Lausanne

Park(ing) Day 2018 à Lausanne : de la lecture à la place de la voiture

Au centre-ville, chaque mètre carré compte ! Affectons l’espace aux humains et à la vie plutôt qu’à des masses dormantes d’acier.

Dans le cadre de Park(ing) Day 2018, journée internationale de prise de conscience et d’action sur l’emprise du stationnement de véhicules individuels motorisé dans les espaces publics, les Verts lausannois, l’ATE-Vaud et actif-trafiC ont symboliquement reconquis une place de parking au cœur de Lausanne.

Pendant deux heures, une place de parc de la Place Centrale a hébergé une terrasse éphémère, une place de lecture et un bar improvisé. Tout en s’acquittant de l’émolument de stationnement.

Chaque place de parc représente 12 mètres carrés d’espace inutilement réservé à des voitures immobilisés. Ce sont donc des milliers de mètres carrés qui méritent une meilleure vie : des terrasses, des lieux d’échange, des places de jeu, des carrés d’herbe, des rues piétonnes, bref, de vrais espaces publics, accessibles au plus grand nombre. Ces places réaffectées cesseraient également d’attirer du trafic polluant et bruyant au cœur de la ville. Bénéfice : une circulation des transports publics et de la mobilité douce fluidifiée et donc une meilleure qualité de vie en ville pour toutes et tous.

L’action de ce jour a fait la démonstration de ce que devraient devenir ces espaces mangés par le stationnement, avec une politique active et volontariste que les associations participantes appellent de leurs vœux.


Benjamin Rudaz, co-président des Verts lausannois
Léonore Porchet, membre du comité national d’actif-trafiC

Intervention communale, Lausanne, Xavier Company

Lutter plus efficacement contre les pratiques abusives

Intervention

R70 – Postulat de Conscience Pierre et crts – Lutter plus efficacement contre les pratiques abusives : pour l’instauration d’un reçu à l’occasion de chaque interpellation de police

Le Groupe des Verts soutiendra majoritairement ce postulat pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, le sentiment de discrimination d’une partie de la population dont a fait état M. Conscience doit être entendu. En effet, il n’est pas anodin d’être contrôle par les forces de l’ordre  et chacun a le droit d’être informé de ses droits en cas d’interpellation et de contrôle. Il s’agit là de la défense des droits les plus élémentaires des justiciables et on peut s’étonner que le PLR s’y oppose. De plus, ce postulat pourrait permettre de limiter les interpellations inutiles ou disproportionnées, tel semble être le cas dans les villes qui utilisent ce procédé en tout cas. Finalement, un tel reçu permettrait un meilleur contrôle et suivi des interpellations.

Il ne s’agit dès lors pas d’une défiance envers le corps de police, bien au contraire, cet outil permettrait une amélioration du système de police et surtout une transparence de son action. C’est, pour le Groupe des Verts, une façon aussi de légitimer le travail de la police en la rendant transparente et en permettant ainsi à la Municipalité de mettre en avant ses pratiques.

Par contre, il est sûr que nos craintes pour une surcharge du corps de police sont importantes, mais nous sommes sûrs que la Municipalité, en cas d’acceptation de ce postulat, saura mettre en place un système efficace permettant de ménager les forces policières tout en garantissant la transparence nécessaire à son travail et une défense adéquate des droits des personnes contrôlées.

Dès lors, afin de pouvoir notamment examiner ce qu’il se fait dans d’autres villes suisses et européennes, et compte tenu de la prise de position nuancée de M. Conscience ce soir visant à donner une large marge de manœuvre à la Municipalité pour la mise en place de son postulat, notre groupe le renverra majoritairement à la Municipalité, avec quelques abstentions.

Xavier Company

Intervention communale, Lausanne, Sophie Michaud Gigon

Pour des rues vivantes

Intervention

Préavis N° 2018/11 : « Rues vivantes » Aménagements urbains, valorisation des espaces publics et modération du trafic – Demande de crédits de réalisation

Comme le rappelait le Syndic dernièrement, on dit parfois des Verts qu’ils ne sont ni de gauche ni de droite mais devant. C’est le cas pour la requalification de l’espace public qui est l’objet de ce préavis. Nos nombreux postulats et interventions faites dans ce Conseil depuis 10 ans attestent parfaitement de notre engagement et cela en continu.

