Référendum contre l’initiative interdisant la mendicité dans le canton de Vaud : la  position des Verts lausannois

Le 27 septembre 2016, le Grand Conseil vaudois a adopté par 60 voix pour contre 56 et 5 absentions, l’initiative de l’UDC visant à interdire la mendicité sur le territoire cantonal vaudois. Pour donner la parole au peuple face à une interdiction qui ne résout rien et qui est moralement inacceptable, les partis d’extrême-gauche vaudois, Solidarités et le POP ont décidé de lancer un référendum.
Les Verts lausannois conscients de la place de la mendicité à Lausanne mais ne considérant pas l’interdiction comme une solution, récolterons des signatures pour permettre aux vaudoises et vaudois de se prononcer.

L’interdiction de la mendicité ne résout rien

Pour les Verts lausannois, l’interdiction pure et simple de la mendicité ne résout rien comme le démontre l’exemple de nos voisins genevois. Nous déplorons le choix fait par le Grand Conseil.
Laisser le libre choix aux communes quant à leur gestion de la mendicité est, selon nous, une mesure plus à même de permettre de trouver un équilibre entre l’intérêt public (l’ordre, la sécurité et la tranquillité publique) et le respect du libre choix du mode de vie et de la dignité humaine.

L’interdiction de la mendicité est une ineptie bureaucratique

Contraindre des gens dans le besoin à payer des amendes somme toute trop élevées pour leur bourse est une ineptie bureaucratique dont l’application effective laisse de trop nombreuses questions sans réponse.

L’interdiction de la mendicité ne vient pas en aide aux personnes contraintes de mendier

De nombreux experts recommandent d’agir directement sur les causes de la paupérisation et de mettre sur pied une politique de prévention à l’attention des populations susceptibles de recourir à la mendicité. Pour les Verts, il est important de mettre en place des projets d’aide au développement en faveur des communautés les plus susceptibles d’être contraintes à mendier.

L’interdiction de la mendicité est moralement inacceptable

Il est aussi important de relever que moralement, l’interdiction de la mendicité va à l’encontre de notre culture et surtout de la tradition humanitaire suisse. Par une interdiction de mendier, on interdit aussi le fait de faire la charité ou de donner l’aumône.
Rappelons enfin que la mendicité n’est pas uniquement le fait de réseaux. Ainsi une telle interdiction nous fait craindre une plus grande stigmatisation et précarité des personnes qui se retrouvent dans la nécessité de mendier. Le respect de la dignité humaine doit être garanti par les autorités publiques et de réelles aides apportées aux personnes dans le besoin. Leur interdire un potentiel moyen de subsistance ne résout en rien leurs difficultés de vie.
Contre cette stigmatisation les Verts lausannois affirment leur volonté de refuser la criminalisation des mendiant-e-s. C’est pourquoi nous continuerons à œuvrer pour une plus grande solidarité ainsi qu’une réelle concertation des partenaires sociaux pour permettre de repenser l’espace public de manière à mieux y inclure les personnes marginalisées. Notre but est d’arriver à réelle politique d’intégration sociale qui aura, entre autre, le but de défaire l’intolérance envers les personnes pratiquant la mendicité.

 

Lausanne, le 10 octobre 2016
Rédaction: Géraldine Bouchez