Lausanne

Un projet insatisfaisant pour la campagne de l’Hermitage imposé par le Canton

Communiqué de presse des Verts lausannois·es du 4 juillet 2019

La décision du Conseil d’Etat relative à l’agrandissement du Tribunal cantonal à l’Hermitage a fortement surpris les Vert-e-s lausannois·es. Si nous sommes conscients et soutenons la nécessité d’unifier toutes les Cours du Tribunal cantonal, le processus de décision du lauréat (sans consultation de la Ville de Lausanne) et, surtout, l’impact du projet choisi sur la campagne de l’Hermitage ne semblent pas acceptables. Ce magnifique écrin de verdure qui offre l’un des plus beaux points de vue panoramique de Lausanne est cher au cœur des Lausannois·es. L’agrandissement de l’actuel bâtiment du Tribunal cantonal augmenterait l’emprise du bâti sur un espace vert d’une rare qualité, très fréquenté et apprécié de la population hiver comme été. Le projet tel que conçu dégradera la beauté des lieux, alors que d’autres solutions sont envisageables et nettement moins dommageable pour le paysage.

Les Vert-e-s lausannois·es comprennent et soutiennent la volonté d’unir les différentes Cours du Tribunal cantonal en un seul espace, permettant ainsi une meilleure collaboration interne et un meilleur échange de compétences et de connaissances, ainsi qu’une rationalisation des ressources. Il est indispensable que cette unification se fasse enfin, alors qu’elle est réclamée par les magistrats depuis de nombreuses années. Toutefois, d’autres solutions de réalisation doivent être envisagées plutôt qu’une emprise supplémentaire sur la campagne de l’Hermitage. Les Vert·e·s lausannois·es demandent que des alternatives soient étudiées comme la recherche d’un autre emplacement ou éventuellement une autre conception des agrandissements, telle que la surélévation du bâtiment existant (d’autant que le projet Lauréat est nettement plus haut) ou une légère extension vers le Nord, à l’arrière du bâtiment existant).

La campagne de l’Hermitage fait partie des parcs les plus appréciés de la Ville (et peut-être même du Canton), auquel tous les habitants sont attachés non seulement pour son espace de détente, de loisir, son écrin de verdure, mais aussi (et surtout) pour son dégagement sur le paysage alentour, sans comparaison avec d’autres lieux de la Ville. Or, le projet retenu par le Conseil d’Etat vaudois pour l’extension du Tribunal cantonal, soit un bâtiment de deux étages plus haut que le bâtiment existant, et s’avançant au sud-est sur l’angle de la parcelle, va obstruer une part importante de ce dégagement et de la campagne, pourtant retenus à l’inventaire ISOS, sans même que la Ville de Lausanne n’ait été consultée à ce sujet. Les élu-e-s Vert·e·s lausannois·es au Conseil communal avaient, en effet, déjà interpellé la Municipalité pour connaître la collaboration sur ce dossier entre Ville et Canton… et avait appris qu’elle était inexistante, soit sans même un représentant de la Ville dans le jury du concours ! Pourtant, la Ville de Lausanne effectue un travail d’entretien intense dans ce parc, ses vergers et ses ruches, ce qui aurait d’autant plus légitimé une consultation active.

Cela aboutit à un projet qui ne s’intègre pas dans le paysage et dans l’un des espaces verts et de dégagement les plus importants de la Ville. Nous ne pouvons que regretter cette attitude non collaborative et non participative du Canton qui a conduit à un projet qui sera probablement fortement combattu par les voisins et acteurs locaux. Des recours et donc des retards sont à prévoir, ce que l’on aurait pu anticiper et éviter en menant une consultation sérieuse et adéquate avec la Ville et ses habitantes et habitants.

Intervention communale, Lausanne, Sara Gnoni

Urgence climatique

Intervention

Chèr·e·s collègues,

Nous sommes en ce moment deux à la tribune pour vous parler du plus grand défi que l’humanité ait connu mais je souhaiterais que nous soyons TOUTES ET TOUS unis pour y faire face. 

En ce moment je me tiens devant vous non pas comme conseillère ni comme Verte, mais comme terrienne, citoyenne, maman, porte-parole du message scientifique qui nous est communiqué depuis plus de 30 ans, sans que nous l’entendions vraiment. 

