Intervention communale, Lausanne, Selsa Maadi

Une mise en place de stands alimentaires éparses à défaut de marché réduit ?

Question écrite

Lors de sa séance du 9 avril dernier, le Conseil d’Etat a décidé d’interdire la tenue des marchés lausannois dans leur forme « réduite » alors que toutes les mesures avaient été prises par la Commune de Lausanne pour assurer le respect des normes fédérales et exigences de l’OFSP – dont un nombre très réduit de stands et des contrôles renforcés.

Si au niveau fédéral, l’art. 6, al. 2, let. a de l’ordonnance 2 Covid-19 interdit la tenue de marchés jusqu’à nouvel avis, le Rapport explicatif y relatif précise que la tenue de stands de denrées alimentaires est autorisée pour autant qu’ils soient exploités seuls : « Un stand isolé vendant de la nourriture est considéré comme un magasin d’alimentation et peut donc rester ouvert, contrairement aux marchés alimentaires, pour autant qu’il soit possible de respecter les règles en matière de distance. Cependant, un seul stand isolé de nourriture peut être dressé sur une place de marché ou sur une autre place ».

Pourtant, dans sa directive, le Conseil d’Etat va plus loin et exige qu’un seul stand soit monté sans concomitance de lieu, de date et d’horaire avec d’autres stands de denrées alimentaires isolés, au bénéfice d’une même autorisation communale. En ce sens, et conformément au bref avis de droit joint à la présente, l’interprétation du Conseil d’Etat nous paraît trop restrictive.

Cela étant, et dans tous les cas, les Vert·e·s lausannois·es souhaitent que la municipalité étudie la possibilité d’ouvrir des stands de façon suffisamment espacée – cas échéant, et si l’on suit temporairement l’interprétation restrictive du Conseil d’Etat, sous la forme d’un seul stand par quartier et par jour, du lundi au samedi, notamment aux emplacements suivants : Place de la Riponne, Place de la Palud, Saint-Laurent (future Place du 14 juin), rue de l’Ale, Place de la Sallaz, Place Saint-Francois, Rue de Bourg, Place de l’Europe, Place Bel-Air, Place Chauderon, Avenue de France, avenue du Grey, et Grancy, ainsi que dans les quartier hors Centre-Ville, avec un tournus quotidien des maraîchères et maraîchers présent-e-s en fonction de leurs possibilités et volontés d’y participer. Ceci en respectant toutes les règles de distanciation et d’hygiène en vigueur, comme la Confédération l’y autorise et semble également l’envisager le ministre de l’économie Philippe Leuba (24heures – 09.04.2020). L’ouverture ne vise en aucun cas à alléger le confinement, les règles de maintien de la distance de 2 mètres entre les client·e·s doivent être particulièrement respectées et contrôlées.

Outre le fait que cette ouverture très réduite permettrait le respect des exigences fédérales d’isolation des stands, les avantages sont multiples :

  1. Pour les citoyens :
  2. Cette mesure permet de diversifier les points de vente et d’éviter ainsi aux citoyens de s’agglutiner dans les rayons des grandes surfaces où les distances sociales sont plus difficiles à respecter qu’en plein air.
  3. Cela permet au citoyen·ne de trouver une offre de produits frais et locaux à proximité de chez lui et d’avoir donc moins à se déplacer en ces temps de confinement.
  • Pour les maraîchers :
  • En effectuant un tournus des maraîchers·ères du lundi au samedi, une ouverture telle que proposée permettrait aux habitants de les soutenir en les faisant profiter des rentrées financières liées à la vente de leurs produits, tout en étant équitable envers chacun. Cela leur évite également de devoir jeter leurs denrées périssables.
  • Enfin, la mesure vise à rectifier une iniquité de traitement vis-à-vis des magasins d’alimentation qui sont quant à eux restés ouverts en permanence.

Fondé-e-s sur ce qui précède, les Vert·e·s lausannois·es posent donc les questions suivantes à la Municipalité :

  1. La Municipalité entend-elle contester l’approche du Conseil d’Etat vaudois s’agissant de l’interdiction de tenir des marchés en leur forme « réduite », notamment au regard du bref avis de droit joint à la présente ?
  2. La Municipalité entend-elle étudier l’opportunité, malgré les limitations imposées au niveau cantonal, d’organiser la tenue de stands alimentaires par des maraîchers·ères de la région en les répartissant de façon isolée, soit un stand par secteur ou quartier, dans toute la ville, quotidiennement ?  
  3. Enfin, la Municipalité prévoit-elle des mesures spécifiques, par exemple un soutien financier ou organisationnel, destinées aux productrices et producteurs qui, en temps normal, vendent leurs produits frais et locaux chaque semaine dans les différents marchés de la Ville ?

