Intervention communale, Ngoc Huy Ho

Désinfecter, mais à quel prix?

Interpellation urgente

Afin de lutter efficacement contre la propagation du coronavirus ou de la grippe saisonnière, l’Office Fédéral de la Santé recommande le nettoyage des objets et des surfaces susceptibles d’être contaminés par la toux et les postillons de personnes infectées.[1]

C’est dans ce sens que la Ville de Lausanne s’est engagée dans la mise en place de toutes les mesures sanitaires nécessaires pour faire face à la pandémie du coronavirus. Que ce soit dans la restauration collective, aux guichets d’information, dans les transports publics, dans les structures d’accueil d’urgence, musées et autres installations sportives et publiques, les surface et objets sont régulièrement nettoyés de manière “adéquate” après leur utilisation, en particulier si plusieurs personnes les touchent. Il s’agit notamment des poignées de porte, les boutons d’ascenseur, les rampes d’escalier, les accoudoirs de chaises, les tables, les WC, etc.[2]

Or l’utilisation de puissants désinfectants peut provoquer de graves problèmes de santé aux personnes qui emploient ces produits en cas de mauvaise utilisation. Troubles respiratoires, irritation de la peau ou lésions oculaires sont les principaux risques que peuvent entraîner un mauvais emploi d’un désinfectant ou en l’absence de protections individuelles comme des gants et lunettes de protection.

De plus, un environnement qui serait trop aseptisé ne stimulerait pas suffisamment le système immunitaire freinant la production des anticorps lui permettant de se défendre. C’est pour cela que l’utilisation de détergents désinfectants est déconseillée dans le cadre privé et notamment pour les personnes ayant une défense immunitaire affaiblie.[3] Les résidus de désinfectants dilués de manière incorrecte sur les surfaces pourraient également favoriser la croissance de bactéries résistantes aux antibiotiques.

Par ailleurs, cette désinfection systématique est utilisée dans les écoles et les crèches. Alors que la Ville s’est engagée dans un plan de réduction des perturbateurs endocriniens dans les crèches, l’utilisation systématique de ces produits désinfectants nous semble encore plus problématique dans le contexte de populations vulnérables que sont les enfants.

Enfin, l’utilisation de produits de désinfection entraîne également le problème de sa répercussion au niveau environnemental car les substances chimiques employées peuvent se retrouver en fin de cycle dans les eaux de surface ou dans les eaux traitées par les STEP.

Reste la question des gels ou solutions hydroalcooliques qui font désormais partie de notre quotidien et dont l’usage excessif n’est pas sans danger. En effet, la composition de ces gels peuvent contenir différents additifs, comme des ingrédients antimicrobiens ou des parfums, ayant un impact néfaste sur la santé.

Au vu de ce qui précède, les interpellatrices et interpellateurs remercient la Municipalité de bien vouloir répondre aux questions suivantes :

  1. Quels sont les différents types de produits de désinfection mise à disposition des employé-e-s de la Ville de Lausanne pour le nettoyage des surfaces et pour la désinfection des mains ?
  2. Est-ce que les employé-e-s de la Ville de Lausanne chargées de nettoyer objets et surfaces ont été informées des dangers de l’utilisation des produits de désinfection et ont-elles reçu une formation ainsi qu’un équipement de protection?
  3. La Ville de Lausanne a-t-elle coordonné la désinfection de ses infrastructures ou a-t-elle délégué aux personnes responsables dans ses différents services ?
  4. Est-ce qu’une attention plus particulière a été prise dans les institutions d’accueil de l’enfance et les établissements scolaires où les enfants peuvent être directement exposés à ces produits soit par contact ou par inhalation?
  5. Est-ce que les parents ont été informés des produits utilisés dans les institutions d’accueil de l’enfance et les établissements scolaires ? Est-ce que ces produits ont été analysés pour être en conformité avec les nouvelles mesures contre les perturbateurs endocriniens ?
  6. Est-ce que le Service de l’eau a effectué un suivi analytique sur une potentielle contamination des eaux lausannoises par des substances provenant des produits de désinfection ?
  7. Comment la Municipalité va-t-elle tenir compte des enseignements et des retours du terrain pour organiser le nettoyage des surfaces sans mettre en danger la santé de ses employé-e-s, de la population et en particulier des enfants ?

