Benjamin Rudaz, Intervention communale, Lausanne

L’eau en ville

Intervention

Rapport-préavis  et Postulat « L’eau à l’honneur dans la ville et ses espaces publics »

En lieu et place des deux personnes ayant rédigé et déposé ce postulat, nos deux collègues Natacha Litzistorf et Valéry Beaud aujourd’hui assis ce soir face à nous, c’est un honneur de prendre la parole pour donner l’avis du groupe des Verts. Le sujet de ce postulat m’est par ailleurs dans tous les cas également très cher.

Lausanne est une ville d’eau. Bien sûr le lac au sud, ses rivières centrales la Louve, le Flon qui structurent notre centre-ville, et de chaque côté à l’est la Vuachère et (pour les candidats à la naturalisation qui nous écoutent), à l’ouest la Chamberonne. Ces quatre célèbres cours d’eau le sont notamment car elles sont encore, partiellement, à l’air libre, et forment des espaces de verdure, de détente, et des biotopes bien précieux en territoire urbain. Le destin n’a par contre pas souri pour nombre de ruisseaux, naturellement présents là où la topographie et l’hydrogéologie le rendaient possible, puis ensuite là ou l’humain décidait de leur place, entre les vignes, ou entre les vergers. Je vous invite à observer la magnifique maquette du musée historique de Lausanne, ou les archives des cartes topographiques pour retrouver leur emplacement, leurs tracés. La croissance progressive de la Ville les a ensuite fait disparaître en sous-sol, quand ce n’est pas dans un égout, l’eau étant associée à des maladies ou de l’insalubrité. La surface de la ville s’est donc asséchée et étanchéifiée, les ruisseaux, gouilles et autres endroits humides étant relégués à l’oubli collectif. Le lien entre les lausannoises et lausannois avec l’eau vive s’est distendu, même si comme toujours la Nature se rappelle à notre bon souvenir, comme par exemple le 11 juin dernier, ou l’eau a pu brièvement et violemment se balader en surface.

Le présent rapport-préavis est très bien structuré et agréablement illustré, présentant pour chacune des demandes des postulants un état des lieux et des opportunités. Il confirme notamment le potentiel de remise à ciel ouvert et de renaturation de certains cours d’eau et pour d’autres d’aménagements permettant de mettre en scène l’eau dans l’espace public. Il y aura les opportunités offertes par les requalifications d’espaces publics majeurs comme les places du Tunnel, de la Riponne ou Centrale sur les tracés du Flon et de la Louve, mais également au travers de la Vallée de la Jeunesse. L’aménagement d’un ruisseau à cet endroit étant l’un des coups de cœur des postulants, nous sommes heureux de le voir partagé par la Municipalité, qui évoque de belles intentions qualitatives pour cet espace, avec aussi la création de biotopes humides permettant de renforcer le réseau écologique. En cela, ce rapport-préavis rejoint idéalement celui sur la nature en ville que ce conseil a approuvé en décembre.

Outre des avantages humains, ces aménagements permettent d’alléger le ruissellement, en surface et dans les égouts, en rendant au sol et au sous-sol ce qui devrait lui revenir, sans bitume ni béton. S’ils sont bien réalisés, ces aménagements permettent également à des espèces végétales et animales de reprendre pied là où l’urbanisme les avait faites disparaître. Il y a beaucoup de travail, notamment dans les quartiers habités, mais les pistes évoquées dans ce rapport-préavis méritent d’être concrétisées avec volontarisme.

Finalement, là où la Ville n’a pas encore totalement pris pied, dans les futurs quartiers qui sortiront de terre, il sera possible désormais, suivant la stratégie annoncée comme deuxième conclusion de ce rapport-préavis, de ne pas répéter les erreurs du passé, en prévoyant dès le départ une place pour l’eau. Les Verts seront également particulièrement attentifs à la transcription de ces enjeux importants dans la révision du Plan général d’affectation (PGA).

Le groupe des Verts se réjouit du retour de l’eau dans une Ville qui a toujours été façonnée par elle, et vous invite, comme il le fera à l’unanimité, à approuver les deux conclusions de ce rapport-préavis.

Benjamin Rudaz

Lausanne

Consommer local et durable à Noël : c’est possible !

Les Verts lausannois ont à cœur de promouvoir le commerce durable, local et la consommation mesurée, d’autant plus en cette période des fêtes de fin d’année. C’est pourquoi, comme chaque année, nos militant·e·s sensibilisent les acheteurs lors des nocturnes lausannois et réitérerons l’opération ce vendredi 21 décembre de 18h à 19h. Le but est d’attirer l’attention des personnes préparant leurs cadeaux de Noël sur la nécessité de privilégier des achats durables (si possible grâce aux labels qui existent) et locaux, en évitant autant que possible la surconsommation irréfléchie.

