubas, Intervention communale, Lausanne, Valéry Beaud, Vincent Rossi, Xavier Company

Le barreau Vigie-Gonin et le tram

Interpellation urgente

Le barreau routier Vigie-Gonin retardant encore le tram, il est temps de proposer des alternatives respectueuses du climat et de la biodiversité
Depuis 2011, tout en soutenant fermement le projet de tram Renens-Gare – Lausanne-Flon (t1), les Verts lausannois, ainsi qu’Ensemble à Gauche, ont régulièrement critiqué la mesure d’accompagnement consistant à construire un barreau routier entre la Rue de la Vigie et l’Avenue Jules-Gonin au travers et au détriment de la forêt du Flon. Au fil des années, nous sommes intervenus à plusieurs reprises au sein du Conseil communal de Lausanne (question écrite, interpellations, postulat et débats dans le cadre des préavis) pour tenter de ramener les autorités à la raison, proposer des alternatives à la construction de cette nouvelle route en plein centre-ville et demander que ces alternatives soient sérieusement étudiées afin de trouver une solution réfléchie plutôt qu’imposée par manque d’information. Malheureusement, tant la Municipalité que le Conseil communal ne nous ont pas suivis, estimant notamment, à tort, qu’examiner des alternatives allait entraîner un retard des travaux et de la mise en service du tram.

Il y a un peu plus d’une année, les Verts lausannois et Ensemble à gauche s’étaient par contre félicités 1 de l’arrêt du Tribunal administratif fédéral (TAF) du 2 février 2018 2 , par lequel, en substance, le TAF validait l’autorisation de construire pour le tram et le bus à haut niveau de service (BHNS) attendus depuis de nombreuses années et indispensables pour notre politique de mobilité, tout en renvoyant le projet routier du barreau Vigie-Gonin à une procédure ad hoc, estimant que l’Office fédéral des transports (OFT) n’était pas compétent pour valider cette mesure d’accompagnement, faute de lien suffisamment étroit entre les deux infrastructures (ferroviaire et routière).

Les transports publics lausannois (tl) ont fait recours au Tribunal fédéral (TF) contre cette décision du TAF, retardant d’autant le début des travaux du tram. Là encore, lors du débat, les Verts lausannois et Ensemble à Gauche ont regretté cette volonté des tl de recourir, portant ainsi préjudice à leur propre projet de tram. La décision du TF est tombée le 8 mai 2019 et, par 3 juges contre 2, il a annulé la décision du TAF et renvoyé le dossier à cette autorité pour examiner la validité des plans routiers du barreau Vigie-Gonin. Nous accueillons cette dernière décision avec un certain regret, car elle est la pire qui pouvait arriver : celle qui retarde encore le plus le projet de transports publics. Avec encore au minimum un temps de traitement de 18 mois devant le TAF, puis à nouveau une douzaine devant le TF en cas de nouveau recours, suivi de 4 à 5 ans de travaux, le tram n’arrivera donc vraisemblablement pas avant 2027 à la Place de l’Europe.

Dans le courant de l’été, le Tribunal a publié les considérants des arrêts rendus à ce sujet (il y en a quatre au total, dont un principal : l’arrêt du Tribunal fédéral 1C_125/2018 du 8 mai 2019), ce que nous attentions notamment avant de demander l’urgence à cette interpellation, afin de permettre à la Municipalité de nous répondre en toute connaissance de cause. Le TF retient en substance que la décision du TAF était trop formaliste et qu’il fallait admettre la compétence de l’OFT à valider les plans routiers, de même que de retenir que tel avait été le cas. En plus de cet élément purement formaliste, le TF a admis qu’il existait un lien suffisant entre le barreau routier et le projet de tram, qui nécessitait de les examiner en commun. Il a donc été renvoyé au TAF pour que celui-ci examine juridiquement « les problématiques liées au défrichement et aux expropriations nécessaires à la réalisation de cet ouvrage », ainsi que la validité et la proportionnalité de cette nouvelle route. Toutefois, les seules études évoquées par le TF pour indiquer la (prétendue) surcharge du carrefour Chauderon- Sud datent de 2010, 2012 et 2013, puis une note de 2014 qui indiquerait une charge de 90% avec les mesures de compensation (dont la rampe en question) et non plus de 100% comme retenu en 2012… alors que nous sommes bientôt en 2020 !

