Intervention communale, Sara Gnoni

Egalité entre hommes et femmes au travail

Préavis en matière d’égalité (R60)

Nous remercions la municipalité pour son engagement et son excellent préavis pour mettre en oeuvre l’égalité entre hommes et femmes au travail. Ma collègue Sara Soto vous fera part d’un message de Alice Genoud concernant spécifiquement son postulat  sur l’allaitement urbain.

L’égalité entre les hommes et les femmes au travail, dans les cours d’école ou dans l’espace public est un thème qui nous tient particulièrement à coeur, à nous les Verts. Il s’agit par ailleurs de l’objectif numéro 5 des Objectifs du développement durable. En effet, je cite, “L’inégalité des genres constitue l’un des principaux obstacles au développement durable, à la croissance économique et à la réduction de la pauvreté”. Rappelons par ailleurs que malgré plusieurs objets déposés aux chambres fédérales, l’égalité des genres, notamment en termes de salaires reste volontariste et il me parait donc indispensable que les collectivités se montrent en exemple pour inspirer les entreprises.

Ce préavis répond parfaitement donc à plusieurs postulats tout en allant plus loin et présentant une stratégie ambitieuse et cohérente pour permettre de réduire les écarts salariaux, de donner la possibilité de télétravailler, ce qui s’est avéré une nécessité pendant ces derniers temps ou encore de favoriser l’accès des femmes à des postes de cadres. En mettant la barre très haut, la Ville se pose en exemple en tant qu’employeur et que collectivité et nous espérons qu’elle en inspirera d’autres. Par ailleurs, en collaboration avec l’université de St-Gall elle participera à un benchmarking, ou une comparaison entre pairs pour évaluer où se situe la politique de notre ville.

En travaillant autour de cinq axes principaux : rendre visible l’égalité au sein de l’administration, réduire à zéro les inégalités salariales, mettre en place des mesures pour concilier la vie professionnelle et la vie privée, rendre accessibles tous les postes, à tous les échelons à tous les genres et lutter contre le harcèlement sexuel et les comportements sexistes, cette politique permettra, nous en sommes certains d’atteindre l’objectif, enfin, d’égalité des genres au sein de l’administration et nous espérons, ailleurs.

Nous remercions donc fortement la municipalité pour son très bon postulat et vous invitons à l’accepter.

Sara Gnoni

Intervention communale, Sara Gnoni

Aménagements urbains

Intervention

Je vais parler de la réponse à mon postulat et aux autres aménagements urbains, alors que mon collègue Daniel Dubas, parlera plus spécifiquement du 30 km/h en ville.

Je remercie la municipalité pour sa réponse tout en ne cachant pas ma déception quant à notre plan de mobilité en ville car il s’agit toujours de petits pas, qui vont dans la bonne direction, certes, mais toujours des tout petits pas.

En ce qui concerne la tranquillisation de certains quartiers, le sens unique à Rovéréaz par exemple est bon, mais il a tout de même une implication de report de trafic, même si pas un pour un sur d’autres rues avoisinantes ou un peu plus lointaines. De même au chemin de la Fauvette, le trottoir reste toujours dangereux surtout avec la tendance actuelle des tanks urbains qui prennent passablement de place sur le trottoir franchissable, surtout lorsqu’on y marche avec des enfants ou des poussettes. Même si les intentions sont bonnes, les boîtes métalliques sont toujours au centre des aménagements au lieu des humains.

Je reviens maintenant à l’aménagement spécifique de la partie avoisinant la piscine de Mon-Repos, mentionnée dans le postulat que j’avais déposé. Ce postulat demandait d’installer des passages piétons et de casser les courbes de vitesses autour de la piscine de Mon-Repos, où nombres d’enfants vont nager, ou suivre des cours d’arts-martiaux. Je constate que la réalisation concrète dans le cadre du préavis « Rues vivantes » ne répond que partiellement à mes demandes, car il reste toujours dangereux de traverser ces routes, au vu de l’absence de passages piétons formels et que cette zone n’est pas désignée en zone rencontre.

Je reste donc sur ma faim quant à la réponse à ce postulat et j’appelle de mes vœux la municipalité à tout mettre en œuvre pour renforcer la sécurité au travers du petit crédit du rapport-préavis « rues vivantes et également utiliser la mobilité comme un levier important, voir primordial, pour réduire les émissions de GES, et de profiter du ralentissement qu’a apporté le confinement pour remettre l’humain au centre, favoriser les moyens de transports doux, comme la marche et le vélo, comme de nombreuses villes l’ont fait, y compris nos voisins genevois.

Dans sa majorité le groupe des verts acceptera les conclusions de ce postulat et s’abstiendra pour la réponse aux aménagements de mon-repos.

Sara Gnoni

Lausanne, Sara Gnoni

Limites planétaires : prenons nos décisions pour le bien-être de chacune et chacun

Postulat

Une étude de l’EEA et de OFEV publiée le 17 avril 2020, intitulée «Est-ce que l’Europe vit dans les limites planétaires ?», montre les limites planétaires 1 et comment elles sont dépassées par les pays européens, et étaye le cas particulier de la Suisse pour la biodiversité. Le fait que la Suisse est une petite économie très ouverte a pour conséquence que la plupart de nos limites sont dépassées non pas directement en Suisse mais au-delà de nos frontières. Ce rapport montre, par exemple pour la biodiversité, que nous dépassons notre quota d’un facteur 3.7 au niveau national, c’est à dire que nous exerçons une pression sur la biodiversité de la planète près de quatre fois plus intense que ce qu’elle est capable de supporter. Notre pays avait déjà fait une évaluation des limites planétaires au niveau national et avait utilisé celles-ci dans la stratégie de développement durable 2016-2019. Nous savons que de nombreuses limites sont d’ores et déjà dépassées.