Selsabil Maadi, David Raedler, Sima Dakkus, Xavier Company, Anne Berguerand, Sara Gnoni

Avis de droit – Ordonnance 2 COVID-19 aux marchés et stands alimentaires

Lausanne

Interdiction du marché réduit par le Conseil d’Etat: une décision incompréhensible et contre-productive

Les Vert·e·s lausannois·es ont appris ce jour que le Conseil d’Etat
avait décidé d’interdire la tenue des marchés lausannois dans leur forme
« réduite ». Alors que toutes les mesures avaient été prises par la
Commune de Lausanne pour assurer le respect des normes fédérales et
exigences de l’OFSP – dont un nombre très réduit de stands et des
contrôles renforcés – cette décision est parfaitement incompréhensible.
Elle constitue également un nouveau coup-dur pour les maraichères et
maraichers, qui espéraient ainsi renouer avec quelques rentrées
financières.

Les Vert·e·s lausannois·es avaient salué la décision prise par la
Municipalité de Lausanne le 7 avril dernier de rouvrir certains stands
des marchés alimentaires sous une forme « réduite ». Cela était
nécessaire afin de permettre à la fois aux Lausannoises et Lausannois de
retrouver un accès facile et régulier aux fruits et légumes locaux, et
aux maraichers de pouvoir retrouver une source de revenus essentielle.
Pensée sous une forme très limitée, cette ouverture était restreinte aux
seuls fruits et légumes – soit 30 stands sur les 160 habituels. Des
contrôles renforcés étaient aussi prévus.

Or, par la décision de ce jour, le Conseil d’Etat interdit ces stands,
au motif que cela ne serait pas compatible avec le droit fédéral. Les
Vert·e·s lausannois·es soulignent fermement que cette décision est non
seulement incompréhensible, mais aussi contre-productive et non-conforme
au droit fédéral.

•       Incompréhensible, car par une ouverture restreinte aux fruits et
légumes, le nombre de stands aurait été très réduit, ce qui aurait
permis de respecter tous les impératifs de l’OFSP ainsi que les
exigences fédérales, notamment d’isolation des stands ;

•       Contre-productive, car par cette interdiction, le Conseil d’Etat prive
les maraichères et maraichers d’une source importante de revenus,
complique la possibilité de se fournir en denrées alimentaires locales
et augmente encore le nombre de personnes se rendant dans les
grandes-surfaces, au risque de tempérer le respect des impératifs de
l’OFSP ;

•       Non-conforme au droit fédéral, car le Conseil fédéral a lui-même
nouvellement explicité dans son Rapport explicatif concernant
l’Ordonnance 2 COVID-19 « qu’un stand isolé vendant de la nourriture est
considéré comme un magasin d’alimentation et peut donc rester ouvert,
contrairement aux marchés alimentaires, pour autant qu’il soit possible
de respecter les règles en matière de distance. Cependant, un seul stand
isolé de nourriture peut être dressé sur une place de marché ou sur une
autre place. ». Or, la tenue des stands alimentaires à Lausanne aurait
réalisé cette condition, dans la mesure où seuls 30 stands étaient au
total concernés sur les 160 stands habituellement ouverts. Tant le
caractère « isolé » des stands que le respect des normes de l’OFSP
auraient ainsi pu être garantis. En exigeant l’absence d’une «
concomitance de lieu, date et horaire », le Conseil d’Etat dépasse le
cadre du droit fédéral.

Les Vert·e·s lausannois·es invitent la Municipalité à adapter au
plus-vite son plan de réouverture des stands alimentaires, cas échéant
en précisant au Conseil d’Etat le caractère suffisamment isolé des
stands et les mesures de contrôle prises. Et espèrent que le Conseil
d’Etat respectera alors le droit fédéral.