Il existe une voie qui permettrait de mettre fin à ces procédures judiciaires dommageables, qui ne font que retarder la mise en service du tram : démarrer les travaux du tram et des BHNS sans délai, puisqu’ils sont maintenant validés par les instances judiciaires, et rechercher une alternative concertée avec les opposants au barreau Vigie-Gonin plutôt que de porter à nouveau le même dossier devant les tribunaux, raccourcirait possiblement la mise en service du tram.

En effet, le nouveau jugement à venir devant le TAF est relativement imprévisible. Etant donné qu’il impacte la forêt, le projet de barreau doit être conforme à l’article 5 de la Loi fédérale sur les forêts (LFo), qui part du principe que tout défrichement est interdit (le défrichement étant un des éléments expressément mentionné par le TF comme devant être examiné par le TAF, à son considérant 4.4). Pour qu’une autorisation puisse être accordée à titre exceptionnel, il faut répondre à deux conditions impératives : un intérêt prépondérant, ce qui semble être accordé par le récent jugement du TF qui lie le projet routier à celui du tram, mais aussi la preuve que l’ouvrage pour lequel le défrichement est sollicité soit indispensable et ne puisse être réalisé qu’à l’endroit prévu. Cette démonstration ne sera pas des plus faciles à faire pour les porteurs de projet, car comment démontrer en 2019 que le barreau Vigie-Gonin est nécessaire et qu’aucune alternative ne soit possible hors de l’aire forestière?

Il est utile de rappeler que lors de la demande de concession ferroviaire du 15 mars 2010 pour le tram t1, la liaison routière Vigie-Gonin ne figurait pas dans le projet. Les études de trafic avaient alors démontré que le tram était réalisable sans elle. Ce n’est que le 16 décembre 2010 qu’il a été ajouté, parce qu’il constituait l’accès à un futur tunnel routier imaginé sous Saint-François. L’ajout du barreau Vigie-Gonin dans le projet de tram a alors été imposé aux tl. De nouvelles études de trafic ont été réalisées, démontrant cette fois-ci l’utilité de cette liaison.

Mais aujourd’hui, les choses ont changé, nous sommes en 2019! D’une part, le Plan directeur communal (PDCom) a fort heureusement supprimé toute référence à un éventuel futur tunnel sous Saint-François dans sa version finale. D’autre part, plus le temps passe, moins le barreau Vigie-Gonin ne sera nécessaire. En effet, le taux de motorisation des Lausannois continue sa décroissance et les parts modales des transports publics et de la mobilité douce continuent à augmenter. Les études de trafic ayant conclu à la nécessité du barreau Vigie-Gonin sont de surcroît trop vieilles et ne prenaient même pas en compte les développements futurs de l’offre en transport public, comme le métro m3, qui, les années passant, va finalement se réaliser très peu de temps après le tram t1, diminuant significativement le trafic au carrefour Chauderon Sud. De nouvelles études doivent donc être réalisées sur la base des données actuelles et du retour d’expérience très positif des monitorings réalisés lors de récentes fermetures provisoires de tronçons routiers (Pont Chauderon et Vieux-Moulin), qui ont montrés un intéressant phénomène d’évaporation du trafic. Tout cela devrait naturellement conduire à renoncer au barreau routier Vigie-Gonin, économisant des millions de francs et sauvant un poumon vert du centre-ville.

La Municipalité vient par ailleurs d’établir un rapport-préavis 2019/30 qui sera prochainement soumis à l’approbation du Conseil communal, pour une politique climatique et l’élaboration d’un plan climat. La sortie de ce rapport-préavis constitue la deuxième raison de la demande d’urgence de cette interpellation, compte tenu de l’urgence aux mesures climatique qu’il implique, et à la place qu’il donne au patrimoine arboré, comme base de compensation (« puit ») carbone, mais aussi de barrière climatique citadine pour lutter contre les canicules toujours plus importantes.

Il est aussi utile de rappeler que l’arrêt du TAF de l’an dernier avait débouté des opposants sur toute la ligne à propos de la diminution de l’accès routier au centre-ville et du nombre de places de stationnement.