Après Halloween et le désormais incontournable « Black Friday », les vitrines de notre ville arborent depuis plusieurs semaines les signes de Noël, nous invitant aux achats des cadeaux les plus variés, tant dans leur utilité, que dans leur provenance. Loin de vouloir priver les Lausannoises et Lausannois des fêtes de fin d’année, les Verts souhaitent plutôt amener les acheteurs, dans leur dernier « rush » de fin d’année, à penser durable au moment de leurs achats.

En effet, que ce soit pour préparer un repas pour toute la famille, y mettre une touche de fête, prévoir assez pour tout le monde, puis avoir un cadeau pour chaque cousin, cousine, parent, enfant, Noël incarne plus que toute autre période de l’année la dérive générale vers la surconsommation. Alors que les fêtes de fin d’année ont une signification autre (religieuse ou non), basée sur le partage, les retrouvailles et l’échange, elles ont été récupérées par des stratégies commerciales et sont désormais le lieu de la surenchère, sans nécessairement réfléchir (alors que nous le ferions dans d’autres circonstances d’achat) à la provenance, la méthode de fabrication, la durée de vie ou l’impact global de l’objet ou de l’aliment en question.

C’est au contraire à ce moment-là, alors que nous voulons offrir pour « faire plaisir », que des achats éthiques et respectueux de l’environnement prennent tout leur sens. C’est pourquoi chaque année, nous descendons à la rencontre des Lausannoises et Lausannois, durant les nocturnes, pour les sensibiliser et attirer leur attention sur les éléments principaux à prendre en compte au moment des achats (dans quelles conditions l’objet a-t-il été fabriqué, de quels matériaux est-il constitué, quelle est sa durée de vie, etc.). C’est une bonne occasion pour des discussions intéressantes et constructives, et pour aller à la rencontre de la population une dernière fois avant la fin de l’année. Nous y serons encore vendredi soir, de 18h00 à 19h00, au centre-ville (départ de la Place de la Palud) !

Intervention communale, Marie-Thérèse Sangra

Concept directeur Nature en ville

Intervention

 

Rapport-préavis 2018/42

Les Verts saluent ce rapport-préavis qui répond à une thématique chère aux Verts. La nature en Ville est en effet un enjeu majeur de nos villes qui doit trouver -ou retrouver- sa place entre densification, développement économique et augmentation des axes de la mobilité. La mise en oeuvre du réseau écologique, l’amélioration qualitative des espaces verts existants (par une végétation indigène), la connexion entre elles des zones relais ou la végétalisation des toitures et des façades pour ne citer que quelques-unes des mesures qui seront réalisées favoriseront un retour de la faune et de la flore en ville. Tout cela ne se fait pas uniquement pour les doux yeux de nos amies les abeilles, mais se traduit aussi en une amélioration de la qualité de vie pour les Lausannois et Lausannoises en terme de climat, de pureté de l’air, de santé, de convialité et de bien-être.

Le déclin drastique de la faune et de la flore à l’échelon local et planétaire est une inquiétude majeure pour la survie de l’humanité. Les médias nous ont largement alertés cet été sur la chute de la biodiversité dans nos campagnes avec des valeurs alarmantes comme la disparition de 60 % des espèces d’oiseaux indigènes dans nos contrées agricoles, ce qui signifie que nous ne verrons ou n’entendrons plus, ou bien moins souvent, des espèces aussi banales que le coucou ou l’alouette des champs encore si fréquentes au temps de nos enfances. Lausanne n’échappe pas à ce bilan inquiétant puisque des dizaines d’espèces, au cours de ces décennies, ont disparu ou sont sur le déclin (lézard vert, crapaud calamite, etc..). Or l’avenir de l’humanité est consubstantiellement lié à notre capacité à conserver une biodiversité saine, riche et diversifiée. Aujourd’hui, pas tout le monde est conscient que le maintien de la biodiversité est un enjeu de même importance que celui du réchauffement climatique.

Face à cet état des lieux pessimistes, un fait nouveau, réjouissant sous certains aspects, est que la ville est capable de redevenir un milieu plus attractif pour certaines espèces, à la condition qu’on veille à créer des conditions pour elles.

C’est dans ce sens que ce préavis est bienvenu et important puisqu’il a pour double finalité de conserver les valeurs naturelles présentes à Lausanne et de les renforcer en complétant les nombreuses trames du réseau écologique urbain. Il fait suite à trois rapport préavis entre 2005 et 2016 qui traitèrent des intentions de la Ville en matière de nature et du renforcement de la politique Nature en ville et prend en compte l’étude « Stratégie parc, nature et paysage » du PALM. Ce bref historique montre qu’il aura fallu plus de 15 ans, presque le temps d’une génération, pour intégrer la protection et la promotion de la nature dans les politiques publiques de la Ville. Donner à la nature sa juste place dans notre politique urbaine, c’est donc un processus de longue haleine parce qu’il oblige à changer les habitudes, à revoir nos priorités et à entrer dans un nouveau paradigme.

