Lausanne

Un projet insatisfaisant pour la campagne de l’Hermitage imposé par le Canton

Communiqué de presse des Verts lausannois·es du 4 juillet 2019

La décision du Conseil d’Etat relative à l’agrandissement du Tribunal cantonal à l’Hermitage a fortement surpris les Vert-e-s lausannois·es. Si nous sommes conscients et soutenons la nécessité d’unifier toutes les Cours du Tribunal cantonal, le processus de décision du lauréat (sans consultation de la Ville de Lausanne) et, surtout, l’impact du projet choisi sur la campagne de l’Hermitage ne semblent pas acceptables. Ce magnifique écrin de verdure qui offre l’un des plus beaux points de vue panoramique de Lausanne est cher au cœur des Lausannois·es. L’agrandissement de l’actuel bâtiment du Tribunal cantonal augmenterait l’emprise du bâti sur un espace vert d’une rare qualité, très fréquenté et apprécié de la population hiver comme été. Le projet tel que conçu dégradera la beauté des lieux, alors que d’autres solutions sont envisageables et nettement moins dommageable pour le paysage.

Les Vert-e-s lausannois·es comprennent et soutiennent la volonté d’unir les différentes Cours du Tribunal cantonal en un seul espace, permettant ainsi une meilleure collaboration interne et un meilleur échange de compétences et de connaissances, ainsi qu’une rationalisation des ressources. Il est indispensable que cette unification se fasse enfin, alors qu’elle est réclamée par les magistrats depuis de nombreuses années. Toutefois, d’autres solutions de réalisation doivent être envisagées plutôt qu’une emprise supplémentaire sur la campagne de l’Hermitage. Les Vert·e·s lausannois·es demandent que des alternatives soient étudiées comme la recherche d’un autre emplacement ou éventuellement une autre conception des agrandissements, telle que la surélévation du bâtiment existant (d’autant que le projet Lauréat est nettement plus haut) ou une légère extension vers le Nord, à l’arrière du bâtiment existant).

La campagne de l’Hermitage fait partie des parcs les plus appréciés de la Ville (et peut-être même du Canton), auquel tous les habitants sont attachés non seulement pour son espace de détente, de loisir, son écrin de verdure, mais aussi (et surtout) pour son dégagement sur le paysage alentour, sans comparaison avec d’autres lieux de la Ville. Or, le projet retenu par le Conseil d’Etat vaudois pour l’extension du Tribunal cantonal, soit un bâtiment de deux étages plus haut que le bâtiment existant, et s’avançant au sud-est sur l’angle de la parcelle, va obstruer une part importante de ce dégagement et de la campagne, pourtant retenus à l’inventaire ISOS, sans même que la Ville de Lausanne n’ait été consultée à ce sujet. Les élu-e-s Vert·e·s lausannois·es au Conseil communal avaient, en effet, déjà interpellé la Municipalité pour connaître la collaboration sur ce dossier entre Ville et Canton… et avait appris qu’elle était inexistante, soit sans même un représentant de la Ville dans le jury du concours ! Pourtant, la Ville de Lausanne effectue un travail d’entretien intense dans ce parc, ses vergers et ses ruches, ce qui aurait d’autant plus légitimé une consultation active.

Cela aboutit à un projet qui ne s’intègre pas dans le paysage et dans l’un des espaces verts et de dégagement les plus importants de la Ville. Nous ne pouvons que regretter cette attitude non collaborative et non participative du Canton qui a conduit à un projet qui sera probablement fortement combattu par les voisins et acteurs locaux. Des recours et donc des retards sont à prévoir, ce que l’on aurait pu anticiper et éviter en menant une consultation sérieuse et adéquate avec la Ville et ses habitantes et habitants.

Intervention communale, Lausanne, Sara Gnoni

Urgence climatique

Intervention

Chèr·e·s collègues,

Nous sommes en ce moment deux à la tribune pour vous parler du plus grand défi que l’humanité ait connu mais je souhaiterais que nous soyons TOUTES ET TOUS unis pour y faire face. 

En ce moment je me tiens devant vous non pas comme conseillère ni comme Verte, mais comme terrienne, citoyenne, maman, porte-parole du message scientifique qui nous est communiqué depuis plus de 30 ans, sans que nous l’entendions vraiment. 

Le sujet dont nous traitons ce soir est apolitique, n’est pas partisan et que vous soyez de droite, de gauche ou du centre, vous vous devez tous de répondre à la question “quel genre de futur vous souhaitez pour vous-même vos amis, votre famille, vos proches?” 

Nous sommes face à une crise climatique et écologique sans précédent. Si les rapports du GIEC d’octobre 2018 ou l’extrait du rapport de l’IPBES qui va être présenté cette fin d’année ne vous sont toujours pas familiers, j’aimerais brièvement vous parler de deux rapports récents.

Le premier qui est le Global Risk Report du WEF de 2019 donc la matrice que vous voyez qui montre que les risques qui sont les plus probables et qui ont le plus d’impact – carré en haut à droite, sont des risques liés au climat et à la perte de biodiversité.

Dans ce rapport, une des phrases clé est celle-ci “de tous les risques, c’est en relation avec l’environnement que le monde sombrera le plus clairement dans la catastrophe”. 

Un deuxième rapport récent, une approche par les scénarios (identique au WEF, donc multiplier la probabilité qu’un événement arrive par son impact pour donner le risque) appelé “existential climate-related security risk” dit plusieurs choses essentielles:

1. Historiquement les scientifiques ont été très prudents dans leur communication, et nous le voyons maintenant c’est que la réalité dépasse même les prévisions les plus pessimistes. Comme par exemple les 31°C au cercle arctique le 13 mai passé. Le réchauffement global et la fonte des glaces se fait à un rythme beaucoup plus élevé qu’initialement prévu.

2. Pour réduire les risques que nous venons de mentionner et préserver la civilisation humaine, il est essentiel de mettre en place très rapidement un système industriel à zéro émission. Cela nécessite la mobilisation globale de ressources pour faire face à l’urgence.

3. L’institut qui publie cette étude se déclare incapable, en raison de leur ampleur, de modéliser le niveau de destruction lié au changement climatique en 2050 déjà, pour les scénarios les moins optimistes et 2050, c’est demain

Je ne vais pas vous faire l’inventaire des scénarios films d’horreur auxquels nous devrons faire face si nous n’agissons pas ou pas assez vite, mais plutôt vous dire que c’est une opportunité unique d’agir ensemble et de créer un futur beaucoup plus agréable pour nous tous, avec une société inclusive, des villes plus belles propres et résilientes, respectant les limites de la biosphère.

En effet, la protection du climat et de la biodiversité s’accompagne de nombreuses aubaines en matière d’emplois locaux, que ce soit dans l’agriculture, l’industrie locale ou l’artisanat, en particulier dans le domaine de la réparation. Cela ouvre des perspectives pour résoudre, au moins en partie, les problèmes de socitété auxquels nous faisons face et que personne ne peut nier, comme la précarisation de la population, l’insécurité, les migrations, les pertes d’identité ou les inégalités.

Un autre extrait du WEF dit  Innovative and collaborative approaches may be needed to ensure that action is taken globally before it is too late

Le but de notre postulat est donc de déclarer l’urgence climatique pour donner enfin à la crise climatique et environnementale l’importance qu’elle doit avoir, c’est à dire une situation de crise qui menace la vie humaine.

Nous nous joindrons ainsi au mouvement de pays, de Villes, de Etats et régions qui l’ont fait avant nous et qui couvrent à présent une population de 70 millions de personnes au niveau mondial. Nous pouvons citer comme exemples Le Royaume-Uni qui a été le premier pays au monde à déclarer l’urgence climatique et qui a été suivi par l’Irlande, l’Ecosse ou, plus près de chez nous, Yverdon, Delémont  le canton de Bâle Ville, du Jura ou le canton de Vaud.