Intervention communale, Lausanne, Ngoc Huy Ho

Statut des food trucks

Rapport-préavis No 2018/06 : Réponse au postulat de M. Claude-Alain Voiblet « Food Truck, quel statut pour ces restaurants sur roulettes ? »

Malgré les explications du rapport préavis sur le cadre légal entourant l’exploitation d’un food truck sur la commune de Lausanne, il reste des zones d’ombre à éclaircir. En effet, il semblerait qu’il n’existe à l’heure actuelle aucune base légale au sujet des food trucks sur le domaine public lausannois. Dès lors, certains problèmes d’égalité de traitement pourraient apparaître notamment lors des appels d’offres.  Par exemple, si un candidat, pour une raison ou une autre, n’est pas retenu, il pourrait faire opposition à cette décision et obtenir gain de cause car les critères de sélection ne sont pas inscrits dans un règlement spécifique. 

Ce vide juridique pourrait notamment être comblé par un complément au règlement des marchés alimentaires “classiques”.

Néanmoins, le groupe des Verts acceptera la réponse de la Municipalité à ce postulat, mais souhaiterait qu’un cadre juridique clair et précis soit donné aux food trucks sur le domaine public, avec une prise en compte des critères de durabilité pour la gestion des déchets et l’utilisation de produits, si possible, locaux et de saison.

Ngoc Huy Ho

Intervention communale, Sara Gnoni

Plus de bio régional

Intervention

Chèr-e-s collègues,

Le Groupe des Verts est très attentif à la manière dont sont produits les aliments tant pour leur impact sur les sols, la faune et la flore, tant sur la santé. Et d’autant plus qu’il s’agit ici de la santé de nos enfants, ceux qui bénéficient de un ou plusieurs repas par jour servis par une des infrastructure de la ville. Comme je l’avais relevé lors de l’intervention sur les perturbateurs endocriniens, une partie importante de l’absorption se fait par l’alimentation, entre autres en mangeant de la nourriture qui contient des pesticides et les enfants sont une population particulièrement sensible aux effets de ces substances.

C’est pour cela qu’en 2014 nous avons accueilli avec enthousiasme le préavis 2014/36 qui présentait un plan d’action de la restauration collective à la hauteur de l’enjeu : porter à 70% la part des produits locaux dans les CVE subventionnées ou non ET privilégier le Bio lorsque ceux-ci sont disponibles dans l’offre locale, donc pour la plupart des produits de saison c’est le cas, ceux-ci étant disponibles en Bio chez les producteurs de la région. Le préavis demandait également de développer des relations directes avec les producteurs de la région, ce qui avait été développé avec la PBL. Ce conseil a donc consenti à un Crédit de CHF 324’500.- par an, prélevées dans le FDD pendant 3 ans, période pendant laquelle la Ville lançait un projet pilote pour mettre en place ces objectifs et couvrir le surcoût de 25ct par repas que pouvait engendrer la préférence pour le Bio Local par rapport au conventionnel.

Nous tenons à souligner que ces objectifs étaient déjà pour la plupart atteints, car l’on s’était basés sur des études de Beelong pour rédiger les objectifs du préavis : à cet effet 6 CVE avaient été analysées et la part du local était déjà de près de 70% et la part du Bio de près de 30%. Or, lors de la présentation du bilan partiel du plan de restauration collective que nous avons retrouvé sur nos tables il y a quelques mois et que nous avons pu découvrir ici en bas au Forum de l’hôtel de Ville nous constatons que la part du local est uniquement de 55% et la part du Bio de 3% uniquement, le 70% de produits locaux étant devenus produits labellisés. De plus, depuis la faillite de la PBL, les cuisiniers se retrouvent à commander chacun dans leur coin, auprès de divers producteurs, sans aucune centralisation, ce qui est totalement inefficace, chronophage, évidemment plus couteux et demandant plus de transports. Pendant la commission, les explications sur la non atteinte des objectifs du préavis sont restées assez floues et en se reposant sur le fait qu’il n’existe pas assez de Bio régional. Comment expliquer alors qu’avant nous y arrivions ?