Ce rapport préavis poursuit une approche stratégique et pragmatique qui repose sur les outils de la planification territoriale, sur l’accroissement des connaissances sur la nature, et sur la mobilisation des habitants et des acteurs privés pour des partenariats par le biais d’incitation et d’information. La demande de traitement prioritaire de ce rapport–preavis a justement pour louable justification de pouvoir intégrer le plus tôt possible ce concept directeur à la révision du plan général d’affectation ou du plan directeur communal, et d’adapter leurs règlements, pour obtenir un maximum de cohérence sur le terrain en terme de connexions naturelles, de qualité de milieux et de promotion des espaces verts et des paysages sensibles. Ce préavis se veut proactif avec une claire volonté d’aller au delà de la seule protection d’une nature qui est hélas aujourd’hui considérablement appauvrie et il vise à restaurer la nature chaque fois que c’est possible (je cite «pour maintenir la biodiversité et une qualité de vie élevée en ville il est nécessaire de faire davantage que de préserver l’existant (…) il est essentiel de saisir chaque opportunité d’améliorer les lieux déjà appauvris » p. 7). Ce que nous saluons. Le réseau écologique lausannois, les catalogues de mesures en faveur des biotopes (SPADOM acteur) sont des outils indispensables pour atteindre les résultats visés. Leur prise en compte dans toutes les consultations interservices touchant à la planification urbaine, aux PPA, aux PQ y compris les concours d’urbanisme ou dans le cadre des DDP (droits distincts et permanents) et cela jusqu’au permis de construire est un passage obligé, une garantie d’efficience. Ce concept- nature intègre cette obligation de coordination et nous nous en réjouissons.

Autre axe de ce rapport préavis qui nous semble très important, celui de la sensibilisation des privés et des habitants que ce soit par les jardins familiaux, les plantations de haies à base d’espèces indigènes, l’incitation à l’entretien différencié des espaces verts pour les gérances privées, le soutien aux associations actives pour la nature à Lausanne, l’ouverture d’une grainothèque en réponse au postulat déposé par notre collègue Severine Evequoz, etc..

Les Verts sont aussi favorables à la nouvelle rubrique 4510. 509.6428 qui rassemble l’ensemble des montants non dépensés à fin décembre 2017 (Frs 400’000.-) et le crédit d’investissement de 1.5 mio lié à ce rapport-préavis. Au vu de l’urgence de cette thématique, les Verts attendent que les ressources humaines opérationnelles au sein de l’administration soient suffisantes pour investir l’ensemble des montants à disposition. Une ventilation plus fine de ce crédit par postes thématiques faciliterait peut-être une utilisation plus lisible de ce crédit.

En résumé, les Verts remercient la Municipalité pour ce rapport préavis extrêmement détaillé et qui affirme la volonté de la Municipalité et lui donne les moyens d’assumer sa responsabilité vis-à-vis du patrimoine naturel lausannois pour faire de Lausanne une ville véritablement verte. Dans une étape de densification intensive comme la connaît Lausanne, c’est une litote de dire qu’il faudra de l’innovation, de la créativité, de la persévérance et de l’audace pour défendre cette priorité de législature et inverser la tendance à l’érosion exponentionnelle des habitats naturels et des espèces de chez nous. J’en profite encore pour remercier chaleureusement la Municipalité et en particulier Mme Litzistorf et M. Hildbrand de leur réactivité et de leur collaboration pour la sauvegarde du biotope à bécassines sourdes au Biopôle, un signal fort pour la nature dans un dossier compliqué.

Le développement de la biodiversité dans l’espace urbain est l’un des dix objectifs de la Stratégie Biodiversité Suisse (SBS) élaborée par le Conseil fédéral le 25 avril 2012. La protection et le développement de la biodiversité en territoire urbanisé constituent non seulement un besoin urgent, mais aussi un impératif légal. Je pense que les citoyens et citoyennes de notre ville peuvent compter sur l’engagement déterminé de la Municipalité, comme l’a clairement réaffirmé en séance de commission la Municipale en charge du dossier.

Nous vous invitions donc à soutenir ce rapport-préavis comme le feront les Verts.

Marie-Thérèse Sangra

Daniel Dubas, Intervention communale

Renforcer la politique lausannoise en faveur de la solidarité internationale

Postulat

Un bilan de la coopération au développement pour renforcer la politique lausannoise en faveur de la solidarité internationale

Ce postulat demande à la Municipalité de présenter un bilan de sa politique dans le domaine de la solidarité internationale ainsi que d’étudier l’opportunité de définir de nouveaux objectifs stratégiques et de renforcer son engagement financier.