Au delà du geste hautement symbolique, le but est double: tout d’abord d’informer, sensibiliser et éduquer la population, les collectivités, les entreprises et créer une large adhésion pour passer à l’action. En effet on a beau lire des rapports, ou des informations scientifiques, rien ne vaut un message clair, transmis par des personnes qui nous sont proches et auxquelles on peut se relier. 

Dans le cadre de ce premier but se trouve également un rôle d’exemplarité: par notre déclaration d’urgence climatique, nous pouvons inspirer d’autres villes à faire de même et créer un cercle vertueux vers l’action.

Le 2e but de ce geste symbolique est d’accélérer le traitement des objets en lien direct avec la sauvegarde du climat. La déclaration permettra ainsi de mettre la priorité sur ces objets, par exemple le plan climat qui vient de vous être présenté, que nous avons co-signé et que nous soutenons fortement, pour que le groupe de travail qui se penche dessus puisse y travailler de toute urgence – soit à la hauteur de l’enjeu auquel nous faisons face. Nous avons un peu moins de 11 ans pour agir, pas pour mettre en place un plan mais pour agir concrètement et nous ne pouvons pas accepter les délais usuels de traitements des objets pour un enjeu vital tel que celui-ci, 11 ans c’est demain

En commission il y a évidemment eu des objections telles que le fait que ceci créerait un précédent pour apporter des sujets en urgence de toutes parts, comme le harcèlement par exemple. Vous l’aurez compris et j’en appelle à votre bon sens, qu’il ne s’agit pas du tout du même degré d’urgence, on parle, encore une fois de la survie de notre société. Une autre objection était celle qu’il est difficile objectivement de savoir quels objets sont liés au climat, sur ce point j’en appelle encore une fois au bon sens et à l’expertise du groupe de travail qui se penchera sur la mise en place des mesures concrètes pour nous sortir des énergies fossiles pour déterminer la pertinence ou non de l’urgence.

Je vous rappelle enfin que nous avons une responsabilité morale, en tant que pays riche, d’agir au plus vite et au-delà de ce qui est demandé par le GIEC pour que les pays qui n’ont pas encore accès à l’électricité ou à l’eau courante puissent atteindre un niveau de vie digne. L’urgence n’est donc pas seulement dans notre intérêt de préserver notre climat, nos alpes, nos cultures, mais aussi notre devoir de pays riche.

J’espère que vous l’aurez compris, nous sommes face au plus grand défi de notre espèce et la réponse que vous donnerez ce soir avec votre vote sera déterminante pour assurer un futur à vous ainsi qu’aux personnes que vous aimez.

Sara Gnoni

Références:

Rapport WEF Global Risks Landscape 2019

The year 2018 was another one of storms, fires and floods.19 Of all risks, it is in relation to the environment that the world is most clearly sleepwalking into catastrophe. The Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) bluntly said in October 2018 that we have at most 12 years to make the drastic and unprecedented changes needed to prevent average global temperatures from rising beyond the Paris Agreement’s 1.5oC target. In the United States, the Fourth National Climate Assessment warned in November that without significant reductions in emissions, average global temperatures could rise by 5oC by the end of the century.20 GRPS respondents seem increasingly worried about environmental policy failure: having fallen in the rankings after Paris, “failure of climate-change mitigation and adaptation” jumped back to number two in terms of impact this year. And the most frequently cited risk interconnection was the pairing of “failure of climate-change mitigation and adaptation” and “extreme weather events”. The accelerating pace of biodiversity loss is a particular concern. The Living Planet Index, which tracks more than 4,000 species across the globe, reports a 60% decline in average abundance since 1970.21 Climate change is exacerbating biodiversity loss and the causality goes both ways: many affected ecosystems—such as oceans and forests—are important for absorbing carbon emissions. Increasingly fragile ecosystems also pose risks to societal and economic stability. For example, 200 million people depend on coastal mangrove ecosystems to protect their livelihoods and food security from storm surges and rising sea levels, as discussed in Chapter 5 (Fight or Flight).22 One estimate of the notional economic value of “ecosystem services”—benefits to humans, such as drinking water, pollination or protection against floods—puts it at US$125 trillion per year, around two-thirds higher than global GDP.23

In the human food chain, loss of biodiversity affects health and socio- economic development, with implications for well-being, productivity and even regional security. Micronutrient malnutrition affects as many as 2 billion people. It is typically caused by a lack of access to food of sufficient variety and quality.24 Nearly half the world’s plant-based calories are provided by just three crops: rice, wheat and maize.25 Climate change compounds the risks. In 2017, climate-related disasters caused acute food insecurity for approximately 39 million people across 23 countries.26 Less obviously, increased levels of carbon dioxide in the atmosphere are affecting the nutritional composition of staples such as rice and wheat. Research suggests that by 2050 this could lead to zinc deficiencies for 175 million people, protein deficiencies for 122 million, and loss of dietary iron for 1 billion.

Intervention communale, Lausanne, Sophie Michaud Gigon

Aide et conseils pour se débarrasser de l’amiante

Intervention

Préavis «Organisation, compétences et actions communales relatives à la problématique de l’amiante» n° 2019/10

La Ville est organisée sur la problématique de l’amiante et le précise dans ce préavis.

Tous les bâtiments construits avant 1990 contiennent ce matériau utile dans la construction et fort dangereux pour la santé. On en retrouve donc hélas partout. L’impact sur la santé dépend comme pour toute substances toxiques du cumul et de la durée d’exposition, ainsi que du profil de la personne. Guy Gaudard l’a illustré pleinement. Pour ses propres bâtiments, la Ville est équipée, elle a même revu l’ordre des rénovations à faire. Les bâtiments scolaires ont été diagnostiqués en priorité ; sans pouvoir garantir qu’il n’y ait plus de traces, les travaux à effectuer l’ont été. Par ailleurs, la Ville souhaite intensifier l’information aux habitants en mettant aussi en avant le principe de précaution et en élargissant aux autres matériaux toxiques de la construction; c’est une bonne chose, il ne faut pas relâcher l’attention.

Là où les Verts voient aussi un enjeu, c’est dans le lien avec la population elle-même confrontée à des travaux. L’amiante et sa dangerosité est plutôt bien connue de la population. Comme pour toute substance toxique pour la santé, les questions qui taraudent les gens sont : à partir de quelle exposition est-ce grave pour ma santé, comment m’en prémunir, est-ce suffisant si je fais ceci ou cela etc. Nous n’avons pas forcément les connaissances ni les ressources pour avancer seul. Ces questions peuvent vite devenir anxiogènes et la Ville doit – tout en agissant – rassurer et surtout donner des pistes.

Si vous êtes propriétaire d’un appartement ou locataire d’un bail commercial et que vous envisagez des travaux, le problème de l’amiante s’imposera, mais vous ne saurez pas forcément quoi faire. Et si vous le savez, vous n’en aurez pas forcément les moyens, le désamiantage étant onéreux et s’ajoutant à une facture qui peut être déjà très importante selon les travaux. En bref, la Ville doit aussi accompagner les habitants, soit en soutenant financièrement les diagnostics, soit en établissant des protocoles avec ce qui est indispensable et ce qu’il est recommandé de faire. Bref, elle doit conseiller les gens et s’assurer que le problème n’est pas seulement pris au sérieux intellectuellement, mais dans les actes, en allégeant le cas échéant la charge reposant sur la personne prévoyant des travaux. Comme c’est ici une question de santé publique, un soutien du canton semble justifié.

Les Verts soutiennent avec ces remarques la réponse au postulat Gaudard et ce préavis municipal à l’unanimité.

