Intervention communale, Ngoc Huy Ho

Désinfecter, mais à quel prix?

Interpellation urgente

Afin de lutter efficacement contre la propagation du coronavirus ou de la grippe saisonnière, l’Office Fédéral de la Santé recommande le nettoyage des objets et des surfaces susceptibles d’être contaminés par la toux et les postillons de personnes infectées.[1]

C’est dans ce sens que la Ville de Lausanne s’est engagée dans la mise en place de toutes les mesures sanitaires nécessaires pour faire face à la pandémie du coronavirus. Que ce soit dans la restauration collective, aux guichets d’information, dans les transports publics, dans les structures d’accueil d’urgence, musées et autres installations sportives et publiques, les surface et objets sont régulièrement nettoyés de manière “adéquate” après leur utilisation, en particulier si plusieurs personnes les touchent. Il s’agit notamment des poignées de porte, les boutons d’ascenseur, les rampes d’escalier, les accoudoirs de chaises, les tables, les WC, etc.[2]

Or l’utilisation de puissants désinfectants peut provoquer de graves problèmes de santé aux personnes qui emploient ces produits en cas de mauvaise utilisation. Troubles respiratoires, irritation de la peau ou lésions oculaires sont les principaux risques que peuvent entraîner un mauvais emploi d’un désinfectant ou en l’absence de protections individuelles comme des gants et lunettes de protection.

De plus, un environnement qui serait trop aseptisé ne stimulerait pas suffisamment le système immunitaire freinant la production des anticorps lui permettant de se défendre. C’est pour cela que l’utilisation de détergents désinfectants est déconseillée dans le cadre privé et notamment pour les personnes ayant une défense immunitaire affaiblie.[3] Les résidus de désinfectants dilués de manière incorrecte sur les surfaces pourraient également favoriser la croissance de bactéries résistantes aux antibiotiques.

Par ailleurs, cette désinfection systématique est utilisée dans les écoles et les crèches. Alors que la Ville s’est engagée dans un plan de réduction des perturbateurs endocriniens dans les crèches, l’utilisation systématique de ces produits désinfectants nous semble encore plus problématique dans le contexte de populations vulnérables que sont les enfants.

Enfin, l’utilisation de produits de désinfection entraîne également le problème de sa répercussion au niveau environnemental car les substances chimiques employées peuvent se retrouver en fin de cycle dans les eaux de surface ou dans les eaux traitées par les STEP.

Reste la question des gels ou solutions hydroalcooliques qui font désormais partie de notre quotidien et dont l’usage excessif n’est pas sans danger. En effet, la composition de ces gels peuvent contenir différents additifs, comme des ingrédients antimicrobiens ou des parfums, ayant un impact néfaste sur la santé.

Au vu de ce qui précède, les interpellatrices et interpellateurs remercient la Municipalité de bien vouloir répondre aux questions suivantes :

  1. Quels sont les différents types de produits de désinfection mise à disposition des employé-e-s de la Ville de Lausanne pour le nettoyage des surfaces et pour la désinfection des mains ?
  2. Est-ce que les employé-e-s de la Ville de Lausanne chargées de nettoyer objets et surfaces ont été informées des dangers de l’utilisation des produits de désinfection et ont-elles reçu une formation ainsi qu’un équipement de protection?
  3. La Ville de Lausanne a-t-elle coordonné la désinfection de ses infrastructures ou a-t-elle délégué aux personnes responsables dans ses différents services ?
  4. Est-ce qu’une attention plus particulière a été prise dans les institutions d’accueil de l’enfance et les établissements scolaires où les enfants peuvent être directement exposés à ces produits soit par contact ou par inhalation?
  5. Est-ce que les parents ont été informés des produits utilisés dans les institutions d’accueil de l’enfance et les établissements scolaires ? Est-ce que ces produits ont été analysés pour être en conformité avec les nouvelles mesures contre les perturbateurs endocriniens ?
  6. Est-ce que le Service de l’eau a effectué un suivi analytique sur une potentielle contamination des eaux lausannoises par des substances provenant des produits de désinfection ?
  7. Comment la Municipalité va-t-elle tenir compte des enseignements et des retours du terrain pour organiser le nettoyage des surfaces sans mettre en danger la santé de ses employé-e-s, de la population et en particulier des enfants ?