Nous remercions la Municipalité pour ses réponses.

Ngoc Huy Ho, Sara Gnoni, Anne Berguerand, Sima Dakkus, Sara Soto,       Ilias Panchard


[1] https://www.bag.admin.ch/bag/fr/home/krankheiten/ausbrueche-epidemien-pandemien/hygiene-pandemiefall/gegenstaende-oberflaechen-reinigen.html

[2] https://www.lausanne-tourisme.ch/fr/coronavirus-situation-a-lausanne/

[3] https://www.bag.admin.ch/bag/fr/home/gesund-leben/umwelt-und-gesundheit/chemikalien/chemikalien-im-alltag/desinfektionsmittel.html

Feuille verte, Natacha Litzistorf

Repartir du «petit»

« Un monde sans espoir est irrespirable »

(André Malraux, L’Espoir, Gallimard, 1937)

Tout le monde l’affirme: cette crise du covid-19 révèle ce qui était déjà là avant, mais peu visible, tant d’un point de vue individuel que collectif. Mais plus que cela, elle amplifie tout. Et dans une logique toute manichéenne à nous faire devenir schizophrènes, nous pouvons être fiers, émus aux larmes et plein d’espoir car elle révèle et amplifie le bon, le bien et le beau ; mais nous pouvons aussi être honteux, révoltés et désespérés car elle révèle et amplifie le mauvais, le mal et le laid. Cette crise met également en lumière nos fragilités et les failles de nos systèmes, à toutes les échelles et dans tous les domaines. Mais notre instinct de survie est quant à lui vigoureux et nous pouvons nous en réjouir. Des voix, connues ou moins connues, se font d’ores et déjà entendre pour montrer la seule posture solide et crédible pour la suite : cette crise va nous permettre de nous recentrer sur l’essentiel et l’espoir doit être notre moteur. C’est un risque à prendre, mais le jeu en vaut la chandelle qui nous permettra d’éclairer le chemin à parcourir.

Ce Petit traité post pandémie constitue une modeste contribution d’une Lausannoise à la réflexion collective que nous devons avoir pour l’avenir.

Réflexion basée sur un parcours de vie, des transmissions familiales, des enseignements de professeurs et de lectures, des émotions sans filtre, des convictions politiques et des intuitions. Et réflexion toujours dans la perspective d’action.

Le mot guide est assurément : « petit ». Nous devrons repenser nos échelles de vie et les articuler entre elles différemment. Et l’échelle-coeur, le centre névralgique, sera le petit, la maison, le quartier, la commune, le commerce du coin de la rue. L’idée n’est impérativement pas un repli sur soi, mais une façon différente de concevoir, à partir « du petit », notre relation avec le reste du monde.

Réflexion qui a comme but principal de penser à nos jeunes d’aujourd’hui et de demain. C’est pour eux que nous devons faire le point après une crise d’une telle ampleur planétaire. Si nous ne le faisons pas, alors c’est comme si nous les abandonnions ou pire encore, comme si nous les condamnions.

Réflexion qui vise ainsi à tout de suite faire disparaître toute velléité de vouloir « faire comme si de rien n’était » et de « repartir comme en quarante ». Cette crise, comme souvent les crises, peut être salutaire. C’est en tous cas avec optimisme et espoir qu’il faut réfléchir la suite, pour « le retour à la normale ». C’est ce que nous devons à nos jeunes en tant qu’adultes responsables.

