Alice Genoud, Anne Berguerand, Benjamin Rudaz, Daniel Dubas, Intervention communale, Lausanne, Valéry Beaud, Vincent Rossi, Xavier Company

Le barreau Vigie-Gonin et le tram

Interpellation urgente

Le barreau routier Vigie-Gonin retardant encore le tram, il est temps de proposer des alternatives respectueuses du climat et de la biodiversité
Depuis 2011, tout en soutenant fermement le projet de tram Renens-Gare – Lausanne-Flon (t1), les Verts lausannois, ainsi qu’Ensemble à Gauche, ont régulièrement critiqué la mesure d’accompagnement consistant à construire un barreau routier entre la Rue de la Vigie et l’Avenue Jules-Gonin au travers et au détriment de la forêt du Flon. Au fil des années, nous sommes intervenus à plusieurs reprises au sein du Conseil communal de Lausanne (question écrite, interpellations, postulat et débats dans le cadre des préavis) pour tenter de ramener les autorités à la raison, proposer des alternatives à la construction de cette nouvelle route en plein centre-ville et demander que ces alternatives soient sérieusement étudiées afin de trouver une solution réfléchie plutôt qu’imposée par manque d’information. Malheureusement, tant la Municipalité que le Conseil communal ne nous ont pas suivis, estimant notamment, à tort, qu’examiner des alternatives allait entraîner un retard des travaux et de la mise en service du tram.

Il y a un peu plus d’une année, les Verts lausannois et Ensemble à gauche s’étaient par contre félicités 1 de l’arrêt du Tribunal administratif fédéral (TAF) du 2 février 2018 2 , par lequel, en substance, le TAF validait l’autorisation de construire pour le tram et le bus à haut niveau de service (BHNS) attendus depuis de nombreuses années et indispensables pour notre politique de mobilité, tout en renvoyant le projet routier du barreau Vigie-Gonin à une procédure ad hoc, estimant que l’Office fédéral des transports (OFT) n’était pas compétent pour valider cette mesure d’accompagnement, faute de lien suffisamment étroit entre les deux infrastructures (ferroviaire et routière).

Les transports publics lausannois (tl) ont fait recours au Tribunal fédéral (TF) contre cette décision du TAF, retardant d’autant le début des travaux du tram. Là encore, lors du débat, les Verts lausannois et Ensemble à Gauche ont regretté cette volonté des tl de recourir, portant ainsi préjudice à leur propre projet de tram. La décision du TF est tombée le 8 mai 2019 et, par 3 juges contre 2, il a annulé la décision du TAF et renvoyé le dossier à cette autorité pour examiner la validité des plans routiers du barreau Vigie-Gonin. Nous accueillons cette dernière décision avec un certain regret, car elle est la pire qui pouvait arriver : celle qui retarde encore le plus le projet de transports publics. Avec encore au minimum un temps de traitement de 18 mois devant le TAF, puis à nouveau une douzaine devant le TF en cas de nouveau recours, suivi de 4 à 5 ans de travaux, le tram n’arrivera donc vraisemblablement pas avant 2027 à la Place de l’Europe.

Dans le courant de l’été, le Tribunal a publié les considérants des arrêts rendus à ce sujet (il y en a quatre au total, dont un principal : l’arrêt du Tribunal fédéral 1C_125/2018 du 8 mai 2019), ce que nous attentions notamment avant de demander l’urgence à cette interpellation, afin de permettre à la Municipalité de nous répondre en toute connaissance de cause. Le TF retient en substance que la décision du TAF était trop formaliste et qu’il fallait admettre la compétence de l’OFT à valider les plans routiers, de même que de retenir que tel avait été le cas. En plus de cet élément purement formaliste, le TF a admis qu’il existait un lien suffisant entre le barreau routier et le projet de tram, qui nécessitait de les examiner en commun. Il a donc été renvoyé au TAF pour que celui-ci examine juridiquement « les problématiques liées au défrichement et aux expropriations nécessaires à la réalisation de cet ouvrage », ainsi que la validité et la proportionnalité de cette nouvelle route. Toutefois, les seules études évoquées par le TF pour indiquer la (prétendue) surcharge du carrefour Chauderon- Sud datent de 2010, 2012 et 2013, puis une note de 2014 qui indiquerait une charge de 90% avec les mesures de compensation (dont la rampe en question) et non plus de 100% comme retenu en 2012… alors que nous sommes bientôt en 2020 !

Il existe une voie qui permettrait de mettre fin à ces procédures judiciaires dommageables, qui ne font que retarder la mise en service du tram : démarrer les travaux du tram et des BHNS sans délai, puisqu’ils sont maintenant validés par les instances judiciaires, et rechercher une alternative concertée avec les opposants au barreau Vigie-Gonin plutôt que de porter à nouveau le même dossier devant les tribunaux, raccourcirait possiblement la mise en service du tram.

En effet, le nouveau jugement à venir devant le TAF est relativement imprévisible. Etant donné qu’il impacte la forêt, le projet de barreau doit être conforme à l’article 5 de la Loi fédérale sur les forêts (LFo), qui part du principe que tout défrichement est interdit (le défrichement étant un des éléments expressément mentionné par le TF comme devant être examiné par le TAF, à son considérant 4.4). Pour qu’une autorisation puisse être accordée à titre exceptionnel, il faut répondre à deux conditions impératives : un intérêt prépondérant, ce qui semble être accordé par le récent jugement du TF qui lie le projet routier à celui du tram, mais aussi la preuve que l’ouvrage pour lequel le défrichement est sollicité soit indispensable et ne puisse être réalisé qu’à l’endroit prévu. Cette démonstration ne sera pas des plus faciles à faire pour les porteurs de projet, car comment démontrer en 2019 que le barreau Vigie-Gonin est nécessaire et qu’aucune alternative ne soit possible hors de l’aire forestière?

Il est utile de rappeler que lors de la demande de concession ferroviaire du 15 mars 2010 pour le tram t1, la liaison routière Vigie-Gonin ne figurait pas dans le projet. Les études de trafic avaient alors démontré que le tram était réalisable sans elle. Ce n’est que le 16 décembre 2010 qu’il a été ajouté, parce qu’il constituait l’accès à un futur tunnel routier imaginé sous Saint-François. L’ajout du barreau Vigie-Gonin dans le projet de tram a alors été imposé aux tl. De nouvelles études de trafic ont été réalisées, démontrant cette fois-ci l’utilité de cette liaison.

Mais aujourd’hui, les choses ont changé, nous sommes en 2019! D’une part, le Plan directeur communal (PDCom) a fort heureusement supprimé toute référence à un éventuel futur tunnel sous Saint-François dans sa version finale. D’autre part, plus le temps passe, moins le barreau Vigie-Gonin ne sera nécessaire. En effet, le taux de motorisation des Lausannois continue sa décroissance et les parts modales des transports publics et de la mobilité douce continuent à augmenter. Les études de trafic ayant conclu à la nécessité du barreau Vigie-Gonin sont de surcroît trop vieilles et ne prenaient même pas en compte les développements futurs de l’offre en transport public, comme le métro m3, qui, les années passant, va finalement se réaliser très peu de temps après le tram t1, diminuant significativement le trafic au carrefour Chauderon Sud. De nouvelles études doivent donc être réalisées sur la base des données actuelles et du retour d’expérience très positif des monitorings réalisés lors de récentes fermetures provisoires de tronçons routiers (Pont Chauderon et Vieux-Moulin), qui ont montrés un intéressant phénomène d’évaporation du trafic. Tout cela devrait naturellement conduire à renoncer au barreau routier Vigie-Gonin, économisant des millions de francs et sauvant un poumon vert du centre-ville.

