Anne Berguerand, David Raedler, Ilias Panchard, Intervention communale, Lausanne, Sara Gnoni, Selsa Maadi, Sima Dakkus, Xavier Company

Une mise en place de stands alimentaires éparses à défaut de marché réduit?

Lors de sa séance du 9 avril dernier, le Conseil d’Etat a décidé d’interdire la tenue des marchés lausannois dans leur forme « réduite » alors que toutes les mesures avaient été prises par la Commune de Lausanne pour assurer le respect des normes fédérales et exigences de l’OFSP – dont un nombre très réduit de stands et des contrôles renforcés.

Si au niveau fédéral, l’art. 6, al. 2, let. a de l’ordonnance 2 Covid-19 interdit la tenue de marchés jusqu’à nouvel avis, le Rapport explicatif y relatif précise que la tenue de stands de denrées alimentaires est autorisée pour autant qu’ils soient exploités seuls : « Un stand isolé vendant de la nourriture est considéré comme un magasin d’alimentation et peut donc rester ouvert, contrairement aux marchés alimentaires, pour autant qu’il soit possible de respecter les règles en matière de distance. Cependant, un seul stand isolé de nourriture peut être dressé sur une place de marché ou sur une autre place ».

Pourtant, dans sa directive, le Conseil d’Etat va plus loin et exige qu’un seul stand soit monté sans concomitance de lieu, de date et d’horaire avec d’autres stands de denrées alimentaires isolés, au bénéfice d’une même autorisation communale. En ce sens, et conformément au bref avis de droit joint à la présente, l’interprétation du Conseil d’Etat nous paraît trop restrictive.

Cela étant, et dans tous les cas, les Vert·e·s lausannois·es souhaitent que la municipalité étudie la possibilité d’ouvrir des stands de façon suffisamment espacée – cas échéant, et si l’on suit temporairement l’interprétation restrictive du Conseil d’Etat, sous la forme d’un seul stand par quartier et par jour, du lundi au samedi, notamment aux emplacements suivants : Place de la Riponne, Place de la Palud, Saint-Laurent (future Place du 14 juin), rue de l’Ale, Place de la Sallaz, Place Saint-Francois, Rue de Bourg, Place de l’Europe, Place Bel-Air, Place Chauderon, Avenue de France, avenue du Grey, et Grancy, ainsi que dans les quartier hors Centre-Ville, avec un tournus quotidien des maraîchères et maraîchers présent-e-s en fonction de leurs possibilités et volontés d’y participer. Ceci en respectant toutes les règles de distanciation et d’hygiène en vigueur, comme la Confédération l’y autorise et semble également l’envisager le ministre de l’économie Philippe Leuba (24heures – 09.04.2020). L’ouverture ne vise en aucun cas à alléger le confinement, les règles de maintien de la distance de 2 mètres entre les client·e·s doivent être particulièrement respectées et contrôlées.

Outre le fait que cette ouverture très réduite permettrait le respect des exigences fédérales d’isolation des stands, les avantages sont multiples :

Pour les citoyens·nes:

  • Cette mesure permet de diversifier les points de vente et d’éviter ainsi aux citoyens de s’agglutiner dans les rayons des grandes surfaces où les distances sociales sont plus difficiles à respecter qu’en plein air.
  • Cela permet au citoyen·ne de trouver une offre de produits frais et locaux à proximité de chez lui et d’avoir donc moins à se déplacer en ces temps de confinement.

Pour les maraîchers·ères:

En effectuant un tournus des maraîchers·ères du lundi au samedi, une ouverture telle que proposée permettrait aux habitants de les soutenir en les faisant profiter des rentrées financières liées à la vente de leurs produits, tout en étant équitable envers chacun. Cela leur évite également de devoir jeter leurs denrées périssables.

  • En effectuant un tournus des maraîchers·ères du lundi au samedi, une ouverture telle que proposée permettrait aux habitants de les soutenir en les faisant profiter des rentrées financières liées à la vente de leurs produits, tout en étant équitable envers chacun. Cela leur évite également de devoir jeter leurs denrées périssables
  • Enfin, la mesure vise à rectifier une iniquité de traitement vis-à-vis des magasins d’alimentation qui sont quant à eux restés ouverts en permanence.