Mais est-ce que tout ce que nous vivions avant était vraiment « normal » ? Nous pouvons sérieusement en douter. Mais douter, c’est ce qui nous permettra à nouveau d’être plutôt que d’avoir. Car le point de départ est de venir puiser en chacun et chacune d’entre nous pour trouver l’imagination, l’audace, la force et le courage de proposer de vivre autrement. Parce que oui, soyons sérieux, nous allons devoir changer des choses…

Mais le bouquet final de l’image du monde de demain est dans le croisement des expériences et des expertises car une communauté de destin ne se construit qu’à plusieurs intelligences.

Natacha Litzistorf

Feuille verte, Lausanne

Confiné·e·s mais d’autant plus déterminé·e·s !

Depuis le début de l’année, nous sommes témoins d’événements dont nous n’avions probablement même pas idée pour la majorité d’entre nous. Jour après jour, nous apprenons à adapter nos vies et ce qui nous semblait impensable devient nécessaire. Dans la foulée, ce qui nous paraissait inimaginable hier devient une nécessité aujourd’hui : ce 1er mai, nous ne serons pas dans la rue !

Mais cette absence dans les rues n’est clairement pas synonyme d’absence de revendications. Bien loin s’en faut. Au contraire, la crise que nous vivons actuellement prouve la fragilité de notre système et son incapacité à protéger les faibles d’entre nous. Elle prouve, une fois de plus, que ce sont celles et ceux qui sont depuis toujours les plus précarisés qui se retrouvent au front pour assurer que notre société ne s’effondre pas totalement. Elle prouve que l’impunité avec laquelle la nature est traitée ne peut rester indéfiniment sans conséquence pour l’être humain.

Il est plus que nécessaire que la crise que nous traversons, toutes et tous, nous permette de repenser le monde de demain pour toutes et tous.

Ces dernières semaines nous ont montré combien nous sommes dépendants des personnes dont le rôle n’est toujours pas considéré à sa juste valeur. En plus des équipes de soins, et notamment le personnel infirmier, tant de professions sont au front : dans les magasins de première nécessité, les administrations, les services de distribution postale, le monde agricole… Tant de personnes qui ont dû faire preuve de courage et d’abnégation pour se montrer à la hauteur de leurs responsabilités.

Bien que venant d’horizons divers, ces professions ont toutes un point en commun : elles ont toutes été bafouées, méprisées et mal considérées depuis de (trop) nombreuses années.

Il faut également souligner que, dans beaucoup de ces professions, les femmes sont très nombreuses. Cette période a aussi mis en évidence l’importance des activités des femmes au sein des familles. Nous répétons aujourd’hui la nécessité de pouvoir concilier vie professionnelle et vie privée, notamment par l’encouragement du télétravail, de mieux répartir les tâches de soin et d’enfin les valoriser économiquement.

Ceci nous montre, malheureusement une fois encore, que toutes les revendications de ces indispensables actrices et acteurs de la société ne sont toujours pas entendues… Bien au contraire, les milieux économiques exercent d’intolérables pressions sur tous les fronts pour que l’activité reprenne à la « normale », tout en étant conscients des risques qu’ils/elles font courir à leurs équipes.

Chaque année, nous devons descendre dans la rue, le premier jour du mois de mai, pour, ensemble, exprimer notre ras-le-bol de cette injustice sociale et de ce manque de solidarité. Même si, sur certains fronts, des avancées ont pu être constatées, nous sommes très loin de voir réalisées nos revendications répétées, années après années. Nous ne nous contentons pas des promesses des milieux économiques.

Nous voulons croire que la crise actuelle nous permettra de lancer un mouvement nouveau et de vivre dans un monde où une meilleure justice sociale, une meilleure considération et une meilleure répartition des ressources sont possibles.

Les nombreuses et émouvantes preuves de solidarité qui ont éclos partout dans notre pays doivent d’autant plus nous encourager à nous unir pour faire front commun.

Donc, si cette année, ça ne sera pas dans la rue que nous donnerons de la voix, nous serons toutes et tous à nos fenêtres et nos balcons pour « notre santé avant leur profit »!