Nous remercions la Municipalité pour ses réponses.

Ngoc Huy Ho, Sara Gnoni, Anne Berguerand, Sima Dakkus, Sara Soto,       Ilias Panchard


[1] https://www.bag.admin.ch/bag/fr/home/krankheiten/ausbrueche-epidemien-pandemien/hygiene-pandemiefall/gegenstaende-oberflaechen-reinigen.html

[2] https://www.lausanne-tourisme.ch/fr/coronavirus-situation-a-lausanne/

[3] https://www.bag.admin.ch/bag/fr/home/gesund-leben/umwelt-und-gesundheit/chemikalien/chemikalien-im-alltag/desinfektionsmittel.html

Daniel Dubas, Intervention communale, Lausanne

Déconfinement et critères d’admission dans les crèches: place à l’arbitraire ?

Question écrite

Alors que le Conseil fédéral n’a jamais formellement fermé les crèches et structures d’accueil de jour, le Canton a quant à lui décidé le 13 mars dernier de ne permettre qu’aux parents appartenant aux groupes professionnels prioritaires dans la lutte contre la pandémie de pouvoir continuer à bénéficier d’une place.

Le 27 avril, pour la première période de déconfinement édictée par le Conseil fédéral, les crèches lausannoises ont commencé à se rouvrir à d’autres groupes professionnels. A cette fin, le Conseil d’État a fixé le 18 avril dernier les nouveaux critères d’admission: « les parents qui doivent travailler sur leur lieu de travail usuel, dans les activités qui ne sont pas ou plus soumises à une interdiction fédérale ou cantonale. Les parents en télétravail peuvent bénéficier d’un accueil, dans la mesure des places disponibles ».

Le nombre de places disponibles par groupe d’âge a été fixé dans un cadre de référence édicté lui aussi par le canton. La Ville explique quant à elle dans son communiqué du 22 avril qu’ « un système de priorisation est donc mis en place en fonction des places disponibles et des besoins professionnels des parents ».

Au vu des éléments qui précèdent, nous souhaiterions adresser les questions suivantes à la Municipalité :

  1. La Ville a-t-elle formellement mis en place, pour la phase dite du confinement dès le 13 mars, une « offre d’accueil pour les enfants qui ne peuvent pas bénéficier d’une solution de garde privée » telle que prévue par l’ordonnance du Conseil fédéral (art. 5, al. 3, Ordonnance 2 COVID-19) ?
  2. Quels critères précis et objectifs ont été donnés aux directions des dispositifs d’accueil de jour pour la première phase du déconfinement (du 27 avril au 11 mai) ? Autrement dit: sur quelle base ont été analysés les « besoins professionnels des parents » pour pouvoir à nouveau bénéficier d’une place ? De même, les besoins liés à la situation socio-familiale ou à la santé sont-ils également considérés ?
  3. Les crèches semblent chercher à rester en-deçà du taux d’accueil habituel ? Est-ce que cela peut être confirmé, et si tel est le cas, quelle était la stratégie poursuivie ?
  4. Jusqu’à quel point des éléments sanitaires/épidémiologiques, le bien-être de l’enfant et l’égalité hommes-femmes ont prévalu dans la détermination des directives données par la Ville aux dispositifs ?
  5. Quels critères d’admission seront appliqués pour la 2ème phase du déconfinement, soit dès le 11 mai ?
  6. Comment et quand la Municipalité compte-t-elle informer les parents concernés des critères retenus ?

Daniel Dubas, Sara Soto, Sima Dakkus

Intervention communale, Lausanne, Xavier Company

Et la cour d’école, c’est pour les garçons ou les filles ?

Postulat

Notre espace public reflète l’image de la société qui le crée. Chaque individu y est en effet confronté, qu’elle ou il le veuille où non, et c’est dans cet espace public que se font la plupart des interactions sociales. Son organisation, de même que les images qu’il renvoie, ont donc une importance particulière dans la mesure où elles nous sont inévitablement imposées. Dans un mouvement inverse, ces images forgent, consciemment ou, surtout, inconsciemment, notre compréhension de l’espace qui nous entoure et donc de notre société.

