Intervention communale, Sara Soto

Art urbain : Pour une géographie des site dédiés

Postulat

A travers l’organisation des ateliers d’art urbain répartis en 7 lieux de la ville , ou encore de la commande de graffitis à poser sur plus de 500 armoires électriques , les autorités lausannoises encouragent l’art urbain (ou street art) et la majorité des lausannois s’en réjouissent.

En dehors de ce cadre, c’est de manière plus libre que plusieurs artistes de rue investissent notre ville. A titre d’exemple, en l’an 2000, Lausanne a eu l’honneur d’entrer sur la liste des villes choisies par l’artiste français Invader pour y poser ses œuvres. De Paris à New York, de Varanasi à Bangkok, depuis 1990, ses créations jalonnent des villes mondiales avec l’empreinte d’une mosaïque représentant les Space Invaders, éponymes du jeu vidéo légendaire. Présentes aujourd’hui dans plus de 70 villes et sur 5 continents, elles sont accessibles au plus grand nombre, puisque situées dans l’espace public, comme un don fait aux villes qui l’ont séduit et inspiré.

A Lausanne, ces œuvres sont pour l’instant laissées sans protection, et tombent souvent entre les mains de vandales voire de voleurs. Pour ne citer qu’Invader, sur les 18 pièces installées dans la ville, seul une subsiste encore à l’heure actuelle : il s’agit du LSN_04, situé sous le pont Bessières. Le marché des Invaders ayant une cote sur le marché de l’art, les 17 autres ont certainement été volées par des personnes qui tentent d’en faire commerce auprès de collectionneurs. Consciente de la valeur de ces objets, la Municipalité de Paris a décidé l’an dernier de porter plainte contre les voleurs de ces œuvres d’art ainsi consacrées.

Par ce postulat, nous demandons à la Municipalité d’étudier la possibilité d’une mise en valeur de l’art urbain, par la protection d’œuvres ou par l’inventaire d’espaces susceptibles d’être, de manière éphémère ou définitive, investis par des artistes de rues locaux ou autres street artists internationaux.

Sara Soto

Alice Genoud