Pour le bien de tous les êtres vivants, pour celui de notre planète, pour celui des générations futures, rejoignez-nous, dès 15h00, avec ou sans banderole, mais avec votre volonté et votre enthousiasme !

Keko Razzano

David Raedler, Intervention communale

Assurer la distanciation sociale dans le but de renouer le lien social

Interpellation urgente

Il n’est malheureusement plus nécessaire de le rappeler : les mesures liées à la lutte contre la pandémie de Coronavirus ont très fortement affecté quasiment tous les pans de l’économie et de la vie sociale de chacune et chacun. Parmi les mesures qui sont imposées par l’OFSP, les « gestes barrières » ainsi que la « distanciation sociale » tiennent une place centrale. C’est en effet par elles que nous pouvons assurer un ralentissement de la propagation du virus et agir afin de protéger autrui.

Ces mesures de distanciation sociale ont naturellement des conséquences directes sur la vie de chacune et chacun, sur nos habitudes ainsi que sur les activités économiques possibles. Rencontrer des amis, faire un petit apéro ou se déplacer en ville devient chose compliquée lorsque cela doit se faire à distance raisonnable. Ceci en particulier dans la mesure où l’espace à disposition n’est pas illimité et que les beaux jours du printemps et de l’été arrivent à grands pas.

Dans le cadre du plan de déconfinement décidé par les autorités fédérales et qui est petit-à-petit mis en œuvre au niveau local, la nécessité d’assurer en tout temps une distanciation sociale entre individus va constituer l’un des points essentiels. Considérant la durée prévue de ce plan, cela doit permettre également de retrouver une vie aussi normale que possible, tant sociale que professionnelle et de loisir. Les activités économiques locales doivent aussi pouvoir reprendre.

Pour ce faire, il appartient notamment aux villes d’assurer que leurs habitantes et habitants disposent des espaces publics suffisants pour respecter les exigences de distanciation sociale. Cela passe en particulier par trois pans d’actions.

  1. La place disponible dans les transports publics et les alternatives offertes, notamment pour les vélos et les piétons 

La Commune de Lausanne doit garantir à la fois le maintien d’une offre forte en transports publics et l’existence d’alternatives réelles pour décharger ces transports publics. Si nous souhaitons éviter une congestion automobile complète (avec les problèmes de sécurité et de pollution s’y rapportant), cela doit se faire principalement de deux façons :

  • des aménagements larges et sécurisés pour les cycles et piétons, cas échéant, en reprenant une partie de l’espace concédé aux voitures individuelles, notamment pour le parking ;
  • un accès simple et facilité des habitantes et habitants de la Commune aux vélos, notamment à assistance électrique.

S’agissant spécifiquement de cette seconde possibilité, il est central dans une ville comme la Commune de Lausanne d’assurer l’accès à des vélos à assistance électrique ainsi qu’à des vélos « de bonne qualité » permettant d’en aplatir la topographie.

  1. La place disponible dans les bars et restaurants qui rouvriront

Tant les exigences renforcées en matière d’hygiène que les besoins de place liés à cette distanciation sociale auront pour effet d’augmenter les charges ainsi que de réduire les revenus des exploitantes et exploitants de bars et restaurants. Au final, la rentabilité de ces établissements en souffrira directement. Une telle situation inquiète naturellement, tant les bars et restaurants composent un pan essentiel de l’économie locale et jouent un rôle central dans le maintien du tissu social et le dynamisme d’une ville.

Dans ce contexte, l’on peut espérer que l’arrivée des beaux jours permette une reprise tempérée de ces activités, toujours en assurant le respect de la distanciation sociale. Les terrasses et l’appropriation d’autres lieux publics joueront alors un rôle très important, dans la mesure où ils pourront permettre aux établissements de continuer leurs activités avec une surface agrandie. Et ainsi, accueillir un nombre de clients suffisant pour que leurs activités soient viables. Cela impose toutefois d’étendre les espaces à disposition et d’assouplir les règles relatives aux terrasses, à l’image de ce que d’autres villes ont pu faire1.