Il reste beaucoup de questions ouvertes à ce stade à propos de la politique de restauration collective de notre Ville : pourquoi faisons-nous beaucoup moins bien que nous faisions il y 5 ans, alors que nous avons alloué plus de moyens financiers ? Quelles alternatives ont été et sont évaluées pour remplacer la PBL ? A quelle date nous sera remis le bilan des trois ans du projet pilote ? La ferme de Rovéréaz, dont l’équipe de bénévoles commence maintenant à s’essoufler, pourrait remplir ce rôle de centrale de distribution des produits de la région aux CVE de la Ville ? Comment ont été utilisés les crédits significatifs prélevés dans le FDD ? Et encore beaucoup d’autres auxquelles nous aimerions avoir des réponses

Le postulat de Monsieur Dupuis, demande donc de respecter fidèlement les objectifs du préavis et de mettre en place les mesures nécessaires pour ce faire. Nous vous invitons par conséquent à accepter la prise en compte de ce postulat afin que nous mettions enfin en oeuvre notre politique ambitieuse et respectueuse de l’environnement et de la santé de nos enfants  et qui soutienne les agriculteurs locaux et vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre en évitant de faire venir des produits de loin ou en les faisant transformer à l’autre bout de la Suisse.

Sara Gnoni

Intervention communale, Lausanne

Un marché culinaire pour Lausanne

Postulat

Un marché culinaire pour Lausanne – un accent sur une alimentation de qualité pour toutes et tous

Ce postulat vise la création d’un marché culinaire à Lausanne, mettant en avant la grande culture culinaire de Lausanne, promouvant l’importance d’une alimentation «faite maison» et offrant aux Lausannoises et Lausannois un lieu convivial pour se retrouver autour d’une assiette ou d’un verre.

Contexte

Les frimas de l’hiver venant et les terrasses fermant, beaucoup de Lausannoises et de Lausannois se voient limités dans les opportunités pour se retrouver autour d’une assiette ou d’un verre. Celles et ceux ne souhaitant pas forcément se rendre au restaurant – pour des raisons de goût ou de budget – ne trouvent que peu d’alternatives au plat industriel mangé à sa place de travail. Les foodtrucks présents certains jours sur la Place de la Riponne rencontrent l’engouement des passants qui peuvent ainsi se sustenter sur le pouce de manière originale et diversifiée, mais ils restent en grande partie dépendants de la météo et limités dans la place disponible.

Ce constat se voit complété par l’observation qu’aucun véritable lieu n’existe à Lausanne pour promouvoir la culture et la diversité culinaire de la région lausannoise. Il s’agit pourtant là d’une caractéristique centrale de notre ville, qui met en avant la richesse de son patrimoine culinaire et viticole de nombreuses façons. Les historiques enchères des vins de Lausanne, les nombreux évènements de Lausanne à table que soutient financièrement la Ville ou encore la présence de l’Ecole Hôtelière de Lausanne ne sont que quelques-uns des éléments qui font de Lausanne la capitale gastronomique de la Suisse.

L’engouement de la population pour la culture gastronomique et culinaire régionale – et la découverte de nouvelles saveurs faites maison – s’est à nouveau manifestée très récemment suite à l’annulation du Comptoir Suisse de Beaulieu. Les alternatives proposées pour faire perdurer l’idée d’une manifestation sur le site de Beaulieu se sont toutes axées sur la promotion de l’alimentation locale et régionale. Là encore, tout démontre qu’il s’agit d’un intérêt central pour la population lausannoise et d’un sujet essentiel pour le rayonnement de notre cité. Nous nous réjouissons par ailleurs que la Municipalité envisage d’engager un-e délégué-e au patrimoine culinaire pour renforcer sa politique en la matière.

Car comparaison est parfois raison, il est utile de jeter un œil à ce qui se fait en la matière dans d’autres villes de Suisse. Le regard doit alors se diriger vers Bâle-Ville, qui a relancé en 2005 sa célèbre Markthalle en en faisant un lieu quasiment entièrement consacré à la découverte culinaire. On y trouve aujourd’hui pas moins d’une vingtaine de stands de nourriture et de boissons (y compris cafés et bars), tous inscrits dans une approche centrée sur le «fait maison», l’artisanal et en grande partie le local. Organisant également des évènements culturels, la Markthalle est un lieu particulièrement apprécié des Bâloises et Bâlois, ouvert du midi jusqu’en soirée. Londres ou Berlin offrent aussi de tels lieux de rencontre et de restauration simple. Ces lieux sont également très appréciés des touristes qui découvrent selon leur budget disponible des plats et des produits de chez nous dans une ambiance détendue.