Fondé-e-s sur ce qui précède, les Vert·e·s lausannois·es posent donc les questions suivantes à la Municipalité:

  1. La Municipalité entend-elle contester l’approche du Conseil d’Etat vaudois s’agissant de l’interdiction de tenir des marchés en leur forme « réduite », notamment au regard du bref avis de droit joint à la présente ?
  2. La Municipalité entend-elle étudier l’opportunité, malgré les limitations imposées au niveau cantonal, d’organiser la tenue de stands alimentaires par des maraîchers·ères de la région en les répartissant de façon isolée, soit un stand par secteur ou quartier, dans toute la ville, quotidiennement ?
  3. Enfin, la Municipalité prévoit-elle des mesures spécifiques, par exemple un soutien financier ou organisationnel, destinées aux productrices et producteurs qui, en temps normal, vendent leurs produits frais et locaux chaque semaine dans les différents marchés de la Ville ?

Pour les Vert·e·s lausannois·e·s:

MAADI Selsa, RAEDLER David, DAKKUS Sima , COMPANY Xavier , BERGUERAND Anne, GNONI Sara


Avis de droit – Marché lausannois

Question écrite à la Municipalité – Les Vert·e·s lausannois


Feuille verte

Solidarité et entraide

En ces temps particuliers, où la priorité doit être mise sur la sécurité sanitaire de chacun-e, il est important de garder en tête nos valeurs d’entraide et de solidarité, à tous les niveaux. Nos autorités les mettent en place. La Ville de Lausanne n’est pas en reste dans les domaines où elle dispose d’une marge de manœuvre, puisqu’elle renonce à percevoir les loyers pour ses baux commerciaux pendant cette période, ainsi que les taxes des terrasses. Au niveau social également, des structures se mettent en place pour que les plus démunis, qui vivent dans la rue, puissent également appliquer les mesures sanitaires et ne soient pas encore plus défavorisés qu’ils ne le sont déjà. Nos élu-e-s au Conseil communal reprendront bien évidemment ces questions sitôt que celui-ci pourra se réunir, sous une forme ou sous une autre.

Mais la solidarité et l’entraide se développent aussi à des niveaux individuels et locaux. Tout d’abord, au vu du confinement actuel, nous vous encourageons, si vous avez la possibilité de sortir pour faire des courses (donc si vous n’êtes pas considéré-e comme une personne à risque, que vous ne présentez pas de symptômes et que vous n’avez été en contact avec une personne atteinte du Covid-19), de proposer votre aide à votre voisinage. Nous avons mis à disposition sur notre site un modèle d’annonce qui peut être affiché dans votre immeuble pour cela. L’entraide sociale à l’échelle d’un immeuble, d’un quartier ou d’une ville, que nous défendons depuis toujours, prend toute son ampleur à l’heure actuelle.

Un autre moyen de continuer d’appliquer nos valeurs en cette période de confinement est de soutenir nos artisans locaux qui se démènent pour trouver des solutions à la fois pour assurer notre approvisionnement sans que nous ayons à prendre le risque de sortir si ce n’est pas nécessaire, mais également pour assurer leur survie financière. Ainsi, de plus en plus de maraîchères et maraîchers, fromagères et fromagers, boulangères et boulangers, brasseuses et brasseurs, tout type d’artisans du goûts, mais aussi des producteurs de plantons ou de semis, mettent en place, en urgence, des systèmes de livraisons à domicile avec commandes sur internet ou par téléphone. Ces moyens nous permettent de continuer de pouvoir consommer des produits frais, locaux, le plus souvent bios, tout en assurant aux artisanes et artisans des revenus qui couvriront un peu l’énorme manque à gagner qui va affecter toute notre économie locale, dû notamment à la fermeture des marchés et des restaurants.