En l’état, il semble clair que cet espace public est créé par les hommes et pour les hommes… et plus précisément les hommes d’un autre temps. Priorité absolue aux voitures, largeur des trottoirs, mise en avant des infrastructures dites « masculines » ou à utilisation majoritairement masculine, nomenclature des rues, omniprésence des sports masculins, manque de prise de conscience des problématiques telles que le harcèlement de rue dans la réflexion urbanistique, jusqu’aux images sur les panneaux de signalisation (sans parler de la publicité – bien entendu), tout dans l’environnement citadin qui nous est imposé met les hommes en avant et les femmes en retrait (l’effet est donc doublement « efficace »).

Les premiers espaces publics que nous découvrons sont bien évidemment ceux des cours d’école et des places de jeux. Et ceux-ci, la plupart du temps, répondent aux mêmes règles que le domaine public « des grands » : les jeux des garçons (bien souvent le foot) trônent au milieu de la cour d’école, prenant quasiment tout l’espace (quand le ballon n’est pas en plus shooté en-dehors de cet espace central, percutant des « non- participant-e-s »), alors que les éventuelles tables de ping-pong, ou bancs que les filles utilisent plus majoritairement, se retrouvent de côté, bien cachés, où l’on est en plus bien silencieux-se. Une étude comparative effectuée par l’Université de Vienne est arrivée à la conclusion que l’aménagement des préaux joue un rôle important pour favoriser l’égalité dans l’utilisation de leur espace . Dans les places de jeux le déséquilibre entre « jeux de garçons », actifs, qui font du bruit et prennent de la place, et « jeux de filles » bien plus discrets, qu’on met d’autant plus à l’écart, est tout aussi présent. Bien sûr qu’un petit pourcentage de filles vont jouer au football, et de garçons seront à l’écart, mais lorsqu’on regarde l’image d’ensemble le constat est clair : les garçons ont le plus grand espace, mieux placé qui plus est, et font un maximum de bruit, alors que les filles passent inaperçues… et c’est le début d’un mécanisme qui va s’accroître pour devenir une habitude bien incrustée dans nos espaces publics, mais aussi dans nos esprits, dans notre inconscient et dans notre société.

Il est donc temps d’essayer d’équilibrer notre environnement et de le rendre accessible à toutes et tous, dès le plus jeune âge, peu importe son genre ou ses affinités. Des projets pilotes ont été menés à Genève à la satisfaction de tout le monde, élèves filles comme garçons, avec un résultat beaucoup plus égalitaire sur la répartition de la cour d’école .

Le présent postulat demande dès lors à la Municipalité d’examiner l’opportunité de rendre les cours d’école et les places de jeux neutres d’un point de vue de genre, notamment en éliminant les éléments plus « masculins » ou « féminins », ou en ne les plaçant pas au centre de l’espace, et en plaçant des jeux ou des espaces qui s’adressent autant aux filles qu’aux garçons à leur place, afin de favoriser une utilisation égalitaire de ces espaces publics.

Xavier Company

Intervention communale, Marie-Thérèse Sangra

Municipalisation de la FASL

Intervention

Les négociations de fin d’année au sujet de la réorganisation de la Fondation pour l’animation socio-culturelle lausannoise (FASL) ont débouché sur une annonce unilatérale de sa municipalisation qui a conduit à une situation de crispation de part et d’autre en donnant aux travailleurs et travailleuses un sentiment d’impasse et d’incompréhension.

A titre personnel, je pense qu’il faut déplorer cette impression de rupture unilatérale des négociations, alors qu’il y avait eu auparavant un engagement important dans la recherche de solutions de la part de la FASl et de toutes les personnes qui oeuvrent avec elle, en particulier les nombreux bénévoles des associations de quartier.