La Municipalité vient par ailleurs d’établir un rapport-préavis 2019/30 qui sera prochainement soumis à l’approbation du Conseil communal, pour une politique climatique et l’élaboration d’un plan climat. La sortie de ce rapport-préavis constitue la deuxième raison de la demande d’urgence de cette interpellation, compte tenu de l’urgence aux mesures climatique qu’il implique, et à la place qu’il donne au patrimoine arboré, comme base de compensation (« puit ») carbone, mais aussi de barrière climatique citadine pour lutter contre les canicules toujours plus importantes.

Il est aussi utile de rappeler que l’arrêt du TAF de l’an dernier avait débouté des opposants sur toute la ligne à propos de la diminution de l’accès routier au centre-ville et du nombre de places de stationnement.

Enfin, il faut encore relever que la réalisation du barreau Vigie-Gonin est contraire avec la politique de mobilité durable que les autorités cantonales et communales ont elles-mêmes inscrits dans le Plan directeur cantonal (PDCn), le Projet d’agglomération Lausanne-Morges (PALM), le nouveau Plan des mesures OPair 2019 de l’agglomération Lausanne-Morges ou le Plan directeur communal (PDCom) de Lausanne.

Alors que la quasi-totalité des partis politiques a fait de la protection du climat et de la biodiversité leur priorité en cette année électorale, il est temps de passer à l’action et de prouver que ce ne sont pas là que des mots, mais que des actes concrets et locaux doivent suivre, à commencer par la préservation de la forêt du Flon et le renoncement à une route supplémentaire en plein centre ville. L’urgence climatique décrétée par le Canton de Vaud, ainsi que les postulats déposés au Conseil communal de Lausanne et renvoyés à la Municipalité concernant un Plan climat,ainsi que l’urgence climatique, permettront aussi de fixer des exigences claires en terme de protection du climat pour la Ville de Lausanne.

Sur la base des éléments présentés ci-dessus, l’objet de cette interpellation est de poser les questions suivantes à la Municipalité :

  1. La Municipalité peut-elle préciser les prochaines étapes prévisibles de la procédure et le calendrier indicatif associé ?
  2. Est-ce que dans l’attente du futur jugement du TAF, de nouvelles études de trafic ont été ou vont être réalisées, notamment en tenant compte du M3 et sans le barreau Vigie-Gonin ?
  3. Est-ce que dans l’attente du futur jugement du TAF, des alternatives au barreau routier Vigie-Gonin ont été ou vont être étudiées ?
  4. En fonction du résultat de ces études, la Municipalité est-elle prête, le cas échéant, à renoncer à la réalisation du barreau Vigie-Gonin et à la destruction de la forêt du Flon ?
  5. Existe-t-il un « plan B » notamment au cas où le TAF devait refuser la réalisation du barreau Vigie-Gonin au travers de l’aire forestière ?
  6. Comment la Municipalité explique-t-elle les différences ressortant des deux études de trafic de 2010 relatives aux mesures d’accompagnement du tram, l’une indiquant que la réalisation du tram était possible sans la liaison routière, l’autre non ?
  7. Au vu des années qui passent et de l’évolution constatée de la mobilité à Lausanne, la Municipalité n’estime-t-elle pas que l’étude qui a été réalisée pour démontrer l’utilité de la liaison routière Vigie- Gonin est dépassée et qu’il serait pertinent de mettre à jour les études de trafic qui ont abouti au choix du barreau Vigie-Gonin, d’autant que le tram ne devrait pas être mis en service avant 2027 ?
  8. La Municipalité est-elle prête à tout faire pour que la réalisation du tram Renens-Gare – Lausanne- Flon (t1) démarre dès que possible et ne soit pas retardée davantage ?
  9. La Municipalité est-elle prête à tout faire pour que la mise en service du bus à haut niveau de service (BHNS) Prélaz-les-Roses – Saint-François démarre dès que possible et ne soit pas retardée davantage ?
  10. La Municipalité n’est-elle pas d’avis, compte tenu de la longueur des procédures judiciaires vers lesquelles on se dirige encore, que la proposition et la mise à l’enquête dès que possible d’une alternative au barreau Vigie-Gonin pourrait potentiellement permettre une réalisation plus rapide du tram dont l’agglomération lausannoise a besoin ?
  11. Au vu de la prise de conscience généralisée et scientifiquement prouvée de l’urgence climatique, dont il est fait état dans le rapport-préavis 2019/30, la Municipalité n’estime-t-elle pas qu’il serait opportun d’éviter la construction d’une nouvelle liaison routière en plein centre-ville en lieu et place d’une aire forestière?

Xavier Company, Valéry Beaud, Benjamin Rudaz, Alice Genoud, Daniel Dubas, Vincent Rossi, Anne Berguerand

1Interpellation urgente de Valéry Beaud et crts « Le tram passe, la rampe trépasse ! » du 6 mars 2018 ; Interpellation urgente de Johann Dupuis et crts « Le barreau Vigie-Gonin : quel plan B pour cette liaison routière ayant échappé à tout contrôle démocratique ? » du 6 mars 2018
2A-2465/2016, https://www.bvger.ch/dam/bvger/fr/dokumente/2018/01/Arrêt%20A-2465-2016.pdf.download.pdf/A-2465-2016_WEB.pdf

Intervention communale, Valéry Beaud

Plaines-du-Loup : maison du projet et développement du parc

Intervention
R88 – Préavis 2018/01 – Projet Métamorphose

Voici encore un moment important pour le projet Métamorphose et plus spécifiquement pour le projet d’écoquartier des Plaines-du-Loup, qui entre cette fois-ci en phase de concrétisation. Onze ans après le premier préavis d’intention, les travaux ont débuté le mois passé.

Le crédit d’investissement de près de 13 millions de francs qui nous est demandé ce soir pour les écoquartiers des Plaines-du-Loup et des Près-de-Vidy peut paraître important, d’autant qu’il concerne essentiellement des travaux préparatoires et d’équipements peu visibles : des démolitions, des pistes de chantier, des réseaux et des pré-aménagements d’espaces publics. A première vue, je comprends que cela puisse paraître cher, mais c’est un passage obligé pour développer un tel nouveau morceau de ville, car c’est bien de cela dont il s’agit.

Si l’on prend l’exemple des travaux préparatoires et d’équipements de la première étape de l’écoquartier des Plaines-du-Loup, un investissement de Fr. 7’777’000.- selon le préavis, et qu’on le rapporte aux 2’180 habitants et 1’100 emplois qui rejoindront ce périmètre dès 2021, cela ne représente plus que 2’371.- par personne. Vous reconnaitrez que cela semble tout de suite beaucoup plus raisonnable.

