Intervention communale, Valéry Beaud

Autoroute de contournement : quelle vitesse maximale entre La Blécherette et Vennes ?

Interpellation

Le 3 novembre 2017, un article du quotidien 24 Heures révélait que la Municipalité du Mont-sur-Lausanne avait adressé un courrier à l’Office fédéral des routes (OFROU) pour demander une baisse de la vitesse maximale de 120 à 100 km/h sur le tronçon de l’autoroute A9 situé entre La Blécherette et Vennes, relayant notamment des plaintes de riverains souffrant du bruit du trafic routier.

A Lausanne, une interpellation de M. Valéry Beaud et consorts déposée au Conseil communal le 7 novembre 2011 s’étonnait il y a 6 ans déjà du retour de la limitation de la vitesse à 120 km/h entre l’échangeur de Villars-Ste-Croix et la jonction de Vennes suite à des travaux de réfection du revêtement, alors qu’elle était limitée à 100 km/h depuis le 6 juillet 2009. Cette interpellation demandait notamment si la Municipalité entendait prendre contact avec les communes voisines concernées et les partenaires cantonaux et fédéraux pour demander une réévaluation de la vitesse sur le contournement autoroutier de Lausanne. Dans sa réponse du 12 janvier 2012, la Municipalité expliquait que « l’OFROU va devoir indiquer les mesures préconisées pour respecter les exigences de l’Ordonnance sur la protection contre le bruit (OPB) et le service de l’environnement et de l’énergie (SEVEN) devra évaluer, dans le cadre de la révision du Plan des mesures OPair (PDM05), les éventuelles mesures complémentaires nécessaires pour atteindre les objectifs fixés par l’OPair. La Municipalité sera particulièrement attentive à ce que l’efficacité d’une réduction de la vitesse à 100 km/h sur le tronçon objet de l’interpellation soit évaluée dans ces planifications et que l’opportunité de cette réduction ou du maintien à 120 km/h soit clairement démontrée ».

L’autoroute de contournement de Lausanne présente aujourd’hui un trafic journalier moyen (TJM) de 91’620 véhicules par jour (Comptage suisse automatique de la circulation routière, 2016) entre La Blécherette et Vennes (2.7 km), ce qui en fait un des tronçons autoroutiers les plus fréquentés de Suisse romande. Les alentours de ce tronçon sont fortement bâtis, cela même jusqu’à proximité de l’autoroute. En effet, les habitations les plus proches sont situées à 25 m de l’axe de la chaussée (Le Mont-sur-Lausanne), la plus proche sur la commune de Lausanne étant distante de 30 m.

Les habitants et usagers situés à proximité de l’autoroute subissent à la fois d’importantes nuisances sonores et un air fortement pollué, péjorant significativement leur qualité de vie et leur santé. Autant les valeurs limites de l’Ordonnance sur la protection contre le bruit (OPB) que de l’Ordonnance sur la protection de l’air (OPair) sont aujourd’hui dépassées par endroit à proximité de l’autoroute. Un abaissement de la vitesse de 120 à 100 km/h permettrait à la fois une diminution significative de la polluton de l’air et des nuisances sonores, de l’ordre d’environ 2 dB(A) pour ces dernières.

La perte de temps des automobilistes ne serait par ailleurs que de 16 secondes entre La Blécherette et Vennes avec une vitesse de 100 km/h par rapport à une vitesse de 120 km/h, donc extrêmement faible en rapport des conséquences positives qu’une diminution de vitesse pourrait avoir pour l’environnement et la qualité de vie et la santé des riverains.

Enfin, il est encore utile de préciser que des limitations particulières de vitesse ont déjà été fixées sur des tronçons autoroutiers pour des raisons de pollution de l’air, notamment dans les agglomérations de Zurich ou Bern. Ainsi, la vitesse limite autorisée sur le tronçon A1 entre Winterthur-Wülflingen et Winterthur-Töss a été abaissée de 120 à 100 km/h malgré des recours déposés entre autres par le TCS. De même, le tronçon A1 entre Winterthur-Ohringen et Winterthur-Wülflingen est limité à 100 km/h, ceux de l’A6 entre Wankdorf et Saali, A1 jusqu’à Neufeld et A12 de Weyermannshaus à Bern-Bümpliz à 80 km/h, et celui de l’A1 entre Zurich-Aubrugg et Zurich-Letten à 60 km/h.

