Intervention communale, Lausanne, Valéry Beaud

Conservation du stade olympique de la Pontaise : de la contrainte à l’opportunité

Postulat

Le 5 avril 2007, par son rapport-préavis n° 2007/19, la Municipalité présentait le projet Métamorphose et demandait au Conseil communal d’approuver ses intentions, notamment la redistribution sur le territoire lausannois de plusieurs équipements sportifs majeurs et le développement d’un nouveau grand quartier entre la Caserne de la Pontaise et l’aéroport de la Blécherette, l’écoquartier des Plaines-du-Loup. A cette occasion, le Conseil communal a validé le principe de la démolition du stade olympique de la Pontaise, décision qu’il confirmera à plusieurs reprises par la suite et à chaque fois dans une très large majorité, notamment par l’adoption en 2014 du Plan directeur localisé (PDL) des Plaines-du-Loup (préavis n° 2013/61). La disparition du stade olympique de la Pontaise a même été validée par la population lausannoise, qui a refusé en 2009 par 56 % des voix l’initiative populaire dite des « deux stades au Nord ».

Inauguré le 23 mai 1954 devant 43’500 spectateurs, le stade olympique de la Pontaise a été construit en vue de la Coupe du monde de football de cette même année, durant laquelle il a accueilli 5 matchs, avec notamment une victoire de la Suisse 2-1 contre l’Italie et un quart definale mémorable qui a vu l’Autriche éliminer la Suisse sur le score de 7-5, ce qui reste
aujourd’hui le match de Coupe du monde le plus prolifique en buts. Le terrain de football a aussi été le théâtre de plusieurs moments forts de l’histoire du FC Lausanne-Sport. Sa piste d’athlétisme reçoit par ailleurs chaque année depuis 1986 le célèbre meeting international Athletissima, actuellement au programme de la Ligue de Diamant. La réunion lausannoise a notamment été le théâtre de plusieurs records du monde, du 100 m homme en 1994, du saut à la perche féminin en 2005 et du 110 m haie masculin en 2006. Enfin, l’histoire du stade olympique de la Pontaise a également été marquée par des concerts mémorables entre 1988 et 2007, notamment à 3 reprises Michael Jackson (jusqu’à 47’000 spectateurs), 2 fois Pink Floyd ou encore Elton John, U2, Johnny Hallyday, The Rolling Stones, etc.

Imaginé par l’architecte Charles-François Thévenaz et l’ingénieur Emile Thévenaz, le stade olympique de la Pontaise présente des qualités architecturales et constructives remarquables, de sa forme ovale en béton armé offrant une visibilité optimale aux spectateurs à la hauteur variable des gradins permettant de magnifiques dégagements sur le grand paysage, en passant par la couverture de ses tribunes, constituée d’un voile en béton courbe de très faible épaisseur et d’une portée de plus de 18 m. Conservé dans son état d’origine ou presque, tout cela en fait aujourd’hui un témoin important des stades construits en Suisse durant l’après-guerre.

Si le stade olympique de la Pontaise est actuellement classé en note 3 au recensement architectural, le rapport de la Commission spéciale pour assurer une évaluation scientifique et indépendante du patrimoine architectural vaudois du XX e siècle (1920-1975), publié en juin dernier, recommande aujourd’hui de lui attribuer la note 1 (intérêt national), ce qui le placerait au même niveau de protection que la Cathédrale de Lausanne, la Tour Bel-Air ou le Château de Beaulieu. A noter que cette commission recommande la même note pour le club-house tennis, le café du stade, l’entrée principale, ainsi que les caisses nord et sud. Le rapport de cette Commission ne constitue pas encore une décision de classement, mais il sera désormais transmis à la Commission du patrimoine culturel immobilier, qui devra, en collaboration avec la Division monuments et sites de la Direction générale des immeubles et du patrimoine (DGIP), affiner ou compléter les mesures proposées et étudier les conditions de leur application.

De nombreuses années se sont maintenant écoulées depuis le lancement du projet Métamorphose et le contexte a changé depuis lors, notamment l’importance qui est accordée au patrimoine à Lausanne. De plus, avec l’important retard pris par le développement de l’écoquartier des Plaines-du-Loup, le Plan d’affectation couvrant le secteur du stade olympique est toujours en phase d’études et peut encore être adapté avant sa mise à l’enquête publique.