Je vous remercie de votre attention.

Sophie Michaud Gigon

Intervention communale, Marie-Thérèse Sangra

Projet d’aménagement hydroélectrique sur le Rhône

Intervention (1)

R81 Préavis N° 2019/08- Projet d’aménagement hydroélectrique sur le Rhône au palier de Massongex-Bex – Constitution d’une société anonyme (SIL)

Les Verts lausannois ont majoritairement une position critique envers le projet, une minorité dans le groupe accepte cependant ce projet. Un collègue viendra défendre cette deuxième position. Je souhaite aussi déclarer mes intérêts et vous informer que je travaille pour une association nationale de protection de l’environnement, le WWF Suisse.

Le projet de palier hydroélectrique prévu sur le Rhône entre Bex et Massongex est un projet qui avait été conçu dans les années 90 dans le cadre du projet HydroRhône qui prévoyait à l’époque la construction de 10 nouveaux barrages sur le Rhône. Ce projet avait à l’époque été vivement combattu par les milieux agricoles et environnementaux. Il a ensuite été abandonné.

Aujourd’hui, il est donc prévu de construire un nouveau barrage sur le Rhône à la sortie de St Maurice sur les communes de Massongex (Valais) et Bex (Vaud) directement à l’aval de celui de Lavey. La centrale hydroélectrique sera construite en rive gauche du Rhône et pour assurer une hauteur de chute suffisante, le lit du Rhône sera abaissé de 3.4 mètres. Le projet prévoit aussi des systèmes de passe à poissons pour assurer la montaison et la dévalaison des poissons, ainsi que des mesures de compensation nature pour compenser les atteintes. Ce projet est conforme à la Stratégie énergétique 2050 et est considéré d’importance nationale.

La demande de concession pour MBR a été déposée en 2016, lors de la mise à l’enquête, il a recueilli diverses oppositions ; le dossier est actuellement en cours de procédure. Le futur barrage étant à cheval entre les deux cantons, les droits d’eau appartiendront pour moitié au canton du Valais et pour moitié au canton du Vaud, ceux-ci sont répartis (dans le canton de Vaud) entre Romande Energie (33.33%) et la Ville de Lausanne (16.67%). La participation de chaque partenaire aux coûts du consortium et au capital de la société à créer suit cette même répartition.

Le coût total du barrage s’élève à 158 mio de francs, le financement prévoit 30% de fonds propres et 70 % de fonds étrangers, soit 47’400’000.- de fonds propres. Dans le cadre de la nouvelle LEne ( janvier 2018), des contributions d’investissement pour de nouveaux aménagements hydroélectriques d’une puissance supérieure à 10 MW peuvent être demandées au moment où l’autorisation de construire est délivrée. Cette contribution fédérale s’élèvera pour MBR à une aide financière de 54 mio.-. Pour Lausanne la participation totale (étude + phase de réalisation) s’élèvera à 8 mio de francs.

Les prévisions de production du barrage s’élèvent à 75 Gwh pour le nouvel aménagement dont 12.5 GWh iront à la ville de Lausanne. Du point de vue économique, ce barrage arrive dans une période délicate en raison d’un marché de l’électricité abandon et mal régulé qui offre de l’électricité à trop bon compte.

Le rapport préavis nous demande donc d’accepter la création de la société MBR S.A. et d’allouer un crédit d’investissement de 8 mio pour d’une part financer la part lausannoise des études menées par le Consortium MBR jusqu’à la création de la société, et d’autre part participer à l’augmentation du capital pour obtenir un financement du projet par endettement.

Mesdames et Messieurs, je suis une protectrice des rivières. La force hydraulique dont nous disposons aujourd’hui contribue grandement à notre sécurité d’approvisionnement, elle joue un rôle essentiel dans la stabilité du réseau et sa flexibilité permettant de disposer d’une production d’électricité à la demande. Il s’agit d’une énergie renouvelable et propre. Toutefois le potentiel de la force hydraulique des cours d’eau est déjà massivement exploité en Suisse et leur état écologique est globalement très mauvais. Tous les bons emplacements (topographie favorable) pour produire de l’énergie hydraulique sont déjà exploités, c’est pourquoi il ne reste que des emplacements de deuxième zone. Ce qui est le cas pour le projet MBR. Le dénivelé naturel du Rhône à cet emplacement est insuffisant pour assurer une rentabilité suffisante au projet, il sera donc nécessaire d’abaisser le lit du Rhône sur 3.4 mètres au pied du barrage sur un linéaire de 1.9 km. De telles interventions dans le lit d’un cours d’eau sont de graves atteintes à l’écosystème de la rivière.

En raison de cette hauteur de chute insuffisante, c’est tout le concept de gestion du barrage qui entre gravement en conflit –des points de vue de la protection de la nature et de la protection des cours d’eau- avec le projet de troisième correction du Rhône. Pour celles et ceux qui connaissent moins ce projet, il s’agit d’un grand projet de sécurisation du Rhône qui va du glacier du Rhône dans la vallée de Conche jusqu’au lac Léman en prévoyant aussi la recréation d’un delta naturel dans le Léman. Ce projet a débuté à partir des années 2000 après les fortes intempéries et les ruptures de digues et devrait se terminer dans une vingtaine d’années. Il coûtera in fine près de 3.5 milliards de francs. C’est le plus grand projet suisse en cours de protection contre les crues. Il conjugue tout à la fois la sécurisation de la plaine et la revitalisation du Rhône, cette rivière ayant déjà été corrigée deux fois, elle est devenue au fil du temps davantage un tuyau d’évacuation des eaux plutôt qu’une rivière vivante. Je vais tenter de vous expliquer pourquoi le projet MBR en l’état actuel compromet les enjeux nature et paysage de la mesure prioritaire d’Aigle du projet de la R3.

A l’aval du palier MBR, à peu près à la hauteur de Bex le projet de troisième correction du Rhône prévoit d’élargir le lit du fleuve sur à peu près un linéaire de 12 km, la largeur actuelle du lit sera approximativement doublée Le but de cet élargissement est de le sécuriser et mais aussi de le renaturer. Le but d’une renaturation c’est de donner à un cours d’eau fortement corrigé et artificialisé, les caractéristiques d’un cours d’eau proche de l’état naturel en restaurant au mieux son fonctionnement et son équilibre écologique. Redonner de l’espace à un cours d’eau est la première étape d’une renaturation, mais pour assurer son fonctionnement écologique, il faut aussi rétablir les processus naturels. C’est en particulier la dynamique des sédiments, ce qu’on appelle le charriage, càd le matériel transporté par le cours d’eau (sable gravier limon etc.) qui va déterminer la morphologie et le fonctionnement écologique des cours d’eau. Il est nécessaire d’avoir ces matériaux dans la rivière pour que se forment de nouveaux habitats dans le lit de la rivière et sur ses berges, là où vont s’installer les plantes pionnières et les autres organismes spécialisés des zones alluviales typiques. Vous l’aurez donc compris pour que l’élargissement du Rhône dans la région d’Aigle soit propice à la biodiversité, le charriage est indispensable. Ces matériaux solides transportés serviront à créer des milieux naturels comme des îlots, bancs de sable, des plages de limon qui sont des habitats pour la faune et la flore.

Les interventions sur les cours d’eau ont pendant des décennies sous-estimé l’importance de ces processus écologiques et se sont cantonnés à des approches sécuritaires ou économiques. Mais le mandat politique de la loi fédérale sur la protection des eaux exige depuis 2011 de rétablir les fonctions écologiques des cours d’eau.

