Daniel Dubas, Intervention communale

Chauffage en plein air

Question orale

 

La Loi vaudoise sur l’énergie interdit clairement et explicitement le chauffage en plein air, par exemple sur des terrasses ou dans la partie extérieure de cafés ou de bistrots, que ce soit avec des engins électriques ou à gaz.

Pourtant, si vous vous baladez au centre-ville de Lausanne ces jours-ci, vous pouvez en apercevoir un peu partout, sur de nombreuses terrasses, et notamment dans le quartier du Flon où à peu près chaque bistrot semble en disposer.

Cela ne fait aucun doute que la très grande majorité de ces appareils sont installés en violation de la loi en vigueur, des exceptions ne pouvant être accordées uniquement si ces chauffages exploitent des énergies renouvelables ou des rejets de chaleur inutilisables d’une autre manière. Ceci n’est manifestement pas le cas. La police du commerce du canton de Vaud précise que ce sont les communes qui sont l’autorité compétente pour autoriser l’utilisation de ces chauffages.

Voici donc ma question : La Ville de Lausanne est-elle au courant decette non-conformité légale (à large échelle), et qu’est-ce qu’elle entend faire pour faire appliquer la loi sur le territoire communal ?

Daniel Dubas

 

Benjamin Rudaz, Intervention communale

Electricité domestique et société à 2000 Watts

Intervention

Rapport-préavis No 2017/21

Le rapport préavis présenté ce soir ne lésine pas ni sur la précision, ni dans sa pédagogie, traitant d’un sujet hautement technique, bourré de subtilités juridiques, mais pourtant essentiel aux enjeux de la ou des transitions énergétiques. Sur ces dossiers, Lausanne, et ses services industriels dépendent sur de nombreux points de conditions cadres fédérales, récemment affectées, dans le bon sens d’après les Verts, par la stratégie énergétique 2050. Au niveau technique, la physique de l’électricité étant, par définition la même partout sur Terre, le rapport-préavis fait un bon résumé technique des avantages et inconvénients de chaque choix d’infrastructure, ainsi que leur échelle de déploiement. Ainsi, la demande d’étude de l’ancien conseiller communal Vert Trezzini de tester le déploiement du courant continu sur un immeuble-test se heurte à certaines réalités techniques, et également une pertinence économique remise en doute face à une offre en appareils électriques déjà majoritairement en courant alternatif. On remplacerait donc des adaptateurs AC/DC vers des adaptateurs DC/AC. L’énumération des projets tests, menés en collaboration avec d’autres fournisseurs d’électricité d’une part, et les hautes écoles d’autre part, permettent d’entrevoir de futures percées techniques et commerciales. Celles-ci favoriseront la transition énergétique, avec dans l’ordre, les économies d’énergie, la production locale, et l’autoconsommation.

En ce qui concerne le deuxième postulat, la réponse est là plus positive, vu que l’offre lausannoise accompagnant la transition énergétique est volontariste, active, et porte ses fruits via les sociétés et produits SI-REN et Solane. Toutefois, il est important de mentionner que la production solaire sur le territoire communal ne représente actuellement qu’un peu plus d’un pourcent de sa consommation, soit 11 GWh/an, comme indiqué dans le rapport de la commission. Le potentiel restant à exploiter est encore énorme, et la marge de progression est encore importante. Si certaines et certains collègues veulent rendre Lausanne plus riche, je terminerai en rappelant que la Ville EST riche, d’une ressource tombant du ciel, le soleil. Notre commune fait pour rappel 41.38 km2, ce qui fait qu’un jour de beau, il y tombe, récupérable selon les plaques de silicium actuelles, 41 GWh d’électricité, soit sur l’année 15 TWh, le quart de la consommation nationale annuelle moyenne (je fournis volontiers les calculs). Il est temps de mettre Jean Rosset au travail, en complément de son déjà bien apprécié travail dans nos domaines viticoles, et comme d’ailleurs dans ce domaine, encourager l’auto-consommation.

Je vous invite par la même à accepter ce rapport-préavis et les deux réponses qu’il contient, comme le fera le groupe des Verts.