Au vu des éléments présentés ci-dessus, l’objet de cette interpellation est donc de poser les questions suivantes à la Municipalité :
– la Municipalité de Lausanne partage-t-elle les préoccupations de celle du Mont-sur-Lausanne?
– si oui, prévoit-elle également d’écrire à l’OFROU pour demander une diminution de la vitesse sur l’autoroute de contournement de Lausanne, particulièrement sur le tronçon entre La Blécherette et Vennes ? Le cas échéant, pourrait-elle également insister sur la problématique de la pollution de l’air en complément de celle du bruit ?
– en complément d’un courrier à l’OFROU, une telle démarche ne devrait-elle pas également être menée avec le Canton, le projet d’agglomération Lausanne-Morges (PALM) et ses schémas directeurs ?
– conformément à la réponse du 12 janvier 2012 à l’interpellation de M. Valéry Beaud et consorts mentionnée ci-dessus, la Municipalité a-t-elle été « particulièrement attentive à ce que l’efficacité d’une réduction de la vitesse à 100 km/h sur le tronçon objet de l’interpellation soit évaluée », notamment dans le cadre de la révision en cours du Plan des mesures OPair 2005 de l’agglomération Lausanne-Morges ?
– de manière plus générale, la Municipalité peut-elle informer le Conseil communal de l’état d’avancement de la révision du Plan des mesures OPair 2005, sachant que le site de l’Etat de Vaud mentionne depuis longtemps qu’elle « sera prochainement disponible » ?

Valéry Beaud

¹Interpellation de M. Valéry Beaud et consorts «Autoroute de contournement : 45 secondes pour annuler l’effet du M3 et de la certification énergétique des bâtiments », 7 novembre 2011.

² Réponse à l’interpellation de M. Valéry Beaud et consorts «Autoroute de contournement : 45 secondes pour annuler l’effet du M3 et de la certification énergétique des bâtiments», 12 janvier 2012.

Intervention communale, Lausanne, Valéry Beaud

Reprendre des parkings privés à usage public?

Postulat

Vers une reprise par la Ville de Lausanne de certains parkings privés à usage public lors de l’échéance de leur droit de superficie ?

Entre 1961 et 2008, la Ville de Lausanne a attribué 8 droits de superficie pour l’exploitation de parkings, soit : Beaulieu, Bellefontaine, Mon-Repos, Montbenon, Port d‘Ouchy, Riponne, Rôtillon et Vennes. Pour ceux-ci, deux types de barèmes sont appliqués pour déterminer la redevance annuelle que touche la commune, d’une part un barème proportionnel aux résultats économiques et d’autre part une perception d’une redevance fixe indexée. En 2011/2012, ces redevances s’échelonnaient entre Fr. 87.- (Beaulieu) et Fr. 366.- (Riponne) par place de stationnement et par année, soit entre Fr. 7.- et Fr. 30.- par place de stationnement et par mois1.

Au vu de la fréquentation importante de ces parking et des tarifs pratiqués, il y a fort à parier que les bénéfices engendrés par la plupart d’entre eux se montent à plusieurs fois le montant de la redevance offerte à la Ville de Lausanne, et que la commune aurait donc économiquement tout intérêt à récupérer certains d’entre eux à l’échéance de leur droit de superficie. Une maîtrise communale de ces ouvrages est également importante dans l’optique de la mise en place d’une véritable politique de stationnement.

L’échéance de ces 8 droits de superficie s’échelonne entre 2026 pour le parking de Montbenon et 2107 pour le parking relais de Vennes.

La prochaine échéance concerne donc le parking de Montbenon, exploité par le Groupe APCOA Parking. C’est l’un des plus gros, avec ses 933 places de stationnement, et l’un des mieux situés, au centre-ville, entre le quartier commercial et de loisir du Flon et la Gare de Lausanne, avec des accès par le Chemin de Mornex au Sud et l’Avenue Jean-Jaques-Mercier au Nord. Il est également à noter que ce parking a la particularité, outre les recettes de parcage, de bénéficier d’importantes recettes provenant de la location de surfaces commerciales. En 2012, la redevance pour la commune de Lausanne s’est montée à Fr. 346’055.- (proportionnelle au chiffre d’affaire)1.

Ce parking étant situé dans une position hautement stratégique pour l’avenir, notamment en lien avec les développements des projets voisins du Musée cantonal des Beaux-Arts (MCBA) et de la Gare de Lausanne, l’échéance du droit de superficie du parking de Montbenon en 2026 semble donc une première opportunité à ne pas manquer. L’échéance suivante sera en 2040 seulement, pour le parking de Bellefontaine.

