Intervention communale, Lausanne

Réaménagement de l’avenue du Grey et ses environs : quelle priorité et quelle planification ?

Dans cette interpellation du 11 février 2016, les Verts Sophie Michaud Gigon et Valery Beaud interpellent la Municipalité sur ses priorités et la planification qu’elle prévoit pour l’avenue du Grey et ses environs, notamment la place des Bergières.

Les éléments-clés en sont: une réflexion globale de cet espace de ville pour diminuer la coupure que représente la pénétrante urbaine du Grey et favoriser la connexion entre Beaulieu et la Maison du Désert, une démarche participative pour développer une place des Bergières conviviale, ainsi qu’ un timing et un montant adéquats au plan des investissements afin d’assurer une cohérence entre les chantiers.

L’armature générale de notre ville voit se dégager plusieurs centralités à Lausanne : le Centre, Chailly, Grancy-Cour, les Bergières, etc. Les Bergières, avec son mini-campus scolaire et parascolaire et son complexe commercial, drainent un grand bassin de population. Depuis 30 ans, les associations du quartier dessinent la centralité du quartier sur la place du village. Depuis 10 ans, le Conseil communal soutient la création d’une place de rencontre conviviale. La Municipalité a manqué jusqu’ici de levier auprès des propriétaires fonciers pour qu’une place des Bergières puisse voir le jour. Devant le souhait de la Migros (propriétaire) de densifier sa parcelle, la Municipalité a ouvert un plan de quartier pour cette parcelle en insistant pour la création d’une place des Bergières. Pour l’instant, il ne s’agit que de la parcelle de la Migros, on espère que la démarche fera tache d’huile et que les habitants pourront jouir d’une belle place de rencontre conviviale dans quelques années.

Ce quartier densément peuplé est par ailleurs fortement marqué par la présence de l’Avenue du Grey. Cette pénétrante urbaine comme on les faisait dans les années 60 coupe le quartier en deux et représente un véritable défi en terme d’urbanisme et de vivre ensemble. Il faut réduire sa largeur, modérer son trafic et rendre à cet espace une taille humaine. On peut adapter cet axe sans pour autant lui enlever sa fonction d’entrée dans la ville. Le flux de voitures ne diminuera certainement pas avec l’implantation de l’écoquartier des Plaine-du-Loups ni d’ailleurs avec un réaménagement de l’avenue du Grey mais cet axe peut faire partie du quartier plutôt que de le diviser. Les associations relaient depuis plusieurs années les besoins de transversales en mobilité douce entre les deux parties. Le PDCom mentionne des promenades paysagères perpendiculaires à l’av. du Grey. Ce besoin de lien dans le quartier est rendu encore plus urgent avec la création de la maison de quartier du Désert (printemps 2017) et avec l’implantation de l’écoquartier. La bonne intégration et acceptation de ce nouveau quartier de plus de 12’000 habitants et emplois passe en effet par un lien urbanistique entre les anciens et le nouveau quartier.

Afin que l’écoquartier s’intègre dans la ville et que la densification éventuelle sur la parcelle de la Migros recèle aussi une plus-value pour les habitants, ceux-ci doivent sentir l’équité qui prévaut dans les choix de la Municipalité et se rendre compte que la vision urbanistique a du sens et que les autorités agissent avec une vision d’ensemble cohérente et juste. La ville des habitants est une ville fonctionnelle et non une ville de parcelles.

La Municipalité n’a malheureusement jamais fait du réaménagement de l’avenue du Grey sa priorité, elle l’a même repoussé à plusieurs reprises dans le plan des investissements. Pourtant il s’agit bien d’une priorité lausannoise qui révèle un caractère urgent. Cette interpellation relaie une inquiétude relative à la planification globale de ce bout de ville. Ainsi, nous posons les questions suivantes à la Municipalité :

  • Quelles sont les intentions du propriétaire et de la Municipalité concernant le plan de quartier en cours d’élaboration sur la parcelle de la Migros des Bergières ?
  • Connaissant l’historique et le lourd passif d’opposition visant des projets de densification dans le quartier (dernier en date la campagne des Bergières), par quel genre de démarche participative la Municipalité entend-elle associer la population au nouveau plan de quartier ?
  • Quel est le calendrier du plan de quartier et de la démarche participative qui en ferait partie?
  • Sachant que le plan des investissements prévoit un réaménagement du bas de l’avenue du Grey (dans le prolongement de celui effectué sur la partie supérieure)en 2021 seulement, comment la Municipalité entend-elle faire coïncider et coordonner cette étape avec celle de l’aménagement d’une place des Bergières ?
  • Plus globalement, comment la Municipalité planifie-t-elle un ensemble cohérent à cet endroit?
  • Une réflexion plus générale sur les connexions du quartier au travers de l’Avenue du Grey est-elle prévue dans un horizon proche ? Le cas échéant, sur quels études spécifiques et savoirs d’usage la Municipalité entend-elle s’appuyer afin de développer cet axe Est-Ouest entre Beaulieu et le Désert?
  • Une étude étant nécessaire afin de repenser à plus long terme un réaménagement complet et ambitieux de l’Avenue du Grey, de façon participative et en intégrant les acteurs du quartier, la Municipalité peut-elle nous informer de ses intentions et du calendrier à ce sujet ?
Intervention communale, Lausanne

