Lausanne

Politique contre le deal de rue à Lausanne : un premier virage, mais encore beaucoup de chemin

Communiqué de presse

Les Verts lausannois prennent note des propositions de la Municipalité de Lausanne pour réduire les aspects visibles du marché de la drogue à Lausanne, et saluent le virage pris vers la dissuasion du deal, plutôt que sa répression pénale à tout prix. La présence visible des forces de police dans la rue va en effet permettre de réduire le sentiment d’insécurité. Toutefois, l’aspect localisé et limité des mesures annoncées rappelle les tactiques choisies par le passé par d’autres municipaux successifs, de plusieurs couleurs politiques. Celles-ci n’ont jamais eu d’effet durable sur la distribution de drogues par des réseaux criminels, tout en déplaçant le deal dans d’autres quartiers. En maintenant le marché dans l’illégalité, la lutte contre le deal soustrait aux politiques publiques des moyens de prévention, tout en participant à stigmatiser uniquement la partie visible du problème: le deal. Les Verts appellent la Municipalité à construire une approche sur le long terme, qui tienne compte des avancées de la recherche en criminologie, en addictologie, et en politiques de santé publique.

Il faut tout d’abord saluer la volonté de la Municipalité de privilégier la présence policière afin de diminuer le sentiment d’insécurité et dissuader les transactions de stupéfiants. La mission d’occuper le terrain, plutôt que de chercher des arrestations et des interpellations, est une allocation bien plus efficace des ressources. Toutefois, ces mesures prises sous la pression populaire, annonçant des décisions “décisives”, “fortes” ou “proactives” semblent rappeler celles prises précédemment par d’autres Municipaux lausannois. Les actions coup de poing et les présences accrues mais forcément temporaires de la police dans la rue plaisent, en tout cas dans les quartiers concernés. Ensuite, dès que l’action s’essouffle, et que les autres missions de la police réclament des forces, tout retombe dans la routine. Les Verts lausannois sont d’autant plus conscients de ce constat d’échec que cette stratégie a autrefois été promue par un Syndic vert, avant de l’être par un Municipal popiste, puis socialiste, et désormais par un Municipal PLR. Il est donc temps d’apprendre des erreurs du passé pour éviter de les reproduire.

De plus, il est reconnu par les différentes études en la matière, qu’en s’attaquant au deal qui a lieu au centre-ville, on ne fait que repousser les problèmes dans les quartiers plus éloignés, ne permettant plus aucun contrôle sur le trafic ou la consommation, et dès lors péjorant les possibilités de prévention. Ces actions coup de poing laissent toutefois penser, à tort, que le problème a disparu dans les quartiers concernés, en stigmatisant les personnes du bas de l’échelle criminelle comme uniques responsables.

Augmenter la présence policière en rue est une première solution à saluer, en particulier autour d’endroits spécifiques comme les alentours des écoles, mais elle doit être accompagnée d’une augmentation du corps de police pour rendre cette mesure pérenne. En parallèle, une collaboration active doit être encouragée avec la police cantonale, qui mène les enquêtes de grande ampleur pour nuire aux réseaux derrière le trafic.

Les Verts préconisent ensuite d’agir sur les causes du problème, plutôt que sur les symptômes, en ayant la maturité d’appliquer des solutions ayant montré leurs preuves dans d’autres villes ou d’autres pays.  En effet, sur le long terme, la solution de la dépénalisation, réglementation et contrôle du marché de la drogue, doit être portée à l’ordre du jour, afin de permettre un meilleur suivi des personnes et une lutte réelle contre la dépendance.

Benjamin Rudaz, co-président des Verts lausannois, conseiller communal
Xavier Company, co-président des Verts lausannois, conseiller communal
Vincent Rossi, conseiller communal
Sophie Michaud Gigon, conseillère communale

 

Lausanne

L’OFSP fait obstruction à la recherche de solutions pragmatiques en matière de drogues

La logique des quatre piliers en matière de drogues est en vigueur en Suisse depuis les années 1990. Il est malheureux de constater qu’au-delà de ces grandes notions, la mise sur pied de solutions concrètes, réalistes, ou l’exploration par des études pilotes ou des projets de test, se heurtent encore à un certain dogmatisme de la part des offices fédéraux. La décision de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) de refuser l’ouverture de phases tests de régularisation du marché du cannabis est en cela contre-productive, et les Verts lausannois la regrettent. Les Verts soutiennent les démarches de l’Université de Berne et des villes de Genève, Zurich, Bâle et Bienne qui étaient intéressées par ce projet, et invitent les autorités fédérales à faire preuve d’ouverture.