Il est donc temps aujourd’hui de créer, à Lausanne, un lieu donnant aux Lausannoises et Lausannois l’opportunité de se retrouver autour de saveurs et variétés culinaires – en partie axées sur des produits et spécialités régionales. Ce lieu aurait également pour avantage de permettre aux producteurs, commerçants et restaurateurs de bénéficier d’un endroit innovant et différent de ce qui existe actuellement, afin de mettre en valeur leurs produits et services.

Une charte liée aux aliments et processus proposés dans le marché culinaire permettrait d’assurer le respect de certains critères essentiels, dont le « fait maison », l’origine locale de l’essentiel des produits ainsi que la limitation des déchets. Ce lieu pourrait également mettre à disposition quelques fours à micro-ondes permettant à celles et ceux préférant leur « propre fait maison » de néanmoins pouvoir en profiter en rejoignant leurs amis se fournissant aux stands. Les opportunités laissées libres par la disparition du Comptoir Suisse de Beaulieu appellent notamment un tel projet.

Demande

Nous demandons ainsi à la Municipalité d’étudier la faisabilité et l’opportunité d’un projet de marché culinaire à Lausanne, axé sur une offre diverse et répondant à plusieurs critères dont le « fait maison », l’existence de plusieurs stands régionaux, un accent particulier sur l’origine locale des aliments et une limitation maximale des déchets. Ce faisant, la Municipalité est invitée à s’inspirer notamment de la Martkhalle de Bâle-Ville et à étudier la possibilité de fonder un tel marché culinaire sur le site de Beaulieu.

David Raedler

Sophie Michaud Gigon

Daniel Dubas

Alice Genoud, Intervention communale, Lausanne

L’allaitement en milieu urbain

Intervention

Ce postulat part d’un constat : l’allaitement en milieu urbain peut être difficile et parfois laborieux. Pas de lieux dédiés et problèmes d’information (actuellement seulement un site internet qui met en avant les établissements qui ont un lieu pour l’allaitement) font que la Ville de Lausanne peut être un lieu compliqué pour les femmes voulant s’asseoir tranquillement pour allaiter des enfants, principalement en hiver. Pourtant des initiatives pourrait être facilement mise en place, que ce soit celle que je propose dans mon postulat (qui pour rappel est un réseau d’établissements volontaires – café, salles d’administrations, lieux publics, centres communautaires, magasins…- où les femmes ont la possibilité d’allaiter en toute sérénité. Souvent, aucun équipement supplémentaire n’est même nécessaire. Ces emplacements sont simplement répertoriés sur le site Internet de la ville et un autocollant sur la porte signale leur appartenance à ce programme).
Je profite de ce postulat pour parler aussi des questions de l’allaitement au niveau de l’administration. Aujourd’hui, la volonté de la Ville affiche clairement sa volonté d’aider les femmes à pouvoir allaiter tout en reprenant le travail, objectif extrêmement louable. Mais il se peut que la bonne volonté ne suffit pas forcément et il me semblerait, il nous semblerait judicieux de faire un bilan et de proposer d’éventuelles améliorations pour permettre une transition facile et agréable entre le congé maternité et la reprise du travail.
Ces deux demandes me semblant facilement réalisable et pourrait avoir des effets rapides pour une grande partie de la population lausannoise, je demande le renvoi directement en municipalité.

Alice Genoud

Intervention communale, Lausanne, Marie-Thérèse Sangra

Plus de repas chauds pour les élèves du secondaire au collège d’Entrebois?

Question orale

Plus de repas chauds pour les élèves du secondaire au collège d’Entrebois (Etablissement C.F. Ramuz)

Depuis plus de deux mois, le réfectoire d’Entrebois ne sert plus de repas chauds. Le motif avancé serait la constatation que les élèves de l’âge du secondaire (dès la 9ème S) ne consomment plus les repas proposés. Le service d’accueil de jour en conclut qu’une offre de restauration chaude n’est plus indispensable pour ces jeunes. Un sondage non représentatif auprès de quelques élèves montre plutôt que les repas proposés ne sont pas bons, mais qu’ils souhaiteraient pouvoir disposer de repas chauds à la cantine. A l’heure où la question de l’alimentation devient un enjeu majeur de nos sociétés, et que la malbouffe s’étend insidieusement un peu partout, la décision de supprimer la restauration chaude pour les ados dans certains établissements scolaires ne semble pas très heureuse.