Benjamin Rudaz

Intervention communale, Xavier Company

Garder confiance en l’énergie hydraulique

Intervention

A propos des interpellations de Benoit Gaillard et consorts « Alpiq vend-il ses atouts ? » et de M. Romain Felli et consorts : « Alpiq : privatiser les bénéfices et socialiser les pertes ? »

Les Verts remercient tout d’abord la Municipalité pour ses réponses détaillées et aussi précises que possible malgré la complexité juridique de la situation en Roumanie, la prévisibilité juridique en Suisse ou la situation économique du secteur énergétique actuellement.

Le Groupe des Verts se félicite surtout de l’anticipation dont ont fait preuve les SIL face à la phase critique que transverse Alpiq actuellement, de même que tout le secteur hydroélectrique. S’il faut reconnaître que la rentabilité à cours terme de ces investissements pour la Ville est inexistante, les SIL ont su avoir une vision à long terme, anticipant leur restructuration pour suivre l’évolution du marché. Et dans ces périodes d’insécurité tant juridique qu’économique, c’est à saluer. Il convient aussi de saluer le réalisme dont font preuve les SIL, et leur respect pour les ressources de la ville, puisque la Municipalité indique notamment dans réponse à l’interpellation de M. Felli “la Municipalité ne proposera pas au Conseil communal d’utiliser les ressources de la collectivité à cette fin (soit le rachat d’entreprises privées). Les moyens de la Ville de Lausanne se doivent d’être attribués à meilleur escient.”

Cette anticipation des SIL ne met que plus en valeur l’imprévoyance des acteurs du marché énergétique ces dernières années, dont on doit subir les conséquences notamment en tant qu’actionnaire, qui semblent n’avoir qu’une vision économique à court terme et sans prendre en considération les externalités de toutes les énergies produites. Elle fait aussi ressortir les contradiction des politiques publiques qui nous gouvernent, qui d’une main signent les accords de Paris, de l’autre ne mettent rien en oeuvre pour les appliquer, ou, pire, semblent aller à l’inverse, quand on pense notamment à la désastreuse idée d’ouverture du marché de l’énergie actuellement en discussion, ou l’absence de soutien à l’hydraulique suisse.

Malgré la confiance qu’a donné, à juste titre jusque-là, la Municipalité à Alpiq, il est donc rassurant de constater que cette confiance n’est pas aveugle et que la Municipalité reste très attentive à l’évolution de la situation.

Malgré son implication dans le secteur nucléaire, Alpiq, tout comme la Ville de Lausanne, se sont fortement engagées pour la défense de l’hydro-électricité en Suisse et l’évolution de la situation semble leur donner raison, non seulement d’un point de vue écologique, mais aussi économique. En effet, dans la réponse à l’interpellation de M. Felli, on peut lire notamment que la stratégie de vente de certains actifs par Alpiq vise à gagner du temps avant la remontée des prix de l’électricité, et que cette reprise est déjà constatable. Cette confiance à l’hydroélectricité permettra aussi également à la Ville d’assurer l’application de mon postulat, accepté au début de ce Conseil pour la sortie du nucléaire lausannois.

C’est donc à long terme que nous devons regarder, et ne pas lâcher à la première occasion un partenaire, certes pas parfait (et c’est un Vert qui vous le dit), mais fiable, et qui a su maintenir, bon gré mal gré, son soutien au pilier principal d’approvisionnement électrique renouvelable en Suisse qu’est l’hydraulique.

Xavier Company

Intervention communale, Xavier Company

Pour une énergie propre

Intervention

La demande formulée par mon postulat est simple : veut-on continuer d’offrir aux Lausannoises et Lausannois une énergies nucléaire, fossile, ou non vérifiée ? Veut-on donc soutenir, indirectement une énergie qui est hautement dangereuse, polluante, qui n’intègre pas ses externalités et dont la majorité de nos citoyens a souhaité sortir près de 70% ?

L’histoire nous a non seulement démontré qu’on ne pouvait s’assurer à 100% de la sécurité du nucléaire, mais aussi que ses déchets, de nombreuses décennies après ses débuts, ne peuvent toujours pas être traités, que l’extraction du nucléaire est plus que problématique… et je passe sur les défauts suivants de cette énergies destructrice.

Il est non seulement temps de laisser cette énergie de côté, mais surtout d’être pro-actifs dans le tournant énergétique. Rien ne sert de trainer cette énergie tant qu’on peut, comme semble vouloir le faire le Conseil fédéral, si l’on peut volontairement montrer notre soutien et notre confiance aux énergies renouvelables… car c’est possible : si le Canton de Genève l’a fait, pourquoi ne pourrions-nous pas ?