Au vu de ces différents éléments, il devient de plus en plus difficile de concevoir une disparition totale du stade olympique de la Pontaise. D’autant qu’il serait difficile de démontrer qu’on ne peut pas poursuivre le développement de l’écoquartier en conservant celui-ci, puisque sur les 54 projets présentés dans le cadre du concours d’urbanisme en 2010, une dizaine proposaient de conserver l’entier de la forme du stade ainsi que la grande majorité ou la totalité de son volume, plusieurs autres proposant encore de n’en garder qu’une partie. L’un des projets conservant le stade a même terminé au 3 e tour de jugement (Rapport du Jury, septembre 2010).

Si le stade olympique devait ainsi être conservé, reste à savoir pour quel usage, maintenant que le déménagement du FC Lausanne-Sport dans le nouveau stade de football de La Tuilière est imminent. Le Centre sportif de la Tuilière accueillant déjà 9 terrains de football, un maintien d’une activité footballistique à la Pontaise ne serait pas proportionné. De même, le maintien à long terme comme stade d’athlétisme uniquement est difficilement envisageable.

Dès lors, au-delà de la contrainte, il faut saisir l’opportunité que peut offrir la conservation du stade pour l’intégrer dans le développement de l’écoquartier des Plaines-du-Loup et apporter une plus-value qualitative au quartier, avec des espaces publics, des activités de loisir, des surfaces dédiées au sport et à la culture, à l’agriculture urbaine, etc. Le stade pourrait par exemple accueillir un second parc pour le quartier (le « Parc du Loup » de la 1 e étape étant trop petit pour l’ensemble du quartier), une grande place multifonctionnelle sur l’entrée principale (telle que demandée par le Conseil communal par voie d’amendement lors de l’adoption du PDL), des cafés-restaurants, boutiques, ateliers d’artisans, d’artistes ou lieux d’exposition dans les arcades qui entourent une grande partie du stade, des locaux pour les associations, des murs de grimpe, voire des bureaux ou des logements dans une partie de la structure, etc. Ce n’est pas les possibilités qui manquent, elles mériteraient même de s’exprimer dans le cadre d’une démarche participative, afin de cerner au mieux les besoins du quartier et des acteurs de la ville.

Il est encore utile de préciser que plusieurs exemples de reconversions provisoires ou définitives existent, notamment l’ancien stade de football de Gurzelen à Bienne, qui abrite notamment du tennis sur gazon, un skate parc, un toboggan aquatique, une buvette, un espace multiculturel, des studios de répétition, des ateliers bois et métal, un atelier vélo, des champs de céréales et pommes de terre, des jardins communautaires, des événements sportifs et culturels ainsi qu’un riche programme d’activités. Quant à l’ancien stade Highbury d’Arsenal (Londres), il a été reconverti en habitations.

Sur la base des différents éléments exposés ci-dessus, le présent postulat invite la Municipalité à étudier l’opportunité d’intégrer la conservation du stade olympique de la Pontaise dans le développement de l’écoquartier des Plaines-du-Loup, pour préserver ses caractéristiques patrimoniales tout en y développant un projet ambitieux et cohérent permettant d’apporter une plus-value qualitative au quartier, notamment selon les pistes évoquées ci-dessus.

Valéry Beaud, Xavier Company, Daniel Dubas, Jean-Michel Bringolf

Lausanne, Valéry Beaud

Plaines-du-Loup et durabilité

Préavis n° 2020/18Plaines-du-Loup – 1er PPA – Pièces urbaines A, B et C

Intervention

Le 11 décembre dernier, notre assemblée a octroyé les premiers droits distincts et permanents de superficie (DDP) de la 1ère étape de l’écoquartier des Plaines-du-Loup (préavis 2019/36), pour la pièce urbaine E et ses 342 logements, décision suivie de l’ouverture des chantiers dans le courant de cet été.

Le train est donc en marche et notre débat de ce soir s’inscrit dans la continuité, pour cette fois-ci les 656 logements et 12’000 m2 de surfaces d’activités des pièces urbaines A, B et C.

Nous ne reviendrons donc ce soir ni sur des éléments historiques ni sur des éléments généraux, les intéressés pouvant au besoin se référer au débat du 11 décembre 2019. Il y a par contre quelques spécificités qui méritent d’être relevées concernant les pièces urbaines A, B et C. 

Tout d’abord, en complément de la mixité des types d’investisseurs et des types de logements, je relève avec plaisir la présence d’appartements protégés, de clusters ou d’appartements communautaires, à même de contribuer également à la mixité sociale attendue.

Du point de vue de la mixité fonctionnelle, je relève aussi la part plus importante de surfaces d’activitésdans ces pièces urbaines, qui passe à 16 % et comprend notamment une PMU, un CMS, un centre d’accueil temporaire, une pharmacie, des commerces, cafés, bureaux, une ludothèque et des locaux communs, ainsi qu’un CVE et un APEMS, en attendant impatiemment l’école située dans la pièce urbaine D à venir.