Mais nous préférons ne pas rester tout seuls devant et sommes donc ravis d’être rejoints sur cette thématique par un préavis de la Municipalité. Nous sommes donc fortement favorables à ce préavis et remercions la Municipale en charge de l’avoir concrétisé.

Dans les quartiers de Lausanne, ces mesures bien concrètes permises par le crédit validé, se verront. Comme par ex les zones de rencontres, chères à notre collègue Beaud.

Elles sont l’outil le plus adapté pour permettre le partage de l’espace public entre les différents usagers, pour que les routes deviennent rues et ne soient plus seulement des espaces de circulation mais deviennent de véritables lieux de vie, sécurisés et que les habitants puissent s’approprier.

Il n’y a pas de clivage gauche-droite à avoir sur le bien vivre ensemble ; des enfants aux seniors, en passant par les actifs de notre ville, nous sommes tous gagnants à avoir des bancs, des cheminements sécurisés pour aller à l’école, un centre-ville aux commerces vivants et dynamiques, une rampe ici ou là, des petites choses que la population appelle de ses vœux dans tous les quartiers de la ville et qui ne doivent pas tous passer devant notre Conseil. Vraiment pas. Ces petits aménagements font office de déclencheur et les habitants deviennent acteurs de leur ville et s’y engage ensemble.

Les grandes villes suisses ont élaboré une stratégie et Lausanne emboîte le pas avec ce préavis concret, que les Verts vous invitent à plébisciter.

Sophie Michaud Gigon

Intervention communale, Lausanne, Xavier Company

Réponse au postulat de M. Matthieu Carrel «Pour la création d’un recueil systématique en ligne du droit lausannois».

Intervention

Rapport-préavis No 2017/33

Je serai presque aussi bref que le rapport de commission de notre collègue Piccard que je remercie pour ce précieux travail.

En tant qu’avocat pouvant passer parfois de longs moments sur les sites de certaines communes vaudoises à fouiller pour trouver le règlement des constructions, ou le PGA, je ne peux qu’applaudir le postulat de notre collègue Carrel, et la réponse de la Municipalité qui semble déjà bien avancée dans sa réalisation.

On peut seulement regretter qu’il ait fallu 4 ans pour rendre ce rapport préavis… mais au vu du travail conséquent qui a été réalisé par l’administration et du fait que le recueil a presque précédé la reddition de ce rapport, on ne peut finalement que se réjouir de la situation actuel.

Je souhaite donc féliciter le postulant et la Municipalité pour cette démocratisation des règlements communaux, dès lors parfaitement accessibles à la population et vous inviter à accepter ce rapport préavis.

Xavier Company

Lausanne

Un soutien à la presse pragmatique et efficace de la Ville de Lausanne

Communiqué de presse des Verts lausannois du 11 juillet 2018

Les Verts lausannois ont accueilli avec satisfaction l’annonce faite par la Ville de Lausanne des mesures prévues en soutien à la presse locale, quelques semaines après le dépôt de leur interpellation urgente concernant l’avenir du quotidien Le Matin. La publication des actualités de la Ville par le biais de LausanneCités a le double avantage d’informer de manière directe la quasi-totalité de la population lausannoise (et environs) et de soutenir un média indépendant, qui a récemment dû lutter pour sa survie, et qui ne cache pas son esprit critique vis-à-vis de la politique municipale. La deuxième annonce d’utiliser un budget supplémentaire de CHF 70’000.- pour soutenir directement la presse locale de manière plus variée est également à saluer, non seulement pour éviter une inégalité de traitement entre les différents médias, mais également pour informer les lecteurs et lectrices qui ne seraient pas amenés à consulter LausanneCités. Cette solution semble par contre peu durable. D’autres solutions doivent dès lors être trouvées en collaboration avec le Canton, pour maintenir une presse diversifiée et de qualité.

La publication d’informations municipales par le biais de LausanneCités a le mérite de concentrer les publications d’actualités de la Ville sur un seul et même support, tout en soutenant un média indépendant, plutôt que de favoriser des méthodes de distribution alternatives et redondantes. En étant bien identifiée, et rédigée en application de la charte rédactionnelle prévue par la Ville, la partie officielle évite ainsi un mélange des genres et un risque de confusion entre les véritables articles de presses et les informations municipales. Le Verts se félicitent de cette solution qui n’apporte presque que des avantages, tant pour la population, que pour la presse régionale. Les Verts auraient toutefois souhaité pouvoir faire un bilan de cette mesure après une année, avant de s’engager directement pour les cinq prochaines années.