Par ce postulat, nous demandons donc à la Municipalité d’étudier l’opportunité de reprendre certains parkings privés à usage public lors de l’échéance de leur droit de superficie. Elle pourrait notamment évaluer la rentabilité de ces investissements et étudier différents modèles de financement, par exemple au travers d’une partie des recettes du stationnement2, notamment des redevances des 8 droits de superficie susmentionnés, qui rapportent plus d’un million de francs par année à la Ville de Lausanne.

Valéry Beaud

1 voir la réponse de la Municipalité du 30 avril 2013 à une question écrite de M. David Payot déposée le 26 mars 2013 et intitulée « Parkings : rendements records pour les actionnaires, loyers moyens pour la Commune ? ».

2 qui se montent à 18.5 millions de francs par an selon un article paru dans le quotidien 24 Heures du 16 août 2017.

Intervention communale, Lausanne, Valéry Beaud

Démolition – reconstruction à la Rue des Fontenailles 21 et 23

Intervention

En décembre dernier, les Verts lausannois avaient fait opposition à l’enquête publique du projet de démolition de 2 maisons pour la construction d’un bâtiment de 20 logements à la Rue des Fontenailles 21 et 23.

Les raisons de notre opposition étaient notamment les suivantes :

  • les deux maisons soumises à la démolition forment avec les quatre situées directement au Sud ainsi que d’autres dans les environs un ensemble bâti digne d’intérêt ;
  • le projet fait disparaître des valeurs qui font l’identité de la rue et du quartier, à savoir les murets, les jardins, ainsi qu’une dizaine d’arbres ;
  • la hauteur du bâtiment projeté est exagérée et dépasserait nettement les gabarits actuels des bâtiments avoisinants, dénaturant ainsi la valeur d’ensemble du quartier ;
  • la position de la façade Nord viendrait rompre l’alignement de la Rue des Fontenailles ;
  • etc.

Depuis lors, la Municipalité a refusé la délivrance du permis de construire. Nous souhaitons la remercier pour sa décision et lui témoigner notre soutien. Nous l’encourageons à poursuivre également ce combat, sachant que les propriétaires ont malheureusement décidé de faire recours contre cette décision. Avec la jurisprudence récente, nous pouvons toutefois être assez confiant sur le résultat à venir devant les tribunaux. Mais ce projet constitue une exemple de plus qu’il est urgent d’entamer la révision du Plan général d’affectation (PGA), afin de donner aux ensembles bâtis dignes d’intérêt la protection qu’ils méritent.

Cela dit, les Verts vous recommandent de renvoyer les 2 pétitions à la Municipalité pour étude et communication.

Valéry Beaud

Intervention communale, Valéry Beaud

Pour une véritable stratégie de requalification de l’espace public

Postulat de Beaud Valéry – Pour une véritable stratégie de requalification de l’espace public (31 août 2016)

Intervention

En préambule, je tiens à préciser que mon postulat a été déposé il y a maintenant plus d’une année. Durant ce laps de temps, la nouvelle Municipalité a intégré dans son programme de législature quelques éléments qui indiquent qu’elle accorde plus d’importance aux espaces publics que la précédente, ce qui me réjouit.

La requalification de l’espace public ne semblait en effet pas être l’une des principales priorités politiques de la Municipalité jusqu’ici. L’objectif de mon postulat était donc de remettre la qualité de l’espace public au cœur de l’agenda politique, afin d’offrir une plus-value à l’ensemble des Lausannoises et des Lausannois en ces années de grands projets et d’importantes densifications.

L’espace public est particulièrement important en milieu urbain, qu’il soit place, placette, rue, ruelle, square, parc, etc. Lieu de rencontre, de convivialité et de socialisation, il impacte directement la qualité de vie des habitants et des usagers de la ville et peut aussi représenter un attrait important pour les touristes et les entreprises.

Si Lausanne peut être fière de ses grands parcs urbains, il est par contre plus difficile de s’enthousiasmer devant la plupart des places lausannoises ou devant bon nombre de ses rues.

Dans le texte de mon postulat, je présente quelques exemples de places lausannoises qui possèdent un important potentiel de requalification. Je n’y reviendrait pas ici de façon détaillée, le texte étant très complet, mais ces exemples montrent que si des ambitions ont pu exister à un moment donné, elles se sont souvent vites essoufflées et que rien ou presque n’a été réalisé depuis fort longtemps. De plus, et au delà des grandes places symboliques, il ne faut pas oublier également l’importance des nombreux espaces publics plus ordinaires, dans des territoires qui sont peut-être moins sur le devant de la scène et un peu à l’écart des projets d’axes forts de transports publics ou des tout grands projets urbanistiques, ils méritent aussi une attention particulière.