  1. Les espaces publics mis à disposition des habitantes et habitants.

Les beaux jours arrivant, il est naturel que les lausannoises et lausannois souhaiteront profiter d’un bol d’air en se rendant dans les parcs et sur les rives du Léman. Cela impose de leur offrir un accès aussi large que possible aux beaux espaces publics de la Commune, d’une façon à permettre de respecter les règles et impératifs en matière de distanciation sociale.

Pour ce faire, il est nécessaire que les espaces publics à disposition soient suffisamment nombreux et étendus. En particulier, et alors que le Conseil fédéral a annoncé la possible réouverture des piscines le 8 juin prochain, les impératifs en termes d’hygiène et de distanciation sociale, de même que les craintes fondées de la population, rendent vraisemblable que l’exploitation de la piscine de Bellerive cette année soit très limitée. Or, cet espace offre non seulement un large accès aux eaux vives du Léman, mais aussi un large parc. Se pose donc l’éventualité que les rives ainsi que le parc de Bellerive demeurent accessibles librement au public durant tout le printemps et l’été2.

Forts de ces éléments et de l’urgence dans laquelle nous nous trouvons, les interpellateurs et interpellatrices posent les questions suivantes à la Municipalité.

Questions :

  1. Quelles mesures la Municipalité a-t-elle prévu pour assurer le maintien d’une offre forte en transports publics permettant d’assurer aux passagères et passagers le respect des règles en matière de distanciation sociale ?
  1. La Municipalité a-t-elle prévu d’adapter les horaires et modalités de travail de ses employés afin de décharger les transports publics aux heures de pointe, par exemple par le biais d’horaires souples ou d’un recours plus important au télétravail ?
  1. La Municipalité a-t-elle prévu des aménagements (temporaires ou définitifs) permettant de donner plus de place aux cyclistes et piétons en ville ?
  1. La Municipalité prévoit-elle de réduire les espaces concédés au parking en surface des véhicules automobiles dans le but d’accroître la place à disposition des cycles et piétons ?
  1. La Municipalité prévoit-elle d’augmenter les subventions à l’acquisition de vélos à assistance électrique ?
  1. La Municipalité a-t-elle prévu d’assouplir les règles applicables aux autorisations de terrasses pour les bars et restaurants de la Commune de Lausanne ?
  1. La Municipalité prévoit-elle d’augmenter la surface à disposition pour l’installation de terrasses, notamment :
  1. Sur les places de la Commune ?
  2. En prenant de l’espace sur des places de parc dédiées au trafic individuel motorisé ?
  3. En fermant temporairement certaines rues au trafic ou en réduisant l’espace dédié au trafic individuel motorisé.
  1. Quelles mesures la Municipalité a-t-elle prévu de mettre en place pour assurer l’accessibilité à suffisamment d’espaces publics en faveur de la population, dans le but de permettre à chacune et chacun de respecter les impératifs de distanciation sociale ?
  1. La Municipalité prévoit-elle de créer de nouveaux espaces publics temporaires, y compris cas échéant de nouvelles places de jeux ?
  1. Si de nouveaux espaces publics temporaires sont prévus, est-il prévu de profiter pour ce faire de l’espace actuellement occupé par le parking en plein-air ?
  1. La Municipalité prévoit-elle que les rives ainsi que le parc de Bellerive puissent rester accessibles librement au public durant tout le printemps et l’été 2020 ?
  1. La Municipalité prévoit-elle d’aménager de nouveaux espaces temporaires pour l’accès au lac durant le printemps et l’été 2020 ?

David Raedler, Valéry Beaud, Sima Dakkus, Ilias Panchard, Xavier Company

1 Notamment Vilnius : https://www.theguardian.com/world/2020/apr/28/lithuanian-capital-to-be-turned-into-vast-open-air-cafe-vilnius.

