Feuille verte, Oleg Gafner

Avions de combat: l’addition s’il vous plaît !

24 milliards. Cette réponse est peut-être un brin trop mathématique, mais tout de même, 24 milliards. Notre cher Conseil fédéral veut se doter de nouveaux avions de combat pour 24 milliards. En pleine crise sanitaire qui plus est, la réponse de nos sept « sages » c’est 24 milliards pour… des avions de bombardement, une quarantaine. Une nouvelle campagne nous attend à la rentrée, chouette ! Chouette oui, car nous devons faire cette campagne avec détermination et amusement. Amusement parce que Conseil fédéral ne semble pas comprendre la volonté populaire de 2014. En effet, il y a quelques années, nous avions refusé d’acquérir 20 avions pour 10 milliards. Quelques années plus tard, le gouvernement a trouvé la solution : acheter le double d’avion pour un total deux fois plus élevé : du pur génie.

Plus sérieusement, il y a bien sûr une urgence pour nous toutexs et tous de nous mobiliser à nouveau contre ces milliards d’aberrations volantes. Un tel achat a plus que le goût amer du mépris populaire. C’est une addition salée pour les finances publiques, qui en temps de crise vont être chamboulées, mais c’est surtout un triple non-sens.

Un non-sens environnemental

En une heure un avion de combat consomme autant de kérosène qu’une voiture a besoin de carburant pour faire deux fois et demie le tour de la terre. Deux fois et demie le tour de la terre, en une heure ! Je ne vais pas faire de calcul, mais cette image vous laisse imaginer ce que représente une flotte de 40 nouveaux avions. À l’heure de la catastrophe climatique qui n’est ni comprise politiquement ni admise par le gouvernement au vu de ses politiques publiques, l’acquisition de jets de combats n’est en aucun cas admissible. Plus intéressant encore, alors que les partis bourgeois se proclament écolos en soutenant la nouvelle loi sur le CO2, ils acceptent que l’armée suisse émette annuellement 120’000 tonnes de CO2 par an. Accepter ces nouveaux avions est tout le contraire d’une politique verte. Nous votons donc NON en septembre.

Un non-sens sécuritaire

Se pose la question de la police du ciel. Comment assurer la sécurité de notre espace aérien ? C’est le grand argument des partisans de cet achat. En Autriche, pour un territoire deux fois plus grand et une topographie similaire, l’armée totalise 11 avions de combat. L’Allemagne assure sa police du ciel avec moins de 10 appareils. Prétendre qu’il faut ces avions pour cette mission est tout bonnement faux. La police du ciel nécessite des avions légers et rapides, ces appareils existent, certains sont même de fabrication suisse. Nous pouvons donc entrer en discussion sur une plus petite flotte d’avions plus légers, mais 24 milliards et 40 avions de bombardement est tout simplement une erreur de calcul. En parallèle de cette question de la police du ciel, la cyber-sécurité ou la protection contre les changements climatiques dans les régions de montagne constitue une priorité imminente en matière de sécurité. Faites donc voter NON en septembre.

Un non-sens sociétal enfin, car nous avons une urgence climatique, une urgence sociale, une urgence humanitaire et une urgence sanitaire qui sont simplement démunies de soutien. Les politiques publiques doivent s’axer sur ce qui nous protège vraiment ! Protéger d’un virus mortel, protéger des changements climatiques, protéger les conditions de travail, protéger tout ce qui use et tue. Dans aucun des cas précités, le remède ne s’appelle avions de combat. Il est donc primordial de marteler la nécessité de voter et de faire voter NON à ces avions de luxe le 27 septembre prochain.


Merci pour votre engagement !

Venceremos !

Oleg Gafner, Comité Vert·e·s lausannois·es, Vice-président des VERTS Suisse

Feuille verte, Oleg Gafner, Xavier Company

La vague verte profite au service civil

Nous avons frôlé le pire pour le service civil, mais grâce à nos parlementaires vert·e·s, le Conseil national s’est retourné en quelque jour. Nous faisons le point sur cette saga gagnée dans la dernière session parlementaire d’il y a quelques jours.

Tout est une question de nom. Le service civil est tout d’abord un service, donc un engagement, 365 jours, qui permet aux objecteurs de conscience de mettre leur temps à disposition d’objectifs jugés prioritaires par la Confédération. Heureusement, ce service est civil, il agit donc pour la collectivité. Cet engagement volontaire bénéficie à des structures essentielles, principalement auprès des plus jeunes, des plus âgés ou de la nature, donc au bénéfice de toutes et tous. Peut-être qu’il serait ainsi plus juste de le renommer service de solidarité !