Je relève encore la concrétisation de la plupart des objectifs de la durabilité et en profite pour saluer la résolution de la problématique du contracting énergétique, qui a aussi fait passablement parler ici-même.

Dans ce concert de louanges, je me dois toutefois de revenir quelques instants sur un important bémol, le respect de la société à 2’000 W. Le bilan présenté montre en effet que les matériaux de construction ne repectent pas les objectifs de la société à 2’000 W, ni en termes d’énergie primaire, ni en termes de gaz à effet de serre (GES). La présence de bois n’est notamment toujours pas suffisante dans la construction de ces pièces urbaines, qui font toujours la part belle au béton sous toute ses formes, expliquant ce dépassement fâcheux des valeurs cibles. Pour les prochaines étapes, nous attendons donc une intégration beaucoup plus importante du bois dans les consructions et le respect des valeurs cibles de la société à 2’000 W, objectifs que nous avons formulé dans un vœu accepté à l’unanimité de la commission.

Enfin, la découverte des différents projets présentés dans de ce préavis confirme une fois encore le rôle crucial et indispensable des coopératives d’habitants pour la qualité d’un tel quartier. Comme c’était déjà le cas pour la pièce urbaine E, ce sont elles qui apportent le plus de diversité et d’innovation. Elles qui intègrent par ailleurs aussi le plus de bois dans leur construction. Il est donc essentiel de poursuivre et de renforcer la politique en faveur des coopératives d’habitants.

A l’exception du respect de la société à 2’000 W que nous suivrons attentivement dans les étapes suivantes, vous aurez compris que c’est avec enthousiasme que les Verts lausannois vous invitent à accepter les différentes conclusions de ce préavis n° 2020/18.

Valéry Beaud

Intervention communale, Lausanne, Valéry Beaud

Reprise du parking de Montbenon

Rapport-préavis 2020/16 Intervention

Réponse au postulat de V. Beaud et crts « Vers une reprise par la Ville de Lausanne de certains parkings privés à usage public lors de l’échéance de leur droit de superficie ? » –

Mon postulat demandait à la Municipalité d’étudier l’opportunité de reprendre certains parkings privés à usage public lors de l’échéance de leur droit de superficie (DDP), en ciblant en premier lieu celui de Montbenon, dont l’échéance est en 2026, la notification de non renouvellement devant par ailleurs intervenir 5 ans auparavant, soit l’an prochain.

La réponse de la Municipalité me satisfait pleinement, puisqu’elle suit ma proposition et saisi ainsi l’opportunité de reprendre le parking de Montbenon.

Le parking de Montbenon, c’est l’un des plus gros de la ville, avec ses 933 places de stationnement. Il a aussi la particularité, outre les recettes de parcage, de bénéficier de recettes provenant de la location de surfaces commerciales.

Ce parking est l’un des mieux situés, au centre-ville, entre le quartier commercial et de loisir du Flon et la Gare de Lausanne, dans une position hautement stratégique pour l’avenir. Le retour en mains publiques d’un tel ouvrage est donc essentiel pour la mise en œuvre de l’évolution souhaitée de la politique de mobilité à Lausanne, le stationnement étant le meilleur levier pour orienter le choix des modes de déplacement.

Le parking de Montbenon pourrait d’ailleurs être amené à jouer un rôle important en lien avec la mutation de la Gare de Lausanne et de ses alentours, notamment le Pôle muséal et le réaménagement de la Place de la Gare, qui prévoit de la libérer de tout stationnement en surface. Le stationnement des cars et des réserves de taxis pourrait par exemple prendre place au parking de Montbenon, de même que le report de stationnement automobile et de deux roues motorisés, afin de libérer le domaine public en faveur de la mobilité douce et de la convivialité.

Bref, la reprise du parking de Montbenon est un projet d’avenir et comme la commission, nous vous invitons à accepter la réponse de la Municipalité à mon postulat.

Valéry Beaud

Intervention communale, Lausanne, Vincent Rossi

Circuler au pas – ou pas : Une stratégie pour piétonniser la ville de Lausanne

Postulat

Pendant le confinement de mars à mai 2020, nous avons pu expérimenter une Ville plus tranquille, avec moins de pollution, paisible, où il faisait bon vivre, se promener, respirer un air plus propre et dormir d’un sommeil récupérateur. Une ville dans laquelle les enfants pouvaient jouer plus sereinement dehors et où les cyclistes, plus nombreux, couraient moins de risques.