Qualité de vie en ville : pour une vraie place des Bergières (intervention au Conseil communal)

Rapport-préavis N°2014/43
Réponse au postulat de Mme Sophie Michaud Gigon « Qualité de vie en ville : pour une vraie place des Bergières »

La place des Bergières est une relique de l’urbanisme des années 60-70, du tout à la voiture et d’une vision de l’espace public où l’être humain, la rencontre, la détente et le vivre ensemble n’existent pas. C’est un vide, purement fonctionnel, où les gens passent pour aller faire leurs courses.

C’est justement parce qu’il y a de nombreux commerces de première nécessité et des services qu’autant de gens viennent aux Bergières.

Ainsi depuis une décennie, différents Conseillers communaux, dont j’espère être la digne héritière, ont demandé à la Municipalité de réaménager cet endroit pour en faire une vraie place de quartier en l’habillant d’un manteau moderne, humain et harmonieux.

Les acteurs et associations du quartier aussi sont actifs depuis plusieurs années, ils cherchent à diminuer l’impact de l’avenue du Grey, à rendre l’espace partagé convivial et à encourager les habitants à s’approprier cet espace. Dans ce sens, Les Verts et l’Espace 44 ont lancé un concours de dessin auquel la population a participé et dont l’exposition se termine le 30 novembre. Elle a vu être primés les dessins des enfants, des adolescents et des adultes les plus inspirants.

En lisant la réponse de la Municipalité à mon postulat, je ne vous cache pas avoir été déçue : on ne lit aucune réelle volonté de faire aboutir un projet de place et on ne voit pas si des négociations ont réellement eu lieu avec les propriétaires du terrain ; il est dit que le carrefour sera réaménagé mais on ne comprend pas en quoi un carrefour, même réaménagé, pourrait remplir une fonction de place. En bref, on percevait l’expression d’une certaine impuissance dans le rapport-préavis et le Municipal des Travaux a été franc avec nous à ce sujet. En outre, en voyant le plan des investissements reléguer à plusieurs reprises les travaux du bas de l’avenue du Grey à des jours meilleurs, nous étions nombreux à regretter le peu d’engagement de la Municipalité in corpore dans ce coin de ville.

Tout ceci explique l’amendement adopté par la commission dans la conclusion : rajouter « partielle » à « réponse » obligera la Municipalité à revenir sur le dossier.

Aujourd’hui, un plan de quartier a été ouvert par la Municipalité sur la demande de la Migros. C’est une belle nouvelle qui permet d’entrevoir l’aménagement d’une place. Je continuerai avec les Verts à m’engager dans ce sens.

Après mûres réflexions, il me semble opportun de soutenir la conclusion de ce rapport telle qu’amendée pour les raisons suivantes :

Premièrement, si le plan de quartier était retiré par la Municipalité ultérieurement comme cela a été le cas avec le projet de la campagne des Bergières sous la pression populaire, on se retrouverait au stade zéro.

Deuxièmement, et ceci dans une perspective à long terme, si Axa avec qui la Ville est actuellement en litige suite à la suspension dudit projet de la campagne des Bergières pouvait collaborer aussi à l’amélioration de l’espace public, alors toute la surface bétonnée par le parking pourrait avoir un autre visage et ce serait un beau pas en avant vers davantage de qualité de vie.

Pour finir, en maintenant cet amendement, cela permettra à la Municipalité de répondre à mon postulat pour une véritable place des Bergières lors du futur rapport-préavis sur le plan de quartier nouvellement ouvert.

Lausanne

Concours Quelle place des Bergières voulons-nous?

Discours de Sophie Michaud Gigon à l’occasion du vernissage de l’exposition de dessins

 

Bonjour à tous,

Lorsque j’ai commencé le Conseil communal il y a 8 ans, ma première commission a été consacrée au traitement du postulat Truan qui demandait un pôle de quartier pour les Bergières.

Devant le peu de résultats, les membres de la commission ad hoc avons décidé de déposer un postulat interpartis. C’était en 2008.

Je suis habitante du quartier, donc observatrice et utilisatrice au quotidien de cet endroit et je suis Conseillère communale verte. Pour les Verts, la qualité de vie et la qualité de ville vont de pair et c’est évident que je n’allais pas me contenter de ce semblant de semi-parking bétonné comme place de village.

J’ai continué à faire pression pour que la Municipalité s’occupe de cet endroit mais le seul levier qu’elle voyait était un réaménagement du bas de l’avenue du Grey agendé à début 2020.