2 Une demande qui a d’ailleurs été faite à plusieurs reprises par le Conseil communal, la dernière fois en renvoyant directement à la Municipalité le postulat du 9 avril 2019 « Un accès libre à nos ‘belles rives’ pour toutes et tous ».

Lausanne

Permettre à la population de respecter la distanciation sociale dans le but de renouer le lien social !

Les Vert·e·s lausannois·es ont déposé ce jour une interpellation urgente adressée à la Municipalité de Lausanne concernant les voies d’actions qui doivent être suivies afin de permettre à la population de respecter les impératifs de distanciation sociale tout en reprenant petit-à-petit un semblant de vie normale. Elle s’inscrit à la suite directe des annonces du Conseil fédéral de hier, dont l’ouverture des bars et restaurants dès le 11 mai prochain fait partie.

Les Vert-e-s lausannois-es s’interrogent sur la place qui est donnée à chacune et chacun dans la reprise (sociale et économique) annoncée. Pouvoir rouvrir des commerces locaux, boire un apéro entre ami·e·s ou manger au restaurant nécessite dans tous les cas le respect de la distanciation sociale. Un impératif qui va s’inscrire sur le long terme et qui requiert d’offrir suffisamment d’espace à la population. Pour assurer cela, les Vert-e-s lausannois-es ont identifié trois pans d’actions qu’ils souhaitent être mis très rapidement en place par la Municipalité de Lausanne :

  1. Une augmentation des aménagements vélos et piétons : afin d’assurer la distanciation sociale dans les transports publics tout en évitant une congestion automobile complète (avec les problèmes de sécurité et de pollution s’y rapportant), il est nécessaire d’assurer (i) des aménagements larges et sécurisés pour les cycles et piétons, cas échéant, en reprenant une partie de l’espace concédé aux voitures individuelles (notamment pour le parking) et (ii) un accès simple et facilité des habitantes et habitants de la Commune aux vélos à assistance électrique par l’augmentation des subventions à l’achat.
  2. Une augmentation et simplification des terrasses pour les bars et restaurants : pour assurer que les bars et restaurants puissent demeurer rentables malgré les exigences de distanciation sociale, il est essentiel de leur octroyer plus de place, notamment par les terrasses et l’appropriation d’autres lieux publics. Cela impose d’étendre les espaces à disposition et d’assouplir les règles relatives aux autorisations, à l’image de ce que d’autres villes ont pu faire1.
  3. L’augmentation des espaces publics accessibles, dont l’ouverture de Bellerive : avec les beaux jours, nous serons nombreuses et nombreux à souhaiter profiter d’un bol d’air dans les espaces publics de la Ville, notamment au bord du lac. Pour assurer suffisamment de place à chacune et chacun, cela nécessite l’ouverture de nouveaux espaces publics. À ce titre, les Vert·e·s lausannois·es proposent que les rives ainsi que le parc de Bellerive demeurent accessibles librement au public durant tout le printemps et l’été2.

Dans l’ensemble, les Vert·e·s lausannois·es invitent la Municipalité à agir rapidement dans le sens des propositions faites, afin de permettre une reprise sociale et économique rapide tout en évitant une nouvelle aggravation de la pandémie.

1 Notamment Vilnius : https://www.theguardian.com/world/2020/apr/28/lithuanian-capital-to-be-turned-into-vast-open-air-cafe-vilnius.

2 Une demande qui a d’ailleurs été faite à plusieurs reprises par le Conseil communal, la dernière fois en renvoyant directement à la Municipalité le postulat du 9 avril 2019 « Un accès libre à nos ‘belles rives’ pour toutes et tous ».

Intervention communale, Lausanne, Selsa Maadi

Une mise en place de stands alimentaires éparses à défaut de marché réduit ?