Pour ma part, au delà de ces aspects techniques et financiers, je tiens ce soir à mettre en évidence deux points particulièrement importants à nos yeux, qui figurent de manière assez discrète dans ce préavis :

  • tout d’abord, l’apparition d’une maison du projet, première étape de la permanence de quartier proposée par l’Association écoquartier en 2015 et relayée dans mon postulat intitulé « Une gouvernance participative pour l’écoquartier des Plaines-du-Loup » le 16 juin 2015 ; lieu d’expositions, de rencontres et de débats, ouvert aux riverains, aux acteurs locaux, aux investisseurs et aux futurs habitants, cette maison du projet est un outil indispensable en soutien du développement du projet et des démarches participatives et citoyennes à venir ;
  • deuxième aspect que je souhaite mettre en évidence, le pré-aménagement d’espaces publics au sein de l’écoquartier des Plaines-du-Loup, particulièrement le développement du Parc du Loup, qui doit permettre de préserver un espace de délassement et une perméabilité piétonne pour les habitants des quartiers voisins pendant la construction de la première étape ; au cours du projet Métamorphose, différentes étapes de démarche participative se sont succédées, avec plus ou moins de réussite, mais celle-ci est incontestablement la plus aboutie ; en effet, le parc a non seulement été conçu de façon participative avec les habitants actuels et futurs, mais il est également réalisé avec les habitants, dans une phase de co-construction en cours ; j’ai eu la chance d’assister à la soirée participative du 19 janvier dernier et aux chantiers participatifs d’il y a 10 jours ; pour l’avoir vu de mes propres yeux, je peux vous assurer que la démarche a été un véritable succès ; si nous donnons l’opportunité aux habitants de co-construire, ils la saisissent ; c’est un enseignement à retenir pour la suite, car nous attendons naturellement le même degré de participation citoyenne dans la suite du projet, particulièrement pour la conception et la réalisation des espaces publics situés dans la première étape de l’écoquartier.

Vous l’aurez compris, c’est avec beaucoup d’enthousiasme que les Verts lausannois vous recommandent d’accepter les différentes conclusions de ce rapport-préavis.

Valéry Beaud

Intervention communale, Valéry Beaud

Aménagement du secteur Riponne-Tunnel

R82 – Rapport-préavis 2017/48 – Aménag. du secteur Riponne-Tunnel

Intervention

Les Verts lausannois saluent ce rapport-préavis n° 2017/48, qui est d’une part très intéressant mais surtout très important pour l’avenir de la Ville de Lausanne, puisqu’il permettra à terme d’améliorer significativement l’attractivité et l’animation de tout le secteur Riponne-Tunnel, qui comprend plusieurs espaces publics majeurs possédant un fort potentiel de valorisation.

Ce rapport-préavis constitue des premiers éléments de réponse encourageant à mon postulat “Pour une véritable stratégie de requalification de l’espace public”, déposé en septembre 2016. Il témoigne d’un intérêt plus marqué de la nouvelle Municipalité pour l’espace public et la qualité de vie en ville que les précédentes, ce qui nous réjouit fortement.

Le présent rapport-préavis rappelle bien les enjeux urbanistiques d’une requalification importante du secteur Riponne-Tunnel, enjeux déjà présentés et discutés dans le cadre de la révision du Plan Directeur communal (PDCom), notamment:

– pour la Riponne, la redéfinition des circulations et des accès au parking souterrain, le besoin d’un cadre bâti et de rez-de-chaussée actifs, le maintien d’un vaste espace polyvalent, le besoin de végétation et d’eau, ainsi que la création d’une zone particulière sur la Rue du Tunnel ;

– pour le Tunnel, la redéfinition de l’emprise des voies de circulations et du stationnement, le prolongement des espaces extérieurs au droit des rez-de-chaussée, mais également la valorisation du patrimoine bâti et vert, cette place ayant un environnement remarquable.

Nous relevons également avec satisfaction que ce rapport-préavis prend en compte les notions de lutte contre l’effet d’”îlot de chaleur”, de confort thermique et d’adaptation aux changements climatiques, ce qui est indispensable au vu du contexte particulier de ces espaces publics majeurs.

Enfin, nous tenons encore à saluer la réflexion qui a été menée pour chercher le processus le plus approprié afin de définir une image directrice pour le développement de ces deux sites, et le fait de l’accompagner d’une large démarche participative. Au vu du calendrier, assurément réaliste mais néanmoins très étendu, nous relevons l’importance de réaliser les aménagements participatifs transitoires qui sont évoqués, qui permettront notamment de tester des vocations et des usages dans l’attente de la transformation du secteur.

Vous l’aurez compris, c’est avec enthousiasme que les Verts lausannois vous recommandent d’accepter les différentes conclusions de ce rapport-préavis, c’est une belle aventure qui commence !

Valéry Beaud

Intervention communale, Valéry Beaud

Interpellation urgente sur le tram et résolution acceptée par le Conseil communal

Intervention

En préambule, il est utile de préciser que les Verts lausannois sont extrêmement satisfaits de l’arrêt du Tribunal administratif fédéral (TAF) du 2 février 2018, qui valide l’autorisation de construire du tram t1 Renens-Gare – Lausanne-Flon, du bus à haut niveau de service (BHNS) Prélaz-les-Roses – Saint-François et du garage atelier (GAT), et qui renvoie le projet routier du barreau Vigie-Gonin à une procédure ad hoc.

Le tram t1, que nous avons toujours soutenu avec fermeté et que les populations lausannoises, de l’ouest lausannois et plus généralement de l’ensemble de l’agglomération attendent depuis de nombreuses années, peut donc aller de l’avant. Concernant le barreau routier entre la Rue de la Vigie et l’Avenue Jules-Gonin au travers de la forêt du Flon, que les Verts lausannois ont régulièrement critiqués, le TAF ne fait finalement que confirmer ce que nous avons dit à plusieurs reprises ici même, soit que cette liaison routière ne devait pas faire partie de la procédure d’approbation des plans ferroviaires, car elle ne présente pas un rapport nécessaire et étroit avec l’exploitation du tram.

Fort de ces décisions, nous souhaitons que les travaux du tram et du BHNS débutent sans attendre et que des alternatives soient rapidement étudiées pour le barreau Vigie-Gonin et pour la Maison du livre et du patrimoine qui devait prendre place sous celui-ci.

Aujourd’hui, nous regrettons donc fortement la décision des transports publics lausannois (tl) de faire recours au Tribunal fédéral (TF) contre la décision du TAF. Nous sommes également déçus de la réponse de la Municipalité à notre interpellation urgente ainsi qu’à celle de M. Dupuis, réponses qui illustrent un entêtement à vouloir réaliser à tout prix le barreau routier Vigie-Gonin.

Je sais que la situation des Municipaux en place aujourd’hui est difficile et j’en suis désolé pour eux, qui ont hérité d’un dossier bricolé par leurs prédécesseurs. Mais la décision du TAF est historique, elle permet au tram de se réaliser sans le barreau Vigie-Gonin. La Municipalité a donc aujourd’hui une magnifique opportunité de corriger les erreurs du passé.

