Daniel Dubas, Intervention communale

Centre pluriculturel et social d’Ouchy

Renouvellement du droit de superficie

Intervention

  • Le Centre pluriculturel et social d’Ouchy est un lieu fortement appréciée par les habitant-e-s du quartier. Il donne accès à une excellente offre culturelle de qualité à prix modéré et permet d’assurer de nombreuses autres activités, notamment associatives, aussi pour d’usagers venant d’ailleurs.
  • Le CPO n’est pas seulement un lieu culturel, mais il contient également des bureaux, des salles de réunion, une cuisine, une cafétéria, une salle polyvalente ainsi qu’un réfectoire pour l’établissement secondaire de l’Elysée et l’APEMS. C’est un lieu vivant que j’apprécie aussi personnellement, géré par une association très active et motivée.
  • Je remercie la Municipalité pour son préavis – très bref, peut-être même un peu trop bref sur certains points – et les réponses plus détaillées données en commission. On a tout de même l’impression d’être un peu dans la précipitation, le droit de superficie (déjà prolongé de 3 ans en 2017) arrivant à échéance dans quelques semaines déjà. Pourquoi avoir attendu aussi longtemps, les résultats du sondage sur les attentes de toutes les parties prenantes étant connus depuis juin 2015, donc depuis plus de cinq ans ?
  • Je regrette un peu que le prévis ne développe réellement qu’une seule option, celle d’une rénovation à l’identique. Les usages ou projets alternatifs possibles ne sont pas véritablement abordés. Est-ce que d’autres projets étaient possibles ? Aurait-on pu reconstruire un autre bâtiment ? Une autre valorisation de la parcelle, qui intègre également le bâtiment du temple largement sous-utilisé, aurait-elle été possible ? La procédure pour tout projet alternatif aurait certainement été plus compliquée et risquée, mais une réflexion urbanistique plus large aurait pu se révéler utile. Il y a certes des contraintes liées à l’inventaire ISOS et au recensement architectural (note 4, intérêt local limité), mais il aurait peut-être été possible de concevoir d’autres projets et de valoriser la parcelle un peu différemment
  • Venons maintenant au projet concret tel que proposé: Le bâtiment du CPO est aujourd’hui dans un mauvais état, ce que démontre l’étude EPIQR+ et qu’on peut voir à l’œil nu. Il est urgent de rénover le bâtiment et d’assurer un assainissement énergétique important. Sur ce point, je suis franchement très étonné de voir que la ville ne formule aucune exigence particulière en termes d’efficacité énergétique. Il est juste mentionné qu’une analyse énergétique serait effectuée dans le cadre du Certificat énergétique cantonal des bâtiments (CECB+), mais sans pour autant fixer un niveau d’ambition spécifique. Nous ne pouvons tout simplement plus, en 2020, rénover un bâtiment vieux de 50 ans, qui a des performances énergétiques extrêmement mauvaises d’une telle façon.
  • La ville a un devoir d’exemplarité, et les enjeux patrimoniaux pour cet objet précis ne constituent pas un obstacle pour un assainissement énergétique ambitieux, contrairement à d’autres ouvrages (tels que le théâtre de Vidy ou le cinéma Capitole). Nous nous devons d’exiger un projet ambitieux en termes écologiques, raison pour laquelle j’ai déposé un vœu que la commission a accepté, et je la remercie. Nous attendons plus d’une Municipalité dont presque tous ses membres se déclarent désormais écologistes !
  • A noter également qu’il est louable d’annoncer l’intention de végétaliser le toit en combinaison avec des panneaux photovoltaïques, même s’il n’est pas clairement spécifié qui va faire cet investissement. Quel que soit le niveau d’ambition exigé par la ville, il est d’ailleurs fort à parier que le montant articulé sera insuffisant.
  • Pour permettre à l’association de lever les fonds nécessaires, il est important d’avoir une certaine prévisibilité, et donc la prolongation d’un droit de superficie pour 50 ans est une bonne chose. Il me semble également clairement justifié dans ce cas d’offrir la gratuité du droit de superficie (ce qui représente une aide financière indirecte de la ville) et de maintenir la subvention actuelle de CHF 158’000 par année.
  • Le groupe des Verts soutient le projet municipal et acceptera les conclusions de ce préavis, tout en insistant sur les attentes que je viens d’exprimer. Il est important que le CPO – et je profite ici encore une fois pour remercier l’association et tous les acteurs locaux pour leur engagement marqué – puisse continuer ses activités aussi dans les décennies à venir.

Daniel Dubas

Intervention communale, Xavier Company

Changer la ville pour préserver le Climat : projet pilote de captation de CO2 à l’usine TRIDEL

Intervention

Si nous voulons gagner (ou perdre moins vite) la lutte contre le réchauffement climatique, nous devons réunir toutes les bonnes idées et celle-ci en fait partie, nous la soutiendrons donc.

Par contre, cela ne doit pas éclipser l’objectif premier de la Ville en vue d’atteindre la neutralité carbone : la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Notre énergies, nos moyens financiers doivent en priorité et en urgence être placés sur cet objectif, notamment dans l’isolation des bâtiment, dans la mobilité avec la réduction drastique des transports individuels motorisés et dans l’agriculture.

