Intervention communale, Ngoc Huy Ho

Désinfecter, mais à quel prix?

Interpellation urgente

Afin de lutter efficacement contre la propagation du coronavirus ou de la grippe saisonnière, l’Office Fédéral de la Santé recommande le nettoyage des objets et des surfaces susceptibles d’être contaminés par la toux et les postillons de personnes infectées.[1]

C’est dans ce sens que la Ville de Lausanne s’est engagée dans la mise en place de toutes les mesures sanitaires nécessaires pour faire face à la pandémie du coronavirus. Que ce soit dans la restauration collective, aux guichets d’information, dans les transports publics, dans les structures d’accueil d’urgence, musées et autres installations sportives et publiques, les surface et objets sont régulièrement nettoyés de manière “adéquate” après leur utilisation, en particulier si plusieurs personnes les touchent. Il s’agit notamment des poignées de porte, les boutons d’ascenseur, les rampes d’escalier, les accoudoirs de chaises, les tables, les WC, etc.[2]

Or l’utilisation de puissants désinfectants peut provoquer de graves problèmes de santé aux personnes qui emploient ces produits en cas de mauvaise utilisation. Troubles respiratoires, irritation de la peau ou lésions oculaires sont les principaux risques que peuvent entraîner un mauvais emploi d’un désinfectant ou en l’absence de protections individuelles comme des gants et lunettes de protection.

De plus, un environnement qui serait trop aseptisé ne stimulerait pas suffisamment le système immunitaire freinant la production des anticorps lui permettant de se défendre. C’est pour cela que l’utilisation de détergents désinfectants est déconseillée dans le cadre privé et notamment pour les personnes ayant une défense immunitaire affaiblie.[3] Les résidus de désinfectants dilués de manière incorrecte sur les surfaces pourraient également favoriser la croissance de bactéries résistantes aux antibiotiques.

Par ailleurs, cette désinfection systématique est utilisée dans les écoles et les crèches. Alors que la Ville s’est engagée dans un plan de réduction des perturbateurs endocriniens dans les crèches, l’utilisation systématique de ces produits désinfectants nous semble encore plus problématique dans le contexte de populations vulnérables que sont les enfants.

Enfin, l’utilisation de produits de désinfection entraîne également le problème de sa répercussion au niveau environnemental car les substances chimiques employées peuvent se retrouver en fin de cycle dans les eaux de surface ou dans les eaux traitées par les STEP.

Reste la question des gels ou solutions hydroalcooliques qui font désormais partie de notre quotidien et dont l’usage excessif n’est pas sans danger. En effet, la composition de ces gels peuvent contenir différents additifs, comme des ingrédients antimicrobiens ou des parfums, ayant un impact néfaste sur la santé.

Au vu de ce qui précède, les interpellatrices et interpellateurs remercient la Municipalité de bien vouloir répondre aux questions suivantes :

  1. Quels sont les différents types de produits de désinfection mise à disposition des employé-e-s de la Ville de Lausanne pour le nettoyage des surfaces et pour la désinfection des mains ?
  2. Est-ce que les employé-e-s de la Ville de Lausanne chargées de nettoyer objets et surfaces ont été informées des dangers de l’utilisation des produits de désinfection et ont-elles reçu une formation ainsi qu’un équipement de protection?
  3. La Ville de Lausanne a-t-elle coordonné la désinfection de ses infrastructures ou a-t-elle délégué aux personnes responsables dans ses différents services ?
  4. Est-ce qu’une attention plus particulière a été prise dans les institutions d’accueil de l’enfance et les établissements scolaires où les enfants peuvent être directement exposés à ces produits soit par contact ou par inhalation?
  5. Est-ce que les parents ont été informés des produits utilisés dans les institutions d’accueil de l’enfance et les établissements scolaires ? Est-ce que ces produits ont été analysés pour être en conformité avec les nouvelles mesures contre les perturbateurs endocriniens ?
  6. Est-ce que le Service de l’eau a effectué un suivi analytique sur une potentielle contamination des eaux lausannoises par des substances provenant des produits de désinfection ?
  7. Comment la Municipalité va-t-elle tenir compte des enseignements et des retours du terrain pour organiser le nettoyage des surfaces sans mettre en danger la santé de ses employé-e-s, de la population et en particulier des enfants ?

Nous remercions la Municipalité pour ses réponses.

Ngoc Huy Ho, Sara Gnoni, Anne Berguerand, Sima Dakkus, Sara Soto,       Ilias Panchard


[1] https://www.bag.admin.ch/bag/fr/home/krankheiten/ausbrueche-epidemien-pandemien/hygiene-pandemiefall/gegenstaende-oberflaechen-reinigen.html

[2] https://www.lausanne-tourisme.ch/fr/coronavirus-situation-a-lausanne/

[3] https://www.bag.admin.ch/bag/fr/home/gesund-leben/umwelt-und-gesundheit/chemikalien/chemikalien-im-alltag/desinfektionsmittel.html

Delphine Brun, Intervention communale

Plan de quartier « Ecole de Riant-Pré »

Préavis N° 2017/19

Plan de quartier « Ecole de Riant-Pré » concernant la parcelle N° 7’302 et une partie de la parcelle N° 7’299

Position des Vert-e-s

Constatant que le futur établissement scolaire de Riant-Pré, contenant notamment un APEMS, correspond à un réel besoin des habitants du quartier des Fiches Nord et des zones avoisinantes, les Verts ne peuvent que saluer la mise sur pied de ce projet qui rendra service à de nombreuses familles vivant au nord-est du centre urbain lausannois.

Regrettant le défrichement nécessaire d’un massif abandonné de 1’575 m2 qui permettra la construction de ces nouvelles infrastructures, les Verts constatent après avoir pris connaissance du préavis et de l’étude d’impact sur l’environnement, que cette zone de verdure est toutefois éloignée des corridors écologiques et, de ce fait, n’exerce pas de rôle essentiel dans l’accueil ou la fonction de production.

Conscients que la réduction des zones de verdures, notamment dans les villes, n’est jamais une solution idéale, les Verts observent néanmoins que le plan d’affectation prévoit de compenser ce défrichement par un reboisement de la forêt de Valmont. En effet, cette forêt, qui se situe à proximité du quartier des Fiches, possède un intérêt biologique supérieur au massif défriché et mérite d’être renforcée. De surcroît, 750 m2 d’espaces verts sont également prévus dans le plan de quartier, dont une toiture végétalisée. L’air de dégagement devra en outres contenir des arbres d’essence majeure.

Fort de ce qui précède, les Verts soutiendront ce préavis.

Delphine Brun