En ce sens, le manque d’anticipation dont elle fait preuve est incompréhensible. A la réponse à la question 6, elle dit ne pas vouloir étudier la nouvelle procédure exigée par le TAF pour le barreau Vigie-Gonin avant l’issue du traitement du recours des tl au TF. Voilà une première année de perdue. On peut par ailleurs raisonnablement penser que la nouvelle procédure requise retarderait la mise en service du tram au minimum de 3 à 5 ans supplémentaires.

Je crois qu’on peut l’affirmer aujourd’hui, si le TF confirme la décision du TAF, le barreau Vigie-Gonin est à 99% mort. Seul dans une nouvelle procédure routière, il n’a en effet que peu de chance face à l’article 5 de la Loi fédérale sur les forêts et encore moins de chance devant la population lausannoise, qui pourrait être amenée à voter lors d’un référendum, que cette liaison routière soit une route communale ou une route cantonale en traversée de localité́. Ce n’est donc pas d’une nouvelle procédure pour le barreau Vigie-Gonin que le tram à besoin, mais d’alternatives crédibles à celui-ci.

Aujourd’hui, comme leur autorise la décision du TAF, les autorités cantonales et communales doivent avoir le courage de débuter les travaux de ce tram tant attendu depuis de nombreuses années, sans réaliser le barreau Vigie-Gonin, mettant ainsi en œuvre la politique de mobilité durable qu’elles ont elles-mêmes inscrits dans le Plan directeur cantonal (PDCn), le Projet d’agglomération Lausanne-Morges (PALM), le Plan des mesures OPair de l’agglomération Lausanne-Morges ou le Plan directeur communal (PDCom) de Lausanne.

Valéry Beaud

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Compléments

Comme les années passent et que tout le monde semble l’avoir oublié, il est peut-être utile de rappeler ce soir l’origine du barreau routier Vigie-Gonin. En effet, comme l’explique l’arrêt du TAF, lors de la demande de concession ferroviaire du 15 mars 2010 pour le tram t1, cette liaison routière ne figurait pas dans le projet. Les études de trafic avaient alors démontré que le tram était réalisable sans elle. Ce n’est que le 16 décembre 2010 qu’il a été ajouté. Pourquoi ? C’est une secret de polichinelle, on peut le dire : parce qu’il constituait l’accès au tunnel routier sous Saint-François tant voulu par l’ancien Municipal des Travaux. Celui-ci réussit alors à imposer aux autorités et aux tl l’ajout de son barreau Vigie-Gonin dans le projet de tram. De nouvelles études de trafic sont alors réalisées, démontrant cette fois-ci l’utilité de cette liaison. Comme vous le voyez, le barreau Vigie-Gonin est une pure invention de l’ancienne Municipalité de Lausanne, qui a par là-même pris en otage l’ensemble de l’agglomération. Aujourd’hui, c’est donc à la nouvelle Municipalité d’assumer ses responsabilités et de trouver des alternatives pour se passer de cette liaison routière qui ne fait aucun sens et n’est pas nécessaire, le tunnel sous Saint-François ayant par ailleurs été définitivement abandonné entre temps.

Par ailleurs, la Municipalité mentionne dans sa réponse à notre interpellation que le TAF ne remet pas en question le bien-fondé du barreau routier Vigie-Gonin. Il est toutefois utile de préciser que celui-ci n’a à ce jour pas jugé du fond mais uniquement de la forme. Or plus le temps passe, moins le barreau Vigie-Gonin ne sera nécessaire. En effet, le taux de motorisation des lausannois continue sa décroissance et les parts modales des transports publics et de la mobilité douce continuent à augmenter. De plus, les études de trafic ayant conclu à la nécessité du barreau Vigie-Gonin ne prenaient même pas en compte les développements futurs de l’offre en transport public, comme le métro m3, qui, les années passant, va finalement se réaliser très peu de temps après le tram t1, diminuant significativement le trafic au carrefour Chauderon Sud. De nouvelles études doivent donc être réalisées sur la base des données actuelles et du retour d’expérience très positif des monitorings réalisés lors de récentes fermetures provisoires de tronçons routiers (Pont Chauderon et Vieux-Moulin), qui ont montrés un intéressant phénomène d’évaporation du trafic. Tout cela conduira naturellement à renoncer au barreau routier Vigie-Gonin.

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Résolution

 

Le Conseil communal souhaite :
 
que la Municipalité intervienne auprès du Canton et des tl pour que débutent sans attendre les travaux du tram Renens-Gare – Lausanne-Flon (t1), du bus à haut niveau de service (BHNS) Prélaz-les-Roses – Saint-François et du garage atelier (GAT).
Intervention communale, Lausanne, Valéry Beaud

Places de jeux

R61 – Rapport-préavis n° 2017/26 – « Places de jeux »

Intervention

Les Verts lausannois accueillent avec enthousiasme cet excellent rapport-préavis n° 2017/26, qui permettra de poursuivre et développer l’exemplaire politique lausannoise des places de jeux, et qui répond par ailleurs à satisfaction à mon postulat “Pour une ou plusieurs places de jeu dédiées aux jeunes enfants au centre-ville de Lausanne”, déposé le 12 janvier 2016.

Les places de jeux sont des lieux de vie importants dans la ville, non seulement pour les aménagements ludiques qui contribuent au développement et à l’activité physique des enfants, mais aussi comme espace de rencontre.

Dans le rapport-préavis, nous relevons avec plaisir les principes généraux guidant l’aménagement des places de jeux, qui sont présentés en page 4 et qui sont une belle illustration de la qualité recherchée : une répartition spatiale équilibrée, une offre diversifiée, une approche écologique, une planification participative et une conception inclusive.

Sur cette base, le rapport-préavis prévoit :

– de réaménager 16 places de jeux entre 2017 et 2021 ;

– d’adapter des places de jeux existantes aux besoins des enfants handicapés et des personnes à mobilité réduite ;

– et la création de trois nouvelles places de jeux au centre-ville, à la Promenade de la Solitude, à Cité-Vieux-Bourg et à Montbenon.

Nous saluons l’ensemble de ces éléments, en insistant encore sur l’importance que nous attachons à la planification participative, à la conception inclusive et naturellement à l’approche écologique.

Concernant spécifiquement la réponse à mon postulat, celui-ci demandait l’aménagement de places de jeux dans l’hyper-centre-ville de Lausanne, tant pour les familles qui y résident que pour celles qui y viennent pour se promener, faire des achats ou profiter de l’offre culturelle.

De notre point de vue, les trois nouvelles places de jeux annoncées dans le rapport-préavis ne sont pas tout à fait dans l’hyper-centre au sens où nous l’entendions pour inciter également les familles à fréquenter le marché et les commerces. Tout en soutenant leur création, nous estimons que la réponse à mon postulat se trouve plutôt dans les équipements ludiques multifonctionnels et modulables qui sont annoncés sur différentes places publiques de l’hyper-centre, par exemple celles de La Louve ou de Pépinet, dans le but de rendre ces espaces plus accueillants pour les familles. La réponse se trouve également dans l’installation de la place de jeux amovible L’Akabane, qui a désormais été acquise par la Ville de Lausanne et qui a rencontré un grand succès à ses différents emplacements, malgré quelques réticences de certains commerçants à son emplacement initial.