Le sujet dont nous traitons ce soir est apolitique, n’est pas partisan et que vous soyez de droite, de gauche ou du centre, vous vous devez tous de répondre à la question “quel genre de futur vous souhaitez pour vous-même vos amis, votre famille, vos proches?” 

Nous sommes face à une crise climatique et écologique sans précédent. Si les rapports du GIEC d’octobre 2018 ou l’extrait du rapport de l’IPBES qui va être présenté cette fin d’année ne vous sont toujours pas familiers, j’aimerais brièvement vous parler de deux rapports récents.

Le premier qui est le Global Risk Report du WEF de 2019 donc la matrice que vous voyez qui montre que les risques qui sont les plus probables et qui ont le plus d’impact – carré en haut à droite, sont des risques liés au climat et à la perte de biodiversité.

Dans ce rapport, une des phrases clé est celle-ci “de tous les risques, c’est en relation avec l’environnement que le monde sombrera le plus clairement dans la catastrophe”. 

Un deuxième rapport récent, une approche par les scénarios (identique au WEF, donc multiplier la probabilité qu’un événement arrive par son impact pour donner le risque) appelé “existential climate-related security risk” dit plusieurs choses essentielles:

1. Historiquement les scientifiques ont été très prudents dans leur communication, et nous le voyons maintenant c’est que la réalité dépasse même les prévisions les plus pessimistes. Comme par exemple les 31°C au cercle arctique le 13 mai passé. Le réchauffement global et la fonte des glaces se fait à un rythme beaucoup plus élevé qu’initialement prévu.

2. Pour réduire les risques que nous venons de mentionner et préserver la civilisation humaine, il est essentiel de mettre en place très rapidement un système industriel à zéro émission. Cela nécessite la mobilisation globale de ressources pour faire face à l’urgence.

3. L’institut qui publie cette étude se déclare incapable, en raison de leur ampleur, de modéliser le niveau de destruction lié au changement climatique en 2050 déjà, pour les scénarios les moins optimistes et 2050, c’est demain

Je ne vais pas vous faire l’inventaire des scénarios films d’horreur auxquels nous devrons faire face si nous n’agissons pas ou pas assez vite, mais plutôt vous dire que c’est une opportunité unique d’agir ensemble et de créer un futur beaucoup plus agréable pour nous tous, avec une société inclusive, des villes plus belles propres et résilientes, respectant les limites de la biosphère.

En effet, la protection du climat et de la biodiversité s’accompagne de nombreuses aubaines en matière d’emplois locaux, que ce soit dans l’agriculture, l’industrie locale ou l’artisanat, en particulier dans le domaine de la réparation. Cela ouvre des perspectives pour résoudre, au moins en partie, les problèmes de socitété auxquels nous faisons face et que personne ne peut nier, comme la précarisation de la population, l’insécurité, les migrations, les pertes d’identité ou les inégalités.

Un autre extrait du WEF dit  Innovative and collaborative approaches may be needed to ensure that action is taken globally before it is too late

Le but de notre postulat est donc de déclarer l’urgence climatique pour donner enfin à la crise climatique et environnementale l’importance qu’elle doit avoir, c’est à dire une situation de crise qui menace la vie humaine.

Nous nous joindrons ainsi au mouvement de pays, de Villes, de Etats et régions qui l’ont fait avant nous et qui couvrent à présent une population de 70 millions de personnes au niveau mondial. Nous pouvons citer comme exemples Le Royaume-Uni qui a été le premier pays au monde à déclarer l’urgence climatique et qui a été suivi par l’Irlande, l’Ecosse ou, plus près de chez nous, Yverdon, Delémont  le canton de Bâle Ville, du Jura ou le canton de Vaud.

Au delà du geste hautement symbolique, le but est double: tout d’abord d’informer, sensibiliser et éduquer la population, les collectivités, les entreprises et créer une large adhésion pour passer à l’action. En effet on a beau lire des rapports, ou des informations scientifiques, rien ne vaut un message clair, transmis par des personnes qui nous sont proches et auxquelles on peut se relier. 

Dans le cadre de ce premier but se trouve également un rôle d’exemplarité: par notre déclaration d’urgence climatique, nous pouvons inspirer d’autres villes à faire de même et créer un cercle vertueux vers l’action.