Un équilibre avait été retrouvé entre les espaces occupés par les voitures, les vélos et les piétons, le trafic automobile ayant été drastiquement réduit. Les citoyennes et citoyens ont été séduits par la beauté de cette ville apaisée, des rencontres facilitées même avec la distanciation sociale, de pouvoir occuper pour des jeux les places de parc inoccupées, de pouvoir profiter des espaces généreux laissés vides par l’absence de voitures.

Puis le déconfinement nous a fait revenir à la dure réalité.

Nous avons beaucoup parlé de santé ces derniers mois, or les effets de la pollution et des particules fines sur la santé sont non seulement indéniables, mais largement sous-estimés. En effet, on estime que 24’000 personnes meurent chaque jour dans le monde à cause de l’exposition à la pollution atmosphérique ambiante et domestique, ce qui en fait le plus grand risque pour la santé environnementale au monde. En Suisse, ce chiffre se monte à 3000 par an.

A ce sujet, il convient de relever ce qui constitue une iniquité douloureuse : les personnes qui font le plus d’efforts pour réduire leur empreinte et contribuer à une ville plus saine (piétons et cyclistes) sont aussi les plus pénalisées : en effet elles respirent davantage de particules fines et sont plus exposées au risque de maladies pulmonaires, selon une étude publiée récemment.

La Ville de Lausanne s’est engagée à une neutralité carbone avant 2030. Or, la voiture est la plus grande contributrice du pire secteur : les transports, représentant près de 40% de l’énergie utilisée et du CO2 émis en Suisse. Par ailleurs, ce moyen de transport contribue aussi au dépassement d’autre limites planétaires comme la biodiversité (pollution, destruction d’habitat, climat), acidification des océans, aérosols (PM 2.5, 80% de la population mondiale urbaine affectée) et le transport des espèces invasives. On sait aussi que la stratégie fédérale pour en limiter les impacts est encore entachée des failles déplorables.

A l’échelon lausannois, des mesures éparses, non permanentes (pour le moment) et pas encore à la hauteur de la crise climatique sans précédent à laquelle nous faisons face ont été proposées. Il s’agit maintenant de passer à la vitesse supérieure et de proposer un avenir désirable, durable et sain à nos concitoyennes et concitoyens : un avenir débarrassé des voitures individuelles.

Nous faisons donc nôtres les propos de Grégoire Gonin : « La voiture n’a plus sa place dans la cité surpeuplée d’une Terre qui brûle, sinon au cabinet-garage des curiosités. En 2020, l’individualisme automobile relève de l’égoïsme. »

Dans le cadre du plan climat que nous attendons, on peut s’attendre à ce que la Municipalité planifie une réduction draconienne du trafic automobile privé en Ville de Lausanne, au profit d’un essor de la mobilité douce. Les infrastructures cyclables connaissent actuellement une expansion notable que nous saluons, non seulement à la faveur de mesures urgentes prise en lien avec la crise sanitaire, mais aussi grâce à un certain nombre de préavis adoptés ces dernières années et une stratégie volontariste en cours de déploiement.

Ce postulat se focalise dès lors sur la piétonnisation, que nous entendons complémentaire au réseau cyclable, et non antagoniste. Nous parlons donc de piétonnisation faisant place à la mobilité douce dans toutes ses composantes.

Ce postulat demande à la Municipalité d’étudier l’opportunité d’établir une stratégie de piétonnisation de l’ensemble de la partie urbaine de la Ville de Lausanne. Il s’agira donc d’établir : 

  • le périmètre précis de piétonnisation, avec pour objectif de couvrir à terme l’entier de la partie urbaine de Lausanne,
  • une délimitation des quartiers ou des rues passant progressivement en zones piétonnes,
  • des critères permettant de déterminer le nombre de places de parc pour voitures en surfaces qui sont maintenues pour les usages essentiels (services d’urgence évidemment, mais aussi plus prosaïquement les livraisons, les professionnels nécessitant un véhicule, les personnes handicapées et les proches aidants, et d’autres à définir) tenant compte des spécificités locales,
  • les modalités de cohabitation et complémentarité avec le réseau cyclable,
  • une politique de conversion des surfaces libérées tenant compte des impératifs climatiques (notamment la lutte contre les îlots de chaleur),
  • les modalités d’accès aux grands parkings et une politique de reconversion de ces parkings,
  • un calendrier pour la réalisation progressive de cette piétonnisation, en tenant compte de la crise climatique en cours et de l’urgence proclamée par le Conseil communal,
  • une analyse des répercussions de cette stratégie sur le PDCom et le PACom, qu’il s’agira éventuellement de modifier en conséquence.

Vincent Rossi, Sara Gnoni, Xavier Company

Lausanne

Élections à la Municipalité de Lausanne en 2021: la gouvernance doit être plus verte.