Le projet MBR va perturber ce charriage. Comme déjà dit, il est prévu de creuser à l’aval du barrage pour obtenir une plus grande hauteur de chute. Le lit du Rhône sera abaissé de 3 à 4 mètres. Afin d’éviter que les apports du cours d’eau et de ses affluents ne comblent peu à peu la chute, il est prévu de faire une extraction permanente d’environ 10’000 m3 un peu plus bas à l’embouchure de l’Avançon, pour garantir d’une part la sécurité (de la ville de Bex, de l’autoroute, etc.) et d’autre part pour éviter que la hauteur de chute du barrage diminue, ce qui mettrait en danger la rentabilité de l’ouvrage hydroélectrique. La question de la sécurité peut être résolue d’une autre manière en rehaussant les digues là où c’est nécessaire. Par contre les extractions de sédiments sont indispensables pour le bon fonctionnement de MBR.

La loi fédérale sur la protection des eaux interdit que le régime de charriage d’un cours d’eau soit modifié par des installations au point de porter gravement atteinte à la faune et à la flore indigène et à leurs biotopes, au régime des eaux et à la protection contre les crues (art. 43, al 1). Or ces extractions permanentes à l’embouchure de l’Avançon diminueront le charriage du Rhône, ce qui empêchera que le lit du Rhône puisse être revitalisé comme le prévoit le projet de troisième correction du Rhône. Il y a donc un risque financier important en ce qui concerne le projet MBR: si les arguments écologiques l’emportent et imposent un régime de charriage minimum qui permette l’apparition des structures naturelles dans le lit du Rhône, cela portera atteinte à la hauteur de chute du barrage et le projet sera moins ou plus du tout rentable. Si par contre les intérêts du barrage l’emportent, ce sont les objectifs de la revitalisation du Rhône qui ne seront pas atteints.

Cette discussion est en cours dans le cadre du traitement des oppositions, et se poursuivra sans doute dans des procédures juridiques.

Erosion dramatique de la biodiversité

Les enjeux de notre biodiversité : un taux d’extinction des espèces «  sans précédents » et un rythme d’extinction qui s’accélère

Concours de circonstances, il y a quelques jours l’IPBES, le Conseil mondial de la biodiversité, la plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques, déposait son rapport qui devrait résonner comme un cri d’alarme sur l’état de la biodiversité. Sur les huit millions d’espèces végétales et animales présentes sur terre, 1 million sont menacées d’extinction et pourraient disparaître ces prochaines décennies. Rien de moins que la 6e extinction de masse pour laquelle l’homme est responsable et qui met en péril la survie de l’humanité. Je pense qu’il est important de comprendre que ce constat alarmant ne touche pas que les autres ou ailleurs, càd les forêts tropicales ou l’Amazonie ou les éléphants en Afrique, mais en Suisse aussi la disparition et l’extinction des espèces progressent à un rythme effrayant. Selon l’Office fédéral de l’environnement une espèce sur trois en Suisse est considérée comme menacée, 60 % des insectes sont sur ces fameuses Listes rouges des espèces en danger, 80 % de nos cours d’eau présentent en partie des déficits écologiques considérables, 60% des poissons suisses figurent sur la Liste rouge etc. En Suisse, la sauvegarde de la biodiversité accumule retard sur retard en comparaison internationale (plan d’action ultra minimaliste, budgets largement insuffisants, législations insuffisantes).

95% des rivières et cours d’eau sont déjà utilisés en Suisse pour la production hydraulique, aucun autre pays au monde n’exploite aussi intensivement ses cours d’eau. Contrairement à une idée parfois très répandue, l’exploitation de la force hydroélectrique est bien loin d’être aussi positive que ce que l’on pourrait croire. Malgré les avantages déjà énumérés de cette forme d’énergie (renouvelable, peu de CO2 et pas de déchets), il faut prendre conscience que la construction des barrages signifie toujours une atteinte majeure à l’écologie des cours d’eau : fragmentation du lit des rivières, interruption des voies de migration des poissons, colmatage du fond du lit, artificialisation des berges, atteinte à la dynamique alluviale, dégradation des habitats aquatiques et riverains, avec en conséquence la disparition des espèces qui y vivent (amphibiens, oiseaux, mammifères et plantes).

La lutte pour la biodiversité reste toutefois un enjeu très local. Une politique nationale de renaturation des cours d’eau est en force depuis 2011, et elle se met péniblement en place. Nous avons ici un projet majeur, celui de la troisième correction du Rhône, qui doit être vu comme une opportunité unique pour revitaliser le Rhône sur un très long linéaire. Il ne s’agit pas en l’occurrence d’un tronçon mineur, mais de la revitalisation d’un grand cours d’eau sur plus de 12 km, une longueur exceptionnelle dans notre pays. Le barrage MBR produira au mieux 75 GWh, ce qui correspond plus ou moins à l’équivalent de 20’000 ménages qui consomment 4’000 kWh par an, qu’on peut aussi comparer à l’augmentation annuelle de la population suisse de 60’000 personnes en 2018. Faut-il compromettre les objectifs nature de cette renaturation en l’amputant d’un paramètre essentiel, le charriage?

Transition énergétique

L’adoption de la Stratégie énergétique 2050 lors de la votation populaire du 21 mai 2017 a été un pas dans la bonne direction. La sortie programmée du nucléaire, le développement des énergies renouvelables et les objectifs d’efficacité énergétique sont désormais ancrés dans la loi.

Nous souhaitons tourner le dos aux énergies nucléaire et fossiles. Les énergies renouvelables sont la clé de la durabilité. Cependant, comme nous l’avons vu, leur développement n’est pas nécessairement respectueux de l’environnement.

Il s’agit maintenant de réduire notre consommation d’énergie, clef de voûte pour mettre en oeuvre l’Accord de Paris.! On sait que 2 KW/h sur 5 sont gaspillés et qu’il y a en Suisse un potentiel de gain de 19 TWh dans l’économie d’énergie, soit pratiquement 1/3 de la consommation d’électricité nationale. Ces 19 TWh correspondent à la production actuelle du nucléaire suisse comme le mentionne le rapport-préavis à la page 3. Malheureusement les économies d’énergie sont encore aujourd’hui le parent pauvre du tournant énergétique. A titre d’illustration, on rappellera qu’à Lausanne nous avons accepté l’année passée le crédit de 3.1 millions pour renouveler le programme Equiwatt (2019-2022) et que celui-ci permettra en 2022 d’économiser 7.1 GW/h, soit l’équivalent de 0.25% de la consommation lausannoise. C’est pas beaucoup et cela montre que cela ne va pas être facile d’aller dans cette direction qui est pourtant la seule option durable. L’assainissement énergétiques des immeubles est bien trop lent. Ce sont dans ces domaines que les 158 moi du projet ou les 8 mio de Lausanne devraient être investis.

Autre piste pour la transition énergétique l’énergie solaire : Le dernier communiqué de l’Office fédéral de l’énergie (OFEN) nous a informé en avril 2019 que les toits et les façades des maisons suisses pourraient produire 67 TWH d’électricité solaire par an. C’est bien plus que ce dont a besoin la Suisse ! La semaine passée, Roger Nordmann a sorti son livre « Comment passer de 2 à 50 GW photovoltaïque pour remplacer le nucléaire, électrifier la mobilité et assainir les bâtiments ». Moyennant le respect de hauts standards écologique et social, la production à base de solaire (dont les coûts de production sont aujourd’hui moins cher que l’hydraulique) est la voie d’avenir.

Transition urgente

Le débat de fond porte sur l’intérêt et la proportionnalité de ces nouveaux captages hydroélectriques au fil de l’eau qui ne contribuent que très faiblement à l’approvisionnement en électricité du pays. Si la Suisse a été de 1850 à 1950 la pionnière mondiale dans le développement de l’énergie hydraulique, au 21e s. les enjeux sont ailleurs pour réussir une transition énergétique moderne respectueuse de la biodiversité locale.

