Intervention communale, Lausanne, Non classé, Xavier Company

Tridel : Où sont passées nos promesses ?

Interpellation

Mise en service en 2006, l’usine d’incinération des déchets Tridel appartient à la société anonyme reconnue d’utilité publique du même nom, qui en assure l’exploitation. Elle traite les déchets issus de quatre périmètres de gestion, parmi lesquels le périmètre de la société publique GEDREL, couvrant le territoire lausannois. Cette dernière détient 36.5% du capital de Tridel SA. La Ville de Lausanne détient, quant à elle, deux tiers du capital de GEDREL, est donc indirectement une actionnaire importante de Tridel SA.

Par ailleurs, dès le 1er janvier 2013, la Ville de Lausanne, comme la majorité des Communes suisses, a introduit la taxe au sac, afin d’appliquer de manière pragmatique le principe du « pollueur-payeur ». Cette taxe, qui se veut incitative pour amener à plus de recyclage et de valorisation des déchets, a fait ses preuves et permis à la Ville d’augmenter de manière importante la part des déchets recyclés ou revalorisé. D’un point de vue écologique, il s’agit donc d’un franc succès.

A la suite du rapport de gestion 2016 de Tridel SA, et d’importants retours dans la presse locale et nationale ¹, les interpellateurs soussignés ont déposé le 31 octobre 2017 une interpellation urgente sur les questions financières en lien avec ce rapport de gestion, et plus particulièrement sur la question des rémunérations extraordinaires de certains membre du conseil d’administration en 2016, intitulée « Tridel : du pollueur-payeur à l’incinérateur-encaisseur ? ». Les questions financières ne seront dès lors pas rediscutées dans la présente interpellation.

Néanmoins, à la lecture du rapport de gestion précité, d’autres questions toutes aussi importantes (mais qui ne demandaient pas l’urgence de notre Conseil) se posent. En effet, on lit notamment que Tridel SA a géré une prise en charge record de 183’312 tonnes en 2016, alors qu’elle était censé traiter 140’000 tonnes par an à sa construction, soit les déchets nécessaires venant des communes de la région. Cet excès n’a cependant même pas permis à Tridel de satisfaire les exigences minimales (80’000 tonnes/an) d’acheminement par le rail qui figurent dans le contrat qu’elle a conclu avec la société ACTS SA. Cela veut dire qu’en tournant à une capacité d’environ 130%, elle n’arrive pas à acheminer par le rail le tonnage prévu à sa construction. Seuls 39% des déchets sont acheminés par le rail et le reste l’est par camion, alors qu’à sa construction la proportion devait être inversée.

De plus, et alors qu’elle ne l’avait pas fait les années précédentes, la société a recommencé à importer des déchets étrangers (en provenance d’Italie du Nord, d’Allemagne et d’Autriche), à hauteur de 4’800 tonnes. Cette information est

surprenante quand on sait que Tridel a été construite (et financée !) pour traiter les déchets de notre région, estimés à 140’000 tonnes par an, et cela avant l’entrée en vigueur de la taxe au sac. Si en plus, ces déchets étrangers arrivent par camion, on frôle l’absurde. En effet, est-ce vraiment aux Lausannois ou aux Vaudois de financer l’incinération des déchets allemands, autrichiens ou italien, et d’en subir les conséquences négatives (pollution, circulation, bruit, etc.) ?

La gestion de Tridel amène dès lors les interpellateurs à poser les questions suivantes à la Municipalité :

  1. Pour quelles raisons le volume des déchets a-t-il augmenté de manière aussi conséquente et dépassé le tonnage annuel (140’000 tonnes) prévu à la construction de Tridel?
  2. Quel est l’impact en terme d’usure de l’infrastructure et d’émissions de cette augmentation ?
  3. Qui prend les décision relatives à l’acceptation ou non de déchets étrangers et pour quelles raisons ?
  4. Le prix payé pour le traitement de ces déchets étrangers tient-il compte de l’investissement qu’il a été nécessaire de faire à la construction de l’usine ?
  5. Qui prend les décisions relatives au mode d’acheminement des déchets?
  6. Pour quelles raisons le tunnel ferroviaire de Tridel est-il sous-utilisé?
  7. Est-il possible de contraindre les clients de Tridel (soit les entités publiques qui fournissent les déchets) à emprunter le rail plutôt que la route ? Quelles mesures faut-il prendre pour inverser la tendance actuelle ?

Xavier Company

1 notamment : 24 heures du 31.10.2017 https://www.24heures.ch/vaud-regions/lausanne-region/subite-generosite-tridel-intrigue/story/29607321, Tages Anzeiger du 1.11.2017 : https://www.tagesanzeiger.ch/schweiz/standard/Bonus-bringt-Waadtlaender-FDPStaenderat-in-Erklaerungsnot/story/14998334 ; Le Temps du 1.11.2017 : https://www.letemps.ch/suisse/2017/10/31/tridel-nos-remunerations-justifiees

Non classé

Taxis lausannois : oui à l’évolution, non à la loi de la jungle

L’arrivée de la société Uber dans la région lausannoise a suscité des craintes, des débats et aussi un certain engouement. La particularité des services qu’elle offre est d’être, de prime abord, difficile à classer et à appréhender dans les cadres habituels. Cette modernité semble parfois lui assurer une large sympathie… Pourtant, la jolie étiquette d’économie du partage est trompeuse : loin de promouvoir la mise en commun, Uber ne fait qu’introduire par les interstices des règlements une concurrence brutale à côté de laquelle les cas de sous-enchère salariale qui défraient la chronique dans le secteur de la construction font pâle figure.
Les Verts ne veulent pas défendre aveuglement une corporation, car ils estiment que le système actuel des taxs doit impérativement se moderniser et font des propositions en ce sens. Ils refusent cependant que Uber ne suive pas les règles qui protègent les travailleurs et l’environnement.

Lire la prise de position