La crise sanitaire du COVID-19 que nous vivons est un symptôme de cette transgression des limites planétaires. Comme indiqué par le PNUE 2 , l’émergence de ce virus, comme d’autres, est lié à la déforestation et à la destruction d’écosystèmes jusqu’à récemment préservés.

De ce point de vue, cette pandémie zoonotique n’est que la pointe de l’iceberg d’une société mondialisée en profond mal-être. Cette situation ne fait par ailleurs qu’exacerber les inégalités présentes dans nos sociétés ainsi qu’entre pays riches et pays pauvres. Nous avons pu être témoins du fait que les métiers qui nous ont permis de «survivre» pendant la pandémie sont bien souvent des métiers mal valorisés.

Cette crise sanitaire est donc également un révélateur de dysfonctionnement de notre société en termes de valorisation des tâches et des personnes. La durabilité sociale doit nécessairement la durabilité environnementale.

Si nous voulons éviter la prochaine crise ou du moins nous y préparer au mieux, nous allons devoir changer les principes fondamentaux sur lesquels notre société est basée. Nous pouvons dès lors saisir l’opportunité de la sortie de la crise actuelle pour créer une société réellement inclusive et durable à tous les niveaux, des plus globaux jusqu’aux communes/villages. C’est une opportunité pour repenser les infrastructures et solutions pour la reprise et pour poser les piliers qui prémuniront la société des crises qui vont venir, et de nous positionner stratégiquement en trouvant des solutions à de nombreux problèmes de société.

Au cours des dernières semaines, de nombreuses personnes ont découvert une forte solidarité et entraide, le plaisir d’une ville plus tranquille et moins polluée, l’importance des circuits courts pour l’approvisionnement et, peut-être, des valeurs essentielles à leur vie.

La pandémie pourrait permettre après cette “pause forcée” de repenser ce que nous désirons comme société. Il ne faut en outre pas oublier que les crises environnementales et sociales qui nous attendent en raison du changement climatique vont être autrement plus graves et aucun confinement ne pourra y pallier. Pour les prévenir, seules des mesures fortes et volontaires se révèleront efficaces, mais elles doivent aussi être l’opportunité d’une société plus égalitaire, où tout un chacun peut se développer, tout en respectant les limites planétaires qui sont les limites indépassables pour assurer notre survie.

Ce postulat propose d’utiliser dès lors un cadre pour les prises de décisions futures pour notre Ville, y compris les investissements, les marchés publics entre autres mais en fait, l’ensemble des instruments publics pour soutenir un modèle de société viable. Cette approche servirait les intérêts à long terme des citoyens et le cadre suggéré serait l’outil de l’économiste Kate Raworth, le “doughnut”.

Le “doughnut” de Kate Raworth Image issue de La théorie du doughnut (Plon, 2018)

Ce modèle vise à avoir un développement qui permette à chaque habitant d’avoir accès aux besoins fondamentaux sociaux (logement, réseaux, énergie, eau, nourriture, santé, éducation, revenu et travail, paix et justice, représentation politique, équité sociale et égalité des genres) tout en respectant les limites planétaires (climat, pollution de l’air, perte de biodiversité, pollutions chimiques, acidification des océans, phosphore et nitrate, eaux douces, conversion des terres,) qui sont, il est utile de le répéter, les limites dans lesquelles nous pouvons nous développer pour nous donner une chance d’un avenir vivable. Les limites sont calculées au niveau communal en prenant en compte des principes tels que la justice, l’équité, le partage international de la charge et le droit au développement économique et pas simplement les limites planétaires divisées par le nombre d’habitants.

Ce modèle permettrait de pouvoir prendre les bonnes décisions en les alignant aux limites planétaires avec un nombre d’opportunités pour notre ville et région: potentiels de relocalisation ou régénération régionale dans les chaînes d’approvisionnement, créer des capacités localement en favorisant la résilience future pour l’économie et la société.

Par exemple, si un objectif pour la Ville est de fournir des logements abordables aux habitant-e- s lausannois-es, mais que construire plus de logements n’est pas possible dans ce nouveau cadre car la ville de Lausanne a comme ambition d’être neutre en carbone avant 2030 (objectif qui devrait être revu à 2025 pour être plus résilients), une solution pourrait donc être de faire des constructions avec des matériaux recyclés. Pareillement, construire de nouveaux logements va détruire des espaces de biodiversité qui est une des limites largement dépassées, donc il faudra plus densifier et moins construire pour ne pas dépasser ces limites.

Ce postulat demande donc à la Municipalité de commander une étude en utilisant par exemple le modèle du Doughnut pour trouver une manière de mobiliser les pouvoirs publics et le secteur privé dans un cadre qui permette d’avoir une feuille de route pour le développement actuel cohérente avec celui des générations futures. Elle pourrait ainsi emboîter le pas à Amsterdam qui est la première ville à le faire. Cette étude pourrait ainsi nous servir de guide pour toutes les décisions à prendre pour la sortie de crise et les futures décisions: les décisions prises devraient être uniquement celles qui visent l’amélioration du bien-être humain tout en créant une société réellement inclusive et égalitaire.

Les limites planétaires ont été décrites puis affinées dans une série d’articles, dont: Steffen W, Richardson K, Rockstrom J, et al (2015) Planetary boundaries: Guiding human development on a changing planet. Science (80- ). doi: 10.1126/science.1259855

Sara Gnoni, Vincent Rossi, Marie-Thérèse Sangra, Ilias Panchard, Sima Dakkus, Benjamin Rudaz

1 Les limites planétaires ont été décrites puis affinées dans une série d’articles, dont: Steffen W, Richardson K, Rockstrom J, et al (2015) Planetary boundaries: Guiding human development on a changing planet. Science (80- ). doi: 10.1126/science.1259855

2 PNUE: Programme des Nations Unies pour l’Environnement, dans un rapport de 2016 cité par l’AGEFI: https://www.agefi.com/home/ news/detail-ageficom/edition/online/article/lactivite-humaine-a-favorise-le-passage-du-coronavirus-du-monde-animal-a-lhomme- pour-les-chercheurs-il-faut-repenser-notre-relation-avec-les-ecosystemes-naturels-et-les-services-quils-495622.html
Egalement étayé dans une chronique du New York Times https://www.nytimes.com/2020/01/28/opinion/coronavirus-china.html? smtyp=cur&smid=tw-nytopinion

Anne Berguerand, David Raedler, Ilias Panchard, Intervention communale, Lausanne, Sara Gnoni, Selsa Maadi, Sima Dakkus, Xavier Company

Une mise en place de stands alimentaires éparses à défaut de marché réduit?

