Feuille verte, Lausanne

Les architectes peuvent faire baisser la pression artérielle!

La Feuille verte n°44

Devant la réalité des coûts de la santé et des primes d’assurances maladie, on a tendance à oublier que la santé, c’est beaucoup plus que les soins. En Europe 65% de la population subit des niveaux sonores élevés, 40 millions de personnes respirent un air non conforme aux normes OMS, ayant des effets sur la santé. Et les études sont nombreuses aux Etats-Unis sur l’influence de l’urbanisme sur la sédentarité donc sur l’obésité.

En effet, notre santé est déterminée par notre capital génétique mais aussi et en grande proportion par nos conditions de vie, notre alimentation, le sport que nous faisons, les liens sociaux que nous tissons. Et pour ces paramètres, le cadre de vie est essentiel; c’est ainsi que la Ville est au cœur de la promotion de la santé.

Les Verts ont déposé plusieurs postulats demandant à la Municipalité de promouvoir un cadre de vie propice à la santé, comme par ex. un parcours vita reliant le nouveau quartier des Plaines-du-Loup au reste du tissu urbain en utilisant les forêts existantes.

Une majorité des effets bénéfiques pour la santé peuvent l’être sans faire de sport, mais par la pratique régulière d’activités physiques d’intensité modérée assimilables à des activités de la vie quotidienne. La principale stratégie étant de changer la perception des habitants sur l’offre du voisinage en commerces et services, afin qu’ils s’y rendent à pied, de créer une perméabilité avec les espaces verts alentours, de garantir le libre accès à des équipements sportifs ou des espaces extérieurs de qualité, bref des préoccupations que les Verts ont relayées ces dernières années dans leurs actions et interventions politiques.

La Municipalité vient de répondre à nos impulsions et va dans ce sens : avoir une vision globale de la santé pour toute la ville, favoriser le mouvement dans la population habituellement sédentaire, réduire les obstacles à la marche en milieu urbain et mettre en évidence les impacts de l’urbanisme et des transports sur la santé.

Car comme le répétait un médecin expert du sujet, l’urbaniste a un rôle crucial une fois que le patient a passé la porte du cabinet. Il peut créer des environnements qui invitent à la marche, à l’activité physique, à la rencontre. Le défi du futur est de modifier l’environnement pour que le choix sain soit le choix simple.

Sophie Michaud Gigon

Intervention communale, Lausanne, Sara Gnoni

Campagne annulée contre le harcèlement de rue

Intervention

Merci Monsieur le Président,

La lutte contre les violences sexuelles en général et le harcèlement de rue notamment sont des thèmes qui sont une priorité dans notre programme politique de sécurité et d’égalité et qui me tiennent, comme vous le savez, particulièrement à coeur.

Ce sont donc des questions légitimes que l’interpellateur a posées, sur le fonds et évidemment pas sur la forme.

L’interpellation demandait en somme, comment a-t-on pu arriver en fin de réalisation de la vidéo, et se rendre compte soudain que le contenu n’était pas digne d’être utilisé pour de la prévention contre les violences à caractère sexuel.

Je pense qu’à ce titre, et même s’il est regrettable que des deniers publics aient été gâchés, la Municipalité nous informe dans  sa réponse qu’elle en a tiré des leçons afin d’éviter qu’un telle situation se reproduise.

La Municipalité nous explique en outre que, comme dans tout projet, il y avait un comité de pilotage mais dont ont fait partie uniquement la police judiciaire, la Fondation vaudoise contre l’alcoolisme et Profa ce qui pourrait expliquer la direction qu’a pris cette campagne, dans le sens que pour ces parties prenantes il s’agit surtout d’éviter que des personnes soient alcoolisées et puissent, dans cet état se mettre en danger.

En revanche, dans le cadre des campagnes de prévention contre le harcèlement de rue, le cercle des parties prenantes a été élargi, ce qui nous réjouit et ce qui permet d’avoir un message plus cohérent par rapport au but que l’on cherche à atteindre, c’est-à-dire le comportement des harceleurs et non pas celui des cibles.