Je n’ai pas une vision d’ensemble sur ce qui se passe au niveau de l’animation socio-culturelle à Lausanne, c’est pourquoi je me référerai à mon expérience en tant que membre du comité de l’association du quartier du Vallon et à la collaboration que nous entretenons avec le Centre d’animation de la Cité dont j’apprécie l’immense contribution à la dynamique de notre quartier. Leurs prestations concernent :

-L’accueil des enfants du quartier

-La médiation parfois délicate entre les habitant·e·s et les utilisateur·trice·s des institutions sociales du quartier ou le nouvel espace de consommation sécurisé

-un rôle d’intermédiaire auprès des habitant·e·s dans les activités de réappropriation des espaces de vie dans le quartier, p.ex. leur implication (toujours aux côtés des habitant·e·s) dans la nouvelle place de jeux, dans la zone de rencontre de la Place du Nord, la requalification de la place du Vallon, etc…

-la gestion des garages dans les AMV comme espace de rencontre pour les enfants, ados et famille ou leur soutien dans des démarches pour mutualiser l’utilisation de locaux temporairement vides pour des activités de réparation de vélos, de travail du bois, etc.

-leur implication dans de grands événements comme O Vallon 1 2 3, la venue dans le quartier de Gilles Clément, le jardinier paysagiste invité lors de Lausanne Jardin 2019

– ou encore la recherche de solutions créatives et adaptées aux situations d’urgences sur le terrain pour les personnes marginalisées ou en perte d’intégration (des solutions sur-mesure, rapides et peu coûteuses)

etc..

Bien sûr tout cela n’est pas l’unique fait des animateur·ṭrice·s du Vallon, mais résulte aussi du travail de l’association de quartier du Vallon, et des autres acteurs du quartier, mais sans le soutien des animateur·ṭrice·s, leur disponibilité, leur marge de manœuvre et une certaine liberté d’action pour soutenir et soulager le travail de l’association de quartier, il ne serait pas possible d’afficher autant de succès, ni de poursuivre, sur le long terme, une démarche citoyenne de «démocratie de quartier» si innovante.

Tout cela n’est a priori pas absolument incompatible avec une municipalisation, toutefois à la condition que des garde-fous très stricts soient définis, garantissant les missions de l’animation socio-culturelle. Or, rien de cela n’apparaît dans les annonces de municipalisation de la Ville, alors que c’est bien là dessus que devraient porter les discussions.

Dans le dernier communiqué de l’année passée à ce sujet, la Ville semblait annoncer vouloir reprendre les négociations. On a aussi pu lire dans les réponses aux interpellations (bien que cela ne soit pas d’une clarté absolue) que la Ville restait ouverte au dialogue. Il s’avère toutefois que les discussions ont repris dès le début de l’année au pas de charge sans que les partenaires de l’animation socio-culturelle n’aient toujours le temps de s’organiser dans de bonnes conditions et de manière représentative. La crainte que la municipalisation ne soit définitivement en marche et qu’il n’y ait plus de marge de manœuvre agite les esprits. Dès lors je pose la question, la municipalisation de la FASL est-elle aujourd’hui entérinée et en phase de concrétisation ? Il me semble important que la Ville joue franc jeu avec les animateur·ṭrice·s socioculturel·le·s. Je souhaite pour ma part que l’on revienne à la table des discussions avec l’ensemble des acteurs, que l’on travaille en toute transparence en analysant les conséquences concrètes d’une municipalisation sur les missions de l’animation socioculturelle.

Intervention communale, Sara Gnoni

Budget 2019 : bonnes surprises et économies indispensables

Intervention

Le budget présente certes un déficit de 42 mio mais nous relevons que celui-ci est dû non à une mauvaise maîtrise des charges, qui baissent de 24 mio par rapport au budget précédent et de 46 mio par rapport aux comptes 2017, mais à une baisse des revenus de 79 mio par rapport aux comptes 2017 et de 36 mio par rapport au budget 2018.Ces revenus sont évidemment difficiles à estimer, mais ce qui est indéniable, c’est que la RIE III aura un impact négatif sur ceux-ci, on estime la perte fiscale à 42 mio : si l’impact est moindre que prévu, nous aurons finalement une bonne surprise dans les comptes 2019, ou pas dans le cas contraire. Historiquement, sauf une exception, le résultat effectif a toujours été meilleur que le budget et donc nous avons bon espoir que grâce à un budget prudent, ce sera le cas cette année encore.