Plutôt que de réaliser nous-même une nouvelle liste de ces artisan-e-s à qui vous pouvez passer commande, nous vous encourageons à consulter celle réalisée par Lausanne à Table déjà très complète, et qui peut être complétée par un message à info@lausanneatable.ch. C’est en faisant fonctionner nos réseaux et en mettant en commun nos connaissances que nous assurerons tant la pérennité de ces distribution, que la continuité d’aliments sain et locaux dans nos assiettes.

Car malgré le confinement, qui a eu raison de nos traditionnelles distributions de fruits et légumes de saison, il reste indispensable de continuer à manger de saison et local, non seulement pour assurer la survie de nos artisan-e-s, mais également pour consommer les aliments les plus riches en nutriments, à même de renforcer notre système immunitaire.

Par gourmandise et pour vous inciter dans ce sens, nous vous transmettons la recette de saison qui devait être distribuée avec nos fruits et légumes. N’hésitez pas à la réaliser en commandant les produits grâce à l’annuaire ci-dessus, et à nous envoyer vos photos de plats sur nos réseaux sociaux !

Prenez soin de vous et de vos proche, restez à la maison tout en mangeant et buvant local !

Xavier Company

Feuille verte

Black Friday a encore frappé et c’est la planète qui a payé…

Depuis quelques années désormais, le dernier vendredi du mois de novembre se distingue dans nos contrées par l’appellation « Black Friday ». Cette habitude, car il ne s’agit nullement d’une tradition malgré ce que certain·e·s se plaisent à dire, nous vient d’outre-Atlantique.

Apparu au début des années 1950, le dernier vendredi du mois de novembre était un jour relativement calme d’un point de vue commercial, puisque les gens attendaient le mois de décembre pour commencer leurs achats de Noël. Dès lors, pour la grande distribution, le mois de novembre présentait en général des chiffres d’affaires peu réjouissants. Ainsi l’idée est arrivée de proposer des rabais conséquents durant ce vendredi vu qu’il marque en plus le début des périodes de Fêtes. Grâce aux nombreuses promotions, les chiffres rouges de novembre redevenaient noirs dans les livres de compte. Et Black Friday obtint ses lettres de noblesse : grâce à cette attraction du prix bas, les commerçants voyaient leur mois de novembre avec plus de « couleurs »…

Aujourd’hui, c’est la majorité des enseignes présentes en Europe qui a cédé à cette nouvelle opération commerciale et qui s’est également mis à raboter les prix pour attirer les client·e·s.

En soi, qui pourrait s’offusquer de devoir moins payer pour un article qu’il/elle souhaite ? Personne. Nous, toutes et tous, devons tenir un budget et chacun·e a envie (voir besoin) de se faire plaisir, de s’accorder un cadeau, un geste pour se conforter dans la routine de nos vies quotidiennes. Même si désormais, les soldes ne sont plus réglementées et qu’on trouve du prix rouge à longueur d’année, on ne va pas renoncer à un p’tit rabais supplémentaire… Toujours mieux dans sa poche que dans celle du commerçant… Ou pas !

Cependant, la réalité est toute autre : de nombreuses preuves ont été fournies sur les agissements des enseignes durant ces périodes. Les prix sont très souvent augmentés juste avant pour accorder ensuite des rabais qui sont totalement faux, étant donné que le prix initial a été manipulé. Il y a peu, en Suisse, un cas a été dénoncé dans un magasin de sport. Le magasin a répondu qu’il s’agissait certainement d’une erreur de l’équipe de vente. Au final, il a été condamné à une amende dérisoire, et l’affaire est classée. Merci beaucoup, M’sieurs, Dames, au suivant !