Lors de sa séance du 9 avril dernier, le Conseil d’Etat a décidé d’interdire la tenue des marchés lausannois dans leur forme « réduite » alors que toutes les mesures avaient été prises par la Commune de Lausanne pour assurer le respect des normes fédérales et exigences de l’OFSP – dont un nombre très réduit de stands et des contrôles renforcés.

Si au niveau fédéral, l’art. 6, al. 2, let. a de l’ordonnance 2 Covid-19 interdit la tenue de marchés jusqu’à nouvel avis, le Rapport explicatif y relatif précise que la tenue de stands de denrées alimentaires est autorisée pour autant qu’ils soient exploités seuls : « Un stand isolé vendant de la nourriture est considéré comme un magasin d’alimentation et peut donc rester ouvert, contrairement aux marchés alimentaires, pour autant qu’il soit possible de respecter les règles en matière de distance. Cependant, un seul stand isolé de nourriture peut être dressé sur une place de marché ou sur une autre place ».

Pourtant, dans sa directive, le Conseil d’Etat va plus loin et exige qu’un seul stand soit monté sans concomitance de lieu, de date et d’horaire avec d’autres stands de denrées alimentaires isolés, au bénéfice d’une même autorisation communale. En ce sens, et conformément au bref avis de droit joint à la présente, l’interprétation du Conseil d’Etat nous paraît trop restrictive.

Cela étant, et dans tous les cas, les Vert·e·s lausannois·es souhaitent que la municipalité étudie la possibilité d’ouvrir des stands de façon suffisamment espacée – cas échéant, et si l’on suit temporairement l’interprétation restrictive du Conseil d’Etat, sous la forme d’un seul stand par quartier et par jour, du lundi au samedi, notamment aux emplacements suivants : Place de la Riponne, Place de la Palud, Saint-Laurent (future Place du 14 juin), rue de l’Ale, Place de la Sallaz, Place Saint-Francois, Rue de Bourg, Place de l’Europe, Place Bel-Air, Place Chauderon, Avenue de France, avenue du Grey, et Grancy, ainsi que dans les quartier hors Centre-Ville, avec un tournus quotidien des maraîchères et maraîchers présent-e-s en fonction de leurs possibilités et volontés d’y participer. Ceci en respectant toutes les règles de distanciation et d’hygiène en vigueur, comme la Confédération l’y autorise et semble également l’envisager le ministre de l’économie Philippe Leuba (24heures – 09.04.2020). L’ouverture ne vise en aucun cas à alléger le confinement, les règles de maintien de la distance de 2 mètres entre les client·e·s doivent être particulièrement respectées et contrôlées.

Outre le fait que cette ouverture très réduite permettrait le respect des exigences fédérales d’isolation des stands, les avantages sont multiples :

Pour les citoyens·nes:

  • Cette mesure permet de diversifier les points de vente et d’éviter ainsi aux citoyens de s’agglutiner dans les rayons des grandes surfaces où les distances sociales sont plus difficiles à respecter qu’en plein air.
  • Cela permet au citoyen·ne de trouver une offre de produits frais et locaux à proximité de chez lui et d’avoir donc moins à se déplacer en ces temps de confinement.

Pour les maraîchers·ères:

En effectuant un tournus des maraîchers·ères du lundi au samedi, une ouverture telle que proposée permettrait aux habitants de les soutenir en les faisant profiter des rentrées financières liées à la vente de leurs produits, tout en étant équitable envers chacun. Cela leur évite également de devoir jeter leurs denrées périssables.

  • En effectuant un tournus des maraîchers·ères du lundi au samedi, une ouverture telle que proposée permettrait aux habitants de les soutenir en les faisant profiter des rentrées financières liées à la vente de leurs produits, tout en étant équitable envers chacun. Cela leur évite également de devoir jeter leurs denrées périssables
  • Enfin, la mesure vise à rectifier une iniquité de traitement vis-à-vis des magasins d’alimentation qui sont quant à eux restés ouverts en permanence.

Fondé-e-s sur ce qui précède, les Vert·e·s lausannois·es posent donc les questions suivantes à la Municipalité:

  1. La Municipalité entend-elle contester l’approche du Conseil d’Etat vaudois s’agissant de l’interdiction de tenir des marchés en leur forme « réduite », notamment au regard du bref avis de droit joint à la présente ?
  2. La Municipalité entend-elle étudier l’opportunité, malgré les limitations imposées au niveau cantonal, d’organiser la tenue de stands alimentaires par des maraîchers·ères de la région en les répartissant de façon isolée, soit un stand par secteur ou quartier, dans toute la ville, quotidiennement ?
  3. Enfin, la Municipalité prévoit-elle des mesures spécifiques, par exemple un soutien financier ou organisationnel, destinées aux productrices et producteurs qui, en temps normal, vendent leurs produits frais et locaux chaque semaine dans les différents marchés de la Ville ?

Pour les Vert·e·s lausannois·e·s:

MAADI Selsa, RAEDLER David, DAKKUS Sima , COMPANY Xavier , BERGUERAND Anne, GNONI Sara


Avis de droit – Marché lausannois

Question écrite à la Municipalité – Les Vert·e·s lausannois


Ilias Panchard, Intervention communale, Marie-Thérèse Sangra, Sara Gnoni

La CPCL est-elle prête à enfin désinvestir des énergies fossiles ?