Communiqué de presse

Les Vert·e·s se réuniront en assemblée générale le 3 septembre et devront choisir les candidat·e·s qu’ils entendent présenter à la Municipalité de Lausanne, mais aussi leur nombre, entre deux ou trois personnes. Quelle que soit l’option retenue par l’assemblée générale, les Vert·e·s souhaitent accélérer la transformation de Lausanne en une ville exemplaire en matière humaine, sociale, culturelle, et plus urgemment encore en termes de climat et de biodiversité. Le comité des Vert·e·s lausannois·es annonce sa recommandation de présenter trois candidat·e·s à la Municipalité, accompagné d’un appel aux partis de la gauche lausannoise à un dialogue constructif pour une alliance de gauche municipale maintenue, diverse et forte.

L’urgence environnementale et sociale n’est plus à démontrer, en cette année ponctuée de signaux climatiques et économiques immanquables, amplifiés par une pandémie mondiale mettant à nu nos liens sociaux, nos modes de production et de consommation, et la fragilité de certains acquis. La solidarité qui a émergé de cette crise est par contre la preuve indéniable que, confrontées à un défi clair, la population et les autorités peuvent rapidement mettre en place des mesures provisoires ou pérennes pour y répondre. La crise climatique et l’effondrement de la biodiversité devraient idéalement être perçues et gérées de la même manière: nous mettons en jeu notre vie et celle des autres générations, nous devons agir avec la même urgence. Et c’est au niveau communal que ces changements peuvent commencer le plus concrètement.

Lausanne a été couronnée “capitale du climat”, à la faveur des mouvements sociaux d’ampleur qui ont mené des milliers de personnes dans les rues dès fin 2018. Un travail énorme reste à accomplir pour transformer la Ville et en faire une collectivité responsable, réduisant ambitieusement son impact sur l’environnement et se préparant à résister aux changements déjà inévitables, tout en défendant une justice sociale indispensable et une économie locale forte. Le temps étant compté, il faut accélérer le tempo et mettre ces thématiques au cœur de la politique municipale. Les élections
fédérales de 2019 ont montré que la population lausannoise soutien plus fortement que jamais un programme tel que celui porté par les Vert·e·s.
Dans la tradition de démocratie interne forte des Vert·e·s, l’assemblée générale du 3 septembre aura le dernier mot sur la stratégie la plus à même d’assurer une juste représentation de nos valeurs dans l’exécutif de notre Ville. Pour ce faire, le comité de la section présentera à l’assemblée les deux scénarios stratégiques possibles pour la prochaine élection municipale et donnera sa recommandation pour présenter trois candidat·e·s vert·e·s et poursuivre l’alliance avec le parti socialiste et le POP, alliés traditionnels.


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Lausanne

Cas répétés d’agressions par d’intoxications malveillantes dans les bars lausannois : une réaction s’impose !

Ces derniers jours, une multitude de témoignages de personnes, principalement des femmes, ont été partagées sur les réseaux sociaux et dans la presse rapportant des cas d’intoxications malveillantes. Ces personnes ont été droguées à leur insu. Si le phénomène n’est pas nouveau, il semble avoir pris une intensité dangereuse qui ne doit pas laisser les autorités sans réaction. Les Vert·e·s lausannois·es interviendront donc auprès du Conseil communal, du Grand conseil et du Conseil national pour s’assurer que des réponses seront apportées à la hauteur de l’enjeu.

Ces agressions sont très inquiétantes non seulement pour la sécurité et la santé publique, mais aussi à cause des nombreux témoignages de mauvaise prise en charge par l’ensemble de la chaîne de réponse : soutien dans les bars et boîtes de nuit inadéquat, prise en charge médicale refusée ou jugeante aux urgences hospitalières, réponse policière insuffisante, voire même inexistante ou décourageante. Certaines victimes se sont ainsi vues accusées d’être simplement ivres et de ne pas avoir su gérer leur consommation d’alcool. D’autres témoignent avoir été découragées par la police de déposer plainte. Des victimes regrettent l’absence de femmes dans les services publics ou privés de sécurité pour leur prise en charge. Cette façon de faire amène de nombreuses victimes à ne pas témoigner, ni porter plainte, ce qui minimise de fait la problématique.

Une coordination entre les Services de la Ville et les acteurs privés axé sur ces agressions à répétition apparaît dès lors indispensable. Si certains établissements publics ont pris les devants en partageant les tracts distribués, en formant leur personnel ou en communiquant activement sur ce fléau, il est indispensable que la réponse soit générale, coordonnée et forte pour mettre un terme à ces actes dangereux. De plus, les réactions a posteriori de la Police Municipale doit être parfaitement adéquate, et les témoignages font craindre que tel ne soit pas le cas et que les victimes soient souvent laissées à elles-mêmes.