Les charges sont donc bien maîtrisées et en baisse, ou stables, à part les domaines prioritaires de la législature, notamment le développement de l’accueil de la petite enfance, le parascolaire et le renforcement de la sécurité publique où respectivement 1 mio et 0,8 mio sont alloués, sur un total des 3,8 mio, de budget pour ces thèmes prioritaires justement.

Nous pouvons donc par exemple compter, cette année, sur la création de 85 nouvelles places d’accueil pour le préscolaire, 72 places pour le parascolaire, soit un total de 157 nouvelles places en 2019 en sus de la pérennisation des 180 places APEMS de la rentrée 2017-2018. Ceci est réjouissant, d’autant plus que l’offre pour l’accueil dès les trotteurs pourra répondre à la demande en 2019 déjà (ou enfin). Pareillement, et même si cela a un impact moindre sur le budget, je tenais à citer la pérennisation de la Halte-Jeu de la Grenette qui a pu être inscrite au budget et qui est un excellent exemple des valeurs que cette Ville défend: la solidarité, l’entraide, la durabilité et le vivre ensemble.

Comme chaque année, d’aucuns trouveront qu’il s’agit là d’un budget d’austérité, d’autres que la Ville vit au dessus de ses moyens. A notre sens, il s’agit d’un budget prudent et qui représente un compromis entre le besoin d’assurer des prestations à la population et la nécessité d’agir dans un cadre de finances fragiles, tel que nous le connaissons, ainsi que notre responsabilité envers les générations futures de ne pas leur laisser les vestiges de nos dépenses qui iraient au-delà de l’acceptable.

Ces finances fragiles sont liées tout d’abord comme déjà dit à l’incertitude qui règne autour de la baisse des recettes fiscales, liées à la RIE III et l’impact effectif ne sera connu qu’avec un délai significatif et ceci pourrait encore pèjorer le déficit. Liées à ceci, les recettes fiscales sont toujours tributaires des va et viens des contribuables ou du départ d’un grand contribuable, qu’il s’agisse d’une personne physique ou morale et elles créent donc un aléa dans la préparation du budget. Est-ce qu’une baisse d’impôts aurait un impact positif sur les finances ou est-ce plutôt une hausse qu’il faudrait? nous aurons l’occasion d’en débattre le moment venu au sein de cet hémicycle.

Un autre point qui rend les finances fragiles est qu’un tel budget montre une insuffisance d’auto-financement de 148 mio et par conséquent une augmentation de la dette d’autant. On s’endette pour de nouveaux projets: Métamorphose, PALM, l’entretien des réseaux mais aussi pour entretenir les écoles lausannoises qui, nous le savons, ont souvent peu l’air d’être des écoles de nos contrées lorsque l’on voit leur état désuet.

Par conséquent, nous vivons toujours avec l’épée de Damoclès de l’augmentation des taux d’intérêts qui serait catastrophique pour notre budget, car dans ce cas, de vraies mesures drastiques d’austérité devraient être prises, ce qui n’est pas souhaitable ni aujourd’hui, ni pour celles et ceux qui viendront après nous.

Finalement, les finances seront de plus en plus impactées dans le futur par les coûts des changements climatiques. Les intempéries du 11 juin 2018 nous ont donné un aperçu des conséquences de ces dérèglements et du manque d’adaptation à celui-ci. Ces coûts ne sont pas directement prévus dans le budget, ce qui rend donc celui-ci d’autant plus précaire.

En conclusion, tout en ayant des difficultés à nous montrer excessivement enthousiaste pour un budget qui présente un déficit significatif et une dette en augmentation, nous réitérons néanmoins notre soutien à la Municipalité pour ce budget, en reconnaissance des efforts menés pour maîtriser ses charges tout en assurant des prestations nécessaires à une Ville de notre taille. Le Groupe des Verts approuvera ce Budget 2019 et vous invite donc à en faire de même.