J’ai été agréablement surpris en bien par le résultat de la commission, en me rendant compte non seulement que la population lausannoise soutenait la sortie du nucléaire, mais aussi l’entier des partis représentés dans cette commission.

Les explications de notre Municipal sont aussi encourageantes, puisqu’il nous disait à l’époque, notamment que cette sortie définitive et totale du nucléaire serait possible, mais surtout qu’elle serait possible en 2019 déjà pour la ville de Lausanne. J’espère que le délai n’a pas augmenté aujourd’hui…

Dans un contexte où les soutiens aux énergies renouvelable sont parfois difficiles à obtenir de la part de la Confédérations ou des entreprises actives dans l’énergie, comme on le verra notamment lors du débat sur les interpellations des mes collègues Gaillard et Felli, le signal que lancerait ce Conseil en affirmant le soutient total aux énergies renouvelables, et uniquement aux énergies renouvelable, serait fort et surtout nécessaire. Nous ne pouvons plus faire l’autruche et devons montrer l’exemple, quand on le peut, comme nous, à Lausanne.

Je vous invite donc à suivre la commission et à renvoyer ce postulat à la Municipalité pour que Lausanne soit enfin libre d’énergie nucléaire, fossile et non vérifiée et pour soutenir les énergies renouvelables, et notamment l’hydro-électricité suisse, qui en a grandement besoin aujourd’hui, si on ne veut pas se retrouver, à terme, avec des barrages en faillite.

Xavier Company

Gaëlle Lapique, Intervention communale, Lausanne

Investissements des caisses de pension

Question orale

Les caisses de pensions injectent encore et toujours des milliards dans l’industrie du charbon, du pétrole et du gaz naturel. Elles contribuent ainsi au réchauffement climatique et compromettent la sécurité de nos retraites. L’OFEV a publié cette semaine une étude dans laquelle la compatibilité des portefeuilles d’actions et d’obligations des caisses de pensions avec le climat a été analysée. Dans cette étude, les résultats sont présentés anonymement. Cependant, la caisse de pension bernoise BPK, la Fondation Abendrot et la caisse de pension de la ville de Bienne ont déjà promis d’informer leurs assurés. La CPCL a-t-elle participé à cette étude et si oui, compte-t-elle publier ces résultats? Et si oui, quand?

Gaëlle Lapique

Intervention communale, Lausanne, Xavier Company

Tridel : du pollueur – payeur à l’incinérateur – encaisseur ?

Interpellation urgente

Mise en service en 2006, l’usine d’incinération des déchets TRIDEL appartient à la société anonyme reconnue d’utilité publique du même nom, qui en assure l’exploitation. Elle traite les déchets issus de quatre périmètres de gestion, parmi lesquels le périmètre de la société publique GEDREL, couvrant le territoire lausannois. Cette dernière détient 36.5% du capital de TRIDEL. La Ville de Lausanne détient, quant à elle, deux tiers du capital de GEDREL, est donc indirectement une actionnaire importante de TRIDEL.

Par ailleurs, dès le 1er janvier 2013, la Ville de Lausanne, comme la majorité des Communes suisses, a introduit la taxe au sac, afin d’appliquer de manière pragmatique le principe du « pollueur-payeur ». Cette taxe, qui se veut incitative pour amener à plus de recyclage et de valorisation des déchets, a fait ses preuves et permis à la Ville d’augmenter de manière importante la part des déchets recyclés ou revalorisé. D’un point de vue écologique, il s’agit donc d’un franc succès.

Afin de répondre à divers corollaires plus négatifs et ainsi les éviter au maximum, la Ville de Lausanne a non seulement introduit des mesures d’accompagnement (soit par exemple une quantité de sac offert à la naissance d’un enfant), mais également octroyé une subvention annuelle fixe de CHF 80.- à tous les Lausannois, afin de réduire l’impact financier de cette nouvelle taxe, et d’en préserver uniquement l’aspect incitatif. Ainsi, l’objectif n’a jamais été de remplir les caisses de l’Etat grâce à cette nouvelle taxe, mais uniquement d’inciter les citoyens à d’avantages valoriser leurs déchets.