Par ce postulat, nous demandons donc à la Municipalité d’étudier l’opportunité de se doter d’une véritable stratégie de requalification de l’espace public, qui pourrait notamment comporter une identification des principaux espaces publics à requalifier, une priorisation, ainsi qu’une planification temporelle et financière.

Vous l’aurez compris, c’est donc avec enthousiasme que les Verts vous proposent d’accepter la prise en considération de ce postulat.

Valéry Beaud

Intervention communale, Lausanne, Valéry Beaud

30 km/h sur la petite ceinture et dans son périmètre

Intervention

En préambule, il me semble utile de préciser que les Verts ont été un peu étonné du dépôt de ce postulat que nous jugeons redondant avec celui de Madame Decollogny (“Qualité de vie – pour un 30 km/h au centre-ville”), qui avait été pris en considération par le Conseil communal le 28 mai 2013 et qui est toujours en cours de traitement, avec déjà la réalisation d’une des demandes par le test de réduction à 30 km/h la nuit sur les avenues Vinet et Beaulieu.

Cela dit, pour les Verts, l’état actuel du trafic individuel motorisé en ville de Lausanne reste insatisfaisant, trop important, avec une trop grande part de trafic de transit, les conséquences étant notamment :

  • péjoration de la qualité de vie des lausannoises et des lausannois ;
  • détérioration de notre environnement ;
  • impacts négatifs sur la santé des populations ;
  • diminution de l’attractivité de la ville ;
  • etc.

Il est également utile de rappeler ici que tant les valeurs limites d’immission de l’Ordonnance sur la protection de l’air (OPair) que de l’Ordonnance sur la protection contre le bruit (OPB) sont largement dépassées dans une grande partie du centre ville, principalement en raison du trafic routier.

Pour lutter contre la pollution sonore, la législation fédérale oblige les propriétaires des routes à assainir les tronçons qui causent un bruit excessif d’ici à 2018. On sait déjà que ce délai ne pourra être tenu à Lausanne, mais il est temps de prendre des mesures pour améliorer rapidement la situation. L’OPB est en ce sens très claire, les mesures doivent être prises en premier lieu à la source, ce qui produit un effet partout, à la différence des mesures sur le chemin de propagation du bruit (par exemple des parois) ou sur les récepteurs (de type fenêtres antibruit). Parmi ces mesures à la source figure une limitation de la vitesse, mesure particulièrement efficace. Je rappelle d’ailleurs qu’une réduction de la vitesse de 50 à 30 km/h engendre une diminution du bruit d’environ à 2 dB(A) selon les modèles de calcul, même plus en réalité, ce qui constitue une diminution très significative étant donné l’échelle logarithmique des décibels.

Dans ces conditions, les Verts accepteront la prise en considération de ce postulat, la diminution de la vitesse à 30 km/h faisant partie de l’éventail de mesures qui doivent être envisagées pour modérer le trafic routier et diminuer les nuisances associées.

Les Verts tiennent toutefois à préciser que contrairement aux propos du postulant en commission, nous ne souhaitons pas généraliser l’application de « zones 30 » les yeux fermés, celles-ci n’étant qu’une mesure parmi d’autres, parfois trop contraignante. Ainsi, pour chaque tronçon routier, la solution la plus efficiente doit être recherchée, qui peut être la « zone 30 », mais qui peut aussi être autre, par exemple un aménagement de la chaussée permettant d’abaisser la vitesse à 30 km/h (sans être formellement une zone 30), voire une zone de rencontre, solution encore bien plus pertinente dans les quartiers d’habitation notamment. Nous sommes également très sceptiques sur l’idée de multiplier de nouveaux giratoires au centre-ville, ce qui semble assez difficile dans un contexte très urbanisé où l’espace public est déjà très contraint.

C’est donc bien avec ces réserves que les Verts vont accepter la prise en considération du postulat de M. Calame, qui viendra simplement s’intégrer dans le rapport-préavis à venir concernant la réponse à celui de Madame Decollogny.