Sara Gnoni

Ilias Panchard, Intervention communale, Sara Gnoni

Pour une meilleure protection de la jeunesse face à la fumée passive

Postulat
La fumée passive revient à respirer, sans le vouloir, les mêmes substances toxiques que celles inhalées, volontairement dans leur cas, par les fumeurs. Comme le montre le Monitorage suisse des addictions, la fumée du tabac est toujours mauvaise pour la santé, en particulier pour les enfants, quelque soit le niveau d’exposition. ¹ L’exposition à la fumée passive, est responsable de 1% de la mortalité au niveau mondial et 28%% de ces décès surviennent chez les enfants. ²

La fumée passive s’avère mauvaise pour la santé, aussi à l’extérieur. Des mesures des taux de particules fines prises devant et dans la gare de Bâle en sont l’illustration : entre 100 et 200 microgrammes par m3, soit beaucoup plus que les valeurs limites autorisées dans l’air extérieur.

Ces dernières années, des mesures de lutte contre le tabagisme ont été prises : interdiction de fumer dans les lieux publics, augmentations du prix du tabac, campagnes de sensibilisation, etc. Les interdictions de fumer restent, avec l’augmentation de prix, les mesures les plus effectives.

Cependant, toujours selon le Monitorage suisse des addictions de 2013, 6% de la population reste exposée à la fumée passive durant 7h ou plus par semaine et 35% pendant 1h ou plus par semaine. Les moins de 25 ans sont particulièrement touchés par le tabagisme passif.

Il y a en Suisse deux millions de fumeurs, et 57% d’entre eux ont commencé avant 18 ans. Beaucoup reste à faire pour dissuader les jeunes de commencer à fumer, en particulier concernant la publicité. D’ailleurs, une initiative pour interdire toute forme de publicité pour le tabac visant les enfants et les jeunes a été lancée par une large coalition réunissant la Fédération des médecins suisses (FMH), la Ligue suisse contre le cancer, des médecins de famille, pharmaciens et autres droguistes. ³

Comme l’estime Martin Röösli, chef d’unité à l’institut suisse de santé publique, « la Suisse est à la traîne ». Plusieurs pays et villes d’Europe ont pris des mesures face à la fumée : interdiction de fumer sur les places de jeux en France, dans les gares en Allemagne ou au Danemark, expérimentation de l’interdiction dans six parcs parisiens depuis l’été 2018. En comparaison des autres pays européens, la Suisse s’avère un mauvais élève en termes de mise en place de politiques de santé publiques, en particulier afin de protéger les jeunes et les enfants.

Cette situation illustre le besoin de prendre des mesures supplémentaires contre le tabagisme passif afin de diminuer son impact, en particulier sur les enfants et les jeunes. Les villes ont un rôle important à jouer en matière de santé publique. D’autant plus qu’une action volontariste représenterait un signal fort dans une ville où siège un géant mondial du tabac et pourrait initier des dynamiques dans d’autres villes.

Pour les raisons qui précèdent, ce postulat demande à la Municipalité d’étudier l’opportunité de créer des zones sans fumée dans les lieux publics extérieurs sensibles, par exemple ceux fréquentés par les enfants et les jeunes comme les places de jeu et les alentours des écoles.

Ilias Panchard
Sara Gnoni

¹ Le tabagisme passif en Suisse en 2013 / Analyse des données du Monitorage suisse des addictions : http://www.cipretvaud.ch/definition-et-dangerosite-de-la-fumee-passive/
² Oberg M, Jaakkola MS, Woodward A, Peruga A, Prüss-Ustün A. Worldwide burden of disease from exposure to second-hand smoke: a retrospective analysis of data from 192 countries.
³ Oui à la protection des enfants et des jeunes contre la publicité pour le tabac : www.enfantssanstabac.ch

Alice Genoud, Intervention communale

Pour que les 20-30 ans puissent aussi monter dans le bus

Postulat

Le réseau des transports publics lausannois est aujourd’hui bien étendu et permet une bonne couverture de Lausanne et de ses environs, permettant en théorie à tout un chacun de développer la mobilité correspondant aux grandes phases de sa vie autour de la mobilité durable. La question des prix des transports publics revient néanmoins régulièrement sur le devant de la scène politique. Sans doute à raison, dans la mesure où le prix d’un abonnement reste un critère majeur quant au choix de son mode de transport, quel que soit le budget de l’utilisateur.