On peut cependant lire dans la presse du jour que les comptes 2016 de l’usine Tridel, responsable de l’incinération des déchets, sont relativement surprenants. Selon le rapport de gestion 2016, les honoraires du conseil d’administration ont augmenté de plus de CHF 100’000.-, passant de CHF 143’557.- à 251’570 en une année !

Il ressort ce même article que la Municipalité de Lausanne, pourtant présente au sein du conseil d’administration, est également surprise de cette différence et qu’elle a demandé qu’un audit de la société soit réalisé. La réponse apportée à la presse par le Président du conseil d’administration est en effet très floue, puisqu’il indique que cette rémunération serait due au départ de certains membres en 2016 suite aux élections communales, mais que d’autres membres toujours présents auraient également reçu une rémunération. Finalement, le Président du conseil d’administration indique que c’est le conseil d’administration lui-même qui a accordé cette rémunération.

S’agissant d’une entreprise en mains publiques, dont les membres sont quasiment exclusivement des Municipaux de communes propriétaires, une telle rémunération ponctuelle semble difficile à expliquer.

Dès lors, les interpellateurs souhaitent poser les questions suivantes à la Municipalité :

  • Quelles sont les différentes rentrées financières de Tridel ?
  • A quel moment le conseil d’administration de Tridel a-t-il pris la décision de ces rémunérations extraordinaire et quelle(s) raison(s) ont-elles été évoquées ? Le cas échéant, quel a été le vote du représentant de la Municipalité de Lausanne sur cette question ?
  • Quels membres du conseil d’administration ont touché un montant, et pour quelle raison ?
  • Les Municipaux membres du conseil d’administration d’une entité externe ont-ils l’obligation réglementaire de reverser leurs honoraires à la commune dont ils sont élus ?
  • Le versement d’une indemnité aux membres du conseil d’administration au moment de leur départ est-il une pratique courante dans les sociétés en mains publiques auxquelles la Ville participe?
  • De telles pratiques sont-elles, de l’avis de la Municipalité, dans l’intérêt des actionnaires de TRIDEL ?
  • Quel est le mandat précis que souhaite confier la Municipalité de Lausanne par le biais de l’audit requis ?
  • Comment éviter de tels versements à l’avenir

Xavier Company

Intervention communale, Xavier Company

Les risques de l’exploitation du gaz de schiste

Débat sur l’interpellation du 15 février Risque-t-on de voir le sous-sol lausannois s’effondrer ?

Intervention

Je souhaite tout d’abord remercier la Municipalité pour ses réponses.

Les réponses apportées par la Municipalité, bien que certaines fois un peu vagues (j’y reviendrai), se veulent pour la plupart rassurantes, même si on décèle nombres d’inconnues concernant les risques d’exploitation du gaz de schiste en Suisse et plus précisément aux alentours de Lausanne. Et dans un contexte où l’on est amenés à se prononcer sur la stratégie énergétique 2050, où un parti s’auto-définissant comme écologique n’hésite pas à s’allier pour l’élection au Conseil d’Etat avec un parti qui se positionne contre cette stratégie énergétique, et où l’écologie politique est toujours plus sur le devant de la scène et dans l’intérêt de la population, il est important de se poser les bonnes questions.

Je reviendrai rapidement sur quelques éléments des réponses de la Municipalité qui vont dans le sens des préoccupations de mon groupe concernant les extractions d’hydrocarbures et notamment du gaz de schiste. Je remercie la Municipalité pour sa prise de position claire quant au projet de loi sur les ressources naturelles du sous-sol, qui est toujours dans les tiroirs du Conseil d’Etat. En effet la Municipalité pointe, comme l’ont fait les Verts, le risque de laisser au seul Conseil d’Etat la compétence de prononcer ou de lever un moratoire sur le gaz de schiste… et alors qu’on ne sait pas quelle couleur politique ce Conseil aura lors de la prochaine législature. D’autant plus sur ces questions écologiques fondamentales, cela pourrait avoir des conséquences graves.

Pour ceux qui se demandent ce qu’est le gaz de schiste, je conseille la lecture du rapport du Conseil fédéral sur la fracturation hydraulique du 19 mars 2017 (https://www.newsd.admin.ch/newsd/message/attachments/47435.pdf). Ce rapport, sorti deux semaines après la réponse de la Municipalité, ne fait que confirmer les risques liés à l’extraction de gaz par le biais de la méthode de la fracturation hydraulique, tel que le gaz de schiste.