Le 2e but de ce geste symbolique est d’accélérer le traitement des objets en lien direct avec la sauvegarde du climat. La déclaration permettra ainsi de mettre la priorité sur ces objets, par exemple le plan climat qui vient de vous être présenté, que nous avons co-signé et que nous soutenons fortement, pour que le groupe de travail qui se penche dessus puisse y travailler de toute urgence – soit à la hauteur de l’enjeu auquel nous faisons face. Nous avons un peu moins de 11 ans pour agir, pas pour mettre en place un plan mais pour agir concrètement et nous ne pouvons pas accepter les délais usuels de traitements des objets pour un enjeu vital tel que celui-ci, 11 ans c’est demain

En commission il y a évidemment eu des objections telles que le fait que ceci créerait un précédent pour apporter des sujets en urgence de toutes parts, comme le harcèlement par exemple. Vous l’aurez compris et j’en appelle à votre bon sens, qu’il ne s’agit pas du tout du même degré d’urgence, on parle, encore une fois de la survie de notre société. Une autre objection était celle qu’il est difficile objectivement de savoir quels objets sont liés au climat, sur ce point j’en appelle encore une fois au bon sens et à l’expertise du groupe de travail qui se penchera sur la mise en place des mesures concrètes pour nous sortir des énergies fossiles pour déterminer la pertinence ou non de l’urgence.

Je vous rappelle enfin que nous avons une responsabilité morale, en tant que pays riche, d’agir au plus vite et au-delà de ce qui est demandé par le GIEC pour que les pays qui n’ont pas encore accès à l’électricité ou à l’eau courante puissent atteindre un niveau de vie digne. L’urgence n’est donc pas seulement dans notre intérêt de préserver notre climat, nos alpes, nos cultures, mais aussi notre devoir de pays riche.

J’espère que vous l’aurez compris, nous sommes face au plus grand défi de notre espèce et la réponse que vous donnerez ce soir avec votre vote sera déterminante pour assurer un futur à vous ainsi qu’aux personnes que vous aimez.

Sara Gnoni

Références:

Rapport WEF Global Risks Landscape 2019

The year 2018 was another one of storms, fires and floods.19 Of all risks, it is in relation to the environment that the world is most clearly sleepwalking into catastrophe. The Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) bluntly said in October 2018 that we have at most 12 years to make the drastic and unprecedented changes needed to prevent average global temperatures from rising beyond the Paris Agreement’s 1.5oC target. In the United States, the Fourth National Climate Assessment warned in November that without significant reductions in emissions, average global temperatures could rise by 5oC by the end of the century.20 GRPS respondents seem increasingly worried about environmental policy failure: having fallen in the rankings after Paris, “failure of climate-change mitigation and adaptation” jumped back to number two in terms of impact this year. And the most frequently cited risk interconnection was the pairing of “failure of climate-change mitigation and adaptation” and “extreme weather events”. The accelerating pace of biodiversity loss is a particular concern. The Living Planet Index, which tracks more than 4,000 species across the globe, reports a 60% decline in average abundance since 1970.21 Climate change is exacerbating biodiversity loss and the causality goes both ways: many affected ecosystems—such as oceans and forests—are important for absorbing carbon emissions. Increasingly fragile ecosystems also pose risks to societal and economic stability. For example, 200 million people depend on coastal mangrove ecosystems to protect their livelihoods and food security from storm surges and rising sea levels, as discussed in Chapter 5 (Fight or Flight).22 One estimate of the notional economic value of “ecosystem services”—benefits to humans, such as drinking water, pollination or protection against floods—puts it at US$125 trillion per year, around two-thirds higher than global GDP.23

In the human food chain, loss of biodiversity affects health and socio- economic development, with implications for well-being, productivity and even regional security. Micronutrient malnutrition affects as many as 2 billion people. It is typically caused by a lack of access to food of sufficient variety and quality.24 Nearly half the world’s plant-based calories are provided by just three crops: rice, wheat and maize.25 Climate change compounds the risks. In 2017, climate-related disasters caused acute food insecurity for approximately 39 million people across 23 countries.26 Less obviously, increased levels of carbon dioxide in the atmosphere are affecting the nutritional composition of staples such as rice and wheat. Research suggests that by 2050 this could lead to zinc deficiencies for 175 million people, protein deficiencies for 122 million, and loss of dietary iron for 1 billion.

