Intervention communale, Lausanne, Sophie Michaud Gigon

Optimiser les surfaces habitables

Intervention

au sujet du postulat Pour favoriser une optimisation de l’utilisation des surfaces habitables

Ce postulat soutenu largement en commission a pour objectif de penser à nos surfaces habitables en terme de potentiel et de besoins de la population. Exploiter le potentiel au maximum et l’adapter aux besoins. Lorsqu’il y a de la demande, construire a été et est une option, mais celle-ci est coûteuse, notamment en sol et en espaces verts mais aussi pour les finances de la Ville lorsqu’elle est maître d’ouvrage. De plus, la population en ville réagit fortement à la densification de son cadre de vie et les projets de construction sont donc observés de près.

Ce postulat demande d’étudier ainsi une piste innovante et une solution gagnante pour tous : optimiser l’utilisation des surfaces habitables existantes en facilitant une plus grande mobilité dans les appartements qui sont sur le marché ; il s’agit de permettre plus aisément aux lausannois-e-s qui le souhaitent de changer de domicile en fonction de leurs besoins car ceux-ci changent au cours de la vie.

Comment favoriser le contact entre un couple de personnes âgées qui ne souhaite plus vivre dans son appartement de 5 pièces dans lequel il habite depuis 30 ans mais qui privilégie un accès à certains services et à un ascenseur ET une famille par ex. ; un obstacle étant souvent que le loyer de leur nouvel appartement plus petit est le double de l’appartement dans lequel ils habitent depuis 30 ans.

Comment favoriser les échanges – sans jamais les contraindre, bien entendu?

A Berne, il existe une initiative associative où la Ville intervient comme catalyseur, comme coup de pouce. La promotion des coopératives innovantes permet également une utilisation s’adaptant aux besoins évoluant au cours de la vie.

Lausanne pourrait aussi s’inspirer de Zürich en promouvant des locations de courte durée des objets locatifs vides qui sont en attente de travaux ou de vente. C’est une autre manière d’optimiser l’utilisation de la surface habitable sur le territoire communal. Bien entendu, une collaboration au-delà des frontières communales serait encore plus pertinente pour s’adapter aux besoins de la population qui n’est dans sa majorité pas liée à une commune dans sa recherche de logement mais plutôt à une région.

Si vous acceptez le renvoi à la Municipalité, c’est avec intérêt que nous étudierons la proposition de la Municipalité pour explorer un champ encore en friche et très intelligent en terme de gestion des ressources, un thème cher aux Verts, mais pas que.

Je vous remercie donc du soutien que vous accorderez à ce postulat.

Sophie Michaud Gigon

Intervention communale, Lausanne

Pour favoriser une optimisation de l’utilisation des surfaces habitables

Postulat

L’offre en logements adaptés aux besoins ne passe pas que par la construction de nouveaux bâtiments mais aussi par une meilleure exploitation des surfaces habitables, en favorisant l’échange d’appartements.

Depuis les débats autour de la LAT (loi sur l’aménagement du territoire adoptée par le peuple en mars 2013), la question de l’utilisation du sol a encore gagné en actualité. L’utilisation de ce bien précieux est au centre de nombreuses préoccupations autant de la population que des collectivités publiques. Les intérêts sont multiples : offres en logements, en terrains verts et ouverts, en espace de détente, en surface pour des activités économiques et artisanales. Les contraintes également: raréfaction des surfaces agricoles, Dichtestress de la population (sentiment très fort d’être à l’étroit, en particulier sur l’arc lémanique) et opposition face à la densification vers l’intérieur, voulue par la LAT.

Lausanne a connu ces dernières années un taux de vacance extrêmement bas et a mené une politique du logement offensive en créant et faisant créer des milliers de nouveaux logements. Le plus important était de produire de nouvelles surfaces habitables. Les Verts proposent aussi de regarder la situation sous un autre angle, celui de l’utilisation optimale des ressources et aussi de la qualité d’un logement adapté aux besoins individuels (services, transports, ascenseurs, etc.). S’adapter à la demande en logement est passée uniquement par la création de nouveaux quartiers dans des friches, ou par la densification de certains secteurs. Dans plusieurs quartiers de l’agglomération lausannoise, la population a réagi fortement face au changement, face à la menace sur le patrimoine bâti et face à la crainte d’une perte de qualité de vie. Densifier de manière qualitative devrait certes continuer d’être un objectif même s’il n’est pas aisé à atteindre en terrain déjà construit. Mais une autre piste doit être davantage prise en compte par les collectivités.

Augmenter l’offre en surfaces habitables passe en effet aussi par une meilleure utilisation des logements existants. Meilleure, soit évitant le gaspillage et adaptée aux besoins. Dans une vie, les besoins en surface habitable changent. Lorsque un ménage de cinq personnes passe à deux ou à un, il faudrait pouvoir changer de logement. Les appartements inexploités représentent d’ailleurs aussi un gâchis. Le plus grand frein à un changement est la difficulté à trouver un appartement au même prix, certains appartements ayant des loyers extrêmement bas lorsque les locataires n’ont pas changé depuis 30 ans. La collectivité doit favoriser une utilisation optimale du sol construit. A Berne, des bourses d’échange se sont mises en place pour favoriser l’échange d’appartements adaptés aux besoins. Il existe également en Suisse alémanique des coopératives qui adaptent le prix du logement au nombre de personnes l’occupant (Belegungsvorschriften). Ces types de coopératives ou modèles s’y apparentant pourraient aussi être encouragés par les autorités.

Par le présent postulat, je souhaite demander à la Municipalité d’étudier – au niveau de l’agglomération – les possibilités de la commune de favoriser une utilisation optimale des surfaces habitables.

Sophie Michaud Gigon