En effet cette fracturation consiste, et je lis le rapport du Conseil fédéral « à fissurer la roche peu perméable en la soumettant à une forte pression, en vue de créer un accès aux ressources énergétiques. Pour cela, un fluide de fracturation est injecté à haute pression dans le réservoir ou le gisement par un puits de forage. Ce fluide élargit les fissures naturelles de la roche ou en crée de nouvelles. Pour la mise en valeur des ressources gazières et pétrolières non conventionnelles, on utilise un mélange composé d’environ 99 % d’eau et de sable siliceux, et de 1 % d’additifs chimiques ». Lorsque l’on sait que c’est plusieurs centaines de mètres cubes qui sont injectés, ce pourcent d’additifs chimiques constitue une quantité importante qui est purement et simplement déversés dans notre sous-sol et nos nappes phréatiques.

Le principal risques liés à cette extraction, toujours selon le Conseil fédéral est justement « est la contamination des eaux souterraines et superficielles par les additifs utilisés tout au long du processus et par les substances polluantes (reflux) qui se libèrent du sous-sol ».

Sans compter en plus l’émission de gaz à effet de serre et les risques sismiques élevés, puisque l’on va creuser relativement profondément sous nos pieds pour extraire ces hydrocarbures.

Le Conseil fédéral conclu donc notamment qu’il « mène une politique visant à remplacer les agents énergétiques fossiles par des énergies renouvelables et à améliorer l’efficacité énergétique. Il désapprouve une utilisation accrue des énergies fossiles, car cela irait à l’encontre de la protection de l’équilibre climatique et de la Stratégie énergétique 2050 ».

Ce sont principalement pour ces deux raisons, soit les risques importants et l’impact écologique des hydrocarbures et de leur extraction, que les Verts ont décidé de lancer leur initiative, pour une interdiction d’extraction d’hydrocarbures dans le canton de Vaud. Ce sont également pour ces deux raisons que j’ai déposé cette interpellation, compte tenu des risques potentiels auxquels la Commune de Lausanne doit faire face, ainsi que le rôle que peuvent jouer les services industriels dans ce domaine.

Dès lors, bien que je remercie la Municipalité pour la rapidité de sa réponse, mais elle a peut-être été un peu trop rapide. En effet, deux semaines plus tard le Conseil fédéral rendait son rapport sur la fracturation hydraulique en Suisse, qui se veut relativement claire. Bien que le Conseil fédéral reconnaisse la compétence des cantons dans ce domaine, il se prononce clairement sur cette question, puisqu’il conclut que « Pour des raisons de politique climatique et énergétique, le Conseil fédéral ne soutient toutefois pas le recours à la fracturation hydraulique en lien avec la mise en valeur des hydrocarbures. ».

Avant de requérir des précisions sur les réponses de la Municipalité, j’aurais donc aimé connaître sa prise de position en lien avec ce rapport et si celui-ci modifiait ses réponses, notamment quant aux risques de pollution des eaux souterraines et superficielles, dans une zones très dépendante de ces eaux tel que l’est Lausanne.

La Municipalité pourrait ainsi peut-être clarifier sa position quant à sa réponse à la question n° 1, où elle semble quelque peu botter en touche et ne répond pas précisément à la question des risques indirects que pourraient avoir l’extraction d’hydrocarbures dans le Canton, notamment sur la contamination des eaux souterraine pour la Ville de Lausanne.

Une deuxième précision serait souhaitable, en rapport avec la question n° 3, puisque la Municipalité indique qu’il n’y a pas de risques de voir des extractions d’hydrocarbures sur la Commune de Lausanne, mais elle indique tout de même que des lignes sismiques y ont été explorées, notamment dans les zones foraines, et les promoteurs gaziers indiquent qu’il y a bien du gaz de schiste sous le territoire cantonal et communal (http://www.seag-erdgas.ch/lagerstaetten_unkonventionell/?lang=fr). Dès lors, comment peut-on être sûr que ce sous-sol ne soit jamais exploité, par exemple dans les zones foraines ?