Intervention communale, Lausanne, Sophie Michaud Gigon

Aide et conseils pour se débarrasser de l’amiante

Intervention

Préavis «Organisation, compétences et actions communales relatives à la problématique de l’amiante» n° 2019/10

La Ville est organisée sur la problématique de l’amiante et le précise dans ce préavis.

Tous les bâtiments construits avant 1990 contiennent ce matériau utile dans la construction et fort dangereux pour la santé. On en retrouve donc hélas partout. L’impact sur la santé dépend comme pour toute substances toxiques du cumul et de la durée d’exposition, ainsi que du profil de la personne. Guy Gaudard l’a illustré pleinement. Pour ses propres bâtiments, la Ville est équipée, elle a même revu l’ordre des rénovations à faire. Les bâtiments scolaires ont été diagnostiqués en priorité ; sans pouvoir garantir qu’il n’y ait plus de traces, les travaux à effectuer l’ont été. Par ailleurs, la Ville souhaite intensifier l’information aux habitants en mettant aussi en avant le principe de précaution et en élargissant aux autres matériaux toxiques de la construction; c’est une bonne chose, il ne faut pas relâcher l’attention.

Là où les Verts voient aussi un enjeu, c’est dans le lien avec la population elle-même confrontée à des travaux. L’amiante et sa dangerosité est plutôt bien connue de la population. Comme pour toute substance toxique pour la santé, les questions qui taraudent les gens sont : à partir de quelle exposition est-ce grave pour ma santé, comment m’en prémunir, est-ce suffisant si je fais ceci ou cela etc. Nous n’avons pas forcément les connaissances ni les ressources pour avancer seul. Ces questions peuvent vite devenir anxiogènes et la Ville doit – tout en agissant – rassurer et surtout donner des pistes.

Si vous êtes propriétaire d’un appartement ou locataire d’un bail commercial et que vous envisagez des travaux, le problème de l’amiante s’imposera, mais vous ne saurez pas forcément quoi faire. Et si vous le savez, vous n’en aurez pas forcément les moyens, le désamiantage étant onéreux et s’ajoutant à une facture qui peut être déjà très importante selon les travaux. En bref, la Ville doit aussi accompagner les habitants, soit en soutenant financièrement les diagnostics, soit en établissant des protocoles avec ce qui est indispensable et ce qu’il est recommandé de faire. Bref, elle doit conseiller les gens et s’assurer que le problème n’est pas seulement pris au sérieux intellectuellement, mais dans les actes, en allégeant le cas échéant la charge reposant sur la personne prévoyant des travaux. Comme c’est ici une question de santé publique, un soutien du canton semble justifié.

Les Verts soutiennent avec ces remarques la réponse au postulat Gaudard et ce préavis municipal à l’unanimité.

Je vous remercie de votre attention.

Sophie Michaud Gigon

Anne Berguerand, Intervention communale, Lausanne

Les employé-es de la Ville sont-ils suffisamment informé-es sur le principe de transparence?

Question écrite

Le principe de la transparence dans l’administration ressort de la loi du 24.9.2002 sur l’information (LInfo) ainsi que de son règlement d’application. Les articles 8 et suivants LInfo permettent à toutes les citoyennes et citoyens de faire une demande d’accès à des documents officiels détenus par un organisme soumis à cette législation.

Ce principe veut que le public soit informé de manière ouverte et complète sur les activités de l’État. Il implique notamment le principe de la présomption de publicité des documents officiels.

Finalement, la politique de transparence vise à nourrir la crédibilité de l’action publique et à favoriser le bon fonctionnement de la démocratie.

Questions :

Quelle est la stratégie de la Municipalité dans ses directives envers ses collaboratrices et collaborateurs, concernant la transmission d’information depuis l’entrée en vigueur de la Linfo ?

Quelles mesures concrètes, visant à s’assurer que cette loi soit bien connue et maîtrisée par le personnel de l’administration communale, sont actuellement prises ?

