Feuille verte, Oleg Gafner

Avions de combat: l’addition s’il vous plaît !

24 milliards. Cette réponse est peut-être un brin trop mathématique, mais tout de même, 24 milliards. Notre cher Conseil fédéral veut se doter de nouveaux avions de combat pour 24 milliards. En pleine crise sanitaire qui plus est, la réponse de nos sept « sages » c’est 24 milliards pour… des avions de bombardement, une quarantaine. Une nouvelle campagne nous attend à la rentrée, chouette ! Chouette oui, car nous devons faire cette campagne avec détermination et amusement. Amusement parce que Conseil fédéral ne semble pas comprendre la volonté populaire de 2014. En effet, il y a quelques années, nous avions refusé d’acquérir 20 avions pour 10 milliards. Quelques années plus tard, le gouvernement a trouvé la solution : acheter le double d’avion pour un total deux fois plus élevé : du pur génie.

Plus sérieusement, il y a bien sûr une urgence pour nous toutexs et tous de nous mobiliser à nouveau contre ces milliards d’aberrations volantes. Un tel achat a plus que le goût amer du mépris populaire. C’est une addition salée pour les finances publiques, qui en temps de crise vont être chamboulées, mais c’est surtout un triple non-sens.

Un non-sens environnemental

En une heure un avion de combat consomme autant de kérosène qu’une voiture a besoin de carburant pour faire deux fois et demie le tour de la terre. Deux fois et demie le tour de la terre, en une heure ! Je ne vais pas faire de calcul, mais cette image vous laisse imaginer ce que représente une flotte de 40 nouveaux avions. À l’heure de la catastrophe climatique qui n’est ni comprise politiquement ni admise par le gouvernement au vu de ses politiques publiques, l’acquisition de jets de combats n’est en aucun cas admissible. Plus intéressant encore, alors que les partis bourgeois se proclament écolos en soutenant la nouvelle loi sur le CO2, ils acceptent que l’armée suisse émette annuellement 120’000 tonnes de CO2 par an. Accepter ces nouveaux avions est tout le contraire d’une politique verte. Nous votons donc NON en septembre.

Un non-sens sécuritaire

Se pose la question de la police du ciel. Comment assurer la sécurité de notre espace aérien ? C’est le grand argument des partisans de cet achat. En Autriche, pour un territoire deux fois plus grand et une topographie similaire, l’armée totalise 11 avions de combat. L’Allemagne assure sa police du ciel avec moins de 10 appareils. Prétendre qu’il faut ces avions pour cette mission est tout bonnement faux. La police du ciel nécessite des avions légers et rapides, ces appareils existent, certains sont même de fabrication suisse. Nous pouvons donc entrer en discussion sur une plus petite flotte d’avions plus légers, mais 24 milliards et 40 avions de bombardement est tout simplement une erreur de calcul. En parallèle de cette question de la police du ciel, la cyber-sécurité ou la protection contre les changements climatiques dans les régions de montagne constitue une priorité imminente en matière de sécurité. Faites donc voter NON en septembre.

Un non-sens sociétal enfin, car nous avons une urgence climatique, une urgence sociale, une urgence humanitaire et une urgence sanitaire qui sont simplement démunies de soutien. Les politiques publiques doivent s’axer sur ce qui nous protège vraiment ! Protéger d’un virus mortel, protéger des changements climatiques, protéger les conditions de travail, protéger tout ce qui use et tue. Dans aucun des cas précités, le remède ne s’appelle avions de combat. Il est donc primordial de marteler la nécessité de voter et de faire voter NON à ces avions de luxe le 27 septembre prochain.


Merci pour votre engagement !

Venceremos !

Oleg Gafner, Comité Vert·e·s lausannois·es, Vice-président des VERTS Suisse

Feuille verte, Oleg Gafner, Xavier Company

La vague verte profite au service civil

Nous avons frôlé le pire pour le service civil, mais grâce à nos parlementaires vert·e·s, le Conseil national s’est retourné en quelque jour. Nous faisons le point sur cette saga gagnée dans la dernière session parlementaire d’il y a quelques jours.

Tout est une question de nom. Le service civil est tout d’abord un service, donc un engagement, 365 jours, qui permet aux objecteurs de conscience de mettre leur temps à disposition d’objectifs jugés prioritaires par la Confédération. Heureusement, ce service est civil, il agit donc pour la collectivité. Cet engagement volontaire bénéficie à des structures essentielles, principalement auprès des plus jeunes, des plus âgés ou de la nature, donc au bénéfice de toutes et tous. Peut-être qu’il serait ainsi plus juste de le renommer service de solidarité !

En temps de crise, comme nous venons de la traverser, le service civil est une aide supplémentaire et importante aux EMS et aux hôpitaux. Une aide qui permet notamment de libérer le personnel qualifié pour les soins, donc d’ajouter du personnel en plus dans des équipes qui fonctionnent souvent à effectifs réduits. 

Pour rappel, près de 5’000 établissements bénéficient de l’aide des civilistes dans des domaines de première nécessité. C’est donc un service accru à la population toute entière. Un civiliste aide la paysanne de montagne, un civiliste restaure un biotope, un civiliste accompagne des résidents de homes aux rendez-vous médicaux, un civiliste est parfois médecin et un civiliste garde des enfants. S’attaquer au service civil, c’est déclarer que l’aide aux personnes n’est ni nécessaire, ni un besoin civil.  Alors que l’engagement des civilistes suisses vient de démontrer sa nécessité, aujourd’hui plus que jamais, le Conseil fédéral avait décidé d’en restreindre fortement l’accès, afin d’augmenter le nombre de recrues militaires à la place.

Sur proposition du Conseil fédéral, le National a dans un premier temps accepté de demander aux militaires souhaitant rejoindre le service civil après-coup de patienter douze mois et pour au moins 150 jours de service. Tous auraient dû accomplir une fois et demie le nombre de jours de service militaire. Mais pis encore, les médecins n’auraient plus pu faire de service civil à des postes de médecins (et cela au sortir de la crise du coronavirus).

Le résultat aurait réduit encore davantage l’accès au service civil, et donc la possibilité pour les causes sociales et environnementales de profiter du travail des civilistes et d’atteindre des objectifs impossibles sans cette aide.

Heureusement, le travail de nos parlementaires et la peur du référendum qui avait d’ores et déjà été annoncé par les Vert-e-s, les Jeunes Vert-e-s et CIVIVA ont permis de renverser la majorité du Conseil national et de refuser, en vote final, ces durcissements incompréhensibles.

Une fois de plus, nous constatons que la vague verte des dernières élections fédérales porte ces fruits et permet de faire peser la politique que nous souhaitons aux Chambres sans avoir besoin de passer devant le peuple pour faire gagner le bon sens. Que la vague continue !

Oleg Gafner et Xavier Company