Les Verts soutiennent depuis longtemps une position pragmatique, cohérente et responsable sur la problématique des addictions et des marchés illégaux qui en profitent. Cela signifie:

  • que toutes les addictions doivent être traitées avec les mêmes outils de prévention, de reconnaissance et de lutte;
  • qu’il faut admettre qu’un monde sans drogue est utopique et il faut donc apprendre à la gérer plutôt que l’interdire;
  • qu’il s’agit de prendre des mesures fortes de contrôle du marché en le réglementant et en le taxant, et d’exercer une forte répression du marché illégal résiduel.

Le dispositif prévu par le projet pilote de l’Université de Berne et des villes associées va prudemment dans la même direction.

Les villes suisses sont au premier rang pour constater et agir sur les conséquences sociales, économiques et sanitaires des addictions. Si des solutions peuvent parfois être conçues et proposées par le haut, au niveau fédéral, force est de constater que leurs preuves doivent être faites sur le terrain, dans les villes et les cantons concernés. L’étude proposée par l’Université de Berne offre à la fois un cadre scientifique et une opportunité de mettre au banc d’essai des solutions concrètes de réduction des risques. La recherche de solutions passe forcément par une prise de risque, dans ce cas très mesurée et encadrée. Refuser la proposition de tester l’effet d’une levée de l’interdiction de vente du cannabis, sous prétexte que l’interdiction existe, dénote une prudence excessive et n’est pas digne d’une politique critique et proactive.

Les Verts lausannois soutiennent énergiquement la participation de Lausanne aux projets pilotes des villes citées plus haut et sont donc furieux que Lausanne se retrouve également bloquée dans ses démarches. Les Verts sont convaincus que l’ensemble des outils disponibles doivent être étudiés et déployés avec détermination et pragmatisme et continueront de s’engager dans ce sens.

Lausanne

Enfin une politique cohérente en matière de drogue !

Communiqué de presse

Les Verts lausannois se réjouissent de la large acceptation par le Conseil communal du projet d’espace de consommation sécurisé de drogues. Depuis longtemps, les Verts tiennent une position pragmatique, cohérente et responsable dans la problématique des addictions et du trafic de drogue. Ils se félicitent dès lors de cette décision qui mène Lausanne vers une politique plus efficace et plus digne du traitement des addictions.

Les Verts accueillent très favorablement le dispositif de la Politique communale en matière de drogues qui a été adopté par le Conseil communal. Il s’agit d’une solution choisie par toutes les grandes villes suisses permettant aux consommateurs de trouver un lieu propre et sécurisé pour consommer, notamment par injection, et pour trouver un encadrement et un soutien.

Les Verts sont parfaitement conscients qu’il ne s’agit pas d’une solution miracle. Le dispositif à mettre en place ne propose rien pour endiguer le deal, notamment celui qui est le plus visible, celui du cannabis. Il ne fera pas diminuer par miracle la consommation en général, ni en particulier la consommation d’héroïne. Enfin, il n’a pas pour but de prévenir la consommation de psychotropes festifs, comme la cocaïne ou l’alcool.

En revanche, les buts poursuivis, parmi les quatre piliers de la lutte contre les méfaits des drogues, sont bien ici ceux de la réduction des risques, que ce soit les risques infectieux ou les risques de chute dans la précarisation et la désaffiliation, mais aussi les risques liés à la présence de seringues abandonnées. Un local de consommation sécurisé permet de prévenir ces risques.

« C’est une question de responsabilité envers la population » affirme Sophie Michaud Gigon.

Les améliorations apportées au projet par la commission sont à saluer. Elles en assurent la pertinence et un large soutien des professionnels, ainsi que de la population du quartier concerné. Cette dernière a d’ailleurs, sur la demande des Verts, obtenu un engagement formel de la Municipalité qu’une attention soutenue de sa part sera donnée aux demandes des habitants. Pour toutes ces raisons, en cas de referendum, les Verts soutiendront avec conviction ce projet, qui est une réponse humaine et digne à l’addiction aux drogues dures.