Même s’il peut apparaître regrettable de ne pouvoir privilégier qu’un seul titre, le choix de LausanneCités répond a beaucoup d’avantages, soit celui d’être un journal accessible à tou-te-s, distribué à tou-te-s, indépendant et sans connotation partisane politique. De plus, au vu des grandes difficultés pour les pouvoirs publics, cantonaux ou communaux, d’établir un dialogue constructif avec Tamedia, il semble malheureusement impossible d’envisager une telle collaboration avec l’un de ses journaux.

Mais la seconde mesure présentée par la Municipalité, soit l’enveloppe de CHF 70’000.- destinée à financer des publicités dans la presse régionale, permet tout de même d’équilibrer les prestations entre les différents journaux et de soutenir notamment les titres de Tamedia, en plus des dépenses déjà réalisées par la Municipalité auprès de 24heures et de la FAO, rappelées à juste titre.

Si ces mesures sont plus que bienvenues dans le contexte difficile actuel, elles ne doivent pas empêcher la Municipalité de chercher des solutions sur le long terme pour le soutien à la presse, avec le Canton et d’autres collectivités publiques. Comme ils ont pu l’exprimer à de nombreuses reprises, les Verts sont en faveur de solutions durables, afin de permettre à une presse critique et indépendante d’exister sans épée de Damoclès financière au-dessus des journalistes. Des solutions comme un fond de la presse romande ou vaudoise, à l’image de ce qui se fait pour le cinéma, se doivent, par exemple, d’être envisagées et examinées en détail. Les collectivités publiques devraient également favoriser des soutiens pour toutes les formes de journalisme, quel que soit le support concerné, et pas uniquement pour les journaux papier.

Xavier Company, co-président des Verts lausannois

Benjamin Rudaz, co-président des Verts lausannois

Daniel Dubas, co-chef de groupe des Verts au Conseil communal de Lausanne

Lausanne

Stade de la Tuilière : Un stade pour tous, ou tout pour INEOS ?

Communiqué de presse des Verts lausannois du 18 juin 2018

Les Verts lausannois ont pris connaissance de l’avancée des tractations entre la Ville de Lausanne et Le FC Lausanne-Sport, respectivement INEOS, concernant le stade de la Tuilière. Si l’on peut espérer que la Ville a pris les précautions nécessaires pour se préserver financièrement en cas de départ d’INEOS de la tête du Lausanne-Sport, comme le Municipalité l’avait annoncé au Conseil communal, les Verts lausannois regrettent l’accaparation du stade par INEOS qui est en train de s’opérer, en dépit des processus démocratiques antérieurs, et l’opacité qui entoure ces transactions. De plus, les Verts craignent que l’image négative d’INEOS ne ternisse celle de la Ville, si celle-ci y est trop liée, et n’enterre définitivement toute volonté de naming du stade de la part d’un acteur local responsable.

Une des craintes des Verts lausannois, formulée dans les différentes interpellations déposées sur cet objet depuis le mois de novembre 2017, était de savoir si par la création d’une société ad hoc, INEOS Football SA, INEOS fragilisait ses investissements au sein du Lausanne-Sport et faisait peser encore plus de risques financiers sur la Ville de Lausanne. Des assurances avaient été données par la Municipalité de Lausanne lors de son intervention au Conseil communal, mais rien ne ressort malheureusement du communiqué de presse de ce jour.

Les Verts lausannois restent dans tous les cas très critiques quant à l’opacité qui entoure ces transactions et le déni démocratique qui accompagne les modifications imposées par INEOS au stade de la Tuilière. Les deux interpellations ordinaires déposées par le groupe n’ont pas reçu de réponse de la Municipalité après respectivement trois et quatre mois et il a fallu déposer une nouvelle interpellation urgente pour que la Municipalité daigne répondre, par oral. Aucun écrit n’a cependant été rendu, en dépit des requêtes réitérées dans ce sens. Pas plus qu’un nouveau vote n’a été proposé au Conseil communal, compte tenu des modifications apportées au projet accepté par le préavis N° 2016/68 et des 76 millions de francs investis par la Ville dans le stade.