Eliminer la pauvreté, réduire les inégalités ou préserver le climat et les ressources naturelles : ces défis nous concernent tous, de Bamako à Lausanne. A l’issue d’un important processus de négociation, les 193 Etats membres des Nations Unies, dont la Suisse, ont approuvé, en septembre 2015, l’Agenda 2030 pour le développement durable. Ce nouveau et ambitieux cadre de référence comporte 17 Objectifs de développement durable (ODD). Chaque acteur est ainsi invité à contribuer à l’atteinte des objectifs planétaires jusqu’en 2030, en fonction de ses propres capacités.

A son échelle, la mission d’une commune est ainsi aussi de permettre à une région, une ville ou un village moins favorisés de se doter des services de base : accès à l’eau potable, aux soins ou à l’éducation. La Constitution vaudoise stipule d’ailleurs que «L’Etat et les communes collaborent, avec les autres pouvoirs publics, les organisations et les entreprises concernées, à l’aide humanitaire, à la coopération au développement et à la promotion d’un commerce équitable.» (Art. 71). Dès lors, l’Etat de Vaud et un nombre croissant de communes vaudoises s’engagent sur la voie de la solidarité internationale, en soutenant des projets concrets dans les pays du Sud et de l’Est.

La coopération au développement s’inscrit dans la durée et instaure des partenariats solides avec des acteurs des collectivités publiques et de la société civile. Ce type de coopération permet à des êtres humains de s’en sortir, de prendre leur destin en main et d’avoir, finalement, des perspectives d’avenir là où ils sont nés.

Depuis l’approbation par le Conseil communal du rapport-préavis 2006/32 («Solidarité internationale et application du « Principe de Genève») le 7 novembre 2006, la Ville de Lausanne soutient différents projets de coopération au développement avec un montant inscrit au budget de CHF 250’000 en 2007, de CHF 300’000 en 2008 et de CHF 350’000 dès 2009. Par le biais d’une convention, elle a notamment développé un partenariat avec la Fédération vaudoise de coopération (Fedevaco), en lui allouant une enveloppe annuelle d’au moins CHF 100’000 pour les projets de ses organisations membres. La Fedevaco est organisation reconnue qui regroupe aujourd’hui 50 ONG actives dans la coopération au développement. Elle garantit une utilisation appropriée et ciblée de l’argent public investi dans les différents projets. La Ville de Lausanne soutient par ailleurs aussi des projets à travers l’Association internationale des maires francophones (AIMF), au sein de laquelle elle préside la commission « Villes et développement durable ».

A cela s’ajoutent encore les contributions au fonds « Solidarité internationale eau », financé par un prélèvement d’un centime par mètre cube d’eau vendu aux lausannois, qui est versé à un projet visant à réaliser des infrastructures en eau potable à Nouakchott, capitale de la Mauritanie, selon le concept de Solidarit’eau Suisse. Finalement, la Ville de Lausanne accorde des soutiens ponctuels tels que celui, entre 2013 et 2016, à un projet de Terre des hommes de visant à soutenir les enfants défavorisés en Roumanie afin d’éviter leur déscolarisation.

En francs par habitant, la contribution de 350’000 représente environ CHF 2.35 par habitant lausannois. En raison de la croissance démographique, le montant versé par habitant a donc baissé d’environ 10% en dix ans. Même si la comparaison n’est pas facile, cela reste en deça du montant alloué par exemple par Pully (CHF 3.35), Epalinges (CHF 4.00), Morges (CHF 3.16) ou encore Mies (CHF 19.50) et Begnins (CHF 10.75). Dans le canton de Genève, de nombreuses communes contribuent à raison de CHF 10-20 par habitant.

Parallèlement à la question de la contribution financière, il se pose également des questions quant à l’orientation générale de la politique lausannoise en matière de solidarité internationale. Quels sont les axes stratégiques et les thématiques prioritaires? Quels sont les projets qui ont été soutenus ? Quels sont les critères pour la sélection des projets? Qu’en est-il de la pertinence, de l’efficacité et de l’efficience des projets soutenus ? Quels sont les résultats atteints par rapport aux objectifs fixés, et comment ont-ils été évalués ? Quel est le suivi de la part de la Ville de Lausanne dans la mise en œuvre ? Comment les résultats atteints ont-ils été communiqués ?