Un pas dans la bonne direction

« Il faut être pragmatique, cohérent et responsable sur la problématique des addictions et des marchés illégaux qui en profitent », assène Vincent Rossi.

C’est à cet effet que les Verts avaient lancé, en 2014 déjà, un groupe de réflexion interparti sur les drogues. Pour les Verts 1) toutes les addictions doivent être traitées avec les mêmes outils de prévention, de reconnaissance et de lutte ; 2) il faut admettre qu’un monde sans drogue est utopique et il faut donc apprendre à la gérer plutôt que l’interdire ; 3) il s’agit de prendre des mesures fortes de contrôle du marché en le réglementant et en le taxant, et de d’exercer une forte répression du marché illégal résiduel. Le dispositif prévu va dans cette direction et permet à Lausanne de se mettre à niveau dans le soin apporté à celles et ceux qui sont dans la grande précarité de l’addiction.

Sophie Michaud Gigon, cons. communale, membre de la comm. interpartis sur les drogues
Vincent Rossi, cons. communal, membre de la commission interpartis sur les drogues
Léonore Porchet, conseillère communale, présidente des Verts lausannois

Lausanne

Politique communale en matière de drogues

Ouverture d’un espace de consommation sécurisé (préavis 2016/41)

Déclaration commune de soutien

Le Conseil communal débattra ce soir, 31 mai, de la création d’un lieu pour la consommation encadrée de drogues. A la suite de huit autre grandes villes du pays, Lausanne se doterait ainsi d’un élément important de tout dispositif de réduction des risques, en application de la politique des drogues fondés sur les quatre piliers ancrée dans la législation fédérale depuis une décennie. Après l’échec populaire de 2007, c’est un projet nouveau et différent qui a été élaboré par la Municipalité et travaillé en la commission.

Les soussignés, représentants de groupes qui soutiendront en totalité ou en majorité le préavis soumis au Conseil communal, s’engagent à défendre ce projet ensemble pour les raisons suivantes:

  • L’aide à la survie pour les personnes souffrant d’addictions aux drogues est une tâche importante des collectivités publiques, et un espace de consommation constitue un moyen important d’assurer cette prestation
  • La réduction de la consommation de drogue dans l’espace public, et la diminution des effets négatifs qui en découlent, est un objectif fondamental tant pour la dignité des personnes concernées que pour la vie quotidienne des habitants
  • L’espace de consommation a été conçu en concertation avec les milieux de la dépendance au sens large et bénéficie du soutien de l’ensemble des réseaux et milieux professionnels concernés
  • La concertation avec le quartier du Vallon, où sera implantée la structure, a fait l’objet d’efforts particuliers, et les riverains n’expriment aujourd’hui pas de rejet du projet
  • L’accès à la thérapie, notamment à travers le contact personnalisé qui peut se nouer dans un tel lieu, sort renforcé de l’existence d’un local de ce type
  • Le programme de « jobs à seuil adapté » qui accompagne le projet met un accent bienvenu sur l’importance de la réinsertion sociale et professionnelle

La commission a apporté plusieurs modifications au projet municipal, qui concernent tant le cercle des bénéficiaires, pour lequel une priorité aux résidents vaudois est proposée, que les horaires d’ouverture, qui ont été élargis. L’évaluation du dispositif, le conventionnement de la collaboration avec la police et l’information des habitants du quartier ont également été précisés.