En temps de crise, comme nous venons de la traverser, le service civil est une aide supplémentaire et importante aux EMS et aux hôpitaux. Une aide qui permet notamment de libérer le personnel qualifié pour les soins, donc d’ajouter du personnel en plus dans des équipes qui fonctionnent souvent à effectifs réduits. 

Pour rappel, près de 5’000 établissements bénéficient de l’aide des civilistes dans des domaines de première nécessité. C’est donc un service accru à la population toute entière. Un civiliste aide la paysanne de montagne, un civiliste restaure un biotope, un civiliste accompagne des résidents de homes aux rendez-vous médicaux, un civiliste est parfois médecin et un civiliste garde des enfants. S’attaquer au service civil, c’est déclarer que l’aide aux personnes n’est ni nécessaire, ni un besoin civil.  Alors que l’engagement des civilistes suisses vient de démontrer sa nécessité, aujourd’hui plus que jamais, le Conseil fédéral avait décidé d’en restreindre fortement l’accès, afin d’augmenter le nombre de recrues militaires à la place.

Sur proposition du Conseil fédéral, le National a dans un premier temps accepté de demander aux militaires souhaitant rejoindre le service civil après-coup de patienter douze mois et pour au moins 150 jours de service. Tous auraient dû accomplir une fois et demie le nombre de jours de service militaire. Mais pis encore, les médecins n’auraient plus pu faire de service civil à des postes de médecins (et cela au sortir de la crise du coronavirus).

Le résultat aurait réduit encore davantage l’accès au service civil, et donc la possibilité pour les causes sociales et environnementales de profiter du travail des civilistes et d’atteindre des objectifs impossibles sans cette aide.

Heureusement, le travail de nos parlementaires et la peur du référendum qui avait d’ores et déjà été annoncé par les Vert-e-s, les Jeunes Vert-e-s et CIVIVA ont permis de renverser la majorité du Conseil national et de refuser, en vote final, ces durcissements incompréhensibles.

Une fois de plus, nous constatons que la vague verte des dernières élections fédérales porte ces fruits et permet de faire peser la politique que nous souhaitons aux Chambres sans avoir besoin de passer devant le peuple pour faire gagner le bon sens. Que la vague continue !

Oleg Gafner et Xavier Company

Feuille verte, Natacha Litzistorf

Repartir du «petit»

« Un monde sans espoir est irrespirable »

(André Malraux, L’Espoir, Gallimard, 1937)

Tout le monde l’affirme: cette crise du covid-19 révèle ce qui était déjà là avant, mais peu visible, tant d’un point de vue individuel que collectif. Mais plus que cela, elle amplifie tout. Et dans une logique toute manichéenne à nous faire devenir schizophrènes, nous pouvons être fiers, émus aux larmes et plein d’espoir car elle révèle et amplifie le bon, le bien et le beau ; mais nous pouvons aussi être honteux, révoltés et désespérés car elle révèle et amplifie le mauvais, le mal et le laid. Cette crise met également en lumière nos fragilités et les failles de nos systèmes, à toutes les échelles et dans tous les domaines. Mais notre instinct de survie est quant à lui vigoureux et nous pouvons nous en réjouir. Des voix, connues ou moins connues, se font d’ores et déjà entendre pour montrer la seule posture solide et crédible pour la suite : cette crise va nous permettre de nous recentrer sur l’essentiel et l’espoir doit être notre moteur. C’est un risque à prendre, mais le jeu en vaut la chandelle qui nous permettra d’éclairer le chemin à parcourir.

Ce Petit traité post pandémie constitue une modeste contribution d’une Lausannoise à la réflexion collective que nous devons avoir pour l’avenir.

Réflexion basée sur un parcours de vie, des transmissions familiales, des enseignements de professeurs et de lectures, des émotions sans filtre, des convictions politiques et des intuitions. Et réflexion toujours dans la perspective d’action.

Le mot guide est assurément : « petit ». Nous devrons repenser nos échelles de vie et les articuler entre elles différemment. Et l’échelle-coeur, le centre névralgique, sera le petit, la maison, le quartier, la commune, le commerce du coin de la rue. L’idée n’est impérativement pas un repli sur soi, mais une façon différente de concevoir, à partir « du petit », notre relation avec le reste du monde.

Réflexion qui a comme but principal de penser à nos jeunes d’aujourd’hui et de demain. C’est pour eux que nous devons faire le point après une crise d’une telle ampleur planétaire. Si nous ne le faisons pas, alors c’est comme si nous les abandonnions ou pire encore, comme si nous les condamnions.

Réflexion qui vise ainsi à tout de suite faire disparaître toute velléité de vouloir « faire comme si de rien n’était » et de « repartir comme en quarante ». Cette crise, comme souvent les crises, peut être salutaire. C’est en tous cas avec optimisme et espoir qu’il faut réfléchir la suite, pour « le retour à la normale ». C’est ce que nous devons à nos jeunes en tant qu’adultes responsables.