Au niveau des thématiques prioritaires, il serait par ailleurs souhaitable que la Ville de Lausanne s’engage davantage dans des domaines où le mode de vie des lausannois a un impact notable sur la vie des populations locales. Plus de deux tiers des impacts environnementaux et une bonne partie des émissions de CO2 occasionnés par les Suisses le sont en fait dans d’autres pays, à cause de la consommation de produits et de services importés de l’étranger. Y’aurait-il par exemple un moyen de consacrer ou de réaffecter une partie du financement à des projets visant spécifiquement à réduire l’impact environnemental ou les émissions de gaz à effet de serre respectivement d’aider les populations locales à s’adapter aux changements climatiques qui se font déjà ressentir ?

Au vu de ce qui précède, nous demandons à la Municipalité de :

  1. Faire un bilan de sa politique en faveur de la solidarité internationale depuis 2006 ;
  2. Etudier l’opportunité de définir de nouveaux objectifs stratégiques et priorités pour les dix prochaines années ;
  3. Etudier l’opportunité d’augmenter le montant alloué à la coopération internationale à partir du budget pour l’année 2020 pour atteindre ces objectifs.

Daniel Dubas

 

Daniel Dubas, Intervention communale

Densification et protection du patrimoine

Intervention

La densification et la protection du patrimoine ne sont pas des principes contradictoires. Les deux sont nécessaires pour un développement urbain durable.

La densification est nécessaire pour lutter contre l’étalement urbain, contre le gaspillage des ressources naturelles, pour maintenir ou créer un tissu urbain qui ne nécessite pas de déplacements trop longs, mais aussi pour limiter les investissements publics par habitant dans les différentes infrastructures. La protection du patrimoine permet de son côté de préserver un paysage urbain intact et attractif pour ses habitants et usagers, de sauvegarder l’identité des différents quartiers, et de ne pas effacer les traces de l’histoire.

Cependant, pour arriver à une densification « de qualité », il y a des solutions à trouver entre les différents intérêts en jeu. Des arbitrages sont à faire, où l’intérêt public prime sur l’intérêt individuel. A ce titre, nous réjouissons énormément que la municipalité actuelle accorde beaucoup plus d’intérêt aux questions de patrimoine, agissant de façon plus active.

Le Plan général d’affectation (PGA) va être révisé prochainement. Celui-ci constitue une base importante pour concrétiser la protection du patrimoine bâti, et notamment pour protéger les ensembles bâtis dignes d’intérêt, tout en permettant de densifier la ville. Les Verts ont de grandes attentes dans cette révision du PGA et vont accompagner ces travaux de façon attentive. C’est une opportunité à ne pas rater.

A ce titre, je vous rappelle la résolution que le Conseil communal a voté suite au postulat de M. Beaud (« L’ISOS et les article du RPGA utilisés par la CDAP pour annuler un permis de construire délivré par la Municipalité, une bonne nouvelle pour le patrimoine bâti lausannois ? »). Je cite : « Dans l’attente de la révision du Plan général d’affectation (PGA), le Conseil communal souhaite que la Municipalité fasse usage des outils dont elle dispose pour veiller à une densification respectueuse du patrimoine, particulièrement des ensembles bâtis dignes d’intérêts ».

Le postulat déposé par M. Carrel vise à augmenter le niveau de prévisibilité pour les investisseurs et autres acteurs immobiliers. Cet objectif général est entièrement partagé par le groupe des Verts, même si la prévisibilité pour l’obtention d’un permis de construire d’un bâtiment actuellement noté au niveau 3 ou 4 de protection ne pourra jamais être totale. Le postulat pose de bonnes questions, et trois pistes sont évoquées. La première piste – celle de pouvoir consulter la déléguée au patrimoine en amont dans les procédures – semble déjà fonctionner aujourd’hui. Encore faudrait-il que les promoteurs immobiliers tiennent compte des recommandations émises. La deuxième piste demande que la municipalité établisse une liste exhaustive, en s’engageant à ne pas demander le classement des objets qui ne figurent pas sur la liste. Cette proposition ne peut à notre sens pas être appliqué de façon mécanique, car la pesée des intérêts est souvent plus complexe et subtile pour chaque cas concret. La troisième piste, celle du PGA, nous semble bien évidemment prometteuse, mais sa concrétisation prendra encore quelques années.

Vous l’aurez compris, malgré ces quelques réserves, le groupe des Verts salut l’initiative de M. Carrel et soutient par conséquent le renvoi de ce postulat à la municipalité.

Encore un dernier point que je souhaite rappeler ici, c’est l’intention exprimée par la municipalité dans son programme de législature de mettre en place une commission d’urbanisme et d’architecture, ce que nous appelons de nos vœux au plus vite. Cette commission permettra notamment d’évaluer les projets en amont du processus, notamment au regard des critères d’esthétique et d’intégration. La Ville de Lausanne est une des dernières grandes villes à ne pas en posséder à ce jour.