Comme vous l’aurez compris, les Verts lausannois vous encouragent donc à suivre l’avis de la commission et à accepter les cinq conclusions de ce rapport-préavis.

Valéry Beaud

Intervention communale, Lausanne, Valéry Beaud

Blécherette : Pour une réduction conséquente des nuisances sonores

Postulat H. Buclin et V. Beaud “Pour une réduction conséquente des nuisances sonores provoquées par l’aéroport de la Blécherette et des dangers relatifs au trafic aérien en zone urbaine”

Intervention

En tant que co-postulant, je me dois tout d’abord de rappeler ici quelques éléments de contexte, le dépôt de notre postulat remontant au 7 juin 2016, il y a plus d’une année et demi.

Le 5 décembre 2013, une pétition munie de 450 signatures a été déposée par l’Association de défense des riverains de la Blécherette (ADRB), demandant que des mesures soient prises pour atténuer les nuisances sonores et améliorer la sécurité de l’aéroport de la Blécherette. Elle a été renvoyée à la Municipalité pour étude et rapport-préavis.

En 2014, Monsieur Buclin et moi-même avons chacun déposé une interpellation, afin d’obtenir différentes informations complémentaires sur l’aéroport et son exploitation. Nous avons par exemple appris les choses suivantes :

le droit distinct et permanent de superficie (DDP) de 192’296 m2 ne rapporte qu’environ Fr. 60’000.- de redevance par année à la Ville de Lausanne, soit environ 30 centimes par m2, un prix par exemple largement inférieur à ce que doivent payer les usagers des jardins familiaux pour leurs terrains ;

sur 920 avions immatriculés auprès de la Blécherette, seuls 3% des propriétaires sont domiciliés à Lausanne ;

36 % des mouvements d’avions sont de l’écolage, soit des vols d’avions écoles (données 2014) ;

entre 2006 et 2014, les décollages vers le Sud, soit en direction de la Ville, ont augmenté de 117 % (ADRB) ; alors que le cadastre du bruit de l’aéroport prévoyait 37% de décollages vers le Sud et 63% vers le Nord, 57% des décollages ont été effectués vers le Sud en 2014 (ADRB) ;

enfin, entre 2009 et 2014, le nombre de mouvements d’hélicoptères a augmenté de 52%, alors même que le nombre de vols liés au sauvetage diminuait légèrement durant cette même période.

En résumé, alors que le terrain est mis généreusement à disposition par la Ville de Lausanne et que seule une infime partie des utilisateurs paient des impôts à Lausanne, ce sont essentiellement les lausannoises et les lausannois qui subissent les nuisances de l’aéroport, la situation s’étant par ailleurs passablement détériorée ces dernières années. Alors que les communes du Nord lausannois ont défendus leurs intérêts, nos autorités ont jusqu’au début de cette législature simplement laissés faire, sans réagir.

C’est dans ce contexte que lorsque nous avions découverts le rapport-préavis n° 2016/38 censé répondre à la pétition de l’ADRB, M. Buclin et moi avons décidé de déposer le présent postulat, car nous étions totalement insatisfaits de la réponse municipale… qui n’apportait en fait aucun élément de réponse. Ce rapport-préavis a d’ailleurs été balayé par la commission, incitant ensuite la nouvelle Municipalité à le retirer. Il ne nous reste donc ce soir plus qu’à nous prononcer sur notre postulat.

Concernant celui-ci, j’aimerais tout d’abord préciser que je n’ai rien contre l’existence même de l’aéroport de la Blécherette aujourd’hui. Ayant grandi avec sa présence, j’éprouve même une certaine sympathie pour ces petits avions, mais comme beaucoup, leur bruit m’énerve parfois profondément. La question de l’avenir à long terme de l’aéroport ne se pose d’ailleurs pas maintenant, elle se posera en 2036, à la fin de la concession de l’exploitation, alors qu’il y aura également 12’500 habitants et emplois de plus à proximité immédiate, aux Plaines-du-Loup. D’ici là, nous devons trouver un moyen de mieux cohabiter avec cet aéroport, car la population qui se trouve dans l’axe des décollages en direction de la Ville n’en peut plus. Et ce n’est pas seulement les quartiers de Pierrefleur et de Boisy qui sont concernés, mais des milliers de Lausannoises et Lausannois, aussi à Valency, Prélaz, Tour-Grise, Montelly, etc. Des habitants de ces quartiers se plaignent régulièrement, ne pouvant simplement pas être sur leur balcon ou vivre les fenêtres ouvertes lors des belles journées d’été. Il est donc important de préserver des moments de calme pour ces habitants, afin de préserver leur santé et leur qualité de vie.

L’objectif de notre postulat est donc d’étudier différentes pistes pour réduire les nuisances sonores de l’aéroport de la Blécherette et améliorer la sécurité des habitants, en collaboration avec les acteurs concernés, notamment l’Aéroport de la région Lausanne-Blécherette SA (ARLB) et l’Association de défense des riverains de la Blécherette (ADRB). Nous attendons notamment une réduction importante des décollages en direction de la Ville dès cette année, d’autres propositions de mesures étant décrites dans le texte du postulat.

Nous vous invitons donc à suivre l’avis de la commission et à renvoyer ce postulat à la Municipalité.

Valéry Beaud

Intervention communale, Lausanne, Valéry Beaud

Parc d’agglomération de la Blécherette

Mon interpellation “Quel avenir pour le Parc d’agglomération de la Blécherette ?” faisait suite à un article dans le quotidien 24 Heures à ce propos, qui contenait des propos étonnant du Chef de projet du Schéma directeur du Nord lausannois (SDNL), disant notamment que les communes n’en faisaient pas une priorité.

En adoptant en 2012 une étude spécifique au Parc d’agglomération de la Blécherette dans le cadre du chantier 4a du SDNL, les communes ne sont déjà engagées à reconnaître l’importance de cet espace à l’échelle intercommunale et à le préserver du développement urbain, ce qui était un premier pas important.

Aujourd’hui, je suis très satisfait de la réponse de la Municipalité, qui “attache une grande importance au parc d’agglomération de la Blécherette” et “dément tout flottement, toute remise en question et toute absence de priorité”. Je salue également le fait que la Ville de Lausanne compte jouer un rôle de moteur et qu’elle va demander au SDNL d’ouvrir une étude de planification ad hoc sur le site du Parc.

Tout cela va toutefois prendre du temps, probablement beaucoup de temps. En attendant, des aménagements légers et temporaires pourraient être mis en place relativement facilement, en coordination et accord avec les agriculteurs, afin de permettre l’appropriation du parc par la population et d’en tester les usages. Je salue ici aussi les propositions faites par la Municipalité en ce sens.

Je n’ai pas de résolution et remercie encore la Municipalité pour les réponses données.