Valéry Beaud

Intervention communale, Valéry Beaud

Grands chantiers : de l’art, de la couleur et une ouverture sur l’espace public

Intervention (19 septembre 2017)

Comme vous le savez tous, la Ville de Lausanne est entrée dans une période de grands chantiers. Malheureusement, ces chantiers sont trop souvent cachés derrières de tristes palissades et sont quasiment invisibles depuis l’espace public, refermés sur eux-mêmes. Pourtant, un embellissement des palissades avec des œuvres d’art, la mise en place de panneaux explicatifs sur le projet, ainsi qu’une meilleure ouverture sur l’espace public pourraient améliorer l’intégration des chantiers, l’information et la perception des citoyens sur ceux-ci.

L’embellissement des palissades pourrait par exemple être réalisé avec des artistes locaux (“street art”) ou avec des enfants des écoles, maisons et centres de quartier, etc.

L’ouverture sur l’espace public pourrait pour sa part être réalisée par exemple par des ajournements dans les palissades, la mise en place de postes d’observation ou des journées portes ouvertes.

Ce postulat demande donc à la Municipalité d’étudier l’opportunité, en collaboration avec les différents maîtres d’ouvrages, d’accompagner les grands chantiers par des mesures d’embellissement des palissades, d’information et d’ouverture sur l’espace public.

Postulat

La Ville de Lausanne est entrée dans une période de grands chantiers, qu’ils soient fédéraux, cantonaux, communaux ou privés, pour des infrastructures de transport, sportives, culturelles, de formation ou de nouveaux quartiers notamment. Si des projets comme le Musée cantonal des Beaux-Arts (MCBA), le Centre sportif de Malley (CSM), le Stade de football de la Tuilière, le nouveau siège du Comité international olympique (CIO), l’extension de l’Ecole hôtelière de Lausanne (EHL), la nouvelle station d’épuration des eaux (STEP) de Vidy, la rénovation du Château Saint-Maire ou le tunnel du Chemin de Fer Lausanne-Echallens-Bercher (LEB) sont déjà en cours, d’autres importants chantiers vont débuter dans les années à venir : tram t1, bus à haut niveau de service (BHNS), gare de Lausanne, métro m3, écoquartier des Plaines-du-Loup, développement du CHUV, etc.

Même avec une planification et une réalisation exemplaires, ces grands chantiers vont inévitablement avoir un impact sur l’espace public et causer des nuisances pour les habitants et usagers de la Ville de Lausanne. Face à cela, la Municipalité a déjà informé à plusieurs reprises le Conseil communal des efforts de communication et d’information qu’elle entend faire.

Trop souvent, ces chantiers sont toutefois cachés derrières de tristes palissades/clôtures et sont quasiment invisibles depuis l’espace public, refermés sur eux-mêmes. Pourtant, un embellissement des palissades/clôtures avec des œuvres d’art, la mise en place de panneaux explicatifs sur le projet, ainsi qu’une meilleure ouverture sur l’espace public pourraient améliorer l’intégration des chantiers, l’information et la perception des citoyens sur ceux-ci.

L’embellissement des palissades/clôtures pourrait par exemple être réalisé avec des artistes locaux (“street art”), avec des enfants (écoles, maisons et centres de quartier, etc.), voire avec des photos d’archives dans certains cas particuliers (p.ex. tram). Cet embellissement pourrait également concerner certains bâtiments dont les échafaudages sont « emballés » lors de grands projets de rénovation.

L’ouverture sur l’espace public pourrait pour sa part être réalisée par des ajournements dans les palissades/clôtures, la mise en place de postes d’observation, des journées portes ouvertes, la mise en place des webcams, etc.

Par ce postulat, nous demandons donc à la Municipalité d’étudier l’opportunité, en collaboration avec les différents maîtres d’ouvrages, d’accompagner les grands chantiers par des mesures d’embellissement des palissades/clôtures, d’information et d’ouverture sur l’espace public.

Valéry Beaud

Intervention communale, Lausanne, Sophie Michaud Gigon, Valéry Beaud

Quel avenir pour le parc d’agglomération de la Blécherette ?

Interpellation

Le projet d’agglomération Lausanne-Morges (PALM) définit 5 parcs d’agglomération : Blécherette, Roveréaz, Sauvabelin, Venoge et Vidy. Celui de la Blécherette a fait l’objet d’une étude spécifique dans le cadre du chantier 4a du schéma directeur du nord-lausannois (SDNL) sur la stratégie de préservation et d’évolution de la nature et du paysage (volet B). Elle propose la création d’un parc agricole récréatif et culturel (P.A.R.C), avec des intentions et des propositions d’aménagement. Cette étude a été adoptée par les communes du SDNL le 22 novembre 2012, avec l’ensemble du chantier 4a.