Anne Berguerand

Feuille verte, Lausanne

Le climat, les jeunes et la politique

Les grèves du climat se succèdent et se banalisent dans le paysage politique. Ainsi, le vendredi 24 mai dernier, plus de 5’000 jeunes sont à nouveau descendus dans la rue malgré la période des examens ! Certains journaux titrent : « La participation des jeunes fond comme neige au soleil. ». Qu’on me trouve le mouvement politique qui parviendrait à mobiliser autant de fois autant de jeunes pour des manifestations, avant de parler de fin des grèves du climat. D’autres critiques fusent comme celle de notre cher ancien Conseiller national vaudois Fattebert qui déclare que les jeunes Vaudois-e-s font preuve d’« un manque de maturité certain ». Fort heureusement, les jeunes, tant décriés par l’UDC pour leurs manipulations et leur manque de responsabilité, ont voté aux élections européennes. C’est bien la preuve que le sursaut de conscience manifesté par les nouvelles générations sur la question climatique ne se traduit pas uniquement dans une position contestataire permanente, non, il s’exprime aussi dans les urnes. Les jeunes montrent ainsi leur volonté d’une politique plus écologiste. En Allemagne et en France, les Verts ont été propulsés comme deuxième et troisième force politique du pays !

Qu’en est-il de la Suisse ?

La politique institutionnelle et parlementaire ne fait pas partie des moyens d’action les plus évidents pour les jeunes. Certainement, d’une part, parce que l’État n’offre aucune éducation civique pendant l’école obligatoire et qu’il n’y a pas d’accompagnement dans l’acquisition des droits citoyens, mais également par la complexification de certains processus politiques. Des discours longs et métaphoriques doivent laisser leur place à des explications claires et accessibles.

La responsabilité des partis politique lors des prochaines élections fédérales en octobre prochain ne réside pas dans la promotion du programme uniquement, elle se trouve aussi et surtout dans la vulgarisation du langage politique et du fonctionnement des chambres.

C’est pourquoi les Jeunes Vert-e-s vaudois-e-s ont mis sur pied le site internet vote-climat.ch et développent actuellement une série de capsules vidéo, bientôt mises en ligne, pour simplifier la compréhension du système politique suisse et montrer que cette nouvelle législature aux chambres fédérales ne peut se faire qu’avec une majorité écologiste.

Il faut prendre le virage numérique, savoir-faire campagne ailleurs que sur les marchés. D’ailleurs, une campagne numérique ne signifie pas uniquement sponsoriser certaines publications, il est nécessaire désormais de jouer avec les logarithmes des GAFA, de partager les liens utiles sur les réseaux sociaux, en bref, faire jouer nos carnets d’adresses virtuelles.

Alors que partout on parle de vague verte, je nous souhaite, grâce à nos efforts communs, un tsunami du même nom. Motivez votre entourage, partagez les vidéos et les site internet de vulgarisation de la politique, faites votez vos neveux et nièces, voisines et voisins, enfants, petits-enfants, parents, grands-parents, pour les jeunes engagé-e-s pour la justice climatique et sociale. Votez les Jeunes Vert-e-s!

Oleg Gafner

Benjamin Rudaz, Intervention communale, Lausanne

Projet d’aménagement hydroélectrique sur le Rhône

Intervention (2)

Le groupe des verts est divisé sur cet objet, comme vous l’a déjà dit ma collègue Sangra. Une partie minoritaire soutient toutefois ce projet de palier hydroélectrique, en toute connaissance de cause et avec les avantages et inconvénients allant avec ce type de projet. Ma position sera vous l’entendrez positive, mais elle restera critique, comme il se doit. Je voudrais bien vous promettre d’être court, mais 100% de ces déclarations dans cette salle s’avèrent a posteriori trompeuse.

Un peu de géographie, pour relativiser l’importance de barrage à l’échelle du Rhône. Ce nouveau barrage est de taille et de production modeste, par rapport à ses grands frères directs au fil de l’eau sur le même Rhône que sont la centrale Souste-Chippis, (presque 100 mètres de chute), et celle de Lavey, bien connue de ce cénacle. C’est que ce fleuve ne se prête qu’à de très rares endroits à des aménagements hydroélectriques de taille raisonnable (en terme de coûts et de production). Ainsi, le palier Massongex-Bex-Rhône qui fait l’objet du débat de ce soir, est installé à l’un des derniers endroits aménageables possibles, avec une pente et une configuration de plaine adéquate. Si la pente est trop faible, hé bien point d’énergie. Si la plaine est trop large, les aménagements deviennent pharaoniques (digues, canaux de dérivation, etc). Vous pouvez vous diriger sur le Rhône en aval de Lyon pour en avoir une idée. Or à Massongex, la plaine est encore étroite, serrée à la sortie du défilé de Saint-Maurice. La pente, certes plus faible qu’ailleurs sur le Rhône, reste suffisante pour construire cet aménagement.