Daniel Dubas

Intervention communale, Lausanne, Sara Gnoni

La Ville de Lausanne possède-t-elle des investissements dans les énergies fossiles ?

Interpellation

La Suisse est l’un des 195 pays à avoir signé l’Accord de Paris sur le climat, entré en vigueur en 2016. Notre démarche s’inscrit dans la série d’initiatives qui visent à contenir l’augmentation de la température planétaire nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels ». Cela notamment en « rendant les flux financiers compatibles avec un profil d’évolution vers un développement à faible émission de gaz à effet de serre et résilient aux changements climatiques ».

Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat des Nations unies et les Académies suisses des sciences, contenir l’élévation des températures à 2 °C implique de limiter les émissions de gaz à effet de serre « de façon massive et continue ». Ce seuil de température est associé à un budget mondial de carbone correspondant à la quantité de CO 2 cumulée qu’il est possible d’émettre, et dont les deux tiers ont déjà été utilisés pendant les 150 dernières années (1’900 gigatonnes de CO2 émises entre 1870 et 2011). Ainsi, environ 80 % des réserves de combustibles fossiles connues et valorisées en bourse ne devraient pas être exploitées pour ne pas menacer la stabilité du climat ; une « bulle carbone » d’actifs surévalués, lesquels se rapportent à ces réserves fossiles, se serait donc formée et génèrerait un risque financier à moyen terme.

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Sara Gnoni

Intervention communale, Lausanne, Sophie Michaud Gigon

INEOS et les charges financières et d’image pour la Ville

Interpellation urgente

Les Verts sont intervenus à de nombreuses reprises sur les infrastructures sportives et leur naming et suivent le dossier de très près. Depuis le traitement dans notre Conseil des préavis sur le Centre sportif de Malley, nous nous sommes fortement positionnés en faveur des infrastructures sportives et en faveur de la recherche d’un naming et de co-financement. Le Conseil a appuyé notre vœu d’un naming avec une entreprise écologiquement et socialement responsable. Depuis l’annonce de la reprise du Lausanne Sport par INEOS, une entreprise active dans l’extraction du gaz de schiste et au centre de grandes polémiques à l’étranger, nous avons interpelé la Municipalité par deux fois et plusieurs groupes ont posé des questions orales.

Aujourd’hui, nous sommes inquiets et n’avons aucunement l’impression d’avoir été entendus par la Municipalité. L’accord avec INEOS semble scellé, les exigences supplémentaires qu’il pose et est prêt à financer semblent validées et nous sommes bien loin du scénario espéré et attendu lors du traitement du préavis sur le stade de la Tuilière et du compromis adopté par notre Conseil, ainsi que des espoirs formulés autour du naming.

Dans ce contexte et parce que les Verts, comme les autres partis qui ont soutenu notre position, s’engagent pour la défense des intérêts de Lausanne, nous redéposons une interpellation pour laquelle nous demandons l’urgence. L’urgence est à notre sens justifiée par l’avancée des tractations d’une part et le peu d’informations que le Conseil reçoit d’autre part. Nous posons ainsi les questions suivantes à la Municipalité :

  • Nouveautés // Quelles modifications demandées par INEOS ont été acceptées par la Municipalité et lesquelles ont été refusées ? La Municipalité entend-elle soumettre les modifications apportées au stade de la Tuilière au vote du Conseil communal ?
  • Opacité et fragilité// Quelles garanties la Ville a-t-elle que la société qu’a construit INEOS et qui possède le Lausanne Sport, à savoir INEOS Football SA – structure appartenant au groupe INEOS mais séparée – est plus solide que celles qui ont « œuvré » à Neuchâtel et Genève par le passé et dont les déboires ont été relayés abondamment ?
  • Naming en péril// La Municipalité confirme-t-elle qu’INEOS ne remplit pas les critères pour un naming ? Comment la Municipalité entend-elle par ailleurs agir pour que l’étiquette négative collée à INEOS n’empêche pas un partenaire, idéalement local, écologiquement et socialement responsable, d’investir de l’argent pour baptiser le stade et rapporter ainsi à la Ville un retour sur investissement financier pour un projet où Lausanne dépense beaucoup d’argent ? La Ville cherche-t-elle encore une entreprise pour un naming ?
  • Adjudication biaisée// La Ville peut-elle être sûre que les entreprises qui n’ont pas été choisies ou qui n’ont pas pu participer à l’appel d’offre d’après les critères choisis par la Ville ne vont pas se retourner contre elle et demander des dédommagements maintenant que les règles du jeu ont changé et que le choix des mandataires auraient pu être différents ?
  • Garantie pour limiter les coûts dans le futur// Quelles sont les garanties sur le fait que les 12 à 15 millions supplémentaires investis par INEOS dans un stade « ligue des champions » n’engendreront pas ensuite des charges supplémentaires pour la Ville si/quand INEOS se retire ?
  • Qui paie la Ferrari ?// Quelle convention la Ville a-t-elle conclu avec INEOS pour que les frais supplémentaires d’investissement et d’exploitation soient pris en charge par INEOS?
  • Et pour les autres manifestations ?// Notre Conseil a appuyé le préavis débloquant les crédits pour le stade sur la base d’une donnée importante qui est la multifonctionnalité des usages. En effet, si nous sommes des férus de sport, nous sommes aussi soucieux des autres événements ainsi que des finances de la Ville et le fait de pouvoir organiser des manifestations, concerts et autres sur le terrain était un argument de poids. Le fait qu’il soit désormais en herbe (exigence d’INEOS) empêche-t-il le partage de l’espace et la tenue d’autres manifestations que les matchs de foot ? Les pertes prévues seront-elles compensées par INEOS ?