Enfin, il faut encore relever que la réalisation du barreau Vigie-Gonin est contraire avec la politique de mobilité durable que les autorités cantonales et communales ont elles-mêmes inscrits dans le Plan directeur cantonal (PDCn), le Projet d’agglomération Lausanne-Morges (PALM), le nouveau Plan des mesures OPair 2019 de l’agglomération Lausanne-Morges ou le Plan directeur communal (PDCom) de Lausanne.

Alors que la quasi-totalité des partis politiques a fait de la protection du climat et de la biodiversité leur priorité en cette année électorale, il est temps de passer à l’action et de prouver que ce ne sont pas là que des mots, mais que des actes concrets et locaux doivent suivre, à commencer par la préservation de la forêt du Flon et le renoncement à une route supplémentaire en plein centre ville. L’urgence climatique décrétée par le Canton de Vaud, ainsi que les postulats déposés au Conseil communal de Lausanne et renvoyés à la Municipalité concernant un Plan climat,ainsi que l’urgence climatique, permettront aussi de fixer des exigences claires en terme de protection du climat pour la Ville de Lausanne.

Sur la base des éléments présentés ci-dessus, l’objet de cette interpellation est de poser les questions suivantes à la Municipalité :

  1. La Municipalité peut-elle préciser les prochaines étapes prévisibles de la procédure et le calendrier indicatif associé ?
  2. Est-ce que dans l’attente du futur jugement du TAF, de nouvelles études de trafic ont été ou vont être réalisées, notamment en tenant compte du M3 et sans le barreau Vigie-Gonin ?
  3. Est-ce que dans l’attente du futur jugement du TAF, des alternatives au barreau routier Vigie-Gonin ont été ou vont être étudiées ?
  4. En fonction du résultat de ces études, la Municipalité est-elle prête, le cas échéant, à renoncer à la réalisation du barreau Vigie-Gonin et à la destruction de la forêt du Flon ?
  5. Existe-t-il un « plan B » notamment au cas où le TAF devait refuser la réalisation du barreau Vigie-Gonin au travers de l’aire forestière ?
  6. Comment la Municipalité explique-t-elle les différences ressortant des deux études de trafic de 2010 relatives aux mesures d’accompagnement du tram, l’une indiquant que la réalisation du tram était possible sans la liaison routière, l’autre non ?
  7. Au vu des années qui passent et de l’évolution constatée de la mobilité à Lausanne, la Municipalité n’estime-t-elle pas que l’étude qui a été réalisée pour démontrer l’utilité de la liaison routière Vigie- Gonin est dépassée et qu’il serait pertinent de mettre à jour les études de trafic qui ont abouti au choix du barreau Vigie-Gonin, d’autant que le tram ne devrait pas être mis en service avant 2027 ?
  8. La Municipalité est-elle prête à tout faire pour que la réalisation du tram Renens-Gare – Lausanne- Flon (t1) démarre dès que possible et ne soit pas retardée davantage ?
  9. La Municipalité est-elle prête à tout faire pour que la mise en service du bus à haut niveau de service (BHNS) Prélaz-les-Roses – Saint-François démarre dès que possible et ne soit pas retardée davantage ?
  10. La Municipalité n’est-elle pas d’avis, compte tenu de la longueur des procédures judiciaires vers lesquelles on se dirige encore, que la proposition et la mise à l’enquête dès que possible d’une alternative au barreau Vigie-Gonin pourrait potentiellement permettre une réalisation plus rapide du tram dont l’agglomération lausannoise a besoin ?
  11. Au vu de la prise de conscience généralisée et scientifiquement prouvée de l’urgence climatique, dont il est fait état dans le rapport-préavis 2019/30, la Municipalité n’estime-t-elle pas qu’il serait opportun d’éviter la construction d’une nouvelle liaison routière en plein centre-ville en lieu et place d’une aire forestière?

Xavier Company, Valéry Beaud, Benjamin Rudaz, Alice Genoud, Daniel Dubas, Vincent Rossi, Anne Berguerand

1Interpellation urgente de Valéry Beaud et crts « Le tram passe, la rampe trépasse ! » du 6 mars 2018 ; Interpellation urgente de Johann Dupuis et crts « Le barreau Vigie-Gonin : quel plan B pour cette liaison routière ayant échappé à tout contrôle démocratique ? » du 6 mars 2018
2A-2465/2016, https://www.bvger.ch/dam/bvger/fr/dokumente/2018/01/Arrêt%20A-2465-2016.pdf.download.pdf/A-2465-2016_WEB.pdf

Feuille verte, Lausanne

La forêt et le tram

Nous ne perdons pas espoir pour la forêt du Flon à côté du tram !