Interpellation

Mobilité, chauffage, agriculture, informatique, alimentation, échanges commerciaux et consommation. Nous connaissons les principaux secteurs responsables des impacts climatiques les plus graves. Cependant, un secteur semble malgré tout souvent nous échapper : les investissements financiers.

Et cela sachant que la place financière suisse pollue globalement 22 fois plus que le reste du pays tout entier. En effet, alors que les ménages, les industries et les entreprises suisses émettent chaque année près de 50 millions de tonnes de CO2, la place financière est elle responsable de l’émission d’environ 1100 millions de tonnes de CO2 par année à travers ses investissements financiers dans les énergies fossiles.

Jusqu’à maintenant, sauf à compter sur un changement de la loi à venir au niveau fédéral, les mobilisations des ONG en faveur du désinvestissement ou une décision hypothétique de la BNS, rien pour l’instant ne semble pouvoir forcer les institutions financières à retirer leurs fonds de l’industrie fossile et ses projets climaticides.

Or, cela pourrait bientôt changer. En effet, la conclusion d’un avis de droit récemment mandaté par l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) établit que la législation impose déjà aux acteurs financiers de prendre en compte des risques climatiques : «Ces risques doivent être pris en considération comme d’autres, s’ils sont jugés importants, pertinents», précisait dans la presse au début de l’année Silvia Ruprecht-Martignoli, responsable du projet climat et marchés financiers à l’OFEV.

Cet avis de droit ouvre la voie à une révision probable de la législation prenant réellement en compte le facteur climatique et les risques économiques encourus lors d’investissements dans les énergies fossiles. En effet, rappelons ici au passage que les prix du pétrole sont de plus en plus volatiles, sans même parler de la situation inquiétante du pétrole de schiste américain dont est par exemple friande la Banque Nationale Suisse, et que de nombreux projets pétroliers ou gaziers ont, fort heureusement d’ailleurs, des difficultés à se financer ou à se réaliser sur le terrain.

À la fin de l’année 2019, le Conseil fédéral a ainsi chargé le Département fédéral des finances d’examiner les mesures réglementaires nécessaires en matière de transparence et d’analyse de risques. Les conclusions devraient être présentées ces prochains mois.

Au vu des élements ci-dessus, les interpellateurs et interpellatrices souhaitent poser les questions suivantes à la Municipalité :

  1. La Municipalité a-t-elle pris connaissance de cet avis de droit et sa conclusion sur l’obligation de prise en compte des risques climatiques par les acteurs financiers ?
  2. La Municipalité sait-elle si cet avis de droit a été porté à la connaissance de la CPCL ou récemment abordé lors de ses séances?
    a. Si oui, la Municipalité considère-t-elle qu’il est à même de convaincre la CPCL de désinvestir totalement des énergies fossiles ?
    b. Si non, la Municipalité prévoit-elle d’en faire part à la CPCL ?
  3. À quelle stade se trouve la Municipalité dans son traitement de la réponse au postulat de Hadrien Buclin et consorts « Pour contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique, la Caisse de pensions du personnel communal de Lausanne doit désinvestir les énergies fossiles » déposé en décembre 2015 et dont la réponse a été retirée en 2018 ?
  4. Dans le même sens, à quelle stade se trouve la Municipalité dans son traitement de la réponse au postulat de Ilias Panchard et consorts « Pour que la caisse de pensions du personnel communal désinvestisse de l’armement » déposé en 2018 et soutenu par des élues et élus de quatre groupes politiques ?
  5. Au vu des conclusions à venir suite à l’avis de droit mandaté par l’OFEV, la ville considère-t-elle les risques de voir sa caisse de pensions se retrouver dans une situation potentiellement illégale à cause de ses investissements dans les énergies fossiles ?
  6. Un audit récent de l’ensemble des placements de la CPCL a-t-il été réalisé ? Si oui, peut-on connaître la part de ces investissements dans les énergies fossiles et l’armement ?
  7. Etant donné l’urgence climatique adopté par la ville de Lausanne, les législations ayant tendance à pencher pour un désinvestissement des fossiles et les fortes mobilisations populaires en faveur d’une politique neutre en carbone, la Municipalité va-t-elle décider de prendre les devants en poussant la CPCL à réorienter l’ensemble de ses investissements actuels dans les énergies fossiles vers des fonds durables ?
  8. La Municipalité a-t-elle connaissance que de nombreux fonds de placement durables, en plus d’afficher une bilan environnemental, social et de gouvernance meilleurs, atteignent des rendements tout aussi bons si ce n’est supérieurs ?
  9. L’OFEV prévoyant un nouveau test de compatibilité climatique pour les assureurs, les caisses de pension et d’autres acteurs, la Municipalité sait-elle si la CPCL a prévu d’y participer ?

Ilias Panchard, Sara Gnoni, Marie-Thérèse Sangra

Intervention communale, Sara Gnoni

Quels plans pour 2020 en attendant le plan climat?

Question écrite

Il est demandé une réponse urgente à la présente question écrite compte tenu de l’urgence climatique et environnementale déclarée par la Ville de Lausanne.

Le 17 janvier, nous fêtions le premier anniversaire de la Grève du Climat. 10’000 personnes sont encore descendues dans la rue pour demander les actions nécessaires pour nous assurer un avenir à toutes et tous. La pression de la rue n’a pas diminué car aucune action concrète, à la hauteur de l’enjeu, n’a été prise, à aucun niveau. L’année 2019 a été la plus chaude jamais enregistrée, les émissions de gaz à effet de serre ont également battu tous les records, la vie et la biodiversité continue sa chute libre et l’année a laissé sa place à 2020 pour de nouveaux records, comme nous avons déjà pu le constater avec le mois de janvier, le plus chaud de l’histoire.
Par ailleurs, le programme de l’ONU pour tenter d’endiguer la sixième extinction de masse demande de protéger au minimum un tiers du
territoire mondial d’ici 2030.