Valéry Beaud

Intervention communale, Valéry Beaud

Le tram passe, la rampe trépasse !

Interpellation urgente

Depuis 2011, tout en soutenant fermement le projet de tram Renens-Gare – Lausanne-Flon (t1), les Verts lausannois ont régulièrement critiqués la mesure d’accompagnement consistant à construire un barreau routier entre la Rue de la Vigie et l’Avenue Jules-Gonin au travers de la forêt du Flon, en demandant notamment de disjoindre les procédures et discussions de ces deux objets. Au fil des années, nous sommes intervenus à plusieurs reprises au sein du Conseil communal de Lausanne (question écrite, interpellation, postulat et débats dans le cadre des préavis) pour tenter de ramener les autorités à la raison, proposer des alternatives à la construction de cette nouvelle route en plein centre-ville et demander que ces alternatives soient sérieusement étudiées. Malheureusement, tant la Municipalité que le Conseil communal ne nous ont pas suivis, estimant notamment qu’examiner des alternatives allait entraîner un retard des travaux et de la mise en service du tram. Aujourd’hui, les Verts lausannois se félicitent de l’arrêt du Tribunal administratif fédéral (TAF) du 2 février 2018  , par lequel, en substance, le TAF délivre l’autorisation de construire pour le tram et le bus à haut niveau de service (BHNS) attendus depuis de nombreuses années et indispensables pour notre politique de mobilité, et renvoie le projet routier du barreau Vigie-Gonin à une procédure ad hoc.

En effet, le TAF a confirmé la décision d’approbation des plans (DAP) de l’Office fédéral des transports (OFT) du 7 mars 2016 s’agissant du tram Renens-Gare – Lausanne-Flon (t1), du bus à haut niveau de service (BHNS) Prélaz-les-Roses – Saint-François et du garage atelier (GAT). Dès lors, l’autorisation de construire les concernant est délivrée.

Le TAF a par contre admis partiellement l’un des neuf recours, concernant la liaison routière Vigie-Gonin. Il a tout d’abord mis en évidence que l’OFT n’avait en fait pas formellement approuvé les plans de cette liaison routière, dont les plans ne pouvaient dès lors être validés et l’autorisation de construire délivré. Il a tout de même dû analyser la compétence, ou plutôt l’incompétence, de l’OFT pour se prononcer sur ce projet routier, puisque cet office s’est formellement prononcé sur le défrichement nécessaire à sa construction dans la forêt du Flon. Le TAF relève en effet que le barreau Vigie-Gonin vise en premier lieu à résoudre un problème de trafic routier et qu’il « ne présente ainsi pas à suffisance, d’un point de vue matériel et spatial, un rapport nécessaire et étroit avec l’exploitation ferroviaire pour faire l’objet d’une procédure d’approbation des plans ferroviaires ». Dans ces conditions, le TAF a dès lors conclu que l’OFT avait outrepassé ses compétences en approuvant le défrichement et les expropriations nécessaires à la construction du barreau Vigie-Gonin. Il a donc annulé la décision d’approbation des plans uniquement sur ces deux derniers points, correspondant aux considérants 3.1.7 et 3.1.8 de l’arrêt. En conséquence, pour se réaliser, la liaison routière Vigie-Gonin nécessitant un défrichement devrait faire l’objet d’une procédure cantonale d’autorisation de construire.

En résumé, avec la décision du TAF, les chantiers du tram et du BHNS peuvent débuter du point de vue du droit public, indépendamment du barreau Vigie-Gonin. Pourtant, les transports publics lausannois (tl) ont annoncés vouloir faire recours au Tribunal fédéral (TF) contre cette décision, estimant toujours que les objets sont intimement liés. Le Canton, les communes et les tl ont même annoncés vouloir attendre la décision du TF avant de débuter les travaux.

Ces décisions incompréhensibles s’expliquent peut-être par la convention signée entre certains acteurs économiques, les TL et la Commune de Lausanne le 27 janvier 2014, qui précise notamment que « la commune et les tl s’engagent à ne pas fermer le Grand-Pont et la Rue de Genève au trafic individuel et aux transports publics avant la mise en service de la liaison routière Vigie-Gonin ». Sur la base des différents engagements pris dans cette convention, « les associations signataires de la présente convention retirent, dès la signature de la présente, toutes les oppositions déposées dans le cadre des enquêtes publiques qui se sont déroulées en 2012 et 2013 ». Ce document précise par ailleurs que « la présente convention étant étroitement liée à l’autorisation que doit délivrer l’Office fédéral des transports pour le tramway t1, le bus à haut niveau de service Confrérie-St-François et les autres aménagements qui leur sont étroitement liés (mesures d’accompagnement), elle sera considérée comme nulle et de nul effet et les parties déliées de leurs engagements si les autorisations sollicitées ne sont pas délivrées ou si, étant délivrées, les crédits d’ouvrages ne sont pas obtenus pour la réalisation du projet ».

Il semble donc que ce soit cette seule convention que les tl et la commune de Lausanne ont signés avec certains opposants pour négocier le retrait de leurs oppositions qui empêcherait, du point de vue du droit privé, la réalisation d’un tronçon de tram situé sur la Rue de Genève sans la liaison routière Vigie-Gonin. Cette convention est d’autant plus malheureuse que le TAF aurait très certainement rejeté ces oppositions, l’arrêt du TAF déboutant d’autres opposants sur toute la ligne à propos de la diminution de l’accès routier au centre-ville et du nombre de places de stationnement, soit la même problématique que celle ayant mené à cette convention. Néanmoins, on ignore si les éventuelles conséquences qui résulteraient de la dénonciation de cette convention seraient uniquement liées à d’éventuels dommages et intérêts des signataires (qu’il leur reviendrait de prouver) ou s’il pourrait y avoir des problèmes de droits réels qui seraient à même de retarder les travaux.

Aujourd’hui, comme leur autorise la décision du TAF, les autorités cantonales et communales devraient avoir le courage de débuter les travaux de ce tram tant attendu depuis de nombreuses années, par les habitants lausannois et de la couronne lausannoise, sans réaliser le barreau Vigie-Gonin, mettant ainsi en œuvre la politique de mobilité durable qu’ils ont eux-mêmes inscrits dans le Plan directeur cantonal (PDCn), le Projet d’agglomération Lausanne-Morges (PALM), le Plan des mesures OPair de l’agglomération Lausanne-Morges ou le Plan directeur communal (PDCom) de Lausanne.

Enfin, nous relevons encore que dans son évaluation du rapport avec l’exploitation ferroviaire, le TAF fait le constat « que l’utilisation de la liaison Vigie-Gonin sera ouverte à tout citoyen conduisant un véhicule motorisé, mais également aux cyclistes et aux piétons – lesquels continueront toutefois à pourvoir utiliser la rue de Genève en phase d’exploitation du t1 – puisque le viaduc comportera une bande cyclable et deux trottoirs. Ainsi, la liaison ne servira pas uniquement à absorber le TIM qui ne pourra plus circuler sur la Rue de Genève ». Par là, le TAF sous-entend que le barreau devrait être redimensionné, limitant son emprise sur le défrichement. Sa largeur ne serait alors vraisemblablement plus suffisante pour accueillir la Maison du livre et du patrimoine (MLP) sous le barreau.