Comme vous le savez, depuis plusieurs années, les Verts maintiennent la pression sur la Municipalité et sur le Canton pour débuter au plus vite les travaux du tram, trouver une alternative au barreau Vigie-Gonin (qui est sensée être construit à la place de la forêt du Flon) et ainsi sauver la forêt. Vous trouverez notamment ici notre interpellation de 2018 qui faisait suite à la décision du Tribunal administratif fédéral qui annulait la rampe, estimant que les procédures d’acceptation n’était pas conformes ; et la résolution que nous avons réussi à faire accepter au Conseil communal de Lausanne (qui est, dans sa majorité, plutôt en faveur de la rampe routière pour l’instant, mais nous sommes toujours déterminés à faire changer cela) : «le Conseil communal souhaite que la Municipalité intervienne auprès du Canton et des tl pour que débutent sans attendre les travaux du tram Renens-Gare – Lausanne-Flon (t1), du bus à haut niveau de service (BHNS) Prélaz-les-Roses – Saint-François et du garage atelier (GAT) ». Le but était en effet d’insister pour que la Municipalité fasse son possible pour débuter les travaux du tram, très attendus tant par les Lausannois-es que par les habitants de l’Ouest lausannois, dès que possible et malgré les recours au Tribunal fédéral pour les aspects relatifs à la rampe Vigie-Gonin.

En 2019, suite à la décision du Tribunal fédéral qui a annulé la décision précédente du tram (en retenant que les procédures liées à la route étaient conformes, mais qu’il fallait maintenant examiner le fond, soit le fait que la route puisse bien être construite et que toutes les conditions étaient réalisées pour cela), nous avons renchéri avec une nouvelle interpellation et un nouveau communiqué de presse. L’objectif, une fois encore et malgré la mauvaise nouvelle judiciaire, est de débuter sans tarder les travaux du tram, pour une mise en service la plus rapide possible (dès lors que le tram, en lui-même, a été formellement et juridiquement validé par les Tribunaux), tout en examinant des alternatives pragmatique, judiciaire et qui tiennent compte de l’urgence climatique, pour préserver la forêt et éviter la construction d’une nouvelle route en plein centre ville, qui ferait office de pénétrante urbaine nocive à notre sens. Il convient aussi, selon nous, de réaliser de nouvelles études de circulation pour examiner l’opportunité des mesures de compensation du tram, dès lors que celles d’origine datent de 2012 et ne tiennent pas compte du M3, par exemple, qui verra le jour quasiment en parallèle.

Une nouvelle interpellation, urgente, sera déposée le 8 octobre suite à la réceptions des considérants des quatre arrêts du Tribunal fédéral et à la publication du préavis «Plan Climat» de la ville de Lausanne, afin que la Municipalité réponde sans délai à nos questions et démarre ainsi les réflexions nécessaires. Au niveau cantonal, une intervention verte pour démarrer sans délai les travaux du tram attend encore une réponse de la part du Conseil d’Etat.

Le but est toujours le même : malgré les procédures juridiques en cours, tout faire pour exiger de la Municipalité et du Canton qu’ils examinent des alternatives au barreau et qu’ils construisent le tram dès que possible sans cette rampe routière. Pour l’instant, c’est dans cette perspective que nous œuvrons car nous croyons toujours qu’une solution politique peut être trouvée, alors que le Canton annonce un Plan climat depuis des mois, sans en montrer la couleur, la Ville vient de faire des annonces prometteuses avec notamment une volonté de neutralité carbone d’ici à 2030 et l’abandon de toute électricité de provenance nucléaire et fossile dès 2020.