La sortie du nucléaire implique plusieurs stratégies, combinant économies d’énergies, développement des nouvelles énergies renouvelables (solaire, éolien), et maintien du socle de production hydroélectrique. Ce socle est essentiellement constitué des centrales à accumulation, mais comporte aussi une composante « au fil de l’eau ». Or, pour remplacer du nucléaire de ruban, il faut trouver du renouvelable en ruban, disponible toute la journée. Le débit du Rhône varie, dans l’année et dans la journée, mais une centrale au fil de l’eau comme MBR viendrait, à sa hauteur, contribuer à ce tournant énergétique. 75 GWh, cela ne paraît pas énorme, mais cela équivaut à la production annuelle d’environ 300’000 m2 de solaire photovoltaïque.

Finalement, l’impact sur l’environnement est bien sûr présent, comme pour tout projet d’une taille industrielle. Il faut toutefois remettre l’ampleur de ce projet, faible, sur le reste du projet Rhone3, qui va de manière dramatique et positive renforcer les qualités biologiques du Rhône, sur l’entier de son parcours entre Brig et le Lac Léman. Dans le cadre de ce projet du siècle (Rhône 3), l’impact de MBR aura lieu sur un tronçon limité peut donc être considéré comme acceptable.

Dernier argument pour voter oui, même avec les réserves exprimées par ma collègue : La présence de Lausanne dans ce projet paraît essentielle, de par l’exemplarité de la Ville en matière de responsabilité environnementale et envers la biodiversité. Sans Lausanne, il y a fort à parier que les autres acteurs (FMV et Romande Energie) auront une pesée d’intérêts bien plus orienté vers la production pure. Il faut donc que les SIL soient partenaires de ce projet, pour garantir que le projet se passe conformément aux engagements pris envers les ONG environnementales, et d’un point de vue politique acceptable.

Pour ces raisons, plusieurs membres du groupe des Verts voteront positivement à ce rapport-préavis, en souhaitant que vous fassiez de même.

Benjamin Rudaz

Alice Genoud, Daniel Dubas, Intervention communale, Lausanne

Stationnement offert par la Société Parking Riponne SA

Les Verts lausannois interpellent le Bureau du Conseil communal sur la conformité du cadeau du Parking de la Riponne SA

Monsieur le Président,

La « Recommandation du Bureau [du Conseil communal] concernant l’article 100a de la loi sur les communes (interdiction d’accepter ou de solliciter des libéralités ou d’autres avantages) » a été adoptée le 8 janvier 2019. Elle est entrée en vigueur le 23 janvier 2019.

Le groupe des Verts au Conseil communal se réjouit de cette démarche, qui s’appuie sur la directive municipale correspondante pour en établir le pendant applicable à notre Conseil. Elle permet d’établir des règles sur les situations de conflits d’intérêts potentiels ou réels, sur les voyages officiels et sur les libéralités et autres avantages tels que des cadeaux ou des invitations. Seuls des avantages « de faible importance » sont admis, c’est-à-dire des avantages dont la valeur marchande n’excède pas un montant de CHF 300, ce qui nous semble une limite acceptable pour laisser la liberté nécessaire au travail d’élu, avec la représentation qu’il implique, tout en respectant l’importance de notre indépendance.

Or il s’avère que la société Parking Riponne SA offre aux membres du Conseil communal le stationnement gratuit pour toutes les séances du Conseil communal. Les membres du groupe des Verts ont refusé cette offre, la jugeant problématique non seulement parce qu’elle incite l’utilisation de la voiture en lieu et place des transports publics ou de la mobilité douce, mais aussi éthiquement puisqu’elle provient d’un parking privé à usage public loué par la Ville de Lausanne à cette société en droit de superficie, sur décision du Conseil communal.

En calculant la valeur de cet avantage, avec un coût pour le stationnement de CHF 14.- (pour la période de 17h30 à 23h00) par soirée, pour 22 à 24 soirées du Conseil communal par année, le montant maximum de CHF 300.- fixé par le Bureau du Conseil communal est donc dépassé déjà en une seule année et a fortiori sur les cinq années de la législature. A cela s’ajoutent d’autres cadeaux de fin d’année de faible valeur.