Au delà de ceci, nous ne pouvons que féliciter la Municipalité pour sa décision et ce même, à un stade aussi tardif, et quasiment juste avant le lancement de cette campagne d’avoir réalisé que le message qui aurait été transmis était erroné, contre-productif voire stigmatisant pour les cibles de violences et de harcèlement qui vivent déjà souvent et même sans ce type de message, avec un sentiment  de culpabilité et de honte très prononcé.

Le message transmis aurait encore renforcé l’idée chez certains, qu’une personne sous l’effet de l’alcool peut être consentante du moment que c’est elle qui s’est mise dans cette situation. Il y a par exemple déjà eu des cas où des hommes qui ont violé en groupe une femme qui était sous l’emprise de l’alcool et qui ont dû la déplacer d’un endroit à un autre pour ce faire, ne voyaient pas vraiment où était le problème, donc si on commençait à faire passer ce message dans une campagne de prévention, ce serait vraiment grave.

La honte doit être placée vers ceux qui sont les auteurs d’actes de violences de tout genre et non pas du côté de la cible et je pense que ceci a bien été intégré dans le préavis sur la lutte contre le harcèlement de rue ainsi que dans la vidéo sur le musée du harcèlement de rue, ce qui me réjouis.

En conclusion, et malgré la perte encourue suite à l’annulation de cette campagne, nous soutenons le fait que mieux vaut une campagne annulée plutôt qu’elle eût été publiée avec des conséquences considérables sur le message partagé. Nous remercions donc la municipalité pour la réponse qu’elle a apportées à ces questions et que la lutte contre les violences sexuelles et sexistes continue.

Sara Gnoni

Intervention communale, Lausanne, Xavier Company

Remplacement des appareils radio du Corps de police

Intervention

Rapport-préavis 2018/24 Remplacement des appareils radio POLYCOM du Corps de police

Tout d’abord je souhaite remercier M. le rapporteur et M. le Municipal pour la possibilité qui nous a été donnée de visiter le centre d’intervention de la police de Lausanne. En effet, en tant que politiciens de milice il est important qu’on nous donne la possibilité de nous rendre compte du travail non seulement de nos agents de police, mais en règle général de tous les membres de notre administration. Nous avions eu l’occasion de le faire avec les correspondants de nuits, et à nouveau avec les agents de police secours, et c’est d’une importance considérable pour nous permettre de nous rendre compte des objets que nous traitons.

Concernant l’objet même de ce rapport-préavis, ma première question a été : “avons-nous le choix” ? Et la réponse est non.

En effet, cela fait 13 ans que nous utilisons les appareils actuels. Ce sont des appareils électroniques pointus, précis, et qui ne sont plus produits à l’heure actuelle et donc plus réparables. Si l’on ne veut dès lors pas revenir au bon vieux “talkie-walkie” dont on peut entendre les conversation en se branchant sur la bonne fréquence , nous devons mettre à jour notre flotte.

Mais le soutien des Verts n’est pas acquis uniquement par obligation, mais aussi par satisfaction sur la gestion de ce matériel qui est fait par la Municipalité en terme de durabilité :
– Comme je l’ai dit, cela fait 13 ans que nous utilisons le matériel actuel dont la production sera arrêté en 2019, et qui arrive dès lors en fin de vie au moment où nous en changeons ;
– Les nouveaux appareils seront de dernière génération et dès lors avec une longue durée de vie;
– le réseau national est utilisé par la quasi totalité des services d’urgence, et donc sa rentabilité et son efficience sont importantes;
– ce réseau existe depuis de nombreuses années et sera prolongé jusqu’en 2030 ou 2035 en tout cas, tout comme, selon ce rapport-préavis, le nouveau matériel dont l’acquisition est prévue.