Mais est-ce que tout ce que nous vivions avant était vraiment « normal » ? Nous pouvons sérieusement en douter. Mais douter, c’est ce qui nous permettra à nouveau d’être plutôt que d’avoir. Car le point de départ est de venir puiser en chacun et chacune d’entre nous pour trouver l’imagination, l’audace, la force et le courage de proposer de vivre autrement. Parce que oui, soyons sérieux, nous allons devoir changer des choses…

Mais le bouquet final de l’image du monde de demain est dans le croisement des expériences et des expertises car une communauté de destin ne se construit qu’à plusieurs intelligences.

Natacha Litzistorf

Feuille verte, Lausanne

Confiné·e·s mais d’autant plus déterminé·e·s !

Depuis le début de l’année, nous sommes témoins d’événements dont nous n’avions probablement même pas idée pour la majorité d’entre nous. Jour après jour, nous apprenons à adapter nos vies et ce qui nous semblait impensable devient nécessaire. Dans la foulée, ce qui nous paraissait inimaginable hier devient une nécessité aujourd’hui : ce 1er mai, nous ne serons pas dans la rue !

Mais cette absence dans les rues n’est clairement pas synonyme d’absence de revendications. Bien loin s’en faut. Au contraire, la crise que nous vivons actuellement prouve la fragilité de notre système et son incapacité à protéger les faibles d’entre nous. Elle prouve, une fois de plus, que ce sont celles et ceux qui sont depuis toujours les plus précarisés qui se retrouvent au front pour assurer que notre société ne s’effondre pas totalement. Elle prouve que l’impunité avec laquelle la nature est traitée ne peut rester indéfiniment sans conséquence pour l’être humain.

Il est plus que nécessaire que la crise que nous traversons, toutes et tous, nous permette de repenser le monde de demain pour toutes et tous.

Ces dernières semaines nous ont montré combien nous sommes dépendants des personnes dont le rôle n’est toujours pas considéré à sa juste valeur. En plus des équipes de soins, et notamment le personnel infirmier, tant de professions sont au front : dans les magasins de première nécessité, les administrations, les services de distribution postale, le monde agricole… Tant de personnes qui ont dû faire preuve de courage et d’abnégation pour se montrer à la hauteur de leurs responsabilités.

Bien que venant d’horizons divers, ces professions ont toutes un point en commun : elles ont toutes été bafouées, méprisées et mal considérées depuis de (trop) nombreuses années.

Il faut également souligner que, dans beaucoup de ces professions, les femmes sont très nombreuses. Cette période a aussi mis en évidence l’importance des activités des femmes au sein des familles. Nous répétons aujourd’hui la nécessité de pouvoir concilier vie professionnelle et vie privée, notamment par l’encouragement du télétravail, de mieux répartir les tâches de soin et d’enfin les valoriser économiquement.

Ceci nous montre, malheureusement une fois encore, que toutes les revendications de ces indispensables actrices et acteurs de la société ne sont toujours pas entendues… Bien au contraire, les milieux économiques exercent d’intolérables pressions sur tous les fronts pour que l’activité reprenne à la « normale », tout en étant conscients des risques qu’ils/elles font courir à leurs équipes.

Chaque année, nous devons descendre dans la rue, le premier jour du mois de mai, pour, ensemble, exprimer notre ras-le-bol de cette injustice sociale et de ce manque de solidarité. Même si, sur certains fronts, des avancées ont pu être constatées, nous sommes très loin de voir réalisées nos revendications répétées, années après années. Nous ne nous contentons pas des promesses des milieux économiques.

Nous voulons croire que la crise actuelle nous permettra de lancer un mouvement nouveau et de vivre dans un monde où une meilleure justice sociale, une meilleure considération et une meilleure répartition des ressources sont possibles.

Les nombreuses et émouvantes preuves de solidarité qui ont éclos partout dans notre pays doivent d’autant plus nous encourager à nous unir pour faire front commun.

Donc, si cette année, ça ne sera pas dans la rue que nous donnerons de la voix, nous serons toutes et tous à nos fenêtres et nos balcons pour « notre santé avant leur profit »!

Pour le bien de tous les êtres vivants, pour celui de notre planète, pour celui des générations futures, rejoignez-nous, dès 15h00, avec ou sans banderole, mais avec votre volonté et votre enthousiasme !