Rappelons qu’en octobre 2019, le Conseil communal de Lausanne avait également entériné l’urgence climatique et environnementale et la Municipalité a annoncé qu’elle allait prendre toutes les mesures nécessaires pour y faire face, notamment en atteignant la neutralité carbone en 2030.
Rappelons également que, pour respecter l’objectif de contenir les températures en dessous des 1.5°C, les émissions doivent diminuer de 7.6% par an dès 2020.

Le plan climat de la Ville de Lausanne nous sera livré fin 2020 selon les conclusions amendée du rapport-préavis 2019/30 et les mesures mettront ensuite nécessairement du temps à être implémentés.

Au vu des éléments ci-dessus, nous posons la question suivante à la
Municipalité:

Quelles mesures immédiates la Municipalité va-t-elle prendre pour respecter la baisse des émissions d’au moins 7.6% en 2020 demandée pour atteindre l’objectif de 1.5°C maximum d’augmentation de la température pour nous assurer un avenir dans des conditions encore supportables ? Par exemple, la Municipalité va-t-elle décourager significativement le trafic en transport individuel motorisé dans les mois qui viennent ou prendre des mesures pour se rendre exemplaire dans sa restauration collective en diminuant, voire en éliminant, les produits provenant d’animaux, donc directement ou indirectement responsables de la déforestation ?

Sara Gnoni

Intervention communale, Sara Gnoni

Notre maison est en feu…

Intervention

Notre humanité se trouve dans une situation d’urgence sans précédent, ici comme partout ailleurs. Cette situation d’urgence, si on n’y répond pas immédiatement, risque de nous propulser encore plus rapidement dans la destruction de tout ce qui nous est cher et qui assure notre survie: notre maison, ses habitants et ses écosystèmes, notre futur et celui des générations à venir.

La science est indiscutable: nous avons provoqué la 6ème extinction de masse, nous avons perdu 70% de vertébrés, plus de 75% des insectes et chaque nouvelle étude ou rapport est plus grave que les précédent, par exemple le niveau de montée des eaux attendus jusqu’à présent pour 2100 est attendu pour 2050 déjà, engloutissant des villes et des régions entières et engendrera des centaines de millions de réfugiés climatiques. Dans nos Alpes, 10% de volume glaciaire a encore disparu en cinq ans.

Absolument tous les voyants sont au rouge et nous n’allons absolument pas dans la bonne direction: chaque année est pire la précédente: plus d’émissions de GES, le jour du dépassement arrive toujours plus tôt, nous produisons plus de déchets que nous recyclons moins, le continent de plastique ne cesse de s’agrandir, la biodiversité continue sa chute libre, les océans se vident, les températures augmentent, septembre ayant encore battu son triste record.

N’importe quelle personne doit l’avoir compris, nous sommes dans une situation de menace existentielle et si cette même menace était générée par une autre nation par exemple, nous serons, depuis longtemps, tous unis pour y faire face. Mais malgré nous parlons de raser des forêts pour construire des routes, d’augmenter la capacité des aéroports, de construire des autoroutes à six pistes: nous sommes en train de marcher tels des somnambules vers une catastrophe.

L’ampleur de la tâche pour inverser la tendance est énorme  et la fenêtre d’opportunité pour agir se réduit de jour en jour.

C’est dans cette optique que nous avions déposé en janvier dernier le postulat “urgence climatique, il est temps d’agir au rythme exigé par la science” qui demandait 1) de déclarer l’urgence climatique et environnementale, de dire la vérité sur la crise à laquelle nous faisons face pour obtenir une forte adhésion de la population et 3) de pouvoir accélérer le traitement des objets en lien direct avec la sauvegarde du climat.

C’est donc avec une énorme déception que nous avons reçu ce postulat, qui si il a le mérite d’avoir été rédigé rapidement et de faire l’inventaire des mesures prises jusqu’à ce jour, pour lesquelles nous félicitons la Muni, il n’est pas à la hauteur de l’enjeu.

Notre maison est en feu…et avec ce préavis nous nous félicitons du petit pas de bébé que nous avons fait vers la sortie.

Le préavis dit “le programme climatique ne constitue pas l’entier de la politique communale” mais dites-moi qu’il y a-t-il de plus important, de plus essentiel dans le rôle des autorités que de préserver la VIE des ses habitants dans de bonnes conditions ?

Où sont les mesures drastiques et sans précédent qui nous sont demandées par le SR 15, rapport du GIEC de octobre 2018, pour pouvoir permettre de globalement, maintenir l’augmentation de la température globale en dessous de 1.5C° par rapport à l’ère pré-industrielle et préserver, justement la survie des terriens dans de bonnes conditions.

Tellement de thèmes centraux sont omis de ce postulat, thèmes pour lesquels des mesures concrètes peuvent être prises immédiatement, sans attendre la rédaction du plan climat dans deux ans et demi : la mobilité: réduction drastique des voitures en ville, alimentation: passage à une alimentation majoritairement végétarienne, travailler sur la réduction du gaspillage alimentaire, aller vers une baisse des températures de chauffage des logements et des bâtiments communaux, passer à une agriculture et une agroforesterie régénérative, implémenter des solutions de rafraîchissement de la ville pour éviter à tout prix le recours aux climatiseurs qui ne font qu’amplifier le problème du réchauffement de par leur consommation et leur émission de CFC et de HCFC, le désinvestissement.