C’est donc satisfait de ces constats en terme de durabilité que les Verts accepterons ce rapport-préavis dans leur grande majorité, et nous vous encourageons à en faire de même.

Xavier Company

Benjamin Rudaz, Intervention communale, Lausanne

L’eau en ville

Intervention

Rapport-préavis  et Postulat « L’eau à l’honneur dans la ville et ses espaces publics »

En lieu et place des deux personnes ayant rédigé et déposé ce postulat, nos deux collègues Natacha Litzistorf et Valéry Beaud aujourd’hui assis ce soir face à nous, c’est un honneur de prendre la parole pour donner l’avis du groupe des Verts. Le sujet de ce postulat m’est par ailleurs dans tous les cas également très cher.

Lausanne est une ville d’eau. Bien sûr le lac au sud, ses rivières centrales la Louve, le Flon qui structurent notre centre-ville, et de chaque côté à l’est la Vuachère et (pour les candidats à la naturalisation qui nous écoutent), à l’ouest la Chamberonne. Ces quatre célèbres cours d’eau le sont notamment car elles sont encore, partiellement, à l’air libre, et forment des espaces de verdure, de détente, et des biotopes bien précieux en territoire urbain. Le destin n’a par contre pas souri pour nombre de ruisseaux, naturellement présents là où la topographie et l’hydrogéologie le rendaient possible, puis ensuite là ou l’humain décidait de leur place, entre les vignes, ou entre les vergers. Je vous invite à observer la magnifique maquette du musée historique de Lausanne, ou les archives des cartes topographiques pour retrouver leur emplacement, leurs tracés. La croissance progressive de la Ville les a ensuite fait disparaître en sous-sol, quand ce n’est pas dans un égout, l’eau étant associée à des maladies ou de l’insalubrité. La surface de la ville s’est donc asséchée et étanchéifiée, les ruisseaux, gouilles et autres endroits humides étant relégués à l’oubli collectif. Le lien entre les lausannoises et lausannois avec l’eau vive s’est distendu, même si comme toujours la Nature se rappelle à notre bon souvenir, comme par exemple le 11 juin dernier, ou l’eau a pu brièvement et violemment se balader en surface.

Le présent rapport-préavis est très bien structuré et agréablement illustré, présentant pour chacune des demandes des postulants un état des lieux et des opportunités. Il confirme notamment le potentiel de remise à ciel ouvert et de renaturation de certains cours d’eau et pour d’autres d’aménagements permettant de mettre en scène l’eau dans l’espace public. Il y aura les opportunités offertes par les requalifications d’espaces publics majeurs comme les places du Tunnel, de la Riponne ou Centrale sur les tracés du Flon et de la Louve, mais également au travers de la Vallée de la Jeunesse. L’aménagement d’un ruisseau à cet endroit étant l’un des coups de cœur des postulants, nous sommes heureux de le voir partagé par la Municipalité, qui évoque de belles intentions qualitatives pour cet espace, avec aussi la création de biotopes humides permettant de renforcer le réseau écologique. En cela, ce rapport-préavis rejoint idéalement celui sur la nature en ville que ce conseil a approuvé en décembre.

Outre des avantages humains, ces aménagements permettent d’alléger le ruissellement, en surface et dans les égouts, en rendant au sol et au sous-sol ce qui devrait lui revenir, sans bitume ni béton. S’ils sont bien réalisés, ces aménagements permettent également à des espèces végétales et animales de reprendre pied là où l’urbanisme les avait faites disparaître. Il y a beaucoup de travail, notamment dans les quartiers habités, mais les pistes évoquées dans ce rapport-préavis méritent d’être concrétisées avec volontarisme.

Finalement, là où la Ville n’a pas encore totalement pris pied, dans les futurs quartiers qui sortiront de terre, il sera possible désormais, suivant la stratégie annoncée comme deuxième conclusion de ce rapport-préavis, de ne pas répéter les erreurs du passé, en prévoyant dès le départ une place pour l’eau. Les Verts seront également particulièrement attentifs à la transcription de ces enjeux importants dans la révision du Plan général d’affectation (PGA).