Nous attendons donc des réponses claires et des réactions fortes de la part des autorités à ce sujet. Parallèlement, une interpellation sera également déposée au Grand Conseil vaudois pour demander une réponse hospitalière plus ciblée, ainsi qu’élargir la prise de conscience au niveau cantonal, car si la problématique est plus ressortie à Lausanne, les autres villes n’en sont pas exemptes. Finalement, une autre question sera posée au Conseil national pour questionner le cadre légal insuffisant.

Lausanne

Un avenir préservé pour la campagne de Rovéréaz

Les Vert·e·s lausannois·es apprennent ce jour avec beaucoup de satisfaction que le canton de Vaud a accepté la zone réservée que la Ville de Lausanne avait déposée en avril dernier sur le secteur du Château Fallot dans la campagne de Rovéréaz. Il s’agit d’un pas de plus très important vers la protection intégrale de toute cette campagne, y compris le secteur du Chateau Fallot où un projet de construction de 18 logements de luxe avait été combattu tant par les Vert-e-s, que par les associations environnementales, les riverains, les amoureuses et les amoureux du site.

Cette décision positive du canton vient confirmer le bien-fondé et la justesse de l’action des Vert-e-s qui, aux côtés de la population, se sont engagés sans relâche depuis des années pour préserver un site exceptionnel et cher aux Lausannoises et Lausannois. Nous serons maintenant attentifs aux résultats de la mise à l’enquête publique de cette zone réservée, puis à son acceptation finale, pour que ces parcelles soient classées hors zone à bâtir dans le nouveau plan général d’affection de la Ville de Lausanne, et ainsi préserver cet espace vert unique dans le paysage lausannois.

Intervention communale, Lausanne, Marie-Thérèse Sangra

Utiliser les potentialités du solaire thermique pour concrétiser la transition énergétique lausannoise

Postulat

Le chauffage et la production d’eau chaude des bâtiments représentent une part importante de la consommation d’énergie du pays. S’il est bien entendu prioritaire de concevoir un bâtiment parfaitement isolé thermiquement, il est aussi nécessaire de prévoir un système de chauffage adéquat et environnementalement responsable. Celui-ci devra à terme se passer de toutes énergies fossiles pour viser une neutralité carbone de la Ville en 2030[1]. La Loi vaudoise sur l’Energie (LEn) requiert déjà 30% d’énergie renouvelable pour les nouvelles constructions, en laissant le choix de technologie (pompe à chaleur, solaire, bois, chauffage à distance renouvelable) suivant le contexte, mais ce 30% ne concerne que la couverture des besoins d’eau chaude sanitaire, et pas ceux du chauffage.

L’énergie solaire thermique (= faite par des capteurs solaires thermiques et non pas photovoltaïques), considérée dans son ensemble, est l’énergie renouvelable la plus respectueuse de l’environnement pour ce qui est de la production de chaleur nécessaire à nos bâtiments et autres services. Les installations sont en effet composées de matières premières simples et peu problématiques, de longue durée de vie, qui peuvent être facilement réparées, réutilisées, réaffectées ou en dernier recours, recyclée (de l’acier, de l’acier chromé, du cuivre, du bois, du verre, de l’aluminium et du matériel d’isolation sont utilisés). Le fluide utilisé est local, écologique, et incroyablement bon marché : l’eau du robinet.

Que ce soit sur de nouveaux immeubles, pour lesquels le mode de chauffage peut être entièrement conçu selon cette logique, ou pour des immeubles existants subissant des rénovations, nous pensons que le solaire thermique devrait être la règle, et non l’exception. Dans bien des cas, une bonne partie ou la totalité des besoins en chaleur peuvent être récoltés sur les toits et façades, via des appareils et équipements bon marché, techniquement simples, et maitrisés. Les installations solaires thermiques peuvent même être auto-cosntruites. En effet, grâce à la mise en œuvre de la stratégie énergétique fédérale de rénovation des bâtiments (programme bâtiments), les besoins de chaleur, que ce soit pour le chauffage ou l’eau chaude sanitaire, vont drastiquement baisser. C’est un changement de paradigme que l’on observe déjà dans l’habitat individuel (maison passive, Minergie P, etc). Dans ces conditions, le recours au solaire thermique est la solution la plus écologique pour couvrir une partie majeure du chauffage et de l’eau chaude sanitaire, avec des surfaces de capteurs raisonnables.