Ce stade, sensé appartenir aux Lausannois-es (qui le financent à hauteur de 76 millions de francs) est en train d’être accaparé par le géant de la pétrochimie mondiale, à des fins commerciales et non populaires, comme il le devrait. En effet, les modifications de luxe imposées par INEOS, tendant notamment à un terrain hybride plutôt que synthétique et à la pose de quatre écrans géants, rendent plus compliquée et plus coûteuse l’utilisation du stade par le Lausanne-Sport ou par d’autres entités. INEOS est une compagnie basée à Rolle majoritairement active dans les marchés de la pétrochimie, du pétrole et de l’automobile et a un bilan catastrophique en matière de durabilité. L’association de la Ville à cette entreprise est non seulement regrettable, compte tenu de son image mondiale et des scandales qui l’éclaboussent, mais elle risque également de faire fuir de potentielles collaborations locales responsables, notamment pour le naming du stade. La Ville donne ainsi l’impression que l’intérêt public est mis de côté en faveur des intérêts financiers d’INEOS ou du Lausanne-Sport, et les Verts lausannois le regrettent amèrement.

Xavier Company, co-président des Verts lausannois

Sophie Michaud Gigon, conseillère communale

Lausanne

Valéry Beaud élu à la présidence du Conseil communal de Lausanne

Communiqué de presse

C’est avec plaisir que les Verts lausannois ont accueilli l’élection de Valéry Beaud à la présidence du Conseil communal pour l’année à venir (2018-2019). Le candidat du groupe des Verts a été brillamment élu par le Conseil communal de Lausanne lors de sa séance du 12 juin 2018, récompensant ainsi son travail accompli ces dernières années au sein de ce Conseil et du bureau du Conseil communal. Conseiller communal dynamique sur de nombreux sujets chers aux Verts, Valéry Beaud a su défendre la position du parti ces dernières années, tout en travaillant activement avec tous les groupes du Conseil communal pour trouver des consensus bénéfiques à tou-te-s. Sa connaissance des dossiers communaux, du fonctionnement et des membres du Conseil, ainsi que sa diplomatie seront autant d’atouts pour lui permettre de guider les débats du Conseil communal de Lausanne dans l’année à venir.

D’origine gruérienne, Valéry Beaud est né à Lausanne en 1979, ville qu’il n’a jamais quitté à l’exception de quelques séjours académiques à l’étranger. Marié, il est papa de deux petites filles. Ingénieur EPFL en environnement de formation, titulaire d’un Diplôme postgrade en géologie de l’ingénieur et de l’environnement et Urbaniste FSU, il dirige actuellement un bureau d’études en environnement, géologie, eau et énergie de 15 personnes au Mont-sur-Lausanne.

Passionné d’urbanisme, de mobilité et d’environnement, il est également très impliqué dans la vie associative lausannoise. Actuellement membre des comités des associations Droit de Cité et écoquartier, il a notamment présidé cette dernière durant 9 ans (2008-2017).

Il est entré au Conseil communal en 2011, puis a présidé le groupe des Verts du Conseil communal de 2013 à 2016. Il est notamment membre depuis 2011 de la Commission consultative d’urbanisme et de transport (CCUT) et de la Commission permanente de politique régionale (CPPR), qu’il a présidé durant l’année 2015-2016.

Conseiller communal très actif, il a déposé de nombreux postulats et interpellations dans ses domaines de prédilection, œuvrant notamment pour un urbanisme et une mobilité durables, pour des espaces publics de qualité, pour la défense du patrimoine bâti et naturel, pour de nouveaux parcs et places de jeu, pour la diminution des nuisances sonores et de la pollution de l’air et pour un renforcement de la politique des quartiers et de la participation citoyenne. Sa connaissance de la ville,des dossiers, sa diplomatie et son application lui permettront idéalement de guider les débats et de représenter le Conseil communal dès le mois d’août prochain durant une année.

Xavier Company, co-président des Verts lausannois

Alice Genoud, co-présidente du groupe des Verts au Conseil communal

 

Intervention communale, Lausanne, Xavier Company

Mais où s’arrêtera donc Tamedia ?

Interpellation urgente

Mercredi soir 6 juin 2018, nous apprenions, par voie de presse, la disparition du quotidien romand Le Matin dans sa version imprimée. Les employés ont été, eux, informés le lendemain matin, par communiqué interne. Ce communiqué a été quasiment repris mot pour mot pour devenir un « article » dans le 20 minutes, quotidien gratuit concurrent appartenant pourtant au même éditeur, soit Tamedia.