Nous remercions la Municipalité pour ses réponses.

Sophie Michaud Gigon

et Xavier Company,  Alice Genoud, Valéry Beaud, Anne Berguerand, Sara Gnoni, Benjamin Rudaz, Daniel Dubas

Intervention communale, Sara Gnoni

Pour que les JOJ 2020 soient des jeux durables

Interpellation

Pour que les JOJ 2020 soient des jeux durables sur tous les plans

Les Jeux Olympiques de PyeongChang viennent de se terminer, et malgré les bons souvenirs des nombreuses médailles suisses, le bilan écologique de ces jeux ne peut pas être réjouissant: ces jeux qui étaient présentés sous un drapeau “durable” ont requis l’abattage de plus de 50’000 arbres dans une forêt ancienne et protégée. Dans le même esprit “durable”, les prochains jeux de Pékin en 2022 présentent déjà à ce jour des dépassements de budget faramineux.

Plus proche de chez nous, le compte à rebours pour le début des JOJ 2020 à Lausanne a été déposé il y peu de temps au Flon, nous rappelant que ce grand événement commencera dans moins de deux ans. Ces jeux ont également été présentés comme « responsables » et « à taille humaine » et qu’ils “s’inscrivent dans une vision durable, respectueuse de l’environnement (…) ». Un crédit de CHF 8 millions avec une garantie de déficit au Comité d’Organisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse (COJOJ) a été approuvé par le Conseil communal (Préavis N° 2016/21). En cas de dépassement de plus de CHF 100’000.- en faveur du COJOJ, un crédit complémentaire devra être sollicité par le biais d’un préavis.

Au vu des derniers développements concernant les infrastructures initialement prévues, et afin de mettre tout en œuvre pour éviter des jeux qui nous rappellent d’autres évènements internationaux (cités ci-dessus) ou plus locaux (« Champions »), nous vous posons les questions suivantes à la Municipalité:

Aspects financiers:

  • La municipalité est-elle impliquée dans le suivi régulier du budget des JOJ?
  • Comment s’assure-t-elle qu’il est et sera respecté?
  • La municipalité peut-elle informer ce conseil, à intervalles réguliers, de l’avancement des coûts engendrés par rapport au budget initial?
  • Quelles précautions la Municipalité a-t-elle prises pour que la garantie de déficit octroyée ne devienne pas un gouffre?

Aspects environnementaux:

Gouvernance:

  • A quels intervalles le COJOJ, dont font partie plusieurs membres de la municipalité, se réunit-il?
  • L’association COJOJ a-t-elle mis en place un système de contrôle interne, et si oui lequel?
  • Est-ce que les comptes de l’association sont audités régulièrement par un organisme indépendant?
  • Est-ce que la Municipalité peut nous fournir les résultats de ces audits?

Sara Gnoni

Daniel Dubas

Sophie Michaud Gigon

Intervention communale, Lausanne, Xavier Company

Sion 2026: et si on parlait des coûts pour Lausanne ?

Interpellation

Nous le savons depuis maintenant plusieurs mois, le Valais, et Sion plus particulièrement, entend soumettre une nouvelle candidature pour accueillir des Jeux Olympiques d’hiver, en 2026. Néanmoins, cette nouvelle candidature ne concernera pas seulement le Valais (malgré son nom), mais une grande partie de la Suisse puisque des épreuves sont prévues notamment à Bienne, Berne, Fribourg et… Lausanne !

Le projet vient de déposer (fin 2017) son analyse de faisabilité et débute actuellement la procédure de consultation en vue d’une décision fédérale.

Si le Conseil fédéral a déjà promis CHF 1 milliard pour ces Jeux Olympiques, le coût final sera immanquablement plus élevé, on parle notamment d’un coût de CHF 2,4 milliards, sans compter les dépassements de budget, qui sont habituels pour des Jeux Olympiques. Une partie des coûts qui n’entrent pas dans « le milliard de la Confédération » a trait à la sécurité hors des enceintes de la manifestation.