Keko Razzano

Feuille verte

Solidarité et entraide

En ces temps particuliers, où la priorité doit être mise sur la sécurité sanitaire de chacun-e, il est important de garder en tête nos valeurs d’entraide et de solidarité, à tous les niveaux. Nos autorités les mettent en place. La Ville de Lausanne n’est pas en reste dans les domaines où elle dispose d’une marge de manœuvre, puisqu’elle renonce à percevoir les loyers pour ses baux commerciaux pendant cette période, ainsi que les taxes des terrasses. Au niveau social également, des structures se mettent en place pour que les plus démunis, qui vivent dans la rue, puissent également appliquer les mesures sanitaires et ne soient pas encore plus défavorisés qu’ils ne le sont déjà. Nos élu-e-s au Conseil communal reprendront bien évidemment ces questions sitôt que celui-ci pourra se réunir, sous une forme ou sous une autre.

Mais la solidarité et l’entraide se développent aussi à des niveaux individuels et locaux. Tout d’abord, au vu du confinement actuel, nous vous encourageons, si vous avez la possibilité de sortir pour faire des courses (donc si vous n’êtes pas considéré-e comme une personne à risque, que vous ne présentez pas de symptômes et que vous n’avez été en contact avec une personne atteinte du Covid-19), de proposer votre aide à votre voisinage. Nous avons mis à disposition sur notre site un modèle d’annonce qui peut être affiché dans votre immeuble pour cela. L’entraide sociale à l’échelle d’un immeuble, d’un quartier ou d’une ville, que nous défendons depuis toujours, prend toute son ampleur à l’heure actuelle.

Un autre moyen de continuer d’appliquer nos valeurs en cette période de confinement est de soutenir nos artisans locaux qui se démènent pour trouver des solutions à la fois pour assurer notre approvisionnement sans que nous ayons à prendre le risque de sortir si ce n’est pas nécessaire, mais également pour assurer leur survie financière. Ainsi, de plus en plus de maraîchères et maraîchers, fromagères et fromagers, boulangères et boulangers, brasseuses et brasseurs, tout type d’artisans du goûts, mais aussi des producteurs de plantons ou de semis, mettent en place, en urgence, des systèmes de livraisons à domicile avec commandes sur internet ou par téléphone. Ces moyens nous permettent de continuer de pouvoir consommer des produits frais, locaux, le plus souvent bios, tout en assurant aux artisanes et artisans des revenus qui couvriront un peu l’énorme manque à gagner qui va affecter toute notre économie locale, dû notamment à la fermeture des marchés et des restaurants.

Plutôt que de réaliser nous-même une nouvelle liste de ces artisan-e-s à qui vous pouvez passer commande, nous vous encourageons à consulter celle réalisée par Lausanne à Table déjà très complète, et qui peut être complétée par un message à info@lausanneatable.ch. C’est en faisant fonctionner nos réseaux et en mettant en commun nos connaissances que nous assurerons tant la pérennité de ces distribution, que la continuité d’aliments sain et locaux dans nos assiettes.

Car malgré le confinement, qui a eu raison de nos traditionnelles distributions de fruits et légumes de saison, il reste indispensable de continuer à manger de saison et local, non seulement pour assurer la survie de nos artisan-e-s, mais également pour consommer les aliments les plus riches en nutriments, à même de renforcer notre système immunitaire.

Par gourmandise et pour vous inciter dans ce sens, nous vous transmettons la recette de saison qui devait être distribuée avec nos fruits et légumes. N’hésitez pas à la réaliser en commandant les produits grâce à l’annuaire ci-dessus, et à nous envoyer vos photos de plats sur nos réseaux sociaux !

Prenez soin de vous et de vos proche, restez à la maison tout en mangeant et buvant local !

Xavier Company

Feuille verte

Le 8 mars, on redescend dans la rue parce qu’on ne lâche rien !

Cette année encore, nous devrons descendre dans la rue pour exprimer notre ras-le-bol face à une situation intolérable qui ne fait que durer.

Les femmes ont toujours fait les frais de la société patriarcale dans laquelle nous vivons. Tout pays industrialisé et développé qu’est la Suisse, nous sommes vraiment un triste exemple de cette discrimination continue dans laquelle les femmes se débattent depuis non pas de nombreuses années, mais depuis toujours.

Bien que les dispositifs légaux existent déjà en ce qui concernent les salaires, il est de notoriété publique que la réalité est loin de représenter cet idéal juridique. Notre société ne semble pas capable de faire abstraction du genre pour se concentrer sur la personne à proprement parler.

Dès lors, se pose la question de la volonté. Si le cadre existe, pourquoi n’est-il pas appliqué ? Pourquoi est-ce que les responsables des entreprises ne peuvent se détacher de cette idée qu’une collaboratrice «vaut moins» qu’un collaborateur ? Pourquoi est-ce que les employeurs ne corrigent pas cette situation pourtant aisée à repérer ?