Dans l’esprit de ces travaux constructifs, les soussignés s’engageront, dès le vote du Conseil communal, dans un travail d’information et de conviction auprès des citoyens lausannois, dans le cadre d’une coalition aussi large que possible dépassant les seuls représentants politiques.
Florence Bettschart, présidente du Parti libéral-radical
Pierre Conscience, conseiller communal, secrétaire de solidaritéS Vaud
Manuel Donzé, président du groupe Le Centre
Benoît Gaillard, président du Parti socialiste
Alain Hubler, président du groupe Ensemble à Gauche
Sophie Michaud Gigon, conseillère communale, Les Verts

Intervention communale, Sophie Michaud Gigon

Pour un espace de consommation sécurisé

Intervention

Une voie pragmatique et responsable

Chacun d’entre nous a déjà fait le deuil d’une société sans addiction : le sucre, le café, l’alcool, l’écran, le jeu, le sexe tiennent certains êtres humains sous grande dépendance et ont un impact et un coût sur la société. Sans aucun débat émotionnel, des politiques de santé publique sont menées pour prévenir ces dépendances et en atténuer leurs dégâts, parfois irrémédiables. En revanche, lorsqu’il s’agit de psychotropes, et en particulier de drogues dures, le débat devient émotionnel. Mais regardons ici aussi les faits et regardons les chiffres.

Si les Verts sont précurseurs et progressistes dans le dossier drogue en général, ce n’est pas parce que nous sommes « POUR » la drogue – qui peut l’être ?- , mais bien parce que nous sommes pragmatiques et recherchons des solutions sans idées préconçues. C’est une question de responsabilité envers la population.

La politique des 4 piliers est entérinée depuis 10 ans au niveau fédéral: la répression policière, la prévention, la prise en charge addictologique et la réduction des risques. Un espace de consommation sécurisé fait justement partie du système de réduction des risques. Il n’y a rien d’innovant dans cette solution, une forme de consensus s’est dégagée autour de cette mesure et Lausanne suit ainsi l’exemple de 8 autres villes suisses, et de pays comme le Canada, la Hollande ou l’Allemagne.

Ainsi, puisque nous ne pouvons pas éradiquer la drogue – comme le disait le regretté chef de la police judiciaire neuchâteloise Olivier Guéniat -, nous pouvons au moins soigner et réduire les risques auxquels sont soumis les personnes gravement toxico-dépendantes. J’espère ne jamais avoir un de mes proches dans cette situation, mais je suis convaincue que si c’était le cas, je préférerais le savoir encadré par une équipe de professionnels que seul dans un endroit sordide et sale. La mise en place d’un espace de consommation sécurisé répond spécifiquement à un problème aigu pour une petite frange de la population fragile et marginalisée, qui a besoin d’une aide sanitaire et humaine.

En outre, la population lausannoise demande aussi une action publique qui diminuera les nuisances de la consommation de drogue dans l’espace public.

Après 10 ans, nous avons un recul certain et autant les professionnels que nous avons auditionnés durant ces derniers que les statistiques en fin de préavis indiquent qu’avec un espace de consommation sécurisé les conditions de consommation sont meilleures, ce qui conduit à moins de traitements pour des infections virales ou bactériennes – traitements très onéreux par ailleurs ; les overdoses mortelles diminuent, la consommation baisse lorsqu’on peut le faire dans un endroit propre et sûr, et les prises en charge thérapeutiques augmentent. Par ailleurs, nous assistons à une diminution des injections et de la présence de seringues dans les espaces publics. Ainsi, la réduction de la consommation de drogue dans l’espace public, et la diminution des effets négatifs qui en découlent, est un objectif fondamental tant pour la dignité des personnes concernées que pour la vie quotidienne des habitants.

Pour conclure, je rappellerai un des points sur lesquels les Verts ont insisté en commission:

L’intégration de la population du quartier accueillant le centre doit être optimale, l’information régulière et des contreparties discutées avec le quartier du Vallon.

L’évaluation du projet après 18 mois doit intégrer les effets sur le quartier comme d’ailleurs sur le reste des espaces publics de la ville où une diminution des nuisances est attendue.

Mesdames et Messieurs, chers collègues,

Au nom des Verts, je vous invite à vous fier à l’expérience de ces 10 dernières années et aux statistiques qui indiquent des résultats encourageants. Le statu quo n’est aujourd’hui pas une option. Ce projet-pilote à durée limitée est la voie pragmatique et responsable que nous vous enjoignons à suivre en adoptant ce préavis municipal.

Sophie Michaud Gigon

Intervention communale

Couper l’herbe sous les pieds des dealers

Intervention Rapport-préavis No 2015/66
Réponse de la Municipalité au postulat Hadrien Buclin et consorts : « Projets pilotes concernant la consommation de cannabis envisagés par les grandes Villes suisses : Lausanne ne doit pas rester à la traîne ! ».