Sur son site internet, la Ville de Lausanne décrit le projet de parc d’agglomération de la Blécherette de façon assez enthousiasmante : “le projet P.A.R.C est inscrit dans une volonté de rapprocher le monde rural et le monde urbain. C’est l’occasion de développer un projet urbanistique original qui concilie préservation de la nature, création d’un espace de détente pour les lausannois et pérennisation de l’agriculture de proximité”.

Elle précise que “l’aménagement du parc d’agglomération de la Blécherette met en relation trois valeurs distinctes et convergentes :
– une valeur sociale en créant un espace de délassement et de loisirs doux facilement accessible et complémentaire aux bords du lac ;
– une valeur économique en pérennisant les activités agricoles au travers d’une évolution des pratiques de production et de distribution, en facilitant par exemple la vente directe de produits locaux «à la ferme» ;
– une valeur environnementale et paysagère en valorisant la transition entre la campagne et la ville tout en renforçant la cohabitation entre la nature, le paysage et l’urbanisation”.

Ambitieuse, elle précise encore que le parc d’agglomération de la Blécherette “doit devenir un site modèle en termes de développement territorial durable à l’échelle de l’agglomération”, ce que nous appelons également de nos vœux.

Un article paru dans le quotidien 24 Heures le 9 août 2017 (page 17) tempère toutefois un peu cet enthousiasme. Il mentionne en effet que “depuis la validation, en 2012, du concept d’un Parc d’agglomération par les communes, le projet n’a pas avancé d’un pouce”. Selon le chef de projet du SDNL, si le “concept est toujours valable”, il parle de “flottement”, d’une “période de flou et de remise en question”, et précise qu’il faudra patienter jusqu’en 2040, voire 2050, pour que la campagne de la Blécherette change de visage, “pour autant qu’il y ait une étincelle politique à un moment donné”. L’article mentionne encore que les communes “n’en font pas une priorité”.

L’ensemble de ces affirmations sont pour le moins préoccupantes alors que les parcs d’agglomération se doivent d’accompagner la densification du périmètre compact du PALM, en offrant de nouveaux espaces récréatifs et de loisirs simultanément à l’accueil des dizaines de milliers de nouveaux habitants. Celui de la Blécherette révèle de plus un potentiel tout particulier pour assurer une transition de qualité entre le milieu urbain et le milieu rural.

Il est encore utile de rappeler les attentes du Conseil communal à ce propos, lui qui a renvoyé à la Municipalité le 28 avril 2015 le postulat de Sophie Michaud Gigon et Valéry Beaud intitulé “Pour un lieu consacré à la valorisation de l’agriculture de proximité dans le Nord-Ouest lausannois”, qui demandait à la Municipalité d’étudier, en coordination avec les acteurs existants, l’opportunité de créer dans le Nord-Ouest lausannois un lieu consacré à la valorisation de l’agriculture de proximité, par exemple à l’une ou l’autre des fermes de la Blécherette ou du Solitaire.
Sur la base des éléments présentés ci-dessus, l’objet de cette interpellation est de poser les questions suivantes à la Municipalité :

1. Comment la Municipalité se positionne-t-elle face à l’article du quotidien 24 Heures susmentionné, notamment les affirmations de “flottement”, de “remise en question” ou d’absence de priorité ?

2. Quelles sont aujourd’hui les intentions de la Municipalité pour le Parc d’agglomération de la Blécherette ?

3. Quel rôle la Ville de Lausanne, qui est à la fois commune territoriale et propriétaire foncier, compte-t-elle jouer dans ce projet ?

4. Quel est l’état de la coordination intercommunale à propos de ce projet ?

5. Quelles sont les prochaines échéances et quel est le calendrier indicatif de ce projet ?

6. Est-ce que des aménagements légers et temporaires ne pourraient pas être mis en place rapidement, afin de permettre l’appropriation du parc par la population et d’en tester les usages ?

Valéry Beaud
Sophie Michaud Gigon

Intervention communale, Valéry Beaud

Respect du patrimoine bâti lausannois

Débat sur l’interpellation  « L’ISOS et les articles du RPGA utilisés par la CDAP pour annuler un permis de construire délivré par la Municipalité, une bonne nouvelle pour le patrimoine bâti lausannois ? »

Intervention

En préambule, je tiens à remercier chaleureusement la Municipalité pour la réponse précise et détaillée apportée à mon interpellation, qui faisait notamment suite à la décision de la Cour de droit administratif et public (CDAP) du Tribunal cantonal de refuser le permis de construire délivré par la Municipalité pour un projet d’immeuble démesuré et mal intégré dans le quartier de la Gottettaz.