La conclusion, tout cynique soit-elle, est pourtant simple : parce qu’on ne le veut pas.

Notre économie et notre société se reposent sur la gratuité du travail féminin. Tout notre modèle social est basé sur cette idée que le genre masculin produit et se voit valorisé pour cela, alors que le sujet féminin se contente de remplir son rôle.

2020… et nous ne sommes pas parvenus à effacer cette injustice. Bien au contraire, elle n’a fait que s’amplifier : on le sait désormais, une taxe rose est bien présente sur de nombreux biens de consommations de première nécessité. Il est un fait qu’une couleur ne coûte pas plus chère qu’une autre, pourtant il suffit que votre rasoir soit rose pour qu’il soit plus onéreux que celui qui est bleu…

La dimension financière est la plus concrète car chiffrée, donc facile à mettre en exergue et à prouver. Pour autant, est-ce que les grandes marques cessent ce genre d’agissement ? Absolument pas, bien au contraire, on voit de plus en plus de produits se «genrer» : un grand distributeur est même allé jusqu’à pousser le ridicule en proposant des soupes féminines et masculines… Une belle preuve que pour cette enseigne, l’appât du gain prime sur toute autre considération, quitte à s’embourber dans des clichés qui font passer ses dirigeants pour des spécimens moyenâgeux coupés de toute forme de réalité actuelle.

Mais sous le chiffre financier se cache quelque chose de nettement plus problématique et honteux : l’acceptation de cet état de fait.

D’une certaine manière, ceci nous touche toutes et tous car nous sommes des chaînons de cette société et à cet égard, nous devons, toutes et tous, exprimer notre refus de voir cette situation perdurer encore.

Ainsi, le 8 mars, nous devons, toutes et tous, nous mobiliser pour faire cesser cette injustice et mettre l’égalité au centre de notre fonctionnement social. Nous avons accepté pendant bien trop longtemps de laisser les femmes porter le poids des innombrables tâches et responsabilités qui leur incombent. Cessons une bonne fois pour toutes de voir un genre ou un sexe et concentrons-nous sur l’individu. Mais pour cela, les individus doivent se réunir pour exprimer ce message d’une claire et forte voix !

Le 8 mars, participez, vous aussi, au changement et rejoignez-nous !

Toutes les informations et les possibilités d’action pour cette journée se trouve sur la page Grève des femmes/grève féministe.

Keko Razzano

Feuille verte

Comment mobiliser nos concitoyen·ne·s à travers nos idées vertes ?

Les idées vertes ont pour but d’approfondir des sujets d’actualité politique en les approchant sur un autre angle, d’explorer de nouvelles thématiques de politique communale, ou de faire partager les expériences des militant·e·s vert·e·s d’ici et d’ailleurs. Ces conférences servent à nourrir le débat sur des idées qui ne seraient pas encore mûres et d’aboutir à des solutions vertes.

Dans l’émission Forum du 25 décembre 2019, Isabelle Pasquier Eichenberger, nouvelle conseillère nationale verte de Genève, explique que c’est le film Demain qui l’a décidé à s’engager à faire de la politique chez les vert.e.s. Elle était déjà très impliquée dans sa vie professionnelle et associative dans l’écologie mais elle n’avait jamais pensé être active politiquement.

Aujourd’hui, alors que notre maison brûle, il est essentiel de tout tenter pour mobiliser autour de nous. C’est pourquoi nous avons décidé d’ouvrir les idées vertes aux non-membres. Donc n’hésitez pas à venir avec un ou une amie, un ou une voisine ou tout simplement à communiquer autour de vous ce programme d’idées vertes 2020.

Ces rencontres auront lieu au Cazard à Lausanne (salle Octogone, Rue Pré du marché 15) et la séance est prévue à chaque fois à 19h. Elles seront accompagnées d’un apéritif et de discussions détendues.

Nous prévoyons quatre conférences en 2020, à vos agendas :

Le 11 mars aura lieu la conférence-débat « Lumière sur l’éclairage public »

Pour cette première soirée nous avons invité deux intervenants :

Laurent Debrot est conseiller en éclairage public, député Vert au Grand conseil neuchâtelois et Secrétaire de l’Association pour L’Agence suisse pour la protection de l’environnement nocturne (LAMPER). Il nous fera une introduction sur les enjeux environnementaux, sanitaires, techniques, législatifs et sociaux de l’éclairage public. Il nous parlera également de l’extinction nocturne de l’éclairage public dans sa commune du Val de Ruz.

Jean-Yves Pidoux est municipal Vert à Lausanne et directeur des Services industriels de Lausanne (SIL). Il nous parlera du Plan lumière de la Ville de Lausanne et sa mise en œuvre.