Le communiqué indique que le journal va continuer à subsister en ligne, avec 10 ou 15 collaborateurs seulement. Cela sous-entend une quarantaine de licenciement au moins. En parallèle, Tamedia a expliqué qu’il allait « promouvoir » différents journalistes en qualité « d’experts », ceci dans le cadre d’un projet appelé « perspectives de carrières pour les journalistes ».

La disparition du quotidien romand Le Matin dans sa version imprimée marque la mort du journal que nous avons tous lu régulièrement, à une table de café, chez le médecin, ou en attendant un train. Mais une chose est sûre, c’est que Le Matin est lu, par beaucoup de monde, et pas uniquement sur internet. En effet, c’est un journal populaire, qui parle notamment à une tranche de la population qui n’est pas habituée à rechercher l’informations sur internet et qui risque donc, dès le 22 juillet 2018, date de la dernière édition papier, de voir disparaître une des désormais rares sources d’information à sa disposition.

La Municipalité de Lausanne a déjà eu l’occasion à plusieurs reprises de faire part de ses craintes pour le futur de la presse romande, notamment à Tamedia lors de la restructuration de 24 Heures et de la Tribune de Genève, ou encore lors des débats sur l’initiative No Billag. Malgré cette dernière victoire politique, et les inquiétudes exprimées régulièrement, la situation se dégrade de jour en jour relativement à la diversité de la presse romande. Tamedia en particulier semble faire la sourde oreille face aux volontés politiques et populaires. Dans ce paysage sombre, existe-t-il encore une marge de manœuvre pour préserver la diversité de la presse en Suisse romande, ce « chien de garde de la démocratie » comme le nomme la CEDH ? Ou doit-on se plier aux décisions d’un grand groupe de presse sans broncher jusqu’à ce qu’il ne reste plus que sur le marché le seul 20 minutes, fierté de Tamedia puisqu’il s’agit du seul titre qui réalise des bénéfices ?

La Ville de Lausanne, comme ville hôte du siège de Tamedia comme de Ringier Romandie, doit pouvoir jouer un rôle pour préserver cette diversité de la presse qui nous est chère. C’est pourquoi nous posons les questions suivantes à la Municipalité :

La Municipalité a-t-elle été informée de la situation avant la décision définitive de Tamedia ?

La Municipalité est-elle en contact avec les dirigeants de Tamedia, la société des rédacteurs, ou le Canton dans le cadre de ces négociations importantes ?

Quel rôle entend jouer la Municipalité dans les négociations pour préserver la version papier du Matin, ou pour assurer un plan social adéquat aux collaborateurs dont le licenciement a été annoncé ?

Quels ont été les retours de Tamedia sur la lettre ouverte de neufs syndics de villes vaudoises (dont Lausanne) du 27 septembre 2016?

Les discussions sont-elles possibles, à terme, avec Tamedia, afin d’arriver à un résultat permettant de préserver la diversité de la presse en Suisse romande ?

Qu’entend faire la Municipalité pour empêcher la situation de la presse romande de se dégrader d’avantage ?

Xavier Company

Intervention communale, Lausanne, Sara Gnoni

La mobilité douce c’est bien, la respecter c’est bien aussi

Interpellation

L’interpellatrice et les interpellateurs ont pris connaissance avec grand plaisir de la nouvelle campagne “Gagnez en douceur” sur la mobilité douce en ville, lancée depuis peu par la Municipalité, et s’en félicitent. Nous apprécions particulièrement la mise en valeur de la mobilité douce, qui en a grandement besoin.

Cette campagne rassemble de nombreuses qualités, dont notamment celle de mettre en avant les infrastructures réalisées par la Ville au profit des personnes à mobilité réduite et plus généralement des piétons et cyclistes, qualités qui ne sont en rien remises en question ici.

En revanche, pour donner suite à cette campagne, il nous semble que la prévention auprès des automobilistes pour le respect de la mobilité douce mérite d’être développée, car il n’est pas assez présent dans cette campagne précisément.