Le tissu urbain de la Ville de Lausanne évolue rapidement depuis la mise en vigueur du nouveau Plan général d’affectation (PGA) en 2006. Pratiquement tous les quartiers voient des maisons démolies et des immeubles plus grands et plus massifs construits à leur place. Ce processus de densification, s’il est louable et souhaitable afin de limiter l’étalement urbain, doit toutefois être tempéré en fonction de l’atteinte qu’il peut porter au patrimoine bâti préexistant.

Pour cela, tant l’Inventaire fédéral des sites construits d’importance nationale à protéger en Suisse (ISOS) que le Règlement du Plan général d’affectation lausannois (RPGA, art. 69) fournissent à la Municipalité les bases nécessaires pour imposer des restrictions au droit à bâtir des propriétaires lorsqu’un intérêt patrimonial est en jeux et qu’il s’agit de veiller à la bonne intégration des constructions dans leur environnement. Pourtant, le nombre d’opérations de démolition-reconstruction qui dépareillent dans leur environnement montre que ces outils ont peu été utilisés par la Municipalité au cours de la dernière décennie. Heureusement, la révision du Plan directeur communal (PDCom) en cours d’élaboration intègre les enjeux patrimoniaux de manière satisfaisante et il semble que la nouvelle Municipalité soit un peu plus attentive au patrimoine bâti, ce qui se ressent d’une part dans le programme de législature mais également dans sa pratique récente, puisqu’elle n’hésite visiblement plus à refuser certains projets, ce que nous saluons.

Dans la réponse de la Municipalité, je relève à satisfaction qu’elle reconnaît qu’ « il incombe au premier chef aux autorités communales de veiller à l’aspect architectural des constructions » et qu’ « elles disposent à cet égard d’un large pouvoir d’appréciation ».

Toutefois, la réponse municipale met bien en évidence les déficiences du Plan général d’affectation (PGA) actuel et précise que « c’est dans le cadre de la révision du PGA que le patrimoine lausannois pourra bénéficier d’une protection adaptée avec une portée juridique réelle, dans un document opposable aux tiers ». Si cette citation est malheureusement bien la réalité, elle est toutefois très inquiétante : que va-t-on donc faire en attendant 2021, échéance qui nous est donnée dans le meilleur des cas pour la mise à l’enquête du nouveau PGA ? La Municipalité reconnaît d’ailleurs que « dans l’intervalle, il est manifeste que certains secteurs ne bénéficieront pas toujours d’une protection suffisante ». Sans intervention, le patrimoine bâti lausannois va donc poursuivre sa lente mais certaine disparition. Et plus l’environnement bâti deviendra hétéroclite, moins il sera facile de refuser ensuite des projets portant atteinte au patrimoine.

Dans l’attente de la révision du PGA, nous souhaitons donc que la Municipalité fasse usage des outils dont elle dispose pour veiller à une densification respectueuse du patrimoine, particulièrement des ensembles bâtis dignes d’intérêt. Pour cela, elle peut notamment utiliser l’art. 69 du RPGA, l’ISOS, ou même déposer une zone réservée sur certains secteurs particuliers où un ensemble bâti digne d’intérêt mérite une protection.

Enfin, il est utile de mentionner que le programme de législature mentionne l’intention de mettre en place une commission d’urbanisme et d’architecture, ce que nous appelons de nos vœux au plus vite, la Ville de Lausanne étant une des dernières grandes villes suisses à ne pas en posséder. Elle permettra notamment d’évaluer en amont les projets, notamment au regard des critères d’esthétique et d’intégration.

Au vu de ces différents éléments, nous aurons une résolution à vous soumettre ce soir. Avant cela, je souhaite toutefois encore poser trois questions à la Municipalité :

  • où en est la procédure de révision du PDCom et quel est le calendrier approximatif de la suite de la procédure ?
  • quand est-ce que le préavis concernant le lancement de la révision du PGA sera-t-il soumis au Conseil communal ?
  • où en est le processus de mise en place d’une commission d’urbanisme et d’architecture ?