Le 28 mai : Sortir des pesticides

Le 17 septembre : Point sur la mobilité douce à Lausanne

Le 12 novembre : Les impacts du réchauffement climatique en Suisse et plus précisément à Lausanne

N’oubliez pas de diffuser ces idées vertes 2020 autour de vous. La manière la plus simple serait déjà de venir accompagné·e. Merci!

Elisa Garbar et Alexandra Gerber, membres du comité des Vert·e·s lausannois·es

Feuille verte

Black Friday a encore frappé et c’est la planète qui a payé…

Depuis quelques années désormais, le dernier vendredi du mois de novembre se distingue dans nos contrées par l’appellation « Black Friday ». Cette habitude, car il ne s’agit nullement d’une tradition malgré ce que certain·e·s se plaisent à dire, nous vient d’outre-Atlantique.

Apparu au début des années 1950, le dernier vendredi du mois de novembre était un jour relativement calme d’un point de vue commercial, puisque les gens attendaient le mois de décembre pour commencer leurs achats de Noël. Dès lors, pour la grande distribution, le mois de novembre présentait en général des chiffres d’affaires peu réjouissants. Ainsi l’idée est arrivée de proposer des rabais conséquents durant ce vendredi vu qu’il marque en plus le début des périodes de Fêtes. Grâce aux nombreuses promotions, les chiffres rouges de novembre redevenaient noirs dans les livres de compte. Et Black Friday obtint ses lettres de noblesse : grâce à cette attraction du prix bas, les commerçants voyaient leur mois de novembre avec plus de « couleurs »…

Aujourd’hui, c’est la majorité des enseignes présentes en Europe qui a cédé à cette nouvelle opération commerciale et qui s’est également mis à raboter les prix pour attirer les client·e·s.

En soi, qui pourrait s’offusquer de devoir moins payer pour un article qu’il/elle souhaite ? Personne. Nous, toutes et tous, devons tenir un budget et chacun·e a envie (voir besoin) de se faire plaisir, de s’accorder un cadeau, un geste pour se conforter dans la routine de nos vies quotidiennes. Même si désormais, les soldes ne sont plus réglementées et qu’on trouve du prix rouge à longueur d’année, on ne va pas renoncer à un p’tit rabais supplémentaire… Toujours mieux dans sa poche que dans celle du commerçant… Ou pas !

Cependant, la réalité est toute autre : de nombreuses preuves ont été fournies sur les agissements des enseignes durant ces périodes. Les prix sont très souvent augmentés juste avant pour accorder ensuite des rabais qui sont totalement faux, étant donné que le prix initial a été manipulé. Il y a peu, en Suisse, un cas a été dénoncé dans un magasin de sport. Le magasin a répondu qu’il s’agissait certainement d’une erreur de l’équipe de vente. Au final, il a été condamné à une amende dérisoire, et l’affaire est classée. Merci beaucoup, M’sieurs, Dames, au suivant !

Donc finalement, à quoi rime ce Black Friday : des prix manipulés, des client·e·s trompé·e·s et des ressources exploitées en vain…

Et ce n’est pas le seul gaspillage à considérer : outre les nombreuses ressources naturelles qui doivent être utilisées pour nourrir les rayons des magasins, ou les pages des shops en ligne, est-ce que l’on prend véritablement la mesure des impacts écologiques que toutes ces marchandises produisent ? Combien d’avions, de bateaux et autres frets supplémentaires sont nécessaires pour qu’au bout de la chaîne se trouve un coup de stylo rouge ? Alors qu’on essaie de trouver des solutions pour diminuer nos émissions de CO2, on en vient à réduire ces efforts à néant, juste pour assouvir la soif de vente d’une poignée de commerçants…

Objectivement, aujourd’hui, en tout cas sous nos latitudes, la seule chose que Black Friday représente vraiment, c’est le mépris.

Le mépris pour les consommatrices et les consommateurs qui croient acheter à meilleur prix mais qui finalement se font complètement duper.

Le mépris pour les équipes de vente qui se trouvent confrontées à un stress et à un rythme de travail effréné juste avant la folie des Fêtes.

Le mépris pour nos ressources naturelles qui sont exploitées pour fournir des biens de (sur)consommation dont personne n’a vraiment besoin mais dont de gros budgets publicitaires nous font croire qu’ils sont indispensables.

Et finalement, le mépris pour les artisan·e·s qui essaient de préserver la valeur de leur travail et se trouvent exclus du circuit commercial car il leur est impossible de s’aligner sur ces prix dévalorisés.

Arriverons-nous à limiter notre frénésie de consommation qui n’enrichit que quelques actionnaires et attribuer leur juste valeur aux ressources naturelles qui s’épuisent?