Au lieu de ceci, on nous propose un postulat qui se félicite de tout ce qui a été fait mais qui pour ce qui est du futur a un scope de loin pas assez ambitieux, mal défini et restreint, qui comprend principalement des mesures qui concernent l’administration mais pas l’ensemble de la population de la Ville et un timing trop long: deux ans et demi pour écrire le plan climat et neuf ans pour l’implémenter: nous n’avons pas ce temps. On nous a présenté un classique Business as Usual amélioré, loin, très loin de ce qui nous est demandé pour répondre à la crise à laquelle nous faisons face.Comme dit, il ne répond en aucun cas aux demandes de mon postulat et en ce qui concerne le postulat de Mr Dupuis, il n’y répond pas non plus, tout au plus nous pouvons prendre acte de la stratégie de la Municipalité.

Nous allons donc proposer un amendement pour demander de répondre aux demandes de mon postulat, sans quoi nous refuserons, comme en commission cette réponse et soutiendrons l’amendement pour la réponse au postulat Dupuis.

Concernant le postulat Company, il interviendra après moi et sera je pense plus clément envers cet objet que je ne l’ai été.

Sara Gnoni

Intervention communale, Lausanne, Sara Gnoni

Urgence climatique

Intervention

Chèr·e·s collègues,

Nous sommes en ce moment deux à la tribune pour vous parler du plus grand défi que l’humanité ait connu mais je souhaiterais que nous soyons TOUTES ET TOUS unis pour y faire face. 

En ce moment je me tiens devant vous non pas comme conseillère ni comme Verte, mais comme terrienne, citoyenne, maman, porte-parole du message scientifique qui nous est communiqué depuis plus de 30 ans, sans que nous l’entendions vraiment. 

Le sujet dont nous traitons ce soir est apolitique, n’est pas partisan et que vous soyez de droite, de gauche ou du centre, vous vous devez tous de répondre à la question “quel genre de futur vous souhaitez pour vous-même vos amis, votre famille, vos proches?” 

Nous sommes face à une crise climatique et écologique sans précédent. Si les rapports du GIEC d’octobre 2018 ou l’extrait du rapport de l’IPBES qui va être présenté cette fin d’année ne vous sont toujours pas familiers, j’aimerais brièvement vous parler de deux rapports récents.

Le premier qui est le Global Risk Report du WEF de 2019 donc la matrice que vous voyez qui montre que les risques qui sont les plus probables et qui ont le plus d’impact – carré en haut à droite, sont des risques liés au climat et à la perte de biodiversité.

Dans ce rapport, une des phrases clé est celle-ci “de tous les risques, c’est en relation avec l’environnement que le monde sombrera le plus clairement dans la catastrophe”. 

Un deuxième rapport récent, une approche par les scénarios (identique au WEF, donc multiplier la probabilité qu’un événement arrive par son impact pour donner le risque) appelé “existential climate-related security risk” dit plusieurs choses essentielles:

1. Historiquement les scientifiques ont été très prudents dans leur communication, et nous le voyons maintenant c’est que la réalité dépasse même les prévisions les plus pessimistes. Comme par exemple les 31°C au cercle arctique le 13 mai passé. Le réchauffement global et la fonte des glaces se fait à un rythme beaucoup plus élevé qu’initialement prévu.

2. Pour réduire les risques que nous venons de mentionner et préserver la civilisation humaine, il est essentiel de mettre en place très rapidement un système industriel à zéro émission. Cela nécessite la mobilisation globale de ressources pour faire face à l’urgence.

3. L’institut qui publie cette étude se déclare incapable, en raison de leur ampleur, de modéliser le niveau de destruction lié au changement climatique en 2050 déjà, pour les scénarios les moins optimistes et 2050, c’est demain

Je ne vais pas vous faire l’inventaire des scénarios films d’horreur auxquels nous devrons faire face si nous n’agissons pas ou pas assez vite, mais plutôt vous dire que c’est une opportunité unique d’agir ensemble et de créer un futur beaucoup plus agréable pour nous tous, avec une société inclusive, des villes plus belles propres et résilientes, respectant les limites de la biosphère.

En effet, la protection du climat et de la biodiversité s’accompagne de nombreuses aubaines en matière d’emplois locaux, que ce soit dans l’agriculture, l’industrie locale ou l’artisanat, en particulier dans le domaine de la réparation. Cela ouvre des perspectives pour résoudre, au moins en partie, les problèmes de socitété auxquels nous faisons face et que personne ne peut nier, comme la précarisation de la population, l’insécurité, les migrations, les pertes d’identité ou les inégalités.

Un autre extrait du WEF dit  Innovative and collaborative approaches may be needed to ensure that action is taken globally before it is too late

Le but de notre postulat est donc de déclarer l’urgence climatique pour donner enfin à la crise climatique et environnementale l’importance qu’elle doit avoir, c’est à dire une situation de crise qui menace la vie humaine.

Nous nous joindrons ainsi au mouvement de pays, de Villes, de Etats et régions qui l’ont fait avant nous et qui couvrent à présent une population de 70 millions de personnes au niveau mondial. Nous pouvons citer comme exemples Le Royaume-Uni qui a été le premier pays au monde à déclarer l’urgence climatique et qui a été suivi par l’Irlande, l’Ecosse ou, plus près de chez nous, Yverdon, Delémont  le canton de Bâle Ville, du Jura ou le canton de Vaud.

Au delà du geste hautement symbolique, le but est double: tout d’abord d’informer, sensibiliser et éduquer la population, les collectivités, les entreprises et créer une large adhésion pour passer à l’action. En effet on a beau lire des rapports, ou des informations scientifiques, rien ne vaut un message clair, transmis par des personnes qui nous sont proches et auxquelles on peut se relier. 

Dans le cadre de ce premier but se trouve également un rôle d’exemplarité: par notre déclaration d’urgence climatique, nous pouvons inspirer d’autres villes à faire de même et créer un cercle vertueux vers l’action.