Pour palier ce problème et favoriser l’utilisation des transports publics, la Ville de Lausanne a déjà mis en place des systèmes de subventionnement, mais il comporte encore un vide important. En effet, s’il existe une panoplie de rabais pour les jeunes selon leur âge et la distance à leur lieu de formation , ceux-ci s’arrêtent net à l’âge de 20 ans, laissant de côté une partie importante de la population lausannoise, celle des 20-30 ans. Ils passent de même à côté de l’essentiel des offres des principales compagnies de transport, que ce soit les TL ou les CFF, qui limitent leurs prix réduits aux moins de 25 ans.

C’est une lacune majeure dans notre système, alors que cette classe d’âge constitue un élément crucial en termes de réflexions sur la mobilité : pendant cette courte décennie, la majorité des jeunes passe d’un statut dépendant (de ses parents) à indépendant financièrement et en même temps voit ses besoins en mobilité changer que ce soit dû aux études, à un travail ou au commencement d’une vie familiale. Pour cette tranche d’âge, aux moyens encore limités, le prix est un facteur éminemment important quant aux déplacements quotidiens. Or, c’est justement à ce moment que se forment des choix de mobilité qui évolueront ensuite peu durant leur vie active : un 20-30 ans qui a opté pour une mobilité individuelle motorisée est un usager en moins, et pour longtemps, de nos réseaux de transports publics.

Pour éviter que des générations entières de lausannois soient divisées en fonction de leurs moyens face à la mobilité de demain, il serait plus qu’important de mettre en place un pont de subventions ciblées –et non un système « arrosoir »- visant les catégories financièrement vulnérables d’usagers potentiels. Cette idée se veut cohérente avec une politique d’encouragement au transfert modal de la voiture à des modes durables et de lutte contre la pollution atmosphérique et sonore du trafic individuel motorisé qui reste un objectif à moyen terme essentiel pour améliorer la qualité de vie de nos concitoyens.

Ce postulat demande :
– que la Muncipalité étude la possibilité d’introduire un subventionnement ciblé des transports publics pour les jeunes, notamment sur des critères financiers.

Alice Genoud
Sara Soto
Anne Berguerand

Intervention communale, Lausanne, Valéry Beaud

Places de jeux

R61 – Rapport-préavis n° 2017/26 – « Places de jeux »

Intervention

Les Verts lausannois accueillent avec enthousiasme cet excellent rapport-préavis n° 2017/26, qui permettra de poursuivre et développer l’exemplaire politique lausannoise des places de jeux, et qui répond par ailleurs à satisfaction à mon postulat “Pour une ou plusieurs places de jeu dédiées aux jeunes enfants au centre-ville de Lausanne”, déposé le 12 janvier 2016.

Les places de jeux sont des lieux de vie importants dans la ville, non seulement pour les aménagements ludiques qui contribuent au développement et à l’activité physique des enfants, mais aussi comme espace de rencontre.

Dans le rapport-préavis, nous relevons avec plaisir les principes généraux guidant l’aménagement des places de jeux, qui sont présentés en page 4 et qui sont une belle illustration de la qualité recherchée : une répartition spatiale équilibrée, une offre diversifiée, une approche écologique, une planification participative et une conception inclusive.

Sur cette base, le rapport-préavis prévoit :

– de réaménager 16 places de jeux entre 2017 et 2021 ;

– d’adapter des places de jeux existantes aux besoins des enfants handicapés et des personnes à mobilité réduite ;

– et la création de trois nouvelles places de jeux au centre-ville, à la Promenade de la Solitude, à Cité-Vieux-Bourg et à Montbenon.

Nous saluons l’ensemble de ces éléments, en insistant encore sur l’importance que nous attachons à la planification participative, à la conception inclusive et naturellement à l’approche écologique.

Concernant spécifiquement la réponse à mon postulat, celui-ci demandait l’aménagement de places de jeux dans l’hyper-centre-ville de Lausanne, tant pour les familles qui y résident que pour celles qui y viennent pour se promener, faire des achats ou profiter de l’offre culturelle.