Keko Razzano

Feuille verte, Lausanne

La gratuité des transports publics: la balle en argent du transport durable ?

La notion de service public appliquée aux transports fait couler beaucoup d’encre, depuis l’émergence des compagnies ferroviaires, leur nationalisation, puis les lignes de tramway ou bus urbains, les cars postaux, etc… Ces modes de transport collectifs permettent de rationaliser beaucoup de paramètres, notamment les frais et la charge mentale de la conduite (un seul conducteur pour plusieurs dizaines ou centaines de personnes), l’emprise spatiale, et finalement les ressources (énergie directe ou énergie grise). La concurrence directe est le transport individuel, incarné par le transport individuel motorisé (TIM) et la sacro-sainte voiture couronnée au XXème siècle. La politique suisse des transports a permis de fortement développer les deux modes, collectifs et individuels, publics et privés avec toutefois des effets indésirables massifs causés par la pollution (chimique, sonore) et une consommation de sol importante.

A l’heure de l’urgence climatique, et dans un pays fortement motorisé comme la Suisse, nos autorités font preuve d’un somnambulisme routier catastrophique en maintenant des projets routiers pharaoniques. Or la quantité d’émissions de gaz à effet de serre découlant du transport est la seule à ne pas diminuer en Suisse. Comme cité plus haut, une planche de salut se situe sur le report modal de la route vers le rail/bus/métro, ou même des modes encore plus doux (marche, vélo). Une idée revient donc sur la table : enlever l’argument du prix et rendre les transports publics gratuits pour les usagers.

De nombreux arguments en faveur de la gratuité existent. L’accès à ces modes de transports publics serait ainsi égalitaire et solidaire à travers toutes les classes de revenu de la population. La concurrence serait claire et directe avec les frais fixes que représentent l’entretien et la possession d’un véhicule privé. Les ressources consacrées aux frais de perception, de gestion, d’entretien des automates à billet, au personnel de contrôle peuvent être affectées directement aux prestations ou à d’autres aménagements. L’accès facilité aux transports publics permet de soutenir le commerce, ou constitue une facilitation pour les touristes, qui actuellement galèrent à comprendre la structure tarifaire complexe. Il s’agit surtout de contrecarrer l’argument massue du prix, et surtout le désavantage de payer à chaque prise de transport (en amont), par rapport aux coûts « retardés » du TIM.

Toutefois, d’autres arguments viennent ternir ce tableau. La gratuité peut avoir comme effet une hausse des déprédations et incivilités, combiné à une perte de confort en cas de hausse soudaine de l’affluence en décalage avec l’augmentation des capacités (ces dernières nécessitant des achats, investissements et autres procédures longues). Plusieurs études indiquent que le report modal se produit plutôt des piétons et des modes doux vers les transports publics que d’un report modal TIM sur les transports publics. Si ce report de la voiture vers les transports publics s’effectue, même de manière mineure, et qu’aucun accompagnement n’est fait (réaffectation de la voirie, par exemple), la fluidification du trafic routier induit un effet rebond en rendant le trajet en TIM plus agréable et plus rapide qu’un bus ou un tram bondé. Finalement, les frais supplémentaires causés par la gratuité pourraient retarder ou rendre impossible des investissements lourds dans le développement de l’offre.

Finalement, au-delà de cette bataille d’arguments, se pose une montagne de questions quant aux modalités et à l’échelle spatiale ou temporelle à considérer. En effet, faut-il rendre les transports publics gratuits partout dans le canton, tout le temps, pour tout le monde, ou doit-on partir sur des offres plus ciblées, par exemple à l’échelle de l’agglomération Lausanne-Morges, ou au contraire sur des régions moins bien desservies ? Doit-on fournir la gratuité aux ménages modestes uniquement, aux jeunes, aux retraités ? Peut-on imaginer de combiner des dimanches sans voiture avec la gratuité des transports publics, ou comme c’est le cas à Morges de combiner marché local et gratuité des transports (le sac de course sert de billet). Le mode de financement est également déclinable en plusieurs versions, du tout public (financé entièrement par l’impôt) jusqu’à des financements mixtes en taxant les entreprises, notamment celles qui ne disposent d’aucun plan de mobilité. Comment se chevillerait la combinaison avec une politique de renchérissement ou de découragement de l’usage des TIM ? Doit-on réellement encourager les citoyens à effectuer des distances immenses, même si ces distances sont parcourues dans des transports en commun, ou doit-on développer une politique plus concrète de réduction des parcours, via une politique du logement et d’aménagement du territoire digne de ce nom ?