Dans le but de promouvoir de bonnes habitudes alimentaires -en particulier à cette étape difficile de l’adolescence-, la Municipalité de Lausanne ne peut-elle pas dans les plus brefs délais rétablir un service de repas chauds au collège d’Entrebois qui soient attractifs pour nos adolescents ? Le réfectoire d’Entrebois pourrait jouer un rôle pilote dans la recherche de nouvelles pistes pour résoudre ce problème de santé publique.
Marie-Thérèse SANGRA

Intervention communale

Incinération des déchets alimentaires

Question orale

Dans le Matin Dimanche du 26 février, on a pu apprendre qu’un “lobby des usines d’incinération” cherche actuellement à torpiller l’initiative parlementaire de la conseillère nationale verte libérale Chevalley visant à lutter contre le gaspillage alimentaire. En Suisse, ce sont 2.3 millions de tonnes d’aliments qui sont jetés à la poubelle chaque année. Ces chiffres sont choquants – raison pour laquelle le Parlement a décidé de légiférer contre ce gaspillage – c’était sans compter la pression exercée entre autres par les usines d’incinération au Parlement.

D’où ma question, la Ville de Lausanne, en tant qu’actionnaire et membre du CA de Tridel et de Gedrel fait-elle partie de ce “lobby des usines d’incinération”, en a-t-elle eu connaissance? Partage-t-elle ses objectifs, à savoir que le gaspillage alimentaire est nécessaire car il permet de faire tourner nos usines d’incinération?

Gaëlle Lapique

Intervention communale, Lausanne

Quels critères de qualité pour les fournisseurs de viande?

Question

Il y a deux semaines, des vidéos et reportages dans les médias ont dénoncé plusieurs cas de maltraitance animale dans des élevages porçins vaudois. Quelques jours plus tard, Micarna et Bell, soit Migros et Coop, annonçaient mettre un terme à leurs relations commerciales avec l’éleveur incriminé. Qu’en est-il de la Ville de Lausanne? Quels critères de qualité applique-t-elle (elle-même ou ses sous-traitants) pour sélectionner ses fournisseurs de viande de porc? Répondent-ils tous à des labels type IP-Suisse ou bio? (question valable tant pour les restaurations scolaires, réceptions protocollaires, vernissages, etc)

Intervention communale

Le développement durable de Lausanne

Intervention Préavis 2015/43

Ce rapport-préavis est important. Pas seulement parce qu’il s’agit en quelque sorte du dernier étage d’une fusée allumée il y a des lustres par notre Syndic Daniel Brélaz et qui met en orbite la stratégie du développement durable de la Ville de Lausanne. Mais parce que cette stratégie illustre, plus que tout, une vision caractéristique des Verts : une vision qui englobe le long terme, qui prend en compte les influences à l’échelle mondiale et qui vise les équilibres systémiques.

Vous le savez, les Verts ne font pas de la politique de court terme, ils pensent sur le temps long. Que ce soit lié aux enjeux énergétiques, particulièrement mis en avant dans ce préavis, ou liés à la fertilité du sol ou la respirabilité de l’air, ou encore lié au vivre-ensemble et au renouvellement de pratiques culturelles, nous estimons qu’il y a des sacrifices à ne pas faire pour garantir la qualité de vie de nos descendants.

Ainsi, ce rapport-préavis vient compléter un précédent préavis sur ce thème, le numéro 2012/03, Politique communale en matière de développement durable. A l’époque, ce Conseil avait accepté ce préavis mais refusé la réponse partielle au postulat Perrin et les Verts avaient demandé que la Ville nous présente une véritable stratégie énonçant 1) les défis clés relatifs au développement durable identifiés pour notre Ville, 2) les objectifs généraux que notre Muni veut se donner, 3) les indicateurs et outils de monitoring nécessaires et enfin 4) le déploiement dans l’administration pour la mise en œuvre.

Nous avons la satisfaction de voir le rapport-préavis d’aujourd’hui accompagné de riches annexes qui remplissent les trois premiers points que nous avions demandés. Le quatrième, la mise en œuvre, reste un peu flou mais est déjà en cours, comme le décrit la nouvelle réponse au postulat Perrin.