Par conséquent, nous demandons l’interdiction de cette pratique et nous prions donc le Bureau d’examiner notre demande. Cette pratique représente à notre sens un avantage illicite touché par de nombreux membres du Conseil communal et qui peut potentiellement avoir un impact sur l’indépendance des votes au moment des discussions sur la prolongation, ou non, des droits de superficie en faveur des parkings privés à usage public.

Si le Bureau juge indispensable la prise en charge des frais de déplacement, il pourrait, en lieu et place du système actuel, proposer un financement à travers la caisse communale des frais de transport publics ou individuels si des raisons objectives les imposent. Cette solution permettrait de garantir l’accès au Conseil à tous ses membres gratuitement, en privilégiant les transports publics, mais sans pour autant les imposer pour les cas où des personnes, notamment pour des raisons physiques, ne pourraient les utiliser.

En vous remerciant de l’attention que vous porterez à la présente demande, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de nos meilleurs sentiments.

Daniel Dubas

Alice Genoud

Co-président-e-s du groupe des Verts

Daniel Dubas, Intervention communale, Lausanne

Restructuration de la Fondation de Beaulieu

Intervention

Peu de d’endroits à Lausanne ont fait couler autant d’encre que le site de Beaulieu. Nous avons assisté au refus par la population de la Tour Taoua, un projet incohérent et problématique, qui avait à l’époque été combattu avec succès par les Verts lausannois. Nous avons également assisté au déclin des foires commerciales traditionnelles, notamment du Comptoir Suisse qui ne connaîtra pas de 100ème édition, à des difficultés importantes de gestion conjointe de le Fondation de Beaulieu entre le canton et la ville, aux agissements douteux de l’ancien secrétaire général, confirmés par deux audits et un volet important aujourd’hui en mains de la justice.

La Ville de Lausanne, plutôt que de se dédouaner de ses responsabilités, a décidé d’agir. Par un travail conséquent, elle a réussi à maintenir des activités culturelles de taille avec le Ballet Béjart Lausanne, à entamer les travaux pour la rénovation du Théâtre, mais aussi et surtout à développer l’implantation d’acteurs assurant une activité permanente, avec notamment l’implantation de l’Ecole de la Source et du Tribunal arbitral du sport.

Aujourd’hui, la Municipalité nous propose de continuer son activité dynamique, en créant la structure et la gouvernance nécessaires au bon fonctionnement du site et en proposant de mettre à disposition les moyens financiers nécessaires pour permettre ce développement. Ces investissements ne sont pas négligeables, avec notamment un apport de capital de CHF 36 millions et des garanties d’emprunt supplémentaires à hauteur de CHF 25 millions. Mais elles en valent la peine.

Il faut dire qu’il s’agit d’une opportunité pour la ville de Lausanne, d’une véritable chance historique de reprendre le contrôle du développement du site de Beaulieu, afin d’y mener un projet urbanistique et économique cohérent qui apporte une réelle plus-value à long terme pour la ville. Ceci d’autant plus que ce site stratégique sera à terme extrêmement bien desservi par les transports publics (avec notamment le m3).

Nous sommes très satisfaits du rapport-préavis tel qu’il nous a été soumis par la Municipalité. Le projet municipal nous propose de créer une société anonyme en mains de la ville, qui sera à la fois propriétaire des bâtiments et responsable de la gestion des activités en cours ou à développer sur le site. Le système de gouvernance imaginé est cohérent et permettra de mener à bien la mutation nécessaire et souhaitable de Beaulieu, en permettant une gestion basée sur une stratégie claire axée sur des marchés porteurs d’avenir, et en complémentarité avec d’autres acteurs, comme notamment le Swiss Tech Convention Center à l’EPFL.

Dans l’esprit d’une bonne gouvernance, une réelle transparence dans la gestion des entreprises publiques est fondamentale, celles-ci fonctionnant encore trop souvent comme des boîtes noires. Les Verts ont souvent soulevé la nécessité d’un contrôle démocratique des sociétés anonymes de la ville, comme par exemple dans le cadre du postulat Trezzini intitulé « Quelle gouvernance pour les sociétés anonymes de la Ville ? », dont la réponse sera prochainement à l’ordre du jour des délibérations au Conseil communal. Pour Beaulieu, il sera important d’aller dans le même sens de recherche de transparence et de contrôle démocratique.