Les Verts sont très attentifs à la santé publique et demandent de la cohérence dans la gestion de la problématique des addictions.

Aujourd’hui en Suisse, une dizaine de villes étudient sérieusement les possibilités de distribuer le cannabis et ses dérivés de manière légale et contrôlée. Ceci afin de lutter plus efficacement contre un marché libre hors de contrôle qui présente plusieurs défauts, dont celui d’alimenter des organisations criminelles et celui d’atteindre n’importe qui, y compris les enfants, en dehors de toute prévention.

Il n’y a rien de surprenant à ce que ce soit des villes qui étudient la question, car historiquement en Suisse, la gestion des problématiques liées à la drogue a toujours été d’abord abordée par les villes, avant toute législation fédérale. Ce point est important : les villes sont systématiquement confrontées en premier lieu ces problèmes et c’est elles et leurs habitants qui ressentent en premier le besoin d’agir de manière pragmatique et responsable.

Parmi cette dizaine de ville, Lausanne brille encore par son absence. Le postulat de M. Buclin est venu avec grande prudence inciter notre Ville à se joindre au mouvement. Nous sommes très satisfaits du rapport-préavis, lui aussi fort prudent, qui nous est présenté.

Nous sommes convaincus qu’il est nécessaire de trouver de nouvelles solutions permettant de lutter contre les effets négatifs du commerce illicite de cannabis. Mes préopinants les ont mentionnés : activités criminelles, impossibilité de faire de la prévention sur les points de vente, substances toxiques et taux de THC hors de contrôle. Ces solutions devront forcément, d’une manière ou d’une autre, offrir une alternative au commerce illégal. Autrement dit, le meilleur moyen de lutter contre les dealers de rue est bien de leur couper l’herbe sous les pieds !

Nous notons la position des auteurs du rapport de minorité. Les arguments présentés méritent que je les évoque. Quel signal voulons-nous envoyer à la jeunesse et aux parents ? Contrairement aux opposants, les Verts veulent donner un signal de responsabilité et de prise en main. Nous voulons que la ville montre qu’elle comprend la situation et qu’elle peut proposer une alternative réglementée, améliorant la sécurité des usagers et diminuant les nuisances du deal de rue. Au contraire, nous considérons que le signal consistant à dire qu’il faut continuer avec une recette sans résultat et renoncer à étudier toute possibilité d’améliorer la situation est un signal de défaite indigne de notre société.

La démarche décrite par ce préavis n’est pas inutile, dans la mesure où elle donne justement le signal de responsabilité que nous souhaitons et dans la mesure où elle contribue à activer un processus de réflexion des villes vers la Confédération, tel qu’il a toujours existé dans ce domaine.

Pour toutes ces raisons, avec la conviction que nous empruntons un chemin nécessaire avec la prudence requise, voire plus, et en faisant face à nos responsabilité dans l’intérêt du bien public, les Verts vous recommandent d’accepter ce rapport-préavis.

Vincent Rossi

Lausanne, le 6 septembre 2016

Intervention communale

Intervention de Vincent Rossi lors de la discussion sur l’intégration de la ville de Lausanne à une réflexion pour des modèles légaux de consommation du cannabis

Intervention de Vincent Rossi lors de la discussion sur l’intégration de la ville de Lausanne à une réflexion pour des modèles légaux de consommation du cannabis

Les Verts appellent de leurs voeux la fin de l’hypocrisie en matière de drogue

Mettre fin à l’hypocrisie, c’est mettre fin à l’aveuglement sur la réalité de la consommation de drogues: abattre les clichés sur les consommateurs, adopter un regard factuel sur les risques sanitaires et sur les problèmes engendrés par la répression elle-même. Par exemple, savez-vous que les pics de consommation de cocaïne à Lausanne correspondent à de grands évènements sportifs?

Mettre fin à l’hypocrisie, c’est surtout mettre fin au risque intolérable que représente le deal dans nos rues. Des vendeurs qui proposent de la cocaïne ou des amphétamines en même temps que le cannabis. Des vendeurs qui ne garantissent pas la qualité et donc pas la sécurité des produits, qui ne font évidemment aucune prévention et qui acceptent n’importe quelle clientèle, y compris les mineurs.