Le groupe des Verts se réjouit du retour de l’eau dans une Ville qui a toujours été façonnée par elle, et vous invite, comme il le fera à l’unanimité, à approuver les deux conclusions de ce rapport-préavis.

Benjamin Rudaz

Intervention communale, Lausanne, Sophie Michaud Gigon

Le sport dans les quartiers

Postulat «Le sport pour tous commence dans les quartiers»

 

 

Mesdames et Messieurs, chers collègues,

Vous êtes convaincus par ce postulat, beaucoup de groupes l’ont cosigné et y ont donné corps lors de la séance de commission qui l’a soutenu à l’unanimité, cela me réjouit. Je vais mettre en exergue 3 objectifs :

Soigner la santé et la qualité de vie : le sport au quotidien, ça fait du bien. Et là, nous parlons du sport pour tous, du sport amateur.

Renforcer le lien social : le sport, c’est souvent en équipe qu’on le pratique.

L’efficience de nos ressources.

Nous avons des ressources – il s’agit ici des surfaces existantes pour exercer du sport comme des terrains de différentes tailles et des salles. Pour répondre à la demande de la population, pas toujours besoin de construire, on peut aussi optimiser l’utilisation de nos ressources.

La commission a soutenu l’idée d’un catalogue des possibilités plein air et intérieur qui sont propriétés de la Ville ou d’autres propriétaires. Il a été proposé également à la Municipalité de négocier avec les propriétaires privés d’installations sportives et le canton pour une ouverture à la population. Il y a d’ailleurs déjà quelques bons exemples comme l’Ecole hôtelière. M. Henchoz a même déjà concrétisé l’idée d’une plateforme ou d’un outil de réservation et de suivi de l’utilisation d’une salle.

Si le Conseil transmet ce postulat à la Municipalité, une centralisation sur les disponibilités des installations et les conditions d’utilisation et une promotion orientée « service à la population » de la part du service des sports devront être faites. Les vacances ou les week-ends sont également des moments à intégrer dans la mise à disposition. C’est une initiative intéressante qui demandera une coordination inter-services, l’appel au service informatique pour évaluer l’outil ou le service juridique pour traiter les questions de responsabilités. Mais qui ne demande pas d’investissement de la Ville.

L’enjeu pour la Municipalité est la responsabilité en cas de dégâts.

Je trouve légitime de se pencher sur le mode opératoire afin que les clubs ou responsables habituels soient rassurés et participent pleinement. Il me semble dans ce cadre important de partir sur la responsabilisation des utilisateurs, de poser le cadre, d’ouvrir largement afin que qqch qui est en fait simple devienne chose courante, plutôt que de craindre ceci et d’en faire qqch d’exceptionnel.

Gageons que l’utilisation pleine et optimale de nos ressources en infrastructures sportives feront heureux au sein de la population lausannoise. Et ce sera pour Lausanne une jolie initiative en santé publique.

Je vous remercie de votre attention.

Sophie Michaud Gigon

 

 

 

 

Lausanne

Consommer local et durable à Noël : c’est possible !

Les Verts lausannois ont à cœur de promouvoir le commerce durable, local et la consommation mesurée, d’autant plus en cette période des fêtes de fin d’année. C’est pourquoi, comme chaque année, nos militant·e·s sensibilisent les acheteurs lors des nocturnes lausannois et réitérerons l’opération ce vendredi 21 décembre de 18h à 19h. Le but est d’attirer l’attention des personnes préparant leurs cadeaux de Noël sur la nécessité de privilégier des achats durables (si possible grâce aux labels qui existent) et locaux, en évitant autant que possible la surconsommation irréfléchie.