Même s’il est évident que le tram n’aurait pas dû être mêlé à ce défrichement, et les procédures différenciées dès le début, nous devons continuer d’exiger une solution politique et juridique en ce sens. Comment pourrions-nous légitimement prétendre nous battre pour le climat mondial si nous ne sommes pas capables de protéger les arbres de notre ville? La protection du climat se joue à tous les niveaux et il en va de la cohérence de la Ville et du Canton de montrer un soutien réel à la vague qui soulève les foules depuis plusieurs mois en préservant cette forêt centenaire et en invitant les fans du bitume et de la voiture en ville à utiliser les nouveaux transports publics de qualité.

Alors si vous pouvez, et voulez, nous aider dans cette campagne, c’est avec plaisir : en route pour un parlement fédéral plus vert·e·s et qui défende de la nature !

Xavier Company

Lausanne

Un projet insatisfaisant pour la campagne de l’Hermitage imposé par le Canton

Communiqué de presse des Verts lausannois·es du 4 juillet 2019

La décision du Conseil d’Etat relative à l’agrandissement du Tribunal cantonal à l’Hermitage a fortement surpris les Vert-e-s lausannois·es. Si nous sommes conscients et soutenons la nécessité d’unifier toutes les Cours du Tribunal cantonal, le processus de décision du lauréat (sans consultation de la Ville de Lausanne) et, surtout, l’impact du projet choisi sur la campagne de l’Hermitage ne semblent pas acceptables. Ce magnifique écrin de verdure qui offre l’un des plus beaux points de vue panoramique de Lausanne est cher au cœur des Lausannois·es. L’agrandissement de l’actuel bâtiment du Tribunal cantonal augmenterait l’emprise du bâti sur un espace vert d’une rare qualité, très fréquenté et apprécié de la population hiver comme été. Le projet tel que conçu dégradera la beauté des lieux, alors que d’autres solutions sont envisageables et nettement moins dommageable pour le paysage.

Les Vert-e-s lausannois·es comprennent et soutiennent la volonté d’unir les différentes Cours du Tribunal cantonal en un seul espace, permettant ainsi une meilleure collaboration interne et un meilleur échange de compétences et de connaissances, ainsi qu’une rationalisation des ressources. Il est indispensable que cette unification se fasse enfin, alors qu’elle est réclamée par les magistrats depuis de nombreuses années. Toutefois, d’autres solutions de réalisation doivent être envisagées plutôt qu’une emprise supplémentaire sur la campagne de l’Hermitage. Les Vert·e·s lausannois·es demandent que des alternatives soient étudiées comme la recherche d’un autre emplacement ou éventuellement une autre conception des agrandissements, telle que la surélévation du bâtiment existant (d’autant que le projet Lauréat est nettement plus haut) ou une légère extension vers le Nord, à l’arrière du bâtiment existant).

La campagne de l’Hermitage fait partie des parcs les plus appréciés de la Ville (et peut-être même du Canton), auquel tous les habitants sont attachés non seulement pour son espace de détente, de loisir, son écrin de verdure, mais aussi (et surtout) pour son dégagement sur le paysage alentour, sans comparaison avec d’autres lieux de la Ville. Or, le projet retenu par le Conseil d’Etat vaudois pour l’extension du Tribunal cantonal, soit un bâtiment de deux étages plus haut que le bâtiment existant, et s’avançant au sud-est sur l’angle de la parcelle, va obstruer une part importante de ce dégagement et de la campagne, pourtant retenus à l’inventaire ISOS, sans même que la Ville de Lausanne n’ait été consultée à ce sujet. Les élu-e-s Vert·e·s lausannois·es au Conseil communal avaient, en effet, déjà interpellé la Municipalité pour connaître la collaboration sur ce dossier entre Ville et Canton… et avait appris qu’elle était inexistante, soit sans même un représentant de la Ville dans le jury du concours ! Pourtant, la Ville de Lausanne effectue un travail d’entretien intense dans ce parc, ses vergers et ses ruches, ce qui aurait d’autant plus légitimé une consultation active.

Cela aboutit à un projet qui ne s’intègre pas dans le paysage et dans l’un des espaces verts et de dégagement les plus importants de la Ville. Nous ne pouvons que regretter cette attitude non collaborative et non participative du Canton qui a conduit à un projet qui sera probablement fortement combattu par les voisins et acteurs locaux. Des recours et donc des retards sont à prévoir, ce que l’on aurait pu anticiper et éviter en menant une consultation sérieuse et adéquate avec la Ville et ses habitantes et habitants.