Un petit bémol tout de même sur la gestion actuelle du site de Beaulieu : La Fondation fait de la promotion active pour louer des places de parc ; notamment à des pendulaires automobilistes. Cette pratique contredit clairement la politique de stationnement de la ville visant à restreindre l’accès des pendulaires en ville. Alors que des normes restrictives en nombre de places de stationnement sont appliquées lors de la construction de nouvelles surfaces d’activités, on permet ici aux employés de louer à Beaulieu les places qu’ils n’ont pas pu obtenir sur leur lieu de travail. Les Verts demandent donc à la Municipalité de mettre en place un Règlement d’attribution des places louées dans le parking de Beaulieu, en les réservant exclusivement aux habitants du quartier ou à des employés qui n’ont pas la possibilité de venir en transports publics.

En résumé, nous saluons clairement l’approche proactive et déterminée de la Municipalité pour reprendre en mains le contrôle du site, par une démarche ambitieuse et qui permet de piloter de façon intelligente la mutation nécessaire de Beaulieu. Vous l’aurez compris, le groupe des Verts acceptera les conclusions du rapport-préavis à l’unanimité et vous propose de faire de même.

Daniel Dubas

Lausanne

Une victoire pour le tram, mais un risque pour la nature en ville !

Les Verts lausannois accueillent avec un certain regret la décision du Tribunal fédéral (TF) qui annule la décision du Tribunal administratif fédéral (TAF) et renvoie le dossier à cette autorité pour examiner les plans routiers du barreau Vigie-Gonin. Un point positif est toutefois à saluer : les plans du tram n’avaient pas été remis en cause dans ce recours, ils semblent être validés et nous espérons vivement que sa construction démarrera sans délai. Toutefois, cette décision indique que le barreau routier peut être lié procéduralement à la mise en place du tram et renvoie au TAF pour examen de ces plans routiers. Un espoir ressort donc, soit celui de permettre aux autorités politiques, voire au TAF, d’examiner en détails les possibilités alternatives au barreau routier Vigie-Gonin et de les privilégier tout en maintenant le tram.

Tout d’abord, nous saluons la décision du Tribunal fédéral qui ne remet pas en cause les plans du tram et nous réjouissons de la construction imminente de cette ligne de transports publics tant attendue pour relier l’Ouest lausannois et le centre-ville. Nous mettrons tout en œuvre pour rattraper le retard pris par les procédures judiciaires et obtenir une mise en service aussi rapide que possible de ce tram.

Toutefois, lier formellement et de manière obligatoire une infrastructure de mobilité douce avec une nouvelle pénétrante routière au centre-ville a toujours été critiqué par notre mouvement et nous regrettons dès lors le deuxième volet la décision du Tribunal fédéral de ce jour qui valide cette manière de faire. Cette décision, qui traite exclusivement de compétences juridiques, risque d’avoir des impacts politiques et environnementaux extrêmement importants. Toutefois, cela ne veut pas encore dire que le barreau Vigie-Gonin soit indispensable à la construction du tram et les Verts lausannois profiteront de ce deuxième tour procédural pour tenter de raisonner les instances politiques à ce sujet.

En effet, plutôt que d’augmenter le transport automobile en ville, il convient de profiter de ce nouvel examen devant le TAF pour réellement examiner les alternatives possibles. Les Verts lausannois, suite aux diverses interpellations qu’ils ont déposées, ont appris que deux rapports avaient été rendus dans ce dossier, l’un montrant d’abord que le tram pouvait être réalisé sans barreau, moyennant une légère saturation de certains carrefours aux heures de pointes, l’autre, peu de temps plus tard, indiquant le barreau routier Vigie-Gonin comme seule mesure d’accompagnement possible au nouveau tram. Il est indispensable que les instances politiques, voire juridiques, examinent en détails toutes les options possibles, moyennant une pesée fine des intérêts, afin de choisir l’option impactant le moins possible l’environnement, tout en permettant la mise en service du tram au plus vite. En effet, la quasi-totalité des partis politiques a fait de la protection du climat et de la nature leur priorité en cette année électorale. Il est donc temps de passer à l’action et de prouver que ce ne sont pas là que des mots, mais que des actes concrets et locaux doivent suivre.

La construction du tram doit démarrer sans délai et nous espérons encore que, malgré cette décision juridique, les consciences écologiques qui semblent être apparues ces derniers mois poussent les autorités cantonales et communales à étudier les alternatives au barreau Vigie-Gonin que nous réclamons depuis plusieurs années.