D’une part, les cyclistes sont contraints d’utiliser des aménagements spécifiques encore largement lacunaires. En dehors des bandes cyclables, ils doivent partager la voirie avec des véhicules larges, massifs, parfois très rapides et souvent dangereux. Hormis quelques exceptions, ils doivent respecter des règles de circulation faites pour l’automobile sur la base de ce qui les caractérise, à savoir leur vitesse, leur encombrement, leur manque de maniabilité et leur impossibilité de dialoguer entre conducteurs. Ces règles sont donc par nature inadaptées aux cyclistes, mais elles s’appliquent à eux. De ce fait, il est difficile pour eux de les respecter, ce qui amène les tensions que nous connaissons entre automobilistes et cyclistes.

Rappelons que notre commune se place au dernier rang de Villes en ce qui concerne la gestion du trafic cycliste. Dans ce contexte, les cyclistes naviguent au mieux pour éviter les dangers, mais n’évitent pas toujours les agressions verbales ou les coups de klaxon. En effet : qu’ils respectent les règles précitées ou non, les cyclistes sont la cible d’automobilistes qui leur reprochent alternativement d’être trop lents ou de les dépasser, voire simplement de faire usage de leur priorité.

D’ailleurs, même les vidéos de prévention pour la sécurité cycliste semblent manquer leur cible en stéréotypant le comportement de ces derniers et en faisant des boutades sur leurs décès. Ceci aurait plus tendance à renforcer les clivages qu’à amener une réelle prise de conscience .

En parallèle, les piétons subissent également l’omniprésence des aménagements destinés à l’automobile, très bien illustrée par une recherche des mots “arrogance of space” sur Google, ou simplement par le dessin du Suédois Karl Jilg ci-contre.

 

Comme si cela ne suffisait pas, les règles élémentaires de cédez le passage sur les passages piétons ne sont toujours pas systématiquement respectées, plus de deux décennies après l’entrée en vigueur de la loi. Il est également fréquent que des voitures mal garées empiètent largement sur le trottoir, au point parfois d’empêcher le passage d’une chaise roulante ou d’une poussette, par exemple. Enfin, comme cela a déjà été débattu dans ce Conseil, les déplacements à pieds sont souvent découragés en raison de nombreuses et longues attentes aux feux.

Ce manque de considération des piétons et des cyclistes doit cesser. Alors que notre société fait face à des défis énormes de densité urbaine, de vieillissement et de réchauffement climatique, il est grand temps de non seulement reconnaître les qualités de la mobilité douce, mais de réaffirmer son droit d’exister pleinement tout en faisant en sorte que ses pratiquants soient en sécurité.

A l’instar de la prévention qui est faite à juste titre, par la police envers les cyclistes (rappel du port du casque, descendre du cycle lorsqu’ils ne sont plus sur la chaussées et respect de la signalisation) , il est aussi important que celle-ci soit faite et répétée aux conducteurs de véhicules motorisés en tout genre. Ce n’est que si chacun respecte les règles qui lui sont propres que la sécurité de tous sera améliorée et que les situations de tension que nous connaissons seront apaisées.

Nous pensons que les points suivants méritent d’être abordés en sensibilisant les conducteurs de transports motorisés, en particulier lorsque ces comportements représentent des infractions punissables :

Manière de considérer la bande cyclable en général, y compris perte de priorité lorsqu’on la coupe et interdiction d’y stationner;
Comment rouler sur la chaussée pour laisser la place aux vélos, en particulier lors d’un dépassement;
Interdiction d’utiliser les bandes et pistes cyclables par les deux roues motorisés;
Comment s’arrêter aux feux pour permettre la remontée des vélos, tout en évitant de s’arrêter sur le sas vélo;
Comportement légitime des cyclistes sur un giratoire et interdiction de les dépasser à l’entrée ou sur le giratoire;
Gestes à rappeler avant de tourner pour ne pas couper la route à un cycliste;
Manière d’ouvrir la portière pour éviter l’emportiérage (ouverture de portière sur la trajectoire d’un cycliste);
Arrêt obligatoire et complet aux passages piétons en présence d’un piéton souhaitant traverser;
Arrêt avant le passage piétons, jamais dessus;
Interdiction de garer son véhicule sur le trottoir en l’absence de places marquées;
Fair-play dans tous les cas entre tous les utilisateurs.
Dès lors, nos questions sont les suivantes :

Quelle est la perception de la Municipalité des problèmes évoqués plus haut concernant le comportement des automobilistes envers les cyclistes et les piétons?
Partage-t-elle l’avis qu’il y a un besoin de rappel des codes de la route envers les automobilistes?
Est-ce que la Police interpelle des automobilistes qui ont un comportement inadéquat envers la mobilité douce, et en particulier ceux qui commettent les infractions au code de la route mentionnées ci-dessus? A quelle fréquence? (% des interpellations liées aux violations du code de la route)
Est-ce que la Municipalité a l’intention de faire une campagne de prévention pour sensibiliser les automobilistes à l’existence des cyclistes et des piétons, au respect qui leur est dû et aux règles basiques à adopter ?