Concrètement cela peut se faire via des accumulateurs qui peuvent contenir des milliers de litres d’eau. De tels accumulateurs peuvent être disséminés dans la ville et communalisés par quartier ou groupe d’immeubles et répondre, de la sorte, en grande partie, à la demande en chaleur des nouveaux bâtiments ou des bâtiments rénovés (vu leurs besoins en chaleur réduits). Ces accumulateurs peuvent en effet stocker de l’été à l’hiver une grande partie de l’énergie nécessaire. Pour compléter le manque en hiver, une source de chaleur annexe (comme le CAD) sera nécessaire.

Pourtant, la stratégie municipale actuelle au niveau urbain est d’étendre le réseau de chauffage à distance (CAD), actuellement alimenté par la combustion des déchets (TRIDEL), avec un appoint au gaz ou mazout lors des pics de demande. Ces sources de chaleur n’ont pas d’avenir, car elles ne sont pas conformes à une politique climatique répondant à l’accord de Paris. Ces apports du CAD doivent se décarboniser. Pour ce faire, il est souhaitable de combiner un raccordement au CAD avec une source locale de chaleur solaire. Dans ce même but, l’étude de la faisabilité technique d’un réseau dans lequel des immeubles, des particuliers, des coopératives, des industries pourraient réinjecter leur surproduction de chaleur solaire est aussi une solution à étudier.

Via cette stratégie, le solaire thermique pourra assurer une partie majeure de l’approvisionnement en chaleur des bâtiments tout au long de l’année. La mise en œuvre à grande échelle de ce concept dans le secteur suisse de la construction permettra ainsi de contribuer de manière conséquente à un tournant énergétique fonctionnel et local.

Ce postulat demande à la Municipalité d’étudier l’opportunité :

  • d’évaluer la faisabilité technique et économique de recourir au solaire thermique selon le concept présenté pour le chauffage et l’eau chaude des bâtiments lausannois et d’en déterminer le rapport coût-utilité,
  • de déterminer le potentiel le plus facilement exploitable pour supprimer toute énergie fossile dans le CAD,
  • d’en organiser une mise en œuvre ambitieuse dans le cadre de sa politique énergétique et urbanistique.

Marie-Thérèse Sangra, Benjamin Rudaz, Valery Beaud, Daniel Dubas, Karine Roch, Jean-Michel Bringolf


[1] Préavis 2019/30 « Stratégie municipale en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre et d’adaptation aux changements climatiques

Lausanne

Candidatures vertes à la municipalité de Lausanne

Elections communales 2021

La période d’appel à candidature verte à la Municipalité de Lausanne, ayant couru du 1er février au 29 février, a abouti avec le dépôt de plusieurs candidatures. Les Vert·e·s lausannois·e·s remercient Xavier Company, Daniel Dubas et Natacha Litzistorf d’avoir fait acte de candidature, et pour l’énergie, les ressources, et les compétences mises au service du mouvement et de ses objectifs verts. Ces trois candidat·e·s vont désormais poursuivre le processus interne d’audition en vue d’une élection en Assemblée générale prévue début septembre.

La vie politique communale lausannoise reprend peu à peu après de longues semaines de gestion de crise, de confinement, de drames mais aussi d’entraide, de solidarité et de chamboulements sociaux. Cette période a fondamentalement démontré que certains enjeux sont trop universels et trop importants pour être gérés au niveau individuel, ou par les lois du marché. Le COVID-19 a nécessité une action collective et forte de l’Etat, coordonnée, finement renseignée par des experts, et communiquée à la population de manière didactique et sérieuse. Les défis qui nous attendent au-delà de cette pandémie sont de nature similaire, avec comme omniprésentes menaces le réchauffement climatique et l’effondrement de la biodiversité.

Les Vert·e·s lausannois·es militent pour une société responsable, démocratique, solidaire et ouverte, et ce à tous les niveaux, dont le niveau communal. Nous souhaitons que Lausanne, fraîchement baptisée capitale du climat en 2019, mérite son nom, et prenne de façon exemplaire et proactive le virage de la durabilité forte, écologique et sociale. Il faut pour cela réélire ou élire des personnes déterminées pour porter ces dossiers et concrétiser ce virage urbain et humaniste. Cette prochaine élection marquera la fin du mandat de Jean-Yves Pidoux, après trois législatures engagées au service des habitant·e·s et des causes vertes en ville de Lausanne. Son énergie, ses compétences et son analyse fine ont énormément apporté à la Ville et aux Vert·e·s, qui lui doivent beaucoup pour l’ensemble de son engagement tant communal que cantonal !