Pour répondre à la défiance, tant de la Municipalité que du Conseil fédéral vis-à-vis des énergies fossiles, je souhaite donc déposer la résolution suivante :

Le Conseil communal souhaite que la Municipalité diminue autant que possible le recours aux énergies fossiles dans les domaines d’activité des Services industriels, et accroisse la part des énergies renouvelables, notamment dans le chauffage à distance, ainsi que dans la fourniture de gaz (par exemple par du gaz produit à partir de la biomasse).

Résolution acceptée par une large majorité du Conseil communal.

Xavier Company

Daniel Brélaz, Feuille verte, Lausanne

Stratégie énergétique 2050 : les vrais patriotes et les écologistes votent OUI

La campagne richissime des opposants, financée à coup de millions par le clan Blocher, est digne du Guinness Book du mensonge et surclasse même les fake news des élections américaines. La réalité est la suivante.

  • Une nouvelle centrale nucléaire, chère à Blocher, nécessiterait 800 millions à un milliard de francs de subventionnement par an.
  • La stratégie énergétique permet de réduire de 77% (2015) à un peu plus de 50 % la dépendance de l’étranger de la Suisse en matière d’énergie d’ici 2035 et à moins de 40% d’ici 2050. Le NON, cher à Blocher, est favorable aux Etats pétroliers (merci pour Daech) et aux vendeurs d’uranium.
  • La baisse de 43% par habitant de la consommation d’énergie en 2035 par rapport à l’an 2000 est réaliste. Grâce aux nouveaux bâtiments qui consomment 5 à 10 fois moins que les anciens, aux appareils électriques toujours plus performants, à la rénovation des bâtiments anciens et aux voitures toujours moins gourmandes, la baisse a atteint 14% entre 2000 et 2015. Sans changer de rythme, on en serait à 34% en 2035. Grâce au passage de 300 à 450 millions des subventions pour l’assainissement des bâtiments et aux voitures électriques, dont le rendement est de 90% contre 15% pour les voitures à essence, le passage à 43% est réaliste
  • Les nouvelles énergies renouvelables (solaire, éolien, biogaz) passeraient de 3 à 15% de la production d’électricité d’ici 2035. Cinq fois plus de panneaux solaires qu’aujourd’hui sur l’ensemble des toits suisses n’est vraiment pas irréaliste. La Bavière, pourtant conservatrice, atteint déjà 12% d’électricité solaire.
  • Avec la norme à 95 grammes de CO2 par km, l’automobiliste économiserait 400 francs par an.
  • La seule augmentation sur l’électricité, pour financer pendant quelques années le renouvelable et permettre la réalisation de 35000 projets bloqués générant autant d’électricité que Beznau2 et Muehleberg, représente 40 francs par ménage et année.

C’est sur ce paquet que l’on vote et sur rien d’autre.

Avec cette stratégie, l’argent reste en Suisse, les emplois aussi et notre dépendance de l’étranger diminue fortement. Les UDC qui suivent leurs convictions plutôt que leur chef et le reste de la population doivent voter OUI dans l’intérêt de la Suisse.

Daniel Brélaz

Anna Zangger, Intervention communale

Promotion des véhicules électriques sur le domaine communal

Postulat

A ce jour, les moteurs électriques constituent la meilleure alternative aux moteurs thermiques, et doivent être favorisés tant du point de vue du développement durable que de celui de la mobilité. L’utilisation de véhicules électriques n’implique, en tant que telle, aucune émission de gaz à effet de serre ou de particules fines . Promouvoir les véhicules électriques est un choix non seulement pour l’environnement mais aussi pour la santé publique, pour autant bien sûr que l’électricité utilisée soit issue de sources renouvelables.

La Ville de Lausanne semble d’ores et déjà convaincue que l’avenir de la mobilité passe par les véhicules électriques. Les transports publics sont déjà presque intégralement électriques. Au printemps 2014, les Services industriels de la Ville ont lancé pour commercialisation les bornes “N-charge”. Pour mémoire, il s’agit de bornes de recharge des véhicules électriques, dont le modèle SMART est destiné au domaine public. Le temps de charge moyen de ce modèle varie entre 1 h et 4h , en fonction de la puissance du courant.