Nous remercions la Municipalité pour ses réponses.

Sara Gnoni

Vincent Rossi

Lausanne

Politique contre le deal de rue à Lausanne : un premier virage, mais encore beaucoup de chemin

Communiqué de presse

Les Verts lausannois prennent note des propositions de la Municipalité de Lausanne pour réduire les aspects visibles du marché de la drogue à Lausanne, et saluent le virage pris vers la dissuasion du deal, plutôt que sa répression pénale à tout prix. La présence visible des forces de police dans la rue va en effet permettre de réduire le sentiment d’insécurité. Toutefois, l’aspect localisé et limité des mesures annoncées rappelle les tactiques choisies par le passé par d’autres municipaux successifs, de plusieurs couleurs politiques. Celles-ci n’ont jamais eu d’effet durable sur la distribution de drogues par des réseaux criminels, tout en déplaçant le deal dans d’autres quartiers. En maintenant le marché dans l’illégalité, la lutte contre le deal soustrait aux politiques publiques des moyens de prévention, tout en participant à stigmatiser uniquement la partie visible du problème: le deal. Les Verts appellent la Municipalité à construire une approche sur le long terme, qui tienne compte des avancées de la recherche en criminologie, en addictologie, et en politiques de santé publique.

Il faut tout d’abord saluer la volonté de la Municipalité de privilégier la présence policière afin de diminuer le sentiment d’insécurité et dissuader les transactions de stupéfiants. La mission d’occuper le terrain, plutôt que de chercher des arrestations et des interpellations, est une allocation bien plus efficace des ressources. Toutefois, ces mesures prises sous la pression populaire, annonçant des décisions “décisives”, “fortes” ou “proactives” semblent rappeler celles prises précédemment par d’autres Municipaux lausannois. Les actions coup de poing et les présences accrues mais forcément temporaires de la police dans la rue plaisent, en tout cas dans les quartiers concernés. Ensuite, dès que l’action s’essouffle, et que les autres missions de la police réclament des forces, tout retombe dans la routine. Les Verts lausannois sont d’autant plus conscients de ce constat d’échec que cette stratégie a autrefois été promue par un Syndic vert, avant de l’être par un Municipal popiste, puis socialiste, et désormais par un Municipal PLR. Il est donc temps d’apprendre des erreurs du passé pour éviter de les reproduire.

De plus, il est reconnu par les différentes études en la matière, qu’en s’attaquant au deal qui a lieu au centre-ville, on ne fait que repousser les problèmes dans les quartiers plus éloignés, ne permettant plus aucun contrôle sur le trafic ou la consommation, et dès lors péjorant les possibilités de prévention. Ces actions coup de poing laissent toutefois penser, à tort, que le problème a disparu dans les quartiers concernés, en stigmatisant les personnes du bas de l’échelle criminelle comme uniques responsables.

Augmenter la présence policière en rue est une première solution à saluer, en particulier autour d’endroits spécifiques comme les alentours des écoles, mais elle doit être accompagnée d’une augmentation du corps de police pour rendre cette mesure pérenne. En parallèle, une collaboration active doit être encouragée avec la police cantonale, qui mène les enquêtes de grande ampleur pour nuire aux réseaux derrière le trafic.

Les Verts préconisent ensuite d’agir sur les causes du problème, plutôt que sur les symptômes, en ayant la maturité d’appliquer des solutions ayant montré leurs preuves dans d’autres villes ou d’autres pays.  En effet, sur le long terme, la solution de la dépénalisation, réglementation et contrôle du marché de la drogue, doit être portée à l’ordre du jour, afin de permettre un meilleur suivi des personnes et une lutte réelle contre la dépendance.

Benjamin Rudaz, co-président des Verts lausannois, conseiller communal
Xavier Company, co-président des Verts lausannois, conseiller communal
Vincent Rossi, conseiller communal
Sophie Michaud Gigon, conseillère communale