Enfin, ce préavis aborde deux thèmes liés au développement durable : les réponses aux postulats Mayor sur l’alimentation et Felli sur l’adaptation aux changements climatiques. Le fait que ces réponses soient inclues dans ce rapport-préavis tient de l’opportunité davantage que d’une pratique généralisable, car à ce moment pourquoi ne pas y mettre le tram, les chauffage à distance et les éoliennes ? Ces sujets sont également liés au développement durable. Peu importe, au fond, nous nous intéresserons au contenu de ces réponses en temps utile lors de la discussion.

Pour l’heure, je peux annoncer que notre groupe approuvera ce rapport-préavis et accordera une importance particulière aux annexes, qui ne doivent pas être considérées comme un décor mais comme un véritable héritage qui devra être porté par la prochaine Municipalité. C’est l’héritage d’un homme et de toute une équipe dont les Verts saluent ce soir le travail accompli.

Discussion Mayor

Les Verts sont très attentifs à la qualité de l’alimentation. D’une part nous sommes ce que nous mangeons. D’autre part nous pouvons consommer le produit de notre planète, mais il ne faut pas consommer notre planète elle-même. Ces notions méritent réflexion dans notre société du fast-food, de la course aux prix les plus bas, d’obésité infantile, des suicides paysans, de Cassis de Dijon, de déforestation, de lasagnes au cheval et de torture animale dans les abattoirs.

Avec ce regard, comment voyons-nous la réponse de la Municipalité au postulat Mayor ? Plutôt bien ! Le plan stratégique de restauration collective durable qui nous est proposé nous satisfait en grande partie et nous donne l’occasion, une fois encore, de saluer le travail accompli sur cet aspect de la durabilité.

Nous constatons cependant que la réponse qui nous est donnée ne mentionne pas, ou alors de manière trop indirecte, quelques points précis relevés par Mme Mayor : il s’agit de 1) la prévention envers les boissons sucrées, 2) la lutte contre le gaspillage de nourriture, 3) la réduction de l’utilisation des huiles issues de la déforestation, au premier rang desquelles on trouve l’huile de palme, et enfin 4) les efforts de conscientisation citoyenne par rapport à l’alimentation.

Nous allons néanmoins accepter la réponse et nous viendrons avec des propositions plus ciblées, si nécessaires, lors de la prochaine législature.

Discussion Felli

Les Verts déplorent le réchauffement climatique et demandent que des mesures soient prises afin de limiter ses conséquences néfastes. Par ailleurs, la notion de participation de la population est chère aux Verts. Il n’est cependant pas facile de voir comment ces deux notions peuvent être accordées pour répondre de manière satisfaisante au postulat de M. Felli. En tout cas, la réponse qui nous est donnée ne semble pas y parvenir.

Pourtant, nous aurions aimé avoir quelque chose de plus concret. Nous voyons deux axes majeurs prioritaires pour lutter contre les effets du réchauffement à notre échelle :

  • L’organisation de l’aide en cas de canicule ou de tempête, en faisant intervenir des acteurs locaux, les associations, les maisons de quartier, et pourquoi pas d’autres volontaires.
  • La végétalisation massive et l’élimination progressive des fours urbains, c’est à dire des lieux où les matériaux au sol et sur les parois, l’absence de verdure et de courants d’air se conjuguent pour former des poches particulièrement chaudes.

La réponse ne traite pas du premier point et ne montre pas de grande ambition sur le second. Au contraire, la Municipalité prévoit de détruire le dernier poumon vert du Flon pour y mettre une route, le barreau Vigie-Gonin, que nous avons toujours combattu. Et le projet de nouvelle Place de la gare ne comprenait à l’origine qu’environ 8 arbres en tout. Certes, ce projet va être amélioré sur cet aspect, mais il a au moins démontré que la végétalisation n’était pas un critère clé !

Laissons cet exemple et venons-en au fond : cette réponse ne nous donne pas l’impression que la Municipalité accorde assez d’importance aux enjeux considérés ici. Les Verts souhaitent savoir plus clairement comment Lausanne va appliquer les objectifs et actions décrits par l’OFEV dans les publications citées par la réponse. Nous ne serons donc, a priori, qu’une maigre majorité à accepter cette réponse.

Vincent Rossi, le 26 avril 2016