Sur la base des éléments présentés ci-dessus, l’objet de cette interpellation est de poser les questions suivantes à la Municipalité :

1. Quelle est la position de la Municipalité, représentée incorpore au Conseil d’administration des transports publics lausannois (tl), sur le dépôt par les tl d’un recours contre la décision du Tribunal administratif fédéral (TAF) ?

2. En cas de recours, quelle est la position de la Municipalité sur une éventuelle demande d’effet suspensif permettant de suspendre l’application de la décision du TAF sur les éléments qui ne seraient pas attaqués, comme la validation du projet de tram ?

3. La Municipalité n’estime-t-elle pas que ce recours, ou l’éventuel effet suspensif qui pourrait être accordé, retarde inutilement les travaux et la mise en service du tram Renens-Gare – Lausanne-Flon (t1) et du bus à haut niveau de service (BHNS) Prélaz-les-Roses – Saint-François ?

4. Pourquoi les travaux du tram Renens-Gare – Lausanne-Flon (t1) et du bus à haut niveau de service (BHNS) Prélaz-les-Roses – Saint-François ne pourraient-il pas dans tous les cas débuter ?

5. Comment les partenaires du projet comptent-ils justifier auprès de la population et des usagers des transports publics que, bien que l’autorisation de construire soit en force et les crédits votés et disponibles, le projet du tram attende encore plusieurs années avant de voir le jour ?

6. Si le Tribunal fédéral (TF) confirmait la décision du TAF et que les acteurs du projet poursuivaient dans l’idée de réaliser le barreau Vigie-Gonin, à quelle nouvelle procédure serait-il exactement soumis ? Serait-il soumis à un passage devant le Conseil communal de Lausanne ? Serait-il soumis à la possibilité d’un référendum communal ? Et quel est le planning réaliste pour une mise en service du tram avec cette nouvelle procédure ?

7. Au vu de la décision du TAF et des difficultés que rencontrerait une nouvelle procédure pour le barreau Vigie-Gonin seul, la Municipalité n’estime-t-elle pas pertinent d’étudier des alternatives à cette liaison routière le plus rapidement possible, afin de ne pas prendre de retard si l’arrêt du TAF devait être validé par le TF ?

8. Au vu de l’octroi des autorisations pour le tram t1 et le BHNS et du refus de l’autorisation pour le barreau Vigie-Gonin, la Municipalité n’estime-t-elle pas que la convention du 27 janvier 2014 est caduque ?

9. Dans ces conditions, la Municipalité envisage-t-elle de dénoncer la convention du 27 janvier 2014 ?

10. La convention du 27 janvier 2014 étant signée pour la Ville de Lausanne par le Municipal Olivier Français et l’un de ses chefs de service, engage-t-elle réellement la Municipalité ? Y’a-t-il eu formellement une délégation de compétence pour cela ? De manière plus générale, est-il courant que de telles conventions soient signées par un Municipal et un chef de service ?

11. Au vu de l’arrêt du TAF, la Municipalité juge-t-elle encore crédible l’idée de faire la Maison du livre et du patrimoine (MLP) sous le barreau Vigie-Gonin ?

12. Au vu des difficultés que rencontrerait une nouvelle procédure pour le barreau Vigie-Gonin, la  Municipalité n’estime-t-elle pas pertinent d’étudier des emplacements alternatifs pour la MLP ?

Valéry Beaud, Xavier Company,  Benjamin Rudaz,  Alice Genoud,  Daniel Dubas,  Vincent Rossi

Intervention communale, Lausanne, Valéry Beaud

Téléphérique, tram, m3 : la position des Verts

Intervention

Postulat de M. Henri Klunge et consorts : « En ville comme à la montagne, le mieux pour monter c’est le téléphérique ! »
Postulat de M. Stéphane Wyssa et consorts : « Un prolongement idéal en direction de l’est pour le tram T1 »
Postulat de M. Guy Gaudard : « M3 : grâce à FORTA, lançons la 3ème étape »

Je vais donner la position des Verts sur ces trois postulats selon l’ordre dans lequel ils figurent à l’ordre du jour, soit en commençant par le postulat de M. Klunge sur le téléphérique.

Ce premier postulat de M. Klunge est celui qui recueille le plus de sympathie chez les Verts, puisque nous sommes ouverts à l’éventualité d’un transport urbain par câble si un réel besoin devait être avéré sur un tracé qui s’y prête. Nous avions d’ailleurs inscrits dans notre programme des dernières élections communales la phrase suivante : “innover avec des moyens de transport non conventionnels, par exemple par voie aérienne”.

Nous ne sommes par contre pas pour faire un téléphérique simplement parce que c’est une mode, ce qui semble être l’approche du PLR, qui souhaite la mise en place de téléphérique mais propose des tracés peu réalistes, sur des itinéraires déjà bien desservis par les transports publics et en pleine ville, avec les différents problèmes que posent ce moyen de transport dans un contexte densément bâti (insertion, impact visuel, impact sonore, droits des tiers, etc.). Il faut au contraire se demander où est-ce qu’il y a un besoin important en transport public puis chercher le moyen le plus approprié pour y répondre, qui peut éventuellement être le téléphérique dans certains cas.

De notre côté, nous voyons à première vue deux itinéraires où un besoin pourrait éventuellement être pallié par un téléphérique en raison du franchissement d’obstacles ou de contexte particulier :
– une liaison tangentielle dans les hauts de la Ville, qui permettrait de relier le métro m2, la ligne de bus à haut niveau de service (BHNS) Borde-Bellevaux-Le Mont-sur-Lausanne et le futur métro m3, afin d’éviter de devoir systématiquement transiter par le centre-ville comme notre système de transport public radial nous y oblige actuellement ;
– une liaison entre la station terminale du métro m2 (Croisettes) et le Chalet-à-Gobet, à la place du prolongement du métro m2 que certains souhaitent mais qui semble peu réaliste.

Mais une fois de plus, il est important d’étudier préalablement les besoins avant de définir le moyen de transport le plus adapté. La formulation du postulat ayant été corrigée en ce sens, en demandant finalement d’intégrer le téléphérique parmi les moyens de transport à étudier lors de futurs projets, un grande majorité des Verts va accepter la prise en considération de ce postulat ainsi modifié.

Nous allons par contre refuser les deux autres postulats, principalement pour les raisons suivantes :

– le postulat de M. Wyssa sur le prolongement du tram t1 vers l’Est est contradictoire avec notre postulat “Pour un prolongement de la ligne de tram t1 vers Bellevaux”, accepté par le Conseil communal le 5 janvier 2016. De plus, un éventuel prolongement vers l’Est n’aurait que d’infimes chances d’obtenir un cofinancement fédéral, le rapport coût-utilité n’étant pas suffisant, en raison de la trop faible densité des communes et quartiers de l’Est lausannois. Un bus à haut niveau de service (BHNS) est par contre projeté pour desservir l’Est (t2), dont le tronçon St- François – Pully Reymondin figurait en priorité A dans le Projet d’agglomération Lausanne-Morges de deuxième génération (PALM 2012). Il est également utile de savoir qu’aux dernières nouvelles, les communes de l’Est ne semblent pas demandeuses de la venue d’un tram.