En effet, les organisateurs des Jeux Olympiques garantissent la sécurité à l’intérieur des enceintes, par l’engagement d’entreprises de sécurité privées, mais la sécurité à l’extérieur de ces enceintes, dans les villes, aux frontières, aux aéroports, etc. devra être assurée par l’armée, les gardes-frontières, les polices cantonales et municipales, selon les organisateurs eux-mêmes pour un montant qu’ils estiment, pour l’instant à CHF 303 millions.

Il ne fait dès lors aucun doute que la police municipale de Lausanne sera mise à contribution d’une manière dépassant nettement son activité habituelle. En effet, non seulement le nombre de touristes qui viendraient voir les compétitions de patinage artistique, short-track, voire de hockey à Lausanne serait important, mais la Ville accueillerait aussi une partie des délégations nationales et serait un des lieux d’hébergement olympique. De plus, Lausanne étant la capitale olympique, il est prévisible qu’elle soit une des destinations phare pour les spectateurs et les sportifs qui se rendraient à ces Jeux.

L’ensemble de ces éléments impliquera une hausse importante et ponctuelle de la population, des risques liés à ce genre de manifestation, et notamment des risques terroristes qui ne peuvent être ignorés en ces périodes. Il conviendra dès lors de renforcer les effectifs de police lausannois, mais probablement également de les former d’avantage et de manière circonstanciées pour cette occasion, ce qui engendrera nécessairement un financement important de la part de la Ville et du Canton, qui ne rentrera pas dans l’estimation de CHF 303 millions faite par les organisateurs et la Confédération. Toutefois, il n’est pas prévu, pour l’instant, de faire voter la population lausannoise ou vaudoise sur la tenue de ces Jeux Olympiques ou d’événements sur son sol, puisque seule les populations bernoise valaisanne le feront.

Ces prévisions nous amènent, comme cela a été fait au Grand Conseil, à poser les questions suivantes à la Municipalité :

  • La Municipalité a-t-elle été contactée par les organisateurs des Jeux Olympiques Sion 2026 en rapport avec des questions de sécurité ?
  • Combien de personnes seraient attendues à Lausanne en cas de Jeux Olympiques organisés dans la forme prévue actuellement ?
  • Quels sont les risques supplémentaires auxquels devraient faire face les force de l’ordre à Lausanne en cas de tenue de ces Jeux Olympiques ?
  • Quelles mesures spécifiques en terme de sécurité sont prévues par la Municipalité pour le cas où ces Jeux Olympiques seraient organisés dans la forme prévue actuellement, soit avec des activités à Lausanne ?
  • En cas d’engagement de personnel supplémentaire par la police lausannoise, comment la Municipalité entend-elle procédé, par l’engagement de personnel supplémentaire, par l’engagement de personnel de sécurité privé, ou d’une autre manière ?
  • Quels seraient les coûts liés à ces mesures spécifiques et quelle serait la provenance de leur financement ?

Nous remercions par avance la Municipalité pour ses réponses.

Xavier Company

Intervention communale, Xavier Company

Préservons la campagne de Rovéréaz

Intervention

Je crois effectivement, comme l’a dit M. Gaillard, il s’agit de peser les intérêts en présence, entre la densification et la préservation du paysage. On n’est pas dans le cas concret, car on ne connaît pas précisément le projet, mais uniquement son emplacement.

Mais l’aspect juridique a son importance car il est vrai que le PPA « Château Fallot » est relativement récent, puisqu’il date de 2010. Il a son importance dans l’objectif politique que nous donnons.

Pourquoi alors revenir sur cette question maintenant ?

Parce qu’entre temps, la LAT est entrée en vigueur et force est de constater qu’au niveau lausannois cet espace est considérablement éloigné du centre, totalement arboré et naturelle.

Parce qu’aussi, ce secteur est classé en ISOS A (c’est à dire qui préconise la sauvegarde de l’état existant en tant qu’espace agricole ou libre. Conservation de la végétation et des constructions anciennes essentielles pour l’image du site ; suppression des altérations), et le Château Fallot en ISOS A, qui préconise la préservation de la substance et peut-être même que sa substance serait dénaturée.

Monsieur le syndic lui-même l’a dit, si la décision était prise aujourd’hui, certainement que ces parcelles ne seraient pas en zone constructible. Il est encore temps de réagir maintenant, il ne le sera plus une fois des bâtiments construits au milieu de cet espace vert qui est cher aux Lausannois. Le Groupe des Verts soutiendra donc cette résolution en espérant que la Municipalité y donnera une suite dans le sens de nos demandes.

Xavier Company