Donc finalement, à quoi rime ce Black Friday : des prix manipulés, des client·e·s trompé·e·s et des ressources exploitées en vain…

Et ce n’est pas le seul gaspillage à considérer : outre les nombreuses ressources naturelles qui doivent être utilisées pour nourrir les rayons des magasins, ou les pages des shops en ligne, est-ce que l’on prend véritablement la mesure des impacts écologiques que toutes ces marchandises produisent ? Combien d’avions, de bateaux et autres frets supplémentaires sont nécessaires pour qu’au bout de la chaîne se trouve un coup de stylo rouge ? Alors qu’on essaie de trouver des solutions pour diminuer nos émissions de CO2, on en vient à réduire ces efforts à néant, juste pour assouvir la soif de vente d’une poignée de commerçants…

Objectivement, aujourd’hui, en tout cas sous nos latitudes, la seule chose que Black Friday représente vraiment, c’est le mépris.

Le mépris pour les consommatrices et les consommateurs qui croient acheter à meilleur prix mais qui finalement se font complètement duper.

Le mépris pour les équipes de vente qui se trouvent confrontées à un stress et à un rythme de travail effréné juste avant la folie des Fêtes.

Le mépris pour nos ressources naturelles qui sont exploitées pour fournir des biens de (sur)consommation dont personne n’a vraiment besoin mais dont de gros budgets publicitaires nous font croire qu’ils sont indispensables.

Et finalement, le mépris pour les artisan·e·s qui essaient de préserver la valeur de leur travail et se trouvent exclus du circuit commercial car il leur est impossible de s’aligner sur ces prix dévalorisés.

Arriverons-nous à limiter notre frénésie de consommation qui n’enrichit que quelques actionnaires et attribuer leur juste valeur aux ressources naturelles qui s’épuisent?

Keko Razzano

Lausanne

Consommer local et durable à Noël : c’est possible !

Les Verts lausannois ont à cœur de promouvoir le commerce durable, local et la consommation mesurée, d’autant plus en cette période des fêtes de fin d’année. C’est pourquoi, comme chaque année, nos militant·e·s sensibilisent les acheteurs lors des nocturnes lausannois et réitérerons l’opération ce vendredi 21 décembre de 18h à 19h. Le but est d’attirer l’attention des personnes préparant leurs cadeaux de Noël sur la nécessité de privilégier des achats durables (si possible grâce aux labels qui existent) et locaux, en évitant autant que possible la surconsommation irréfléchie.

Après Halloween et le désormais incontournable « Black Friday », les vitrines de notre ville arborent depuis plusieurs semaines les signes de Noël, nous invitant aux achats des cadeaux les plus variés, tant dans leur utilité, que dans leur provenance. Loin de vouloir priver les Lausannoises et Lausannois des fêtes de fin d’année, les Verts souhaitent plutôt amener les acheteurs, dans leur dernier « rush » de fin d’année, à penser durable au moment de leurs achats.

En effet, que ce soit pour préparer un repas pour toute la famille, y mettre une touche de fête, prévoir assez pour tout le monde, puis avoir un cadeau pour chaque cousin, cousine, parent, enfant, Noël incarne plus que toute autre période de l’année la dérive générale vers la surconsommation. Alors que les fêtes de fin d’année ont une signification autre (religieuse ou non), basée sur le partage, les retrouvailles et l’échange, elles ont été récupérées par des stratégies commerciales et sont désormais le lieu de la surenchère, sans nécessairement réfléchir (alors que nous le ferions dans d’autres circonstances d’achat) à la provenance, la méthode de fabrication, la durée de vie ou l’impact global de l’objet ou de l’aliment en question.

C’est au contraire à ce moment-là, alors que nous voulons offrir pour « faire plaisir », que des achats éthiques et respectueux de l’environnement prennent tout leur sens. C’est pourquoi chaque année, nous descendons à la rencontre des Lausannoises et Lausannois, durant les nocturnes, pour les sensibiliser et attirer leur attention sur les éléments principaux à prendre en compte au moment des achats (dans quelles conditions l’objet a-t-il été fabriqué, de quels matériaux est-il constitué, quelle est sa durée de vie, etc.). C’est une bonne occasion pour des discussions intéressantes et constructives, et pour aller à la rencontre de la population une dernière fois avant la fin de l’année. Nous y serons encore vendredi soir, de 18h00 à 19h00, au centre-ville (départ de la Place de la Palud) !