– le postulat de M. Gaudard sur le prolongement du métro m3 pour une desserte de la commune du Mont-sur-Lausanne rencontre aussi le problème d’un rapport coût-utilité insuffisant, en raison de la trop faible densité de cette commune qui ne présente pas de véritable centralité. Nous souhaitons par contre une amélioration de la desserte en transport public du quartier de Maillefer, mais celle-ci peut-être réalisée par des bus, d’autant que la station terminale du métro m3 à la Blécherette fonctionnera comme un hub d’où plusieurs lignes de bus partiront.

Voilà chères et chers collègues, le trio gagnant des Verts est donc dans l’ordre OUI, NON et NON.

Valéry Beaud

Intervention communale, Lausanne, Valéry Beaud

Le parking privé à usage public du Valentin tente-t-il discrètement de s’agrandir ?

Interpellation

Le 21 novembre 2017, l’Association paroissiale catholique de Notre-Dame de Lausanne et la société Parking Riponne SA ont mis à l’enquête publique un projet de « transformations intérieures et extérieures pour le réaménagement de l’îlot du Valentin, création d’un immeuble de 10 logements, aménagement d’une salle paroissiale au rez-de-chaussée, création d’une surface commerciale au 1er sous-sol, agrandissement du parking souterrain existant de 38 places de parc, installation de panneaux solaires en toiture, aménagements extérieurs, suppression de 44 places de parc extérieures et création de places deux-roues » à la Rue du Valentin 3, 7, 9, 13 et Rue du Pré-du-Marché 6.

Nous reconnaissons la pertinence d’une légère densification sur ce site, dans le respect du patrimoine bâti et naturel, et d’une amélioration de la qualité des aménagements extérieurs par la suppression des places de stationnement extérieures.

Nous sommes par contre extrêmement étonnés de l’extension projetée du parking souterrain du Valentin et de l’aménagement d’une nouvelle sortie du parking prévue sur la rue du Clos-de-Bulle, principalement pour les raisons suivantes :

les 44 places de stationnement privées extérieures qui sont supprimées pour valoriser la cour intérieure de l’îlot sont remplacées par 38 nouvelles places souterraines avec un statut fort différent, celui de parking privé à usage public, comme indiqué dans la notice technique du bureau Transitec ingénieurs-conseils SA, qui précise en page 15 que « si les nouvelles places peuvent se substituer dans l’usage aux places de stationnement supprimées en surface, elles seront disponibles pour tout usager du parking du Valentin et ne seront pas réservées aux besoins de la paroisse catholique du Valentin » ; le projet constitue donc une extension du parking souterrain du Valentin, propriété de Parking Riponne SA ;

ces nouvelles places de stationnement auront ainsi un taux de rotation beaucoup plus élevé que les places actuelles en surface, engendrant une augmentation significative du trafic automobile et des nuisances associées dans un contexte urbain déjà très délicat aujourd’hui, l’entrée du parking du Valentin créant régulièrement des perturbations pour les bus n° 1 et 2 qui descendent la Rue du Valentin et constituant un danger important pour les piétons empruntant le trottoir régulièrement coupé par les flux de voitures ;

une extension du parking privé à usage public du Valentin ne répond par ailleurs pas à un besoin, des relevés réalisés au parking voisin de la Riponne ayant montré que celui-ci dispose la plupart du temps d’une réserve de capacité importante, de plusieurs centaines de places ; le parking de la Riponne n’est plein qu’à de très rares occasions certains samedis aux alentours de midi et à quelques reprises à l’approche des fêtes de fin d’année (nocturnes, black friday, etc.) ; les parkings de la Riponne et du Valentin ont notamment une réserve de capacité́ importante le soir et le dimanche, correspondant aux heures de fréquentation de la basilique du Valentin ;

l’agrandissement du parking souterrain du Valentin est contraire à la politique de mobilité de la Ville de Lausanne ; dans son programme de législature, la Municipalité souhaite par exemple « s’assurer que la politique de stationnement serve la politique d’aménagement des espaces publics et soit un instrument au service d’une mobilité durable » ; cet agrandissement est également contraire à l’objectif de la mesure A25 du Plan directeur cantonal (PDCn) qui vise à « maîtriser le volume de trafic automobile par la limitation du nombre de places de stationnement de véhicules en fonction de la qualité́ de la desserte en transports publics » et contraire à la mesure MO-07 du Plan des mesures OPair 2005 de l’agglomération Lausanne-Morges, qui vise à « maîtriser la réalisation de nouvelles places de stationnement public dans les zones desservies par des transports publics performants » et qui restreint « la création de nouvelles places de stationnement publiques à la réalisation d’un projet générateur d’une nouvelle demande » ;

enfin, l’aménagement d’une nouvelle sortie du parking souterrain du Valentin sur la rue du Clos-de-Bulle est inacceptable, cette petite rue étant notamment bordée de nombreux immeubles d’habitation et d’une importante crèche, avec des dizaines d’enfants cheminant régulièrement le long de cette rue, notamment en direction de la place de jeu située à proximité immédiate ; l’augmentation du trafic dans cette rue étroite engendrerait d’importants problèmes de nuisances sonores, de pollution de l’air et de sécurité.

Sur la base des éléments présentés ci-dessus, l’objet de cette interpellation est de poser les questions suivantes à la Municipalité :

La Municipalité juge-t-elle cette extension du parking à usage public du Valentin compatible avec la politique de mobilité durable qu’elle entend mener, notamment en terme de stationnement, et avec le Plan directeur cantonal (PDCn) et le Plan des mesures OPair 2005 de l’agglomération Lausanne-Morges ?

Comment la Municipalité juge-t-elle ce projet du point de vue de la sécurité, du bruit et de la pollution de l’air, particulièrement sur la rue du Clos-de-Bulle et le bas de la Rue du Valentin ?

La Municipalité peut-elle refuser l’usage public des nouvelles places de stationnement qui seraient cas échéant créées dans le parking souterrain du Valentin ?

L’extension du parking à usage public du Valentin ne répondant manifestement pas à un besoin, la Municipalité prévoit-elle cas échéant de la compenser par la suppression d’un nombre de places de stationnement public équivalent (38 places) à proximité ?

En remplacement d’une nouvelle sortie sur la Rue du Clos-de-Bulle, serait-il cas échéant possible de sécuriser l’entrée/sortie du parking sur la Rue du Valentin, tant pour les piétons que pour les bus (barrières, feux, etc.) ?

Enfin, concernant la nouvelle sortie du parking projetée sur la Rue du Clos-de-Bulle, n’aurait-elle pas dû être mentionnée dans le descriptif de la mise à l’enquête publique ? De plus, est-il conforme qu’aucun panneau orange signifiant la mise à l’enquête du projet n’ait été posé durant la période d’enquête publique  à l’emplacement de cette nouvelle sortie, alors qu’elle a un impact majeur sur l’espace public ?

Valéry Beaud