Après Halloween et le désormais incontournable « Black Friday », les vitrines de notre ville arborent depuis plusieurs semaines les signes de Noël, nous invitant aux achats des cadeaux les plus variés, tant dans leur utilité, que dans leur provenance. Loin de vouloir priver les Lausannoises et Lausannois des fêtes de fin d’année, les Verts souhaitent plutôt amener les acheteurs, dans leur dernier « rush » de fin d’année, à penser durable au moment de leurs achats.

En effet, que ce soit pour préparer un repas pour toute la famille, y mettre une touche de fête, prévoir assez pour tout le monde, puis avoir un cadeau pour chaque cousin, cousine, parent, enfant, Noël incarne plus que toute autre période de l’année la dérive générale vers la surconsommation. Alors que les fêtes de fin d’année ont une signification autre (religieuse ou non), basée sur le partage, les retrouvailles et l’échange, elles ont été récupérées par des stratégies commerciales et sont désormais le lieu de la surenchère, sans nécessairement réfléchir (alors que nous le ferions dans d’autres circonstances d’achat) à la provenance, la méthode de fabrication, la durée de vie ou l’impact global de l’objet ou de l’aliment en question.

C’est au contraire à ce moment-là, alors que nous voulons offrir pour « faire plaisir », que des achats éthiques et respectueux de l’environnement prennent tout leur sens. C’est pourquoi chaque année, nous descendons à la rencontre des Lausannoises et Lausannois, durant les nocturnes, pour les sensibiliser et attirer leur attention sur les éléments principaux à prendre en compte au moment des achats (dans quelles conditions l’objet a-t-il été fabriqué, de quels matériaux est-il constitué, quelle est sa durée de vie, etc.). C’est une bonne occasion pour des discussions intéressantes et constructives, et pour aller à la rencontre de la population une dernière fois avant la fin de l’année. Nous y serons encore vendredi soir, de 18h00 à 19h00, au centre-ville (départ de la Place de la Palud) !

Daniel Dubas, Intervention communale, Lausanne

Pour des surfaces commerciales à loyer abordable

R66/ Postulat Valéry Beaud et crts « Pour des surfaces commerciales à loyer abordable au centre-ville de Lausanne »

 

Intervention

Nous connaissons toutes et tous les difficultés du commerce de détail, et notamment celles du commerce indépendant. La venue de grands groupes et de franchises, le tourisme d’achat ou la révolution numérique y contribuent fortement. Face à cela, le commerce de détail doit naturellement se réinventer et innover pour attirer la clientèle. Mais l’évolution des loyers des surfaces commerciales y est également pour beaucoup. Ces loyers se situent souvent à un niveau trop élevé. Et le résultat de tout cela est vraiment préoccupant, avec une tendance à l’uniformisation de l’offre commerciale au centre-ville. Les commerces indépendants et les artisans cèdent leur place à des pharmacies, des opticiens, des chaînes vendant des habits et des spécialistes du domaine électronique.

 Afin d’inverser cette tendance, ou au moins de la freiner, il est urgent d’agir, et ce avec un large éventail de mesures complémentaires. La Municipalité s’engage d’ores et déjà pour offrir des conditions cadres les plus propices possibles : qualité de l’espace public, propreté, sécurité, etc. Cela n’est toutefois pas suffisant. La Ville de Lausanne doit aujourd’hui être plus proactive, et développer une politique d’acquisition de biens immobiliers au centre-ville pour la mise à disposition de surfaces commerciales à loyers abordables, de la même façon qu’elle le fait déjà avec succès dans le domaine du logement.

Par ce postulat, déposé il y a près de 2 ans déjà, Monsieur Valéry Beaud et ses co-signataires, dont moi-même, demandent à la Municipalité d’étudier l’opportunité de procéder à de telles acquisitions de surfaces commerciales, afin de les mettre ensuite à disposition de commerces indépendants à des loyers abordables. Cela permettrait de favoriser les commerces indépendants et de conserver à Lausanne quelques enseignes historiques ou offrant des produits ou services complémentaires, renforçant ainsi la diversité et l’attractivité du centre-ville et des quartiers lausannois.