Question écrite

Lors de sa séance du 9 avril dernier, le Conseil d’Etat a décidé d’interdire la tenue des marchés lausannois dans leur forme « réduite » alors que toutes les mesures avaient été prises par la Commune de Lausanne pour assurer le respect des normes fédérales et exigences de l’OFSP – dont un nombre très réduit de stands et des contrôles renforcés.

Si au niveau fédéral, l’art. 6, al. 2, let. a de l’ordonnance 2 Covid-19 interdit la tenue de marchés jusqu’à nouvel avis, le Rapport explicatif y relatif précise que la tenue de stands de denrées alimentaires est autorisée pour autant qu’ils soient exploités seuls : « Un stand isolé vendant de la nourriture est considéré comme un magasin d’alimentation et peut donc rester ouvert, contrairement aux marchés alimentaires, pour autant qu’il soit possible de respecter les règles en matière de distance. Cependant, un seul stand isolé de nourriture peut être dressé sur une place de marché ou sur une autre place ».

Pourtant, dans sa directive, le Conseil d’Etat va plus loin et exige qu’un seul stand soit monté sans concomitance de lieu, de date et d’horaire avec d’autres stands de denrées alimentaires isolés, au bénéfice d’une même autorisation communale. En ce sens, et conformément au bref avis de droit joint à la présente, l’interprétation du Conseil d’Etat nous paraît trop restrictive.

Cela étant, et dans tous les cas, les Vert·e·s lausannois·es souhaitent que la municipalité étudie la possibilité d’ouvrir des stands de façon suffisamment espacée – cas échéant, et si l’on suit temporairement l’interprétation restrictive du Conseil d’Etat, sous la forme d’un seul stand par quartier et par jour, du lundi au samedi, notamment aux emplacements suivants : Place de la Riponne, Place de la Palud, Saint-Laurent (future Place du 14 juin), rue de l’Ale, Place de la Sallaz, Place Saint-Francois, Rue de Bourg, Place de l’Europe, Place Bel-Air, Place Chauderon, Avenue de France, avenue du Grey, et Grancy, ainsi que dans les quartier hors Centre-Ville, avec un tournus quotidien des maraîchères et maraîchers présent-e-s en fonction de leurs possibilités et volontés d’y participer. Ceci en respectant toutes les règles de distanciation et d’hygiène en vigueur, comme la Confédération l’y autorise et semble également l’envisager le ministre de l’économie Philippe Leuba (24heures – 09.04.2020). L’ouverture ne vise en aucun cas à alléger le confinement, les règles de maintien de la distance de 2 mètres entre les client·e·s doivent être particulièrement respectées et contrôlées.

Outre le fait que cette ouverture très réduite permettrait le respect des exigences fédérales d’isolation des stands, les avantages sont multiples :

  1. Pour les citoyens :
  2. Cette mesure permet de diversifier les points de vente et d’éviter ainsi aux citoyens de s’agglutiner dans les rayons des grandes surfaces où les distances sociales sont plus difficiles à respecter qu’en plein air.
  3. Cela permet au citoyen·ne de trouver une offre de produits frais et locaux à proximité de chez lui et d’avoir donc moins à se déplacer en ces temps de confinement.
  • Pour les maraîchers :
  • En effectuant un tournus des maraîchers·ères du lundi au samedi, une ouverture telle que proposée permettrait aux habitants de les soutenir en les faisant profiter des rentrées financières liées à la vente de leurs produits, tout en étant équitable envers chacun. Cela leur évite également de devoir jeter leurs denrées périssables.
  • Enfin, la mesure vise à rectifier une iniquité de traitement vis-à-vis des magasins d’alimentation qui sont quant à eux restés ouverts en permanence.

