Les Verts souhaitent que Lausanne en fasse plus pour les victimes de la crise migratoire

(10.11.2015) Les Verts lausannois partagent les préoccupations du Collectif R face à la crise migratoire que rencontre l’Europe. Sans défendre toute les actions du collectif, ils font des propositions et s’engagent à défendre la cause des migrantes et migrants, qui fuient la misère, la guerre et le terrorisme.

L’urgence humanitaire et sociale est confrontée à une fermeture des frontières et des esprits préoccupante. De terribles drames se produisent à nos portes. Dans ce cadre, la Suisse doit en faire plus et augmenter le minuscule contingent qu’elle a annoncé. Lausanne peut et doit participer à cet effort plus grand sur ses terres d’une part, et réclamer une prise de responsabilité du Canton et de la Confédération, qui laissent les villes se débrouiller seules, d’autre part.

Pour l’instant, la Suisse n’est pas attractive pour ces personnes qui fuient la guerre et la misère. Son application stricte des accords de Dublin, auxquels les Verts sont opposés, est plus que regrettable. Le système Dublin est inhumain et s’approche de l’implosion. Notre pays se dédouane ainsi d’une responsabilité humaine et morale, tout en ne se préparant pas suffisamment à répondre à de très probables arrivées plus importante de migrantes et migrants. La Suisse peut pourtant faire plus, elle l’a déjà fait : dans les années 2000, elle a accueilli près de 50’000 personnes victimes de la guerre en ex-Yougoslavie. La Confédération a pu absorber ces nouveaux arrivants et en profite aujourd’hui, tant économiquement que culturellement. Ce sont des enfants de réfugiés des Balkans qui portent aujourd’hui les couleurs de la Suisse, des terrains de foot aux plus grandes universités. L’expérience est donc à réitérer, notamment face à la crise syrienne.

Dans ce cadre, la ville de Lausanne peut agir et participer à l’accueil des demandeurs d’asile. Les Verts soutiennent la proposition d’associer Lausanne au réseau de villes refuge, dans la limite de ses capacités. En effet, les Verts veulent offrir aux migrantes et migrants des hébergements de qualité et refusent ainsi de demander à la Ville de faire des promesses qu’elle ne pourra pas tenir, tant face à ses capacités de logement, qu’en adéquation avec la part cantonale et les réalités légales. L’objectif des Verts est de développer l’accueil public et privé, en aidant la solidarité.

Voici nos demandes et engagements :
– s’associer au réseau des villes refuges, refusant ainsi la politique de fermeture pratiquée par de nombreux pays et réclamées par les représentants des tendances xénophobes de Suisse ;
– développer rapidement les capacités d’accueil de Lausanne, d’une part en ouvrant de nouvelles places d’hébergement directement sous sa responsabilité, et, d’autre part, en organisant l’accueil de réfugié-e-s chez des habitantes et habitants qui se déclarent disposés à le faire ;
– prendre toutes les dispositions utiles pour mettre en place une prise en charge décente de ces réfugiées et réfugiés (par des hébergements de qualité, un accès et une prise en charge des soins et par l’octroi de cours de langues, notamment), en collaboration avec les associations et les personnes intéressées ;
– assurer un logement aux mineurs qui ont obtenu le statut de réfugié, en collaboration avec les associations et les personnes intéressées, notamment dans le milieu estudiantin ;
– soutenir la pratique actuelle du Canton, compétent en la matière, de ne pas user des mesures de contrainte contre les demandeurs d’asile ;
– faire pression sur le Canton pour que celui-ci organise un accueil digne pour les étrangers et étrangères demandant l’asile, dans toutes les communes de l’Etat ;
– dégager des ressources financières extraordinaires pour l’accueil des demandeurs d’asile.

Les Verts ont déjà déposé une interpellation « Réfugiés, comment Lausanne compte-elle prendre ses responsabilités »  (8.9.15) à ce sujet. Dans ce cadre, ils envisagent de déposer une résolution.

La prise de position en pdf