J’ai alors en février 2011 déposé une motion demandant que la Municipalité entreprenne d’autres démarches, soit plus proactive envers les propriétaires, passe des accords : bref, s’engage pour que cet endroit devienne une jolie place où il fait bon vivre !

Aujourd’hui, la Migros voulant construire en hauteur et réaménager son entrée, une brèche s’ouvre pour une placette de village. Via un nouveau plan de quartier, la Ville va pouvoir travailler dans ce sens et enfin répondre positivement à ma motion d’alors.

Afin que le démarche ne reste pas confinée au Conseil communal et au politique ou à l’associatif, mais que les habitants du quartier s’approprient déjà leur future place, nous avons lancé ce concours de dessin avec l’Espace 44. L’espace 44, c’est la plaque tournante du quartier, c’est tout naturellement que nous avons joint nos forces et que , je l’espère, nous continuerons à collaborer. L’idée du concours m’a tout de suite séduite parce que cela donnait du temps aux habitants de tous les âges et nous permettait d’amorcer une démarche participative informelle. Avant de concrétiser les choses, il faut un moment pour les rêver. C’est ce que nous avons voulu ici.

J’ai été touchée par les résultats, que Carole nous commentera, parce qu’il y avait tellement de belles idées, d’idées vertes, d’idées follettes. J’espère donc aussi que les autorités et les propriétaires se rendront compte de cette richesse et auront envie aussi de réaliser une place de quartier où il fait bon vivre.

Nous avons invité les acteurs du quartier ainsi que la Municipalité pour ce vernissage. M. Junod nous a fait l’amitié de venir nous encourager et c’est avec plaisir que je lui passe la parole.

Merci de votre présence, de votre participation et merci de votre soutien. Vivent les Bergières !

Intervention communale, Lausanne

Qualité de vie en ville : pour une vraie place des Bergières (postulat)

 

 

Le pôle des Bergières comprend des grandes surfaces d’alimentation (Migros, Coop), Swisscom, la BCV, la poste, des pharmacies, une brasserie. Bref, c’est une véritable place de village. Ou plutôt, cela pourrait être une place de village rêvée pour des milliers d’habitants qui transitent chaque jour par ce lieu et qui viennent des quartiers très peuplés du Grey, des Bossons, de Maillefer, du Bois-Gentil, de la Pontaise, de l’avenue de Beaulieu. Ils transitent, draînés par ce pôle urbain de services et s’arrêteraient volontiers sur un banc manger leur pic-nic de midi ou se reposer après ou avant leurs achats. L’école des Bergières adjacente au lieu accueille chaque jour plus d’un millier d’élèves. Ils s’assoient sur le goudron, entre les voitures Mobility et les camions de livraison, alors qu’ils pourraient le faire sur une place de ville.

La nécessité d’une place de rencontre n’a pas été remise en question lors des réponses aux initiatives précédentes. Seule la propriété du sol en mains privées fait obstacle à une réalisation concrète.

En effet, le terrain appartient à Migros et Winterthur Assurances. La Ville possède une partie du terrain au bord de la route et celui qui correspond à l’axe routier. Cet axe est surdimensionné, comme cela se faisait dans les années 60 et 70 au nom du « tout à la voiture ». Le contingent de places de parc est également surdimensionné. Aujourd’hui, ce ne serait plus possible aux propriétaires d’obtenir autant de surface en places de parc. Mais justement, c’est un droit acquis.

Si les négociations avec les propriétaires n’ont pas porté leurs fruits et si l’expropriation n’est pas sérieusement envisageable, que nous reste-t-il comme solution pour prendre en main cet endroit et en faire un lieu de rencontre pour les habitants ? Dans ces réponses aux précédentes initiatives (motion et postulat Truan), la direction des Travaux nous apprend qu’une solution réside dans le réaménagement de l’avenue du Grey. Cependant, le plan des investissements 2011-2014 ne mentionne pas ces travaux. Le plan 2016 non plus. Il paraît que ce serait en 2021…

A ce stade, nous avons le choix entre les pistes suivantes :

–   garder la même enveloppe financière et faire des choix en changeant les priorités dans les travaux de la Ville (Peut-on retarder des réfections de tronçons de routes ? D’autres réaménagements concernant moins de personnes peuvent-ils souffrir une attente ?)

–   voter un crédit supplémentaire.

–   réviser le ppa 548 et proposer de nouveaux droits à bâtir en échange d’une place publique (servitude d’usage). Les négociations pourraient être reprises avec de nouveaux arguments.

Une séance de commission nous permettra de cerner les propositions les plus réalistes et de nous faire une opinion sur la meilleure voie à suivre.

En résumé, je demande par la présente motion que la Municipalité rende possible la réalisation à court terme d’une vraie place des Bergières.

Sophie Michaud Gigon