Le 2e but de ce geste symbolique est d’accélérer le traitement des objets en lien direct avec la sauvegarde du climat. La déclaration permettra ainsi de mettre la priorité sur ces objets, par exemple le plan climat qui vient de vous être présenté, que nous avons co-signé et que nous soutenons fortement, pour que le groupe de travail qui se penche dessus puisse y travailler de toute urgence – soit à la hauteur de l’enjeu auquel nous faisons face. Nous avons un peu moins de 11 ans pour agir, pas pour mettre en place un plan mais pour agir concrètement et nous ne pouvons pas accepter les délais usuels de traitements des objets pour un enjeu vital tel que celui-ci, 11 ans c’est demain

En commission il y a évidemment eu des objections telles que le fait que ceci créerait un précédent pour apporter des sujets en urgence de toutes parts, comme le harcèlement par exemple. Vous l’aurez compris et j’en appelle à votre bon sens, qu’il ne s’agit pas du tout du même degré d’urgence, on parle, encore une fois de la survie de notre société. Une autre objection était celle qu’il est difficile objectivement de savoir quels objets sont liés au climat, sur ce point j’en appelle encore une fois au bon sens et à l’expertise du groupe de travail qui se penchera sur la mise en place des mesures concrètes pour nous sortir des énergies fossiles pour déterminer la pertinence ou non de l’urgence.

Je vous rappelle enfin que nous avons une responsabilité morale, en tant que pays riche, d’agir au plus vite et au-delà de ce qui est demandé par le GIEC pour que les pays qui n’ont pas encore accès à l’électricité ou à l’eau courante puissent atteindre un niveau de vie digne. L’urgence n’est donc pas seulement dans notre intérêt de préserver notre climat, nos alpes, nos cultures, mais aussi notre devoir de pays riche.

J’espère que vous l’aurez compris, nous sommes face au plus grand défi de notre espèce et la réponse que vous donnerez ce soir avec votre vote sera déterminante pour assurer un futur à vous ainsi qu’aux personnes que vous aimez.

Sara Gnoni

Références:

Rapport WEF Global Risks Landscape 2019

The year 2018 was another one of storms, fires and floods.19 Of all risks, it is in relation to the environment that the world is most clearly sleepwalking into catastrophe. The Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) bluntly said in October 2018 that we have at most 12 years to make the drastic and unprecedented changes needed to prevent average global temperatures from rising beyond the Paris Agreement’s 1.5oC target. In the United States, the Fourth National Climate Assessment warned in November that without significant reductions in emissions, average global temperatures could rise by 5oC by the end of the century.20 GRPS respondents seem increasingly worried about environmental policy failure: having fallen in the rankings after Paris, “failure of climate-change mitigation and adaptation” jumped back to number two in terms of impact this year. And the most frequently cited risk interconnection was the pairing of “failure of climate-change mitigation and adaptation” and “extreme weather events”. The accelerating pace of biodiversity loss is a particular concern. The Living Planet Index, which tracks more than 4,000 species across the globe, reports a 60% decline in average abundance since 1970.21 Climate change is exacerbating biodiversity loss and the causality goes both ways: many affected ecosystems—such as oceans and forests—are important for absorbing carbon emissions. Increasingly fragile ecosystems also pose risks to societal and economic stability. For example, 200 million people depend on coastal mangrove ecosystems to protect their livelihoods and food security from storm surges and rising sea levels, as discussed in Chapter 5 (Fight or Flight).22 One estimate of the notional economic value of “ecosystem services”—benefits to humans, such as drinking water, pollination or protection against floods—puts it at US$125 trillion per year, around two-thirds higher than global GDP.23

In the human food chain, loss of biodiversity affects health and socio- economic development, with implications for well-being, productivity and even regional security. Micronutrient malnutrition affects as many as 2 billion people. It is typically caused by a lack of access to food of sufficient variety and quality.24 Nearly half the world’s plant-based calories are provided by just three crops: rice, wheat and maize.25 Climate change compounds the risks. In 2017, climate-related disasters caused acute food insecurity for approximately 39 million people across 23 countries.26 Less obviously, increased levels of carbon dioxide in the atmosphere are affecting the nutritional composition of staples such as rice and wheat. Research suggests that by 2050 this could lead to zinc deficiencies for 175 million people, protein deficiencies for 122 million, and loss of dietary iron for 1 billion.

Intervention communale, Sara Gnoni

Plus de bio régional

Intervention

Chèr-e-s collègues,

Le Groupe des Verts est très attentif à la manière dont sont produits les aliments tant pour leur impact sur les sols, la faune et la flore, tant sur la santé. Et d’autant plus qu’il s’agit ici de la santé de nos enfants, ceux qui bénéficient de un ou plusieurs repas par jour servis par une des infrastructure de la ville. Comme je l’avais relevé lors de l’intervention sur les perturbateurs endocriniens, une partie importante de l’absorption se fait par l’alimentation, entre autres en mangeant de la nourriture qui contient des pesticides et les enfants sont une population particulièrement sensible aux effets de ces substances.

C’est pour cela qu’en 2014 nous avons accueilli avec enthousiasme le préavis 2014/36 qui présentait un plan d’action de la restauration collective à la hauteur de l’enjeu : porter à 70% la part des produits locaux dans les CVE subventionnées ou non ET privilégier le Bio lorsque ceux-ci sont disponibles dans l’offre locale, donc pour la plupart des produits de saison c’est le cas, ceux-ci étant disponibles en Bio chez les producteurs de la région. Le préavis demandait également de développer des relations directes avec les producteurs de la région, ce qui avait été développé avec la PBL. Ce conseil a donc consenti à un Crédit de CHF 324’500.- par an, prélevées dans le FDD pendant 3 ans, période pendant laquelle la Ville lançait un projet pilote pour mettre en place ces objectifs et couvrir le surcoût de 25ct par repas que pouvait engendrer la préférence pour le Bio Local par rapport au conventionnel.