Suite à un appel à candidatures lancé aux membres en février, trois personnes se sont annoncées (par ordre alphabétique):

Xavier Company, 32 ans, conseiller communal depuis 2016 et co-président des Vert·e·s lausannois·es depuis 2017, exerce comme avocat au Barreau après avoir suivi une formation en droit et économie à l’Université de Lausanne. Il s’investit activement au sein des Jeunes Vert·e·s et des Vert·e·s depuis près de 10 ans, d’abord à la vice-présidence des Jeunes Vert·e·s vaudois·es, au comité des Jeunes Vert·e·s suisses, puis des Vert·e·s lausannois·es avant d’être élu à la co-présidence. En parallèle, il a développé des expériences et engagements entrepreneuriaux, civilistes et associatifs, notamment au sein de la Brasserie Docteur Gab’s, de l’ATE et de

l’association EyesUp (association active dans la lutte contre le harcèlement sexuel). Ses thèmes de prédilection sont l’énergie, l’égalité, le sport, le social, la mobilité et la sécurité.

Daniel Dubas, 42 ans, conseiller communal depuis 2014, a une formation en sciences politiques et en urbanisme. Cadre supérieur à la Confédération et membre de la direction de l’Office fédéral du développement territorial (ARE), il est actuellement Délégué du Conseil fédéral à l’Agenda 2030 pour le développement durable. Très actif au sein du délibérant lausannois, il a été successivement vice-président des Vert·e·s lausannois·es, chef de groupe et membre de la Commission des finances, entre autres. Ses sujets de prédilection sont notamment les questions de développement durable, l’urbanisme, la mobilité, l’environnement, l’énergie et les finances publiques.

Natacha Litzistorf, 51 ans, est politologue, ancienne présidente des Vert·e·s lausannois·es et conseillère communale depuis 2008, organe qu’elle a présidé en 2013. Elue Municipale en 2016, elle est en charge la direction du logement, de l’environnement et de l’architecture. Durant cette législature, ses dossiers principaux ont été: la création d’un morceau de ville autour de la gare (Pôle Gare), la végétalisation de la ville avec un accent sur l’arborisation, l’émergence d’une agriculture écologique, la construction de logements et d’infrastructures pour tous et toutes, l’assainissement énergétique, la numérisation au profit des administré.e.s et la participation de la population.

 

Lausanne

Recherchons coordinatrice·teur

Nous recherchons un·e coordinatrice·teur de campagne pour les élections communales 2021 à Lausanne, capable d’assister le comité dans la préparation et la gestion de la campagne du mois de juillet 2020 au mois de mars 2021, y compris.

Votre profil :

–  vous partagez les valeurs vertes ; 
–  vous avez déjà géré ou collaboré à des campagnes d’élections, de votations ou à l’organisation d’évènements ; 
–  vous avez l’habitude de travailler avec des associations et des bénévoles ; 
–  vous maitrisez les outils de bureautique et de maintenance de sites web ;
–  vous travaillez de manière autonome, structurée, organisée et savez être flexible; 
–  vous faites preuve d’initiative et de créativité, notamment pour proposer des idées d’actions et de communications ; 
–  une connaissance de la politique lausannoise et du fonctionnement des réseaux sociaux sont des plus.

Vos tâches consisteront à : 

–  transmettre et coordonner les informations entre les candidat·e·s et le comité ; 
–  prendre les PV des séances ;
–  aider à la rédaction des documents de campagne ; 
–  concevoir, organiser et coordonner des actions de campagne ; 
–  collaborer avec des mandataires externes (photographes, graphistes, etc); 
–  concevoir et coordonner la communication (publicités, réseaux sociaux, etc.) 
–  coordonner des actions avec d’autres sections.

Nous proposons : 

–  l’occasion de travailler pour une échéance électorale importante et de s’immerger dans la vie politique lausannoise ; 
–  un travail en lien avec des valeurs et un but ; 
–  l’occasion de proposer et de réaliser vos idées ; 
–  un comité et des candidat·e·s motivé·e·s à s’investir dans la campagne et à collaborer ; 
–  un cadre de travail dynamique, motivant et sympathique.

Entrée en fonction : 1er juillet 2020 ou 1er août 2020.

Taux d’occupation : 30% jusqu’en novembre, 50% de décembre 2020 à mars 2021.

Lieux de travail : majoritairement libre, mais un bureau à disposition au centre-ville de Lausanne. Actions et certaines réunions en ville de Lausanne.

Merci d’envoyer votre CV et une lettre de motivation d’ici au 14 juin 2020 à lausanne@verts-vd.ch. Anne Caldelari se tient à votre disposition pour répondre à vos questions pour toute information complémentaire.