Bien que son urgence ne soit pas encore aussi bien perçue par le grand public, l’effondrement de la biodiversité est une crise encore plus grave que celle du réchauffement climatique. Son effondrement est révélateur d’un état extrêmement préoccupant de l’état de la planète. La biodiversité est malheureusement à l’heure actuelle négligée par la réflexion politique.

Pour tous ces motifs la majorité du groupe des Verts vous recommandent de refuser ce crédit.

Marie-Thérèse Sangra

Benjamin Rudaz, Intervention communale, Lausanne

Projet d’aménagement hydroélectrique sur le Rhône

Intervention (2)

Le groupe des verts est divisé sur cet objet, comme vous l’a déjà dit ma collègue Sangra. Une partie minoritaire soutient toutefois ce projet de palier hydroélectrique, en toute connaissance de cause et avec les avantages et inconvénients allant avec ce type de projet. Ma position sera vous l’entendrez positive, mais elle restera critique, comme il se doit. Je voudrais bien vous promettre d’être court, mais 100% de ces déclarations dans cette salle s’avèrent a posteriori trompeuse.

Un peu de géographie, pour relativiser l’importance de barrage à l’échelle du Rhône. Ce nouveau barrage est de taille et de production modeste, par rapport à ses grands frères directs au fil de l’eau sur le même Rhône que sont la centrale Souste-Chippis, (presque 100 mètres de chute), et celle de Lavey, bien connue de ce cénacle. C’est que ce fleuve ne se prête qu’à de très rares endroits à des aménagements hydroélectriques de taille raisonnable (en terme de coûts et de production). Ainsi, le palier Massongex-Bex-Rhône qui fait l’objet du débat de ce soir, est installé à l’un des derniers endroits aménageables possibles, avec une pente et une configuration de plaine adéquate. Si la pente est trop faible, hé bien point d’énergie. Si la plaine est trop large, les aménagements deviennent pharaoniques (digues, canaux de dérivation, etc). Vous pouvez vous diriger sur le Rhône en aval de Lyon pour en avoir une idée. Or à Massongex, la plaine est encore étroite, serrée à la sortie du défilé de Saint-Maurice. La pente, certes plus faible qu’ailleurs sur le Rhône, reste suffisante pour construire cet aménagement.

La sortie du nucléaire implique plusieurs stratégies, combinant économies d’énergies, développement des nouvelles énergies renouvelables (solaire, éolien), et maintien du socle de production hydroélectrique. Ce socle est essentiellement constitué des centrales à accumulation, mais comporte aussi une composante « au fil de l’eau ». Or, pour remplacer du nucléaire de ruban, il faut trouver du renouvelable en ruban, disponible toute la journée. Le débit du Rhône varie, dans l’année et dans la journée, mais une centrale au fil de l’eau comme MBR viendrait, à sa hauteur, contribuer à ce tournant énergétique. 75 GWh, cela ne paraît pas énorme, mais cela équivaut à la production annuelle d’environ 300’000 m2 de solaire photovoltaïque.

Finalement, l’impact sur l’environnement est bien sûr présent, comme pour tout projet d’une taille industrielle. Il faut toutefois remettre l’ampleur de ce projet, faible, sur le reste du projet Rhone3, qui va de manière dramatique et positive renforcer les qualités biologiques du Rhône, sur l’entier de son parcours entre Brig et le Lac Léman. Dans le cadre de ce projet du siècle (Rhône 3), l’impact de MBR aura lieu sur un tronçon limité peut donc être considéré comme acceptable.

Dernier argument pour voter oui, même avec les réserves exprimées par ma collègue : La présence de Lausanne dans ce projet paraît essentielle, de par l’exemplarité de la Ville en matière de responsabilité environnementale et envers la biodiversité. Sans Lausanne, il y a fort à parier que les autres acteurs (FMV et Romande Energie) auront une pesée d’intérêts bien plus orienté vers la production pure. Il faut donc que les SIL soient partenaires de ce projet, pour garantir que le projet se passe conformément aux engagements pris envers les ONG environnementales, et d’un point de vue politique acceptable.

Pour ces raisons, plusieurs membres du groupe des Verts voteront positivement à ce rapport-préavis, en souhaitant que vous fassiez de même.

Benjamin Rudaz

Lausanne

Les Verts veulent augmenter la qualité et la valorisation des déchets végétaux en ville

Depuis l’entrée en vigueur de la taxe au sac, la quantité de déchets végétaux a considérablement augmenté en ville. Mieux encore, il est désormais possible de revaloriser les déchets tant crus que cuits, notamment au moyen de sacs recyclables respectant la norme EN13432. Tout n’est cependant pas parfait dans le monde de la revalorisation puisque la qualité des déchets végétaux est devenue médiocre compte tenu de la grande quantité de plastique qui est y mélangée. De plus, compte tenu de l’absence d’installation de biométhanisation publique dans la région lausannoise, la valorisation de ces matières doit se faire à l’extérieur, moyennant un transport important et profitant à des entités privées. Les Verts lausannois déposeront dès lors ce soir trois objets relatifs à cette problématique au Conseil communal afin d’inciter la Municipalité à remettre l’ouvrage sur le métier.

L’interpellation de David Raedler « Quel bilan tirer de la qualité des déchets végétaux récoltés depuis le 1er janvier 2018 ? » et le postulat de Xavier Company «Moins de sachets dans les marchés, et recyclables» reposent sur le constat que la quantité de plastique est encore bien trop importante dans le compost lausannois et qu’il faut agir. Agir tout d’abord en faisant le point sur les mesures prises par la Municipalité pour réduire le taux de plastique des déchets verts envoyés par les particuliers et les commerces. Cette thématique est en effet centrale y compris dans le cas d’un processus de biométhanisation, du fait que beaucoup de biodéchets terminent leur vie en compost et autres engrais. Agir ensuite pour réduire les sacs en plastique distribués en ville, en proposant de les bannir des marchés lausannois. La Ville de Lausanne doit se poser en exemple pour ses citoyens, en espérant que cette mesure aura un effet « boule de neige », notamment sur les grandes surfaces, qui sont de grands producteurs de plastiques mais sur lesquels la législation communale n’a pas prise.

Ensuite, comme ils l’avaient annoncé dans leur programme, les Verts lausannois reviennent à la charge pour demander à la Municipalité la création d’une installation de biométhanisation en mains publiques dans la région lausannoise avec le postulat «Pour une production de biogaz lausannois». Après le projet avorté de 2013, il parait aujourd’hui plus que jamais nécessaire de mettre en place une telle structure afin de limiter le transport des déchets (et ses externalités) et de garder en mains publics la valorisation, notamment par le biais du réseau de gaz des SIL.

David Raedler, Intervention communale

Quel bilan tirer de la qualité des déchets végétaux récoltés depuis le 1er janvier 2018 ?

Interpellation 

Le tri des déchets verts a longtemps perturbé passablement de lausannoises et de lausannois quant aux produits pouvant y être mis. Sacs compostables, restes de repas, coquilles d’œuf, bouchons de chasselas : il n’était pas toujours clair de savoir ce qui pouvait y terminer sa vie.

Les Verts ont salué avec entrain le changement de pratique décidé par la Municipalité depuis le 1er janvier 2018 et le choix d’une filière de biométhanisation pour la valorisation des déchets verts. Cette solution – également l’une des conséquences de la disparition de la compostière lausannoise – a grandement facilité l’identification des déchets verts, qui peuvent aujourd’hui accueillir justement restes de repas et sacs compostables respectant la norme EN 13432.