Fondé-e-s sur ce qui précède, les Vert·e·s lausannois·es posent donc les questions suivantes à la Municipalité :

  1. La Municipalité entend-elle contester l’approche du Conseil d’Etat vaudois s’agissant de l’interdiction de tenir des marchés en leur forme « réduite », notamment au regard du bref avis de droit joint à la présente ?
  2. La Municipalité entend-elle étudier l’opportunité, malgré les limitations imposées au niveau cantonal, d’organiser la tenue de stands alimentaires par des maraîchers·ères de la région en les répartissant de façon isolée, soit un stand par secteur ou quartier, dans toute la ville, quotidiennement ?  
  3. Enfin, la Municipalité prévoit-elle des mesures spécifiques, par exemple un soutien financier ou organisationnel, destinées aux productrices et producteurs qui, en temps normal, vendent leurs produits frais et locaux chaque semaine dans les différents marchés de la Ville ?

Selsabil Maadi, David Raedler, Sima Dakkus, Xavier Company, Anne Berguerand, Sara Gnoni

Avis de droit – Ordonnance 2 COVID-19 aux marchés et stands alimentaires

Lausanne

Moins de circulation en ville

Pour que les leçons tirées lors de la pandémie puissent perdurer!

Les Vert·e·s lausannois·es ont déposé ce jour deux questions écrites à la Municipalité de Lausanne concernant les mesures prises en lien avec la circulation en ville dans le contexte actuel de la pandémie de coronavirus. Le but étant que toutes les mesures nécessaires soient prises et puissen perdurer au-delà de la situation exceptionnelle actuelle – afin que, malgré cette période difficile, nous puissions apprendre et tirer les leçons politiques qui s’imposent !

Les Vert·e·s lausannois·es ont déposé ce jour deux questions écrites à la Municipalité de Lausanne sur les sujets suivants (toutes deux annexées au présent Communiqué) :

Dans leur première question sur les aménagements cyclables, les Vert-e-s lausannois-es tirent le constat qu’aucun aménagement spécial n’a pour l’heure été mis en place par la Municipalité. Or, à la fois la forte réduction de trafic automobile constatée et les difficultés liées aux transports publics ont amené de nombreuses lausannoises et nombreux lausannois à privilégier le vélo en ces temps exceptionnels. La diminution du nombre de voiture a notamment permis d’offrir une situation plus sécurisée – qui devrait toutefois être davantage renforcée par la mise en place de nouveaux aménagements cyclables adaptés.

Plusieurs villes à l’étranger ont en effet profité de la réduction du trafic automobile pour redonner une partie de la route aux usagers de la mobilité douce (piétons et vélos), par des aménagements temporaires adaptés, dont des pistes cyclables séparées du trafic. Cela a augmenté le nombre de cyclistes et permis de préparer « l’après coronavirus », en soulignant le fort potentiel du vélo en ville. Il est impératif pour les Vert-e-s lausannois-e-s que la Municipalité de Lausanne fasse de même, en augmentant les aménagements cyclables en temps de pandémie, et en examinant la possibilité de les maintenir par la suite.

Dans leur seconde question sur les phases vertes aux feux piétons, les Vert-e-s lausannois-e-s ont constaté que les mesures prises par la Municipalité en lien avec les feux de signalisation (feux clignotants par défaut et, lorsque des feux demeurent nécessaires, alternance automatique entre passage de véhicules et passage de piétons) donnaient de très bons résultats. En particulier, l’alternance automatique entre passage de véhicules et passage de piétons entraîne une amélioration notable pour les piétons en termes d’attente aux feux aux carrefours régulés.

Fort-e-s de ce constat, les Vert-e-s lausannois-es ont donc demandé à la Municipalité si cet aménagement pouvait être maintenu après la phase exceptionnelle actuelle. Outre ses avantages en termes d’hygiène (les piétons n’ayant plus à presser des boutons pour traverser), cette solution amène aussi à un gain de temps important pour les piétons.

Dans l’ensemble, les Vert·e·s lausannois·es invitent la Municipalité à tirer des leçons de la situation actuelle pour adapter sa vision de la mobilité et redonner sa qualité de vie à la ville ainsi qu’à ses occupantes et occupants. Ceci est central afin de préparer « l’après coronavirus ».