La captation ne doit venir qu’en deuxième temps, si la production de CO2 ne peut pas être évitée. Dans ce cadre-là il est évidemment important d’étudier toutes les technologies à disposition, avec la limite de ne pas aller se débarrasser de notre CO2 à l’étranger, comme on ne veut pas le compenser non plus ailleurs. C’est à nous d’assumer nos externalités.
Dans tous les cas, les questions posées par le postulant sont intéressantes et méritent d’être étudiées, à mon avis même au-delà de Tridel, pour toutes les sources de production de CO2 de la Commune et nous soutiendrons donc le renvoi de ce postulat à la Municipalité.

Xavier Company

Intervention communale, Lausanne, Marie-Thérèse Sangra

Utiliser les potentialités du solaire thermique pour concrétiser la transition énergétique lausannoise

Postulat

Le chauffage et la production d’eau chaude des bâtiments représentent une part importante de la consommation d’énergie du pays. S’il est bien entendu prioritaire de concevoir un bâtiment parfaitement isolé thermiquement, il est aussi nécessaire de prévoir un système de chauffage adéquat et environnementalement responsable. Celui-ci devra à terme se passer de toutes énergies fossiles pour viser une neutralité carbone de la Ville en 2030[1]. La Loi vaudoise sur l’Energie (LEn) requiert déjà 30% d’énergie renouvelable pour les nouvelles constructions, en laissant le choix de technologie (pompe à chaleur, solaire, bois, chauffage à distance renouvelable) suivant le contexte, mais ce 30% ne concerne que la couverture des besoins d’eau chaude sanitaire, et pas ceux du chauffage.

L’énergie solaire thermique (= faite par des capteurs solaires thermiques et non pas photovoltaïques), considérée dans son ensemble, est l’énergie renouvelable la plus respectueuse de l’environnement pour ce qui est de la production de chaleur nécessaire à nos bâtiments et autres services. Les installations sont en effet composées de matières premières simples et peu problématiques, de longue durée de vie, qui peuvent être facilement réparées, réutilisées, réaffectées ou en dernier recours, recyclée (de l’acier, de l’acier chromé, du cuivre, du bois, du verre, de l’aluminium et du matériel d’isolation sont utilisés). Le fluide utilisé est local, écologique, et incroyablement bon marché : l’eau du robinet.

Que ce soit sur de nouveaux immeubles, pour lesquels le mode de chauffage peut être entièrement conçu selon cette logique, ou pour des immeubles existants subissant des rénovations, nous pensons que le solaire thermique devrait être la règle, et non l’exception. Dans bien des cas, une bonne partie ou la totalité des besoins en chaleur peuvent être récoltés sur les toits et façades, via des appareils et équipements bon marché, techniquement simples, et maitrisés. Les installations solaires thermiques peuvent même être auto-cosntruites. En effet, grâce à la mise en œuvre de la stratégie énergétique fédérale de rénovation des bâtiments (programme bâtiments), les besoins de chaleur, que ce soit pour le chauffage ou l’eau chaude sanitaire, vont drastiquement baisser. C’est un changement de paradigme que l’on observe déjà dans l’habitat individuel (maison passive, Minergie P, etc). Dans ces conditions, le recours au solaire thermique est la solution la plus écologique pour couvrir une partie majeure du chauffage et de l’eau chaude sanitaire, avec des surfaces de capteurs raisonnables.

Concrètement cela peut se faire via des accumulateurs qui peuvent contenir des milliers de litres d’eau. De tels accumulateurs peuvent être disséminés dans la ville et communalisés par quartier ou groupe d’immeubles et répondre, de la sorte, en grande partie, à la demande en chaleur des nouveaux bâtiments ou des bâtiments rénovés (vu leurs besoins en chaleur réduits). Ces accumulateurs peuvent en effet stocker de l’été à l’hiver une grande partie de l’énergie nécessaire. Pour compléter le manque en hiver, une source de chaleur annexe (comme le CAD) sera nécessaire.

Pourtant, la stratégie municipale actuelle au niveau urbain est d’étendre le réseau de chauffage à distance (CAD), actuellement alimenté par la combustion des déchets (TRIDEL), avec un appoint au gaz ou mazout lors des pics de demande. Ces sources de chaleur n’ont pas d’avenir, car elles ne sont pas conformes à une politique climatique répondant à l’accord de Paris. Ces apports du CAD doivent se décarboniser. Pour ce faire, il est souhaitable de combiner un raccordement au CAD avec une source locale de chaleur solaire. Dans ce même but, l’étude de la faisabilité technique d’un réseau dans lequel des immeubles, des particuliers, des coopératives, des industries pourraient réinjecter leur surproduction de chaleur solaire est aussi une solution à étudier.

Via cette stratégie, le solaire thermique pourra assurer une partie majeure de l’approvisionnement en chaleur des bâtiments tout au long de l’année. La mise en œuvre à grande échelle de ce concept dans le secteur suisse de la construction permettra ainsi de contribuer de manière conséquente à un tournant énergétique fonctionnel et local.

Ce postulat demande à la Municipalité d’étudier l’opportunité :

  • d’évaluer la faisabilité technique et économique de recourir au solaire thermique selon le concept présenté pour le chauffage et l’eau chaude des bâtiments lausannois et d’en déterminer le rapport coût-utilité,
  • de déterminer le potentiel le plus facilement exploitable pour supprimer toute énergie fossile dans le CAD,
  • d’en organiser une mise en œuvre ambitieuse dans le cadre de sa politique énergétique et urbanistique.

Marie-Thérèse Sangra, Benjamin Rudaz, Valery Beaud, Daniel Dubas, Karine Roch, Jean-Michel Bringolf


[1] Préavis 2019/30 « Stratégie municipale en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre et d’adaptation aux changements climatiques