Cette facilitation du tri a non seulement profité aux habitantes et habitants lausannois, mais aussi aux restaurateurs et autres grands producteurs de biodéchets, dont les grandes surfaces. Là également, ils peuvent « réduire » en biodéchets une grande partie de produits qui étaient auparavant destinés à être brûlés.

Il est essentiel maintenant que cette nouvelle pratique soit évaluée par la Municipalité, notamment en ce qui concerne la qualité des biodéchets et la présence possible de plastiques. En effet, quasiment tous biodéchets terminent leur vie en compost et autres engrais, ceci y compris après un processus de méthanisation. Dès lors, le problème des plastiques se trouvant dans ces déchets demeure central – tant ce type de pollution peut présenter des risques essentiels pour la santé de toutes et tous. Ces risques sont d’autant plus marqués lorsque les déchets plastiques sont réduits à de petites particules, voire des microplastiques.

Dans un article paru en juin 2018, le Spiegel s’était inquiété du problème causé par ces plastiques présents dans le compost (y compris, et notamment, suite au processus de biométhanisation) sur la santé des allemandes et allemands1. Il apparaissait en particulier que les supermarchés envoyaient dans les déchets verts le reste de leurs déchets verts et carnés encore emballés. Ces déchets sont plus précisément broyés avec leurs emballages plastiques et le résultat de cette opération envoyé au compost – polluant par-là les sols, cours d’eau et nappes phréatiques.

De façon moins grave que le processus décrit ci-dessus, il apparaît également que les étiquettes en plastique apposées sur les fruits et légumes engendrent tout de même une pollution importante des déchets verts par leur présence dans les résidus utilisés comme compost. Là également, la responsabilité des supermarchés et autres grandes surfaces se pose quant à la pollution engendrée et les risques causés à la santé de tout un chacun.

Enfin, l’on peut rappeler ici encore le problème maintes fois évoqué dans ce Conseil des erreurs faites par les particuliers lorsqu’ils utilisent des sacs non compostables pour leurs déchets verts, ou jettent carrément des déchets non compostables avec les déchets verts. Ce problème semblait en forte diminution selon la réponse qui a été donnée en 2016 par la Municipalité à un postulat2, mais n’apparaît pas réglé à ce jour.

Ces problèmes viennent s’ajouter à d’autres thématiques liées aux déchets verts qui font l’objet d’un postulat (« pour une production de biogaz lausannois ») et d’un projet de règlement lié à la distribution de sacs plastiques dans le cadre de marchés lausannois, tous deux déposés par le Groupe des Verts.

Dans ce contexte, les interpellateurs posent à la Municipalité les questions suivantes :

  • Quel bilan la Municipalité tire-t-elle du changement de pratique opéré avec effet au 1er janvier 2018 concernant les déchets verts, au regard du processus de biométhanisation choisi ?
  • La Municipalité constate-t-elle en particulier une présence accrue de déchets ne devant se retrouver dans le compost, en particulier des plastiques (sacs, emballages, etc.) ?
  • La Municipalité procède-t-elle à un contrôle des déchets verts produits par les grandes surfaces et supermarchés, notamment afin d’y détecter cas échéant la présence d’emballages et d’étiquettes en plastique ? Plus généralement, la Municipalité a-t-elle constaté – ou a-t-elle des motifs de craindre l’existence – d’une pratique consistant, pour les grandes surfaces et supermarchés, à broyer les déchets verts avec leurs emballages ?
  • Quelles mesures la Municipalité a-t-elle déjà prises pour lutter contre la présence de déchets non-compostables émanant de particuliers, notamment depuis le changement de pratique opéré au 1er janvier 2018 ?
  • La Municipalité entend-elle mettre en œuvre des moyens (y compris sous l’angle de sanctions) afin de limiter les plastiques se trouvant dans les déchets verts, notamment issus des :
    • emballages et suremballages produits par les grandes surfaces et supermarchés ;
    • sacs non compostables et autres déchets jetés par des particuliers ;
    • étiquettes en plastique apposées sur les fruits et légumes.

Nous remercions la Municipalité pour ses réponses.

David Raedler

1 Wie der Plastikabfall in die Natur kommt, Der Spiegel, 1er juin 2018.

2 Postulat déposé le 9.9.2014. Réponse donnée dans le Rapport-préavis N° 2016/04 – TRX – Réponse au postulat de M. Rossi Vincent – Déchets compostables : sortir du bourbier. 28.1.2016.

Intervention communale, Lausanne, Xavier Company

Pour une production de biogaz lausannois

Postulat

Depuis plus de deux décennies, notre Conseil questionne, demande, intime, exige de la Municipalité de mettre en place une centrale de biométhanisation industrielle pour récolter et valoriser les déchets biodégradables de la région lausannoise. En effet, par les voix vertes de Natacha Litzisdorf, de Vincent Rossi, d’Elisabeth Müller et Alain Faucherre, ou encore du postulant, et par celles d’autres Conseillers, notamment Jean-Luc Chollet, les interpellations, résolutions et même motion sont nombreuses, pour la mise en place d’une telle structure1. Toutefois, hormis la petite centrale des Saugealles (qui a certes permis aux services de se familiariser avec la technique de la biométhanisation2, mais dont la Municipalité elle-même indique qu’elle présente « un intérêt local, dans le cadre de l’exploitation de la ferme des Saugealles et n’aura pas d’influence sur l’éventuel projet de méthanisation industrielle »3), aucune autre installation n’apparaît au plan des investissements.

Ce n’est pourtant pas faute pour la Municipalité d’avoir annoncé en 2013 la construction quasi-certaine d’une installation de biométhanisation industrielle à Cery en réponse au postulat de l’actuelle Municipale Natacha Litzistorf « Intégration de l’écologie industrielle à Lausanne » afin de compléter l’offre présente dans le Canton4. On constate en effet que les trois installations existantes couvrent tout le territoire cantonal… sauf la région lausannoise5, et qu’à l’époque déjà il s’avérait nécessaire de construire une nouvelle installation dans cette région :

Ce n’est pas faute non plus à la Municipalité d’avoir, une fois ce projet abandonné, continué de vanter les mérite de la biométhanisation, non seulement pour la production de biogaz, de chaleur à distance et la valorisation des déchets organiques, mais aussi, et peut-être surtout, pour la diminution du transport liés à de tels déchets et la production de compost de qualité pour les agriculteurs, paysagistes et particuliers de la région, voire pour la voirie, à même d’augmenter la captation (séquestration) de CO2 du sol. En effet, la Municipalité indiquait sans hésitation en 2015 déjà : « Si l’on fait de la prospective, il est à espérer qu’à l’avenir les qualités du compost seront mieux reconnues, notamment celles qui permettent de capter durablement du CO2. Une étude américaine (Marin Carbon Project) montre en effet qu’un sol enrichi avec du compost de qualité capte ensuite nettement plus de CO2 et permet un bilan carbone positif (séquestration de carbone). »6.

Ce n’est finalement pas faute pour notre Conseil d’avoir indiqué clairement sa volonté, notamment en acceptant la résolution suite à l’interpellation de Vincent Rossi « De l’énergie pour la biométhanisation lausannoise » : « Le Conseil communal souhaite que la Municipalité poursuive ses efforts en vue de développer un projet permettant la biométhanisation industrielle des déchets dans la région lausannoise. ». Cela date du 6 octobre 20157, soit il y a plus de 3 ans et demi.