Tout comme la commission, nous vous invitons bien évidemment à renvoyer ce postulat à la Municipalité.

 Daniel Dubas

Lausanne, Sophie Michaud Gigon

La santé en ville

Rapport-préavis 2017-43

Réponse aux postulats Litzistorf, Michaud Gigon et consorts sur la santé en ville

Intervention

En automne, les primes d’assurance maladie et les coûts de la santé se rappellent à nous, nous avons dépensé 80 milliards pour les soins en Suisse en 2016 et 1/3 des soins est pris en charge par les ménages. Devant cette réalité, on a tendance à oublier que la santé, c’est beaucoup plus que les soins. En Europe 65% de la population subit des niveaux sonores élevés, 40 millions de personnes respirent un air non conforme aux normes OMS, ayant des effets sur la santé. Et les études sont nombreuses aux Etats-Unis sur l’influence de l’urbanisme sur la sédentarité donc sur l’obésité.

Eh oui, notre santé est déterminée par notre capital génétique mais aussi et en grande proportion par nos conditions de vie, notre alimentation, le sport que nous faisons, les liens sociaux que nous tissons. Et pour ces paramètres, le cadre de vie est essentiel; c’est ainsi, et c’est une bonne nouvelle, que la Ville a une influence déterminante sur la promotion de notre santé. La Fondation nationale Promotion santé suisse a bien reconnu que les villes avaient leur partition à jouer puisque le titre de leur conférence en janvier 2019 s’intitule « les villes et les communes au cœur de la santé ».

La géomédecine est une science en plein essor articulant le savoir géographe et médical : en une phrase : l’impact de l’environnement urbain sur notre santé. Les architectes peuvent faire baisser la pression artérielle ! Dans le projet métamorphose, la PMU a vu l’occasion unique d’associer urbanisme et santé avec les objectifs suivants : favoriser le mouvement dans la population habituellement sédentaire, réduire les obstacles à la marche en milieu urbain et mettre en évidence les impacts de l’urbanisme et des transports sur la santé. Ainsi est née la démarche métaSanté (pour métamorphose).

Le rapport métaSanté remis à la Ville en octobre 2014 relève ainsi qu’une majorité des effets bénéfiques pour la santé peuvent l’être sans faire de sport, mais par la pratique régulière d’activités physiques d’intensité modérée assimilables à des activités de la vie quotidienne. La principale stratégie étant de changer la perception des gens sur l’offre du voisinage en commerces et services, afin qu’ils s’y rendent à pied, de créer une perméabilité avec les espaces verts alentours, de garantir le libre accès à des équipements sportifs ou des espaces extérieurs de qualité, bref des préoccupations que les Verts ont relayés ces dernières années dans leurs actions et interventions politiques.

Ce rapport-préavis répond ainsi aux objets que nous avons déposés sur la promotion de la santé par les villes, sur une extension de cette démarche métaSanté à toute la ville, et concrètement, sur un projet de parcours santé reliant les forêts des quartiers du Nord lausannois, en utilisant l’existant et en créant un lien avec le nouveau quartier, en intégrant ce bloc sorti de terre au tissu urbain composé de Bois-Mermet et de la campagne du Désert. En effet, la barrière psychologique face au sport ou au mouvement est clairement atténuée lorsque les espaces verts sont reliés entre eux. Tout se tient.

Lors d’une journée sur le thème organisée par de Rue de l’avenir en 2015, Reto Auer, médecin et ami, relevait :

« l’urbaniste a un rôle crucial une fois que le patient a passé la porte du cabinet! Il peut créer des environnements qui invitent à la marche, à l’activité physique, à la rencontre. Le défi du futur est de modifier l’environnement pour que le choix sain soit le choix simple.»

La ville a choisi de répondre dans ce sens à ces 3 postulats verts et nous vous invitons à adopter avec élan ce rapport-préavis afin de poursuivre dans cette voie.

Sophie Michaud Gigon