Nous pensons qu’il est de plus en plus clair que la seule solution est de traiter les drogues avec cohérence, tabac et alcool inclus: il faut prendre le contrôle du marché, réglementer la consommation et éradiquer le marché illégal. Il est bien entendu nécessaire de fiscaliser afin de financer la prévention de manière crédible. Seule la réglementation de la consommation du cannabis permettrait des avancées significatives en la matière.

Le problème des addictions doit être traité avec cohérence. En d’autres termes, on ne peut pas soutenir la déréglementation des casinos, baisser le prix de l’alcool et prôner en même temps la prohibition du cannabis. Notre société doit apprendre à vivre avec ses travers. Elle doit apprendre à les gérer, non pas à les cacher.

Le postulat de M. Buclin, qui a été co-signé par des représentants de tous les partis qui souhaitent traiter cette question sans dogmatisme, va dans le bon sens. Ce soir, nous parlons d’accepter de rejoindre un groupe de villes qui étudient des modèles légaux de consommation de cannabis, c’est un premier pas parfaitement raisonnable et modéré. C’est un pas que les Verts vous appellent à accepter sans crainte à travers ce postulat.

Intervention communale

Politique des drogues à Lausanne: collaborons!

Les Verts lausannois proposent la création d’un groupe interpartis pour examiner les recommandations de la Commission mondiale pour la politique des drogues.

La Commission mondiale pour la politique des drogues* a publié aujourd’hui son nouveau rapport “Taking Control: Pathways to Drug Policies that Work”, ainsi qu’une série de recommandations à l’intention des Etats du monde entier. La Commission rappelle que la lutte menée actuellement contre les drogues illégales est vouée à l’échec: inutile, coûteuse, contre-productive et dangereuse. Les Etats doivent opérer des réformes et adopter une approche pragmatique s’ils souhaitent véritablement atteindre les objectifs poursuivis: améliorer avant tout la santé et la sécurité des individus et des communautés.

Les Verts lausannois saluent la publication de ce rapport et son analyse fouillée. Si ses recommandations s’adressent aux gouvernements du monde entier, certaines d’entre elles peuvent s’avérer pertinentes pour la ville de Lausanne et les autres villes de Suisse confrontées aux mêmes défis. Depuis le début des politiques publiques en matière de drogues illégales, les villes ont été les précurseurs de projets-pilote pragmatiques. Confrontées directement et quotidiennement à ces problématiques, elles ont su intelligemment trouver les consensus nécessaires grâce à des alliances dépassant les clivages traditionnels et faire avancer les législations aux niveaux local, cantonal et fédéral. Aujourd’hui, cet élan continue, notamment avec l’étude de projets d’associations contrôlées de consommateurs visant la décriminalisation de la production, de la vente et de la consommation du cannabis dans un cadre précis.

Les Verts lausannois invitent aujourd’hui tous les partis lausannois à participer à un groupe de travail inter-partis, dont les travaux pourraient débuter cet automne sous l’égide d’une personnalité romande, neutre et reconnue, et qui aura pour but d’analyser les recommandations de la Commission et de prendre position sur ces dernières.

Entre l’impuissance des forces de police et les scènes ouvertes de la drogue, il est temps de trouver ensemble, en dehors des enceintes politiques habituelles, une voie pragmatique et responsable pour mettre sur pied une politique locale raisonnable en matière de gestion des addictions – entre le tout répressif et le tout libéral. Ensemble, collaborons. Montrons aux Lausannoises et aux Lausannois que nous pouvons être porteurs de solutions consensuelles et pragmatiques pour notre ville.

 

*La Global Commission on Drug Policy est une commission internationale réunissant plus de 20 personnalités de haut rang du monde politique, académique et artistique, telles que Ruth Dreifuss, anc. Présidente de la Confédération, Kofi Annan, anc. Secrétaire général des Nations Unies, Ernesto Zedillo, anc. Président du Mexique, Javier Solana, anc. Haut représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères ou encore Paul Volker, anc. Directeur de la Réserve fédérale des Etats-Unis. www.globalcommissionondrugs.org.

Rapport téléchargeable ici: www.gcdpsummary2014.com