Pour débattre de ce thème et des scénarios à soutenir ou promouvoir, les Vert·e·s vaudois·es organisent un comité élargi le 13 novembre, à Lausanne. Si ce thème vous intéresse, c’est la soirée à ne pas manquer !

Benjamin Rudaz

Feuille verte, Lausanne

La forêt et le tram

Nous ne perdons pas espoir pour la forêt du Flon à côté du tram !

Comme vous le savez, depuis plusieurs années, les Verts maintiennent la pression sur la Municipalité et sur le Canton pour débuter au plus vite les travaux du tram, trouver une alternative au barreau Vigie-Gonin (qui est sensée être construit à la place de la forêt du Flon) et ainsi sauver la forêt. Vous trouverez notamment ici notre interpellation de 2018 qui faisait suite à la décision du Tribunal administratif fédéral qui annulait la rampe, estimant que les procédures d’acceptation n’était pas conformes ; et la résolution que nous avons réussi à faire accepter au Conseil communal de Lausanne (qui est, dans sa majorité, plutôt en faveur de la rampe routière pour l’instant, mais nous sommes toujours déterminés à faire changer cela) : «le Conseil communal souhaite que la Municipalité intervienne auprès du Canton et des tl pour que débutent sans attendre les travaux du tram Renens-Gare – Lausanne-Flon (t1), du bus à haut niveau de service (BHNS) Prélaz-les-Roses – Saint-François et du garage atelier (GAT) ». Le but était en effet d’insister pour que la Municipalité fasse son possible pour débuter les travaux du tram, très attendus tant par les Lausannois-es que par les habitants de l’Ouest lausannois, dès que possible et malgré les recours au Tribunal fédéral pour les aspects relatifs à la rampe Vigie-Gonin.

En 2019, suite à la décision du Tribunal fédéral qui a annulé la décision précédente du tram (en retenant que les procédures liées à la route étaient conformes, mais qu’il fallait maintenant examiner le fond, soit le fait que la route puisse bien être construite et que toutes les conditions étaient réalisées pour cela), nous avons renchéri avec une nouvelle interpellation et un nouveau communiqué de presse. L’objectif, une fois encore et malgré la mauvaise nouvelle judiciaire, est de débuter sans tarder les travaux du tram, pour une mise en service la plus rapide possible (dès lors que le tram, en lui-même, a été formellement et juridiquement validé par les Tribunaux), tout en examinant des alternatives pragmatique, judiciaire et qui tiennent compte de l’urgence climatique, pour préserver la forêt et éviter la construction d’une nouvelle route en plein centre ville, qui ferait office de pénétrante urbaine nocive à notre sens. Il convient aussi, selon nous, de réaliser de nouvelles études de circulation pour examiner l’opportunité des mesures de compensation du tram, dès lors que celles d’origine datent de 2012 et ne tiennent pas compte du M3, par exemple, qui verra le jour quasiment en parallèle.

Une nouvelle interpellation, urgente, sera déposée le 8 octobre suite à la réceptions des considérants des quatre arrêts du Tribunal fédéral et à la publication du préavis «Plan Climat» de la ville de Lausanne, afin que la Municipalité réponde sans délai à nos questions et démarre ainsi les réflexions nécessaires. Au niveau cantonal, une intervention verte pour démarrer sans délai les travaux du tram attend encore une réponse de la part du Conseil d’Etat.

Le but est toujours le même : malgré les procédures juridiques en cours, tout faire pour exiger de la Municipalité et du Canton qu’ils examinent des alternatives au barreau et qu’ils construisent le tram dès que possible sans cette rampe routière. Pour l’instant, c’est dans cette perspective que nous œuvrons car nous croyons toujours qu’une solution politique peut être trouvée, alors que le Canton annonce un Plan climat depuis des mois, sans en montrer la couleur, la Ville vient de faire des annonces prometteuses avec notamment une volonté de neutralité carbone d’ici à 2030 et l’abandon de toute électricité de provenance nucléaire et fossile dès 2020.

Même s’il est évident que le tram n’aurait pas dû être mêlé à ce défrichement, et les procédures différenciées dès le début, nous devons continuer d’exiger une solution politique et juridique en ce sens. Comment pourrions-nous légitimement prétendre nous battre pour le climat mondial si nous ne sommes pas capables de protéger les arbres de notre ville? La protection du climat se joue à tous les niveaux et il en va de la cohérence de la Ville et du Canton de montrer un soutien réel à la vague qui soulève les foules depuis plusieurs mois en préservant cette forêt centenaire et en invitant les fans du bitume et de la voiture en ville à utiliser les nouveaux transports publics de qualité.

Alors si vous pouvez, et voulez, nous aider dans cette campagne, c’est avec plaisir : en route pour un parlement fédéral plus vert·e·s et qui défende de la nature !

Xavier Company