Je remercie d’avance la Municipalité pour ses réponses complémentaires.
Valéry Beaud

Intervention communale, Valéry Beaud

Promenade du Bois-de-Beaulieu et du Parc Jomini

R70 – Rapport-préavis 2016/39

Intervention

Le rapport-préavis qui nous est présenté en réponse au postulat d’Anne Decollogny est extrêmement cours, puisqu’il s’agit en fait d’un complément au préavis n° 2015/72 qui répondait à mon postulat demandant une requalification des espaces publics situés au Nord du site du Centre de congrès et d’expositions de Beaulieu.

La séance de commission a toutefois permis d’avoir un état des lieux complet des projets de la Promenade du Bois-de-Beaulieu et du Parc Jomini, ainsi que de la valorisation de l’angle Jomini/Bergières (ex-Taoua).

Ces projets permettront de redonner vie à la Promenade du Bois-de-Beaulieu et d’aménager de nouveaux espaces conviviaux pour les habitants et usagers du quartier. Toutes les tranches d’âge devraient y trouver leur bonheur, avec la transformation de l’édicule abandonné en un petit café, sur le modèle de la Folie Voltaire au parc Mon-Repos, avec la création de nouvelles places de jeux pour les tout petits et pour les enfants de 5 à 10 ans sur la Promenade du Bois-de-Beaulieu, ainsi qu’avec la création d’aménagements pour les adolescents dans le Parc Jomini. Les cheminements piétonniers seront également rendus plus conviviaux par la suppression de nombreux grillages et barbelés, au profit notamment d’une nouvelle arborisation.

Nous saluons également la démarche participative qui a accompagné ces projets, avec notamment des séances avec les acteurs associatifs du quartier et une séance d’information publique qui a rencontré beaucoup de succès.

Nous vous encourageons donc à soutenir ce rapport-préavis, et je terminerai avec une question pour la Municipalité : depuis la séance de commission, les projets de la Promenade du Bois-de-Beaulieu et du Parc Jomini ont été soumis à l’enquête publique ; il serait utile que la Municipalité nous fasse un point de situation sur la procédure et sur le calendrier de réalisation de ces espaces publics très attendus par la population, également pour la mise en exploitation de l’édicule.

Valéry Beaud

Intervention communale, Valéry Beaud

Avenir du site du Centre de congrès et d’exposition de Beaulieu

Postulat Pernet – Beaulieu

Intervention

Comme la commission, les Verts lausannois proposent de soutenir le renvoi du postulat de M. Pernet à la Municipalité, mais avec quelques réserves que nous souhaitons clairement exprimer ici.
En effet, nous soutenons ce renvoi dans l’idée qu’une large réflexion doit se réouvrir sur l’avenir du site du Centre de congrès et d’exposition de Beaulieu, particulièrement de ses halles nord, et que ce postulat peut s’y intégrer, en complément de celui de M. Stauber et de moi-même, que notre Conseil communal a renvoyé directement à la Municipalité le 31 janvier dernier.
Toutefois, nous ne pensons pas que l’orientation proposée par M. Pernet soit la meilleure piste à suivre. En effet, de plus en plus d’éléments semblent montrer que le temps est venu de dire adieu aux foires et expositions dans les halles nord, ces activités correspondant de moins en moins aux attentes de la population, et qu’il est donc temps de réfléchir à donner une nouvelle vie à cette partie du site de Beaulieu.
Nous saluons d’ailleurs les évolutions déjà annoncées pour le Palais de Beaulieu, que ce soit pour les congrès, le théâtre, l’Ecole de la Santé La Source, le tribunal arbitral du sport (TAS) et le retour d’un restaurant ouvert au public sur le site. Pour la partie nord, le postulat de M. Stauber et moi invite plutôt la Municipalité à étudier, en collaboration avec le Canton, la Fondation de Beaulieu et de concert avec les habitants et usagers, l’opportunité d’une réaffectation partielle du site, dans un périmètre comprenant le Front Jomini, les Halles Nord et la Halle 8. Nous proposions une nouvelle offre d’activités, notamment avec un renforcement des pôles de santé, de formation et de culture qui existent à l’heure actuelle sur le site ou dans les quartiers environnants, et éventuellement l’introduction d’autres activités d’utilité publique ou économiques, par exemple une pépinière de start-up, des entreprises de l’économie sociale et solidaire, etc. Le maintien d’activités économiques diversifiées en ville est en effet essentiel au moment où nous planifions la disparition d’importantes surfaces qui y sont dédiées, par exemple à Sévelin ou à Malley.
C’est donc bien dans le sens que j’ai exposé que nous espérons que la Municipalité réponde à ces deux postulats.

Valéry Beaud