Et pourtant, nous en sommes toujours à la case départ, soit sans site, sans financement, et sans volonté à court terme pour la mise en place d’une telle structure. Mais si elle se faisait déjà demander il y a 4 ans, la situation a encore évolué favorablement ces dernières années, comme cela ressort notamment de la réponse de la Municipalité aux questions écrites de l’interpellateur le 8 février 20188. En effet, forte de l’augmentation de la valorisation des déchets suite à la mise en place de la taxe au sac, la Municipalité a décidé de récolter non seulement les déchets végétaux crus, mais également tous les restes de repas, soit les biodéchets cuits. Les sacs compostables respectant la norme EN13432 sont également dorénavant tolérés dans les composts de la Ville. Ces nouvelles règles devraient ainsi mener à l’augmentation du nombre de déchets biodégradables à valoriser, non seulement par les privés, mais également par les professionnels de la restauration ou les grandes institutions. Cela veut dès lors dire plus de déchets et, sans structure lausannoise, plus de transport, et plus de compost et de biogaz qui nous échappe.

Il apparaît dès lors aux postulants qu’il est grand temps de remettre l’ouvrage sur le métier afin de trouver un lieu pouvant accueillir une telle installation, en mains publiques, dans la région lausannoise, et en prévoir à court terme la construction. Cela aura un impact non seulement sur l’économie locale, sur celle de la ville (valorisation du gaz, du compost, diminution des transports liés à ces déchets), mais également sur le climat puisque plus de biogaz sera récupéré et valorisé. Cela entrainera aussi certainement une augmentation des déchets biodégradables à composter, par effet d’entraînement, puisque les citoyens sauront ce qu’ils deviennent et qu’ils sont valorisés à double titre (compost et biogaz), mais également via le postulat, déposé ce jour en parallèle, qui veille à ce que seuls des sacs en papier ou compostables respectant la norme EN13432 soient distribuables dans les marchés9.

Les postulants demandent donc à la Municipalité d’étudier l’opportunité d’implanter une centrale de biométhanisation dans la région lausannoise.

Xavier Company, Daniel Dubas, David Raedler, Vincent Rossi

1 Motion de M. Alain Faucherre et consorts demandant à la Municipalité d’étudier les possibilités de développement à Lausanne d’une installation de biométhanisation des déchets organiques du 5 octobre 1999 (BCC 1999, I (no 9), 9.06.99) ; Rapport-préavis No 2005/4 ; Rapport-préavis N° 2013/7 ; Interpellation de M. Jean-Luc Chollet : « Compostage-biométhanisation, que fait notre Ville ? » ; Réponse de la Municipalité à la résolution de Mme Elisabeth Müller adoptée par votre Conseil le 18 juin 2014 à la suite de l’interpellation de M. Jean-Luc Chollet « Compostage- biométhanisation, que fait notre Ville ? » ; Interpellation de M. Jean-Luc Chollet : « Mais où donc disparaissent les lavures ? » ; Interpellation de M. Vincent Rossi : « De l’énergie pour la biométhanisation lausannoise » ; réponses du 8 février 2018 à la question écrite n°7 de M. Xavier Company, déposée le 16 janvier 2018 « Nouvelle réglementation pour les déchets végétaux ».

2 Rapport-préavis N° 2013/7

3 Réponse à la question 6 de l’interpellation de M. Vincent Rossi : « De l’énergie pour la biométhanisation lausannoise »

4 Rapport-préavis N° 2013/7

5 Plan de gestion des déchets 2016 de l’Etat de Vaud

6 Réponse à la question 1 de l’interpellation de M. Vincent Rossi : « De l’énergie pour la biométhanisation lausannoise »

7 Bulletin du Conseil communal, séance no 4/2 du 6 octobre 2015, pp. 647-655

8 Réponses du 8 février 2018 à la question écrite n°7 de M. Xavier Company, déposée le 16 janvier 2018 « Nouvelle réglementation pour les déchets végétaux ».

9 Postulat de M. Xavier Company et consorts : « Moins de sachets dans les marchés, et recyclables ! »

Intervention communale, Lausanne, Xavier Company

Moins de sachets dans les marchés, et recyclables

Postulat

Les sachets en plastique à usage unique sont devenus un vrai fléau. La durée d’utilisation de ces sachets, que l’on nous offre dans tous les magasins, échoppes, stands de marché ou kiosks, n’excède en règle générale pas les quelques minutes, alors que sa durée de vie, elle, dépasse les milliers d’années. L’Union Européenne est en train de s’en rendre compte et bannira une partie des plastiques à usage unique dans les années à venir. Plus proche de chez nous, le Canton de Genève vient d’accepter un projet de loi visant à bannir les sachets en plastiques gratuits dans les commerces1. Au niveau national toutefois, rien ne se profile à l’horizon pour éviter que ces plastiques ne se retrouvent dans la nature ou, au mieux, dans nos centrales d’incinération.

Comme l’a déjà rappelé la Municipalité en réponse au postulat vert de Vincent Rossi « Déchets compostables : sortir du bourbier », la marge de manœuvre de la Municipalité est trop faible pour agir auprès de la grande distribution et l’impulsion devrait venir de la Confédération 2. Toutefois, le groupe des Verts dépose ce jour une interpellation pour connaître l’impact des déchets plastiques, notamment des grandes surfaces, sur la qualité des déchets végétaux de la ville (interpellation de David Raedler et consorts : « Quel bilan tirer de la qualité des déchets végétaux récoltés depuis le 1er janvier 2018 ? »), afin d’examiner les mesures qui peuvent être prises.

La marge de manœuvre communale est cependant plus large pour les marchés, puisque la ville détient un règlement des marchés, imposant les règles aux stands qui souhaitent y vendre leurs produits. Les marchés lausannois sont majoritairement fréquentés par des habitués, sortant de chez eux avec la volonté de s’y rendre. On pourrait donc imaginer qu’à force d’habitudes, ces personnes sortent avec leurs sac ou sachets et qu’ils puissent ainsi les réutiliser. Toutefois, on ne peut pas non plus imaginer qu’il soit impossible pour les commerçants d’offrir la possibilité à leurs acheteurs d’emporter leurs produits dans des sacs. La solution consiste donc selon les postulants, à exiger un prix minime, incitant les usagers à venir avec leur propre sachet, mais ne les empêchant pas d’acheter des produits s’ils ne l’ont pas fait. Un tel prix devrait être de 10 centimes, pour ne pas compliquer la vie des marchands avec des pièces de 5 centimes.

Se pose ensuite la question de la matière dans laquelle ces sachets sont réalisés. Les sachets en plastique, compte tenu de leur impact sur l’environnement non seulement lors de leur production, mais surtout lors de leur destruction, doivent être prohibés pour que leur présence disparaisse peu à peu. Cela vaut à plus forte raison pour les sacs en plastique oxodégradables, qui ne sont en réalité pas biodégradables et posent en plus des problèmes à la filière de recyclage. Les sachets en papier ne posent pas de problème car ils peuvent être réutilisés ou facilement recyclés et, si par inadvertance ils finissaient dans la nature, ils se désagrègent relativement facilement et rapidement. Se pose ensuite la question des sacs compostables respectant la norme EN13432 qui sont également dorénavant tolérés, rempli de déchets biodégradables, dans les composts de la Ville3. Ces sacs, même s’ils ne présentent pas un avantage considérable lors de leur production, ont plusieurs avantages : ils se désagrègent dans les centrales de biométhanisation, voire dans la nature s’ils sont abandonnés en ce qui concerne les sacs à base d’amidon , et ils facilitent surtout la vie des citoyens qui recyclent leurs biodéchets en rendant ce recyclage plus hygiénique, ce qui aura tendance à les inciter à le faire davantage, puisque la contrainte sera moindre, comme cela a été démontré en Allemagne.