D’autres grandes villes européennes ont fait le choix de promouvoir la mobilité écoconsciente en adoptant des mesures favorisant les véhicules électriques. Oslo est ainsi à la pointe de l’avancée dans ce domaine: plus de 30% des véhicules qui s’y sont vendus entre 2015 et 2016 étaient électriques ou hybrides.

Compte tenu de ce qui précède et de la volonté affichée de la Ville d’encourager les automobilistes à se tourner vers ce type de véhicule afin de réduire de façon significative des émissions de C02, les postulants souhaitent que la Municipalité étudie la possibilité:

  1. d’attribuer des places de parking sises sur le domaine public aux véhicules électriques;
  2. de développer l’offre de la Ville en bornes de recharge N-charge ou autre, notamment sur les places mentionnées sous Chiffre 1., en s’assurant que l’électricité soit issue de sources d’énergie renouvelables;
  3. de créer un partenariat privé-public ou d’envisager les prestations aux Services industriels afin de financer les mesures susmentionnées.

Lausanne, le 24 avril 2017

Anna Zangger

Intervention communale, Lausanne

Une centrale photovoltaïque au Chalet à Gobet

Intervention

Les Verts se prononcent avec enthousiasme en faveur de ce projet, si l’analyse d’opportunité démontre l’intérêt et la faisabilité de cette centrale photovoltaïque au Chalet à Gobet.

De toutes les énergies renouvelables, l’énergie photovoltaïque est celle qui soulève le moins de conflits et qui génère le plus d’adhésion au sein de la population. Malheureusement en Suisse, la progression de cette énergie renouvelable reste encore timide, trop timide, malgré des prix de production qui ont fortement chuté.

L’emplacement du parking du Chalet à Gobet est de prime abord un excellent choix. Pour les Verts seuls les sites bâtis -et en tout premier les toitures et/ ou les façades – sont les supports les plus adéquats pour accueillir des panneaux photovoltaïques. Il n’en demeure pas moins que, comme le relève le rapport de commission, ces toits à la bonne inclinaison se raréfient. Les parkings en dur offrent ainsi de bonnes alternatives pour y implanter des centrales solaires.

Le Chalet à Gobet est un lieu de sport et de loisirs très apprécié des Lausannois qui s’y rendent fréquemment. La construction d’une centrale photovoltaïque serait un signe fort et visible de la volonté de Lausanne de développer ces nouvelles énergies renouvelables qui sont les ressources de notre approvisionnement énergétique à venir. La production photovoltaïque du Chalet à Gobet viendrait compléter la production du projet EolSud, le photovoltaïque étant davantage productif en été et l’éolien en hiver. Elle serait aussi un clin d’œil à la production de neige de culture pour les skieurs en herbe de la piste de ski du Chalet à Gobet.

Aucune atteinte paysagère n’est à craindre si la construction de la centrale photovoltaïque se limite au parking du Chalet à Gobet qui est déjà entièrement bétonné, car il borde la très fréquentée route de Berne et bien entendu aucun empiètement sur la très belle plaine agricole de Mauvernay ne doit se faire. En tant que porte d’entrée à Lausanne, la Ville offrirait avec ce projet une belle image de son projet énergétique.

Alors que la Suisse présente de meilleures conditions d’ensoleillement que l’Allemagne, elle n’est pas à ce jour un pays du solaire, alors qu’elle possède une grande expérience dans la recherche, et dans la mise en œuvre de cette technologie En comparaison européenne, la Suisse est l’un des pays qui produit le moins d’énergie verte (exception faite de l’hydraulique). Environ 2% des besoins annuels par personne proviennent des nouvelles énergies renouvelables, selon la Fondation suisse de l’énergie (SES). Retard dommageable pour notre indépendance énergétique tout comme pour le potentiel de création de places de travail dans ce secteur, alors que le prix du solaire a chuter de 80% entre 2009 et 2015. A Lausanne, notre électricité est à peine composée par 1% de photovoltaïque (exactement 0.75%). La marge de progression du photovoltaïque en Suisse est immense, sa compétitivité n’est plus à démontrer et son potentiel dans notre approvisionnement énergétique est très grand.

25 % du courant suisse pourrait être produit dans le pays, sur le toit des maisons, des bâtiments industriel, des murs antibruits et des parkings. Nous souhaitons que Lausanne, ville olympique, se profile comme ville modèle et pionnière dans ce domaine.

Marie-Thérèse Sangra