De notre point de vue, les trois nouvelles places de jeux annoncées dans le rapport-préavis ne sont pas tout à fait dans l’hyper-centre au sens où nous l’entendions pour inciter également les familles à fréquenter le marché et les commerces. Tout en soutenant leur création, nous estimons que la réponse à mon postulat se trouve plutôt dans les équipements ludiques multifonctionnels et modulables qui sont annoncés sur différentes places publiques de l’hyper-centre, par exemple celles de La Louve ou de Pépinet, dans le but de rendre ces espaces plus accueillants pour les familles. La réponse se trouve également dans l’installation de la place de jeux amovible L’Akabane, qui a désormais été acquise par la Ville de Lausanne et qui a rencontré un grand succès à ses différents emplacements, malgré quelques réticences de certains commerçants à son emplacement initial.

Comme vous l’aurez compris, les Verts lausannois vous encouragent donc à suivre l’avis de la commission et à accepter les cinq conclusions de ce rapport-préavis.

Valéry Beaud

Intervention communale, Lausanne, Xavier Company

La conciliation extrajudiciaire

Responsabilisons les délinquants mineurs par l’introduction à Lausanne de la “conciliation extrajudiciaire”

Le rapport préavis est encourageant, ou en tout cas bien plus encourageant que le précédent, même si je n’étais pas présent lorsqu’il était passé en commission.

Il va ainsi dans le sens de la justice pénale des mineurs, qui favorise principalement l’éducation et la prise de conscience des jeunes délinquants, plutôt que la pure répression. Il paraît en effet toujours plus que le meilleur moyen de prévenir la récidive est de favoriser la prise de conscience du jeune délinquant, par la conciliation notamment.

Mais ce rapport préavis me semble un peu mou. La Municipalité nous dit simplement qu’elle applique cette conciliation et qu’elle est prête à le faire… mais elle ne table que sur une dizaine de cas par année. Au surplus, on note à plusieurs reprises que cette conciliation déçoit sur sa rentabilité économique et sur l’efficacité du travail réalisé par les jeunes. On ne peut que s’étonner à la lecture de ces propos, tant il ne s’agit là pas des objectifs de la justice pénale des mineurs, et surtout tant la Municipalité ne semble pas voir que cette procédure s’inscrit dans le long terme, puisqu’avec une diminution de la récidive, les retombée économiques sont importantes… mais sur un terme un peu plus long.

Les Verts soutiendront donc ce postulat, mais encouragent la Municipalité à aller au delà et à s’investir activement dans ces processus de conciliation, parfaitement adéquats et aux résultats positifs.

Xavier Company

Alice Genoud, Intervention communale, Lausanne

L’allaitement en milieu urbain

Intervention

Ce postulat part d’un constat : l’allaitement en milieu urbain peut être difficile et parfois laborieux. Pas de lieux dédiés et problèmes d’information (actuellement seulement un site internet qui met en avant les établissements qui ont un lieu pour l’allaitement) font que la Ville de Lausanne peut être un lieu compliqué pour les femmes voulant s’asseoir tranquillement pour allaiter des enfants, principalement en hiver. Pourtant des initiatives pourrait être facilement mise en place, que ce soit celle que je propose dans mon postulat (qui pour rappel est un réseau d’établissements volontaires – café, salles d’administrations, lieux publics, centres communautaires, magasins…- où les femmes ont la possibilité d’allaiter en toute sérénité. Souvent, aucun équipement supplémentaire n’est même nécessaire. Ces emplacements sont simplement répertoriés sur le site Internet de la ville et un autocollant sur la porte signale leur appartenance à ce programme).
Je profite de ce postulat pour parler aussi des questions de l’allaitement au niveau de l’administration. Aujourd’hui, la volonté de la Ville affiche clairement sa volonté d’aider les femmes à pouvoir allaiter tout en reprenant le travail, objectif extrêmement louable. Mais il se peut que la bonne volonté ne suffit pas forcément et il me semblerait, il nous semblerait judicieux de faire un bilan et de proposer d’éventuelles améliorations pour permettre une transition facile et agréable entre le congé maternité et la reprise du travail.
Ces deux demandes me semblant facilement réalisable et pourrait avoir des effets rapides pour une grande partie de la population lausannoise, je demande le renvoi directement en municipalité.

Alice Genoud