En effet, forte de l’augmentation de la valorisation des déchets suite à la mise en place de la taxe au sac, la Municipalité a décidé de récolter non seulement les déchets végétaux crus, mais également tous les restes de repas, soit les biodéchets cuits. Cela a pour conséquence de diminuer les déchets jetés pour incinération, mais d’augmenter les odeurs et autres inconvénients des déchets compostables. Dès lors que la Municipalité n’entend pas augmenter la fréquence des récoltes de ces déchets 4, il est important de permettre aux citoyens une manière hygiénique de les récolter et de les valoriser, afin d’éviter notamment la multiplication de mouches en période de forte chaleur. De plus, un postulat déposé parallèlement ce jour demande à la Municipalité d’étudier l’opportunité d’implanter une centrale de biométhanisation dans la région lausannoise 5, ce qui devrait également augmenter la quantité de déchets récoltés, et l’efficacité de leur valorisation. La distribution de sacs compostables aux stands des marchés lausannois permettrait ainsi aux citoyens de faciliter la valorisation de leurs biodéchets et doit donc également être autorisée.

L’ensemble de ces mesures peuvent aisément être prises par la modification des prescriptions municipales concernant la police des marchés et des foires et les ventes sur la voie publique du 9 janvier 1976, notamment comme suit :

art. 15 actuel art. 15 nouveau
Celui qui occupe une place de marché doit: a) disposer et aménager son étalage de telle sorte que celui-ci ne puisse être source de dommage pour autrui; b) indiquer, au moyen d’une affiche apparente, ses nom, domicile et profession (catégorie de marchands ou de producteurs à laquelle il appartient); c) indiquer, au moyen d’étiquettes ad hoc les fruits, légumes et fleurs en provenance de l’étranger; d) afficher visiblement les prix; les indications à ce sujet doivent être claires; les dispositions du droit fédéral relatives à l’affichage et aux indications de prix et les besoins de la vente à la criée sont réservés; e) se conformer aux instructions données par la Direction de police ou par ses agents en ce qui concerne la présentation et le genre de marchandises qui peuvent être vendues; f) maintenir constamment propres la place dont il dispose et les abords de celle-ci et évacuer les déchets aux endroits prévus à cet effet; g) retirer de son étalage les corbeilles et autres ustensiles vides et les grouper de telle manière qu’ils occupent le moins de place possible.


Celui qui occupe une place de marché doit: a) disposer et aménager son étalage de telle sorte que celui-ci ne puisse être source de dommage pour autrui; b) indiquer, au moyen d’une affiche apparente, ses nom, domicile et profession (catégorie de marchands ou de producteurs à laquelle il appartient); c) indiquer, au moyen d’étiquettes ad hoc les fruits, légumes et fleurs en provenance de l’étranger; d) afficher visiblement les prix; les indications à ce sujet doivent être claires; les dispositions du droit fédéral relatives à l’affichage et aux indications de prix et les besoins de la vente à la criée sont réservés; e) se conformer aux instructions données par la Direction de police ou par ses agents en ce qui concerne la présentation et le genre de marchandises qui peuvent être vendues; f) maintenir constamment propres la place dont il dispose et les abords de celle-ci et évacuer les déchets aux endroits prévus à cet effet; g) retirer de son étalage les corbeilles et autres ustensiles vides et les grouper de telle manière qu’ils occupent le moins de place possible. h) obligatoirement utiliser des sacs ou sachets en papier ou compostables respectant la norme EN13432 pour permettre aux clients d’emporter leurs marchandises, en les facturant au minimum 10 centimes pièces. Les sacs ou sachets en plastique, y compris oxo-dégradables, sont formellement interdits sur les stands.

Dès lors, le présent postulat demande à la Municipalité d’étudier l’opportunité d’interdire les sacs plastiques sur les marchés lausannois, oxodégradables y compris, et de rendre payant les autres types de sacs.

Xavier Company, Anne Berguerand, David Raedler, Vincent Rossi

2 Rapport-préavis N° 2016/4

3 Réponses du 8 février 2018 à la question écrite n°7 de M. Xavier Company, déposée le 16 janvier 2018 « Nouvelle réglementation pour les déchets végétaux ».

4 Réponses du 8 février 2018 à la question écrite n°7 de M. Xavier Company, déposée le 16 janvier 2018 « Nouvelle réglementation pour les déchets végétaux ».

5 Postulat de M. Xavier Company et consorts : « Pour une production de biogaz lausannois »

Intervention communale, Sara Gnoni

Déclaration d’urgence climatique

Intervention

Postulat: Urgence climatique : il est temps d’avancer au rythme exigé par la science

Chers collègues,

L’année 2018, sans surprise, s’est révélée la quatrième plus chaude depuis que l’on mesure la température à la surface du globe, après 2016, 2015 et 2017. Nous avons atteint 1° de température moyenne de plus qu’avant l’époque préindustrielle. Avec la trajectoire actuelle, nous nous dirigeons vers une élévation de 3-4° en moyenne globale, et 5-6° en Suisse. Pour comparaison, lorsque nous avions 5° de moins que la température globale actuelle, il y a 20’000 ans, un glacier d’un km se trouvait là où nous sommes.

D’ici 2050, 2 milliards de personnes, seront exposées à des températures extrêmement élevées. Cela reviendra à vivre la canicule de 2003 chaque été, avec son lot de morts.

Plus de 800 millions de personnes seront vulnérables à l’élévation du niveau des eaux et aux inondations. Ici, à Lausanne, des épisodes comme celui du 11 juin passé sont appelés à se répéter.

650 millions de personnes seront à court d’eau potable. Ici en Suisse, certains glaciers auront totalement disparu d’ici 20 ans, ce qui rendra notre approvisionnement plus incertain.

Des parties entières du globe seront devenues inhabitables, la quasi-totalité des coraux auront disparu, tout comme de nombreuses espèces animales et végétales. Nous compterons des centaines de millions de réfugiés climatiques.

Personnellement, j’aurais souhaité un futur différent pour nos enfants. Hélas, c’est ce que nous leur léguons: nous sommes dans un train qui est sur une trajectoire qui nous mène à pleine vitesse contre un mur.

Les tentatives d’accords internationaux, comme les COP, ont tout juste servi, à peine, à se mettre d’accord sur la manière de mesurer les gaz à effet de serre. Même au niveau national, une loi CO2, déjà largement insuffisante a été dénudée de tout sens et de ce fait a été récemment refusée.

Il apparaît donc que c’est aux Villes de s’organiser pour agir, avec des mesures fermes, drastiques et surtout rapides de réduction de GES pour atteindre le scénario 1 du GIECC et mettre en place des mesures d’adaptation au changement climatique.

Ces mesures doivent devenir nos préoccupations premières, car c’est tout simplement de la survie de notre société / civilisation dont il s’agit ici.

Nous avons une toute petite marge de manœuvre pour créer un nouveau projet de société, un avenir pour nos enfants avec un fort engagement civique. Partout des alternatives se créent, à Lausanne aussi, mais il nous faut les développer massivement et les rendre prioritaires.

C’est pour cela qu’avec ce postulat, nous demandons que la Municipalité étudie l’opportunité de déclarer l’urgence climatique, à l’instar de ce qui a été fait dans d’autres villes à travers le monde, comme Londres ou Vancouver et pour répondre à la demande des milliers de personnes qui ont se sont mobilisées cet hiver dans les rues lausannoises et dans d’autres villes de Suisse et ailleurs dans le monde.

Outre la portée symbolique de cette déclaration d’urgence, il y a lieu d’accélérer les procédures permettant d’adopter les mesures qui nous permettrons de faire face à ce qui est, selon les scientifiques, le plus grand défi que l’humanité ait connu. Ainsi, il est nécessaire de faire usage du traitement prioritaire, au sein de l’administration ainsi qu’auprès du Conseil communal, pour tous les objets liés de manière directe à la lutte contre le réchauffement climatique et ses conséquences.

Afin que cet objet soit, justement traité le plus rapidement possible, je demande le renvoi direct à la municipalité.

Sara Gnoni