Nous tenons à souligner que ces objectifs étaient déjà pour la plupart atteints, car l’on s’était basés sur des études de Beelong pour rédiger les objectifs du préavis : à cet effet 6 CVE avaient été analysées et la part du local était déjà de près de 70% et la part du Bio de près de 30%. Or, lors de la présentation du bilan partiel du plan de restauration collective que nous avons retrouvé sur nos tables il y a quelques mois et que nous avons pu découvrir ici en bas au Forum de l’hôtel de Ville nous constatons que la part du local est uniquement de 55% et la part du Bio de 3% uniquement, le 70% de produits locaux étant devenus produits labellisés. De plus, depuis la faillite de la PBL, les cuisiniers se retrouvent à commander chacun dans leur coin, auprès de divers producteurs, sans aucune centralisation, ce qui est totalement inefficace, chronophage, évidemment plus couteux et demandant plus de transports. Pendant la commission, les explications sur la non atteinte des objectifs du préavis sont restées assez floues et en se reposant sur le fait qu’il n’existe pas assez de Bio régional. Comment expliquer alors qu’avant nous y arrivions ?

Il reste beaucoup de questions ouvertes à ce stade à propos de la politique de restauration collective de notre Ville : pourquoi faisons-nous beaucoup moins bien que nous faisions il y 5 ans, alors que nous avons alloué plus de moyens financiers ? Quelles alternatives ont été et sont évaluées pour remplacer la PBL ? A quelle date nous sera remis le bilan des trois ans du projet pilote ? La ferme de Rovéréaz, dont l’équipe de bénévoles commence maintenant à s’essoufler, pourrait remplir ce rôle de centrale de distribution des produits de la région aux CVE de la Ville ? Comment ont été utilisés les crédits significatifs prélevés dans le FDD ? Et encore beaucoup d’autres auxquelles nous aimerions avoir des réponses

Le postulat de Monsieur Dupuis, demande donc de respecter fidèlement les objectifs du préavis et de mettre en place les mesures nécessaires pour ce faire. Nous vous invitons par conséquent à accepter la prise en compte de ce postulat afin que nous mettions enfin en oeuvre notre politique ambitieuse et respectueuse de l’environnement et de la santé de nos enfants  et qui soutienne les agriculteurs locaux et vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre en évitant de faire venir des produits de loin ou en les faisant transformer à l’autre bout de la Suisse.

Sara Gnoni

Intervention communale, Sara Gnoni

Déclaration d’urgence climatique

Intervention

Postulat: Urgence climatique : il est temps d’avancer au rythme exigé par la science

Chers collègues,

L’année 2018, sans surprise, s’est révélée la quatrième plus chaude depuis que l’on mesure la température à la surface du globe, après 2016, 2015 et 2017. Nous avons atteint 1° de température moyenne de plus qu’avant l’époque préindustrielle. Avec la trajectoire actuelle, nous nous dirigeons vers une élévation de 3-4° en moyenne globale, et 5-6° en Suisse. Pour comparaison, lorsque nous avions 5° de moins que la température globale actuelle, il y a 20’000 ans, un glacier d’un km se trouvait là où nous sommes.

D’ici 2050, 2 milliards de personnes, seront exposées à des températures extrêmement élevées. Cela reviendra à vivre la canicule de 2003 chaque été, avec son lot de morts.

Plus de 800 millions de personnes seront vulnérables à l’élévation du niveau des eaux et aux inondations. Ici, à Lausanne, des épisodes comme celui du 11 juin passé sont appelés à se répéter.

650 millions de personnes seront à court d’eau potable. Ici en Suisse, certains glaciers auront totalement disparu d’ici 20 ans, ce qui rendra notre approvisionnement plus incertain.

Des parties entières du globe seront devenues inhabitables, la quasi-totalité des coraux auront disparu, tout comme de nombreuses espèces animales et végétales. Nous compterons des centaines de millions de réfugiés climatiques.

Personnellement, j’aurais souhaité un futur différent pour nos enfants. Hélas, c’est ce que nous leur léguons: nous sommes dans un train qui est sur une trajectoire qui nous mène à pleine vitesse contre un mur.

Les tentatives d’accords internationaux, comme les COP, ont tout juste servi, à peine, à se mettre d’accord sur la manière de mesurer les gaz à effet de serre. Même au niveau national, une loi CO2, déjà largement insuffisante a été dénudée de tout sens et de ce fait a été récemment refusée.

Il apparaît donc que c’est aux Villes de s’organiser pour agir, avec des mesures fermes, drastiques et surtout rapides de réduction de GES pour atteindre le scénario 1 du GIECC et mettre en place des mesures d’adaptation au changement climatique.

Ces mesures doivent devenir nos préoccupations premières, car c’est tout simplement de la survie de notre société / civilisation dont il s’agit ici.

Nous avons une toute petite marge de manœuvre pour créer un nouveau projet de société, un avenir pour nos enfants avec un fort engagement civique. Partout des alternatives se créent, à Lausanne aussi, mais il nous faut les développer massivement et les rendre prioritaires.

C’est pour cela qu’avec ce postulat, nous demandons que la Municipalité étudie l’opportunité de déclarer l’urgence climatique, à l’instar de ce qui a été fait dans d’autres villes à travers le monde, comme Londres ou Vancouver et pour répondre à la demande des milliers de personnes qui ont se sont mobilisées cet hiver dans les rues lausannoises et dans d’autres villes de Suisse et ailleurs dans le monde.

Outre la portée symbolique de cette déclaration d’urgence, il y a lieu d’accélérer les procédures permettant d’adopter les mesures qui nous permettrons de faire face à ce qui est, selon les scientifiques, le plus grand défi que l’humanité ait connu. Ainsi, il est nécessaire de faire usage du traitement prioritaire, au sein de l’administration ainsi qu’auprès du Conseil communal, pour tous les objets liés de manière directe à la lutte contre le réchauffement climatique et ses conséquences.

Afin que cet objet soit, justement traité le plus rapidement possible, je demande le renvoi direct à la municipalité.

Sara Gnoni